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L’actualité régionale

16102007

L’actualité régionale 

 

NOUADHIBOU 

La police traque les prostituées 

« Nous avons feint d’être des clients potentiels et nous avons eu confirmation de nos soupçons », a confié un policier. Entendons clients potentiels pour les prostituées qui à Nouadhibou sont, depuis le 12 octobre la cible de la police. La semaine dernière déjà, cette même police était en proie à des émeutes suite à une révolte des bouchers qui lui en voulaient de n’avoir pas pris au sérieux leur plainte à la suite de la bastonnade de leur camarade par des éléments de l’armée sur ordre d’une femme…A présent, cette police s’emploie à lutter contre la prostitution et le crime organisé. Ainsi, plusieurs femmes ouest -africaines ont été arrêtées et sont en instance d’être déférées sur ordre du procureur de la république. 

Ces femmes sont venues légalement dans la capitale économique et exercent des métiers de restauratrices, coiffeuses, femmes de ménage le jour et se transforment, à en croire la police, en prostituées dés le soir. La police a ainsi mis aux arrêts une douzaine de femmes et quelques hommes, parmi lesquels  des mauritaniens ; qui leur servaient de couverture… 

Cette campagne de lutte contre la prostitution fait suite à de nombreuses plaintes de citoyens qui, devant l’ampleur du phénomène ont saisi la justice. 

En effet, le quartier de Khirane, situé au centre ville, est devenu une zone de prostitution à ciel ouvert. Dés 17 heures, des femmes dans leur simple appareil se positionnent aux fenêtres de leurs chambres pour racoler le passant, qui qu’il soit. 

Parallèlement au plus vieux métier du monde, le quartier est devenu une zone de non droit ou trafics en tous genres ont lieu : Drogue, alcool, trafic d’êtres humains… 

Plusieurs personnes y ont été agressés ces derniers temps .Vols de portables, agressions à armes blanches, passages à tabac sont le lot quotidien du malheureux qui passe aux abords de ces lieux. La zone est infestée de bandits de toutes sortes et porte le non d’Accra (la capitale du Ghana). 

Des commerçants et boulangers des environs ont aussi porté plainte. 

« Nous avons décidé de démanteler Accra et son réseau,  confie un policier, avant de passer au reste de la ville. » 

En effet la prostitution et la petite délinquance touchent toute la ville avec des pics à Khairane et la cité SNIM. 

Pour ne pas être taxée de xénophobe, la police a tenu à prendre les prostituées en flagrant délit. »Nous avons feint d’être des clients potentiels et nous avons eu confirmation de nos soupçons » argumente un agent dans le coup. 

Reste que le réseau de prostitution et de trafics de drogue jouit d’une couverture à chercher au sein même de la police. Certains agents sont accusés par les prostituées d’être des client s assidus ou des protecteurs moyennant argent. 

Les femmes arrêtées risquent l’expulsion. 

A.Y 

 

 

 

SNIM  

60 FAMILLES DANS LA DETRESSE 

Prés de 60 familles attendent d’être jetées dehors par la SNIM. Ces familles, démunies pour la plupart, squattent depuis quelques années des logements abandonnés à la cité SNIM. Ces logements 3-piéces ont été abandonnés par leurs propriétaires légaux sous le prétexte -vrai certes- de vétusté et de menace d’écroulement. Les ayant -droit ont donc été relogés non sans avoir emporté jusqu’aux sanitaires. Depuis 1990 ces maisons sont abandonnées progressivement .Elles sont ainsi devenues de vraies décharges d’ordures et de cadavres d’animaux. Les 60 maisons sont devenues des lieux de refuges des chiens et de chats. Les tas d’immondices sont géants au point d’empoisonner l’air du reste de la cité. Des dunes de sables ont envahi les lieux. 

C’est au milieu de cette situation que quelques familles en détresse ont demandé à la SNIM de leur permettre d’occuper les lieux. La SNIM, dans un élan de solidarité leur a octroyé les lieux. Les familles ont commencé un long travail de nettoiement des écuries d’Augias. Ce long travail patient a payé. Après des mois de dur labeur les lieux sont devenus hospitaliers au point d’accueillir des milliers de personnes. Les nouveaux propriétaires ont aménagé. Sans eau ni électricité. Qu’importe. Puis des branchements sauvages sont faits. Dans l’indifférence générale. Car personne l’énergie dans ce quartier comme ailleurs. 

Puis la situation des nouveaux venus crée des envies. D’anciens propriétaires tentent de revenir boutant dehors les plus faibles. Les squatters s’organisent et saisissent  la justice. Première victoire. L’ancienne direction de la société recule. 

Mais ne baisse pas les bras. D’autres tentatives s’en suivront sans résultat. 

Le nouveau directeur de la SONELEC et ancien directeur de la SNIM revient à la charge. Sous prétexte que ces familles consomment trop de courant à la charge de la SOMELEC. Les fils sont coupés. Début octobre la SOMELEC saisit la SNIM. Cette dernière décide de passer en force .Les familles ont jusqu’à ce soir (15 octobre) pour déguerpir. Sinon la force publique le fera. Certaines familles ont accepté l’ultimatum mais réclament des indemnités car y ont investi beaucoup d’argent. La majorité refuse de partir. »Nous sommes prêtes à affronter les militaires pour garder ces maisons  » crient les femmes visiblement plus remontées que les hommes. 

Si la SNIM mettait à exécution sa menace, ce serait des centaines de personnes jetées à la rue. 

ATHIE YOUSSOUF 

CP /NOUADHIBOU 

 

Boghé : Atelier de l’OMVS sur l’élaboration du Plan d’Action stratégique (PAS) 

 

Les 5 et 6 octobre, ont eu lieu à Boghévles travaux de l’Atelier national de contribution à l’élaboration du Plan d’Action stratégique (PAS) du Bassin du Fleuve Sénégal organisé par le Projet de gestion des ressources en eau et de l’environnement du Bassin du Fleuve Sénégal du Haut-commissariat de l’OMVS. 

 

Cet atelier national de renforcement du PAS fait suite à l’atelier régional de démarrage au cours duquel la vision, les objectifs à long terme de qualité de l’environnement (OLTQE) et le canevas de rédaction du PAS ont été discutés et validés. Il a pour objectifs principaux de « rappeler les problèmes environnementaux prioritaires, présenter la vision et les objectifs à long terme de qualité de l’environnement (OLTQE), discuter, enrichir et valider les actions et mesures proposées lors de l’atelier de démarrage du processus d’élaboration du PAS à Nouakchott et présenter le canevas de formulation du PAS ». 

 

La cérémonie d’ouverture de l’atelier a été marquée par un échange d’allocution entre le Wali mouçaïd, M. Mohamed Abdallahi Saoudi O. Dah et le coordinateur régional du projet et représentant le Haut Commissaire, M. Djibril Sall. Le premier a souhaité la bienvenue aux participants tout en mettant l’accent sur l’importance de la thématique et le second a tout d’abord remercié les plus hautes autorités du pays « pour l’intérêt qu’elles portent à la mise en exécution du Plan d’Action Stratégique » avant de rappeler les différentes actions menées par l’OMVS dans le bassin du Fleuve. 

 

Les différentes communications présentées par les experts-consultants de l’Organisation (Mamadou Siriman Samaké, Madiodio Niass et Boïna O. Sid’Ahmed ) ont porté notamment sur la présentation du projet de gestion des ressources en eau et de l’environnement du bassin du fleuve Sénégal, l’Analyse Diagnostique transfrontalière et ses impacts environnementaux transfrontaliers, la processus d’élaboration du PAS, la présentation et la vision des objectifs à long terme de la qualité de l’environnement. 

 

Les débats dirigés par le Hakem, Ahmed O. Deh ont porté notamment sur la dégradation de l’environnement côté mauritanien : érosion des sols et des berges, salinisation des terres, espèces végétales envahissantes. 

 

La 2e journée a été consacrée à la restitution des travaux de groupe portant sur cinq thèmes à savoir la dégradation des terres, les espèces envahissantes, la prévalence des maladies hydriques, la baisse de la qualité des eaux et la perte de la biodiversité. 

 

La fin des travaux de l’atelier a été marqué par la présentation du canevas de rédaction du PAS et des modalités de participation des parties prenantes au processus et planning des réunions au niveau des CLC (Cadres locaux de concertation) ainsi que la lecture du rapport de synthèse. Notons enfin qu’il était destiné aux parties prenantes dans le bassin notamment les membres des Comités locaux de Coordination, du Comité national de Coordination et les services techniques déconcentrées (autorités administratives, délégués régionaux du MAE, points focaux) auxquels s’ajoutent des représentants d’ONG pertinentes évoluant dans le Bassin. 

 

                            Abou Boubou Fall 

                            Cp. Brakna 

 

 

 

 

 

 

VISA vise une alternative 

 

Un nouveau maillon sur la chaîne du développement dans le Brakna sud avec l’arrivée du VISA (Valorisation de l’Irrigué pour la Souveraineté Alimentaire). C’est un projet de la Coopération espagnole qui couvre trois wilayas dont celle du Brakna. Ce projet est logé au ministère de l’agriculture et de l’élevage et dirigé par un Comité de pilotage composé de mauritaniens et d’espagnols. Son objectif est, comme dit le responsable régional, Sall Mohamed Djibril, « ce n’est pas de rentrer en concurrence directe avec les structures de développement de l’Etat mais de les épauler. Donc le VISA doit établir une base de diversification et d’intensification des cultures irriguées dans le cadre d’une conception et gestion durable des systèmes d’irrigation ». C’est ainsi que ce projet va durer 4 ans (de 2007 à 2011) et a un budget de 3 millions d’euros financé à hauteur de 85% par la coopération espagnole et 15% par le Ministère cde l’agriculture et de l’élevage. Il intervient dans la basse et moyenne vallée du fleuve Sénégal dans trois Wilaya. L’antenne du Brakna est basée à Boghé. 

En ce qui concerne l’antenne régionale de Boghé, elle a débuté à exécuter ce programme dans la dernière décade du mois de mai 2007 et présentement, ils sont en phase de récolte. Selon toujours le responsable régional, M. Sall, VISA vise à montrer aux agriculteurs qu’il y a une autre alternative à la culture du riz. Il rappelle toujours qu’ils ne sont pas là pour faire disparaître la culture du riz. Pour cette campagne, ils ont introduits dans les périmètres qui n’avaient l’habitude que de faire du riz, du sorgho, du maïs et du niébé à cycle court (début juin-fin septembre). Le projet n’a concerné cette année que les périmètres de Bakaw et de Wabboundé dans la mouqata’a de Boghé. Toutefois, le projet va couvrir d’autres périmètres dans toute la Wilaya. A titre indicatif, pour la 1ère année, le projet prend en charge les paysans en matière d’intrants, en matière de factures d’eau et leur apporte l’encadrement nécessaire à condition que ces paysans acceptent de suivre l’itinéraire technique tracé par le projet. C’est ainsi que les techniciens du projet sont à pied d’œuvre pour apporter leur savoir-faire aux paysans. Selon M. Bâ Adama Amadou, membre de la coopérative de Bakaw, « VISA nous a apporté une nouvelle chance ; là où on faisait une seule culture (le riz en cinq mois), on en peut faire maintenant deux : trois mois de cultures d’irrigué (le sorgho et le maïs) et les deux autres mois, de la culture fourragère (le niébé) et aussi, le gardiennage est très facile avec l’invasion des oiseaux. Aussi VISA ne nous a pas proposé l’abandon du riz. A côté des parcelles de sorgho et de maïs, d’autres parcelles de riz ont été faites pour une base de comparaison. A la fin du mois de septembre, nous avons récolté le sorgho et le maïs et nous enclenchons la culture du fourrage. Donc, on ne peut que remercier l’Etat qui a accepté la coopération espagnole de venir nous aider ». 

 

                            Abou Boubou Fall 

                            Cp. Brakna, 670 51 63 

 

  

 

 

Source : La Tribune n°370 




La vente de la SNIM, cette trahison, qui en payera le prix ?

16102007

La vente de la SNIM, cette trahison, qui en payera le prix ? 

 

Ces derniers temps je me sens tiraillé entre plusieurs sujets que j’aimerai aborder mais je ne sais pas par quoi commencer. Est-ce que je dois commencer par ce gouvernement amorphe, qui ne prend aucune initiative alors que les infrastructures du pays tombent comme des feuilles au printemps ? Ou bien dois-je commencer par le dépôt de bilan de la Air Mauritanie, qui emploie des centaines de personnes et qui transporte le nom de la Mauritanie, le drapeau de la Mauritanie et le Président de la Mauritanie en Afrique et en Europe … vendue contre moins de 4 millions de dollars ? Ou bien devrions-nous nous intéresser à ce qui n’a pas de prix ? Ou bien parlerais-je de ce parti politique qui ne doit pas empêcher l’alternance, et qui ne doit pas impliquer le président dans la bataille politique ? Ou bien dois-je aborder d’abord le pouvoir, la nouvelle façon de l’exercer et ce qu’en pensent les citoyens? et cetera, et cetera … 

Je n’aurais pas pu me décider si des milieux bien renseignés ne m’avaient mis au courant d’une affaire très grave. Certaines officines s’activent afin que l’Etat vende une partie de ses parts de la SNIM, qui s’élève à 78%. L’entrevue du président avec le directeur général de la société indienne MITTAL rentre dans ce cadre, même si une audience avec le président ne signifie pas grand chose, car la porte de la présidence est largement ouverte pour les étrangers. 

Le pire est que le directeur de MITTAL est venu sur la base d’informations ignorées par le président. Celui-ci aurait entendu dire que la Mauritanie avait l’intention de vendre la SNIM. Exactement comme quand le Président est allé inaugurer l’entreprise Taziazett, ignorant qu’elle n’avait pas obtenu l’agrément du Ministère de l’Environnement. Ce sont des signes qui ne trompent pas, car comment le Président peut recevoir une personnalité de ce calibre, avec le chef du protocole, le Ministre des Mines et le directeur de la SNIM, afin de lui parler d’un sujet dont il ignore pratiquement tout. 

Le Président a répondu clairement en disant que la vente de la SNIM n’était pas à l’ordre du jour, et qu’une étude était en cours concernant l’un des choix : que l’Etat conserve ses parts dans la SNIM, ou bien qu’il en vende tout ou parti. 

Le Président a ajouté que si l’étude concluait à la nécessité de vendre, alors la vente aura lieu par le bais d’un appel d’offre international. Ce qui a déçu le directeur de MITTAL, venu porteur d’une offre, en précisant qu’il a déjà acheté le producteur de sidérurgie français dont le fer mauritanien représente 40% de la production. Il est allé même jusqu’à modifier la chaîne de montage, afin de l’adapter à la spécificité du fer mauritanien, et vu qu’il ne veut pas que ses intérêts tombent dans d’autres mains, il a dit qu’il est prêt à payer le prix que la Mauritanie demande. 

Personne ne s’est dit publiquement derrière l’arrivée du directeur de MITTAL, qui est reparti rapidement à bord de son avion personnel, mais le Premier Ministre avait annoncé dans son programme sa volonté de vendre la SNIM, il avait demandé à la société de lui fournir une étude sur sa situation. On dirait qu’il n’est pas suffisamment au courant des événements des années 60 et 70. Le fait que l’Etat abandonne ses parts dans la SNIM (ou ce que certains appellent « poids mort ») n’est certainement par motivé par des considérations patriotiques, ce n’est pas non plus une brillante opération économique mais plutôt de la haute trahison. 

La SNIM est l’unique grosse infrastructure de l’Etat, et à travers laquelle il réalise d’énormes bénéfices dans le secteur des mines, même si les règles de l’investissement limitent la part de l’Etat à 2.5 % seulement. car la montagne d’ « Al ghaïche » à Taziazett va générer 11 millions d’once d’or, 40 tonnes, dont la part de l’Etat sera de 40 millions de dollars sur 10 ans. C’est aussi le cas pour « Galm oum graïn » à Akjoujt, sans parler du projet « Alawej » dont la Mauritanie a obtenu 26%, avec la possibilité de le diriger, tout ça grâce à la SNIM et à ses infrastructures (chemin de fer, port …), car la SNIM est l’unique outil qui permet à l’état de maîtriser un secteur entier, ce qui la différencie des autres secteurs en déliquescence, évitant d’avoir le même phénomène qui existe dans le domaine de la pêche par exemple, où l’Etat n’arrive pas à le maîtriser à cause de la faiblesse des infrastructures. La SNIM est une pierre angulaire de l’économie nationale, c’est par exemple le deuxième employeur après l’Etat, elle emploie, directement ou par le biais d’intermédiaires, 5000 personnes, elle loge près de 2000 familles. 

La SNIM a participé de manière significative à l’équilibre de la balance commerciale de l’année dernière, ce qui a donné un excédent de près de 53.7 Milliards d’ouguyias au lieu d’un déficit de 215.7 Milliards d’UM. Elle a aussi participé à la balance des paiements en injectant plusieurs millions de dollars et elle continue d’injecter de la liquidité dans les caisses du Trésor à hauteur de dizaines de milliards. Elle paie par exemple, 10% de son chiffre d’affaires (463 Millions de dollars) au Trésor. Elle paie un impôt sur le revenu de 5 Milliards d’UM ainsi que 4 Milliards d’annulation de la dette en faveur de l’Etat Mauritanien de la part du CFD, BAB, BII, et 143 Millions d’UM  d’impôts sur le revenu. 

Notons enfin, que la grande part des bénéfices revient à l’Etat, à titre d’exemple l’année dernière, la SNIM a dégagé 100 Millions de dollars de bénéfice. Elle injecte aussi d’énormes sommes de liquidités dans le marché qui atteignent des fois 9 Milliards d‘UM pour les salaires d’employés de l’Etat, ainsi que ses dépôts dans les banques «nationales». Une énorme participation donc à l’économie nationale, une participation de 15% au Trésor de l’Etat. 

Pendant 20 ans, la SNIM a sacrifié la situation sociale de ses employés en faveur de la rénovation de ses infrastructures. Ce qui a été fait et, de surcroît, en accompagnant l’évolution technologique dans le secteur. Depuis l’année dernière, elle a commencé enfin à améliorer la situation des employés ce qui a eu comme résultat une meilleure productivité et une plus grande stabilité. 

La SNIM est aussi la plus mauritanienne des sociétés de l’Etat en ce sens que tous ses secteurs : les études et les laboratoires et même les prospections sont gérés par des cadres nationaux, y compris  en pièces détachées et les bâtiments. La SNIM a réussi à asseoir sa situation économique grâce à sa crédibilité financière et sa maîtrise des dépenses, c’est ainsi qu’elle a réussi à réaliser ses objectifs de production. L’année dernière, elle a produit 11.4 Millions de tonnes c’est-à-dire une progression de 0.8%. Elle en a exporté 10.7 Millions. Sachant que la SNIM a des contrats qui s’étendent aux 15 prochaines années et avec l’augmentation de la demande mondiale du fer, la SNIM compte élargir ses possibilités de production. 

Nous ne sommes pas devant une entreprise en échec, incapable de se moderniser ou qui fait face à des problèmes dans un avenir proche, ce qui aurait nécessité la recherche d’un partenaire stratégique. Nous ne sommes pas non plus devant une société de services ou de vente de tomates, la SNIM fabrique des dizaines de points d’eau. Elle fournit l’électricité à F’deirick et aide de nombreuses municipalités et malgré tout ça, elle fait face aux besoins des citoyens, elle entend chaque jour quantité de remontrances. Et ce n’est pas tout, l’Etat a réussi à résoudre de graves crises grâce à la SNIM : le paiement à plusieurs reprises des salaires des employés de l’Etat, l’approvisionnement du marché national en denrées de première nécessité grâce aux comptes en devises de la SNIM, le paiement des 30 millions de dollars que la Mauritanie était obligée de verser pour obtenir un allègement de sa dette, l’achat des Bons du Trésor à hauteur de plusieurs milliards d’UM afin d’injecter de la liquidité sur le marché national… Ce sont des affaires privées qui ne se règlent pas en présence d’étrangers et ces derniers ne l’accepteront jamais, vu qu’ils auront leur mot à dire dans tous les détails : Partage des responsabilités, changement des actionnaires originaux qui n’étaient pas mu que par le bénéfice, révisions des contrats de travail, limitation des services sociaux, ainsi que de toutes les dépenses qui ne sont pas justifiées économiquement. 

La sauvegarde de la SNIM est comme la sauvegarde de l’UM, les technocrates ne le comprennent peut-être pas mais Sidi O. Cheikh Abdallahi devrait le comprendre, lui qui était au cœur des événements. Souvenez-vous, il était ministre de l’économie quand Moctar O. Daddah l’a convoqué de nuit pour l’informer de sa volonté de nationaliser la MIFERMA dès le lendemain, on dit qu’il lui a interdit de sortir du palais jusqu’au matin. C’était un risque, une véritable provocation pour la France qui aurait pu nous envahir en une heure pour défendre ses intérêts. 

On ne peut pas non plus parler de la SNIM sans parler de la boucherie de Zouérate et de ceux qui se sont sacrifiés pour la nationalisation, ainsi que les grandes luttes des Kadihines dans ce domaine. Ceci ne suffit-il pas pour que cette société florissante reste loin des apprentis libéraux adeptes des théories de Bretton Woods ? 

 

Mohamed Mahmoud Ould Bacar 

  

 

Source La Tribune n° 370 




Par où doit commencer le changement

16102007

Par où doit commencer le changement 

 

Il est de notoriété que l’une des caractéristiques de l’époque d’avant le 3 août, était le peu de place accordée aux élus en général, à ceux du Parlement (Sénat et Assemblée) en particulier. Bénéficiant d’une légitimité approximative et souvent contestée, sénateurs et députés ne pesaient pas. Surtout aux yeux de l’administration. Il en naissait des conflits qui alimentaient les discussions de salons et qui finissaient par des entremises alliant procédés traditionnels et folklore mondain. Bref : tout ce qui ne fait pas la République. 

Les élections de 2006 et 2007 ont ceci de fondamental : malgré toutes les réserves elles restent les premières élections régulières de l’Histoire du pays. Ce qui donne un poids – en terme de légitimité – aux élus issus de ces scrutins. L’un des premiers aspects du changement aurait dû être la révision par l’administration de la relation avec le parlementaire. Je viens malheureusement de faire le constat contraire. 

Je suis Sénateur de la ville de Boutilimitt. C’est donc es qualité que je m’intéresse de près à ce qui se passe dans mon département et au devenir des populations qui y vivent. Il y a quelques années, une grande Mahadra s’est établi à quelques 54 km à l’est de Boutilimitt, sur la route de l’Espoir, 2-3 kilomètres d’Ajouer. Poussées par la sécheresse des dernières années, les populations de cette communauté qui ne s’occupent que d’enseignement des sciences religieuses, ont demandé l’autorisation de creuser un puits. Ici on creuse encore, le forage étant réservé à ceux qui savent se mouvoir dans les cours des princes de l’époque. Autorisation leur fut donnée suite à la lettre du Wali N° 558 du 8 décembre 2005, par Arrêté ministériel N° 792 du 12 mars 2007. 

Quelques difficultés ont empêché la réalisation immédiate de l’ouvrage. Il y a quelques semaines, les populations ont été surprises de se voir interdire l’accomplissement des travaux alors que le chantier, entièrement pris en charge par les populations, venait d’être lancé. Le prétexte invoqué par l’administration est une plainte déposée par trois citoyens. La plainte a été déposée à la Wilaya du Trarza, par des gens résidant au Brakna. Transmise au ministère de l’hydraulique et des nouvelles technologies pour information, elle a vite été le prétexte pour dénuer aux populations résidantes le droit d’avoir accès à l’eau. La lecture de la lettre est édifiante quant à la conception que l’administration se fait d’elle-même et de son rôle. Voilà ce qu’elle dit : «J’ai l’honneur de vous transmettre, pour information et conduite à tenir, la demande d’arrêt du forage de puits El Voze à Boutilimit, introduit par les sieurs : Mohamed Abdallahi Ould El Ghallawi, Cheibany Ould Mohamed Echvagha, Mohamed Yaghoub Ould Habibourrahmane. Les intéresés prétendent que LA TERRE OU LE PUITS VA ETRE REALISE, AU PROFIT D’AUTRES, LEUR APPARTIENT». 

Comme si toute ‘la terre’ de la République Islamique de Mauritanie n’appartenait pas à l’Etat qui peut en disposer dans le respect des lois en vigueur. Comme si les populations concernées n’avaient pas une autorisation en bonne et due forme de l’administration. Comme si leur droit devait être ‘suspendu’ dès la manifestation d’intérêt – même tardive – de quelques citoyens, nonobstant l’absence d’une justification juridique si faible soit-elle. Il est vrai que les plaignants appartiennent au cousinage du Président, ce qui a certainement pesé dans la décision du ministère. Alors que je reste persuadé que le Président lui-même n’a rien fait pour exercer un tel arbitraire. Le trafic d’influence commence par-là. 

Sensibilisé par les représentants des populations, je me suis empressé de m’adresser aux autorités concernées : le ministère de l’hydraulique, de l’énergie et des technologies nouvelles, un assemblage bien difficile à tenir soit dit en passant. Dans mon esprit, une explication suffirait à rétablir le droit, d’autant que les premiers responsables du ministère bénéficiaient à mes yeux de préjugés favorables. Le ministre a été jusque-là un militant de la cause des opprimés. Le secrétaire général est un jeune issu d’un cursus hors bureaucratie. Du temps et de l’énergie pour rencontrer d’abord le second. Il invoque la lettre du Wali du Trarza. Je demande à la voir. Refus catégorique. J’invoque mon statut, l’obligation pour lui de coopérer. J’écris. Je me tourne vers le ministère des relations avec le Parlement. Il est plus aisé apparemment de ‘donner un coup au ciel’. Rien n’y fait. Il faut avoir l’aval du ministre. Je demande à le voir. Rendez-vous, plusieurs fois. Fronde à sa porte avec quelques autres élus. Puis j’entre. J’expose les motifs de ma présence. Entretiens surréalistes. Je vous passe tous les sujets et les mots pour les dire. 

N’est-ce pas le minimum pour l’administration que d’être accessible, non seulement à nous, élus représentants une volonté populaire, mais aussi à toutes les populations ? N’est-ce pas dommage de voir l’administration se plier devant les desiderata de simples citoyens pour des raisons inavouées et inavouables ? N’est-ce pas décevant de voir les pratiques hier décriées, refaire surface chez ceux qui les ont combattues ? Ou faut-il croire à la fatalité du système inique qui a régi la vie publique ? 

 

 

Ahmed Salem Ould Bakar 

Sénateur de Boutilimit 

 

Source : La Tribune n°370 







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