Air Mauritanie : Les ‘Ailes du désert’ encore dans le ciel ?

9 10 2007

Air Mauritanie : 

Les ‘Ailes du désert’ encore dans le ciel ? 

 

 

Qu’est-ce qui arrive à Air Mauritanie ? Du jour au lendemain tout s’est-il écroulé ? Pourquoi maintenant ? 

En fait, comme pour tout le reste, nous vivons les conséquences d’une gestion désastreuse d’une compagnie qui a fini par souffrir une sorte de conspiration nationale. Elle rend l’âme aujourd’hui parce qu’il en a été décidé ainsi. Pas vraiment parce qu’elle n’a plus des raisons d’exister. Ni parce qu’elle n’a plus les moyens de se battre. 

En nommant quelqu’un d’aussi proche de lui que Isselmou Ould Khattri dont la compétence et le sérieux ne sont pas en cause, le Premier ministre affichait clairement son ambition pour l’entreprise. Les observateurs avaient misé sur une reprise en main par l’Etat et un redressement immédiat. Tout y était : la compagnie bénéficiait encore de la confiance de ses partenaires et de ses clients, elle avait aussi les moyens ‘psychologiques’ de ‘rebondir’. Il a été demandé aux actionnaires d’aider au paiement de la facture réparation (ILFC). L’un d’eux, Star, s’engagea pour 900.000 euros, l’Etat pour le reste. C’est au moment de payer que le ministère de l’économie et des finances recula. Sous prétexte que l’Etat n’avait pas les moyens ! Le reste on le sait : le FMI fut mis au parfum par le ministère qui tenait visiblement au démantèlement de la société. Le prétexte était tout trouvé : la volonté de désengager l’Etat et de libéraliser. Alors la question de l’endettement fut envenimée. Les officiels ont commencé à parler d’une ardoise de 7 milliards et plus et de l’impossibilité de sauver la compagnie. C’est sans doute pour répondre à cette vision pessimiste et défaitiste que les employés ont rendu public un document dans lequel ils inventorient toute la dette. Il en ressort que le chiffre global est de 4.103.691.142,52 UM répartis comme suit : 9.688/459,48 euros vis-à-vis des opérateurs européens, 2.036.372,36 euros soit 1.341.969.385 ouguiyas pour les opérateurs de pays africains (Sénégal : 359.094.711 ouguiyas, Mali : 401.009.230, Bénin : 577.784.108, Cote d’Ivoire : 4.081.336 ouguiyas). C’est l’endettement au 31 juillet 2007. 

A en croire les employés d’Air Mauritanie rien n’est vraiment perdu. Au contraire ! La compagnie nationale a des atouts qui peuvent la faire sortir de la crise et lui donner une troisième chance. C’est du moins ce qui ressort de ce document rendu public par le collège des délégués des employés et adressé à l’ensemble des centrales syndicales. Une façon de solliciter ‘le soutien’ de ces centrales et de toute l’opinion dans la perspective de la liquidation annoncée. Les auteurs du document rappellent que la compagnie ‘participe au développement économique, social et culturel de ce beau pays’. Et pour justifier le refus de la liquidation, un inventaire est fait des atouts de la compagnie. 

Un personnel performant dont 28 pilotes et 36 mécaniciens’ hautement qualifiés (turbo prop-réacteur) dont certains ont accompagné les cycles de vie de la Compagnie’. 100 cadres qualifiés et ayant bénéficié de formations multidisciplinaires. 212 employés hautement bien formés. On sait depuis toujours que ce n’est pas le poids du personnel qui provoque la banqueroute de la société. C’est pourquoi le précédent directeur d’Air Mauritanie, Mohamed Ould Mokhtar, avait refusé de défalquer sous forme de départs volontaires. Pour lui, le coût du départ volontaire (estimé à plus d’un milliard) ne se justifie pas dans la mesure où 100 millions UM suffisent à payer ce qu’on appelle ‘le personnel coup-de-téléphone’ (il s’agit du personnel pléthorique engagé par les directeurs successifs sans prendre en compte les besoins de la société et sans qualification précises, souvent à la suite d’une coup de téléphone d’un dignitaire de l’ancien régime). 

Au niveau des infrastructures dites ‘de travail’, le document cite : un centre industriel qui peut recevoir tous les avions de la sous-région pour les visites techniques après certification internationale (JAR 145) ; une proposition d’assistance complète au sol comprenant plusieurs matériels roulant (passerelles, tramas-voitures…) ; un garage mécanique bien équipé et un centre de fret super équipé. 

Le document dresse un état du patrimoine foncier de la compagnie : son siège social de Nouakchott idéalement situé et suscitant toutes les convoitises, le bâtiment de la direction technique (hangar, magasin, atelier, bâtiment administratif, hangar moyen au sol, annexes), le siège de l’agence de Nouadhibou, le logement à Nouadhibou, le hangar fret à Nouadhibou, ex-hangar SNIM à Nouadhibou, un terrain à Zouératt (450 m2), le local de l’agence de Las Palmas. 

MFO 

Source : La Tribune n° 369 


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