Les quatre vérités des islamistes

26 11 2007

Célébration de la première centaine du RNRD : Les quatre vérités des islamistes : 

Le Rassemblement national pour
la Réforme et le Développement (RNRD) a organisé des festivités marquant son 100ème jour. Plusieurs personnalités politiques y ont assistées. Notamment Sarr Ibrahima, président de l’AJD/MR, Saleh Ould Hanenna, président du PMUC, Me Mohamed Mahmoud Ould Ematt, du RFD, Moussa Ould Habib de l’UFP, Mohamed Ould Cheikhna, ancien Cavalier du Changement, Dr Loueï Ghaleb, ambassadeur palestinien accrédité à Nouakchott… ainsi que d’autres figures de renom dans la scène politique.

Mobilisations significatives

Il est 16h30 de ce mardi 13 novembre. Des foules ont déjà envahi les locaux de l’ancienne maison des jeunes. Bien que le début du déroulement des festivités soit prévu à 17h30. L’enthousiasme de ces foules n’a pas de caractères seulement politiques. Ici, les actes politiques se relèvent à des cultes religieux sacrés. Et on ne manque pas de citer des versets coraniques et des hadiths en témoignage.

En dehors de la salle, les gens se bousculent pour pouvoir accéder à la salle. Les organisateurs sont immuables : il faut que les invités entrent d’abord. Les enthousiastes sont disciples. Ils forment des rassemblements de quelques dizaines de personnes. Ici, comme à l’intérieur, on sépare les hommes et les femmes. Ici, comme à l’intérieur, on remarque l’omniprésence de barbes longues à très longues. «La barbe signifie la masculinité de l’homme. C’est elle qui distingue un homme d’une femme. Je ne comprends pas pourquoi vous tenez à ressembler à des femmes», nous dit un adolescent. Cet adolescent, qui n’a presque que des poils sur le visage, nous a prêché longuement l’interdiction du rasage de la barbe par la charia. Nous l’avons écouté attentivement. Mais piteusement … Des boubous courts. Des robes étendues. Des bourcas noirs et couvrants. Des voiles vastes… Des cris d’Allahou akbar. Des oraisons.

A l’entrée de la salle, les organisateurs sont déjà en action. Des portes sont exclusives à l’entrée et la sortie des femmes. Des autres sont réservées à l’entrée et la sortie des hommes. Aucune exception. Quelque soit sa nature. Lorsque nous avons voulu, insouciamment, sortir de la porte des femmes, la réponse nous est parvenue de derrière la queue : «pourquoi tiens-tu à sortir de cette porte ? N’es-tu pas Islahi (réformateur) ?». Nous en avons demandé excuse et fait volte-face.

A l’intérieur, les trois premiers rangs sont spécifiques aux invités. Le rang d’à droite (par rapport à la scène) sont réservés aux femmes. Les deux autres sont pour les hommes. Aucun rapprochement entre les deux n’est permis. Sur les murs, on a mis des banderoles sur lesquels sont écrits les principaux slogans du parti : «non aux flambées des prix, oui à la consolidation de l’unité nationale, oui au retour des déportés, oui au règlement du passif humanitaire, oui à la suspension des relations avec l’entité sioniste…». Aucune allusion à la polémique sur le sort de SNIM et d’Air Mauritanie.

Quatorze chaises sont posées sur la scène. Elles sont là pour que les responsables du parti s’y assoient. Une banderole est accrochée sur les podiums. Sur laquelle est écrite, en arabe et en français, la trinité du parti : «la référence islamiste- l’appartenance nationale et le choix démocratique».

Dix-huit heures passées de quelques minutes, les leaders du parti paraissent au grand jour. Ils prennent leurs places sur le podium. Et les festivités peuvent commencer.

Discours et discordes 

Aussitôt que les membres du parti sont entrés, les festivités commencent. Avec le Saint Coran. Le vice-président de la commission chargée de communication choisit des versets. Des versets qui rappellent aux compagnons du Prophète (PSL) les difficiles conditions qu’ils avaient vécues avant qu’ils ne dominent toute la planète !!!

La deuxième intervention est celle de Cheikhani Ould Beybbé, président du Conseil national du parti. Il a fait un historique de la mouvance islamiste en Mauritanie. Sans signaler aucunement le mariage entre la mouvance et Ould Haïdalla durant son règne. Ni le regroupement de la mouvance derrière Ould Haïdalla lors des présidentielles de 2003. Pourtant, les deux périodes sont considérées comme l’âge d’or de la mouvance. Serait-ce ce qui a poussé Ould Mansour à demander prières pour les «regrettés fondateurs du courant islamiste» : Mohamed Aly Ould Zeïne, Mohamed Lemine Ould Limam, Mouhamdy Ould Khaïry, Sidi Mohamed Ould Nevis ?… qui ont tous marqué la cohabitation islamiste-Haïdalla durant les années 80. 

Après Ould Beibbé, les intervenants se succèdent. El Haj Omar Ba, vice-président du parti, intervient en arabe. Puis en pular. Abdellahi Djakité, le responsable des questions des droits de l’homme, intervient en pular. Baraka Babou, membre du bureau politique, participe en wolof. Aminata Sakira, vice-présidente du conseil national, contribue en soninké. Les autres ont intervenu, soit en arabe, soit en hassaniya. Ils ont expliqué les directives du parti. Ils ont appelé les militants à sensibiliser les citoyens autour de la campagne d’adhésion qui va commencer le 19 novembre. Pour cette campagne, plus de 20 bureaux provisoires sont déjà installés dans plus de 20 moughatââs. Les responsables du parti ont également appelé à une bonne préparation du 1er congrès du parti. Ce congrès est prévu pour le mois d’avril prochain. Le président du parti, Jemil Ould Mansour, a conclu les discours en parlant, pratiquement, de tous les sujets qui défraient la chronique.

Mille mots pour convaincre 

La lecture du RNRD des émettes qui ont lieu dernièrement en Mauritanie est livrée par Ould Mansour : «Nous, avec nos frères de l’opposition, l’avons dit clairement et franchement : les conditions de vie sont devenues insupportables. Il faut une intervention prompte pour diminuer les doléances. Nous n’avons pas voulu que les autorités attendent de voir le sang couler pour prendre des mesures et initiatives». Malgré cela, dit Ould Mansour, nous n’insistons pas à louer les mesures ‘annoncées’ et à appeler à les exécuter justement et fermement. Sans oublier que « nous sommes contre toute agression. Que ce soit contre les biens publics ou individuels». De toutes les façons, «nous croyons qu’il faut une lecture socio politique des évènements. Et il nous sera facile ensuite de découvrir ceux qui chassent dans les eaux salles», réplique à peine dévoilée au ministère de l’intérieur.

Quel islamisme adopte le RNRD ? Ould Mansour a répondu en disant que l’islamisme du RNRD est celui qui reste «attaché fermement au Livre et à
la Sunna» et qui prend en compte le patrimoine des musulmans durant toute l’histoire ; toutes écoles confondues. «Comme disait l’imam Hassan El Benna,  ‘nous sommes la fusion de tout cela’. Mais nous choisissons comme principes : le salafisme et le soufisme. Nous sommes salafistes en ce qui concerne la foi, les principes.. et nous sommes soufis parce que nous sommes la tente qui englobe tous ceux qui adoptent l’idée islamiste». Avant d’ajouter : «Nous sommes un parti qui vise à englober l’islamisme, le patriotisme et la démocratie». «Notre identité religieuse est reflétée dans l’expression ‘référence islamiste’. Notre espace géographique, pour lequel nous travaillons, est reflété dans l’expression ‘appartenance nationale’. Et notre moyen de lutte et de combat est reflété dans l’expression ‘le choix démocratique’».

Quel est le point de vue du RNRD quant aux questions nationales ? Pour Ould Mansour «nous sommes pour un retour avec honneur des déportés. Nous appelons à ce qu’ils obtiennent tous leurs droits. Nous appelons à une régulation juste du passif humanitaire». «Mais, dit-il, nous fondons notre vision de l’unité nationale sur le présent et le futur». Le RNRD est contre toutes les pratiques esclavagistes «et ce en se fondant sur des textes religieux et sur les objectifs de
la Législation divine». Nous luttons pour que la femme obtienne ses droits entiers, dit-il, et «nous sommes le seul parti qui a une femme à la tête de son équipe parlementaire».

Et quant aux questions du Proche-Orient ? Ould Mansour est ferme : «nous vivons les bonheurs et les malheurs de
la Nation et cela n’est jamais contraire avec nos préoccupations de ce qui se passe ici». Ceci veut dire «nous sommes avec
la Palestine de la mer au fleuve. Nous sommes avec la résistance palestinienne contre l’occupation sioniste. Nous appelons à la suspension des relations avec l’entité sioniste». Nous sommes, dit-il, avec la résistance en Irak «blessé». «Nous sommes avec l’Afghanistan contre l’occupation américaine».

Ni extrémisme, ni ostracisme, mais djihaidsme. C’est ce qu’adopte le RNRD, selon son patron : «nous sommes contre tout extrémisme et excès, et nous le disons sans réserve». Mais aussi, ajoute-t-il, contre la déportation (تغريب ) et (ميوعة ). Quant au djihad, il a dit «Le djihad continue jusqu’au jour du jugement». Nous n’insistons pas, ajoute-t-il, à soutenir le djihad en Palestine, en Irak et en Afghanistan. «Mais à l’intérieur de nos pays islamiques, avec les nôtres, même avec nos gouvernements, (nous devons choisir), soit le dialogue et les concertations, soit l’opposition pacifique». Avant d’annoncer «nous ne faisons pas la confusion. Notre refus de l’extrémisme ne nous pousse pas à rester silencieux vis-à-vis des mauvaises pratiques. Notre refus de (تغريب ) et (ميوعة ) ne nous pousse pas à boycotter la modernisation. Nous cherchons
la Sagesse et nous l’importons de là où elle se trouve».

Notons que les responsables du parti avaient organisé un audit au sein du parti depuis deux semaines. Certains jeunes activistes ont saisi cette occasion pour critiquer à cor et à cri les actuels responsables du parti, pour «avoir noué des contacts avec l’ambassade des Etats-Unis sans demander leur avis». On sait que l’hostilité vis-à-vis des Etats-Unis est presque un pilier de l’islamisme dans le monde arabe. Ils les ont également «accusés» de lâcheté quant à l’«identité du pays». Car, disent-ils, la position du RNRD ne se distingue pas des positions des autres partis sur ce point-là. Ces militants sont allées jusqu’à critiquer la gestion de quelques élus du parti.

Par ailleurs, le responsable de la communication du parti a annoncé, lors de ces festivités, que les militants du parti vont juger les responsables avant que les mauritaniens ne les jugent.

Compte-rendu : Mechri Ould Rabbany.

SOURCE : La TRIBUNE


Actions

Informations



Laisser un commentaire




bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann