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Les échos Par Mohamed Fouad Barrada

26122007

« Excluons  les individus atteints du sida. Ils sont maudits. Nous ne devons pas autoriser la vente  des préservatifs. Car la  vente de ces contraceptifs  n’est  qu’une manière d’encourager la prostitution. Il est indispensables d’appliquer la charria.» Déclarait le vendredi passé  l’Imam de l’une des  mosquées périphérique de Nouakchott. 

   Certes,la Foi,  l’abstinence  et la fidélité entre les conjoints sont les  meilleures façons  de lutter contre la prostitution voire le sida. Mais le taux du mariage est en nette diminution chez nous. Cela n’est qu’une résultante normale de la pauvreté  d’une grande partie des  populations. Celle-ci peut   basculer facilement  vers  la dérive. Une telle dérive devrait   être éradiquée par des mécanismes économiques loin de la partialité juridique.     

En effet, il y a des hommes  puissants et malveillants qui transgressent les  textes juridiques de leurs pays. Pourtant, ces pays appliquent et appliquaient en théorie des Lois  ‘Divines’. Ces individus   peuvent faire divorcer des  femmes de leurs maries afin de les épouser. Certains parmi eux sont pédophiles. D’autres  détournent les biens de  leurs Etats. Ils sont tout simplement au  dessus de la loi.  

En Mauritanie, nous avons déjà appliqué la charria. Il y avait  des mains coupées. Des gens fouettés en public.  Mais tout le monde sait que seul les pauvres ont subi les sanctions juridiques de  la Loi Divine. Et  nous continuons depuis la deuxième République à avoir des lois sans effets palpables.

 Parallèlement, nous n’avons jamais sanctionné d’une manière fiable ceux qui détournent les biens publics. En principe, il n’ y a pas une différence entre ceux qui volent le bien d’autrui et ceux qui s’accaparent illégalement de  deniers  de l’Etat. 

Cependant, nous  indexons les simples voleurs tout en  applaudissant  les grands escamoteurs. Ils sont toujours là  ces anciens prédateurs de
la République. Ils sont vénérés  et respectés. Faut-il  une révolution morale ?

 Pour ce faire, Président, gouvernement,  parlementaires, juges, hommes d’affaires, policiers, agents de l’Etat et  simples citoyens  devront être tous soumis à la puissance judiciaire. La règle est claire, qui dit  justice, évoque évidement   son indépendance. 

La Loi  doit  défendre en ce sens  les pauvres. Si l’Etat démissionne  de son vrai rôle, si les oulémas ne fournissent pas l’exemple, et si les acteurs de la société civile  ne défendent pas les couches les plus vulnérables, la conséquence sera désastreuse.

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune N°380

Source: La Tribune n°380




Air Mauritanie :les pistes qui mènent à la liquidation

26122007

Air  Mauritanie 

Les pistes qui mènent à la liquidation 

 

Le 24 décembre 2007, des  travailleurs en chômage  technique d’Air Mauritanie revendiquent leurs droits devant la primature. Ces  travailleurs qui sont au nombre de 400  réclament, en cas de liquidation, des  droits avoisinant 6 milliards d’ouguiyas.  «L’Etat tablait sur une charge sociale de 1milliards », précisent certains parmi eux.   

« Au départ, l’Etat parlait de nos droits. Lorsque nous avons fait une estimation basée sur une étude objective, le gouvernement nous a tourné le dos. » Déclare Ould Oueda, technicien d’aviation. 

« Le ministre des transports nous a   fermé les portes. Car il ne veut pas nous  recevoir. Il prétend ne pas avoir de solution.» Précise Hacen Ould Deidy, chef des syndicats d’Air Mauritanie 

Les techniciens de celle-ci  craignent une privatisation de l’assistance technique. Selon eux « ce service doit être vendu aux employés de la société comme c’était  le cas des liquidations des grandes compagnies, notamment Air Afrique ». 

Les travailleurs accusent, aussi,  les autorités de tisser une alliance  avec des hommes d’affaires du pays au détriment des intérêts de la nation. Il s’agit de la société Mauritania Airways dont les principaux  associés  sont des tunisiens et des opérateurs locaux. Ils affirment ainsi que  « le groupe Mohamed Abdallah Ould Abdallahi exerce des  pressions  pour mettre la société en liquidation afin de  camoufler son rôle dans la gestion calamiteuse de la compagnie ». 

Rappelons que « la crise a commencé à s’aggraver dès l’an 2000 lorsque la perte de la compagnie a atteint 59 millions ouguiyas en 2003 pour dépasser trois milliards en 2004, deux milliards en 2005 et 2006 et un milliard au cours des huit premiers mois de 2007. Les dettes de la société sont estimées aujourd’hui à 12 milliards d’ouguiyas, son actif ne dépasse pas les 3 milliards sous forme de bâtiments hypothéqués par des banques (…) le nouveau gouvernement a commencé à réfléchir dès son entrée en fonction à un plan de redressement de Air Mauritanie qui a consisté à augmenter son capital d’un milliard d’ouguiyas dont 207 millions ont été versé par l’Etat alors que les actionnaires privés ont refusé d’apporter leurs contributions. » (ndrl) 

Toutefois, les travailleurs soulignent que l’Etat est majoritaire  dans le capital de la société avec 39% des actions  et qu’il doit garantir la pérennité de la société. Ils refusent la nouvelle version officielle. Qui sous-entend qu’en cas de liquidation, les créanciers seront favorisés au lieu des salariés. Ces derniers envisagent de recourir à la justice. 

Mohamed Fouad Barrada




Evénements d’Aleg :A qui profite le crime ?

26122007

Evénements d’Aleg :

A qui profite le crime ?

 

 

Il était midi passé. François Tauler, un retraité grand-père, Didier Tauler et son fils Gérard Tauler, Jean Celess et Albert Alsen, décident de faire une halte décident de faire une halte à ‘Tamourt Dhib’, à quelques 11 kilomètres d’Aleg. Moins de deux kilomètres du poste de police situé à l’entrée nord de la ville. Ils sont à bord de deux voitures : une Laguna immatriculée 547DMY47 et une Cherokee immatriculée 2892YB17. Les cinq touristes entendaient se rendre au Mali. Ils ont quitté l’Europe quelques jours plus tôt et devaient gagner le Burkina en passant par le Mali dans une semaine. Le plus âgé avait l’habitude d’un tel parcours. Il savait qu’il n’y avait rien à craindre. Une voiture de type Mercedes s’arrête. A son bord, trois hommes. L’un d’eux sort une Kalachnikov et tire. Contrairement aux indications du ministère de l’intérieur, les agresseurs n’ont rien demandé aux victimes. L’objectif était de tuer visiblement. De façon spectaculaire.

 

Alerte maximale

 

Les autorités ont immédiatement donné l’alerte. La ville a été quadrillée. Mais les enquêteurs ont vite été obnubilés par la piste crapuleuse. D’ailleurs le communiqué du ministère de l’intérieur et les déclarations officielles ont laissé entendre cette thèse. C’est au cours de l’enquête qu’une première arrestation a été opérée. Celle du propriétaire du taxi qui a emmené les supposés agresseurs à Boghé. Il a donné le nom de celui qui l’a loué. Un certain Mohamed el Moustapha Ould Mohamed Saleh est entre les mains de la police. Tout comme El Moustapha Ould Abdel Kader alias Abu Said est actuellement entre les mains de
la Gendarmerie. Il fait partie du groupe qui avait été libéré en juin dernier à la suite du procès des salafistes accusés d’avoir soit perpétré soit préparé des attentats en Mauritanie. Abu Said se serait installé depuis peu dans le village de Lehlewa, à trois kilomètres au sud d’Aleg. Un deuxième homme, du nom de Mohamed Mahmoud Ould Sidi serait recherché. La voiture des agresseurs a été retrouvée à Aleg. Il y aurait du sang sur ses sièges arrières. Ce qui laisse supposer que l’un des agresseurs a été blessé, mais par qui ? Une véritable chasse à l’homme a été engagée. Il s’agit pour les Mauritaniens d’associer Sénégalais et Maliens en vue de retrouver les criminels si éventuellement ils ont traversé. En attendant la revendication de l’acte barbare, on peut dire que ses auteurs ont bien choisi le moment. Et le lieu.

Cet acte intervient à la veille du passage du rallye Lisboa-Dakar. Depuis quelques années les Salafistes de l’espace sahélo-saharien cherchent à perturber cette manifestation. C’est leur première grande «réussite» en Mauritanie. Il intervient aussi le 24 décembre, la veille de Noël, ce qui lui donne un ancrage religieux. Il intervient enfin au lendemain des attentats perpétrés en Algérie et dans la préparation desquels on a parlé de présence mauritanienne. En effet de nombreuses sources d’information ont fait état de la mort de quatre mauritaniens dans les accrochages qui ont opposé l’Armée algérienne aux combattants islamistes. On savait déjà que des Mauritaniens avaient été entraînés et encadrés dans le Groupe salafiste pour le combat et la prédication (GSPC) de Bellaouar.

 

Au début était la manipulation…

 

Quand
la Mauritanie est tirée de son sommeil le 5 juin 2005, il lui est difficile de se rendre à l’évidence : elle devient un objectif du terrorisme. L’attaque de la caserne de Lemghayti en est l’illustration. Bilan : 17 morts côté mauritanien, 6 côté agresseurs. Sans attendre, ‘on’ accuse le GSPC algérien qui serait commandité par le groupe de Zarkawi en Irak. Une aubaine pour le régime de Ould Taya qui a tout fait pour inscrire son action dans le sillage de la lutte contre le terrorisme dont l’Amérique de Georges W. Bush a fait une religion. L’attaque de Lemghayti est-elle une conséquence de la guerre menée par le régime à l’époque contre les mouvements radicaux ou une manipulation des services de renseignements d’un pays voisin ? Est-elle un prétexte pour le pouvoir pour durcir ses positions ? Signe-t-elle la fin de la stabilité d’un pays dont l’Armée a toujours refusé la guerre ?

Autant de questions qui restent posées, même aujourd’hui la lumière n’ayant jamais été faite sur cette attaque. Ould Taya et son système policier, dirigé pendant 20 ans par le même homme, ont toujours voulu faire du radicalisme religieux une menace réelle pour le pays et un ennemi pour le régime en place. En 1995, une première rafle permet au régime de l’époque et à son ministre de l’intérieur de porter un premier coup à la mouvance en phase d’autonomisation. Il faut rappeler ici que pendant la période de constitution, la mouvance était bien ‘encadrée’ par des hommes proches du régime, une sorte de ‘parrainage’ qui permet de canaliser l’action et, mieux les financements. En la défendant auprès des autorités, en la manipulant parfois au profit de ces mêmes autorités. Au début des années 90, de jeunes ‘loups’ arrivent. Les financements venant de l’extérieur quittent les circuits traditionnels. La relation avec les maîtres wahabbites deviennent directes. Le mouvement se structure. Une nouvelle direction voit le jour. Suffisant pour irriter la direction traditionnelle. La police s’en mêle. Les activistes islamistes passent aux aveux télévisés. On croit avoir maté toute velléité chez eux. Plus grave, on croit désormais pouvoir jouer à ce jeu-là avec eux. Rafles de dirigeants, accusations sans fondements, obtention de compromis, et libérations sans autre forme de procès. Le tout sans grand danger. On arrive ainsi à 2003. En avril précisément. La police politique s’en prend avec violence à la mouvance. Sans discernement. Campagne contre les Imams et les prédicateurs. Des plus humbles aux plus prestigieux. La télévision nationale et la radio sont mises à contribution. Campagne sans précédent. La passante la plus insignifiante prend le micro pour fustiger les Erudits les plus reconnus. Amertume générale. Un peu comme si toutes les limites sont dépassées. Le 8 juin 2003. Le putsch des amis nationalistes tombe immédiatement dans le chapitre des activités ‘islamistes’. Dans son discours de Zouératt – sa première sortie après le putsch – le Président Ould Taya n’hésite pas à faire le lien. Pas de répit. La répression s’intensifie. Le radicalisme en face aussi. Si bien que la ‘bienveillance’ du GSPC prend fin.

 

…à la fin, l’indulgence 

 

Un premier groupe d’activistes est arrêté. Ils reconnaissent devant la police avoir été au Sahara central, pour se former dans les rangs du GSPC en perspective du voyage vers l’Irak. Les services de la police politique, habitués à la pratique de la torture, maltraitent les prisonniers. On en parle. Premiers avertissements du GSPC. Puis passage à l’acte. L’attaque de Lemghayti est un acte de guerre qui signe la fin d’un régime. Ulcéré et effrayé, le Président Ould Taya ne s’en remet pas. Il envoie un millier de mauritaniens se battre dans les déserts malien et nigérien. Contre des fantômes. Il fait subir aux officiers supérieurs de l’Armée restés à Nouakchott, un régime infernal. Cause directe du 3 août. Nous l’avions dit : l’Armée mauritanienne n’est pas faite pour faire la guerre. Mais au lieu de signifier une nouvelle page dans l’attitude vis-à-vis de la mouvance islamiste – toutes tendances confondues -, la transition a renforcé le radicalisme à l’égard du pays. Le président du CMJD, dans ses discours, n’a pas manqué de fustiger le courant, de condamner la vision, comme s’il avait été le véritable inspirateur de la politique de répression.

Les enquêtes de la police mènent à des groupes autonomes. Le plus important de ces groupes est celui dont les éléments auraient participé à l’attaque de Lemghayti, selon les P-V de la police. D’autres groupes s’apprêtaient, toujours selon leurs déclarations à la police, à organiser des attentats contre des intérêts occidentaux en Mauritanie. Ce serait en réponse aux appels pressants des chefs d’Al Qaeda. Mais il faut attendre la naissance de ‘Al Qaeda pour le Maghreb Islamique’ (AQMI) et la série d’attentats perpétrés au Maroc et en Algérie pour se rendre à l’évidence : il s’agit bien d’un réseau trans-maghrébin.

Chez nous, les procès des groupes salafistes ne permettent même pas de comprendre le courant ni d’en discuter les fondements idéologiques. Ceux du Groupe islamique pour la prédication et le Jihad en Mauritanie (GIPJM), une excroissance du GSPC algérien, affilié depuis à Al Qaeda, sont libérés en même temps que les autres. Trois hommes jugés ‘dangereux’, Ahmed Ould Mohamed Sid dit El Qalqami, Taqi Ould Youssouf et Abdel Melik Ould Sidi sont activement recherchés depuis deux ans dans le cadre de l’enquête sur le GIPJM. Comme le GICL (libyen), GSPC (algérien), le GSPM (marocain) et le GSPT (tunisien), le GIPJM est une organisation radicale qui a choisi d’adopter les méthodes de l’organisation de Ben Laden. Et de s’attaquer aux intérêts occidentaux où qu’ils se trouvent. La vision qu’ils ont des régimes en place est simple : leur présence à la tête des Etats en fait ‘une terre de kufr’. D’où la légitimité de leur combat.

Il y a quelques mois Ayman Zawahiri, deuxième figure d’Al Qaeda, menaçait les intérêts français et espagnols particulièrement au Maghreb. Les révélations faites par les membres algériens d’Al Qaeda pour un Maghreb Islamique indiquent que la nébuleuse entend mener des actions partout dans la région. Avec l’opération d’Aleg, les salafistes jihadistes mauritaniens passent à l’action. Quelle sera la réaction du pouvoir ?

 

Béchirou Wade

 

Source :
La Tribune n°380




26122007

Manon Rivière, à Nouakchott , V.F. et C.J (lefigaro.fr) avec AP et AFP

Deux des trois Mauritaniens en fuite après avoir tué lundi quatre touristes français à Aleg, sont proches de
la Branche d’
al-Qaida au Maghreb islamique (BAQMI).
 


Nouveau rebondissement dans l’enquête sur la mort de quatre touristes français abattus hier en Mauritanie. Alors que la police privilégiait jusqu’ici la piste du crime crapuleux, le parquet de Nouakchott vient de révéler que deux des trois auteurs de l’attaque, en fuite, sont soupçonnés d’appartenance à des groupes extrémistes islamistes. Ils ont été arrêtés en 2006 pour appartenance présumée au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, affilié à Al-Qaïda qui s’est depuis rebaptisé Branche d’al-Qaida au Maghreb islamique (BAQMI).
 

 

L’un des deux hommes a été libéré sans inculpation alors que l’autre a été acquitté de l’inculpation d’appartenance à un réseau terroriste. Le parquet a fait appel et l’affaire demeure devant les tribunaux. Des barrages ont été installés sur plusieurs postes-frontières de la zone pour retrouver les trois auteurs des tirs mortels mais les autorités locales n’excluent toutefois pas que les suspects aient pu franchir la frontière à la faveur de la nuit. 

 

Le chauffeur de taxi qui les a déposés à Boghé, localité sur la frontière avec le Sénégal, a lui été accusé de s’entrainer dans un camp de
la BAQMI et a écopé d’un an de prison avec sursis. 

Deux nouvelles interpellations 

D’autres éléments éloignent l’hypothèse du crime crapuleux. Deux individus ont été interpellés mardi près d’Aleg. Désormais ce sont cinq suspects qui sont interrogés par les enquêteurs. Parmi eux figurent un couple, apparemment proche des milieux islamiques, deux délinquants connus localement, et le chauffeur de taxi des assaillants. 

 

Hier en fin de matinée sur la route entre Aleg et Maghta Lahjar, à environ 250 kilomètres au sud-est de Nouakchott, la capitale Mauritanienne, un groupe de cinq touristes français faisant route vers le Mali a été pris pour cible par trois hommes armés et enturbannés.

Selon les informations de la police locale, l’un des agresseurs serait de teint clair et deux autres de teint plus sombre. Armés de fusils d’assaut Kalachnikov AK-47, ils ont tiré sur les Français qui pique-niquaient sur le bord de la route, après avoir cherché à leur extorquer de l’argent. Quatre personnes ont été tuées et une blessée gravement à la jambe. 

 

Le blessé est un sexagénaire, habitué de
la Mauritanie. Il a été transféré dans la nuit à Dakar au Sénégal. Ses deux fils font partie des victimes, ainsi que son frère et un de leurs amis. Plusieurs sources ont confirmé que les touristes avaient été aperçus plus tôt dans la matinée, sortant d’un établissement bancaire à Aleg. C’est peut-être là qu’ils ont été repérés par leurs agresseurs. 

 

« J’ai été prévenu vers midi, raconte Ahmedou Ould Manah, le commandant de la compagnie de gendarmerie de la région du Brakna. On m’avait parlé d’un accident de la circulation, mais lorsque je suis arrivé sur place, j’ai retrouvé les douilles correspondant à l’AK-47. » Plus de doute, il s’agit bien d’un assassinat et non d’un accident. 

Crime crapuleux ou marque d’al-Qaida ? 

«À l’heure actuelle, la piste privilégiée par les autorités mauritaniennes est celle du crime crapuleux», explique le porte-parole de la présidence. Ce dernier rappelle d’ailleurs qu’une opération similaire s’était déroulée il y a quelques mois à Nouakchott, lorsque la recette journalière du Port autonome avait été braquée par des hommes armés.

L’attaque n’avait pas fait de victime, mais 59 millions d’ouguiyas (170 000 euros) s’étaient évanouis. « Jusque-là, on constatait l’existence d’une petite criminalité localisée, mais il est vrai qu’avec cette attaque meurtrière d’Aleg la situation devient inquiétante », admet encore le porte-parole de la présidence mauritanienne. 

 

La région du Brakna, où se situe la localité d’Aleg, n’est pas spécifiquement connue pour être une zone touristique. Ce n’est pas non plus une zone réputée dangereuse, comme peut l’être le Tiris Zemmour, dans l’extrême nord-ouest du pays, à la frontière entre l’Algérie et le Sahara occidental. En raison de la présence supposée dans la zone de djihadistes d’al-Qaida au Maghreb, il est parfois déconseillé aux touristes de s’y promener seuls.
 
« Je ne crois pas à la thèse de l’attaque terroriste, déclare un journaliste local. Les hommes du GSPC auraient plutôt frappé la région touristique de l’Adrar s’ils avaient voulu faire un gros coup. » À deux semaines de l’arrivée du Rallye Dakar dans le pays, cette attaque sanglante constitue en tout cas une très mauvaise publicité pour
la Mauritanie


Le Figaro 






25 décembre 2007 : Nouakchott (AFP) – Mauritanie: des salafistes impliqués dans le meurtre de Français, selon le parquet
  

Deux des trois Mauritaniens en fuite après avoir tué lundi quatre touristes français à Aleg (250 km à l’est de Nouakchott) sont proches du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, affilié à Al-Qaïda, a annoncé mardi le parquet général de Nouakchott. 

 

Parmi les trois auteurs de l’attaque figurent « deux jeunes Mauritaniens qui sont soupçonnés d’appartenance à des groupes extrémistes salafistes« , a annoncé le parquet dans un communiqué transmis à l’AFP

 

Ils avaient été arrêtés en 2006 pour appartenance présumée au GSPC algérien, rebaptisé depuis Branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (BAQMI), rappelle le texte. 

 

L’instance judiciaire rappelle que l’un des deux avait été libéré sans inculpation alors que l’autre avait été acquitté de l’inculpation d’appartenance à un réseau terroriste. Le parquet avait fait appel et l’affaire demeure devant les tribunaux. 

 

Le parquet rappelle par ailleurs que le second « avait suivi des entraînements militaires (du GSPC) à l’extérieur du pays« . 

 

Les trois hommes ont attaqué lundi un groupe de cinq touristes français à une vingtaine de kilomètres d’Aleg. Quatre Français ont été tués, le cinquième, blessé par balles, a été évacué à Dakar

 

Les agresseurs ont pris la fuite vers la frontière sénégalaise et étaient toujours activement recherchés mardi soir. 

 

Certaines sources diplomatiques assuraient que les suspects avaient traversé la frontière, mais aucune source officielle n’avait encore confirmé cette information mardi soir. 

 

« Cinq personnes ont été arrêtées (depuis le début de l’enquête) et durant les interrogatoires, il a été possible de reconnaître l’identité de deux des agresseurs qui sont en fuite, le profil du troisième a été établi« , a précisé le parquet. 

 

« Une des personnes interrogées avait été condamnée à deux ans de prison avec sursis en 2006 à Nouakchott pour appartenance à un groupe terroriste« , ajoute le communiqué, précisant que « l’enquête évolue avec rapidité et sérieux« . 

 

Note: Info source : Le Figaro (France) /
La Croix (France)

via cridme.org







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