Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

16 10 2007

Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

Dans quelques jours, ce sera la réunion du Groupe Consultatif pour la Mauritanie. A Paris. Les institutions internationales considèrent que le pays a opéré le maximum de réformes. Dans le cadre du nouveau programme, ces institutions vont ‘cautionner’ la Mauritanie et l’aider à avoir le financement de son plan de développement pour les dix années à venir. Le Sénégal vient de passer cet examen et d’avoir quatre milliards de dollars. Pour le passer, la Mauritanie a besoin de prouver qu’elle peut couvrir 30% de ses besoins en financements et surtout éviter toute décision qui peut remettre en cause les acquis en matière d’équilibres macro-économiques, de transparence et de rigueur. La hantise du FMI étant l’existence du déficit, les nouvelles autorités ne peuvent aller au-delà de leurs moyens réels. Supposons que l’Etat veuille sauver Air Mauritanie – ce que nous souhaitons tous – il lui faudra injecter une somme colossale : quatre milliards selon les travailleurs, sept milliards selon le ministre. L’aberration ici, c’est qu’il aura investi dans un outil qui ne lui appartient pas. Autre aberration : même si la compagnie est privée, son directeur général a toujours été nommé par l’Etat et son dernier président du Conseil était issu de l’administration. Toujours dans le registre de l’aberration : en 2004, la direction de la compagnie avait demandé deux milliards seulement pour l’investissement dans son développement ; en 2006, elle avait trouvé une voie de sortie avec la vente de 51% de son capital à la Royale Air Maroc mais les autorités avaient opposé un refus catégorique ; en 2007 elle était en phase de redressement quand le ministère des finances a refusé de suivre… La Mauritanie peut-elle se payer le luxe d’enfreindre les accords en finançant le déficit ? Peut-elle ‘ponctionner’ sur l’argent destiné aux écoles, aux postes de santé, aux routes, bref sur ce qui sert la collectivité pour faire marcher une société privée ? Est-ce que nous posons le problème comme il faut ? C’est aux économistes de répondre. Nos élites ont toujours choisi le silence. Rares nos cadres qui parlent quand il le faut. C’est-à-dire quand nous avons besoin d’entendre leurs expertises. Plus que par le passé, plus que dans des cas semblables, nous avons besoin d’explications. Quelques paroles que personne ne semble vouloir prononcer : Air Mauritanie est comme tout le reste. Pillée. Vendue. Pillée. Faut-il la racheter de nouveau ? Auquel cas il faut envisager de racheter tout ce qui a été frauduleusement vendu dans ce pays. J’ai encore souvenir de ces propos d’un ancien Ambassadeur étranger : ‘il est vrai que vendre son pays est un acte condamnable, mais il est autrement plus dangereux et plus grave de l’acheter’. Je suis sûr que ceux qui nous dirigent, tout comme ceux qui aspirent à être à leur place, tous estiment mal la situation dans laquelle le pays se trouve. Les uns parce qu’ils sous-estiment le mal qui a été fait. Les autres parce qu’ils surestiment les possibilités du pays. Alors que pour se battre, il faut estimer à sa juste valeur le rapport à l’adversaire. L’adversaire ici, c’est bien le sous-développement, l’exclusion, l’injustice, les disparités, le chômage, la mauvaise utilisation des ressources, leur mauvaise redistribution… L’adversaire ici, c’est l’ordre imposé par la médiocratie qui a fait main basse sur le pays. C’est l’immobilisme. C’est le refus du changement. Et ce n’est malheureusement pas l’apanage du pouvoir. Source la Tribune n°370


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