EDITO DE LA TRIBUNE PAR MOHAMED FALL O OUMERE

26 11 2007

EDITO DE

LA TRIBUNE PAR MOHAMED FALL O OUMERE 

 

Ne nous trompons pas : l’accalmie obtenue sur le front de la contestation pourrait être de courte durée. Tellement de répondants et de ‘provocateurs’ qui se grefferont sur les conditions objectives du malaise. Ce qui est – et doit rester – une saine expression du mal-être général, pourrait être instrumentalisé contre la construction d’un Etat de droit, d’une démocratie apaisée et contre l’édification d’un espace apaisé. 

Il y a d’abord les nostalgiques d’un régime qui a mis à genoux le pays, mais qui a des adeptes qui veulent le restaurer. Ce régime qui a tenu le pays de 1978 à 2005 n’a pas été suffisamment jugé. Les chefs de la transition en ont voulu ainsi. Sentant quelque part une communauté de destin avec les responsables de ce régime, ils nous ont empêchés de vider tous nos ressentiments. Plus grave, ils ont couvert les agissements d’avant en refusant d’en parler. Ils sont allés jusqu’à protéger les fauteurs, jusqu’à réhabiliter les criminels. 

Les premières semaines du changement, ces hommes et ces femmes qui ont participé, encouragé et parfois diligenté le sac économique et moral du pays, se sont terrés. Puis ils ont refait surface. Moins d’un an après le changement d’août ils étaient là, sur la ligne de départ en vue de la conquête du pouvoir. Si bien qu’à l’avènement du régime démocratique nouveau, ils sont bien incrustés dans l’appareil. Ils sont encore dans les rouages de l’Etat. Ils manipulent. Ils instrumentalisent. Ils mentent. Pour cultiver le doute et semer la zizanie. 

Il y a ensuite les velléitaires. Ils sont de deux sortes : ceux qui n’ont pas eu le pouvoir par les urnes et ceux qui ont dû le quitter malgré eux. Les premiers occupent le terrain politique avec l’avantage de pouvoir tout reprocher aux nouvelles autorités sans avoir à produire de preuve. Les seconds tiennent encore les rennes du pouvoir occulte des renseignements qui n’ont subi aucune métamorphose, aucun ‘coup’. Ils sont pour cela une sorte de ‘maîtres des consciences’ dans une Mauritanie qui se cherche. 

Il y a enfin, les sceptiques quant aux possibilités de changement. Ceux-là sont les plus dangereux parce qu’ils sont de bonne foi et parce qu’ils ne croient pus en rien. Comme les résultats des réformes n’arrivent jamais tout de suite, ils se retrouvent dans le camp des ennemis de ces réformes, ceux qu’elles lèsent parce qu’ils ont été injustement privilégiés. 

C’est malgré la volonté de tout ce monde que le nouveau pouvoir doit asseoir son autorité et mettre en œuvre son programme. Mission possible si le Président renforce sa position de ‘président de tous les Mauritaniens’, si le Gouvernement renforce sa position en travaillant sur les dossiers qui touchent au quotidien la vie des citoyens. 

Mais il faut pour cela renforcer le front intérieur. Cela commence par le rejet de toutes les tentatives de division, de toutes les discordes. 

L’effet des hausses des prix sera accentué par celui de nombreux incendies qui ont ravagé les pâturages en zones rurales. Le Gouvernement aura encore besoin de renforcer ses positions, de convaincre et d’avoir des résultats. 

L’équipe actuelle ne convainc pas. Son chef, le Premier ministre, n’a pas l’emprise sur tous ses ministres. C’est évident. Ceux qui ont été nommés par des voies ‘détournées’ lui en font voir de toutes les couleurs. Alors qu’il est comptable de son résultat. On ne peut pas demander à quelqu’un de remplir une mission prédéfinie et lui imposer les hommes qui doivent l’aider dans sa tâche. 

Renforcer le front intérieur, cela commence par un réaménagement du Gouvernement que dictent les événements passés, les prestations de certains et leur carence avérée. 

Renforcer le front intérieur, cela continue avec l’apaisement de la scène politique par le maintien d’un dialogue continue entre le Gouvernement et l’Opposition. Ouvrir aussi un dialogue avec les opérateurs économiques pour les impliquer d’avantage dans le processus de remise à niveau du pays. 

Renforcer le front intérieur, c’est donner toutes les chances aux journées de concertation sur le passif humanitaire (retour des réfugiés et règlement du passif lié aux exactions de 90/91) pour qu’elles aboutissent à une réconciliation réelle et définitive de la Mauritanie avec elle-même. Une page doit être tournée. Une page doit être ouverte. 

Renforcer le front intérieur pour permettre au pays de sortir des pesanteurs du passé, d’oublier les réflexes du passé. Pour permettre l’avènement du citoyen nouveau. 

 

S
La Tribune n° 375 


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