BCM : Des efforts, pour rien ?

24 10 2007

BCM : 

Des efforts, pour rien ? 

 

Le Conseil de Politique Monétaire de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM) a décidé mardi dernier de diminuer de 2% son taux directeur. Dans un point de presse organisé à l’occasion, le Gouverneur de la BCM, Kane Ousmane a expliqué les raisons de la diminution de ce taux de 14% à 12%. L’analyse de l’évolution des prix et le souci d’accompagner les efforts du Gouvernement en matière de reprise de la croissance, sont les deux raisons principales qui ont poussé la BCM à diminuer. Le Conseil de politique monétaire a décidé aussi de revoir régulièrement ce taux pour l’ajuster s’il y a lieu. Que peut vouloir dire cette baisse ? Pour le Gouverneur il ne s’agit pas d’une baisse mécanique du taux directeur, mais cela permettra de faire baisser le loyer de l’argent. Les banques doivent prêter 10% de plus au maximum. Elles feront moins appel à l’achat des bons de trésor, ce qui disponibilisera les ressources pour le développement des activités économiques. 

Le Gouverneur a fait remarquer que cette baisse intervient après deux ans de gel, qu’elle constitue une amplitude importante dans la variation et qu’elle intervient dans un contexte où tout le monde est affecté par la hausse des prix. 

Le Gouverneur Kane Ousmane a également rappelé que l’une des missions principales de la BCM est de contribuer à la stabilité des prix, précisant que l’évolution de ces derniers pèse sur les mauritaniens. Dans ce cadre, la BCM dispose de 2 instruments : la politique monétaire et la politique de change, expliquant que c’est grâce à la politique monétaire suivie depuis un certain temps par la BCM que la montée spectaculaire des prix du pétrole à travers le monde ne s’est pas répercutée de façon violente sur les hydrocarbures. L’inflation ‘importée’ par l’évolution des prix de certains produits a été modeste par rapport aux prix dans les pays de la sous région et dans le monde (le blé, les produits laitiers, les hydrocarbures), tout en indiquant que le marché a subi la hausse de certains prix (les légumes par exemple). Mais, devait-il ajouter, l’évolution générale des prix est restée modérée dans notre pays (les prix du loyer, de l’eau, de l’électricité) etc. En termes techniques : « L’indice des prix est en décélération, c’est pourquoi il faut toujours effectuer une revue régulière pour voir est ce qu’il faut maintenir ou réviser le taux directeur ». En ce qui concerne la politique de change, le Gouverneur a rappelé que la situation s’est stabilisée grâce à une meilleure maîtrise du marché de change. Il en naît une disponibilisation des devises de manière équitable entre les opérateurs. Mais l’ouverture d’un marché officiel de devises en janvier 2007 doit être doublée d’une lutte contre la culture de méfiance vis-à-vis de ce qui est officiel. Dans tous les cas, la BCM a pu honorer toutes les demandes introduites par les opérateurs. 

Il a également évoqué l’élaboration des textes d’application de la loi bancaire adoptée en mars 2007 par la BCM, qui a-t-il dit, se poursuit avec le concours de la Banque de France sur financement de la Banque Mondiale. Les lois adoptées en vue de la réforme du système bancaire seront bientôt effectives. Leurs textes d’application ont été subdivisés en trois lots : ceux qui doivent être adoptés dans les plus brefs délais, ceux qui sont moins urgents et ceux qui le sont moins. On dénombre cinq textes dont les termes de références ont été remis à la Banque de France. Le premier draft devra être remis en novembre et tout doit être finalisé avant mars 2008. Une plus grande efficience de la supervision bancaire permettra d’aboutir au fameux objectif de dépersonnalisation de l’exercice de la profession bancaire. Ainsi donc on tendra vers une professionnalisation du métier. Cela contribuera à crédibiliser le pays en tant que partenaire économique et ce à la veille de la tenue du groupe consultatif. . »Le métier sera exercé par quelqu’un qui dispose d’un statut de banquier et non par le détenteur du capital », a-t-il précisé. 

Le gouverneur de la BCM a en outre évoqué la situation de la BACIM BANK que son institution a décidé de sauver à travers la mise en place d’un plan visant la stabilisation de sa trésorerie, l’élaboration d’un plan de recouvrement de ses créances. Ce plan consiste aussi à contribuer à la réalisation de ces recouvrements et la recherche d’un partenaire technique et financier pour cette institution. Des contacts ont déjà été pris dans ce sens. 

Dans le cadre des nouveautés annoncées, des conditions nouvelles seront fixées pour tout nouvel agrément : un capital de six milliards ouguiyas, association à des professionnels, contribution à un fonds bancaire, ouverture de succursales dans trois villes au moins… 

 

SOURCE
LA TRIBUNE 371 


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