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Interview : Entre le ras-le-bol et le devoir, Ould Hamza partira, partira pas ?

26 11 2007

Interview : Entre le ras-le-bol et le devoir, Ould Hamza partira, partira pas ? 

«…le découragement et la déception se le disputent à la détermination et à la ferme volonté qui m’a toujours animé de relever les défis et de respecter pleinement mes engagements …» 

 

Question :

Des rumeurs persistantes font état de votre probable départ de la présidence de

la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) et de celle de l’Association des Maires de Mauritanie (AMM). Un départ qui serait dû, en particulier à un manque d’appui de la part de l’Etat dans votre mission et du fait de l’étiquette de ville d’apposition qu’on collerait à Nouakchott. Qu’en est-il exactement ?

 

Ahmed Hamza : 

Bien qu’il ne s’agisse, pour le moment, que de rumeurs, les ingrédients d’un tel départ ne manqueraient pas.

En effet, à mon niveau, le découragement et la déception se le disputent à la détermination et à la ferme volonté qui m’a toujours animé de relever les défis de réussir pleinement ma mission et de respecter mes engagements à la tête de

la Communauté Urbaine de Nouakchott et de l’Association des Maires de Mauritanie.

Je ne pensais pas, toutefois, que la situation au niveau de

la Communauté Urbaine de Nouakchott, était si difficile, voire catastrophique.

Tout en croyant fermement à la décentralisation et en ses vertus, je constate, malheureusement et avec amertume, que celle-ci n’est pas encore au point.

Ainsi, depuis un an et au détriment de mes propres affaires, j’essaie, tant soit peu, de réaliser quelque chose.

Mais, il me semblerait que je sois toujours au point de départ. Cela est consécutif à un ensemble de facteurs entravants dont, notamment, les comportements anachroniques parfois, de l’Administration et de ses fonctionnaires, mais également des élus ou des employés qui, pour la plupart, vont à contre-courant de ma dynamique qui consiste à aller de l’avant et de foncer. Des comportements fondés sur le faux principe que tout concernait les maires, alors que c’est très relatif.

Sur un autre plan, et c’est le lieu de le rappeler ici, bien que je sois en phase avec aussi bien le Président de
la République que le Premier Ministre et en dépit de la disponibilité affichée par ceux-ci à mon égard et en dépit aussi de leurs bonnes prédispositions pour la promotion de la ville de Nouakchott, je ne suis pas toujours accompagné, de façon concrète et suffisante, par les Pouvoirs publics dans l’exécution de mon programme de développement de cette vaste agglomération et tribune du pays, exception toutefois faite de l’épineux et éternel problème d’enlèvement des ordures qui a trouvé sa solution à travers sa prise en charge provisoire par l’Etat, en attendant que les Nouakchottois soient à même de le faire.

Mais, faut-il le mentionner, certains départements ministériels et, pas des moindres, restent encore allergiques à toute action d’ancrage de la décentralisation dans le pays, même si celle-ci étaient irréversible du fait qu’il s’agit là d’une option des Pouvoirs publics tendant à donner davantage de responsabilité et de pouvoir aux représentants des citoyens. Ces départements resteraient attachés, jalousement, à leurs prérogatives d’antan.

En ce qui concerne le statut écueil de « ville de l’Opposition » attribué à la ville de Nouakchott, je me permets de le rappeler une nouvelle fois et comme je n’ai cessé de le répéter, je suis effectivement un élu RFD (un parti d’opposition), mais, en tant que Président de
la CUN, je dirige un Conseil Communautaire de 37 membres d’horizons politiques divers représentant les  9 communes de cette ville où résident le tiers (1/3) des Mauritaniens, toutes colorations politiques confondues.

S’agissant de surcroît, de la capitale politique du pays, je ne pourrais me permettre de la gérer avec un esprit partisan. D’ailleurs, moi, je ne fais nullement de l’opposition pour l’opposition, mais pour servir mon pays et mes concitoyens et contribuer à leur épanouissement.

Aussi et tant que ma conviction personnelle me dicte (et c’est le cas actuellement) que le Président de
la République veut et va vers le changement positif souhaité pour chaque Mauritanien, je me ferai l’humble devoir de l’accompagner dans cette optique sans me renier et sans renoncer aux principes pour lesquels j’ai toujours combattu. Ce à quoi j’invite tous mes concitoyens car, il ne fait aucun doute pour moi que le Président de
la République œuvre avec sincérité et détermination pour ce changement tant attendu, mais, à sa manière et au rythme que luis impose l’ampleur du défi à relever.

Je conclurai ces propos en disant que mon unique vœu est celui de relever le challenge de bien gérer la cité aux destinées de laquelle j’ai l’insigne honneur de présider.

Hélas, et comme le dit si bien un adage bien de chez nous, « une seule main n’applaudit pas ».

Il m’arrive, parfois, d’en avoir ras-le-bol et m’interroger si je ne naviguais pas tout seul et à contre-courant.

Je me demande aussi, par moment, pourquoi dois-je subir toutes ces frustrations.

D’autre fois, je me console en me disant que je dois persévérer « contre vents et marées », dans la voie que je me suis choisie en tant qu’élu de citoyens.

 

Question : 

Mais au juste, qu’est-ce qui ne va pas ?

 

Ahmed Hamza : 

D’abord nous, les Maires, sommes les élus les moins considérés par l’Administration, alors que nous sommes les plus proches des citoyens et de leurs grandes préoccupations par notre gestion de leur quotidien. Nous travaillons le plus et nous sommes les plus exposés aux plaintes et aux critiques des populations.

Aussi, sommes-nous la corporation la plus importante, au plan numérique, dans le pays avec nos 216 maires de communes.

C’est à nous et nos conseillers municipaux qu’incombe également, la délicate mission d’élire les Sénateurs.

Nous sommes les vrais partenaires de l’Etat, par notre double statut d’élus et d’auxiliaires de celui-ci.

En dépit de toutes ces responsabilités, il n’est pas juste que ces élus qui travaillent à temps plein ne soient pas rémunérés et jouissent de la considération que leur procure leur fonction de premier magistrat de leur commune.

A cela s’ajoute le manque criant de moyens financiers et matériels. En effet, l’impôt n’étant quasiment pas payé par les citoyens, le peu qui en est collecté suffit, à peine, à supporter les charges d’un personnel « pléthorique ». Quant au Fonds Régional, il reste insuffisant. Je profite de cette occasion pour signaler que les 9 communes de Nouakchott, n’ont, à ce jour, (19/11/2007), reçu la moindre somme du Fonds régional. Ce qui n’est pas le cas des communes de l’intérieur qui, Dieu merci, ont reçu la totalité de leur quote-part.

Il ne reste alors aux Maires des Communes de Nouakchott que la seule alternative de s’endetter pour une productivité au ralenti.

Au plan des moyens matériels et des infrastructures, il convient de rappeler que Nouakchott ne dispose pas d’Hôtel de ville digne de ce nom et manque cruellement de moyens logistiques (camions, citernes, bennes, véhicules utilitaires, etc). Le parc automobile est, quant à lui, inexistant.

C’est dire, combien la tâche est difficile dans un contexte aussi défavorable.

 

Question :

Dans un tel contexte aussi défavorable, qu’avez-vous pu concrètement réaliser ?

 

Ahmed Hamza :

Malgré le manque criant des Ressources Humaines qualifiées, nous avons accompli un important travail de redressement de la gestion des affaires de
la CUN.

Cela s’est traduit, en particulier, par une augmentation des recettes, par une nette diminution des dépenses et la mise en place de nouveaux modules de gestion.

Sur un autre plan, nous sommes en train de reconquérir notre place au sein des organisations sous-régionales, arabes, africaines et internationales.

Dans ce cadre, nous accueillerons à Nouakchott, dans le courant de l’année 2008, la réunion du Conseil d’Administration du PDM suivie, en 2009 (c’est déjà une certitude) de celle du Bureau Permanent des Maires Francophones (AIMF) présidé par le Maire de Paris.

Nous envisageons, également, dans le cadre de la restructuration de
la CUN et dès le début de l’année 2008, la mise en place d’un nouvel organigramme où, les responsabilités seront confiées à des cadres compétents.

Aussi, dans un souci de transparence et pour montrer la différence, allons-nous dès la fin de l’exercice 2007, publier nos comptes de gestion à l’endroit des citoyens pour en juger.

 

Question : 

La question du rapatriement des Réfugiés Mauritaniens vous tient-elle toujours à cœur ?

 

Ahmed Hamza : 

Plus que jamais et, à ce titre, je me réjouis, comme tout le monde, de la signature, récemment à Nouakchott, entre notre pays, le Sénégal et le HCR, d’un accord portant sur le cadre et les modalités du retour de ces réfugiés.

Je tiens, ici, à féliciter chaleureusement, le Président de
la République, pour sa ferme détermination à régler ce problème qui, pour moi, est le plus important.

Aussi, je profite de cette opportunité pour inviter tous les Mauritaniens à accompagner cette dynamique du retour, dans la dignité, de nos frères et soeurs réfugiés.

Il s’agit  là d’un défi qui, j’en sus sûr, sera relevé par touts, quel que soit leur coloration politique.

L’Unité nationale est à ce prix et elle ne doit, par conséquent, souffrir d’aucune compromission.

 

Question :

Que pensez-vous du récent mécontentement populaire qui serait consécutif à la flambée des prix ?

 

Ahmed Hamza : 

Je suis d’abord opérateur économique. Et à ce titre, je peux, en connaissance de cause, parler de cette question d’augmentation des prix. Il s’agit d’une hausse des prix à l’échelle mondiale et que nous subissons, à l’instar de nombreux pays. Elle a, certes, des répercutions négatives sur la vie quotidienne des populations. Ce que je comprends bien et déplore en même temps. Pour y faire face des mesures promptes et adéquates s’imposaient. Ce le Gouvernement a compris en réagissant de la manière qu’il fallait.

 

 

 

 

Et c’est le lieu, ici, d’adresser à ce Gouvernement mes félicitations les plus chaleureuses pour les mesures prises pour juguler ce phénomène. Une attitude des Pouvoirs Publiques qui démontre, si besoin était, le grand souci de ceux-ci à trouver des solutions appropriées aux problèmes auxquels sont confrontés les populations.

Toutefois, l’on souhaiterait, à l’avenir, que ces mêmes Pouvoirs publics, anticipent les solutions aux problèmes au lieu de les subir.

Par ailleurs, je saisis l’occasion que m’offre ici votre journal, pour mettre l’accent sur la nécessité, pour tous les acteurs politiques mauritaniens, de mettre fin au fatal et stérile face-à-face entre Pouvoir et Opposition pour conjuguer les efforts de tous les citoyens pour aider le Président de
la République à réaliser son programme électoral de changement, notamment, en ce qui concerne le renforcement des acquis démocratiques et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Le meilleur moyen de cette conjugaison des efforts pourrait être la mise en place d’un gouvernement d’Union nationale.

Alors, laissons de côté nos subtiles divergences politiques et, comme le disait si bien Feu le Président Moktar Ould Daddah, « Faisons ensemble la Patrie mauritanienne ».

 

Propos recueillis par Ould Ely 

 

Source /
La Tribune n°375 


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