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NOUADHIBOU / PREMIER CONSEIL DES MINISTRES DECENTRALISE

7112007

NOUADHIBOU 

PREMIER CONSEIL DES MINISTRES DECENTRALISE 

Le premier conseil des ministres décentralisé de l’histoire de
la Mauritanie aura lieu le mercredi 7 novembre à Nouadhibou. 

A l’ordre du jour il sera question de « tous les problèmes de la région » selon le wali, Abdi Ould Horma. Problèmes sociaux et surtout économiques. Il y sera question notamment de transformer notre capitale économique en zone franche d’ici 2015.Le conseil annoncera sans doute l’extension du port autonome , la création d’infrastructures hôtelières pour dynamiser le tourisme. Ce conseil axera essentiellement ses travaux sur Nouadhibou et sur les questions économiques. 

« Nouadhibou étant le poumon économique du pays, la tenue de ce conseil peut apporter un souffle à une région sinistrée » selon un autochtone. 

Dans le programme ce mercredi est prévu un dîner-débat entre le président, les élus, la société civile et les notables. Soit prés de 500 personnes. Le président devra visiter les installations du port de Nouadhibou,
la SNIM, le centre hospitalier régional, l’extension de l’aéroport. 

L’ordre du jour fera aussi place nette à la vente ou non de
la SNIM. 

Les hotels El Jezira , Sahel et Qoasian sont réservés à l’avance. 

 

Prévu initialement pour se tenir à l’ENEMP (école des pêches) le conseil aura lieu à
la DGSPCM (surveillance maritime ) réputée plus sûre , même si l’ENEMP dispose d’une salle répondant aux normes. 

Un budget de prés de 300 millions est débloqué pour la tenue de ce conseil.150 millions en frais de bouche, 4 millions pour le logement (41 suites réservées à l’hôtel El Jezira , à raison de 25.000UM la nuit , 20 millions pour le transport , 2 millions pour les cartes d’invitation et la confection de badges , le reste est destiné aux frais divers et  en imprévus. .Sans compter le déplacement de deux bataillons du BASEP ( 250 hommes ) , des dizaines de policiers et gendarmes. 

La facture sera salée. Elle atteindrait le demi -million si on sait que chaque président de commission (12) fera le bilan de ses dépenses. Tout cela hors contrôle. Les hommes d’affaires sont mis à contribution. 

Toujours sur le chapitre des pertes, la ville est au ralenti depuis la confirmation de la tenue de ce conseil des ministres. Du chef de service régional au fonctionnaire le plus anonyme, tout le monde propose son service. C’est la bousculade pour figurer dans une commission , obtenir un badge , se faire remarquer par les autorités  , être parmi les heureux 500 convives .Les bureaux sont abandonnés au profit des domicile et bureau du wali. 

Mercredi est prévu un accueil populaire. Les habitants des quartiers périphériques et les élèves viendront massivement. Quitte à être abandonnés là une fois le cortége passé. 

Beaucoup ici restent sceptiques quand à la nécessité de tenir un conseil des ministres. Rien à priori ‘sinon la digression’ confie un conseiller municipal. 

En tout cas les sujets de discussion avec le président ne manqueront pas lors du diner-débat : cherté de la vie, diktat des commerçants, insalubrité, démission de la mairie, corruption des cadres, laisser aller, pressions dans la formation du futur parti de la majorité , carences du système sanitaire. Mais seulement qui en parlera au président ? Les ‘invités’ sont pour la plupart responsables de ces maux, par leurs agissements ou par leur silence coupable. Un exemple ? 200 badges ont été réservés pour « ceux de Nouakchott. » 

De simples citoyens ayant manifesté leur désir de figurer dans les commissions se sont vu traiter de ‘ bons à rien , indignes d’accueillir le président ‘ dixit le président de la commission des transports et dans le civil trésorier régional , Mohamed Ould Mohameden. 

Le président logera dans la résidence du wali alors que le reste du gouvernement s’installera  à l’hotel El Jezira.Pour recevoir l’auguste hôte, la résidence du wali a subi un lifting (peinture, meubles, réfection), les environs sont nettoyés depuis une semaine par une armée de manoeuvres de la mairie non payés depuis deux mois. Ailleurs , les rues sont balayées , l’éclairage public remis , les cadavres d’animaux ramassés , les bêtes en divagation mises en fourrière , les fous raflés , les prostituées priées de suspendre leurs activités. Tout ça pouvait être fait , devait être fait. A quoi sert la mairie ? 

Les habitants de Nouadhibou, s’ils avaient la chance de rencontrer le chef de l’état , ne manqueraient pas de lui faire cette doléance : ‘DU PAIN’. 

ATHIE YOUSSOUF 

CP/NOUADHIBOU 

NOUADHIBOU 

 

 

UN GENDARME ABUSE DE SON POUVOIR 

Samedi 3 novembre 2007 Satt Sow, la quarantaine pêcheur de son état, revenait d’une partie de pêche avec sa prise de la journée.  Dans la pirogue était installé son mareyeur Moustapha. Quand il accoste au port artisanal, le gendarme nommé Bouh est le premier à lui adresser la parole. Je veux , dit-il que tu me vendes ce poisson. Et il désigne une belle Corbine de 15 kg. Le pêcheur lui répond que c’est déjà commandé. Le gendarme n’est pas satisfait de cette république. Il interdit au capitaine de débarquer sa prise et demande à Sow de le suivre au poste. Arrivé sur place, ce dernier est passé à tabac et traité de  » sale Sénégalais » par le gendarme et un de ses collègues nommé Housseynou. 

Pendant trois heures  le pécheur est retenu au poste, humilié et bastonné. Plusieurs témoins ont confirmé la scène. Selon leurs dires, à aucun moment Satt Sow ne s’est rebelle contre les hommes en uniforme. 

L’homme victime de l’abus de pouvoir est pourtant bien Mauritanien, natif de Ndiago. 

Des gendarmes que
LA TRIBUNE a interrogé confirment les faits mais  prétextent que leur collègue « est un nouveau venu. » 

Un mois après que des marins eurent passés  à tabac un boucher (avec les émeutes qui s’en sont suivies ) , voilà que des gendarmes outrepassent leur mission et font ‘leur loi’. 

Cet incident remet en cause le mode de formation de nos hommes de tenue. Des formations bâclées produisent souvent des brutes. 

  

TOUS POUR LE PARTI DU PRESIDENT 

Une semaine après le départ de la commission chargée de sensibiliser Nouadhibou sur la formation imminente du parti de la majorité présidentiel, des personnalités s’activent pour transmettre le message. Ainsi de Ba Abdoulaye, directeur de
la SOMIR et maire de Bababe. Jeudi soir il était l’hôte des ressortissants du Lao, qui entendaient par cette invitation lui souhaiter bonne mission à la tête de la société de raffinage. Le maire en a profité pour demander aux ressortissants de son département d’adhérer massivement au nouveau parti et de se mobiliser pour la visite du président. M. Ba est resté populaire grâce  notamment  à son passage à la direction de l’ENER oû il a embauché des centaines de personnes de son terroir.D’autres voient en lui un opportuniste en perte de vitesse , qui chercherait à se replacer dans la course. Beaucoup ne lui pardonnent pas son soutien zélé au président Maouiya et à son militantisme passionné au sein du PRDS. Bilan mitigé. 

A son tour M.Elve Ould Boidiya a mobilisé les siens pour adhérer au futur parti de la majorité présidentielle.Le notable a annoncé que son groupe politique et son ensemble tribal soutiennent ce parti et « oeuvreront à sa réussite. Il a ajouté qu’ils « veilleront à ce que ce parti ne soit pas un autre PRDS » .Parole de connaisseur. Rappelons que depuis le coup d’état du 3 août , Elve et son groupe se sont effacés de la scène politique régionale. Reculer pour mieux sauter? 

En tout cas il s’investit beaucoup dans l’optique de la création du nouveau parti et pour la visite du président. Dispose t-il , comme il le dit  , d’une véritable assise populaire ? 

Un autre revenant en mal de visibilité est Sidi Ahmed Ould Benane, le dernier fédéral de l’ancien parti-état. Au lendemain du coup d’état il a manifesté sa joie de voir son ‘leader bien aimé ‘ chassé du pouvoir. Suivez mon regard. Pendant la campagne des législatives le camarade Ould Benane avait quitté le PRDS/R et n’avait pas hésité à chasser ses ex-camarades du siége du parti en pleine campagne. Cet homme était au premier rang lors du meeting tenu par Mohamed Ould R’Zeizem à la maison des jeunes .Il serait, dit-on, incontournable. Il a en tout cas fait une offre de service, aussitôt acceptée pour la création du futur parti. Il a réuni chez lui son ensemble tribal, les Awlad Dleim, pour les sensibiliser et leur demander de ‘démontrer leur force’. En prévision d’un futur -ex poste de fédéral ? 

D’autres petits caïmans font du bruit dans la mare et cherchent à se faire remarquer. De vieux dinosaures édentés font la concurrence à de jeunes loups ambitieux. Pour le moment avantage aux premiers. 

ATHIE YOUSSOUF 

CP/NOUADHIBOU 

  




Politique : peurs sur la scène

7112007

 

Politique : 

Peurs sur la scène 

 

De Abdel Wedoud Ould Cheikh à Zakaria Ould Ahmed Salem, de Mahmoudy Ould Mohamedou à Diaw Moussa, nos politistes et sociologues les plus en vue, nous le disent : l’apprentissage de la démocratie est lent ; la demande despotique est forte ; l’offre de neutralité de l’Etat est à crédibiliser. 

Nos politiques n’écoutent pas nos techniciens. Et n’en font qu’à leurs têtes. 

Résultats : rumeurs et contre-rumeurs. Confrontations. Probabilité de dérives. 

 

Un pays qui descend 

 

«La Mauritanie est un pays qui descend», a écrit notre éminent sociologue Abdel Wedoud Ould Cheikh. Et la Mauritanie vient de le prouver.

Durant la semaine dernière, tous les acteurs politiques sont «descendus dans l’arène» pour se prendre becs et ongles. Lundi 29 et Mardi 30 octobre, le Président de la République a choisi de ‘descendre’ en France. Lundi 29, le RFD rend publique une déclaration de presse dans laquelle il qualifie de «très réussie» la visite que son leader a effectué en Allemagne. Mardi 30, le Premier ministre descend au Palais des Congrès. Mercredi 31 octobre, l’opposition descend au Stade de la capitale. Simultanément, les gens du projet de parti descendent au Palais des congrès. Jeudi 1er novembre, la tenue du conseil hebdomadaire des ministres où l’on a remarqué une longue entrevue entre Ould Cheikh Abdellahi et Ould Zeïdane avant le début des travaux du conseil. Vendredi 2, le Ministre de l’hydraulique annonce l’augmentation des tarifs d’eau et d’électricité. Samedi 3, le Chef de l’Opposition quitte Nouakchott pour les Etats-Unis. Le ministre des finances s’envole au Golfe.

 

«L’interminable saison sèche»  

 

Tous ces dynamismes montrent que la Mauritanie est encore submergée par «l’interminable saison sèche» (encore une expression de Ould Cheikh), où les rivalités des hommes politiques dictent les décisions à prendre. C’est dans cet esprit qu’on peut trouver des réponses à des questions vitales.

Comment peut-on comprendre que la délégation qui accompagnait le Président lors de sa visite en France, premier partenaire bilatéral de la Mauritanie, ne comprenait pas le ministre des affaires économiques ? Ni celui du pétrole et des mines (pour discuter l’avenir de la SNIM et les investissements français dans le pétrole mauritanien) ? Ni celui des transports (pour discuter les problèmes d’Air Mauritanie) ? Ni même celui de l’intérieur (pour discuter le soutien que la France pourra donner pour le retour des déportés) ? Cependant, un seul ministre l’accompagnait. Celui des affaires étrangères et de la coopération. Dont le poste lui impose, traditionnellement, la présence aux côtés du Président de la République à l’extérieur.

Comme si on a «dicté» à Ould Cheikh Abdallahi de laisser derrière lui toute son équipe gouvernementale pour réaliser un seul objectif : faire la réplique à l’opposition «qui s’entête pour organiser son meeting».

Pourquoi donc le Président a-t-il effectué cette visite très coûteuse et sans perspectives ? Pour rendre visite au nouveau Président Sarkozy qui a visité les pays limitrophes sans poser son pied sur le sol mauritanien ; et qui a visité Dakar sans nous envoyer le traditionnel message de salut après avoir survolé notre espace ? Ou pour prendre le contrepied de Ould Daddah qui venait de terminer une visite en Europe ? Dans ce cas, à chacun sa porte vers l’Europe. L’Europe qui accorde, habituellement, une oreille aux opposants africains. L’Europe dont la présidence tournante est actuellement pour l’Allemagne mais reviendra à la France dans les mois à venir.

Quant au Premier ministre, on a à se demander pourquoi a-t-il fait cette sortie médiatique, alors que les résultats de six mois de son gouvernement sont visibles à l’œil nu ? Qu’est-ce qui pousse Ould Zeïdane à être si optimiste quant à la situation économique du pays, si ce n’est pas pour juste répliquer à l’opposition ? A quoi sert son affirmation que «la situation budgétaire est bonne et qu’elle s’est améliorée de 20 milliards UM, tout comme le pays bénéficie de la confiance de ses partenaires financiers internationaux» alors que le citoyen lambda ne trouve pas, ou trouve péniblement, de quoi à manger ? Pourquoi dit-il que «la croissance économique est passée de 4,1% à 5,7%. Et que c’est la première fois dans le pays depuis 2004» alors que l’homme de la rue s’intéresse, non au taux de croissance mais, au pouvoir d’achat ? Pourquoi va-t-il jusqu’à se demander «Vous dites que les prix flambent, donnez-en les preuves», alors que les prix des denrées de première nécessité ont connu un hic historique, alors que les prix de certaines denrées ont augmenté de plus de 50% depuis le 29 avril, date de sa nomination ? Pourquoi essaie-t-il de nier l’existence d’une crise économique en disant «Vous affirmez qu’il y a crise économique, montrez-nous cette crise», sans vouloir la relativiser tout simplement ? Pourquoi finalement défendre un bilan économique catastrophique qui n’est pas forcément ? Pourquoi ne pas avoir accepté l’idée d’un audit indépendant au moment de la prise de fonction ? 

On peut penser qu’il fait cette sortie médiatique pour, essentiellement, rendre compte aux mauritaniens. Pour leur dire : si on vous dit qu’il y a une crise, ce n’est pas le cas. Pour leur dire, et c’est le vif du sujet, que si l’opposition persiste à faire son meeting, c’est bien de la politique politicienne. 

Sur le sujet du parti présidentiel, Ould Zeïdane a affirmé que «nous sommes démocrates et voulons être un Etat de droit. Le Ministre de l’intérieur m’a fait savoir que nous avons en l’espace de six mois, accordé 700 récépissés. On ne peut pas prétendre être démocrates et refuser aux autres de créer de partis politiques, aux directeurs d’appartenir à un parti ». 700 récépissés à l’espace de six mois ? Est-ce suffisant pour parler de démocratie ? Cela ne rappelle pas quelques mauvais souvenirs ? Le message ne passe plus. 

Il a qualifié de «regrettable» la demande de l’opposition de créer une enquête parlementaire, alors que l’affaire est entre les mains de la justice. Faux argument si on sait qu’une commission administrative a été constituée pour enquêter dans la même affaire. Il a ajouté «quant aux gens cités dans le rapport relatif à la drogue, il faut leur donner le temps de l’étudier». Depuis quand on donne aux «gens cités dans les rapports» relatifs aux crimes aussi graves que le trafic de drogue le temps de les étudier ? Le Premier ministre, Zeïne Ould Zeïdane, envisageait certainement convaincre à travers cette conférence de presse. 

 

Cris de naissance et cris d’alarme 

Mercredi 31 octobre 2007, tous les mauritaniens ont du pain sur la planche ce jour-là. Le pain du jour occupe la première place pour les mauritaniens ordinaires. Les politiques, au contraire, sont subordonnés par la politique. 

Deux fronts sont ouverts. Et «un affrontement décisif» se prépare. L’opposition veille à organiser un meeting sans précédent au stade de la capitale. Les ‘amis du Président’ travaillent infatigablement pour organiser «un meeting annexe» au Palais des congrès. Entre les deux, il y a une longue distance. Une grande différence. Un immense creuset. Les uns besognent pour la création d’un parti de la majorité, pour eux droit indéniable et inaliénable. Les autres jugent qu’il y a «retour à la case départ» avec la création de ce parti. Les uns qualifient d’«irresponsable et illégal» le meeting des autres, vu que les portes de concertations et de négociations sont ouvertes. Les autres qualifient de «prédateurs destructeurs» les uns. Et «malgré tous les efforts pour freiner leur mobilité, les dunes continuent leur chemin», disait Abdel  Wedoud Ould Cheikh.

Le soir, les ‘amis du Président’ se réunissent au palais des congrès. On remarque la présence de toutes les marques de belles voitures. Des gens du beau monde. Des boubous basins EZBI et autres, bien gommés. Des voiles kneïbas, soies et autres. Des hommes bien soignés. Des femmes bien maquillées. Des odeurs très précises. Des portables très luxueux. Des tons à peine entendus. Des perspectives appréciables…

Au stade de la capitale, c’est une toute autre paire de manche. Des hommes et femmes se rassemblent pour constituer un chapelet humain interminable. Ils sont principalement des jeunes. Selon toute apparence, ils sont venus de leur propre gré. Ils savent qu’il n’y a pas devant eux un gâteau à partager. Ils ne viennent pas pour accéder à des postes. Ni pour être nommés. Ils n’attendent pas de contrepartie comme ils disent. Et pourtant, certains d’entre eux ont dû marcher des kilomètres pour assister à ce meeting. Certains ont gaspillé leur argent, dans ces jours difficiles et insupportables, pour y assister… Certains ont pris des taxis pour y assister. Et certains, faute de moyens, ont pris les cars et minibus.

Les forces de l’ordre encerclent les environs du stade. Elles prennent position près de la radio. Devant la DGSN. Près du ministère de l’intérieur et autres points sensibles de la capitale.

Sur l’autre front, les ‘amis du Président’ se réunissent. Les sensibilisateurs sont optimistes. Ils croient que la Mauritanie entière va adhérer au nouveau parti. «C’était notre ambition et nous l’avons réalisée». Et c’est cela qui bouleverse l’opposition. Les participants poussent vers la prompte création du parti pour s’enquérir des résultats atteints. On annonce la fin de la phase de sensibilisation et le début de la phase de création. Et pour mettre en exergue cette décision, des journées de concertations sont décidées pour très prochainement. Les dates de ces journées seront fixées durant cette semaine. Un cri, donc, de naissance du parti des ‘amis du Président’.

Là-bas, sur l’autre front, l’opposition lance un cri d’alarme. Les présidents Ahmed Ould Daddah, du Rassemblement des Forces Démocratiques ; Sarr Ibrahima, de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Réconciliation ; Mohamed Ould Maouloud, de l’Union des Forces de Progrès ; Jemil Mansour, du Rassemblement National pour la Réforme et le Développement et Saleh Ould Hanenna, du Parti Mauritanien pour l’Unité et le Changement ; montent successivement au créneau. Ils répètent le même discours qu’ils ont dévoilé depuis l’annonce de la création du parti : refus catégorique de la «vente de SNIM», dénonciation de «la mise en faillite d’Air Mauritanie», critique de la crise économique… et opposition farouche et définitive à la création du parti des présidentialistes. Discours populistes ?

Pourtant, toutes les instances de la République ont présenté des assurances, non pas aux pères des familles ni aux citoyens simples mais, à l’opposition. «La seule décision prise jusqu’à nos jours est celle de lancer une étude sur la «viabilité» de la SNIM», a dit le Premier Ministre. «Toutes les décisions qui seront prises seront publiques et passeront au parlement», a assuré le Président. «Le gouvernement n’envisage pas de liquider Air Mauritanie», a dit Ould Zeïdane. «Le parti de la majorité ne concerne en rien le gouvernement. Le ministre de l’intérieur avait donné les garanties nécessaires à l’opposition pour leur assurer que les autorités suprêmes de l’Etat ne seront pas à la fois juge et partie du jeu politique», a dit Ould Zeïdane. Sur ce point, le message ne passe pas. L’opposition n’est pas rassurée du fait que le cerveau de ce parti n’est autre que le Secrétaire général de la Présidence. Evoquant ce point, Ould Maouloud a cité Ould El Waghf dire que le Président lui a ordonné de créer ce parti.

  

 

Quoi après le rafraîchi des cœurs ? 

 

Sidi Ould Cheikh Abdellahi a effectué une visite en France qui a coûté cher sans garantie de rentabilité. L’opposition a organisé son meeting. Le Gouvernement a répondu aux critiques de l’opposition. Les ‘amis du Président’ sont en phase finale de la création de leur parti. Tous ont obtenu ce qu’ils voulaient. Et tous n’ont pas convaincu. Il leur reste de répondre à une question fondamentale : et quoi après ? Pourtant, c’est la première question que pose n’importe quel quidam qui entre en confrontation avec un adversaire. Surtout dans le domaine de la politique. Particulièrement dans un pays à genou, comme la Mauritanie.

Le «quoi après» du Gouvernement, on l’a vu. Il est venu le surlendemain du meeting de l’opposition où le ministre d’hydraulique et d’énergie a annoncé l’augmentation des tarifs de l’eau et d’électricité, de 5% pour certains et 21.26 pour les autres (personne n’est épargné). Sans négliger que le choix d’augmenter les prix dans un département dirigé par un ministre de l’APP, qui est restée longtemps «défenseur du peuple» et membre important de la famille de l’opposition, porte un message clair. Vu les justifications officielles.

Un autre «quoi après » du gouvernement, on l’a vu. Il s’agit de l’indifférence des médias officiels vis-à-vis du meeting. Aucune couverture médiatique n’a été faite par l’AMI. Quelques mots pour moins d’une minute dans la radio.

Le «quoi après» de l’opposition, on l’a vu lui aussi. C’est la visite de son chef, Ahmed Ould Daddah, aux Etats-Unis où il va animer des conférences de presse et des activités aussi bien au nom de son parti qu’au nom de l’opposition. Un autre «quoi après» c’est la tenue des assises de la section de l’AJD/MR à Louisville aux Etats-Unis.

Il s’avère cependant que ce que l’on dispute ce n’est pas l’intérêt du peuple. L’opposition n’a pas appelé à un meeting lorsque l’affaire de la drogue a éclaté. Ni lorsque Nouakchott a connu la vague de soif qu’elle a connue durant plusieurs mois. Elle n’a pipé mot lorsque les responsables du pétrole ont reconnu avoir donné des chiffres erronés. Ni lorsque la société australienne a cédé place à une autre société, sans tambour ni trompette. Elle n’a pas réagi contre les nominations clientélistes et tribalistes. Et la voilà soudainement avoir une subite prise de conscience. En dehors des périodes électorales, ce jusqu’au dernier meeting, jamais il n’y a eu de manifestations ces dernières années.

Cependant, une question tranchante mérite une réponse convaincante : vers quelle direction va la relation entre l’opposition et la majorité ? En d’autres termes, le courant passera-t-il toujours entre les deux parties ?

Interrogé sur le sort de l’ouverture du pouvoir à l’opposition, Zeine Ould Zeidane a répondu que «c’est un vœu très cher au Président de
la République, chaque fois que le dialogue s’inscrit dans un cadre constructif». Ould Maouloud, de l’opposition, a reconnu que «le dialogue entre les deux parties a touché, sans tabou, tous les sujets. Mais sans arriver à un accord». Ould Daddah a dit que les problèmes non levés entre l’opposition et le pouvoir présentent «une menace dangereuse» qui pèse sur le pays. Bref, le Gouvernement veut que le dialogue soit un «cadre constructif» pour être relancé, et c’est lui qui juge un «cadre constructif» d’un cadre non constructif. Ould Maouloud a fait le constat que le creuset entre les parties est trop vaste et que le gouvernement dialogue pour dialoguer seulement. Ould Daddah comprend la gravité de la situation, mais il attend l’initiative du gouvernement.

Ce que l’on sait c’est que les deux parties ont signé et persisté pour un choc, l’un contre l’autre. Les Indépendants ont lu dans le geste de l’opposition un mauvais signal. L’opposition voit dans la création du parti un «retour à la case départ».

«Retour à la case départ», c’est le mot de ce qui se passe aujourd’hui dans la scène politique : rivalités, inflations, impasse, clientélisme, crises… Cela suppose le retour à l’avant des risques de dérives. Autoritaristes. Violentes.

 

Mechry Ould Rabbany

 

SOURCE La TRIBUNE N°373 







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