Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

14 11 2007

La chronologie d’une crise

 

Entre l’indifférence et la différence, il y a une ligne rouge. Entre l’acte et la parole, il y a aussi une «autre» ligne. Il y a en effet, une grande différence entre ce qui est et ce qui devrait être.

S’agissant de «ce qui est»,  une réaction contre l’augmentation des prix suscite de fortes tensions dans une démocratie mauritanienne qui vient de voir le jour.

Il semble que 80 personnes aient été arrêtées par les autorités à Diguenni localité de l’extrême Sud -Est du pays et que 20 personnes soient recherchées dans la même ville. A Kankossa Moughata de l’Assaba, il y a eu un mort. Cela est un message clair. C’est difficile de supposer que des populations affamées par la cherté de vie vont continuer à croire à un discours officiel les poussant à attendre l’aval des bailleurs de fonds. Il se peut que la masse contestatrice se calme sous la pression de la force. Jusqu’à quand ?

Dans ces circonstances, le gouvernement a avancé une panoplie de mesures afin d’atténuer les effets de la flambé des prix : 2,4 milliards d’ouguiyas pour un fonds  de soutien destiné aux citoyens les plus vulnérables et des crédits seront accordés.

En outre, «les salaires des employés, des secteurs public et privé de 0 à 30000 ouguiyas seront exonérés de l’impôt sur le traitements et salaires (ITS), au titre de la loi des finances 2008. Le taux de l’ITS de 15% prévu initialement pour les salaires de 21000 à 61000, sera appliqué aux salaires de 31000 à 70000 UM. Le taux de l’ITS sur les salaires supérieurs à 70000 sera de 30%  au lieu de  35 % appliqué initialement sur les salaires supérieurs à 60000 UM» (l’Horizon  n°4608 du lundi 12 novembre 2007).Cela est-il suffisant ?

En effet, les crises économiques ont fait sauter de grandes démocraties. Ces crises ont bouleversé
la France en 1968. Elles ont aussi modifié l’ordre en Argentine.  Là où il y a une désespérance, il y aura tôt ou tard une instabilité. L’économie indonésienne marchait bien jusqu’au moment où le  président n’a pas pu résoudre la crise de 1997, la conséquence a été dramatique. Pas loin de chez nous, le Sénégal a subi le même sort car son président Abdou Diouf  à l’époque n’a pas pu lui aussi trouver des solutions rapides. Le Mali a encore fait l’objet d’événements assimilables poussant les militaires à prendre le pouvoir tout en  instaurant la démocratie.

 Sous l’influence de la hantise de l’instabilité, le CMJD mauritanien a mis, ainsi, sur les rails les mécanismes de la démocratie. Les justifications sont les mêmes : injustice sociale, corruption, etc.  

Bien que la démocratie reste, incontestablement, la meilleure forme de lutte contre la pauvreté. Celle-ci exige, néanmoins, des outils de sanctions efficaces et prompts. Sans cela, elle  n’a aucune valeur.

La sous – région souffre dans cette perspective, d’une crise de confiance entre une majorité qui gouverne et une opposition appuyée par une grande partie de la population subsaharienne qui cherche à être nourri. La question centrale demeure alors : comment déclencher une action permettant le retour de la confiance ?              

L’actuelle équipe dirigeante en Mauritanie a hérité, par ailleurs, d’une situation économique lourde.

Pour réguler les prix, le gouvernement de Sidi O Cheikh Abdellahi compte viser  le long terme par des arguments macro-économiques. En attendant, les mauritaniens doivent subir les aléas externes.

Le président ne favorise pas la subvention de denrées de première nécessité.  Selon lui «cela peut provoquer leurs exportations vers le reste de la sous-région». Ce qui sous-entend que nos autorités sont incapables pour le moment de contrôler  le trafic de marchandises. Que faire alors ? Prier Dieu pour avoir les 500 milliards d’ouguiyas indispensables pour la reprise économique !

 

Mohamed Fouad Barrada 

m_barrada@yahoo.fr 

 

Source:
La Tribune n°374 


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