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Quatre milliards dollars, trois usines, 4500 emplois : La Mauritanie a-t-elle gagné le gros lot ?

24 02 2008

Quatre milliards dollars, trois usines, 4500 emplois : La Mauritanie a-t-elle gagné le gros lot ?

Au moment où l’on attendait une solution pour la SOMIR (société mauritanienne de raffinage de Nouadhibou), une nouvelle ‘affaire Raffinerie’ éclate. Cela n’a rien à voir avec la raffinerie de pétrole de Nouadhibou. Mais cela sent le ‘cramé’…

Quand ils entrent chez le Premier ministre, dans le cadre d’une visite de courtoisie, les investisseurs canadiens ne peuvent savoir que le responsable – apparent – de l’Exécutif n’était pas au courant de leur implantation en Mauritanie. Leur avocat, Me Bouna Ould Hacen, ignorait lui aussi que le Premier ministre, Zeine Ould Zeidane n’avait pas été mis au courant. Le ministre de l’énergie (et du reste) qui les accompagnait n’avait visiblement pas pris la peine d’en avertir celui qui est normalement son chef. Il faut comprendre d’abord la surprise de Ould Zeidane, puis sa colère. Récit.

Tout commence quand les canadiens se lèvent et jugent utile de remercier le Premier ministre pour la célérité avec laquelle ils ont eu l’agrément pour s’implanter en Mauritanie. Croyant qu’il a été pour quelque chose, les canadiens insistent. Ould Zeidane est pressé d’en savoir plus.

Il retient le ministre, Oumar Ould Yali. Celui-ci lui explique que sur ordre de la présidence, notamment du ministre secrétaire général, Yahya Ould Ahmed Waghf, la procédure a été vite accomplie. Passage devant la commission des hydrocarbures, visa des autorités concernées notamment de la direction de la législation relevant du secrétaire général du Gouvernement, et enfin l’Arrêté dûment signé.

Colère de Ould Zeidane : comment un projet d’une aussi grande importance peut-il être lancé sans que le Premier ministre et le Président ne soient au courant ? Pire, comment le ministre peut-il autoriser la construction d’une nouvelle raffinerie alors que la priorité de son département est de trouver un repreneur pour l’ancienne raffinerie de la SOMIR ?

Le Premier ministre confie une enquête à l’Inspecteur général d’Etat, Mohamd Abba Ould Jeylani. C’est sa première grande mission. Il voit les membres de la Commission des hydrocarbures, les services concernés, et conclut visiblement à un mic-mac. Son rapport qui n’est pas publié, est l’objet de beaucoup de suppositions. Ould Jeylani est le contraire de son prédécesseur : il refuse de répondre à nos sollicitations pour ne pas étaler l’affaire au grand jour. D’ailleurs il n’aurait jamais été chargé de ce dossier, même si l’Inspecteur ‘a le droit de poser les questions qu’il veut à propos de ce genre de dossier’. Nous sommes donc obligés de recourir aux supputations et aux recoupements pour comprendre.

Tout commence il y a un an quand le groupe canadien qui est lié à la Libye, est mis en contact avec Me Bouna Ould Hacen qui est aussi l’avocat de la Chenguitty Bank, banque mauritano-libyenne, et membre fondateur de l’Alliance Populaire Progressiste (APP). Les deux informations sont importantes à savoir. D’abord pour les liens avec tout ce qui vient de la Libye. Ensuite pour le lien avec Oumar Ould Yali, le ministre concerné par le dossier et qui est l’un des ministres de l’APP.

Depuis août, Me Bouna Ould Hacen essaye de trouver à ses ‘amis’ le moyen de s’implanter ici. Les arguments ne manquent pas : il s’agit d’un groupe d’investisseurs qui auraient déjà des exploitations pétrolières en Libye et qui chercheraient à construire des raffineries sur les côtes africaines. L’industrie de raffinage est en vogue et promet.

D’ailleurs plusieurs demandes attendent dans les tiroirs du ministère. Il y a un groupe saoudien, un autre qatari qui demandent chacun l’agrément pour la construction d’une raffinerie. Mais le gouvernement avait opté pour le ralentissement des procédures en attendant de trouver repreneur pour la raffinerie de Nouadhibou. Surtout que récemment un expert japonais, commis pour l’examiner, aurait averti d’un risque énorme si les installations de Nouadhibou continuent à servir de dépôts d’hydrocarbures. Créer donc une nouvelle unité, équivalait à diminuer l’intérêt pour l’ancienne. Le ministre est le premier à le savoir parce qu’il définit la politique en la matière.

Me Ould Hacen continue ses contacts. Le 19 décembre dernier, il écrit au ministre et en parle avec le ministre secrétaire général de la Présidence et le directeur du cabinet du Président de la République. Ils lui auraient dit que cela ne pose aucun problème et qu’ils allaient en parler au Premier ministre, au Président et au ministre. Il s’agit quand même d’une proposition de financement portant sur quatre milliards de dollars, soit le double des engagements des bailleurs vis-à-vis de la Mauritanie en décembre. Ces fonds serviront à construire une raffinerie de pétrole, une usine de dessalement des eaux de mer et une centrale électrique, le tout à Nouakchott. Avec la promesse de créer pour 4.500 emplois dont une centaine de cadres mauritaniens.

Les événements du 24 et 27 décembre allaient tempérer l’ardeur de nos investisseurs. Mais la force de conviction de l’avocat qui y trouve certainement son compte, est plus déterminante. En janvier les choses s’accélèrent. Les ‘amis’ haut placés donnent leur engagement. Une étude de faisabilité est vite faite. Elle est incomplète selon certaines sources. Surtout qu’elle placerait le complexe sur un terrain qui appartient déjà à un privé. C’est si opaque qu’on ne peut aujourd’hui situer l’emplacement choisi par les investisseurs. Aussi, il n’y a pas, toujours selon certaines sources, de trace de l’étude de l’impact environnemental. Ce sont là, entre autres, les conditions à remplir pour postuler à l’agrément.

Certains membres de la commission des hydrocarbures ont visé, donnant leur accord. Ils ont visiblement argué l’ordre donné de traiter avec célérité et ‘compréhension’ les dossiers se rapportant aux investissements dans notre pays. Tous ceux qui ont traité le dossier l’ont fait apparemment sur ordre du ministre secrétaire de la présidence. La suite on la connaît : l’agrément est obtenu moyennant la somme de 35 millions ouguiyas versés au Trésor par virement BNP de Nouakchott, le PM reçoit les investisseurs et apprend la chose…

Qu’en reste-t-il ? Un profond malaise au sein de l’administration et de l’opinion publique. D’une part une lecture qui veut expliquer que l’accélération a été faite parce que les investisseurs ont bien ‘graissé la machine’. D’autre part une lecture qui voudrait expliquer les réticences des uns par le refus des opérateurs d’arroser les circuits traditionnels. La première lecture indexe la présidence et ses hommes, la seconde le monde du Premier ministre. Si bien qu’on n’hésite plus à inscrire cette affaire dans le cadre de l’opposition, supposée ou réelle, entre la Présidence et le Premier ministère. Mais le plus important est peut-être de voir quel rôle jouent les cadres de l’APP dans ces affaires.

C’est la deuxième affaire qui suit pratiquement la même filière en venant de la Libye. La première est celle liée à la cession du terrain de l’ENA à un office libyen pour y construire un complexe hôtelier. Le gouvernement mauritanien avait au début demandé à l’opérateur libyen de verser un dommage substantiel à l’Ecole nationale d’administration, deux millions dollars et de quoi permettre sa reconstruction ailleurs. Pressions ici et là. Le Guide libyen, Mouammar Kadhafi avait fini par demander au Président mauritanien le don du terrain.

Pour raison politique, toutes les demandes mauritaniennes ont été abandonnées. Résultat : le terrain de l’ENA a été donné à l’opérateur qui va y construire un hôtel 5 étoiles. La prestigieuse école qui a formé tant de cadres de l’administration et qui était appelée à jouer un rôle central dans la modernisation de l’administration, devra chercher un siège ailleurs. Une contrepartie a été versée. A qui ?

Dans l’une et l’autre des affaires, de grosses sommes sont manipulées. Ce qui suscite l’appréhension de l’opinion publique et son désarroi. En fait, on peut pardonner l’amateurisme des autorités dans le choix des hommes, dans le discours, dans le manque de réaction face aux événements… mais on ne doit jamais accepter aux premiers collaborateurs du Président de donner l’impression que rien n’a changé en terme de transparence et de mauvaise gouvernance. Dont acte.

MFO

La Tribune n° 387 via www.barrada.unblog.fr

Winfield, le syndrome du faux

WINFIELD RESOURCES LIMITED a annoncé, par communiqué, avoir reçu une licence du Ministère des eaux, de l’énergie, des technologies de l’information et des communications de la République Islamique de Mauritanie, pour raffiner du pétrole. Selon le communiqué publié à l’occasion, cette licence est le résultat de la demande faite par Winfield pour construire, s’approprier et opérer, en son nom, une nouvelle raffinerie de pétrole de 300,000 barils/jour dans le Port de Nouakchott ; et de la série de réunions de la société avec les autorités mauritaniennes (2 au 7 février 2008).

Cette licence est sujette à certaines conditions, incluant, (i) une priorité accordée pour acquérir les matières premières provenant des ressources mauritaniennes ; (ii) une conformité avec toutes les lois environnementales applicables ; (iii) une priorité attribuée pour revendre tous les produits pétroliers raffinés aux consommateurs en Mauritanie ; et (iv) le paiement de royalties à la commission pétrolière nationale.

Dans son communiqué Winfield Resources Limited remercie KBC Process Technology Ltd. pour l’aide apportée dans l’obtention de la licence. KBC est un groupe indépendant anglais de conseils et de technologies, tête de file, offrant des avantages compétitifs, par le biais d’améliorations, dans les performances commerciales et la valeur de l’actif, aux propriétaires et opérateurs des industries internationales de raffinage pétrolier, pétrochimique et autres.

Sur la base de cette licence, la société prévoit de démarrer la construction, l’ingénierie et l’exploitation d’une nouvelle raffinerie de pétrole indépendante à Nouakchott. Plus particulièrement, KBC Process Technology Ltd préparera une étude de faisabilité complète qui inclura la conception de l’usine (y compris les diagrammes des flux de traitement) ; tout en sécurisant, simultanément toutes les études et licences pertinentes nécessaires au site proposé de Nouakchott. Notre prochaine étape clé sera de sélectionner un entrepreneur pour préparer une étude liée à la nature et aux ressources en matières premières pétrolières.

La société souhaite confirmer que l’attribution de la licence, délivrée par les autorités mauritaniennes, est conditionnelle et sujette à un nombre de données logistiques, y compris la matière première pétrolière de sourçage, le financement et l’emplacement du site. Il n’existe aucune assurance que la société sera en mesure de construire et d’opérer une raffinerie dans le port de Nouakchott, sous les termes acceptables par celle-ci. Nous n’avons également aucune certitude quant aux possibilités d’approvisionnement en matières premières pétrolières ou à l’obtention d’un financement pour ce projet de raffinerie. Rappelons que le 25 janvier dernier, Winfield Resources publiait sur son site un communiqué qui faisait état de l’approbation par les autorités mauritaniennes de sa demande.

Winfield Resources Ltd qui se propose d’investir 4 milliards de dollars ne réalise pas un chiffre d’affaires qui permet de lui faire confiance. La Mauritanie a plusieurs fois par le passé, été victime d’arnaques permettant à des sociétés de se construire sur ses frais. Nous n’en citerons ici que le fameux cas de Sterling qui, avec son capital de moins d’un million dollar, avait postulé et réussi à racheter notre part du pétrole de Chenguetti. Moyennant 130 millions dollars, elle obtenait pour un milliard…

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)


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5 réponses à “Quatre milliards dollars, trois usines, 4500 emplois : La Mauritanie a-t-elle gagné le gros lot ?”

  1. 25 06 2008
    M Babiuk (05:47:33) :

    How do you think Winfield is doing now? Have you seen any progress?

  2. 16 10 2008
    Adel (00:29:24) :

    Quand un ministre de l’energie coiffé par un avocat sans scrupules et assoiffé de billets verts, avec la complicité d’un Mahammed Khaddafi , ignorent les régles de la Démocratie , les pouvoirs et droits d’un Président de la République , des pouvoirs d’un Premièr Ministre et des élus du Peuble, c’est une action illicite de destabilisation d’un gouvernement et d’un discrédit irréfutable d’un pays émergeant vis à vis de la communeauté industrielle et économique internationale. C ‘est une attente aux régles internationales du commerce et un délit d’initiés. Bonne Chance au peuple de Mauritanie et à leur Président.

  3. 16 10 2008
    Adel (00:59:27) :

    Je souhaite que mon approche, provocatrice d’un évenement politique important, suscite des réactions de citoyens préoccupés par la perte d’une personalité politique, et désireux d’obtenir une liberté de choix et de respect de la personne humaine.

  4. 14 03 2009
    medconsult (15:12:25) :

    Merci

  5. 14 03 2009
    medconsult (15:12:49) :

    Je suis Gérant d’une Sté de Consulting ( Étude et Conseil ), cela remonte au début de cette année 2009, un groupe bien introduit en Libye on prit contacte avec moi dans le but de trouver des investisseur pour l’exploitation de cette Raffinerie.

    Vu que les acquéreur de cette licence n’avait pas assez de liquidité et ils leurs manquer pas moins de 5 milliards $ d’après leur dire, sauf que sur l’étude de faisabilité le Nom de la Company à été effacé, il ne restait que le Logo.
    Après une bref consultation sur le net je me suis rendu compte que c’est la Company Winfield Resources Ltd

    Veuillez me contacter pour avoir les documents relatives à cette étude de faisabilité ainsi que la licence de raffinage du Pétrole en Mauritanie.
    Signer par Mr Oumar Ould Yali daté du 05 Fevrier 2008.

    Cordialement

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