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Chronique de Ould Kaïge – Le Calame

8102007

Présentation aux lecteurs 

 

Jeune énarque français ayant enseigné en 1965-1966 à la future E.N.A. mauritanienne, j’ai été tôt surnommé Ould Kaïge par le président Moktar Ould Daddah, qui me considérait, ainsi que son épouse Mariem, comme l’un des vôtres par adoption. Les études sur la Mauritanie contemporaine qu’il m’a permis d’entreprendre en m’ouvrant les archives de la colonisation et de la période fondatrice à mesure qu’il l’animait, ne m’ont plus quitté depuis. J’en publierai le fruit sans beaucoup tarder. Mais je veux être immédiatement et pratiquement utile, à tous, si possible

 

L’instrument constitué par ces recherches et la mémoire vivante accumulée de plus de quarante ans et mise à jour, comme j’ai pu après 1978, me paraît pouvoir et devoir être mis à la disposition de tous les Mauritaniens. L’avenir qui recommence ne peut être mieux fondé – à mon sens – que par une continuité retrouvée avec un passé encore récent, mais qui m’a semblé (après 1978) systématiquement occulté, voire dénaturé par amalgame avec un exercice du pouvoir totalement différent d’origine et de comportement. 

 

En rappelant les faits et les circonstances qui font la Mauritanie contemporaine, à l’occasion de dates anniversaires, je souhaite mettre ce que je puis à la disposition des lecteurs. Ce pourrait d’ailleurs être dialogué suivant le courrier reçu et d’éventuels témoignages confiés : personnellement, cela m’apprendrait beaucoup. Je commencerai surtout par les anniversaires fondateurs, quitte à en exposer de plus discutables ou douloureux si les lecteurs le souhaitent. Avec objectivité certes, mais dans la lumière qui m’avait frappé en arrivant à Nouakchott le 15 Février 1965 et en étant pour la première fois reçu par M° Moktar Ould Daddah le 26 Avril 1965. 

 

Ayant vêcu l’honneur et le bonheur de raccompagner le président-fondateur et sa femme au pays, le 16 Juillet 2001, j’ai depuis enquêté – surtout oralement – auprès des principaux acteurs sur ce qu’il était advenu depuis les festivités XVème anniversaire de l’indépendance. 

 

Pas d’imagination ni de consensus pour aujourd’hui ni demain, sans mémoire éclairée du passé quand a été fondée d’évidence, dans l’unité nationale, la légitimité. Ma démarche est la même pour travailler au bonheur de mon pays la France. J’essaie, grâce à l’accueil du Calame et selon ce que ses lecteurs, à l’usage, attendront de moi, de mériter d’être Mauritanien d’adoption et de signer : Ould Kaïge,  

alias Bertrand Fessard de Foucault, universitaire et ancien ambassadeur 




La Sudatel, malvenue au Sénégal

8102007

La Sudatel, malvenue au Sénégal 

 

 

La soudanaise des télécommunications qui a eu la troisième licence en Mauritanie pour 105 millions dollars, a acquis une licence au Sénégal pour 200 millions dollars. Cette conquête du marché sénégalais soulève des vagues. Dans une dépêche en provenance de Dakar, on apprend que la société civile et les acteurs politiques se mobilisent pour dénoncer cette acquisition. La société Sudatel figurerait selon ses détracteurs sénégalais sur une « liste noire » d’entreprises et de personnalités soudanaises soupçonnés d’activisme au Darfour, Etat en proie à des affrontements entre groupes rebelles et milices progouvernementales. C’est du moins ce qu’a révélé ces derniers jours l’avocate Aïssata Tall Sall. « C’est le plus inquiétant dans cette affaire. Quand nous avons mené des investigations, nous avons découvert que Sudatel est sur une liste noire de sociétés et de personnalités sous sanction du gouvernement américain », a notamment dit Me Tall. 

“Ces sociétés – propriété ou sous contrôle du gouvernement soudanais – ont fourni de l’argent liquide au régime de (Omar el) Bashir, lui permettant ainsi d’acheter des armes et d’attiser les combats au Darfour », selon Henry M. Paulson, secrétaire d’Etat américain au Trésor dans un document cité par le bureau politique du Parti socialiste sénégalais. « C’est scandaleux et ça mérite quand même des explications. Une société aussi mal référencée », a commenté Aïssata Tall Sall qui a relevé les « doutes » et « interrogations » du Ps sur les capacités de Sudatel. Ella a ajouté : « compte tenu de toutes ces informations, le pouvoir en place et le Président de la République en premier sont interpellés afin que toute la lumière soit faite sur cette nébuleuse affaire ». La nouvelle licence globale de télécommunication a été attribuée le 7 septembre dernier à la société soudanaise des télécommunications (SUDATEL) qui a, avec ses 200 millions de dollars (environ 100 milliards de francs Cfa), devancé les 152 millions de BINTEL et les 105 de CELTEL. 

 

Source La Tribune 




Des vacances halal au cœur des Alpes

8102007

France 

Des vacances halal au cœur des Alpes 

  

(Syfia France) À Mégevette, en Haute-Savoie, le centre Les Rosiers offre aux vacanciers musulmans un service adapté à leurs prescriptions religieuses. Les clients y viennent des agglomérations françaises et de Belgique. Les autochtones, d’abord méfiants, s’en réjouissent désormais. 

  

Comment passer ses vacances à la montagne lorsque l’on est musulman en France, alors que trouver des produits halal en dehors des principales agglomérations relève de l’exploit ? Cette question, Karim, jeune Lyonnais passionné de randonnées, se l’est longtemps posée. La découverte d’un centre de vacances adapté lui a permis de concilier détente et religion : la maison familiale Les Rosiers, au cœur des Alpes, dans le village de Mégevette (Haute-Savoie). La clientèle y dispose d’une restauration halal et d’un service que les musulmans ne trouvent nulle part ailleurs dans la région. Et de calme, comme le relève Christine, une habituée des lieux, non musulmane, pour qui montagne rime avec bien-être et méditation, qu’elle avoue avoir du mal à concilier avec les ambiances un peu trop arrosées, selon elle, de certains gîtes et chalets d’alpage. 

Les Rosiers font en effet aussi le bonheur de non musulmans, qui représentent environ un bon tiers des clients. Loin d’être un ghetto religieux, l’endroit se veut d’abord « centre associatif à caractère solidaire« , rappelle Boudjema, le gérant. Pour rendre la montagne accessible aux familles défavorisées des banlieues, les prix sont en effet très abordables. Pour un adulte, une semaine en pension complète revient à 210 € en haute saison (hiver et été) et à 180 € en basse saison. Ses 27 chambres sont presque toujours occupées. 

  

Comme chez soi 

En bonne partie musulmane, la clientèle se compose principalement de familles venues des régions parisienne et lilloise et, depuis peu, de Belgique. On y trouve toutes les origines sociales, mais on constate néanmoins un afflux de jeunes couples appartenant à des catégories socio-professionnelles plutôt élevées, tels des médecins ou des ingénieurs, plus attirés par le calme de la montagne que par le stress des plages. La gastronomie savoyarde, où prédominent spiritueux et charcuteries, a longtemps dissuadé Farid et Amina, qui habitent la banlieue de Paris, de faire de longs séjours dans les Alpes. Aujourd’hui, Les Rosiers sont devenus un passage obligé pour eux, vu l’absence d’autres lieux d’hébergement qui prennent en compte leurs besoins spécifiques. Certaines femmes qui ont fait le choix de porter le voile se réjouissent également de l’existence du centre. La présence d’autres vacanciers habitués à en voir leur permet d’échapper à ce que Sabrina, universitaire de 27 ans, appelle « les regards agressifs d’incompréhension« . Même les saisonniers savoyards qui travaillent dans la station voisine d’Hirmentaz ne s’étonnent plus de voir des groupes d’origine maghrébine faire du ski ici en hiver. 

  

Les préjugés de côté 

Pourtant, la cohabitation avec la population villageoise locale n’a pas toujours été facile. « Lors de la création de la maison en 2003, les habitants croyaient qu’on leur envoyait des colonies de délinquants venus des banlieues. Certains vacanciers étaient même considérés comme des intégristes du seul fait de leur faciès« , raconte Boudjema. Aujourd’hui, les préjugés sont tombés et la maison de vacances a finalement été acceptée par les villageois, très enthousiastes lorsqu’on leur en parle. Madeleine, retraitée sexagénaire, avoue avoir changé d’avis sur ces touristes inhabituels et s’est même liée d’amitié avec certains d’entre eux. « Cela s’est également amélioré depuis que la maison familiale a gracieusement prêté sa cour pendant 6 mois à l’école primaire voisine, alors en reconstruction« , ajoute Serge, un autre habitant du village. 

Mieux : l’arrivée de cette nouvelle clientèle a représenté une véritable bouée de sauvetage pour les producteurs et les commerçants locaux. Comme beaucoup de stations de moyenne montagne, Mégevette souffre en effet depuis plusieurs années d’un déficit de neige qui a causé une désaffection très nette des pistes de ski. L’implantation des Rosiers a permis aux coopératives fromagères et aux producteurs de miel de se maintenir. Jean, apiculteur d’un village voisin, estime que ces nouveaux vacanciers lui achètent en deux mois d’été ce qu’il vend en dix mois le reste de l’année. Les familles musulmanes repartent en effet pour la plupart avec des stocks de miel en prévision des gâteaux à préparer pour les fêtes religieuses. 

Même la mairie de Mégevette, plutôt à droite, se félicite elle aussi de cette bonne cohabitation et ne manque pas de saluer le nouveau souffle apporté par cette nouvelle manne à la commune. 

Hicheme Lehmici 

 

S La Tribune




La colère des assureurs

8102007

La colère des assureurs

Sept assureurs mauritaniens ont écrit au ministre du commerce et de l’industrie pour protester contre ce qu’ils considèrent être un monopole de fait de la NASR sur le Groupe SNIM. Depuis toujours, le Groupe SNIM a contracté ses assurances chez la NASR. Quand les sociétés d’assurance étaient inexistantes, cela s’expliquait. Mais depuis quelques années, les assureurs demandent plus d’équité et de transparence dans la passation du marché. Il y a un an, la SNIM a enfin accepté de faire un appel à concurrence. Que les assureurs concurrents de la NASR ont qualifié d’illégal. La NASR étant largement en avance quant aux informations à donner aux partenaires réassureurs. Cette longueur d’avance de la NASR est doublée d’une rétention de l’information qui handicape les autres. Aux yeux des assureurs signataires de la lettre de protestation, cela explique leur exclusion du matché pour l’année passée. Cette situation qualifiée d’«arbitraire» est «préjudiciable à tout le secteur de l’assurance dans notre pays». 

Pour le groupe SNIM, deux catégories d’assurances sont prévues : – une assurance de biens où l’assuré est aussi bénéficiaire des dédommagements éventuels ; – une assurance à responsabilité civile qui est prévue pour couvrir les dommages que l’assuré peut causer. Il se trouve que tout est proposé en un seul lot et pour tout le Groupe qui comprend 8 sociétés. C’est le seul grand marché que doivent se partager les huit sociétés d’assurances nationales. La loi portant obligation d’assurance n’étant pas respectée, ce n’est pas tout le monde qui est assuré. L’exigüité du marché et le marasme général n’empêche pas cependant l’octroi de trois nouveaux agréments pour l’assurance. Comme si le champ n’est pas déjà largement exploité. 

Dans la lettre, les sept assureurs protestataires – AGM, SAAR, Taamin, Atlantic, SMAI, MAR et GAMA – demandent au ministre d’intervenir pour qu’il n’y ait pas à nouveau l’exclusion. Pour ce faire, ils demandent l’éclatement des lots, l’ouverture des dossiers de soumissions en séance publique, l’information des assureurs sur le Groupe SNIM, la possibilité de la visite de risques par des experts et l’obtention de données statistiques fiables. 

Selon eux, le dossier d’appel d’offres doit ‘garantir à tous les opérateurs d’assurance l’égalité de chances et la transparence des procédures de sélection’. Il est ‘inconcevable de pérenniser le monopole absolu d’une seule société d’assurance sur toutes les catégories d’assurances de 08 importantes sociétés nationales (SNIM, SAFA, COMECA, ATTM, SAMMA, SAMIA, SOMASERT et GMM)’. 

Source : La Tribune n°368




LA MAURITANIE : UN ESPACE VITAL (2)

8102007

LA MAURITANIE : UN ESPACE VITAL (2) 

Par Ian Mansour de Grange – consultant, chercheur associé au LERHI – faculté de Nouakchott 

 

D’emblée, on ne saurait trop dénoncer les méfaits d’une industrie agrochimique internationale qui a dévasté, et dévaste encore, impunément des millions de km2 de terres arables à travers le monde, générant tout un imbroglio de déséquilibres écologiques qui se manifestent, notamment, par de brutales proliférations de prédateurs, non moins brutalement enrayées par de dangereuses campagnes d’extermination, induisant à leur tour de nouveaux déséquilibres : boucle infernale de désolations… Il en va de la responsabilité de cette industrie comme de celle du tabac, et le temps ne tardera guère pour de retentissants procès où les énormes profits engrangés au détriment de notre environnement devront retourner, un tant soit peu, au service de l’écosphère, et donc, du développement humain qu’on prétendait, de plus en plus hypocritement, servir par de tels sauvages procédés. La démarche juridique relève-t-elle d’initiatives privées, nationales, ou internationales ? Il suffira ici de poser la question… 

 

Entre temps, aurons-nous pris le temps d’informer le public des dangers et des solutions alternatives à ce gâchis ? Cet effort d’éducation nous replonge dans cette « conscience bionationale » dont nous évoquions, en une précédente série d’articles consacrés à l’éducation1, l’émergence nécessaire. On comprend mieux ici l’urgence d’une telle politique et nous y reviendrons plus en détail. Mais, avant cela, il est d’autres données exogènes qu’il convient d’élucider. Elles ont en commun, avec la première plus haut citée, un même caractère commercial, sans contenir la même directe nocivité. Leur impact relève de la seule concurrence, et à cet égard, l’ouverture de l’axe routier Nouadhibou-Nouakchott illustre éloquemment ce dont il est question.                              

 

L’agriculture mauritanienne souffrait déjà, dans son développement, de la proximité immédiate d’un marché sénégalais bien mieux structuré par son passé, et surtout, plus favorisé par les conditions bioclimatiques. Désormais, les produits marocains, dopés par d’avantageuses facilités douanières, envahissent les étals nouakchottois, et les productions nationales ont de plus en plus de mal à soutenir cette double concurrence. Faut-il regretter ce désenclavement  qui situerait ainsi la Mauritanie « entre le marteau et l’enclume » ? Prenons plutôt le parti du dynamisme et cherchons les qualités  de cette ouverture. Il s’agit, tout d’abord, de négocier avec nos voisins une taxation suffisamment conséquente pour compenser nos déboires agricoles et l’investir, ensuite, dans un plan affiné de valorisation de notre terroir

 

La notion de terroir occupe, dans les pays soumis à d’énormes pressions concurrentielles, un espace stratégique primordial. En France, par exemple, chaque région de production, parfois limitée à quelques dizaines de kilomètres carrés, se définit par une zone d’appellation strictement contrôlée, distinguant, à l’étal de tous les marchés, du plus local au plus international, les produits qui en sont issus. En Mauritanie, on a quelques rares exemples d’une telle politique, avec la promotion des dattes de l’Adrar, notamment. Il s’agit de généraliser cette approche, en insistant sur la qualité des produits ainsi identifiés. La politique productiviste de « l’anonymat du sol », qui consiste à traiter ce dernier comme un vulgaire  support, si possible débarrassé de tout germe « pathogène » ou « non-productif », et « enrichi » par des apports nutritionnels artificiels, exogènes et normalisés, entretenant tout aussi artificiellement une production industrielle démentiellement polluante, est un non-sens écologique ; en tous cas, économiquement aberrant en Mauritanie : nous n’avons pas les moyens d’entretenir une agriculture à fort niveau d’intrants, Dieu en soit loué, pour lutter sur ce terrain mortifère. 

 

Concevons qu’une telle orientation vers la qualité nous conduit à la régénérescence de notre espace vital. Car qualité nutritive, voire gustative, et diversité biologique sont parentes proches. De très nombreux indices vont en ce sens. Les pratiques agrobiologiques ont, désormais, plusieurs décennies d’études scientifiques à leur actif et l’on constate que plus la vie est favorisée dans sa diversité, plus grandes sont les chances d’équilibre entre les espèces en « compétition ». En fait, on se rend compte que l’entraide supère largement à cette dernière, redonnant, enfin, à Lamarck ses lettres de noblesse sur Darwin2. Certes, le rétablissement des équilibres vitaux ne peut se faire en un jour. Certes, il implique un juste partage des récoltes entre l’homme et son environnement, et la stratégie de reconquête doit être menée dans l’espace et le temps, avec patience, rigueur, ténacité et sens de l’équité. Mais le chemin est sûr, incha Allahou : les sacrifices qu’il demande, au départ, sont progressivement compensés par une rentabilité grandissante avec le temps : l’évolution est pratiquement inverse à l’exploitation  agrochimique industrielle qui, après des débuts enchanteurs, se révèle, elle, toujours un gouffre financier à long terme3

 

L’attention à ce que l’on fait, à ce dont on s’est rendu responsable, constitue, ici comme en toute action, la clé du succès. L’étude du milieu et de ses réponses à nos entreprises, celle des possibilités et des limites d’exploitation qu’il nous offre, nous permettent d’étendre, peu à peu, le champ de notre khalifat. En cette expansion, ayons la sagesse de nous considérer, à priori, toujours ignorants de quelque chose, éternels étudiants : « qui veut voyager loin, ménage son chameau », prudence et mesure sont mères de la sûreté. Les observations et réalisations répertoriées sur d’autres latitudes – et qu’il faut connaître – ne sont pas, tant s’en faut, forcément pertinentes en Mauritanie. Par contre, de nombreuses pratiques traditionnelles locales reposent sur un fond d’adaptation empirique à notre milieu : il faut les recenser méthodiquement, les valoriser, en extraire le sens endogène, et en diffuser, sur l’ensemble du territoire, sinon la forme – pas toujours exportable, elle non plus – du moins, toujours l’esprit. Inversement, d’autres pratiques, non moins ancestrales, ne sont plus acceptables, en l’état actuel de notre environnement et de notre développement démographique : il s’agit ici de faire prendre conscience de leur inadéquation et de la nécessité d’acquérir de nouvelles habitudes. 

 

Rien ne peut mieux évoquer cette nécessité que la situation actuelle de notre cheptel. Nous rappelions dans l’article inaugurant la présente série que : « Le cheptel national compte, en 2002, 3,5 millions  d’unités de bétail tropical (UBT) [quatre à cinq fois plus qu’en 1950] alors que la capacité fourragère [30 à 40 % de moins qu’en 1950] ne peut, en année normale, couvrir les besoins que de 2,5 millions d’UBT ». La convocation d’une vaste consultation, conduite sous une forme participative à grande intensité, motivant tous les réseaux sociaux existants, en particulier tribaux, constitue une priorité nationale qui devrait faire l’objet d’une attention toute particulière lors de la prochaine législature. Il y sera question de nouvelles gestions des parcours de pâture, de la surveillance localisée de mises en défends non clôturées, de la régénération des pâturages naturels par le labour et l’ensemencement de parcelles choisies4, au mieux clôturées, de la constitution de stocks fourragers, fauchés à leur meilleur taux de valeur nutritive, du parcage nocturne des animaux, de la récupération systématisée de leurs déjections en vue de la fertilisation naturelle des sols (compost), etc. Là encore, il est bien question d’envisager positivement le déséquilibre, afin de le bien conduire ; faire de notre cheptel, non plus un problème, mais une solution dynamique à la régénération de notre terroir

 

Lisse et très logique sur le papier, une telle consultation soulève, pourtant, une montagne de questions. Ce qui est mis en cause ici, ce n’est pas seulement une gestion technique de l’environnement, mais aussi, une organisation sociale, un rapport au temps, à l’espace et au foncier, qui relève de la vie profonde, organique de la nation mauritanienne. On se souviendra des tensions provoquées par la réforme agraire de 1983, des situations de blocages qu’elle a générées et dont certaines perdurent aujourd’hui. Comment intégrer la nécessité économico-écologique avec la préservation de la paix sociale, voire son rétablissement, là où des bouleversements intempestifs l’ont notoirement perturbée ? Tel sera notre questionnement dans le prochain article.  (A suivre). 




1 « Mauritanie, quelle éducation pour nos enfants ? », in « Horizons » n°  des / /2006

2  J.M. Pelt et F. Steffan : «La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains » – Fayard – Paris – 2005

3 mais pas pour tout le monde : ainsi lorsque sont intimement liées, au sein d’un même capital, ou, plus globalement, d’une même nation, agriculture et industrie chimique, les déboires de l’une font les bonheurs de l’autre…

4 A. Kieman et H. Oumou Sanon, in « Agricultures » – septembre-octobre 2006 – p 417 et suivantes







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