Air Mauritanie : En attendant la liquidation…

16 10 2007

Air Mauritanie : 

En attendant la liquidation… 

 

Le directeur général d’Air Mauritanie a annoncé aux travailleurs la décision de la société de les mettre en chômage technique pour les trois mois à venir. En attendant de voir… 

Pendant ce temps, les membres du comité de crise mis en place par les employés ont exhorté « le Président de la République, au nom de leurs camarades à intervenir pour sauver la société et à ne pas accepter sa liquidation », affirmant que les informations qui circulent sur l’état de la société sont « erronées ». Ils ont invité les pouvoirs publics à œuvrer pour le « redressement de la société qui dispose de toutes les garanties de la pérennité », en raison principalement de « la disponibilité de ressources humaines qualifiées, de la grande expérience dont elle dispose ainsi que de la bonne réputation dont elle a joui durant des décennies ». Cet appel au Président de la République vise à l’amener à « prendre une décision courageuse permettant de sauver cette société nationale spécifique qui symbolise la souveraineté ». Les travailleurs estiment qu’ »un montant de 4 milliards d’UM suffit pour réhabiliter cette société, redynamiser ses structures et la sauver de la situation qu’elle vit depuis 1996 du fait de l’ouverture de son capital aux promoteurs privés », indiquant que le choix de la compagnie agonisante Air Afrique comme partenaire de la société a augmenté les problèmes de celle- ci » et rendant de ce fait, « l’Etat entièrement responsable de la situation actuelle de la compagnie ».  

Côté officiel, il y a d’abord eu cet éclaircissement du Président de la République fait devant les chefs de partis d’opposition et dont le porte-parole de la présidence, Abdallahi Mamadou Ba a fait l’économie devant la presse. Le Président a jugé « la situation de cette société n’est pas satisfaisante en raison de l’accumulation de plusieurs années de mauvaise gestion qui ont conduit à l’impasse d’aujourd’hui ». Mais il a souligné « la volonté du gouvernement de trouver des solutions appropriées permettant d’atténuer les effets des mesures prises, de limiter les dégâts et de garantir l’avenir des travailleurs et de leurs familles ainsi que la pérennité du service public du transport par une compagnie nationale ».
Pour expliquer ce qui arrive, le ministre des transports, Ahmed Ould Mohameden est monté au créneau pour dire que la société Air Mauritanie est en situation de faillite complète, du fait de pertes successives et d’une mauvaise gestion durant les vingt dernières années. Tout en précisant qu’elle n’est pas une société publique comme le pensent certains. Alors que la participation de l’Etat ne dépasse guère les 11%. Dans cette déclaration faite à l’AMI, il a fait l’historique de la privatisation de la compagnie. En 2000, l’ancienne compagnie aérienne Air Afrique, qui agonisait à l’époque, était alors le plus grand actionnaire de la compagnie. Ce qui, selon le ministre, a eu des répercussions négatives sur Air Mauritanie. Il a expliqué que cette situation a fait que les privés mauritaniens sont devenus les principaux actionnaires de cette société après l’effondrement du plus grand contributeur, à savoir Air Afrique, au moment où l’Etat mauritanien devenait actionnaire secondaire. Air Mauritanie est une société mixte et non une entreprise publique, et c’est que doit comprendre le citoyen, a souligné Ould Mohameden, précisant que les transports aériens font l’objet d’une rude concurrence entre les promoteurs du privés, que les Etats ne sont plus tenus à être présents dans de telles entreprises, a-t-il ajouté. Même si les priorités étaient la santé, l’éducation, les infrastructures, l’Etat a tenu à la survie d’Air Mauritanie, précisant que la crise a commencé à s’aggraver dès l’an 2000 lorsque la perte de la compagnie a atteint 59 millions ouguiyas en 2003 pour dépasser trois milliards en 2004, deux milliards en 2005 et 2006 et un milliard au cours des huit premiers mois de 2007. Les dettes de la société sont estimées aujourd’hui à 12 milliards d’ouguiyas, a-t-il souligné, précisant que son actif ne dépasse pas les 3 milliards sous forme de bâtiments hypothéqués par des banques. L’Etat a toujours été à l’avant-garde pour apporter les secours en injectant des fonds chaque fois qu’une crise a lieu. Il a ainsi été le seul à contribuer au capital de cette société à hauteur de 2,4 milliards d’ouguiyas en 2006 avant de porter caution, en 2007, pour un crédit bancaire en faveur de la société d’un milliard d’ouguiyas auprès de banques locales. Il aussi affirmé que le nouveau gouvernement a commencé à réfléchir dès son entrée en fonction à un plan de redressement de Air Mauritanie qui a consisté à augmenter son capital d’un milliard d’ouguiyas dont 207 millions ont été versé par l’Etat alors que les actionnaires privés ont refusé d’apporter leurs contributions. Par ailleurs, le ministre a affirmé que le gouvernement est responsable des ressources du peuple mauritanien et qu’il ne continuera pas inutilement à injecter de l’argent dans une opération dont l’échec est connu d’avance. Il a ajouté que l’Etat est concerné par la continuité du service et l’allègement des effets sociaux, annonçant que la société « Mauritania Airways », propriété de privés mauritaniens et tunisiens assurera le service des transports aériens à partir du 7 novembre prochain. Cette nouvelle société comblera le vide causé par l’absence d’Air Mauritanie
.Le ministre a rassuré les travailleurs d’Air Mauritanie de l’intérêt que porte l’Etat à l’allègement des répercussions de l’arrêt des activités de l’entreprise, et ce à travers leur placement dans des emplois dans d’autres secteurs, notamment la compagnie « Mauritania Airways« .    

 

Source / La Tribune n°370 


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