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Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

4102007

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada 

 

La psychose du parti unique 

Voici des sujets qui taraudent les politiques : parti de l’Etat,  retour des grands ténors de l’ancien  système. Plusieurs opposants craignent le retour en force de la vision centralisée du parti unique. Une fois créée  tout le monde va y  adhérer. Car tout le monde est dans le besoin. Le besoin d’être soutenu, le besoin d’être nommé et la liste du besoin  n’en fini pas. Tels besoins peuvent se transformer dans certaine circonstance à un cauchemar provocant un déséquilibre psycho- socio- politique. Le paradoxe de la politique mauritanienne   réside alors  dans ce que nous pouvons appeler  le phénomène «de ne je sais pas ce que je veux ». Il s’agit là d’une sorte de paranoïa politique qui se justifie par une étude scientifique exposée au cours d’un séminaire sur la planification sanitaire en Mauritanie.

Bien que celle-ci ne soit pas exhaustive, elle montre, cependant, qu’un mauritanien   sur trois est atteint d’une maladie psychique.

Ces troubles peuvent  se manifester politiquement parlant par des intoxications de l’opinion. Elles peuvent aussi se manifester par la défense des causes justes pour des fins fausses. Tout le monde se souvient des attaques contre les indépendants.

Aujourd’hui c’est le cas de l’organisation de l’ancien système sous forme d’un seul parti. Qui avait raison Ely O Mohamed Vall  le premier accusé de  la création de l’optique des indépendants ou les anciens nouveaux contestataires de ces  mêmes indépendants ?

Ce que les uns craignent c’est  la domination au sein de ce probable parti  des hommes comme  Bodial, Eddah Ould Abdel Jelill, Cheika  El Avia  et le reste de la « clique »  de l’ancien PRDS. D’autres parlent  du retour en force de Ely O Mohamed Vall.  Peut-être que le nouveau président veut l’aider. Il se peut  que Sidioca vise lui aussi  un prochain mandat !    

Par ailleurs,  une liste  des directeurs qui devraient être nommés   au sein du ministère de l’éducation était  diffusée sur les sites de la diaspora. On évoque que  des nominations ont été rejetées car il était question des proches et des amis  de l’actuelle ministre de l’éducation. Vrai ou faux ?

Pourtant, l’ensemble des nominations est guidé par les enjeux des influences claniques. Pourquoi pas  l’Education ?  Est-elle une structure à part ?

Le jeu des nominations commencerait  par des tactiques d’anticipation pour barrer la route à certains  afin que les plus malins  arrivent à décrocher les meilleurs postes. Le besoin communautaire  exige cette nouvelle tendance !

Dans le ministère de  la condition féminine tout le monde s’attendait  aussi à la nomination de l’actuel chef de mission au poste de Secrétaire Général   mais le poste a été attribué  à une autre personne. Le jeu de nomination ne dépend pas   des compétences sauf bien sûr des exceptions par- là par- ci. Ce jeu  provoque  une psychose de méfiance et d’égocentrisme aboutissant à une  déconnection des vérités apparentes de la situation du pays. Pour avoir un  poste, il faut être du côté du plus fort c’est-à-dire Sidi O Cheikh Abdallahi et Zeine O Zeïdane et leurs alliés politico- tribaux sans oublier bien sûr le rôle que certains hommes fort de l’armée peuvent jouer. Il faut tout simplement s’approcher du parti de l’Etat sinon vous risquez  l’exclusion. A ce niveau des hommes seront nommés et des autres vont continuer à rêver sans perdre espoir.           

m_barrada@yahoo.fr 

source La Tribune n°368 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

4102007

Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère 

Après le politique, c’est l’économique qui inquiète. Plusieurs éléments justifient cette inquiétude grandissante. 

La faillite d’Air Mauritanie… faillite annoncée pour les jours qui viennent. Après avoir été le fleuron du ciel ouest-africain, la compagnie nationale périclite sans crier gare. Au moment où on attendait sa reprise. L’Etat semble avoir refusé d’y mettre du sien pour sauver les meubles. Pourtant Air Mauritanie est bien un instrument de souveraineté nationale qui a servi le pays et qui devait, en retour, bénéficier d’une diligence particulière. On dira toujours que les hommes d’affaires sont passés par là. Mais ce sont bien des fonctionnaires nommés par l’Etat, pourtant actionnaire minoritaire depuis la première privatisation, qui ont mis à genoux cette compagnie. C’est bien le laxisme des autorités qui a contribué à détruire ses potentialités. Il est du devoir des nouvelles autorités de recapitaliser la compagnie et de la sauver de la banqueroute. 

La nomination par la BCM d’un administrateur pour la BACIM Bank est un autre indicateur inquiétant. Le processus de délabrement du système bancaire est très en avance. Par sa gestion laxiste du passé, par la politique patrimoniale, les autorités ont compromis toutes les chances du système financier national. Elles ont fini par lui préférer l’implantation de succursales étrangères qui se comportent déjà en territoire conquis. 

L’information selon laquelle la SNIM risquerait d’être vendue au moment où cette société connaît une embellie certaine. Et au moment où il est prouvé que par son important apport dans l’économie nationale, la première entreprise nationale s’impose comme l’un des fondements de l’édifice national. 

La vente des avoirs de Woodside est elle comprise comme un retrait des investisseurs anglo-saxons. Elle peut donc avoir des soubassements politiques. 

Pendant ce temps, l’économie nationale souffre atrocement. Les entreprises existantes tournent au ralenti. La politique de restriction entraîne un assèchement qui est fatale à l’activité. Car toute notre économie est un tissu qui se greffe autour du budget de l’Etat. Et ce n’est pas du jour au lendemain que nous pouvons réussir la reconversion. 

Le plus grave à mon avis, c’est que ce marasme – appelons-le comme ça, par convenance – intervient à un moment où le Président élu est un économiste, le Premier ministre est un économiste et le chef de l’opposition est un économiste. 

Aucune explication ne nous est donnée. Aucun remède ne nous est proposé. Aucune alternative n’est en perspective. 

C’est que tout le monde est occupé par le parti du Président. Les uns pour le monter, les autres pour le voir mourir à l’état de projet. C’est finalement la politique qui nous consomme petit à petit. Nous en oublions l’essentiel. 

Le challenge est plus aujourd’hui d’inverser les centres d’intérêt et de faire de la politique non pas une source de revenus faciles, mais une ambition et un hobby. Ainsi ce ne sera pas tous les gens qui feront de la politique, mais seulement quelques-uns qui auront fait leurs preuves. La majorité se mettre au travail à ce moment-là. Et nous aurons le changement dont nous avons besoin.   

 

Source : La Tribune 368 via www.barrada.unblog.fr 




4102007

Mauritanie-Woodside : 

La fin d’un mariage de saison

Au moment où la société mauritanienne des hydrocarbures (SMH) annonçait en grande pompe la vente du
quinzième cargo de brut mauritanien provenant du champ pétrolier de Chinguetti, Woodside, l’opérateur australien ayant en charge l’exploitation de ce puits cédaient tous ses intérêts en Mauritanie à la société Malaisienne Petronas.  Le cargo contenait une quantité d’un million de barils et a été vendu au prix record de 73,92 dollars US le baril. Même si les prix ne veulent rien dire ici, la Mauritanie ne pouvant bénéficier des fluctuations du prix du pétrole au terme du contrat de vente. Selon la note de la SMH, cette amélioration du prix (3,75 dollars US par rapport au prix du Brent) s’explique par l’unification du pool de commercialisation avec l’ensemble des associés de Chinguetti et le recrutement d’un nouveau trader international, Glencore, pour servir d’interface avec le marché mondial. On se souvient du scandale qu’avait occasionné l’affaire du choix du trader par le ministre du pétrole de l’époque de la transition. Les épisodes Vitol qui n’en finissaient pas d’entamer l’image d’un ministère qui a finalement très mal géré la nouvelle ressource. 

Cette hausse n’a pas empêché Woodside de vendre et de quitter la Mauritanie. C’est par communiqués publiés séparément par les deux opérateurs, Woodside et Petronas, que la nouvelle de la cession a été annoncée. C’est ainsi que l’opérateur australien met fin à une saison d’amours tumultueuses. 

Tout a commencé à la fin des années 90, quand Hardman, un autre opérateur australien, misait sur la Mauritanie et convainquait Woodside d’y investir. L’off shore mauritanien est alors prometteur. Les explorations aboutissent très vite à la découverte de réserves assez ‘alléchantes’ pour annoncer la création de Woodside-Mauritania. Le pétrolier débarque dans le désert et suscite tous les fantasmes. Toutes les convoitises aussi. Ces fantasmes expliquent en grande partie la zone de turbulences que le régime de Ould Taya devait vivre. Très vite la question de la découverte du pétrole est instrumentalisée par un pouvoir aux abois. L’opérateur australien est ‘pressé’ pour avoir des résultats. Juin 2003 brusque les échéances. Woodside voit le ‘besoin’. La société propose d’accélérer le processus de production : deux ans au lieu de six à sept entre la période de la découverte, celle du développement et la production. Contre des avantages nets. C’est la période des mics-macs qui aboutissent aux avenants dénoncés plus tard par le gouvernement de transition. Avec cette dénonciation, l’idylle finissait, le ménage Woodside-Mauritanie connaissait ses premiers problèmes. A telle enseigne que la production du premier baril mauritanien se fait presque discrètement. Aucune joie, aucune cérémonie. La déception pointe. Elle sera complète quelques semaines plus tard. D’abord avec toutes les affaires louches qui secouent le secteur pétrolier (contrat de vente à Vitol, péripéties du contrat d’approvisionnement et octroi frauduleux du marché…). Ensuite parce que la production de 75000 barils/jour n’est pas au rendez-vous. Elle culmine à 40000 barils/jour et descend jusqu’à 12000 barils/jour. D’ailleurs au moment de la vente, la production ne dépasse pas 12300 barils/jour. 

Pendant ce temps et pour des raisons inavouées, le ministère du pétrole met la pression sur l’opérateur australien qui subit aussi les attaques de certains prestataires qui l’accusent de tous les maux. L’opérateur devient l’ennemi public numéro un de la Mauritanie. C’est sans doute cette gestion du dossier qui va dégoûter Don Volte, le puissant manager du groupe. Il décide de vendre. A un moment où la société doit investir dans un grand projet d’exploitation de gaz en Australie. Elle veut vendre à un milliard de dollars pour couvrir une partie de la charge d’investissement. C’est finalement à 418 millions dollars que les avoirs de la société ont été cédés. Ce qui signifie que Petronas acquiert les 47% du puits de Chinguetti dont les réserves sont estimées à 120 millions de barils, la propriété des blocs 2, 6, 7 dans l’offshore et le Ta 11 et 12 dans le onshore. Elle a aussi 35% du bloc 6 et, excepté pour le bloc 7, Petronas devient l’opérateur principal du pétrole mauritanien. Dans son communiqué la société malaisienne rappelle les énormes potentiels de gaz du champ de Chinguetti, de Tiof, Banda et Tevet qui se trouvent dans une ultime phase de développement. 

Cette vente qui sera officialisée en novembre pose plusieurs questions. Pourquoi Petronas achète à un moment où de nouvelles phases commencent et donc au moment où il va falloir décaisser et attendre encore quelques temps ? Que cache le retrait de Woodside à un moment où la Mauritanie semble revenir dans le giron anglo-saxon après l’avoir ‘boudé’ pendant la transition ? Qui est derrière cette vente en Mauritanie et comment a-t-elle été préparée ? Pourquoi les Malaisiens ont-ils été reçus par les plus hautes autorités du pays avant même que la vente ne soit annoncée ? Quelles incidences aura ce retrait sur les autres opérateurs ? On sait que Woodside a pu entraîner avec elle nombre d’entre eux. On sait aussi que Premier Oil met déjà en vente ses 8,12% du champ de Chinguetti. Si nos relations avec Woodside ont été tumultueuses pour raison d’affaires, comment seront-elles avec Petronas ? 

Dans un rapport paru en juin 2006 et intitulé «Dépasser la rhétorique, mesurer la transparence des revenus», l’ONG britannique ‘Save the Children’ classait Petronas au bas de l’échelle en matière de transparence (25 sur 25 sociétés ciblées). Woodside était à la 18ème place, Repsol à la 19ème, Premier Oil à la 20ème, Total à la 21ème et CNPC à la 22ème. Toutes ces sociétés opèrent en Mauritanie. Il n’est pas surprenant donc de voir les ‘affaires’ fleurir autour de cette nouvelle ressource. Qui a dit que le pétrole était une malédiction ? 

 

MFO

 

Encadré: 

Des chiffres et des letters 

 

On ne sait rien de ce qui se trame dans le secteur du pétrole. On tombe de temps en temps sur des données qui ne peuvent être confirmées. Nous avons jugé utile de vous faire lire ce petit texte publié sur le net par un anonyme mais qui donne des indications assez sérieuses sur les gains de Woodside. Il ne parle pas de ce que les deux ministres du pétrole, leurs présidents et leurs hommes ont ‘mis de côté’ pour …le pays.  

‘Si cette nouvelle se confirme, Woodside aurait fait un excellent deal en vendant ses intérêts à 418 Millions à Petronas. Woodside n’a pas investi 1 Milliard dans le champ de Chinguetti mais beaucoup moins, exactement 43,384 % (qui représente sa part dans le champ) soit  environ 434 Millions US. Or depuis deux ans et avec une production moyenne de 40.000 barils jours, Woodside a empoché :
- 40.000 barils x 60 Dollars x 24 mois x 30 jours = 1,728 Milliards US mais seulement une partie de cette somme sert aux remboursements des investissements (Cost oil : 65%) donc Woodside a dû empocher au titre des remboursements : 1 728 x 0.65 x 0.43 = 482 Millions US et ce n’est pas fini car elle a droit aussi à une partie du profit oil soit : 1728 x 0,35 = 604 millions, sur laquelle elle a empoché au moins 47% x 60% soit : 170 millions US. En conclusion Woodside a investi 434 millions US et a gagné 418 Millions (Ventes) + 482 + 170 = 1065 Millions USD, d’où un bénéfice net de 631 Millions US soit environ  170 milliards d’UM , PLUTÖT UNE BONNE AFFAIRE’ (source : CRIDEM) 

 

 

Encadré : 

 

Les revenus du pétrole mauritanien

Les compagnies pétrolières ont versé au trésor mauritanien une enveloppe de 88,933 millions de dollars US au titre de l’année 2006, a indiqué un rapport du Comité national de l’initiative sur la transparence des industries extractives (ITIE) au centre d’un atelier à l’intention des acteurs de la société civile organisé ce lundi, a constaté la PANA sur place. La rencontre vise à recueillir les commentaires et suggestions des participants en vue d’améliorer le contenu des futurs rapports du comité national. Ce processus participatif a pour objectif le renforcement du dispositif institutionnel en vue de l’amélioration de la bonne gouvernance conformément aux orientations du gouvernement. L’Initiative pour la transparence des industries extractive (ITIE) est un processus à travers lequel les gouvernements, les entreprises étatiques et privées, les organisations de la société civile et des experts participent ensemble au sein d’un Comité national à la publication d’un rapport contenant les déclarations de paiement versés par les compagnies pétrolières et minières, et la déclaration des revenus perçus de ces dernières par les gouvernements. 27 pays africains parmi lesquels la Mauritanie (depuis septembre 2005) ont adhéré à cette initiative. (PANA) 

 

Source : La Tribune n°368 




4102007

Hommage à un illustre fils de
la Mauritanie: Le Pr. Saïdou KANE 

  

Quel moment difficile que de se résoudre à un exercice que l’on répugne par delà tout: rendre hommage, témoigner après la perte d’un être cher, exhiber sa douleur et ses peines face à un évènement incommensurable frappé par le sceau du destin, s’accommoder du vide, sacrifier à l’idée du vide que ni le temps, ni la nature auront du mal à combler; ici le devoir irascible et rationnel du deuil dévient improbable tant la souffrance parait indépassable; indépassable au point que toute tentative d’expression d’un sentiment dévalue et minore l’amplitude de l’évènement. C’est cela aussi le deuil impossible dont parlait BA Kassoum Sidiki. 

Le Professeur Saïdou KANE appartient à cette race d’individus dont les qualités intrinsèques forcent l’admiration et le respect; restituer sa juste valeur est un gage de reconnaissance de la dimension de l’homme et de son oeuvre. L’homme est rentré dans le domaine public en ce qu’il nous ressemble tous au point qu’on se l’approprie jalousement; à chaque fois qu’il vous invite en discussion il vous laisse sur votre faim. Il suscite chez vous un sentiment d’inachevé et en même temps de plénitude; inachevé  puisqu’à chaque fois qu’il vous invite autour d’une discussion s’empare de vous un plaisir boulimique intense de connaître d’avantage l’homme; et plénitude car sa dimension intellectuelle, culturelle, politique et sociale demeure un trésor inestimable, un savoir immense qui fait penser à l’époque de
la Grèce antique et ses sophistes qui diffusaient le savoir sur la place de l’agora. Saïdou est un concentré de savoir ( murtudo dit de lui KO MAAYO GANDAL) une sommité intellectuelle incontestée un humaniste féru de cultures et adepte du dialogue des civilisations qui fait de lui un universaliste qui prêche toujours vers l’indispensable connaissance de l’autre. Durant toute sa vie son combat a été celui du refus de l’arbitraire et de l’injustice celle-là même qui l’a conduit au sacrifice  suprême en faisant un don de soi passant outre sur les calculs égoïstes et comptables de nôtre vie ici bas. 

Mon chemin a croisé celui de Saïdou grâce à la politique qu’il affectionnait tant mais la bonne politique celle au sens noble du terme; On s’est croisé à Paris un matin de septembre 2002 pour un échange  de vues politiqus; nos idées se sont immédiatement mariées. Je devais rencontrer une commission  de l’organisation conscience et résistance quelle fut ma surprise de constater que le professeur Saïdou KANE faisait parti de celle-ci; installé majestueusement dans son fauteuil tel un prince du fuuta. Il créa de suite un environnement favorable au dialogue à travers son exercice préféré à savoir la recherche de la filiation afin de cerner son interlocuteur. Je  fut immédiatement séduit par sa présentation  après laquelle il m’invitât à lui faire part de mes opinions sur la situation politique en Mauritanie. Nos convergences de vues étaient sans équivoques. J’ai tenu d’abord à lui témoigner tout mon respect et à rendre hommage à son combat; je lui ai fait savoir combien je suis admiratif de ceux qui, au péril de leurs vies, ont osé affronté la foudre régalienne de l’Etat pour la satisfaction d’un idéal de justice au profit de l’intérêt supérieur de la nation. Il était pour moi, parmi d’autres aussi, un symbole vivant  du refus de l’arbitraire mais jamais sans verser dans la haine de l’autre ou sa négation. Sa sève nourricière d’où il tire sa force de caractère et sa longévité politique est la constance aussi bien dans le combat que dans ses rapports avec les hommes. Je le revois encore ou du moins l’entends un soir de 1992 à
la SOCOGIM, lors d’un meeting de l’UFD mettant en garde les militants contre tout triomphalisme et en les exhortant à penser les solution de demain.EN ce moment même je ne savais pas que dix ans après dans son exil parisien que le hasard allait  nous faire rencontrer de nouveau cette fois comme président de l’organisation à laquelle j’appartiens. Il m’inspira beaucoup dans le combat et devient presque un confident au point de solliciter mon avis sur certains choix politiques ce qui me remplissait de fierté. 

Si on doit résumer la vie du professeur Saïdou KANE on retient, de façon forcement tronquée, tant celle ci est immense, l’amour du consensus, le culte de la diplomatie: jamais un mot plus élevé que l’autre; C’est un patriote sincère, un illustre fils du FUUTA dont’il ressasse sans cesse les contours flexibles de son histoire et de sa géographie; un insatiable et infatigable pèlerin du dialogue des civilisations; il était d’une humilité maladive face à des adversaires des plus coriaces; jamais à bout d’arguments, toujours à l’affût des contradictions qui alimentent la vie mais reste incontestablement animé par la retenue qui sied à l’échange. 

L’homme est parti pour un long voyage laissant derrière lui une oeuvre colossale à la postérité en espérant que celle-ci en fera un bon usage pour l’unité du pays.  

  

DIALLO Amadou 

NICE

Source : La Tribune n° 368




Mauritanie-USA :

4102007

Mauritanie-USA : 

Ould Cheikh Abdallahi à la conquête de l’Amérique 

 

Cela faisait 30 ans presque qu’un président mauritanien ne s’est pas rendu à New York pour une conférence des Nations-Unies. Depuis Moktar Ould Daddah, aucun des présidents ne s’y est rendu. Une touche du destin : il fallut attendre un président légitimement élu pour voir le pays occuper sa place. Ce fut aussi l’occasion pour le Président Ould Cheikh Abdallahi de rencontrer la communauté mauritanienne établie en Amérique, et surtout de donner une nouvelle impulsion aux relations avec les Etats-Unis d’Amérique. 

Dans son discours devant l’Assemblée générale, le président américain a cité la Mauritanie comme exemple de réussite en matière de démocratie. Le Président Ould Cheikh Abdallahi a ensuite fait partie d’un cercle de chefs d’Etats invités à participer à une table-ronde sur la démocratie. Cette table ronde a vu la participation de 25 chefs d’Etat. La Mauritanie était le seul pays d’Afrique de l’Ouest à être convié à cette table ronde. Deux autres pays d’Afrique australe y ont également pris part. Au cours des discussions entre les deux hommes, le Président Ould Cheikh Abdallahi a entretenu son homologue américain des évolutions positives enregistrées en Mauritanie, notamment en matière de renforcement de la démocratie, de respect des droits de l’homme et d’amélioration de la bonne gouvernance. A son tour, le Président américain s’est félicité des progrès enregistrés en Mauritanie et exprimé sa disponibilité à poursuivre une coopération intense et soutenue avec notre pays dans tous les domaines d’intérêt commun. 

Dans le même temps, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Mauritanie, Mark Boulware soulignait, devant la commission sénatoriale des affaires étrangères à Washington, l’importance de renforcer les relations existant entre les Etats-Unis et la Mauritanie. «La décision de
la Mauritanie de reconnaître Israël en 2000 avait dissipé un point de friction de longue date dans ses relations avec les Etats-Unis», a notamment dit Boulware, selon un communiqué de l’ambassade américaine à Nouakchott. Il s’est également réjoui des initiatives prises par la junte militaire provisoire (entre août 2005 et avril 2007 : NDLR) en vue de remplir l’engagement qu’elle avait pris de rétablir la démocratie. «La réussite de cette nouvelle démocratie, la plus jeune du monde à l’heure actuelle, dans un pays en développement qui est à la fois arabe et africain revêt certainement une grande importance pour nos intérêts», a estimé le diplomate américain. Le nouvel ambassadeur a indiqué que la démocratie mauritanienne a agi de «façon décisive» pour trouver des solutions aux problèmes auxquels se heurte le pays. Il a cité à ce sujet les mesures prises, «en étroite collaboration avec le Parlement», pour «accroître la transparence et la responsabilisation de la gestion des ressources publiques, notamment celles découlant des nouveaux revenus du pétrole». Le gouvernement de Nouakchott «collabore avec les Nations unies et le Sénégal pour le retour d’Afro-Mauritaniens, corrigeant ainsi une injustice à caractère historique tout en éliminant un obstacle à l’établissement de relations plus étroites avec un pays voisin important», a-t-il aussi dit en référence au retour prévu des déportés. Evoquant la lutte contre le terrorisme, l’Ambassadeur Boulware a dit que son pays apporte une aide à
la Mauritanie et à ses voisins dans le cadre du Partenariat antiterroriste transsaharien qui vise à juguler la menace dans le Sahel au moyen d’une stratégie intégrée alliant l’aide au contre-terrorisme. Une aide ciblée au développement et des initiatives de la diplomatie publique destinées à priver les groupes terroristes de tout asile sûr en Mauritanie ou chez l’un de ses voisins. Il a rappelé dans ce cadre qu’un groupe lié à Al-Qaida avait attaqué en juin 2005 le poste militaire frontalier mauritanien de «Lemgheity» faisant 17 tués parmi les soldats. «Ce groupe fait toujours peser une menace réelle sur la stabilité dans la région et particulièrement sur la Mauritanie». Le diplomate américain a par ailleurs promis d’œuvrer pour le rétablissement d’une «petite présence» de l’USAID en Mauritanie, afin d’assurer la rationalité et la durabilité des multiples programmes visant le développement et l’assistance et de faire en sorte qu’ils reposent sur une véritable expertise en matière de développement. Se félicitant du niveau des relations entre les deux parties, l’Ambassadeur Boulware a affirmé que son pays a «toujours répondu aux besoins humanitaires du peuple mauritanien et continuera de le faire». «Les Etats-Unis ont fourni cette année à ce pays une aide alimentaire représentant quelque 7,5 millions de dollars», a-t-il précisé, ajoutant que le Corps de la paix poursuit une tradition de près de quarante ans de présence en Mauritanie, où il exécute des projets de développement dans des localités dont les conditions sont parmi les plus austères imaginables. (avec APA) 

Source La Tribune n°368




4102007

Le malaise de l’Université 

 

Les candidats font aujourd’hui campagne pour être retenus en qualité de recteur de l’université au regard des modifications intervenues dans les modalités de désignation de ce responsable de notre institution universitaire. De manière générale, c’est notre système d’enseignement supérieur qui est grippé et confronté à un laxisme aussi bien dans son fonctionnement que dans les mécanismes qui fondent son existence. L’absence d’une politique claire et cohérente a abouti aux résultats décevants observés sur le terrain. Maintenant, quelle que soit la volonté des candidats au rectorat, la remise  à niveau ne peut dépendre que d’une politique publique qui placera ce secteur au cœur des priorités des autorités par des orientations qui doivent nécessairement rompre avec les pratiques connues de tous qui ont tiré l’université vers le bas. Il s’agit de recrutements de complaisance sans respects des critères objectifs de diplômes requis (en provenance de certains pays arabes), de publications d’articles dans des revues scientifiques, d’expérience dans l’enseignement supérieur etc. 

Il en résulte alors une baisse considérable du niveau des étudiants, des diplômes dévalorisés, de même  l’on constate un nombre important de chômeurs diplômés dû, en partie, à une inadéquation entre la formation universitaire, et les réalités et exigences du marché de l’emploi dans notre pays. 

Mais le défi majeur pour le recteur, à mon avis, est de faire en sorte que l’université rentre dans la normalité académique, autrement dit concevoir un cadre pertinent pour améliorer le statut de l’enseignant du supérieur à travers des grades lisibles (Maître de conférences, professeurs), clairement définis contrairement à des bricolages qui créent de la confusion. Cela s’inscrira naturellement dans une logique d’harmonisation et de valorisation de nos diplômes pour une modernisation de l’enseignement universitaire. Actuellement, le modèle LMD (Licence, Master, Doctorat) s’impose dans les relations universitaires mondialisées, partout en Afrique et ailleurs, on s’attelle à préparer l’instauration de ce système qui permettra non seulement la reconnaissance des diplômes et la mobilité des étudiants mais surtout celle des enseignants. Notre université doit regarder vers l’avenir et s’adapter au monde en action. 

Il convient de noter que les choses ne seront pas faciles d’autant qu’il faudra faire face à de nombreuses contraintes structurelles et politiques. 

L’autre dimension qui mérite sans doute d’être signalée, c’est le manque de moyens d’évaluation, à l’image du CAMES, (Comité africain et malgache pour l’enseignement supérieur) en charge du contrôle du niveau scientifique et de l’évolution des carrières des enseignants des pays membres. Nous déplorons que notre pays ne soit pas inscrit à cette structure africaine ou l’équivalent dans le monde arabe, de manière à renforcer notre dispositif en matière d’enseignement universitaire. 

Certes,  la volonté existe de la part des postulants pour faire de l’université mauritanienne un espace démocratisé de réflexion et de production d’idées, mais surtout de formation d’une élite capable de jouer un rôle dans les transformations profondes de notre société et de s’ouvrir aux autres. Cependant  rien ne se fera sans une réelle politique, à court et à long terme, pour l’enseignement supérieur afin qu’il puisse contribuer au développement économique et social de notre pays. 

 

Moussa Diaw, professeur de science politique, Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal.   

 

 Source La Tribune 







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