Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

16 10 2007

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada 

Pénurie de liquidité et le spectre de la famine 

 

Depuis deux ans l’économie parallèle mauritanienne n’arrive pas à générer les revenus habituels, c’est du moins ce qui ressort des entretiens de certains citoyens qui se plaignent de la baisse de leurs revenus. Crise de liquidité ou fuite de capitaux ? L’argent demeure une chose rare en Mauritanie.  Demandez au baron du système D,  ils vont vous répondre «qu’il y a une pénurie de liquidité». 

Les indicateurs économiques montrent, en revanche, à travers les études réalisées par les experts de la banque centrale et ceux de la banque mondiale que l’inflation est de 7% que la croissance hors pétrole avoisine les 6 % et que la situation économique est comparable au reste de la sous- région. 

Pourtant, la consommation est en nette diminution dans plusieurs coins de vente du pays. Un épicier de la place nous a confirmé que «les clients n’achètent plus comme auparavant. Avant le trois août 2005, ils achetaient sans réfléchir ; en cette phase ils prennent le strict nécessaire». 

Taleb grossiste du marché de la capitale se trouve dans des situations tel que le fait de ne pas avoir suffisamment de liquidité pour régler une affaire de 500.000 mille ouguiya. 

Ould Sowydi commerçant débrouillard explique quant à lui «qu’aujourd’hui avec une somme d’un million d’ouguiya, il peut gagner énormément d’argent car tout simplement la liquidité n’existe pas et que tout le monde veut vendre alors que les acquéreurs sont quasi -existants». 

Par ailleurs, «chaque putsch, est suivi d’une période qui peut aller jusqu’à une quinzaine d’année de récession économique»,  martelait déjà un conférencier occidental qui était ici dans le cadre d’une conférence organisée par l’un des organismes internationaux qui opèrent chez nous. Ce même conférencier n’exclut pas l’hypothèse d’une famine en Mauritanie. Pourquoi ? 

Peut-être que les opérateurs nationaux ne veulent pas se hasarder dans des investissements à risque. Il se peut aussi que les capitaux aient subis une fuite énorme.
Bizarrement, des politiques de drainage des capitaux étrangers indirects fort sollicités par l’actuelle équipe dirigeante n’a pas encore eu l’impact souhaité. En outre, un  taux d’intérêt élevé (24% appliqué par les banques commerciales et 9% exercé par les caisses d’épargne) freine les investissements internes. 

Certes, en cette période les marchés de la capitale de Nouakchott sont fréquemment visités par des citoyens qui veulent s’abreuver de marchandises. Toutefois, les vendeurs se lamentent de ne réaliser que des gains insignifiants et cela  depuis quelques temps. 

En effet, il y a eu une diminution de liquidité causée probablement par la guerre contre les narcos trafiquants. Ainsi l’application du système budgétaire  limitant les  dépenses de fonctionnement est une autre interprétation de la baisse de la masse monétaire. On évoque dans cette perspective qu’une partie de ces dépenses constituait illicitement une ressource  placée dans le circuit économique par des hauts fonctionnaires sous forme d’emprunt ou participation commerciale. Ce qui permettait le  ravitaillant des marchés locaux en liquidité. 

Il est clair, cependant, qu’officiellement le budget n’a pas fait l’objet d’une réduction ;  par contre il a subi une nette augmentation ces deux dernières années. Une telle situation entraîne l’accroissement de  la masse monétaire. Le budget  avoisine désormais un milliard de dollar avec un revenu par habitant proche de 600 dollars. 

Les acteurs financiers  du pays essayent en ce sens de relancer l’économie à travers la création de l’emploi et l’octroi de micros crédits. Il s’agit là d’une optique déjà pratiquée par l’ancien système. Ces politiques n’ont pas encore apportées le fruit adéquat car il manque toujours quelque chose. 

m_barrada@yahoo.fr 


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