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Une émission qui fait des vagues

31012008

Une émission qui fait des vagues

l’émission de Sidi Ould Lemjad à TVM, ‘Dhayv essa’a’ (hôte de l’heure), fait des vagues. Depuis la dernière sortie du leader de l’opposition, Ahmed Ould Daddah. Pendant cette émission, l’invité a fait montre de nervosité à la suite de ce qu’il croit être un piège posé par TVM. Il s’agissait en fait d’une intervention du député d’Aleg qui parlait au nom de
la Majorité. Ould Daddah a déclaré avoir été d’accord avec le présentateur pour ne pas donner la parole depuis l’extérieur. C’est ce qui a énervé le leader de l’opposition. Mais alors qu’on attendait une plainte de Ould Daddah, c’est le ministre de la communication qui a envoyé une demande d’explication au directeur de TVM, Hammoud Ould M’Hammed. Cette demande d’explication n’a pas sa raison d’être dans la mesure où le ministère n’est pas la tutelle du directeur général de TVM. La question a été débattue lors du dernier conseil des ministres. Le ministre de l’intérieur a soutenu que l’émission a finalement porté préjudice à Ould Daddah qu’elle a présenté sous un mauvais aspect (nervosité). Mais la plupart des ministres ont soutenu le contraire et dénoncé ce qu’ils ont considéré comme ‘un acte délibéré de présenter Ould Daddah sous son meilleur et de permettre le dénigrement du gouvernement dans son propre support’. Ce serait l’avis de Mohamed Val Ould Cheikh, ministre de la communication et Yahya Ould Kebd, ministre de la décentralisation. L’affaire s’est emballée avec l’envoi d’une inspection à TVM

. Dirigée par Ahmed Yacoub Ould Barnaoui, inspecteur général du ministère, elle aurait pour mission d’enquêter sur l’affaire. Elle a entendu le présentateur et même les techniciens, sans prendre soin de faire preuve d’un minimum de courtoisie à l’encontre du Directeur. Ce qui a fini par ressembler à un interrogatoire, a pris quelques heures et a porté sur tout : pourquoi leur présence, comment ils étaient…

Ce procédé rappelle étrangement le processus qui a conduit au limogeage de Moussa Ould Mohamed Amar de l’AMI. Demande d’explication, inspection et puis départ. Le ministre aura toujours la latitude de dire qu’il ne fait qu’exécuter des ordres ‘venus de haut’. Du Premier ministre ? Pourquoi ? Du Président ? A exclure. Le Président Ould Cheikh a récemment déclaré qu’une grande est exercée sur lui pour limiter la liberté d’expression mais qu’il refuse de se plier. Jusque-là il a été ce libéral convaincu qui n’entend pas mettre au pas la presse. Mais il a laissé une marge de manœuvre aux exécutants qui, eux, restent nostalgiques de l’époque où la critique était interdite. Quelque soit la décision qui suivra, il faudra reconnaître à Ould M’Hammed tous les efforts entrepris pour faire de TVM, un outil moderne de communication.  

 

Source :
La Tribune n° 384




31012008

 

Contribution de Boubacar Messaoud, membre de
la CNDH, Président de SOS – Esclaves: 

L’émancipation des Hratines, clef de l’unité nationale 

 

Sentiment d’appartenance à une communauté humaine solidaire et achevée dans l’espace, l’unité nationale suppose une adhésion, par volonté, de la part de groupes, sur la foi d’une reconnaissance mutuelle de la distinction, ensuite de leur part respective à la mémoire. A ce titre, elle ne saurait se présumer, ni s’imposer par le seul effet du temps, la durée ne suffisant guère à pallier les ratés de l’histoire, surtout quand ils découlent de la discrimination. En Mauritanie, le débat sur le devenir commun et les conditions de sa permanence a toujours été différé, voire franchement maintenu sous la censure du soupçon. Jusque là, oser douter de l’évidence du vivre ensemble, relevait de velléités de racisme, si ce n’est de sécession. Le système de domination dressait tellement ses victimes à la hantise de la singularité, qu’elles intériorisaient l’interdit, donc la honte de devoir élever la voix de leurs doléances.

 

Malgré des liens multiples entre communautés – souvent conçus dans les strates de l’oppression – la cohésion minimale se retrouve remise en cause à plusieurs niveaux. Au-delà de la dimension «ethnique », qui vient, naturellement à l’esprit, eu égard aux événements de 1989-1991, le tissu social souffre de fractures profondes et bien plus anciennes ; elles en compromettent l’harmonie.

 

La récurrence des incidents isolés, auxquels n’échappe cependant aucune parcelle du territoire, nous rappellent l’urgence de combler le fossé potentiel entre les composantes de ce pays. Ils constituent des signes d’un malaise profond, en particulier au sein de la société arabophone, entre anciens esclaves et ex – maîtres. Ne s’exprimant pas toujours de manière ouverte, faute d’espaces de thérapie appropriés, le ressentiment des Hratine gagne en vivacité, sous un cumul de vecteurs, tels la montée exponentielle des frustrations, la persistance des pratiques esclavagistes, l’accès problématique à la terre et aux opportunités économiques, les inégalités flagrantes dans la redistribution des richesses…

 

Dans le contexte de chute de la dictature suite au coup d’état du 3 août 2005, les forces de l’inertie semblent l’emporter sur celles du changement ; l’espérance de paix et de mieux-être dans l’équité s’estompe ; deux sociétés parallèles se côtoient toujours sans se connaître, ni se croiser, au risque d’entretenir les germes de leur propre confrontation. Loin de cultiver une nouvelle communauté de destin sur la base de l’égalité, de la vérité en commun et du respect, elles se cantonnent, de plus en plus, dans une attitude de ghetto et de méfiance réciproque. Aussi, le pays va t –il au – devant de graves risques que seule conjureraient des mesures concrètes de réhabilitation et de partage.

 

Sans être institutionnalisée, l’exclusion des Hratines résulte d’un verrouillage systématique et de l’accaparement des ressources et opportunités au profit des réseaux de pouvoir. Les ressources de
la Mauritanie appartiennent à qui s’appuie sur les notables tribaux, eux qui n’ont presque jamais rien gagné à la sueur du front. Il en résulte une logique de reproduction des rapports de préséance par la caste et leur transposition sur le terrain de l’apport des richesses, à partir de capitaux très souvent acquis selon les modes de prédation traditionnels que sont la rapine, le détournement et l’échange d’influence ; la composition de
la Confédération Nationale des Employeurs de Mauritanie (CNEM, patronat) atteste à quel degré de banalisation parvient le constat. Les banques privées, les sociétés de service, les hôtels, les licences de pêche et d’importation, les meilleurs terres de culture, bref l’armature même de l’économie se confond avec le privilège de naissance ;  ici, ceux qui ne disposent pas de relais, se situent trop au bas de l’échelle ou  ploient sous le faix des inégalités, subissent, sans pitié ni recours. Là,
la République sonne comme une promesse lointaine et la démocratie une utopie inaccessible…Nous ne souhaitons et ne pensons que tant d’iniquité dure.

 


La Loi votée récemment, annonce des lendemains plus justes, même s’il reste à l’accompagner par une stratégie conséquente d’éradication des comportements serviles et de leurs conséquences. Au demeurant, le texte ne déroge pas au caractère formel des tentatives de rupture, en dépit de sa forte charge symbolique. Oui, dans les faits, le refus systématique de sanctionner les abus persiste, au détriment de la portée pédagogique du droit ; l’attitude se traduit par la réticence des autorités à l’appliquer dans toute sa rigueur ; la seule évocation du contentieux leur tient lieu de solution, point besoin d’aller outre. Comme d’usage, la culture de l’impunité convoque, toujours, notre « religion de tolérance », nos « coutumes d’hospitalité et de paix » et tant d’autres ruses du langage où se dissolvent la responsabilité et la réparation. En matière d’esclavage, de torture, de racisme homicide, de corruption et de privatisation du bien public l’on pardonne sans cesse, l’on pardonne sans même demander son avis à la victime, sans même savoir quoi pardonner.  Muni de son certificat, l’auteur du crime recommence, le lendemain. Il sait que le fonctionnement du système lui garantira, encore, l’immunité.

 

Oui, voyez-vous, avant de discuter de l’abolition, des décisions pratiques de la réconciliation et d’un nouveau départ, l’unité nationale requiert, d’abord, le langage de la réalité; sachons parler des défis sur les média audiovisuels, croisons les arguments à tous les échelons de la vie civile, dans les quartiers, les communes rurales, les écoles, les casernes, les commissariats de police !

 

Ce préalable acquis, la redistribution des ressources du pays et des opportunités d’enrichissement découlera de la pression inévitable et excèdera le périmètre étroit de la cooptation des élites au sommet. L’émancipation des descendants d’esclaves appartient aux certitudes de l’histoire ; s’il nous importe de maitriser l’évolution dans le sens de la cohésion nationale, il revient, aux autorités publiques, de désamorcer les potentiels de conflit, notamment par la redistribution définitive des terres, à l’abri de la tenure traditionnelle, selon le principe de l’appropriation en vertu de l’effort. Egalement, veilleront-elles au regain de la citoyenneté, par l’exploration des approches de promotion préférentielle, dans l’accès aux services de base et investissements facteurs de valeur ajoutée. Parce nous ne quémandons rien mais exigeons des droits bafoués, la quête de solutions novatrices, dans le recrutement à tous les échelons, s’appuiera, sur le double critère de la probité et de la compétence, avant l’expérience et la notoriété.

 

L’approche permettrait la compensation graduelle des inégalités ; petit-à-petit, la société intégrerait les exclus, tant il est vrai, en Mauritanie comme ailleurs, que l’unité se réalise mieux autour de l’intérêt général.

 

L’urgence, pour l’instant, consiste à ouvrir, partout, des espaces de dialogue et libérer les forces de la société civile, ciment du vivre-ensemble. Celles – ci porteraient un double message : d’abord informer et convaincre les anciens esclaves de la crédibilité de la réforme entreprise pour l’éradication de l’esclavage. Il convient de nous persuader les uns et les autres combien le dialogue franc demeure l’unique chemin pour se prémunir des périls de l’incompréhension et de la violence.

 

Je vous remercie

Source : La Tribune n°384




Drogue :d’une affaire à l’autre… le voile

31012008

Drogue :

D’une affaire à l’autre… le voile

 

Quand, dans la nuit du 1er au 2 mai 2007, un petit avion privé atterrit à Nouadhibou, la police locale est déjà au courant qu’un avion transportant une quantité de drogue venant d’Amérique latine devait ‘atterrir dans un aéroport mauritanien’. Soit à Nouakchott, soit à Nouadhibou. Un informateur de la police avait déjà averti ses ‘employeurs’ de l’imminence d’une telle opération. Pourtant l’avion atterrit, livre sa cargaison (selon les conclusions de l’enquête), reçoit les instructions de ceux qui sont supposés être ses commanditaires, re-décolle et s’en va atterrir en plein désert, quelque part aux confins de Taziast. Ses occupants ont le temps d’être ‘exfiltrés’ et amenés vers une destination inconnue. Tout cela arrive en une nuit. L’opération a été visiblement supervisée par un groupe qui paraît être rompu à ce genre de manœuvre. Il est vrai qu’il y perd 629 kilogrammes de cocaïne pure, un avion et quelques matériels, plus tard des sommes colossales (820.000 euros), des voitures et du matériel. Mais cela n’altère en rien le sens de l’organisation du groupe et son professionnalisme. Ni la police, ni la gendarmerie, encore moins la douane qui n’a pas de rôle dans cette affaire – du moins pas dans son déroulement – aucun corps ne réussit à intercepter les trafiquants. Pourtant les postes de contrôles – de tous les corps – sont nombreux sur la route Nouakchott-Nouadhibou. Des postes qui sont d’abord des ‘péages’, manifestation permanente de la corruption instituée en système de prélèvements de dîme.

Quelques jours après, c’est une autre quantité de chanvre qui est découverte. Quelques semaines encore et une autre affaire de blanchiment éclate. Un policier – en l’occurrence l’antenne d’Interpol ici – s’y trouve mêlé. Les ‘affaires’ se succèdent comme si, subitement, l’intérêt des trafiquants pour
la Mauritanie connaît une recrudescence. Chacun y va de son explication. Pour les uns, il s’agit d’une ‘offensive’ pour faire de
la Mauritanie, un narco-Etat, pendant que le nouveau régime ‘se cherche’. Pour les autres, les véritables maîtres du trafic ont ‘perdu la main’ avec l’arrivée des nouvelles autorités. Du coup les trafiquants ont perdu leurs ‘protecteurs’ et se sont mis à découvert. En tout cas assez pour inquiéter l’opinion publique et amener les autorités à promettre de faire la lumière – toute la lumière – là-dessus. Neuf mois après, on est toujours au même niveau d’illisibilité et d’incompréhensions.

Une commission dirigée par l’ancien Inspecteur Général d’Etat, Mohamed Ould Horma, est mise sur pied au lendemain de l’affaire. Elle comprend des représentants de
la Justice (Seyid Ould Ghaylani), de
la Police (commissaire Deddahi Ould Abdallahi), de
la Gendarmerie (colonel Abdallahi Ould Ahmed Aïcha), des Douanes (Moulaye Ely Ould Daf), de l’Armée de l’Air (Sidi Ould Ahmed), de l’aviation civile (Mahaye Ould Zoueine), de l’intérieur (Abdallahi Ould Kebd)… La mission de cette commission est de faire la lumière sur les dysfonctionnements du dispositif mis en place par l’administration. Très vite, ses membres se transforment en juges d’instruction. Elle met beaucoup de temps et entend tous les protagonistes de l’affaire. Responsables et agents. Une véritable inquisition qui fait perdre à la commission l’occasion de rester dans le cadre de son mandat. Résultat : discordance entre ses membres, production de deux rapports distincts et, naturellement, entretien de la rumeur.

Le rapport que transmet finalement l’IGE est adopté par trois membres seulement de la commission. Il souligne que «l’ensemble des services de police à Nouadhibou a mal fonctionné face à cet évènement», que « la ville de Nouadhibou est devenue une plaque tournante pour le trafic de cocaïne, celle-ci parvenant par voie maritime, terrestre et aérienne» et se pose des questions « sur la capacité de l’Etat à assurer une lutte efficace contre le crime organisé où le blanchiment d’argent». Les insuffisances sont  visibles « à travers certaines fortunes douteuses amassées d’une manière soudaine». 

Sans avoir étayé ces affirmations de preuves, ni appuyer les conclusions par des références à des études, des chiffres…, le rapport verse tout de suite dans l’amalgame et adopte la supposition plutôt que la vérité. Au fil du raisonnement, il devient clair que l’(es) auteur(s) a été animé par une conviction de départ, la complicité des autorités locales, et un souci, l’instrumentalisation de l’affaire. A-t-on cédé ici à l’ambiance de l’époque ? 

La transition finissant, il était de bon ton de faire le procès de ses acteurs. Cela s’est exprimé ici par la négation des résultats de cette transition, là par l’insistance sur le déficit, là-bas par la mise en cause de ses symboles. Parmi lesquels le colonel Eli Ould Mohamed Val dont les détracteurs étaient très actifs. Ce n’est pas par hasard si la rumeur, visiblement entretenue par certains milieux hostiles, a fait état de l’implication de ‘grosses pointures’ dans le trafic de drogue. Du coup on a eu ‘les explications’ pour la non publication des résultats de l’enquête. Ceux qui ont pu se procurer le rapport de la commission pourraient être ‘convaincus’ par le bien fondé de ces appréhensions. Tout tourne autour de la relation de l’ancien Directeur de
la Sûreté d’Etat, Mohamed Abdallahi Ould Taleb Abeidi, avec l’affaire. L’ancien directeur régional de la sûreté de Nouadhibou se trouve être l’un des hommes du colonel Ould Mohamed Val. C’est essentiellement pour cette relation qu’il se retrouve dans le collimateur. Le rapport croit trouver un «signe évident d’une complicité avec le destinataire de l’avion» chez le DSE Ould Taleb Abeidi. Le terme «mensonge» est utilisé pour qualifier certains de ses propos. «Le D.S.E  a communiqué aux responsables concernés, l’information au conditionnel sans préciser quel aéroport, manière de ne pas permettre à un aéroport donné de se préparer», ce qui « constitue une action de diversion contraire à l’affirmation de source digne de foi». Les auteurs se plaignent : «Le D.S.E a dès le départ manifesté une attitude de nervosité et de défi empêchant toute collaboration, mais avec la détermination et l’intransigeance de celle-ci, il a finalement été obligé de répondre à ses questions». 

Sur le film des événements, nous savons aujourd’hui beaucoup de choses. Tout commence par une information donnée par des ‘amis’ de l’extérieur. Même si elle est précise, elle ne dit rien sur la destination exacte de l’avion. Un avion doit quitter un pays d’Amérique Latine à destination de

la Mauritanie. Il transporterait une quantité importante de drogue, très probablement de la cocaïne. Un ‘correspondant’ local doit en prendre possession dans un aéroport mauritanien pour l’acheminer ensuite, très certainement en Europe. C’est le DSE qui reçoit l’information. Tous les services concernés sont avertis dans les vingt minutes qui suivent. Si à Nouakchott, l’Office des stups prend les choses au sérieux, à Nouadhibou c’est la nonchalance habituelle qui est de mise. Ce qui permet aux acteurs du moment de circuler, et de préparer l’arrivée de l’avion. C’est après 21 heures que l’avion atterrit. La seule personne qui s’en approche est Sidi Mohamed Ould Haidalla. Il était accompagné d’un policier qui aurait été là sans savoir exactement de quoi il s’agissait. On savait déjà qu’un nommé Hajji – El Haj – est mêlé au trafic. Son téléphone – le 6907578 – a été repéré et mis sur écoute. C’est ce numéro qui a été utilisé pour organiser le ‘retrait’ des éléments de la bande. Le thuraya de Ould Haidalla a été lui aussi mis sur écoute. Ce qui a permis à la police de le localiser tout au long de sa fuite. Mais ce sont les réactions tardives des corps – police, gendarmerie – qui ont permis au fugitif de disparaître. Mais les Mauritaniens vont le repérer au Mali où il aurait ‘donné’ un VX contre une protection et l’obtention de faux papiers (maliens). Quand il est arrêté quelques semaines plus tard à Agadir, il voyageait avec ces papiers. Complices et acteurs de premier plan sont rapidement identifiés. Certains d’entre eux sont arrêtés dans les heures qui suivent. Cela vaut les félicitations des organismes internationaux chargés de la lutte contre le trafic de drogue (OIPC-Interpol, notamment). Les belges complices sont arrêtés à Bruxelles. La police de ce pays interpelle des conteneurs dont l’un acheminait la somme de 1.350.000 euros à destination de Sidi Mohamed Ould Haidalla selon la police.

Aujourd’hui, les principaux accusés sont toujours en prison au Maroc.
La Mauritanie n’a pas encore demandé leur extradition. Ce qui ajoute aux doutes. Sur le plan interne, en fait de rapport de la commission, il y en a eu deux. Ce qui met en cause la crédibilité de tout le travail. Sur le contenu du rapport signé par Mohamed Ould Horma, il reste beaucoup à dire. Ce n’est pas ici la bonne foi de l’ancien IGE qui est mise en cause, mais sa capacité à résister aux manipulations et à l’atmosphère ambiante de l’époque. Sa capacité aussi à ne pas se laisser instrumentaliser par les ‘esprits malveillants’. Alors peut-on compter sur la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire ? ‘On va verra…’ comme dirait l’autre.

 

MFO

 

Source :
La Tribune n° 384

 

Encadré :

Mauritanian connection

 

Il existe bel et bien une connexion mauritanienne du trafic de drogue. Ce ne sont pas les affirmations qui relèvent parfois du domaine de l’allégation qui en sont la preuve. Ce n’est pas l’enrichissement ‘extraordinaire’ de tel ou tel, les fortunes inexpliquées, la présence de gros trafics… qui en sont la preuve. En 2007, les saisies ont été de : 4450 Kg de Cannabis, 691 Kg de Cocaïne et 5526 Kg Haschich (résine de cannabis). Les interpellations ont touché plus de 200 personnes dont 110 mauritaniens, Sénégalais et Maliens suivent.

De part sa position,
la Mauritanie offre quelques atouts aux trafiquants qui cherchent pied à terre dans une Afrique de l’Ouest en position ‘avancée’ par rapport à l’Amérique Latine, gros producteur de cocaïne. La présence d’une forte diaspora, la culture de l’argent et la corruption instituée en méthode de gouvernement, tout cela a contribué à faire de notre pays une plaque tournante du trafic de la drogue. Les routes sont connues. Elles viennent essentiellement par terre, repartent par mer et par terre. L’utilisation des airs semble être récente et isolée. Les sociétés de pêches (exportation de poisson frais) seraient des couvertures pour de tels trafics. Le Sahara central est une étape sur la route des trafics, drogue notamment. C’est à partir de ce no man’s land que la drogue, les cigarettes et même les hommes (immigration) sont réacheminés vers la destination définitive (Europe occidentale, en passant parfois par l’Europe de l’Est). Des milliards de dollars. Des chiffres d’affaires pour lesquels, les organisations criminelles sont prêtes à tout. Y compris à faire main basse sur les Etats par la corruption, l’entretien de l’instabilité, l’encouragement du crime… Dans cet univers, les organisations comme les groupes armés de Jihad apparaissent comme des milices dont la mission première est le contrôle des nouvelles routes transsahariennes. Ce n’est certainement pas par hasard que les ‘candidats au martyre’ de chez nous sont le produit de la délinquance.

Autre route, celle venant du nord et transportant essentiellement le crack marocain vers des destinations africaines et arabes. Un trafic qui rapporte gros.

Comme pour le terrorisme, la lutte contre le trafic de drogue ne peut être sans une étroite collaboration entre les services de sécurité des pays concernés. La transsaharienne du crime, comme la trans-maghrébine du terrorisme, ne peuvent être vaincues que par office de sécurité régionale, une politique commune de lutte contre le crime organisé. A laquelle il faudra associer l’Espagne et
la France qui sont aussi concernées par ce qui se passe par ici. Comme pour le terrorisme, notre pays n’a pas encore de stratégie de répression de ces phénomènes. Il souffre de manque de formation et de moyens pour rendre les services concernés plus efficaces.




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

31012008

 

Edito de

La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère 

 

Le Président de

la République Sidi Ould Cheikh Abdallahi répète qu’il n’y a pas de terrorisme en Mauritanie. Nous comprenons, nous ses compatriotes, qu’il veuille dire que ‘notre’ Islam, notre culture et notre mentalité ne produisent pas le terrorisme. Les étrangers ont une autre perception de ses propos, parce qu’ils croient qu’il veut nier totalement l’existence de la menace dans notre pays. Si cela avait été le cas, le Président commettrait une grave erreur en croyant et en répétant qu’il n’y a pas de terrorisme dans le pays.

Le Groupe Islamique pour le Jihad et
la Prédication en Mauritanie existe depuis quelques années. Ce GIJPM est une émanation du GSPC algérien qui a créé dans chacun des cinq pays une excroissance autour des mots ‘Jihad’ et ‘Prédication’. Dans chacun des cinq pays, il a ses exégètes qui fondent son action, des fous prêts à agir pour son compte, des financiers… La ‘trans-maghrébine du terrorisme’ est effective. Il n’y a pas lieu d’en nier l’existence.

Continuer à dire qu’il n’y a pas de terrorisme suppose des réponses précises des autorités aux questions suivantes : Qui a perpétré les attaques de Lemghayti, d’Aleg et d’Al Ghallawiya ? Qui a enrôlé les jeunes déviants mauritaniens ? Qui les encadre et les recrute ? Qui les dirige vers le Sahara central ? Qui les finance ? Comment cela peut-il arriver ?

Si les autorités nient l’existence de cellules terroristes parmi nous, elles nous doivent des explications sur les derniers événements. Et même si le terrorisme n’existait pas chez nous, il aurait fallu l’inventer pour ne pas paraître hors jeu dans un monde qui a hiérarchisé ses priorités. D’abord le terrorisme, ensuite l’immigration, enfin la drogue. Le retour de
la Mauritanie dans ‘le concert des Nations’ dépend de la capacité de son Gouvernement à faire preuve d’anticipation sur les désirs des maîtres actuels du monde. On a vu comment la machine médiatique du Rallye Lisbonne-Dakar a été ‘retournée’ contre nous. En quelques heures, quelques conclusions hâtives de faux experts,
la Mauritanie, hier modèle de la démocratie arabe et africaine, havre de paix et de tranquillité, est subitement devenue le pays le plus dangereux de la terre. Une seule agression contre cinq français, faisant il est vrai quatre victimes, une autre, vraisemblablement accidentelle contre des éléments de l’Armée, deux attaques ont suffi pour amener
la France à mettre en garde ses ressortissants qui se dirigeraient en Mauritanie. Et pour peser de tout son poids pour l’annulation du Rallye.

Est-ce que les officiels mauritaniens ont posé la question de savoir qui a intérêt à changer la donne géostratégique dans la sous-région ? Pourquoi les terroristes n’ont pas été arrêtés au lendemain de leur traversée vers le Sénégal quand on les a repérés dans les champs de canne à sucre à Richard Toll ? Pourquoi leur ‘ami’ qui les aurait hébergés à Yoff (Dakar) n’a jamais été inquiété ? Pourquoi allaient-ils en Algérie (si c’est vrai) ? Pourquoi une telle disproportionnalité dans le traitement de la part de
la France ?

Se poser des questions relève peut-être du machiavélisme et même de la paranoïa dans certains cas. Mais ne pas s’en poser équivaut à une pratique mal-à-propos d’un angélisme désuet. A nous de choisir.

Il faut donner toutes les chances à notre jeune expérience.
La Mauritanie, au moment de cicatriser ses blessures, a besoin de faire preuve de sérieux. Les deux dernières décennies ont été marquées par un infantilisme évident. Pas de vision stratégique. Juste un savoir-faire tactique qui permet de conserver le pouvoir. Il faut à présent rompre avec cette démarche qui n’inscrit pas l’action d’un Gouvernement dans le cadre global de la vie d’un pays. Une démarche qui répond à la demande immédiate, qui réagit à la réalité qui s’impose à elle, toujours dans l’urgence et dont les ‘auteurs’ sont toujours pris de court. Une démarche qui n’anticipe pas et dont toutes les réponses sont provisoires et aléatoires.

Identifier les défis que nous devons relever conditionne la réussite de notre entreprise actuelle. Parmi ces défis, figurent en bonne position, les réponses que nous allons apporter au traitement de la question de la violence politique. Comment allons-nous faire face aux déviances qui ouvrent la voie à la délinquance (droit commun) qui détruit notre jeunesse ? Une jeunesse qui trouve dans la philosophie et dans la pratique des organisations comme Al Qaeda – ou GSPC – un modèle et une voie d’accomplissement de soi. Avec cette philosophie et cette pratique, la ‘shahada’ – suprême sacrifice de soi – est à portée de main. Et avec elle le sentiment d’accéder au cercle des ‘Elus’.

Comment occuper une jeunesse mal formée, désœuvrée, sans idéal, sans modèle social, sans repère finalement… ? Quel système éducatif pour réhabiliter l’Islam officiel – rite Malékite – et revivifier les sciences religieuses ? Quelle politique de l’emploi pour insérer une jeunesse de plus en plus exigeante ? Quels choix économiques pour développer le pays ? Quelle gouvernance pour redonner confiance ?

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est tenu de répondre d’urgence à ces questions. Il n’a pas le temps de réfléchir, ni le droit d’hésiter. Son gouvernement doit refléter l’exigence de travail. Ses choix doivent indiquer la route qu’il suit. Est-ce celle du changement ou celle du conservatisme ? Ce qu’on peut reprocher à ce gouvernement, c’est qu’il n’a pas eu sa ‘période grâce’, qu’il a laissé ternir trop vite la belle image d’une Mauritanie renaissante, qu’il a peu essayé de ne pas dilapider les atouts de cette nouvelle Mauritanie… Si bien qu’aujourd’hui, le Président Ould Cheikh Abdallahi se retrouve seul. Comme ses prédécesseurs l’ont été, chacun, à un moment de l’exercice de son pouvoir. Chaque fois que le Président se retrouve seul, comme ça, on ne peut prévoir la suite des événements. Pourtant la réaction saine est celle qui consiste à réagir, à anticiper et à mettre tous les alliés de son côté. Le Président doit savoir qui sont ses alliés et comment peut-il les mobiliser de son côté. Il sait que c’est à lui qu’incombe la mission d’affermir la démocratie, de soigner nos blessures, de nous remettre debout… moments historiques… moments d’exception… Ce n’est pas le comportement ‘d’habitude’ qui sied. Donc…

 

Source :
La Tribune n° 384

 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

29012008

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada  

Les faux fous de la société

« Qu’est ce que vous faites comme travail ». S’interrogea un ami en moi que j’ai perdu de vue depuis longtemps. « J’exerce un métier ingrat », répondais-je. « C’est quoi » questionne-t-il. « La presse », rétorque- je. « Un chercheur économiste comme toi, peut-il se satisfaire d’un maigre salaire ? C’est inadmissible ». S’exclame-t-il. A-t-il raison ? Une cousine à moi me disait, en ce sens, que « la personnalité d’un homme qu’il soit intellectuel ou non se manifeste par un statut matériel acceptable. Il doit avoir une voiture, une maison et un bon salaire. Quelqu’un qui n’a pas ce minimum vital, n’est pas une personnalité ». C’est quoi alors la personnalité ?

 « Pour certains psychologues la personnalité est une configuration personnelle de traits. Le trait de comportement est défini comme une chaîne de réactions que l’on peut reconnaître en différents moments chez le même individu. » (Que sais je, les théories de la personnalité, 1986, p 43). Ainsi, dans la mesure qu’il finance sa famille, les traits de la personnalité de l’homo-mauritanus s’imposent-ils ? Et si les femmes contribuent au financement de leurs foyers conjugaux ? Celles-ci cherchent désormais du travail. Elles essayent d’avoir leur indépendance vis-à-vis de l’homme. Le taux de 20% des postes attribués par le gouvernement aux femmes et la nomination des Walis, sont des faits marquants en Mauritanie. En France et dans les pays développés, il y a une quasi-inexistence des femmes Wali. Le pays dépasse alors les grandes démocraties.

Toutefois, la perception sociale de la personnalité s’éloigne de la performance. Le trait individuel de cette perception se focalise sur le côté matériel. La femme doit participer à la prise de la décision juste parce qu’elle est soutenue par « je ne sais qui ». L’homme, quant à lui, doit s’imposer par n’importe quel moyen. Par ailleurs et s’agissant de l’écrit. Les indicateurs sont éloquents. Plus le nombre de lecteur est important dans un pays, plus ce pays est développé. Une société où l’écrit n’a pas de valeur, c’est une société peu productrice dont le niveau de débat est médiocre. Cela s’explique facilement. Les conjoints mauritaniens lisent rarement. Ils sont dominés psychologiquement par le ouï-dire et la parole. Leurs enfants auront difficilement un penchant pour la lecture et l’innovation. Pour cela les régimes les moins performants accordent peu d’importance à la production intellectuelle. Celle-ci donne la liberté à la critique. Ici, en Mauritanie, le système de valeur met de côté les traits de l’intellectuel innovateur. Que pensent les écrivains de cette situation ? Aussi rares qu’ils sont, Ils ont l’air d’être cinglés. Cependant, ils sont les vrais sages du pays. Qui les écoute ? Ils sont à la marge de la décision. Ils sont malheureusement les vrais fous de la société.

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°384




La Banque Mondiale note la Mauritanie

29012008

Economie :

La Banque Mondiale note la Mauritanie

Une nouvelle approche vient d’être dévoilée par les représentants de la Banque Mondiale en Mauritanie. Une telle approche se matérialise par la mise en lige du tableau de bord du portefeuille du pays. C’est ce qui ressort d’une intervention des experts de la Banque mondiale au cours d’une communication organisée à l’occasion de déjeuner de presse au siège de la Banque à Nouakchott, le mercredi 23 janvier 2008. Grâce à un système d’évaluation et de suivi appelé scorecard, celui-ci peut, désormais, noter le gouvernement mauritanien. Cela se fait à partir de l’analyse de l’Etat d’avancement de l’exécution de projets financés par les bailleurs de fonds.
Nous décelons dans le tableau de bord du pilotage de la Banque mondiale, les projets à risque et ceux qui annoncent un bon résultat.
La gestion du portefeuille devient une innovation qui peut stimuler les investissements et les dons accordés au pays. Au niveau de l’exécution des projets qui sont nombreux en Mauritanie, certains sont bien notés, d’autres non.
«Bien qu’ils soient mécontents de la nouvelle démarche qui consiste à les mettre sous l’œil du contrôleur, les chefs de projets sont notés quand même », a martelé François Rantrua, représentant résident de la Banque mondiale en Mauritanie.
Ce dernier estime que certains projets de l’Education seront plus efficaces. Car « les parents d’élèves vont pousser les chefs de projets éducatifs à bien travailler ». Pourtant, le secteur éducatif requiert un retard considérable.
Soulignons, toutefois , que « Le Programme National de Développement du Secteur de l’Education (PNDSE), déjà très bien noté au trimestre dernier, s’améliore encore sur ses objectifs de développement. Le secteur affiche des résultats très satisfaisants en matière d’accès et d’équité. Le Projet Enseignement Supérieur commence à se redresser, mais il reste de loin le plus mal noté du portefeuille. Alors que le projet était fin septembre très sévèrement sanctionné pour ses retards de décaissements qui atteignent aujourd’hui 77%, le dernier ISR (implémentation statu report) a relevé des progrès dans la mise en œuvre des réformes du secteur de l’Enseignement Supérieur. » (Note du Rapport Trimestriel d’activités du Portefeuille Mauritanien – Octobre novembre- décembre 2007).

Le portefeuille de la santé est peu convaincant. Les bailleurs de fonds refusent toujours d’accorder les crédits à ce secteur qui demeure, néanmoins, essentiel pour le pays.
Sur le terrain, « le programme santé nutrition se dégrade de façon assez inquiétante. Le bénéfice de la suppression du flag légal covenant n’a pas pu empêcher l’impact très négatif de la notation du dernier ISR ». (Idem)
Précisons que « les flags sont des drapeaux d’avertissement de danger, des signaux d’alarme. Ils alertent de la présence d’un problème dès qu’un seuil de tolérance est dépassé).»
Le seul projet sanitaire bien noté reste celui du sida. D’après les experts de la Banque mondiale, les autres indicateurs de la santé ne sont pas performants. « Il faut beaucoup faire dans ce secteur afin que les créditeurs injectent leurs argents dans la santé », ont-ils indiqué.
S’agissant des projets de l’agriculture. La note du Projet de Développement Intégré de l’Agriculture Irriguée en Mauritanie (PDIAIM) reste inférieure à la moyenne. Mais les spécialistes de la Banque soulignent un réel progrès dans la réalisation des recommandations de l’institution de Breton Woods. La Banque mondiale s’intéressent de plus en plus à la de redynamisation des projets du secteur agricole.
Pour ce qui est du Projet de Développement Rural Communautaire, il enregistre une performance moyenne.
Par ailleurs, « Les projets régionaux sont intégrés sur le site http://www.lppms.org/ LPPMS (site internet de la Banque mondiale) depuis le trimestre dernier. On a pu constater des efforts pour participer aux réunions du groupe portefeuille et remplir la matrice des recommandations au même titre que les autres projets. Les fiches projets commencent à être renseignées. Les DNO (demande de non objection) et DRF (demande de retrait de fonds), devraient être progressivement suivies en concertation avec Dakar, dans le cadre d’un système de suivi évaluation régional. La dégradation au niveau régional du projet de lutte contre les invasions de criquets ne reflète pas la situation de sa composante mauritanienne. Les indicateurs essentiels de mise en oeuvre progressent. Quant aux indicateurs inhérents au développement, ils ont été revus à la baisse suite à la dernière mission de supervision. Cela a conduit à une détérioration globale en dépit de la disparition d’un flag et de l’amélioration concernant les recommandations. Cependant, il faut noter que c’est une moyenne pour l’ensemble des pays participants ; la composante mauritanienne du projet est pour sa part très bien notée selon une grille spécifique au projet (40/48) ».
Les projets miniers ont affiché des bonnes notes. Ce qui sous-entend, que la politique de transparence dans le domaine extractive a joué son rôle.
Rappelons que le pays adhère depuis 2005 à l’initiative de la transparence dans le domaine des industries extractives.
Dans une autre perspective, les experts de la Banque visent le secteur privé, notamment le tourisme. Pour le chef de file de la mission résidente en Mauritanie « Les infrastructures touristiques manquent dans ce pays. . Le tourisme de désert doit être soutenu par des vraies infrastructures de base. La Mauritanie a des fortes potentialités humaines dans le domaine touristique. Le peuple est accueillant, il faut juste mettre en place les infrastructures pour que l’afflux des touristes augmente. » Il ajoute que « le risque de terrorisme est quasi nul dans le pays et que les récentes attaques contre les touristes français et les militaires mauritaniens ne doivent pas entraver les démarches nécessaires pour la stimulation du secteur touristique. »
En outre, M. Zoellick, le président de la Banque mondiale qui était en visite en Mauritanie a signé deux protocoles d’accord. « Le premier définit la série de moyens financiers et consultatifs que le Groupe de la Banque envisage de mettre en œuvre pour tenter de mieux remédier aux problèmes qui se posent à la Mauritanie pour la modernisation de ses infrastructures et la gestion de ses ressources naturelles (notamment dans le domaine minier et portuaire, et en matière d’électricité). Le second constitue un accord de partenariat entre le Groupe de la Banque et le Gouvernement mauritanien pour l’adhésion de ce pays au Réseau PSLO (Réseau des attachés de liaison avec le secteur privé).
Lancé en 1999 à l’initiative de la Banque mondiale, de l’IFC et de la MIGA, le Réseau PSLO regroupe quelque 87 agents et organismes de liaison avec le secteur privé en place dans 76 pays différents. Les agents et organismes en question (qui comprennent notamment des chambres de commerce et d’industrie, des associations professionnelles et des agences de promotion des investissements) s’emploient à encourager le développement du secteur privé, ainsi que les échanges commerciaux et les investissements entre pays ». A souligné Taleb Ould Sid’ahmed chargé de la communication de la mission de la Banque Mondiale à Nouakchott.

Mohamed Fouad Barrada
Source : La Tribune n° 384




Le sursis : on n’ira pas à l’école deux fois par jour

29012008

 

Le sursis : 

On n’ira pas à l’école deux fois par jour 

 

Huit heures-midi ; trois heures-six heures. Ce retour au rythme normal du temps scolaire quotidien ordonné par la circulaire du ministère de l’éducation nationale n’a visiblement pas été accepté par la majorité des enseignants, des élèves et des parents…Quelques marches de protestations d’élèves ont suffi pour que l’on sursoie à la décision de rétablir les horaires scolaires normaux… Les élèves ont semblé dire aux autorités de l’éducation ; « nous refusons d’aller à l’école deux fois par jour. C’est impossible. » 

La ministre avait envoyé il y a un peu plus d’une semaine une circulaire aux directeurs d’établissements, leur notifiant que l’observation de la journée continue dans les écoles n’étais pédagogiquement pas une chose admissible. Datée du 10 janvier 2008 et adressée aux walis, cette circulaire dit qu’il « ne saurait être tolérable » que « chaque établissement » se permette, « en faisant fi de la réglementation, de se doter des horaires qui lui conviennent ». Ainsi, la ministre invite les walis à « veiller à l’application stricte » de l’horaire normal qui est composé de deux périodes : 8heures à 12 heures et 15 heures à 17 heures.  Cette circulaire ne sera pas approuvée par beaucoup d’enseignants et de parents d’élèves qui arguent que la conjoncture ne se prête plus à l’observation de deux périodes quotidienne d’activité scolaire. 

Depuis bientôt dix ans, les écoles de Nouakchott ont adopté implicitement la journée continue. Un contexte économique et social a favorisé la compression et la concentration du temps de travail à l’école sur une demie journée de six heures d’affilée. Aussi, face aux difficultés de transport, du fait d’une extension rapide de la ville, toutes les écoles de la capitale ont choisi de concentrer les cours entre 8 heures et 14 heures. Aucun texte n’autorisait ce principe. Le silence des autorités à favorisé ainsi la vacation des classes toutes les après midi. Cela arrangeait en réalité les établissements privés qui en profitaient pour organiser des cours de rattrapage. 

Avec la prolifération des écoles privées, beaucoup d’enseignants du secteur public  ont trouvé eux aussi une occasion d’arrondir leurs fins de mois. C’est ainsi qu’ils se sont mis très tôt à prêter leurs services aux écoles privées…Cet état de fait n’a pas été sans conséquences fâcheuses pour le système éducatif en général. Un délaissement du secteur public au profit du privé a logiquement poussé la majorité des parents d’élèves à envoyer leurs enfants dans les écoles privées réputées les plus efficaces à Nouakchott. Même les écoles publiques des quartiers chics de Nouakchott ne sont guère plus fréquentées que par les enfants des gardiens des maisons, ceux des boutiquiers des coins, ceux des habitants eux-mêmes étant inscrits soit à l’école française, soit dans les établissements privées en vogue…  Autre conséquence de la journée continue : au moment où les enfants des quartiers périphériques de Nouakchott restaient oisifs toutes les après midis après les classes, ceux des quartiers chics pouvaient avoir à la maison les enseignants à la maison en train de leur dispenser des cours particuliers. En définitive, l’enseignant n’était plus disponible pour les pauvres qui n’ont pas les moyens de loueur ses services en dehors de ses heures normales de travail. 

Autant donc il est vrai que l’observation des deux périodes quotidiennes de temps de travail à l’école est préjudiciable pour les parents et pour les enseignants habitués tous à une facilité complice faite par les autorités, autant elle aurait pu contribuer à un rééquilibrage de l’enseignement dispensé à tous les enfants mauritaniens. Surtout que dans les localités de l’intérieur du pays le régime de l’horaire n’a pas varié. Déjà, avec la descente à quatorze heures le rendement des enseignants et des élèves se trouve réduit de presque 90%… 

La mesure de la ministre aurait été plus pertinente si elle avait été précédée d’une sensibilisation plus efficace. La mise à disposition de moyens de transports qui permettraient la liaison entre les écoles et les quartiers de la ville aurait par exemple été plus convaincante. Ou à défaut, la mise en place d’un système de restauration au niveau des établissements ainsi que l’ont suggéré certains parents. Toujours est-il que le moment où la décision est tombée est très mal choisi. Déjà avec un bouleversement dû au redéploiement en pleine année scolaire des chefs d’établissement il y a eu des flottements dans le déroulement des cours ; sans compter qu’en « démettant » certains enseignants de promotions acquises à la faveur du régime précédent, le ministère s’est mis sur le dos plus d’un mécontent. Ce qui fait que même en ayant raison dans ses choix, la ministre se frotte devant une réalité que ne manqueront pas de saisir comme prétexte tous les opposants au rétablissement de l’ordre dans le système éducatif. Lequel souffre de façon effective du laisser aller et de la liberté excessive dont chaque chef d’établissement peut jouir en faisant fi de l’intérêt de l’élève. Un élève qui a faim entre midi et quatorze heures, n’a pas assez d’énergie pour assimiler la plus facile des opérations de calcul…Seulement, la ministre pouvait programmer ses décisions pour la rentrée prochaine…    

 

Source :
La Tribune n° 384 

 




29012008

 

Conférence de presse du rapporteur spécial de l’ONU, Doudou Diène : 

 

Les observations préliminaires qui fâchent 

 

Le rapporteur de l’ONU, Doudou Diène a tenu une conférence de presse jeudi dernier à l’hôtel Mercure devant un parterre de journalistes et des militants de Droit de l’Homme. Très détendu, Doudou Diène n’a pas mâché ses mots sur les formes de discrimination dans notre pays qu’il a lui-même constaté durant ses cinq jours de visites en Mauritanie. Selon lui la société mauritanienne est traversée en profondeur par des discriminations de nature ethnique et raciale. « Certaines pratiques politiques récentes ont favorisé les discriminations en Mauritanie » a-t-il souligné. De quelles pratiques politiques ?

Le rapporteur de l’ONU a dit que  le favoritisme de telle communauté sur une autre, est l’un des facteurs des formes de discriminations en Mauritanie, lui qui est  venu pour contribuer à la « révolution démocratique » serait tout simplement désespéré de ce qu’il a pu constaté dans le pays des mille et poètes. Selon Doudou Diène, les problèmes de  
la Mauritanie résultent de la construction identitaire qui a fait l’objet de tension depuis plusieurs années. Mais aussi la lourdeur des mentalités (pratiques politiques, héritage historiques), l’absence de statistique basée sur la base ethnique…..

La discrimination en Mauritanie, selon lui,est favorisée  aussi par le système esclavagiste et de castes comme d’ailleurs par une idéologie et une hiérarchisation sociale basées sur des traditions que certaines communautés sont supérieures à d’autres.

Selon lui, certaines langues sont  victimes de discriminations en Mauritanie, alors que le multilinguisme d’un pays est une richesse. Pourquoi donc ne pas s’en servir ?

.

 Pour Doudou Diène la discrimination existe dans toutes les communautés mauritaniennes. Alors pour effacer  les conséquences de discriminations, des dispositions particulières doivent être prises.

 

Recommandations : 

 

Pour effacer les conséquences de discriminations en Mauritanie, le rapporteur de l’ONU Doudou Diène recommande le travail  de mémoire collectif : « une société ne peut guérir  à long terme si elle occulte les évènements tragiques qu’elle a vécu » a t-il dit

Selon lui,
la Mauritanie dispose d’énormes atouts qui lui permettent de lutter les formes de discriminations à savoir :

 

La volonté politique d’organiser le retour dans la dignité des déportés mauritaniens au Sénégal  et au Mali.

L’élaboration de la loi incriminant la pratique d’esclavage en Mauritanie.

En attendant son rapport final, Doudou Diène conseille à
la Mauritanie de promouvoir le multiculturalisme en mettant dans
la Constitution  les différentes communautés.

Le rapporteur de l’ONU a ensuite répondu aux questions des journalistes et aux militants de Droits de l’Homme très critiques parfois provocatrices.

Une militante de droit de l’Homme visiblement en colère lui a demandé de revoir seulement ses copies. Pour elle, le  rapport préliminaire est partisan dés lors qu’il n’a pas parlé des expulsés du Sénégal. Dans la salle les avis sont divergents. C’est au tour d’un professeur  à l’Université de Nouakchott de lui faire des remarques de ne pas parler de l’Islam qui est  un facteur   fondamental dans  la paix civile en Mauritanie. « L’Islam est un lien de  toutes les communautés en Mauritanie » a-t-il dit en substance.

Pourtant en 1989, cet Islam dont il parle n’a pas empêché à l’Etat de donner des ordres à des groupes de mauritaniens   d’égorger leurs compatriotes  musulmans en plein Ramadan ?   

C’est en ce sens d’ailleurs qu’un autre militant de Droit de l’Homme s’est montré très embêté d’entendre ses arguments qu’il a qualifiés de bidons. « Vous parlez toujours de l’Islam, on a instrumentalisé cet Islam pour garder mes parents esclaves. On a instrumentalisé l’Islam pour cacher
la Vérité à mes ancêtres….. Alors ne  nous dites cela » a dit le militant de Droit de l’Homme.

Une salle de conférence houleuse, un rapporteur de l’ONU calme,  posé et très convaincu de ce qu’il  dit.

Il faut noter que tous les pays partenaires de
la Mauritanie vont  utiliser le rapport final du rapporteur de l’ONU Doudou Diène qui se souviendra longtemps de ce point de presse.  

 

Mamadou Sy 

 

Source :
La Tribune n° 384 




PNDD LES AMIS DE ZEINE OULD ZEIDANE SE POSITIONNENT

29012008

PNDD LES AMIS DE ZEINE OULD ZEIDANE SE POSITIONNENT

Vendredi 25 janvier les soutiens du premier ministre à Nouadhibou réunis au sein du mouvement pour la réforme et le changement (MRC) ont tenu une grande rencontre à leur siége sis à la Socogim. L’objet de la réunion était de se connaitre, partager les informations et analyser la situation politique avec la création du PNDD dont lZeine Ould Zeidane est l’une des pièces maitresses.’ Plus tôt lecture avait été faite de la commission politique régionale composée de 40 personnalités (cadres, hommes d’affaires , membres de la société civile…) Plusieurs interventions se sont focalisées sur la non représentativité des soutiens du premier ministre à Nouadhibou où il est pourtant arrivé premier lors des présidentielles de mars dernier. La plupart semblent cependant soutenir l’adhésion du PM au nouveau parti car son ‘programme rejoint celui du président’ et ‘créer un nouveau parti fragiliserait le pays qui n’a pas besoin de division.’ L’objectif des amis de Zeine semble être désormais la réimplantation prochaine.’ Nous devons nous préparer à occuper le terrain pour ne pas laisser les symboles de la gabegie s’emparer de tout et dévier le programme’ a dit un cadre. Les symboles de la gabegie justement n’ont pas trouvé grâce .De nombreux intervenants émettant le souhait de ne pas les voir aux premiers plans à Nouadhibou du moins. L’adhésion au nouveau parti ne semble souffrir d’aucun doute. Un bémol cependant. ‘Nous avons soutenu le programme du premier ministre mais nous ne lui appartenons pas. Zeine c’est fini ; maintenant c’est le parti’ affirme un cadre. Des mécontents ont critiqué le comportement de certains soutiens du candidat Zeine ‘obnubilés par les postes.’ Cheikhna Ould Nenni a fait une intervention très applaudie .Il a réaffirmé la position de centriste et de modéré du premier ministre. Ould Nenni est apparu consensuel et rassembleur en rappelant que si certains ont commis des erreurs, il faudrait leur laisser la chance de se rattraper et que la Mauritanie a besoin de tous ses fils. Il a insisté sur la nécessité d’avancer et de ne pas tout le temps regarder en arrière. Pour lui le président du parti Ould Waghef lui a assuré que les gens de Nouadhibou sont d’un grand apport et seront consultés dans les prises de décision du parti. Il a terminé par un ‘Les programmes sont au-dessus des hommes’ et ‘le changement que nous tous attendions n’a pas encore eu lieu, mais nous sommes sur la bonne voie.’ Beaucoup d’ex laudateurs du PRDS assistaient à la réunion et ont proposé leurs services. Mais les négros africains et les maures noirs étaient absents. Rappelons tout de même que si le premier ministre a fait d’excellents résultats ici, ce n’est pas grâce à la qualité de la campagne. Il le doit surtout à une adhésion massive de femmes et de jeunes. Pourvu qu’il ne l’oublie pas. ATHIE YOUSSOUF CP/NOUADHIBOU

 

Source : La Tribune n°384




Déportés mauritaniens

29012008

Déportés : Retour imminent du premier contingent. 

Les accords tripartites (gouvernements mauritanien et sénégalais, HCR) signés récemment ont fixé les conditions du rapatriement volontaire des mauritaniens réfugiés au Sénégal depuis 1989. Au Trarza, région frontalière du Sénégal, les autorités administratives et le représentant du HCR à Rosso s’emploient à l’application de ces accords.

Le mercredi 23 janvier une délégation de représentants de réfugiés est arrivée à Rosso. Accueillie par Houssam Moualem chef du bureau local du HCR, cette délégation de six membres (Kane Aminata, MBodj Babacar, Babacar Ba, Amadou Samba Ba, Djiby Mbaye et Aliou Mama Sow) s’est rendue à la Moughataa, à la Wilaya avant de venir au siège de la du HCR de Rosso. 

La délégation s’est répartie en trois groupes pour visiter trois sites d’accueil à Rosso, au PK6 et vers l’est à Médina Salam.

Ces visites ont permis de s’assurer des dispositions prises pour le retour des déportés.

Par la suite les membres de la délégation ont rencontré les autorités administratives, les Uléma et le représentant du HCR.

D’ores et déjà des lots de terrains ont été réservés aux déportés au PK 6 et d’autres mesures d’accompagnement sont prévues pour la réinsertion des ex réfugiés. Il faut noter que les déportés que la Mauritanie s’apprête à accueillir ont été associés au processus de retour dans le cadre des différentes commissions mises sur pied.

Le premier contingent attendu le mardi 29 janvier à Rosso est composé de 21 familles ( 8 à Rosso, 7 au Pk 6 et 6 à Madina Salam). Les sites sont prêts à les accueillir.

Djigo Aboubakry CP à Rosso

Source: La Tribune n°384







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