• Accueil
  • > Archives pour le Vendredi 7 décembre 2007

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

7122007

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada
« La tangente floue » !

 

Entre  agir pour que ça change et  théoriser pour que  ça ne change pas, le simple mauritanien ne se retrouve plus.   Pourtant, des journées de concertations  pour ramener les déportés mauritaniens chez eux   et des actions rapides pour calmer une population furieuse de l’augmentation des prix, ont été des signes de bonnes intentions. Sans oublier bien sûr les  voyages à l’étranger  du Président de  la République Sidi O Cheikh Abdallahi   afin d’obtenir les investissements et les dons nécessaires pour son programme. Ajoutons à cela la rencontre à Paris du groupe consultatif pour la Mauritanie. 

Toutefois, des  malversations du passé  se reproduisent à tous les niveaux. Des dépenses inexplicables sont déclenchées, par- là par- ci. Notons le cas du loyer de  la SMH. Ce loyer avoisine les trois millions d’ouguiyas.  Il faut ainsi  souligner le cas de la faculté de médecine. Pour deux classes seulement, on loue une maison à un million  par mois.  S’agissant de la situation régionale, des incendies se sont  étendu de Aine Varba localité de  El Houd Algharbi jusqu’au Kankossa (l’assaba). Ces incendies n’ont  pas eu  d’écho. 

Pour ce qui est des marchés octroyés par des offres publics, des citoyens bien avertis constatent  le monopole  des opérateurs bien implanté depuis longtemps  dans les rouages administratifs. Ces derniers   arrivent toujours   par une alternative  implicite  à avoir les enchères publics,  chacun  son tour,  son équipe d’appui. Comment ? Personne ne sait avec précision ce qui se passe derrière les coulisses de ces enchères ! Par ailleurs, certains membres du gouvernement bien que compétents n’aient pas  le moindre souci du développement de leur pays. Ils ne sont pas là pour changer. Ils cherchent  justes leurs intérêts étroits. En outre, des   directeurs  moins doués   veulent maintenir le statu quo. Ils bloquent, désormais,  des cadres    performants, questions de leur barrer la route pour qu’ils ne puissent pas déranger l’ordre existant.

Partant, des citoyens dupés  pas la pagaille des années passées et du besoin du moment commencent à avoir la nostalgie de l’ancien système. 

Certes,  dans  le nouveau  système, il y a des gens de bonne volonté.  Peuvent-ils, cependant,  convaincre par une action rapide et efficace ?   

En attendant,   nous tendons vers   la tangente floue. Une telle  tangente constitue pour  les uns un thermomètre  du progrès et pour les autres les prémices de la nouvelle décadence.    Source :  La Tribune 




Les Echos Mohamed Fouad Barrada

7122007

 

  

Quel avenir pour la presse mauritanienne ? 

 

 

Comment rendre la presse  performante ? Faut-il la subventionner ou faut-il simplement la réformer ? 

Voici des sujets qui préoccupent les autorités de  tutelle. Celle-ci est en train de préparer une série de  mesures allant dans le sens de déclencher une panoplie de mécanismes nécessaires, semble-t-il, au fonctionnement des institutions médiatiques. De la carte de presse à la révision des anciennes lois, les journalistes ne savent plus sur quel pied  danser. Par où commencer ? 

Entre les directeurs de publication et les simples journalistes, il y a,  en effet, un grand fossé. 

« Il semble que ces derniers sont presque unanimes sur une meilleure transparence  permettant de donner l’importance aux simples journalistes.  Il est en ce sens indispensable de favoriser  les ateliers de formation tout en accordant des  bourses d’études pour les journalistes de la place ». 

S’agissant des fonds publics destinés aux médias et qui seront  budgétisés en 2008.  « Ils doivent être   accordés  indépendamment de la personnalisation des organes de la presse. Celle-ci  incarne  la domination de directeurs de publication. » Précisent plusieurs  journalistes soucieux du  sort de futures subventions. 

Le ministre de la culture et de la communication tire, quant à lui,  la sonnette de l’alarme, en indiquant que « plusieurs journaux n’ont ni locaux ni budget de fonctionnement et ne cotisent pas à la caisse nationale ». 

Toutefois, la presse locale souffre d’un  manque de moyens justifié par des ventes peu rentables  et de la quasi-absence de la publicité.  Cela ne permet pas son institutionnalisation. Pour ce faire, il faut agir sur l’environnement national. La réglementation de la presse devient dans ce cas une exigence. 

La coordination  entre la presse et  la société civile a  fait, aussi,  l’objet d’un débat central. 

Un éminent sociologue de la place a  expliqué,  dans cette perspective, que « les effets réciproques de la presse nationale et de la société civile s’imbriquent pour féconder des stratégies qui auront à parcourir des espaces énormes concernant la liberté d’expression, celle d’opinion et les multiples  formes de communication. Ces parcours exigent de la motivation, de la vigilance, de la pugnacité et de la patience, autant de vertus à cultiver sans cesse. Leurs objectifs partiellement communs consistent à développer des campagnes permanentes qui tournent autour de plusieurs thématiques. Plus particulièrement il convient de mentionner l’édification d’un Etat de droit, l’enracinement dans la démocratie, l’imprégnation permanente dans la culture citoyenne fondée sur les respects des droits humains. » 

Soulignons que des voix s’élèvent contre cette prétendue liberté. Certains confirment, avec des justifications quoique aveuglées  par « je ne sais quoi »,  que le dysfonctionnement  étatique ainsi que  les  manifestations contre la hausse des prix, ne soient  que des  aspects  de   cette liberté d’expression post 19 avril 2007. 

«  La situation du pays n’a pas  empiré depuis l’installation du nouveau  gouvernement mais ce sont les progrès en matière de liberté d’expression qui donnent l’impression d’une situation de crise  par le biais notamment de la propagation des rumeurs, l’amplification des éléments anodins et autres procédés d’intoxication et de manipulation. C’est pourquoi on ne peut que s’inquiéter à l’annonce  de la libéralisation imminente du secteur de l’audiovisuel suffisamment intoxiqués que nous sommes par la presse écrite ». A martelé, tout récemment,  un chroniqueur anonyme. Cela peu-il être  interpréter comme  une autre forme de manipulation ? Qui sait ?   

Source :
La Tribune

  

 

     

      




La presse en Mauritanie :Diagnostic et pronostic

7122007

Par Mohamed Fouad Barrada

Avec une pléthore de journaux qui n’ont, ni locaux, ni régime fiscal clair, la mise à niveau de la presse s’impose. Cela suppose un diagnostic fiable de la situation actuelle du quatrième pouvoir. Après le diagnostic faut-il procéder au pronostic ?
Paradoxalement, sous le régime militaire, du 3 août 2005 jusqu’au 19 avril 2007, il n’y a eu aucune censure, aucune sanction contre les journalistes.
A partir du 19 avril, date de l’avènement des civils au pouvoir, la liberté était maintenue, mais avec trois procès et une sanction juridique. Ce qui est déjà une bonne moyenne. Mondialement, la Mauritanie est classée actuellement en 50e position en termes de liberté de presse. Cette liberté divise pourtant !
Nous venons d’assister au limogeage de directeur de l’AMI sans en connaître les raisons.
Des journalistes confirment qu’ils ont déjà constaté une régression de liberté de presse publique à travers une nouvelle lecture du quotidien Horizons après ce limogeage.
La presse publique doit-elle être au service de la politique du gouvernement ou au service du citoyen ? Quel est le vrai rôle de la Haute autorité de Presse et de l’Audiovisuel (HAPA) ? Des questions qui restent sans réponse.
D’autres journalistes conditionnent la liberté d’expression. Il faut en ce sens s’éloigner de la vie privée des gens.

Organisation du secteur
Caractérisée par des activités peu génératrices de revenus, la presse écrite privée souffre d’un énorme dysfonctionnement. Ceci se manifeste par une désorganisation totale du secteur : manque d’un statut spécifique pour les salariés et concentration des revenus de certains organes de presse dans les poches du seul Directeur de Publication.
Pourtant, des éditeurs veulent une formation rapide pour qu’ils puissent mieux gérer leurs « organes ».
Il est clair, toutefois, que les entreprises de presse n’ont pas le même niveau de rentabilité, voire le même niveau d’organisation.
Les journaux n’ont pas la même expérience car il y a une grande différence entre les journaux qui paraissent régulièrement et les autres journaux. Le problème reste néanmoins lié à la capacité de transformation de ces anciennes structures en véritables entreprises créatrices de valeur.
Bien que l’environnement mauritanien soit peu favorable à la mise en place des techniques de gestion moderne, les entreprises commerciales, industrielles et de services, commencent de plus en plus à s’intéresser à la presse comme véritable moyen de transmission de messages publicitaires.
Il semble qu’un changement profond concernant la façon de travailler en dissociant les revenus des propriétés des institutions médiatiques et ceux générés par l’activité journalistique, demeure une condition sine qua none de la restructuration de ces organes.

Soutien, formation et réforme
En réalité, le ministère de la culture et de la communication, et la Haute autorité de la Presse et de l’Audiovisuel, ont sélectionnés 42 journaux qui peuvent bénéficier du soutien futur. Celui- ci sera accordé probablement aux journaux qui paraissent régulièrement. Ce soutien reste, cependant, conditionné par la mise en vigueur d’une Loi qui sera soumise au législateur. Pour le moment, ce soutien est constaté, dans des domaines tels que la diminution de prix de l’impression et des abonnements. Mais pour ce qui est de subventions, il faut attendre l’aval du parlement. Qui en tirera profit ? Les Directeurs de Publication, les rédacteurs ou la profession entant que telle? Faut-il une transparence ? Chacun a sa vision, ces arguments, ces intérêts…
Dans une perspective juridique, il y a, certes, une Loi promulguée sous le régime militaire et qui doit être révisée prochainement.
Les journalistes craignent, en revanche, l’instrumentalisation politique de cette Loi. Ils évoquent que 77% des articles de l’ancienne Loi ont une portée restrictive favorisant la sanction et les poursuites judiciaires à l’encontre des journalistes au détriment de la réforme proprement dite.
Les autorités comptent, néanmoins, soumettre le projet de Loi de la presse aux journalistes, avant qu’il soit promulgué. Reste à savoir si les décideurs vont tenir compte des suggestions des parties prenantes ? Il y a des promesses mais…

Source : La Tribune
Entretiens :
Cheikh Haidara, rédacteur en chef de L’Authentique

«La Mauritanie est le seul pays qui ne figure pas dans la liste des pays disposant d’appui pour assister à des séminaires à l’extérieurs. Cela est une séquelle de la multiplicité des Associations de presse. Ces Associations doivent se regrouper dans une seule structure afin de bénéficier du soutien des bailleurs de fonds. Dans le Maghreb et la sous région, les journalistes sont permanemment en voyage. Sincèrement, il y a aussi un manque d’effectif. Il n’y a ni spécialistes ni professionnels. L’Etat doit créer des instituts de formations spécifiques aux journalistes. Parfois, on refait le travail de la rédaction. Sur le papier, nous sommes nombreux, mais en réalité le travail repose sur deux rédacteurs. La solution demeure un recyclage permettant de former ces journalistes. Malgré qu’il y a de promesses, mais jusqu’à présent il n’y a rien de concret, sauf des subventions concernant la réduction du coût de l’imprimerie nationale. Même dans ce contexte, nous avons besoin de plusieurs imprimeries. Car il y a souvent du retard quant au service rendu par celle-ci.
En réalité, je suis pessimiste, cette question de presse reste instrumentalisée par les politiques. Nous avons l’impression qu’il y a un double jeu. Les gouvernements nous ont promis depuis deux ans de faire changer les choses alors que nous sommes toujours dans la case de départ ».

Jidna Deida, rédacteur en chef de Nouakchott info
Ainsi, «les rédacteurs ont, le plus souvent, un statut de collaborateur. Car en terme financier, le statut du journaliste permanent est risqué. En outre, il y a un vrai déficit des ressources humaines. Ce déficit s’explique par le fait que les spécialistes dans le domaine ne veulent pas travailler dans une presse peu rentable. Cela à pousser les Directeurs de Publication à recourir à l’appui de professeurs et instituteurs qui ont un statut de fonctionnaire pour stimuler la profession. Ces directeurs peuvent licencier n’importe qui et sans le moindre souci.
Actuellement, le climat des affaires à changer et les institutions de presse disposent désormais de moyens leur permettant de recruter des permanents. Il faut juste partager les gains de la publicité attribuée par l’Etat. Et cela en suivant des critères objectifs de distributions des richesses crées par ces entreprises».

Propos recueilli par Mohamed Fouad Barrada
Source : La Tribune n°377




ATOIT pour tous…

7122007

ATOIT pour tous… 

Un millier d’employés nationaux, près de 1600 tonnes de fer et environ 5000 tonnes de ciment…pour la réalisation de 386 logements décents. C’est visiblement ce défi qu’a pu relever l’association ATOIT (un toit à toi, un toit pour tous !) qui recevait la veille du 47e anniversaire de la fête nationale la ministre de la famille et la représentante des bénéficiaires des logements. 

Dans la foulée des inaugurations, l’association ATOIT a organisé le 27 une cérémonie de consécration de la fin des travaux du programme d’habitat social. Sous la supervision de la ministre de la promotion féminine, de la petite enfance et de la famille, il a été procédé ainsi à l’inauguration d’un échantillon de 386 logements décents réalisés par l’association ATOIT. Le site de ces logement se trouve dans la zone située entre la route de Nouadhibou et la cité plage, communément appelée socogim plage. Chaque logement est constitué de trois pièces, de deux salles de bains, d’une g grande cuisine. Les maisons sont construites sur des superficies de 600, 700 et 800 mètres carrés. Dans son discours de bienvenue aux officiels, la présidente de l’association ATOIT Lemina Mint Mommo a rappelé que le coût global du programme est de 2.571 000 000 UM dont 964 000 000 ont été versés par l’association et le reste sous forme de prêt de la banque Al Amana. Une dette remboursable  sur une période de dix ans à partir de la date de réception et avec une garantie hypothèque de niveau 1 sur le terrain et sur les constructions a  déclaré la présidente de l’association ATOIT. Il faut rappeler que l’association a été créée il y a bientôt dix ans par un groupe de femmes cadres qui se sont fixé comme objectif d’assurer un toit pour chaque famille mauritanienne tout en suscitant l’ancrage de la culture de l’épargne en particulier chez les femmes. Depuis, elle a enregistré 900 adhésions féminines qui ont pu épargner 1200 000 000 UM. 

Le site des logements qui s’étendent sur une surface 256 225 mètres carrés a été cédé par le gouvernement mauritanien à raison de 102 483 000 UM, montant versé entièrement, déclare la présidente au trésor public et a fait l’objet du registre foncier N°10 022/ 18/06/04. D’un point de vue technique le site a fait selon la présidente l’objet d’une étude de terrain effectué par le laboratoire national des travaux publics. Lequel a, précise-t-elle, confirmé que le terrain était propre à l’usage d’habitation. Suivirent les expertises des bureaux d’études TASMIME et VERITAS qui ont assuré le suivi des travaux. En plus, les réseaux d’eau et d’électricité ont été assurés par les services de la SNDE et de la SOMELEC pour un montant global de 118000000 UM. « Entièrement réglé », assure Lemina Mint Mommo. Transparence oblige. 

Kissima 

Source :
La Tribune
n°377
 




Je maintiens toujours que vendre la SNIM est une haute trahison

7122007

Je maintiens toujours que vendre la SNIM est une haute trahison 

 

Par Mohamed Mahmoud Ould Bacar, journaliste 

 

La privatisation éventuelle de la SNIM participe toujours d’une polémique – croissante – sur l’efficacité du Gouvernement face aux défis complexes dont ses handicaps propres compliquent la résolution.

Bien que la question de la SNIM soit la plus embarrassante sur la liste, le problème d’Air Mauritanie, l’arrêt de l’activité économique du Gouvernement, la hausse des prix et la création du parti Etat – sans omettre tant d’autres signes d’insatisfaction – nourissent l’inquiétude de la rue, de manière à ressusciter le pôle de l’opposition. C’est là un clivage plus vif que l’on ne l’imagine.

Le Chef de l’Etat veut donner une autre impression, dans les coulisses, de la poursuite de son programme, freiné par les promesses et engagements du second tour de l’élection présidentielle. Il cherche à maintenir le soutien des masses en dépit de l’incapacité du Gouvernement à traiter les contraintes nées de la récession et du dysfonctionnement des institutions, surchargées de défauts ; il agit comme pour imposer un fait accompli, une fatalité à supporter pour un moment sans échéance.

Le Président s’empêche surtout de dévoiler la situation dans laquelle il a trouvé l’Etat et qu’il décrit, en privé, d’ «étonnante», euphémisme sans doute trop poli. Par ailleurs, d’aucuns, parmi les familiers du premier cercle, distillent la rumeur que la décision de vendre la SNIM honore un engagement pris, par les militaires, durant la période transitoire ; le Président se trouverait, ainsi, dans une position de résistance on ne peut plus délicate : il passerait, par pertes et profits, six mois de travail en dehors de son programme électoral ; les critiques acerbes de sa méthode sont devenues monnaie courante à tel point que voilà ses véritables partisans contraints au profil bas.

Ainsi les acteurs commencent- ils de détourner l’alternance loin des aspirations du peuple à de profonds changements d’où l’annulation graduelle les prémices d’un passage définitif à un Etat national, défendu par une armée républicaine et professionnelle, où le Président disposerait, pleinement, de toutes ses prérogatives et dirigerait, selon les exigences de la moralité, avec l’ensemble des forces vives. C’est l’Etat où l’on prend des mesures urgentes d’assainissement de l’administration et d’incitation des travailleurs. L’on y œuvre, aussi, à rebâtir le tissu social : les diplômés reconquièrent leur droit rationnel à l’emploi et assument les responsabilités de concours à la reconstruction ;  l’intérêt général est conduit au vu et au su du peuple suivant une vision très responsable que marque le respect des deniers publics ; l’on y ouvre la voie aux capacités intellectuelles et aux artisans, sur le chantier de la réhabilitation ; en un mot, les mauritaniens attendaient la prise d’une série de mesures qui s’inspirent de l’égalité, assoient la crédibilité de l’Etat et entretiennent  l’espoir d’améliorer les conditions matérielles des gens.

Les personnes les plus enthousiastes ne seront pas optimistes sur cette voie pour le peu d’appui et de soutien du peuple aux décisions de l’Etat ; au contraire, il sera difficile de faire face au mécontentement dans un contexte où l’incapacité prévaut  et où l’on parle de l’ouverture du capital de la SNIM.

L’ouverture du capital de la SNIM se discute à la lumière d’une importante promesse du Président de la République, laquelle aborde 4 points essentiels : – L’opération aura lieu après une discussion avec toutes les sensibilités et à l’intérieur du Parlement ; – Avec un appel d’offre international honnête et transparent ; – Elle ne sera pas vendue à un consommateur; -  Elle se fera au travers d’une étude par bureau spécialisé.

Mais il n’a été rien expliqué des termes de référence de l’étude ; l’on  est donc en droit d’inverser le doute et de se demander, autrement, si les prétendus termes de référence ne procèderaient pas du caractère inéluctable la vente; l’acte relèverait alors d’une décision antérieure que Sidi doit exécuter, mais dont il peut choisir la méthode. S’agit-il d’une tentative crédible de développer la société ? La rapidité avec laquelle l’on argumente le renforcement des capacités et de la compétitivité de la SNIM bénéficiaire – alors que d’autres sociétés publiques inclinent à la faillite – paraît bien suspecte.

C’est un labeur truffé de contradictions mais la vérité pure ne comporte pas de lien, encore une fois, avec l’imitation des révisionnistes ni le travestissement des faits concernant la vigilance pour la seule SNIM ; l’appareil exécutif est plein de vices affectant les conditions de l’efficacité requise en pareil cas, c’est-à-dire la protection des intérêts du pays face à la  fortune, considérable, d’un repreneur. En effet, l’Etat, au profit des capitaux privés,  s’est allégé – sous les injonctions la Banque Mondiale – de la plupart de ses prestations ; nul, aujourd’hui, ne louerait les résultats de telles politiques, plutôt vivement vilipendées et motif d’apitoiement. Ainsi, la Mauritanie est presque l’unique pays au monde dépourvu de transports en commun ; la seule compagnie publique qui assurait la modicité de ce service n’opère plus ; des milliers de travailleurs à bas revenu, résidents des quartiers loin du centre ville et autant d’étudiants, de ménagères et de petits vendeurs sont livrés à l’enfer de la débrouillardise et de l’improvisation quotidiennes. Une véritable catastrophe s’est abattue sur ces couches suite au désengagement, par l’Etat, de ce secteur sensible. Pis encore, l’on n’a pas imposé le respect du cahier de charges qui accorde et protège certains droits.

Par ailleurs, Air Mauritanie a fait faillite lors de sa privatisation au profit de nouveaux partenaires ; l’opérateur aérien succombait au fardeau de l’accumulation de certaines dettes dont le fuel et les produits vendus à bord des aéronefs. Ce fut une occasion destructrice de mauvaise gestion à cause de la complicité entre les directeurs successifs. Il est de même des sociétés de pêche qui ont, vingt ans durant, presque toutes déclaré faillite alors qu’aucune d’elles n’a disparu ; faut-il rappeler les tristement célèbres compagnies d’assurance et les banques de développement ? Les exemples ne manquent pas car l’administration s’avère incapable d’imposer aux sociétés privées le respect des cahiers de charge et de défendre la collectivité. Aucun effort de ce type ne pointe à l’horizon et pourtant la privatisation de la SNIM consiste à jeter la poule aux œufs d’or, du moins renoncer à la principale entrée en devises du pays, cela au bénéfice de multinationales.

Le Premier Ministre – il n’est plus le plus brillant du gouvernement faible –prétend mener une campagne contre la corruption ; ses initiatives buttent toujours sur le manque de clarté de son partenariat avec le Président de la République, lien dont-il n’est pas satisfait car il n’y disposerait des pouvoirs nécessaires ; ainsi justifie-t-il la non tenue des promesses à la majorité de ses amis. Le Président, pour les mêmes raisons, n’a pas encore commencé l’exécution de ses engagements à rebâtir un appareil administratif efficace et fort.

L’ouverture du capital de la SNIM, dans une telle situation, équivaut à un non engagement pour les intérêts supérieurs du pays ; elle produit une image différente de celle propagée durant les élections, c’est-à-dire la quête assidue des meilleurs moyens de réaliser les espoirs de mieux être. Ainsi, ouvrir le capital de la SNIM signifie renoncer aux avantages durables qu’en tirait la Mauritanie, en somme céder un pan stratégique de notre souveraineté ; le repreneur élaborera ses plans et exécutera ses mesures de « rentabilité » où se dilueront les engagements sociaux, comme fardeau lourd pour la gestion. Au début, l’on observera sans doute la montée de la production en réponse à la demande exponentielle, vecteur de la hausse des prix du fer.

La Banque Mondiale évalue l’embellie aux deux futures années ; de grands économistes pensent qu’elle sera plus longue, grâce aux gros marchés comme la Chine et l’Inde ; quel que soit le cas de figure retenu, les réserves riches de la Mauritanie atteignent 100 millions de tonnes, celles à teneur moyenne se chiffrent à 800 millions de tonnes ; enfin,  celles à faible teneur se comptent par milliards de tonnes. Le nouvel acquéreur cherchera à doubler les capacités productives, en vue d’augmenter ses chances de tirer parti du développement par l’exploitation de ces réserves précises ; de surcroît, la SNIM possède les équipements adéquats. Mais l’équation changera totalement vers des données différées quand l’opération de développement prendra fin et que l’on épuisera les réserves riches et moyennes. Ainsi, une opération d’exploitation nouvelle d’un minerai de teneur plus faible demandera d’autres gros efforts techniques et financiers, eu égard aux exigences de l’enrichissement de la matière, afin de la rendre exportable. La Mauritanie ne pourra pas alors obliger la société à poursuivre un projet à perte.

En d’autres termes, la décision de continuer ou suspendre l’activité de la SNIM ne reviendra plus à l’Etat mauritanien et ne suivrait donc pas ses propres impératifs ; à contrario, elle influencera durement l’avenir du pays et la vie dans deux régions frontalières. L’unique individu chanceux est celui que les générations futures ne maudiront pas, même si la superstition  à l’égard  de «certains», circule aujourd’hui.

Je ne veux être méchant envers personne, même si je reflète ici le sentiment de la rue car les gens ne parlent de l’Etat que par les injures, les critiques et le dénigrement. C’est une nouvelle déception où se mêlent la léthargie, le désespoir et la peur de laisser « filer » la dernière des favorites de cette république en devenir. La SNIM est une autre affaire pour les mauritaniens, même s’ils n’en tirent aucun profit. Les sujets britanniques dépensent des milliards de livres sterling pour entretenir une reine d’opérette ; ils consentent un tel sacrifice seulement parce que le Palais de Buckingham symbolise quelque chose de grand dans l’histoire et les esprits. De même, la SNIM représente la décision historique de sa nationalisation, ce sursaut combatif d’une Mauritanie qui aspirait à la gloire. Et si l’on organisait un référendum populaire sur la question : l’Etat doit- il dépenser pour la SNIM afin qu’elle continue à vivre ? Le résultat serait « Oui ». Certaines personnalités – nourrissons de la colonisation – ont voté « non » lors du referendum de 1958 ; c’est la nature du mauritanien : la recherche permanente de la souveraineté même s’il va la dilapider, en fin de compte.

Nous sommes devant une affaire que tout le monde dispute avec acharnement, où la raison se mêle au sentiment. Par conséquent, laissez-nous poser le problème de façon logique comme le regardent les grands libéraux défenseurs des idéaux mondialistes car ceux-ci partent d’une vision prospective de la SNIM et posent des questions qui mettent en cause sa capacité à développer sa production, ajouter des valeurs à ses produits, augmenter sa main d’œuvre, accroître son chiffre d’affaires, exploiter ses minerais à faible teneur et prolonger sa durée. Ils décrivent l’enjeu comme son salut obligé face aux nouvelles découvertes et la possibilité d’élargir la production dans son environnement régional, ce qui l’armerait devant une nouvelle concurrence, défi à sa survie. Mais la consultation de l’Ingénieur Ismaïl Ould Amar suggère, par une approche scientifique, de ne pas creuser l’estimation ou la surestimation de ces découvertes.

D’ailleurs, la SNIM avait posé ces questions à elle-même depuis un certain temps et abouti à des réponses techniques et théoriques. Elle en avait discuté certaines avec ce partenaire qui se propose, aujourd’hui. Ainsi, en 2003, lors d’une réunion, en présence de collaborateurs, avec Mohamed Salek Ould Heyine l’ancien Directeur de la société – alors aux pouvoirs étendus et ambitieux – il a été débattu de l’offre d’achat de la majeure partie du capital; la SNIM répondait n’envisager l’ouverture ou le rachat qu’à la lumière de nouveaux projets de transformation ou d’ajout de nouvelles valeurs à la production.

Le candidat repreneur a nié vouloir absorber le minerai mauritanien par l’augmentation de la production et non la hausse des investissements. Ce partenaire trahissait de graves intentions d’usure au moment où la SNIM apportait la réponse à la question de la compétitivité par la mise en œuvre d’une stratégie de doublement de l’extraction en 2012, comme l’a révélé l’ancien Directeur Général, l’intelligent Youssouf Ould Abdel Jelil ; le projet «Al Aouj» comporte des atouts quantitatifs, en premier la hausse de la production de 2 millions de tonnes par an. C’est un chantier où elle tirera des bénéfices par la location de ses infrastructures, en plus du recrutement de 8000 employés et la conservation du poste de Directeur Général.

La grande critique adressée à la SNIM par ces libéraux, c’est son piétinement au même point de production 10 – 12 millions de tonnes par an ; or nous ne devrions exagérer le constat car elle fut nationalisée en 1974 et le changement de sa direction a pris 3 ans environ. Ensuite le prix du fer a chuté. La période située entre 1974 et 2004 était entièrement consacrée à la survie. Ensuite, entre 2004 et 2007, les recettes enregistrèrent une augmentation vertigineuse, permettant de réaliser des bénéfices annuels de 100 millions de dollars. Mais la pauvreté de l’Etat mauritanien et ses besoins urgents de liquidité ont poussé la SNIM à distribuer 50% de ces bénéfices et conserver le reste pour accroître sa production. Au moment où la société commence à enregistrer une grande augmentation de son chiffre d’affaires et de ses bénéfices, il nous appartient de nous interroger sur les opportunités du développement de ses activités ; ii, l’on ne saurait, en toute bonne foi, prononcer l’échec avant l’expérience. Les paroles sur l’ouverture du capital de la SNIM ont affecté les gens éclairés, les véritables génies, les petits vendeurs, les taximen, les étudiants et même les vendeuses de poisson. Autant d’unanimité atteste un problème.

Le choix de vendre semble exprimé, avec la même fermeté, de la part de l’Etat. La présence de Sidi Ould Cheikh Abdallahi au sein de cette équipe libérale – même s’il est connu comme un libéral prudent – n’a pas atténué l’ardeur de la discussion ni la critique acerbe de la démarche. D’ailleurs, les garanties qu’il présenta – étude, consultations suivies et vote du Parlement – ne suffisent pas en elles – mêmes car la contradiction ne réside pas dans l’absence de transparence mais dépend de la manière dont l’on préserve les intérêts du pays de la faiblesse des services administratifs concernés, de la propagation de la corruption et du favoritisme. Le rapport de l’Inspecteur Général de l’Etat a confirmé ceci avec force la semaine passée et de manière inquiétante. Il s’agit d’un véritable fléau dont souffre la gestion de la chose publique en Mauritanie. Le déficit des réformes administratives  en quoi aucune décision fondamentale n’a été prise s’accumule à cause de l’importance des facteurs subjectifs.

Quant aux bureaux d’études, ils examinent, au moyen de mécanismes scientifiques, tout sujet soumis à leur attention; l’ouverture du capital d’une société abordera des aspects différents d’une étude relative au développement de celle-ci par le maintien de la structure de son capital. Nous devons savoir laquelle des questions sera l’objet de l’évaluation.

La concertation implique d’écouter les gens, tempérer l’ardeur de la confrontation et ne signifient pas l’obligation ni la primauté de l’avis de la majorité. Quant à notre honorable Parlement, un groupe considérable en son sein est témoin d’avenants illicites et de privilèges au bénéfice d’hommes d’affaires. Il a aussi retardé l’adoption du budget, pendant plusieurs semaines, pour obtenir des augmentations de salaires.

 

Nous comptons sur Allah.

 

Des garanties sont nécessaires pour préserver la façade et élargir le domaine des responsabilités, de la loi et de la morale ; elles sont très efficaces quand elles surmontent les faiblesses et les failles qui pourraient les entacher. Je ne sais pas si l’Etat peut actuellement atteindre cet objectif. Par conséquent, aucune garantie ne changera le fait que « vendre la SNIM », en cette période, ne sert pas les intérêts du pays, du moins sur le long terme, c’est-à-dire après l’absorption des liquidités produites par la transaction, la fin de la croissance et le retour du Trésor public à sa condition antérieure de mendiant. Alors, tous sauront – à temps ou trop tard, peu importe, une fois le forfait consommé – que la privatisation relevait d’un tripatouillage, vecteur d’avantages personnels, quand bien même tous les mauritaniens y auraient pris part.

 

Mohamed Mahmoud Ould Bakar   

 

Source :
La Tribune 377    




Chronique Mansour

7122007

 

Il demeure quelques cas de sociétés humaines traditionnelles – reliques d’une animale innocence ? Accidents de l’Histoire ? – où la paternité génétique n’a que peu ou prou d’importance sociale. Que  ce soit chez les Na du Yunnan chinois, les Rhadès du Vietnam ou les Naïrs du Kerala, les géniteurs peuvent être inconnus, les relations sexuelles fondées sur la seule volupté, les enfants vivant avec leur mère, l’oncle maternel assumant la paternité sociale, en particulier dans la formulation et le respect des lois. L’inceste frère-sœur y constitue un des tabous les plus forts, avec celui mère-fils, laissant parfois dans l’ombre une hypothétique relation père-fille, rendue variablement possible selon le degré d’effacement du géniteur.  On a voulu voir dans ces groupements épars – toujours limités en population : signe révélateur de quelles bornes ? – des preuves tangibles d’une possible organisation sociale fondée sur l’assouvissement normalement prioritaire du désir, la prééminence de l’émancipation sur la soumission. 

 

Peut-on discuter objectivement de telles situations ? Il est ici question de langage, des fondements même de la parole, qui s’élaborent, justement, entre frustration et jouissance, panique et jubilation, vacuité et plénitude.  Notre discours en la matière nous renvoie, imperturbablement, à nos relations premières, à nos relativités culturelles, à l’ordre spécifique de nos sèmes, et nos chantiers en ces domaines, à l’instar des tripotages génétiques dont on nous assure les plus radieux lendemains, semblent infiniment plus obscurs et hasardeux que nos prétentions solaires. Se pencherait-on sur la quête d’émancipation des rebelles Na, Rhadès ou Naïrs ? Elle se révélerait, très probablement, aux antipodes de celle de leurs homologues occidentaux, plus fréquemment occidentales. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». On rue dans les brancards : on a donc quelque chance de les briser. Mais, après l’ivresse première de la « liberté » retrouvée, on s’inquiète du sens perdu, pressentant – bientôt ressentant – d’autres brancards, plus subtils, plus élémentaires ; en fin de compte, autrement plus rudes que les premiers. Le prix des pavés ne se limite pas à la plage d’Epinal : celle-ci a des dessous – et même des dessus – pas forcément ragoûtants… 

 

Certains en concluraient ici au caractère fatalement illusoire de toute émancipation. Ce serait aller un peu vite en besogne. Bien des contraintes sont le fruit de dégradations d’un sens originel, c’est à dire d’une soumission ajustée à une nécessité, une condition de vie. Les remettre en cause, c’est tenter de rétablir un équilibre perdu, et nos efforts ce sens ne sont pas forcément vains. Mais l’on se heurte maintenant à un triple problème. Que peut-on connaître de cette hypothétique origine ? Dans quelle mesure les conditions existentielles de son émergence sont-elles comparables à celles d’aujourd’hui ? S’agit-il de s’émanciper d’un sens désuet, ou de conditions existentielles insensées ? Les marges de manœuvres sont étroites et déterminent toute une variété de stratégies, banalement conflictuelles. Cependant, c’est bel et bien la « chose marchande », qui semble imposer, encore de nos jours – mais pour combien de temps ? – le diktat d’une « évolution », industrielle en son fondement, pliant les rythmes biologiques, sociaux et conceptuels,  à l’artifice de ses productions. Sous les néons de la ville, à l’étal des hypermarchés, on peut aisément perdre le Nord et ignorer les conditions ancestrales de la survie humaine en notre lieu d’établissement, le sens de nos diversités de nature. Nous voici libres, assène madame la marchande, dévoilant sans vergogne ses généreux appâts, mais de quoi sommes-nous  libérés ? 

 


La P.P.U.C.[1], apparemment rassurée par l’omniprésence de normes sécuritaires, peut maintenant – le doit, probablement, pour sa survie mentale – s’inventer, à l’intérieur  de ces confinements hautement sécurisées, des espaces, sinon réels, du moins virtuels, de libre choix, de prométhéenne aventure. Merveille des jeux vidéos : me voilà, sur à peine un mètre carré de surface foncière, éventuellement divisé par le nombre d’étages de l’immeuble où je niche, maître du monde. Et à l’heure de la surpopulation mondiale, ayant admis, à l’instar des chinois, la nécessité de réduire à une unité – tout au plus, deux – ma production génitale, je devrais bien entendre qu’homme ou femme ne soit plus qu’un « détail de l’Histoire ». Etranglons donc, en vrac, le sexisme, l’absolutisme de l’hétérosexualité, tout le bataclan des morales néolithiques et, particulièrement, monothéistes  ! Les plus malins théorisent à ce point de rupture un artefact de sens, alimentant nos misérables ghettos individuels sous des perfusions d’antiques philosophies hédonistes, rudement étriquées en l’occurrence. Entre ceux-là et les tenants de giclées kamikazes – libérations extrêmes de refoulements variablement orchestrées : dommages collatéraux du nouvel ordre mondial, je présume – c’est bien le sens de l’humain qui se fragmente, se dilue, se vaporise, rendant de plus en plus périlleuse l’éventualité, certes pas marginale, d’une faillite mondialisée du système dominant. 

 



[1] « Plus Petite Unité Consommante », minimale valeur contemporaine de l’Humain, souvent évoquée dans les précédentes livraisons……







bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann