Presse :

26 11 2007

Presse : 

Fin de l’embellie 

 

Si l’opinion publique est surprise par son limogeage, Moussa Ould Mohamed Amar attendait visiblement cette décision. En tout cas il la prend très philosophiquement, même s’il n’a pas été officiellement averti de son départ. Mais on sait que depuis plusieurs semaines, sa hiérarchie n’est pas contente de ce qui se passe à l’Agence. Qu’est-ce qui se passe justement ? 

Quand Moussa est nommé en août, l’Agence Mauritanienne d’Information est au bord de la faillite économique. Pléthore d’employés, mauvaise gestion des biens, elle est à l’image de tout le reste. Le pouvoir a voulu en faire, un défenseur aveugle de l’arbitraire, de la forfaiture et du faux. Tout ce qui fondait le pouvoir à l’époque. C’est pourquoi le choix de Ould Mohamed Amar, sortant de l’école du Calame, a vite été ressenti comme un signe – et un bon signe – de changement. 

Remise à niveau de l’Agence sans pour autant toucher au personnel. Réfection des bâtiments. Amélioration des conditions de travail avec notamment le rétablissement du mérite comme règle : seule la production et le travail effectué sont des critères de promotion. Mais c’est au niveau de la qualité des prestations de l’AMI que le résultat de son passage est le plus visible. 

Les dépêches sont désormais lisibles et couvrent toute l’actualité du pays. Ce qui leur vaut d’être une source d’information : l’AMI est de plus en plus citée comme source. Les journaux Chaab (Arabe) et Horizons (Français) changent de physionomie et de contenu. C’est le printemps chez les journalistes de la presse écrite officielle. Les titres les plus inattendus, les signatures, les sujets, les reportages… Moussa entend faire de l’Agence un véritable service public. C’est sa faute. 

D’abord la règle veut que l’Agence, tout comme les autres organes officiels, soit la voix du Maître. Ensuite on oublie souvent la capacité de nuisance des forces de l’immobilisme. 

Dernièrement, ‘on’ aurait reproché à Ould Mohamed Amar d’avoir laissé passer dans Horizons un article de Youssouf Ould Abdel Jelil, ancien directeur général de la SNIM, article qui traitait de l’affaire de la SNIM. La tutelle lui aurait reproché l’absence d’une opinion autre. Autre article controversé, celui sur l’affaire des préfets démis. Selon la tutelle, il s’agissait d’un avis ‘nationaliste étroit incriminant le ministre de l’intérieur du Gouvernement’. Ce qui a justifié l’envoi d’une mission d’inspection disciplinaire deux ou trois semaines après la sortie du papier. Le limogeage de Ould Mohamed Amar serait intervenu à la suite de cette mesure sans précédent. 

Moussa a été remplacé à l’AMI par son ancien adjoint, Dicko Soudani qui a été adjoint pendant plus de deux décennies. Très bien formé à l’origine, Dicko Soudani a souffert de son statut de fonctionnaire qui l’a empêché de s’affirmer et de révéler ses qualités professionnalisme. C’est ce qui explique les craintes concernant la remise au pas de l’Agence. Son adjoint n’est autre que Abdallahi Ould Seyid, un vieux de la vieille… 

Les deux nouveaux maîtres de l’Agence sont appelés à préserver les acquis en matière de marge de liberté, de préservation des intérêts des employés et de transparence dans la gestion des biens de l’Agence. L’objectif étant d’en faire un service public : servir l’autorité tout en informant sur le pays. 

 

Bechirou

S La Tribune


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