Mauritanie: Menaces de rapt contre les Occidentaux

22082007

Mauritanie: Menaces de rapt contre les Occidentaux

Les représentations diplomatiques en Mauritanie ont été averties mardi par les autorités étatiques de menaces d’enlèvement contre leurs ressortissants vivant dans le pays, provenant de la branche du groupe terroriste AlQaeda au Maghreb arabe, a appris mardi soir la PANA, de source diplomatique à Nouakchott.

Selon la même source, les ambassades occidentales ont été invitées par les autorités mauritaniennes à prendre très au sérieux ces menaces d’enlèvement et à mettre en garde leurs ressortissants à ne sortir que de jour.
Le Groupe Salafite pour la prédication et le combat (GSPC, de son ancienne appellation), avait été officiellement repabtisé après son allégeance à Al Qaeda de Branche armée de cette organisation au Maghreb, en septembre 2006, par Ayman Dhawahri, numéro 2 de l’organisation.

Le GSPC, premier relai de l’organisation terroriste internationale Al Qaeda au Maghreb, s’est rendu responsable de l’attaque meurtrière perpétrée le 4 juillet 2004 contre le poste militaire mauritanien de Lemgheyti, au nord du pays.
L’alerte aux ambassades occidentales déclenchée par les autorités mauritaniennes, mardi, intervient après l’arrestation de plusieurs personnes, au moins cinq, soupçonnées d’appartenance à cette organisation terroriste, dans la ville de Boutilimitt, à 150 km au sud de Nouakchott.
Les pays du Maghreb, rappelle-t-on, sont constamment sous la menace d’attaques de cette organisation qui a frappé récemment les capitales marocaine et algérienne.
Panapress  



22 août 2007 : Al Qaeda au Maghreb menace les Occidentaux de rapt en Mauritanie

Nouakchott met en garde les ambassades occidentales

Les autorités mauritaniennes ont eu vent de menaces sérieuses d’enlèvements de ressortissants étrangers par Al Qaeda au Maghreb. Depuis qu’il a changé de nom, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien a menacé à de nombreuses reprises les intérêts occidentaux au Maghreb, particulièrement en Algérie.

Les représentations diplomatiques présentes en Mauritanie ont été averties mardi par les autorités nationales de menaces d’enlèvement contre leurs ressortissants vivant dans le pays. Ces menaces proviendraient de la branche du groupe terroriste Al Qaeda au Maghreb arabe, a appris mardi soir l’agence Panapress de source diplomatique à Nouakchott.

Selon la même source, les ambassades occidentales ont été invitées par les autorités mauritaniennes à prendre très au sérieux ces menaces d’enlèvement et à demander à leurs ressortissants de ne sortir que de jour.

Série d’arrestations

Le Groupe Salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) avait été officiellement repabtisé, après son allégeance à Al Qaeda, en septembre 2006, par Ayman Dhawahri, numéro 2 de l’organisation. Première relique de l’organisation terroriste internationale Al Qaeda au Maghreb, il s’est rendu responsable de l’attaque meurtrière perpétrée le 4 juillet 2004 contre le poste militaire mauritanien de Lemgheyti, au nord du pays.

L’alerte des ambassades occidentales déclenchée par les autorités mauritaniennes, mardi, intervient après l’arrestation d’au moins cinq personnes, dans la ville de Boutilimitt, à 150 km au sud de Nouakchott, soupçonnées d’appartenance à cette organisation terroriste.

Le GSPC avait déjà pratiqué le rapt, au début de l’année 2003, sur 32 touristes Allemands et Autrichiens qui faisaient du tourisme dans le Sahara algérien. L’enlèvement avait finalement connu un dénouement relativement heureux. Mais depuis son allégeance à Al Qaeda, le GSPC a changé sa stratégie et menacé à plusieurs reprises la vie des « ressortissants de France et les agents des croisés ».

Note: Info sourcce : Panapress via cridem




Quand les chauvins montent au créneau…(3ème Partie)

22082007

Quand les chauvins montent au créneau…(3ème Partie)

                            Les racines du mal…

Comme pour l’ensemble des Etats issus de la décolonisation, s’est posée en Mauritanie, avec une acuité grandissante, la question de notre « identité nationale », au fur et à mesure que s’accroissait la crise de gouvernance affectant les relations de pouvoir en notre sein et dans nos relations extérieures, spécialement dans notre environnement immédiat.

Pour bien saisir l’intérêt et les termes de ce perpétuel débat identitaire –parce que jamais mené jusqu’à son terme et… par les « bons interlocuteurs » !- il est nécessaire d’avoir présent à l’esprit l’origine de la « question nationale » qui concerne, au fond, l’existence de notre patrie en tant que maison commune pour des groupes et communautés divers  dans leur composition « ontologique », dans leur espace de coexistence, leur constitution interne, leur histoire etc. -qui façonnent leur spécificité, leurs besoins et intérêts propres, leurs valeurs et aspirations, le mode d’expression de leur vouloir vivre collectif…

Il faut donc revenir aux sources du phénomène, pour en ressortir le sens profond et les enjeux d’aujourd’hui et sur le long terme.

Notre histoire nous enseigne que le phénomène de coexistence entre nos différentes communautés et groupes ethniques dans un même espace territorial, voir dans les mêmes ensembles géopolitiques (Empires, Emirats, Almamiyas, etc…) a longtemps précédé la pénétration coloniale -qui d’ailleurs a dû probablement être facilitée entre autres par l’état de déchéance ou de détérioration de ces rapports de coexistence.

Mais, comme tout le monde le sait aussi, le surgissement cataclysmique du fait colonial va profondément bouleverser le cadre historique et les perspectives d’évolution (séparée ou commune, qui sait ?) des différentes entités ethniques en présence et créer, pour toutes et pour chacune d’entre elles, de nouvelles contraintes mais aussi de nouvelles opportunités de développement.

Pour nous mauritaniens, comme pour tous les peuples coloniaux frères, l’époque coloniale marquera une profonde césure dans l’histoire en engendrant dans nos contrées, dans la douleur la plus vive et les pires difficultés, un nouveau cadre d’inféodation étatique moderne, à base territoriale, supérieure dans son organisation de la domination politique, et autrement plus efficace dans l’intégration de ses diverses composantes humaines, en dépit, bien sûr de ses contradictions fondamentales, de ses limites infranchissables au plan historique et donc de son inéluctable échec en tant que projet d’Etat colonial.

Il y’ eut donc, en conséquence de cette présence coloniale continue et active, un héritage « nationalitaire » de type nouveau, colonial, dont nos Etats actuels sont les héritiers légitimes plus ou moins honteux, une marque qu’il ne leur est pas aisé d’effacer aujourd’hui encore et dont il n’est même pas sûr qu’ils en soient tout à fait conscients.

Cet héritage colonial fut, entre autres, une politique ambiguë, ambivalente, confuse , à l’égard de la diversité ethnique, confrérique, linguistique etc.… du moins dans l’empire français, pour des considérations à la fois idéologiques (doctrine officielle de prévalence hiérarchique entre communautés et d’uniformité identitaire) et pratiques (effectivité d’exercice du pouvoir colonial).

Cela a donné un peu partout (y compris chez nous) ceci : dévalorisation et méconnaissance officielle des communautés ethniques d’une part, et instrumentalisation politicienne du fait ethnique (et tribalo-régional !), en jouant ces ethnies les unes contre les autres, en s’appuyant sur leurs chefferies traditionnelles souvent acquises à l’œuvre coloniale et démonétisées, en montant en épingle des alliances agressives de caractère identitaire, en faisant mine d’en privilégier certaines par le jeu du choix ciblé de leur élite pour assurer diverses fonctions plus ou moins subalternes de commandement (fonction de représentation et de légitimité factices pour des fils de chefs ou de cheikhs ou de leurs alliés) etc.., d’autre part.

En Mauritanie également, les colons et leurs représentants locaux vont exacerber le sentiment naturel de solidarité clanique, tribal ou ethnique jusqu’à sa perversion, exalter le mépris voir la haine des uns à l’égard des autres, en particulier des groupes ethniques dont la résistance a été la plus farouche et la plus durable durant la conquête – comme ce fut le cas en général pour les maures nomades quasi invaincus dans leur environnement -, sapant ainsi, dès le départ, les fondements de nos immémoriales traditions de partage des espaces codifiées par la coutume, d’alliances et de conflits d’essence non identitaires, de solidarité musulmane etc.

A peine surgie comme nouvelle réalité historique, voilà donc la question des rapports intercommunautaires dans un Etat moderne commun, déformée par la grille de lecture coloniale, le prisme du « froid calcul » colonial sur fond de préjugés interethniques savamment orchestrés et entretenus, de mépris ou d’ignorance de nos valeurs propres (y compris nos langues reléguées au stade de « dialectes », « idiomes » etc.).

C’est l’Acte I de la question identitaire, sa racine la plus profonde, la plus vive et…la plus méconnue des particularistes de tous bords et des thuriféraires de la division et de la confrontation ethniques en Mauritanie.

L’Acte II se jouera lors du très délicat passage à témoin du pouvoir colonial en faveur du nouveau régime en gestation dans le cadre d’un nouvel Etat national « indépendant et souverain »…

Contexte difficile dans lequel se posait la question de l’existence du pays en tant que tel, du fait de la revendication du Grand Maroc et de ses conséquences multiples aussi bien au plan de la vie politique interne que sur  celui de ses relations extérieures.

La revendication d’indépendance nationale adressée à la France était comme renforcée et fragilisée dans le même temps par cette circonstance extérieure, cristallisant un nationalisme officiel compliqué, un patriotisme ambivalent, à la fois anti-colonial par définition (du moins dans une perspective historique) et solidement et longtemps agrippé  à une France décidée à sauvegarder ses intérêts stratégiques par les mailles d’un néocolonialisme vigoureux et sans ambages.

D’emblée donc, le nationalisme étatique (qu’il faut distinguer en principe du nationalisme identitaire attaché à la prise en compte ou à la mise en valeur des éléments structurants d’une communauté ethnique donnée) apparaissait handicapé par les circonstances de sa naissance puisqu’ objectivement néo-colonial, en dépit des orientations et penchants subjectifs contraires de nombre de ses acteurs, en premier lieu , me semble t-il,  ceux du Président Mockhtar Ould Daddah à qui l’histoire confia cette impossible mission de le gérer et qui, d’ailleurs, en avait une douloureuse conscience, ainsi qu’il me le dit, au soir de sa vie…

Pour la première fois se posa franchement aux acteurs directs de l’histoire, à cette époque, la redoutable question de l’identité de la Mauritanie en gestation, dans un contexte de revendication territoriale de nos frères du Nord et d’inféodation politico-administrative à nos frères du sud et de l’est.

La nature, la qualité de ces acteurs constituera un facteur décisif dans la définition des termes de la problématique et dans les solutions (les compromis) forcément limitées et précaires qui lui seront trouvées.

Nous savons que la « classe politique » de l’époque était, grosso modo, partagée en deux grands partis (au sens large) «  indépendantistes » (l’indépendance étant devenue dans les années 50 un courant mondial absolument irrésistible) : celui de l’indépendance pro-française ou dans le cadre néocolonial français, pour faire simple, d’une part ; celui d’une indépendance par basculement dans le giron chérifien, d’autre part.

La position des uns et des autres était largement déterminée par leur origine sociale, les intérêts des groupes sociaux locaux dont ils étaient issus, leurs ambitions et caractères personnels etc.

La victoire du parti français donnera à l’élite issue des milieux sociaux dominants dans les différentes communautés l’occasion de se constituer en force sociale hégémonique, historiquement dominante, s’annexant au passage le reste de l’énergie des forces traditionnelles, depuis longtemps réduite par la France au rang de portiers de l’Empire colonial en Mauritanie, et désormais simple queue de la nouvelle comète en expansion…

Quelle était cette élite montante à la fin de la guerre et désormais parvenue au firmament de son ascension ? L’intelligentsia, en général sortie des rangs de la grande féodalité de tente et de case, ayant fréquenté l’école française et maîtrisant les règles de gestion et d’administration publique nécessaire au « gouvernement des hommes et des choses » à la coloniale!
 
Par simple curiosité, qu’il suffise de jeter un coup d’œil sur les listes des principaux responsables politiques et administratifs de cette époque – qui se prolongera d’ailleurs fort longtemps après la proclamation de l’indépendance…

Or cette intelligentsia, comme elle le fait toujours du reste, va d’emblée faire montre d’un irrépressible besoin de s’ériger en porte-parole, de parler et d’agir en mandataire, non seulement des différents groupes sociaux dont elle est issue (ce qui est effectif mais toujours inavouable !) mais aussi des communautés ethniques respectives et, plus singulièrement encore, de la communauté nationale dans son ensemble.

C’est ainsi que, unie dans l’ordre colonial et pour sa pérennisation néocoloniale, mais profondément désunie dans la perception et la gestion des intérêts restreints respectifs de ses membres, cette élite aux commandes de notre nouvel Etat, sera amenée à poser dans des termes forcément bornés par ses propres horizons sociaux, la problématique identitaire, la « question nationale », loin, très loin des préoccupations des catégories et couches sociales dominées au sein de l’ensemble des communautés, et exclues notamment pour cause d’ « ignorance » entretenue, de la « démocratie » coloniale et de son successeur néocolonial.

Des courants et tendances de toute nature vont donc très vite fissurer le bloc social hégémonique en voie de formation au sein de l’Etat naissant d’autant plus rapidement que son processus est hors de tout contrôle démocratique véritable ( régime de parti unique aidant).

Une ligne de fracture, en filigrane d’abord puis ouvertement, durant la dernière période coloniale, va vite affecter le nouvel édifice politique et fragiliser pour très longtemps l’unité du pays : celle qui sépare au sein de l’élite dominante, la fraction arabe, de composition d’abord exclusivement « bidhaane » de grande tente ( la « question hartani » ne se pose même pas encore) et la fraction négro-africaine, d’origine exclusivement féodale ( en particulier chez les Hal pulaar’en, le groupe social toroodo ou peulh).

Unies au sein de l’Etat nouveau en construction, ces fractions du groupe social multinational dominant vont se livrer, au nom de leur identité respective, une lutte acharnée pour asseoir leur propre position sociale, élargir leur base, s’ouvrir de plus amples perspectives dans la réalisation de leurs propres projets de domination politique, économique et social du pays, à l’intérieur et dans les limites spécifiques du néocolonialisme à son zénith.

Cette lutte va se polariser autour de certaines données jugées essentielles pour la sauvegarde des intérêts des uns et des autres et déterminées soit par voie de compromis soit par l’évolution mécanique du jeu des rapports de force au sein de l’appareil d’Etat d’abord, puis au sein d’une société mauritanienne en pleine évolution économique, politique et social.

Sauf pour l’Islam admis d’emblée par consensus comme référent et ciment de la nation, de nombreux drapeaux et fanions seront agités avec frénésie, pour marquer des territoires politiques et idéologiques, entraîner les foules (surtout scolaires et estudiantines) et tromper les masses : arabisme linguistique, panarabisme politique chez les uns, « francisme » et panafricanisme chez les autres, unitarisme institutionnel pour les uns, autonomisme voir fédéralisme pour les autres etc.

Voilà le cadre historique, le décor dans lequel va se jouer, ce qu’est en partie la tragi-comédie de la « question identitaire » pour l’élite dominante, et en même temps, le vrai drame de la « Question nationale » pour notre peuple multinational, soumis de toutes parts aux pressions d’une histoire « immaîtrisée » parce qu’incomprise par ses propres fils, réduit au silence des décennies voire des siècles durant et condamné à assumer les crimes et les fautes d’autrui…pour compte d’autrui !

Note: Info source : Abdou Lô Gourmo




Education: les ambitions de la ministre – kissima Diagana

21082007

 Education: les ambitions de la ministre – kissima Diagana

Non respect du temps scolaire, mauvaise gestion de la carte scolaire, déficit en enseignants répondant aux besoins de la réforme…Telles sont entre autres les composantes du diagnostic que Mme Nebghouha Mint Mohamed Vall, ministre de l’éducation nationale a présenté en conseil des ministres mercredi dernier.

A la faveur d’un point de presse tenu lundi 20 août 2007, la ministre a informé les journalistes de ses ambitions pour la rentrée scolaire 2007-2008.  » Notre objectif est l’enseignant qui se trouve dans les classes et non celui qui se trouve ailleurs « . Par exemple les enseignants qui sont sur le terrain auront droit à une carte professionnelle spéciale demandant aux autorités de leur faciliter l’accès aux services publics tandis que les autres ne disposeront que d’une carte professionnelle ordinaire.

La ministre promet en outre que l’indemnité de craie passera de 5.000 à 15.000 ouguiyas à la rentrée tandis que l’indemnité de bilinguisme qui était de 1.520 ouguiyas atteindra 10.000 UM. Pour une meilleure émulation il sera procédé chaque année à la remise du prix du Président de la République aux meilleurs enseignants. 

De même les autres indemnités telles que l’éloignement seront revues pour une plus grande équité. Est-ce suffisant pour améliorer les conditions de l’enseignant ?  Pas du tout estime Nebghouha Mint Mohamed Vall.  » Je suis réaliste, il faut avancer à petits pas car poursuit-elle, en termes de coûts les indemnités de craie qui passeront à 15.000 UM atteignent 2 milliards d’UM« .

Concernant les élèves la ministre a promis que des manuels scolaires seront distribués en nombre suffisant, que les tables bancs seront acheminées dans les classes dès la rentrée. Elle a toutefois demandé que les parents d’élèves veillent à ce que le matériel scolaire soit bien entretenu. 

A propos de la déperdition scolaire, Nebghouha Mint Mohamed Vall a noté que un élève sur deux atteint difficilement la 6ème année du fondamental. Et que ceci peut bien constituer les 20 % des mauritaniens les plus pauvres. Les causes de la déperdition : une multitude d’écoles à cycle incomplet (315) dont 215 sont distantes de moins d’un kilomètre. Là aussi, la mesure consistera à regrouper les écoles.

La rentrée quant à elle est prévue pour le 1er octobre parce que estime la ministre il faut respecter le calendrier scolaire ainsi que le volume horaire d’enseignement auquel les élèves ont droit. Pourtant les Etats généraux de l’éducation seront organisés durant l’année scolaire. Quelle incidence sur le déroulement des cours ? Aucune, rassure Mint Mohamed Vall car dit-elle il s’agit d’un processus au cours duquel chaque acteur de l’éducation aura la latitude de participer soit par courrier soit par Internet soit en étant physiquement présent selon sa disponibilité.

A propos des examens, la ministre informe que deux commissions sont entrain de réfléchir sur les orientations générales à fixer en vue d’une plus grande transparence. Quant à savoir ce que le ministère peut faire dans l’éventualité d’un recours suite à la contestation par un élève d’une note, préjudiciable Nebghouha Mint Mohamed Vall a rappelé que les textes ne prévient rien dans ce sens mais que malgré tout l’élève peut faire une réclamation à partir de laquelle le président du jury est habilité à vérifier si les notes attribuées par les correcteurs ont été effectivement reportées dans les relevés de notes.  » Ce sont les seules possibilités de vérifications permises « .

Des conditions seront exigées dans l’avenir pour le recours. Il s’agira le cas échéant d’amener l’élève à réfléchir avant de contester une note d’une part et de  ne pas ouvrir la voie à des contestations anarchiques qui si elles sont prises en compte obligeront chaque fois à refaire le bac. Ce qui n’exclut pas que les principes de sanctions et de rétablissement dans le droit soient respectés.

Compte rendu K.D.

La Tribune n° 363 du 21/08/07

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)




De A à Z par Tabane

21082007

 De A à Z par Tabane

O comme Ouvertures. La prochaine rentrée des classes est prévue pour le 1er octobre. Des milliers d’élèves et de professeurs vont retrouver le chemin de l’école. En théorie. Car si la rentrée officielle c’est bien pour le 1er octobre, la rentrée effective aura lieu après l’Id el Fitr (la fête de la Korité qui marque la fin du Ramadan). C’est devenu une habitude chez nous : il y a le calendrier officiel décidé par le ministère et le calendrier effectif décrété par les élèves.

Mme la ministre de l’Education Nationale parviendra peut-être à corriger cet aspect ; mais pour cela il faut des mesures draconiennes pour sévir contre les absentéistes. Il faut dire cependant qu’au vu de ce qui se passe depuis l’installation du nouveau gouvernement, le pilotage à vue n’a pas fait ses adieux.

On a laissé entendre que les Etats généraux de l’éducation devaient se tenir avant la fin de l’année… entre temps il y a eu le fameux ‘test recensement’ des enseignants. La plus grosse farce jamais organisée par les services de la MEN (Médiocrité Erigée en Norme).

En plus du fait que le test a été très mal organisé dans beaucoup de localités comme la presse en a rendu compte, nombre d’enseignants qui avaient disparu depuis belle lurette ont pu faire le déplacement ou faire parvenir des dossiers qui ont été déposés. Sans compter que pour un département qui compte organiser des Etats généraux susceptibles d’aboutir à des réformes profondes, le test linguistique ne s’imposait pas parce qu’il suppose que le système actuel était retenu.

D’autre part les directions régionales ont été ‘gelées’ en attendant de recruter d’autres cadres probablement plus compétents. C’est là une mesure pour le moins inefficace. Les DREN jouent certes un grand rôle dans le secteur de l’éducation. Mais il y a d’autres piliers autrement plus déterminants dans le système. Ce qu’il faut revoir c’est toute l’administration qui a en charge les établissements.

Il faut suspendre tous les directeurs d’école et revoir tout le processus de nomination qui fait qu’aujourd’hui la plupart de nos écoles sont dirigées par des médiocres de classe exceptionnelle incapable de la moindre initiative pour la bonne marche de leur établissement. Pour cela il faut du courage. Mme la ministre n’en manque certainement pas.




AJD/MR: Ousmane Bocar Diagana, secrétaire aux relations extérieures

21082007

AJD/MR: Ousmane Bocar Diagana, secrétaire aux relations extérieures

L’Alliance pour la Justice et la Démocratie s’est rebaptisé samedi 18 et dimanche 19 août à la faveur de son premier congrès extraordinaire. Le parti s’appelle désormais Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation.

Il vient de faire fusion avec le Mouvement pour la Réconciliation Nationale avec lequel il avait  initié et soutenu la candidature de Ibrahima Moctar Sarr à la présidentielle de mars 2007. Celui-ci se retrouve président du parti. Les instances sont ainsi partagées entre les initiateurs du MRN, les membres de l’AJD et ceux des FLAM/rénovation

Parmi ces derniers, Ousmane Bocar Diagana, 47 ans. Docteur en sciences du langage et titulaire de diplômes en droit, il est  professeur en France. Il est chargé des relations extérieures. Objectif : récolter de l’étranger un électorat important et faire connaître les nouvelles orientations du parti…. Difficile mission, alors, que celle confiée à l’homme que l’AJD/MR a désigne comme secrétaire aux relations extérieures.

Ousmane Diagana, natif de Kaédi a été contraint à l’exil il y a plus de vingt ans. Militant dans les associations culturelles à ses tous premiers débuts, il a appartenu tour à tour à l’association pour la promotion de la culture et de la langue soninké (APS), à l’union nationale des étudiants et stagiaires de Mauritanie (UNESM), au Mouvement des élèves et étudiants noirs (MEEN). Il a également compté parmi les membres de structures politiques dont l’union pour la démocratie en Mauritanie (UDM) avec feu Saydou Kane et l’organisation pour la défense des intérêts des noirs en Mauritanie (ODINAM).

Il était encore étudiant en France et se trouvait en vacances à Kaédi quand, après la découverte du Manifeste du négro mauritanien opprimé, le pouvoir d’exception d’Ould Taya procédait aux arrestations dans les milieux négro africains. Notamment dans le cercle des intellectuels. C’est que Ousmane Bocar Diagana comptait parmi les dirigeants du mouvement clandestin des Forces de libération des africains de Mauritanie (FLAM) alors dans le collimateur du pouvoir et de ses alliés nationalistes extrémistes arabes.

Il crée avec d’autres camarades la section FLAM /Europe. Après 1986, il est le Secrétaire général du mouvement des FLAM. La lutte ‘flamiste’ continuait jusqu’au lendemain de la chute de Ould Taya. Pour les militants il fallait réfléchir à une stratégie à adopter en vue de revoir avec les nouvelles autorités les questions qui ont été leur cheval de bataille.

Certains optent pour le retour au pays tandis que d’autres décident de rester. Scission au sein du mouvement. Une aile, les FLAM/rénovation avec Ousmane B. Diagana décide de revenir en Mauritanie. Commence alors, après la rupture du 15 février 2006, une série de rencontre en Mauritanie. A la veille de la présidentielle, dans la foulée des soutien à la candidature de Ibrahima Sarr, Ousmane Bocar Diagana, bien que non habilité à élire du fait de sa position de mauritanien résident à l’étranger s’emploie à récolter une importante denrée électorale pour le candidat du Mouvement national pour la réconciliation.
 
A Kaédi, il permet au candidat de passe premier au premier tour de la présidentielle. En s’engageant aux côtés de Ahmed Ould Daddah, au second tour, le mouvement permet au leader du RFD de se placer en première position également.
 
En termes de défis, le secrétaire aux relations extérieures de l’AJD/MR dit qu’il est fondamental que le maximum de personnes puisse rallier le parti. Notamment les mauritaniens de l’étranger, des émigrés pour la plupart « .

 » Travailler pour que les mauritaniens de l’étranger aient le droit de voter sera notre principal cheval de bataille « , déclare l’enfant de Kaédi qui vit actuellement en France. Docteur en sciences du langage, titulaire d’un DESS en droit des affaires fiscales et d’un DEA en droit des affaires, il prépare une thèse en droit. Autant dire qu’il s’est outillé pour une carrière politique qui le met à bord d’un parti dont le tout nouveau président n’est autre que Ibrahima Sarr, l’homme qui a pesé en termes de suffrages près de 8% des voix des mauritaniens dans une arène ou il y avait 19 ‘lutteurs’.
 
 » Nous espérons que l’aventure sera belle « , dit encore Ousmane Diagana. Sans parlementaires, sans maires, serait-ce donc de l’extérieur que le parti qui s’était permis d’appeler au boycott du référendum du 25 juin 2006 va tirer les forces pour affronter les échéances de 2012 ?

KD

La Tribune n° 363 du 21/08/07

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)




Drogue en Mauritanie :tous les chemins mènent à Nouakchott

21082007

Tous les chemins mènent à Nouakchott

L’affaire 769/07, connue communément de l’ « affaire Ould Soudani et Ould Taya« , vient de connaître un tournant. Une folle semaine vient d’écouler. Dimanche 12 juillet : interception d’un minibus qui transporte une quantité de cocaïne. Lundi 13, deux personnes sont arrêtées le matin. Midi, le Parquet affirme que la quantité est de 830 kg. Un record dans l’histoire de la Mauritanie. Le soir, les forces de l’ordre perquisitionnent une autre maison dans un quartier périphérique de Nouakchott.

Mardi 14, les informations assurent que la quantité interceptée est de plus de 900 kg. Simultanément, le Palais de justice reçoit une commission de l’Interpol. Mercredi 15, des sources judiciaires parlent d’une éventuelle saisie de 1200 kg de cocaïne au Maroc après avoir réussi à dépasser tous les postes de contrôle mauritaniens. Pas de confirmation côté marocain. Jeudi 15, les folles rumeurs disent que si la saisie de ladite quantité n’est pas annoncée dans les heures qui viennent, cela signifie qu’elle est encore sur le sol mauritanien.
 
Vendredi 16, le Parquet exécute un arrêté du Juge d’instruction de brûler la quantité saisie. Samedi 17, un mandat d’amener a été délivré contre trois personnes qui se trouvaient à Nouadhibou. Dimanche 18, un silence éloquent. C’est le calme qui précède la tempête, jugent certains.

C’est dans une surprise totale que le Procureur de la République, Benamar Ould Veten, a annoncé, lundi 13 juillet, la nouvelle : les autorités judiciaires, dans le cadre de son enquête sur l’affaire de 02 juillet, viennent de mettre la main sur 830 kg de cocaïne pure. La quantité a été cachée dans un minibus qui aurait été sous la surveillance des forces de l’ordre.

Vite, les personnes écrouées ont montré une maison située au sixième arrondissement dans laquelle les emballages avaient été faits. Les forces de l’ordre perquisitionnent la maison. Elles y trouvent des reliques de sandwichs, des hamburgers, des pizzas… des torches, des lampes électriques rechargeables… Mais aussi des sacs de riz et de charbon. Les auteurs auraient utilisé les sacs de denrées pour cacher la drogue pendant des jours. Le soir, ils utilisent les autres matériels pour dissimuler la drogue dans les œufs de poisson, dont la destination serait probablement l’Europe.

  • Première conclusion : cette saisie n’est qu’une nouvelle phase dans l’affaire 769/07, connue communément comme « affaire Ould Soudani et Ould Taya« .
  • Deuxième conclusion : la quantité était cachée dans une maison à El Mina.
  • Troisième conclusion : la cargaison aurait été acheminée vers une autre destination dans la capitale.
  • Quatrième conclusion : la destination finale de la cargaison, tout comme son origine, est le premier défi devant l’enquête…

Quelques heures après, les autorités judiciaires perquisitionnent une maison dans un quartier périphérique de Nouakchott, suite à des informations données par certains des accusés. La maison était très probablement la destination du minibus. Elles n’y trouvent aucun gramme de poudre blanche. En revanche, elles y trouvent des traces d’emballage et des matières qui ressemblent à celles appréhendées dans la maison d’El Mina.
 
Apparemment, quelques heures suffisaient largement pour que les associés, encore en liberté, effacent leurs traces. Cependant, on peut laisser quelques traces marginales qui signifieront que les informations données par les arrêtés sont crédibles. Mais qu’elles ne servent à rien. La drogue, c’est comme l’eau : si on lui bloque la route, elle tente de s’infiltrer ailleurs. 

Mardi, une commission de l’Interpol est reçue par les responsables jurdiciaires. Selon des sources sûres, cette fois-ci ce n’est pas l’Interpol qui s’impose. C’est la justice mauritanienne qui lui demande un coup de pousse. Particulièrement en ce qui concerne la découverte des liaisons qui lieraient les réseaux locaux de trafic de drogue aux réseaux internationaux.

Pourtant, le bureau mauritanien de l’Interpol bénéficie du fameux prestige (A/24/7), qui lui permet de recevoir sur place toutes les informations relatives au trafic de drogue, au blanchiment d’argent et au terrorisme, à travers le monde dès qu’elles sont disponibles. Plusieurs Etats font des pieds et des mains pour en jouir. Mais en vain. Pour certains, cette demande d’aide signifie que notre justice veut compter sur les apports d’une institution plus fiable que nos Renseignement généraux et notre police qui s’occupent d’autres problèmes.

Ils ne manquent pas de rappeler que c’est le hasard qui a toujours joué le grand rôle dans les affaires de dogues révélées jusqu’aujourd’hui. S’il y avait un tout petit peu plus de professionnalité en coordination, le N930S n’aurait pas eu été détecté à Nouadhibou. N’était le manque de kérosène, l’avion aurait pris la fuite avec tous ses secrets. N’était le coup de téléphone dans la maison voisine, les amis de Ould Soudani l’aurait tué. Si Ould Soudani n’avait pas décidé de porter plainte, il n’y aurait pas une affaire 769/07 relative à la drogue. Si les inculpés n’avaient pas parlé très tôt, cette quantité record ne serait jamais découverte…

Certains évoquent l’hypothèse que la Justice mauritanienne n’attend pas seulement que l’Interpol mette à sa disposition les informations requises sur les inculpés. Elle attend que l’Interpol fasse des pressions sur les gouvernements des pays dans lesquels se trouvent ces accusés. Surtout que les pressions mauritaniennes officielles n’ont pas réussi à convaincre le Maroc de lui livrer Sidi Ould Haïdalla, le présumé cerveau de l’affaire de drogue de Nouadhibou.

Cependant, les autorités judiciaires sont affirmatives pour dire que « des mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés contre les autres personnes en cause et les individus en fuite et que les recherches les concernant sont en cours de concert avec Interpol et les pays avec lesquels nous sommes liés par des conventions d’extradition« .

D’après des sources sûres, plusieurs inculpés dans cette affaire se trouveraient actuellement à Dakar. Leurs hôtels et lieux de résidence sont connus pour les services de renseignement sénégalais. Et le Parquet de Nouakchott et celui de Dakar se donnent mutuellement les informations les concernant. Leur arrestation est, selon ces sources, une question de temps. Ils pourraient même être arrêtés en flagrant délit.

Durant les dix derniers jours, neuf nouveaux inculpés dans cette affaire sont arrêtés : deux mauritaniens et deux sénégalais ont été arrêtés avant la dernière saisie. Deux marocains, un mauritanien, un mexicain et un espagnol sont arrêtés suite à la saisie. Au total 30 inculpés dans cette affaire. Si on en ajoute les trois personnes qui sont l’objet dudit mandat d’amener, le nombre total s’élève à 33 personnes. Avec une petite précision : une personne peut être l’objet d’un mandat d’amener sans être mêlée à l’affaire.

Les inculpés sont privés de leurs passeports et cartes d’identité, papiers civils requis pour tout voyage à l’extérieur. Dix-sept d’entre eux au moins sont actuellement en prison. Des inculpés, qui jouissaient d’une liberté provisoire et restaient sous contrôle judiciaire, ont été appréhendés de nouveau. Ils sont actuellement en détention. D’autres accusés sont sous contrôle judiciaire. Certains d’entre eux signent deux fois par jour dans un commissariat de police de Nouakchott. Certains sont privés de conduire des véhicules. Il est interdit à certains d’entre eux de sortir de chez eux pendant des heures précises.

Rappelons que Sid’Ahmed Ould Taya a prétendu que Kane Saïdou lui a présenté son patron en lui disant qu’il travaille « avec un toubab à Dakar« . Kane lui aurait confirmé que son patron et le toubab disposent d’un magasin de cocaïne à Bissau et que « 500 personnes travaillent avec eux en Mauritanie. Parmi eux des éléments de police de Diama et de Rosso« . Ce patron cherchait, selon le PV de Ould Taya, à recruter des professionnels pour faire entrer un avion de drogues en Mauritanie. A l’instar de ce qui s’est passé à Nouadhibou.

Une agression pas comme les autres

Ce dossier a été ouvert le 02 juillet. A 20 heures, ce lundi-là, le chef du bureau de l’Interpol à Nouakchott, l’officier de Police Sid’Ahmed Ould Taya, venait de terminer sa séance quotidienne de sport au stade olympique de Nouakchott. Il aperçoit l’homme d’affaires, Ali Ould Soudani, dans une toyota avensis noire. Il le suit. Ould Soudani stationne devant l’aéroport. Il y passe quelques minutes et repart. Ould Taya s’en va. Il arrête sa voiture devant l’édifice de la télévision et prend un taxi qui l’amène à l’aéroport. Vers 21 heures, selon Ould Soudani, 21 heures 15 minutes selon Ould Taya, ce dernier se présente au premier comme élément de la Police.

Ould Soudani était enturbanné et occupé à penser ce qu’il va faire de la somme de 250 mille euros qu’il portait avec lui. Il ne sait pas quoi faire pour que la somme échappe aux yeux des douaniers. Il refuse de l’accompagner. Juste pour quelques secondes Amené au taxi, Ould Soudani refuse encore d’y monter. Prétextant qu’il ne connaît pas Ould Taya. Un élément de la police de l’aéroport, portant le nom de S.A, intervient pour lui confirmer l’identité de Ould Taya et lui ajouter que « les bandits ne peuvent pas rester en fuite pour jamais« . Ils prennent le taxi. Et cap à la Direction régionale de la Sûreté de la Wilaya de Nouakchott.

Pourquoi Ould Taya arrête-t-il Ould Soudani ? Un abus de pouvoir? Ou bien une simple mesure ordinaire et marginale qui pouvait ne pas se transformer à un vrai gâchis ? Les raisonnements de ce geste par Ould Taya semblent peu convaincants. Au moins ses justifications sur les PV de la Police qui n’en indique pas la date.

  • Premier raisonnement : Ould Taya voulait savoir les raisons qui ont poussé Ould Soudani a diffuser des rumeurs faisant état qu’il était derrière son arrestation depuis quelques mois à Las Palmas dans une affaire de trafic de drogue.
     
  • Deuxième raisonnement : l’arrestation a eu lieu sur la demande de Ould Soudani lui-même. Celui-ci aurait été menacé par la mafia qui envisagerait le liquider. Ould Taya prétend que Ould Soudani lui a montré deux maisons et lui a dit qu’elles appartiennent aux « noir et blancs qui veulent le chasser ».

Selon toute apparence, la mafia reproche à Ould Soudani l’abus de confiance. En effet, et selon la Police, Ould Soudani avait reçu depuis quelques semaines une quantité de 280 kg de cocaïne et une somme de 300 mille euros de la part de la bande à Dakar. Il devait utiliser la somme pour entrer la quantité en Europe. Mais, il a pris la poudre d’escampette avec la quantité et la somme.
 
Après une longue attente, la bande aurait glissé des informations aux renseignements espagnols pour mêler Ould Soudani. Ce dernier sera arrêté en Espagne et relâché faute de preuves. Il n’a aucune réserve pour dire que Ould Taya a utilisé son influence pour que cette arrestation ait lieu. Depuis sa libération, la bande se sent risée par Ould Soudani. Elle le cherchait un peu partout. Ould Taya dit dans son PV que l’accusé Ely Ould Ahmed Deya, ancien policier, lui a informé qu’il a rencontré un toubab qui cherchait intensivement Ould Soudani.

Les investigations de la bande aboutissent à ce que Ould Soudani aille voyager le lundi 02 juillet. Sans pouvoir préciser sa destination. Elle chargerait Ould Taya de l’empêcher de ce voyager et l’amener chez elle, coûte que coûte selon l’enquête préliminaire qui s’est marquée par une intention apparente de décharger Ould Taya le maximum possible.

Ould Taya prétend, dans les PV de la Police, que Kane Saïdou (un autre accusé dans l’affaire) a mis sur sa disposition une voiture pour accomplir la tâche. Et pour dissimuler toute doute, il devrait laisser sa voiture ailleurs que les lieux habitués. Il devrait prendre un taxi pour l’aéroport et pour la Direction de sûreté.

Dans le bureau de Ould Taya à la Direction régionale de sûreté, « l’entretien » n’a duré qu’à peu près dix minutes. Ould Soudani aurait exhorté Ould Taya « par le visage du prophète » de se présenter. Les deux ne parlent que casuellement de son arrestation en Espagne. Ould Taya aurait demandé à Ould Soudani de mettre son argent dans son sac au lieu de ses poches. Pourquoi ? Peut-être pour ouvrir l’appétit des chefs de la bande, en leur remettant une valisette d’argent. Ce qui faciliterait les discussions entre les deux parties. Et un arrangement pourrait être trouvé. Peut-être pour faciliter le vol de l’argent si Ould Soudani entrera dans la maison où se trouvent les chefs de la bande.

Ould Soudani demande d’eau pour boire. Ould Taya envoie quelqu’un pour amener une bouteille d’eau de source. Mais, ils partent avant que l’envoyé ne revienne. A la porte de la Direction régionale de sûreté, selon Ould Taya, Ely Ould Ahmed Deya (un autre accusé dans l’affaire) les attend avec la voiture que Kane Saïdou a mise à leur disposition pour amener Ould Soudani. Etonné par la rentrée de Ould Ahmed Deya, Ould Soudani demande explications auprès de Ould Taya, selon ce dernier. Celui-ci conduit la voiture. Les consignes, selon Ould Taya, sont claires : On doit appuyer sur le klaxon de la voiture dès l’arrivée à la villa  » que Kane Saïdou m’avait montrée auparavant « . Il arrive. Appuie le klaxon. Et la porte du garage s’ouvre sans retard.

Ould Soudani descend. Un noir le poigne en lui disant qu’ils le cherchent depuis un bon temps. Il le conduit à une chambre au premier étage. Là-bas, se trouvent un noir et un toubab. Une petite veilleuse est la seule source d’éclairage dans la chambre. Ould Taya et Ould Ahmed Deya prétendent, chacun, qu’il a tenté d’intervenir. Le premier dit que le ‘noir’ lui a dit de rester à part «  tu n’a rien à voire dans cette affaire « . L’autre dit que c’est Ould Taya qui l’a conseillé de rester dehors. On frappe Ould Soudani et lui demande «  où est la marchandise ? « . Ould Soudani répond : quelle marchandise ? Si tu veux ton argent le voilà. ‘Le noir’ compose un numéro et passe le téléphone à Ould Soudani en lui disant  » parle avec le patron « .

Ould Soudani commence à lui donner des noms : Barkallah (apparemment Ould Greïmich, beau frère de Kane et un des principaux accusés dans l’affaire. Il serait inculpé dans une affaire de drogues à Nouadhibou et jouirait d’une liberté provisoire), Ali (probablement Ould Moulay, un accusé dans l’affaire)… Entre-temps un téléphone sonne à la maison des voisins. Ely Ould Ahmed Deya crie  » Police « . Voulait-il par cela sauver Ould Soudani ? Ou bien, il craignait que la Police ait de main dans ce coup de téléphone ? En tous cas, le cri de Ould Ahmed Deya fait disperser tout le monde.

Ould Ahmed Deya prend la fuite dans la voiture. Ould Taya devait marcher une longue distance à pied pour arriver à l’édifice de la télévision pour prendre sa voiture. Il dira avoir appelé le Directeur de la Police judiciaire. Il lui aurait rendu compte. Et lui aurait demandé s’il peut réagir. Mais, ce dernier lui aurait dit que l’heure est très tarde pour entrer manu militari dans une maison.

Ould Soudani, ensanglanté, part à la police pour faire une plainte contre la bande. Ce qui n’empêchera pas la police de dire que  » au soir du lundi 02 août 2007, vers 23 heures 50 minutes, la surveillance de la Direction régionale de la Sûreté de la Wilaya de Nouakchott a été informé que le nommé Ali Ould Soudani est agressé dans une maison à Tevragh Zeïna… « .

Par Mechry Rabbany

La Tribune n° 363 du 21/08/07

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)




Marchés de Nouakchott : Une véritable caverne d’Ali Baba

21082007

Marchés de Nouakchott : Une véritable caverne d’Ali Baba

Depuis le début du mois de mai, le Grand Marché de la Capitale offre à ses visiteurs et aux simples passants un visage tout à fait nouveau, celui d’une grande bâtisse complètement dégagée de tous ses petits commerces qui, tout en faisant de ce haut lieu du commerce un « fourre-tout » constituait également son charme.

Des Toyota de la police sont continuellement stationnées aux abords du marché pour empêcher les vendeurs de tissus, les vendeuses de voiles, les bana-bana sénégalais, les réparateurs de chaussures, les vendeurs de viande et de thé, les horlogers guinéens et tant d’autres petits commerçants, de reprendre possession des lieux.

Cette scène se passait en 2006. aujourd’hui, on est retourné à la case départ ! Car ce n’est pas la première fois qu’une telle opération coup de poing est menée par les autorités administratives (Wilaya, moughataa, commune) et les forces de sécurité. On se rappelle qu’à la veille de chaque fête, la police dégageait les lieux dans une sorte de chassé-croisé qu’on estime être motivée par autre chose que le désir de remettre de l’ordre. Mais cette fois-ci la décision de donner au Grand Marché de la Capitale – qui se situe en plein centre ville – une vue décente semble être plus sérieuse.

Construit en 1982 par un homme d’affaires du nom de Haji Ould Sidina, rendu célèbre par la suite par le commerce du basin riche, le premier Marché de la Capitale sera agrandi en 1984 par la partie appelée communément aujourd’hui « Kerche el batroun » (qui signifie littéralement « le ventre du patron »), partie intérieure qui renferme les plus grandes boutiques dont certaines sont devenues de véritables « banques » s’adonnant au change à ciel ouvert.

Cet agrandissement aurait été décidé par le District de Nouakchott qui a noué un contrat avec le groupe Noueigued dont l’entreprise de BTP (ERB) se chargera de la construction des nouvelles boutiques. Le contrat de gestion des nouvelles constructions s’est achevé en 2006 et le groupe AON devait passer la main, en principe, à la CUN (Communauté urbaine de Nouakchott).
 
Un immense pactole

Tout le monde se pose la question : pourquoi l’on se bouscule au Grand Marché de la Capitale alors que Nouakchott compte des dizaines de marchés dont certains sont désespérément vides ? Qu’est-ci qui attire ici ces milliers de visiteurs (acheteurs) venant des neuf moughataas de la Capitale? Certaines boutiques du Grand Marché de la Capitale sont louées à des prix qui défient l’imagination, allant de 120.000 à 150.000 UM, nous a affirmé un commerçant de la place. Une sorte de surenchères qui explique que certains sous-louent les espaces se trouvant devant leurs boutiques à 20.000/25.000 ouguiyas.

Etre prêt à payer de tels prix démontre que le marché est une place stratégique pour qui veut vendre ou acheter. On se soucie alors très peu de l’encombrement qui, en cas d’incendie, comme le soulignent souvent les autorités administratives de la moughataa et les responsables de la sécurité civile, peut être à l’origine d’immenses dégâts matériels et même humains.

Il y a aussi que le marché de la Capitale fait face, de plus en plus, à des problèmes d’insécurité. «On est obligé quelques fois, quand il y a coupure d’électricité, de fermer les portes de nos boutiques, car on ne sait jamais ». D’aucuns pensent que la force du Grand marché de la Capitale a été, jusqu’alors, d’être un marché «multisectoriel», une sorte de fourre-tout où vous pouvez tout acheter et repartir. Ce n’est pas le cas du marché du 5ème (lieu de prédilection du poisson), du marché de la Socogim spécialisé dans l’alimentation générale tout comme «Marcet lehmoum» (marché du charbon) qui, au fil du temps, a fini par perdre sa « raison » première, les Nouakchottois utilisant de plus en plus le gaz butane en lieu et place du charbon de bois.

Il y a aussi que le Grand Marché est une sorte de carrefour, de point de jonction pour toutes les moughataas de la Capitale, à tel point qu’il est devenu une destination privilégiée pour les taxis. Celui qui descend au Grand Marché n’a plus que quelques centaines de mètres à faire pour atteindre les « bureaux » (les ministères), l’Hôpital de Nouakchott) où, s’il veut poursuivre vers Tevragh-Zeïna, le quartier chic de la Capitale, prendre les « Tout-droit », vieilles voitures, essentiellement des R12, qui détonnent d’un flot impressionnant de véhicules de très grande valeur de marques allemande, française, japonaise et même américaine.

D’ailleurs, en 2006, date de la dernière opération « coup de poing » de la police, le dégagement des artères du Grand Marché de la Capitale a permis aux nombreux visiteurs et aux grands commerçants de pouvoir parquer leurs voitures de manière « civilisée » et laisser ainsi les goudrons libres pour la circulation. C’est là l’un des avantages de cette opération. Mais il y a ceux qui pensent que le départ des petits commerçants a des effets négatifs sur le commerce du gros.

On pense qu’il y avait un effet d’entraînement qui faisait que les commerçants, à tous les niveaux, avaient établi une chaîne de solidarité telle que le tailleur dirigeait son client directement vers la boutique qui lui offrait l’espace où il se trouvait, le vendeur de montres se ravitaille en bracelets et en piles chez son fournisseur que le client ne peut dénicher, les bana-bana sont eux aussi de simples vendeurs à la criée qui font leurs comptes en fin de journée et empochent le bénéfice laissé par le commerçant.

On peut dire donc que, malgré le manque à gagner que constitue pour la commune l’absence d’adresse des petits vendeurs, le désordre du Grand Marché de la Capitale avait quelque aspect positif : tout le monde profitait de tout le monde.

Sneiba Mohamed,
professeur de français et occasionnellement journaliste




Le Président de l’UFP à Tintane

20082007

Compte rendu 

Le Président de l’UFP à Tintane 

Le Président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud, s’est rendu à Tintane pour s’enquérir de la situation qui prévaut actuellement dans cette Moughataa. Au cours de sa visite d’information, il a fait un tour dans les différents camps d’accueil où sont relogés les habitants sinistrés et s’est informé  personnellement de ce qui a été fait par les pouvoirs publics à leur endroit. Profitant de sa présence, les populations sinistrées ont saisi cette opportunité pour lui exposer les problèmes auxquels elles sont confrontées (pénuries d’eau et de vivres principalement). Il a par ailleurs rencontré le maire de la ville de Tintane, monsieur Saadna Ould Jeddou et le Wali du Hodh El Gharbi, monsieur Mahmoud Ould Mohamed Lemine qui lui ont tour à tour et de manière détaillée exposé assez longuement la situation qui prévaut actuellement dans
la Moughataa de Tintane ainsi que les mesures d’urgence qui ont été entreprises par les autorités de
la République, en premier ordre le chef de l’Etat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi pour venir en aide les populations déplacées par les inondations des pluies diluviennes des semaines précédentes. Parallèlement, il a écouté les populations de Tintane qui ont déploré le manque d’organisation et de coordination dans la gestion des distributions de vivre et de l’acheminement de l’eau dans les différents camps. Le Président de l’UFP, à l’issue de sa mission d’information, a remis au maire adjoint de la ville de Tintane, monsieur Cheikh Ould Mohamed Vall, quatre réservoirs d’eau de 5000 litres  chacun. Une contribution symbolique, dit-il, pour signifier la solidarité.

 Babacar pour le Blog




Quelle politique étrangère pour la Mauritanie ? Par, Mohamed Saleck Ould Brahim, chercheur, Centre Mauritanien de Recherches sur le Développement et le Futur,

20082007

« Si le Sahara, si le Sahel et le Fleuve, si le Chargue et la Guebla représentent des entités vivantes avec des vocations particulières, nous placerons au-dessus d’elles une entité qui les résume toutes: la Mauritanie. Nous sommes une nation qui naît. Nous en avons conscience ». Moktar Ould Daddah, Homme d’Etat, premier Président de la Mauritanie.
« Il est dans la nature de l’homme politique qu’il soit plus sensible et attentif que tout autre au rythme de la vie nationale et aux préoccupations du peuple. Mais il est aussi animé d’une ardente et constante compétition pour le pouvoir. Ayant fait prévaloir ses choix et sa personne au sein de son groupe, le stratège cherche tout naturellement à le faire à l’extérieur ». Alain PLANTEY, Académicien français.

I- Quatre mois après la mise en place des nouveaux pouvoirs exécutif et législatif, démocratiquement élus en Mauritanie, la rentrée politique de la 3éme république, reste marquée par quatre actes officiels hautement significatifs sur la détermination des objectifs, du contenu et de la portée de la politique générale proposée aux mauritaniens et sur l’engagement de ces pouvoirs pour sa mise en oeuvre. Un vif débat, qui en découle, gagne la scène publique nationale. De plus en plus structuré, il annonce un automne fort controversé à Nouakchott. Au-delà de la profusion des discours, la toile de fond de ce débat bute sur l’incontournable problématique de la pertinence et de la cohérence de la politique étrangère de la Mauritanie par rapport à sa politique intérieure pendant un demi-siècle d’indépendance. L’ambivalence caractéristique de l’exercice pratique de ces politiques ainsi que leurs rapports historiques, incidents et dissidents fait ressurgir inéluctablement les mêmes interrogations. Paradoxalement, l’opposition entre l’interne et l’externe, dont la pertinence est largement contestée dans la sociologie des relations internationales, se révèle quasiment artificielle en Mauritanie, l’interne est déjà de l’externe et réciproquement.
Les tergiversations de ce débat annoncé témoignent de la sensibilité des enjeux inhérents à tous effort de refondation durable de la nation mauritanienne sur le socle de la désethnicisation, de la détribalisation, de la pacification et de la démocratisation des rapports sociopolitiques et, préviennent plutôt un réflexe de réarmement identitaire des ensembles ethniques qui se profile en filigrane.
Un demi siècle après son indépendance, force est de reconnaître, que si le projet politique initial de la Mauritanie était bien de bâtir une nation par-delà les clivages ethniques, régionalistes et tribaux, il est indiscutable aujourd’hui que l’absence d’une vision claire, les innombrables difficultés de parcours et les mutations de l’ordre international en particulier, ont fini par conduire ce projet d’Etat-nation vers une crise inavouée. Dès sa création, ce modèle d’Etat ne répondant pas à une allégeance citoyenne intériorisée par les populations, a été instrumentalisé et récupéré à travers de subtiles schémas réductionnistes, clientélistes et sectaires s’identifiant, en somme, à des interminables pratiques de  »politique du ventre », de coups de force et de coups de sang, qui se succèdent et se ressemblent dans un malheureux retour éternel.
Il demeure difficile de desceller le potentiel explicatif de l’influence des facteurs externes sur l’ordre politique interne de la Mauritanie et à l’inverse, le poids de la donne interne dans les relations extérieures de notre pays. D’où l’extrême difficulté d’évaluer objectivement la pertinence des objectifs, des méthodes et des résultats des différentes pratiques successives des politiques publiques en la matière.
Hésitante et déchirée entre deux choix qui paraissaient difficilement conciliables à l’époque: faire la politique de son histoire ou la politique de sa géographie, la Mauritanie avait perdu beaucoup de temps pour assoire sa propre identité nationale consensuelle. Une vision claire des modalités pratiques d’une valorisation durable de cette identité nationale, devant jeter les bases d’une politique intérieure pérenne, avait longtemps manqué au rendez-vous. Par conséquent, la politique étrangère de la Mauritanie, qui devait être la projection de la philosophie politique nationale mettant en exergue les valeurs et les idéologies communes traduites dans des activités par les quelles l’Etat mauritanien, suivant des objectifs bien prescrits, devait définir, établir et gérer ses rapports avec les gouvernements étrangers, s’est très vite confinée dans une logique conjoncturelle, sans consistance et sans portée. La légèreté avec la quelle avait été traitée la prépondérance de la donne internationale et ses incidences sur la politique intérieure, s’était souvent traduite par une politique étrangère inadaptée, peu visible et peu efficace. Elle avait finit par s’assimiler à l’ombrage des jeux partisans de lutte, tout venant, pour la conquête du pouvoir et le partage des privilèges. Bref, la Mauritanie est devenue un pays malade de sa politique étrangère.

-II-
Les quatre actes officiels hautement significatifs qui ont relancé ce débat en Mauritanie sont : (i) la publication de la lettre de mission du Président de la République confiant au Premier ministre la charge de mener à bien les réformes en profondeur qu’appelle la situation politique, économique et sociale du pays au sortir de la période de transition, entre autres, le raffermissement de l’unité nationale, la refondation de l’Etat, l’encrage de la culture démocratique ; (ii) la présentation, par le Premier ministre, de la déclaration de politique générale du gouvernement devant le Parlement, axée en matière de politique étrangère sur l’attachement à la souveraineté nationale et aux rapports de bon voisinage, le soutien aux causes justes et l’action en faveur de la paix et la solidarité internationale et l’impulsion décisive du rôle de la Mauritanie au sein des sphères arabe, africaine et islamique et d’accélération de l’intégration sous régionale ; (iii) le discours du Chef de l’Etat qui, au nom de la République, a exprimé sa compassion à l’égard des victimes des années sombres dans l’histoire du pays, et a assumé cette part d’ombre, tous en recherchant les voies et moyens appropriés pour organiser le retour dans la dignité des réfugiés mauritaniens au Sénégal à l’issue des événements tragiques intervenus en 1989, régler le passif humanitaire y affairant et éradiquer les séquelles de l’esclavage; (vi) la déclaration du Ministre des affaires étrangères et de la coopération (au cours d’une conférence de presse), soulignant que la diplomatie mauritanienne axera, dans la prochaine étape, sur le principe de la non ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats, la dynamisation des relations avec les pays frères et amis et la réhabilitation de la diplomatie mauritanienne à travers le renforcement des capacités de son administration et l’amélioration de ses prestations au niveau central comme au niveau des missions diplomatiques dans le monde, pour l’amener à jouer pleinement son rôle aux niveaux arabe, africain et international en faisant
connaître les potentialités économiques du pays pour lui attirer d’importants investissements.
A la lumière de ces actes officiels qui déterminent clairement et suffisamment l’engagement public des nouvelles autorités, désormais liées, déontologiquement et politiquement, par une obligation de résultat par rapport aux objectifs et aux contenus qualitatif et quantitatif de la politique générale qu’elles viennent de proposer aux mauritaniens et, eu égards aux multiples réactions que ses actes officiels rendu public ont suscité de part et d’autre au sein de l’opinion publique nationale au pluriel, dans des milieux très diversifiés : intellectuels, élus, presse et société civile notamment, le présent article est une contribution pour un débat de fond sur cette question nationale d’intérêt manifeste.
Pourquoi, historiquement, les données de la politique étrangère de la Mauritanie par rapport à celle de sa politique intérieure prêtent souvent à de fortes interprétations subtiles et parfois même contradictoires?
Pourquoi depuis l’indépendance, l’État mauritanien se cherche entre une difficile construction nationale dans la quelle la politique étrangère servait d’instrument de régulation de la politique intérieure. Une politique intérieure qui a été dominée par les pratiques de « politique du ventre » et par un réflexe international de recherche de cautions pour des coups de force et des coups de sang internes de la part des différents acteurs politiques. Comment comprendre le poids des facteurs internes dans les relations extérieures de la Mauritanie et à l’inverse, l’influence des facteurs externes sur l’ordre politique interne de notre pays?
Par le passé, quelles ont été les modalités d’insertion de la Mauritanie dans les systèmes international et régional? Comment avait elle subi les influences de ses environnements immédiats et lointains? Quel rôle prétend-elle jouer sur la scène internationale? Quels ont été les différents acteurs intervenant dans la détermination de sa politique étrangère?
A présent la Mauritanie, au-delà de la bonne volonté annoncée des nouveaux pouvoirs publics, a-t-elle, réellement, une politique étrangère lisible et pertinente? Quels sont les objectifs de cette politique par rapport de la donne interne du pays? Quels sont ses contenus, ses enjeux stratégiques et ses modes de mise en œuvre et de suivi évaluation? Quels sont les parties prenantes, les acteurs et les bénéficiaires de cette politique étrangère? La Mauritanie est-elle acteur ou victime de sa propre politique étrangère? La Mauritanie a-t-elle une action diplomatique visible et cohérente au service de sa politique étrangère? Quel est son niveau d’opérationnalité? De quelles ressources dispose cette diplomatie pour assurer la mobilisation de ses capacités de négociation et d’action? Pourquoi notre diplomatie est-elle déconnectée de la réalité nationale? Quelle place et quel rôle pour les diplomaties parallèles dont l’efficacité, à l’échelle planétaire, n’est plus à démontrer?
-III-

La Mauritanie est, peut-être, l’un des rares pays au monde qui a été profondément marquée par la fluctuation des relations internationales et par le poids, souvent périlleux, de la géopolitique. Malgré son passé, comme acteur international, jadis radieux par les grandes expéditions almoravides et leur rayonnement atlantique et méditerranéen, la Mauritanie est redevenue sujet de relations internationales, lorsqu’elle avait été placée dans la zone d’influence française par l’acte général de la conférence de Berlin en 1885, qui avait décidé le partage de l’Afrique entre les grandes puissances de l’époque.
Durant un peu plus d’un siècle de son histoire moderne, depuis le début de la colonisation en 1899 à nos jours, la donne extérieure n’a cessé de façonner, intervertir et bouleverser la réalité interne de notre pays. La politique intérieure de la Mauritanie a souvent constituée les vestiges d’une certaine politique étrangère voulue et/ou subi. Elle n’était que la partie émergente de l’aceberg de l’action publique nationale.
Au départ, c’était pour des raisons géostratégiques que les autorités coloniales françaises avaient décidé la création de la « Mauritanie occidentale » en 1899 pour « administrer le vide » en contrôlant une zone intermédiaire entre l’Afrique du Nord et l’Afrique occidentale française. Plus tard, la Mauritanie fut transformée en territoire civil en 1904 et, rattachée aux autres colonies de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.) en 1920.
Le projet d’une Mauritanie indépendante, même s’il fut supporté par certaines élites nationalistes et globalement approuvé par les populations locales, répondait avant tout à des considérations géostratégiques françaises, notamment pour mettre en concurrence le projet marocain du leader istiqlalien le feu Allal al-Fasi visant la restauration d’un grand espace marocain allant de Tanger à Saint-Louis du Sénégal et à Tombouctou au Mali. Dans un tel contexte international, Il ne pouvait être question pour la France de créer une Mauritanie « arabe » au risque de servir de base arrière pour la résistance algérienne.
Ainsi, dans l’ordre international qui été établi à l’époque, l’Etat mauritanien avait été créé en regroupant, par un jeu subtil de tracé de frontières, au sein d’un grand espace territorial des populations brunes et noires issues d’anciens empires, émirats et chefferies maures et de royaumes africains précoloniaux. La base de la cohabitation séculaire intercommunautaire s’était constituée autour d’un vecteur culturel commun majeur: la civilisation arabo-islamique, véhiculée par la langue Arabe, d’où l’appellation générique de « république islamique de Mauritanie ».

Dès son indépendance en 1960, au terme d’une colonisation au rabais qui, n’a guère formé les structures indispensables, susceptibles de préparer les transformations politiques, économiques et sociales, la Mauritanie a été confrontée, très tôt, à de sérieux problèmes diplomatiques sur le plan international. La première demande d’admission de la Mauritanie à l’ONU a été bloquée par un veto soviétique en décembre 1960. Elle ne sera « tolérée » qu’au terme d’un vaste marchandage diplomatique au cours duquel l’URSS avait accepté finalement de monnayer son abstention contre l’admission de la Mongolie. A l’époque, les prétentions territoriales marocaines sur la Mauritanie étaient largement soutenues par le « groupe de Casablanca » (Maroc, Guinée, Mali, Ghana, Egypte et Libye) ainsi que la Ligue Arabe (à l’exception de la Tunisie).
Il avait fallu que la Mauritanie sollicite l’appui de son premier « allié » la France. Ainsi, la voie a été ouverte pour la signature des fameux accords de coopération du 19 juin 1961 qui ont considérablement renforcé l’emprise de l’ancienne métropole sur la Mauritanie. La révision de ces mêmes accords de coopération, dont certaines clauses étaient à la limite de la souveraineté nationale, a été l’objet de larges revendications nationalistes en 1972.
En 1963, et malgré ses relations privilégiées avec l’Afrique francophone et plus particulièrement avec les Etats modérés du « groupe de Monrovia », un différend frontalier a éclaté entre la Mauritanie et le Mali. Ce différent avait été réglé, également, à l’aide de la France, à travers le traité de Kayes qui avait permis aux deux pays de normaliser leurs relations.
En 1967, la Mauritanie avait signé un accord de coopération économique, technique et culturelle avec la République Populaire de Chine qui lui avait accordé un prêt sans intérêt d’un milliard de francs CFA et de 57 millions de dollars en 1971. Ainsi, la Chine a été à l’origine d’importantes réalisations comme le port en eau profonde de Nouakchott, des périmètres expérimentaux de riziculture et certains travaux d’adduction d’eau potable.
En 1972, la Mauritanie avait crée avec le Sénégal et le Mali l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS).
En 1972, la révision des accords de coopération avec la France avait entraîné une brouille des relations étrangères de la Mauritanie avec l’ancienne métropole. Dans ce contexte, certaines décisions prises par la Mauritanie, comme le retrait de la zone franc, la création de la monnaie nationale « l’ouguiya », de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM), et la nationalisation de la (MIFERMA), où les capitaux français, pourtant privés, étaient majoritaires, ont été des actes à forte connotation de politique étrangère.
En 1973, la Mauritanie avait été officiellement reconnue par la Ligue arabe, après la signature en 1970 d’un traité à Casablanca qui avait mis terme aux revendications territoriales marocaines sur la Mauritanie.
En 1975, un Accord sur le Sahara occidental a été signé entre la Mauritanie, l’Espagne et le Maroc. Le partage de ce territoire, entre le Maroc à hauteur de 2/3 et la Mauritanie à hauteur de 1/3, avait aussitôt suscité la réaction vigoureuse du Polisario par des attaques armées contre la Mauritanie. 
En 1976, les relations de la Mauritanie avec l’Algérie ont été rompues. La guerre du Sahara avait précipité le retour de la Mauritanie sous le parapluie de la protection française pour assurer sa propre défense.
En 1977, l’assistance militaire française, en matière d’organisation et d’instruction des forces armées mauritaniennes, avait fait passer les effectifs de l’armée mauritanienne de 3000 à 18000 hommes entre 1975 et 1978. La France avait également franchi une nouvelle étape dans son appui à la Mauritanie, dans le cadre du conflit du Sahara occidental, lorsque ses avions de combat Jaguar avaient bombardé les colonnes des combattants sahraouies.
En 1978, après que la France avait décidé d’abandonner son aide militaire à la Mauritanie, craignant de s’embourber dans le conflit sahraoui, un coup d’état militaire avait destitué le Président feu Moktar Ould Daddah. Le rôle de la France apparaissait en filigrane et son Gouvernement incitait les militaires au pouvoir à engager un processus de retrait de la Mauritanie d’une guerre qui compromettait les relations françaises avec l’Algérie. A l’époque, Paris cherchait à protéger ses intérêts qui sont beaucoup plus importants à Alger qu’à Nouakchott.
En 1980, la Mauritanie avait changé de cap, en signant un traité d’amitié avec l’Algérie au moment où ses relations avec le Maroc avaient été rompues. Le Maroc, par acteurs interposés, avait réagit le 16 mars 1981 par un coup de force et de sang contre les institutions de l’Etat mauritanien;
A partir de 1981, la Mauritanie avait commencé à établir et à entretenir des rapports de coopération exceptionnels avec les pays du golfe arabe, notamment avec le Koweït, l’Arabie Saoudite et l’Irak, qui ont apporté un appui substantiel à la politique de redressement économique et financier d’une subvention budgétaire de plus de 220 millions de dollars. Entre 1985 et 1988, près du tiers de l’aide internationale au profit de la Mauritanie provenait des pays du Golfe arabe.
En 1984, un coup d’état militaire avait porté à la tête du pouvoir le colonel Maaouiya Ould Taya. De nouveau, le rôle de la France apparaît en filigrane.
En février 1989, la Mauritanie avait adhéré, par le traité de Marrakech, à l’Union du Maghreb Arabe.
En Avril 1989, un incident frontalier anodin avait déclenché de sanglantes émeutes anti-mauritaniennes à Dakar et anti-sénégalaises à Nouakchott caractérisées par des violences mutuelles qui ont portés de graves préjudices en vies humaines et en dégâts matériels de parts et d’autres. La déportation humiliante des milliers de mauritaniens et de sénégalais au-delà des deux rives du fleuve Sénégal et la remise en cause des frontières méridionales de la Mauritanie avaient constitué le point culminant de ces événements.
En 1990, la Mauritanie avait signé un accord de coopération militaire et de sécurité avec l’Irak, qui avait gagné la sympathie du gouvernement mauritanien et celle d’une bonne partie de l’opinion publique par son prompt appui militaire notamment en chars blindés et en missiles de moyenne portée. À cette époque, la Mauritanie s’était trouvée en mauvaise posture par rapport au soutien international dans la crise qui l’opposée au Sénégal.
En 1991, les relations cordiales avec l’Irak durant le conflit du golfe ont entraîné la Mauritanie dans une double situation difficile. Les états arabes pétroliers et les puissances occidentales lui ont imposé des sanctions politiques, économiques et financières. Longtemps après, la Mauritanie est restée la cible préférée des critiques acerbes des organisations de défense des droits de l’Homme.
En 1992, et malgré les graves incidences de la crise avec le Sénégal qui n’étaient pas encore réglées, les relations entre la Mauritanie et le Sénégal ont été normalisées et la frontière entre les deux pays a été réouverte dans les deux sens;
En 1995, la Mauritanie avait intégré le processus de Barcelone comme un projet de « partenariat euro méditerranéen » visant à faire de cet espace cosmopolite une « zone de paix et de prospérité ».
En Juillet 1999, les relations avec la France s’étaient gravement détériorées lorsqu’un officier de l’armée mauritanienne, qui été en séjour de formation en France, avait été arrêté par la justice française pour violation des droits de l’Homme commises en Mauritanie. Cette arrestation a gravement brouillé les relations franco-mauritaniennes. La Mauritanie avait expulsé les conseillers militaires français et imposer le visa d’entrée aux ressortissants de ce pays.
En octobre 1999, la Mauritanie avait établi des relations diplomatiques normalisées avec Israël à l’issue des accords de paix d’Oslo, ratifiés en septembre 1993 par le feu Arafat et M. Rabin. Ainsi, après l’Égypte et la Jordanie, la Mauritanie est devenue le troisième pays arabe à établir des relations diplomatiques pleines et entières avec Israël. En réaction, la Ligue des Etats arabes avait demandé l’expulsion de la Mauritanie. A partir ce cet événement, la Mauritanie, qui s’est considérablement rapprochée des Etats-Unis en les autorisant à utiliser son territoire pour la collecte d’informations relatives aux activistes islamistes en Afrique du Nord, avait intégré le contingent des pays en guerre contre le terrorisme.
En 2000, les relations entre la Mauritanie et le Sénégal avaient connues de vives tensions à cause du problème des Vallées fossiles. La Mauritanie, qui avait dénoncé la « volonté hégémonique » du Sénégal et ses intentions hostiles à son égard, s’est retirée de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ;
En 2003, la scène nationale avait connue plusieurs tentatives armées pour le renversement du pouvoir en place par la force, dont la plus célèbre et la plus sanglante était celle du 8 juin 2003.
En 2005, un coup d’état militaire a porté à la tête du pouvoir le colonel Ely Ould Mohamed Fall, ancien inamovible directeur général de la sûreté nationale au temps de son prédécesseur. Encore une fois, en dépit de son état rudimentaire et de sa panne profonde, la pseudo démocratie pluraliste et l’état de droit qu’avait connu le pays entre 1992-2005, n’ont pas été épargnés par la donne internationale et ses intermittents coups de force. L’inextricable imbroglio des intérêts économiques et géopolitiques internationaux et régionaux antagonistes, occidentaux, français et américains notamment, apparaît en filigrane.

-IV-
Au terme de cette chronologie sommaire, force est de reconnaître que, si le projet politique initial était bien de bâtir une nation mauritanienne par-delà les clivages ethniques, régionalistes et tribaux, il est indiscutable que l’absence d’une vision claire, les innombrables difficultés de parcours et les mutations de l’ordre international ont fini par conduire ce projet d’Etat-nation vers une crise inavouée. Vraisemblablement, ce modèle d’Etat ne répondant pas à une allégeance citoyenne voulue et intériorisée par les populations, a été systématiquement instrumentalisé par de subtiles schémas réductionnistes, clientélistes et sectaires s’identifiant, en somme, à des interminables pratiques de « politique du ventre », de coups de force et de coups de sang, qui se succèdent et se ressemblent dans un malheureux retour éternel.
A l’issue d’un demi-siècle d’indépendance nationale, Il demeure difficile de desceller le potentiel explicatif de l’influence des facteurs externes sur l’ordre politique interne de la Mauritanie et à l’inverse, le poids de la donne interne dans les relations extérieures de notre pays. D’où l’extrême difficulté d’évaluer objectivement la pertinence des objectifs, des méthodes et des résultats des différentes pratiques successives des politiques publiques en la matière.
Hésitante et déchirée entre deux choix qui paraissaient difficilement conciliables à l’époque: faire la politique de son histoire ou la politique de sa géographie, la Mauritanie avait perdu beaucoup de temps pour assoire sa propre identité nationale consensuelle. Une vision claire des modalités pratiques de la valorisation durable de cette identité nationale, devant jeter les bases d’une politique intérieure pérenne, avait longtemps manqué au rendez-vous. Par conséquent, la politique étrangère de la Mauritanie, qui devait être la projection de la philosophie politique nationale mettant en exergue les valeurs et les idéologies communes traduites dans des activités par les quelles l’Etat mauritanien, suivant des objectifs d’intérêt général bien prescrits, devait définir, établir et gérer ses rapports avec les gouvernements étrangers, s’est très vite confinée dans une logique conjoncturelle, sans consistance et sans portée. Elle avait finit par s’assimiler à l’ombrage des jeux partisans de lutte, tout venant, pour la conquête du pouvoir et le partage des privilèges. Bref, la Mauritanie est devenue un pays malade de sa politique étrangère.
La Mauritanie, dont l’existence avait été jugée comme un pur fait colonial visant à accentuer le morcellement du corps de la « Oumma », a été rapidement rejetée par le Monde arabe auquel elle se sentait, naturellement, plus proche. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, la Mauritanie s’est retourné vers les pays de l’Afrique noire. Elle avait participé à la création de l’Union Africaine et Malgache (OCAM) en 1961 et avait adhéré à l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1963. A cette époque la politique étrangère de la Mauritanie été inspirée par le tracé de la frontière coloniale sur le Fleuve Sénégal (et non pas sur une ligne plus au Nord comme le projet en fut formulé dans l’entre-deux Guerres mondiales et rappelé par le Sénégal au moment de 1’Indépendance) et la transmission du pouvoir à un Maure du Trarza, qui été une région traditionnellement plus tournée vers l’Afrique noire. D’où l’émergence du statut de la Mauritanie comme pays-pont entre l’Afrique noire et le Monde arabe. Cette approche avait été traduite en politique étrangère par la « théorie » de la « Mauritanie trait d’union » qui était en quête tourmentée pour faire admettre sa légitimité tant sur le plan africain que sur le plan arabe. Cette perspective ne cachait pas pour autant la réalité conflictuelle du rapport centre/périphérie de notre pays vis-à-vis de chacun de ces deux mondes.
Plus tard, le retrait de la Mauritanie de l’OCAM (Organisation Commune Africaine et Malgache) avait été interprété, par des élites politiques négro-mauritaniennes, comme étant un recentrage politique du pays en direction du monde arabe. La politique hâtive d’arabisation de l’enseignement à partir de 1966, la reconnaissance arabe de la Mauritanie au début des années 1970, l’entente avec le Maroc pour le partage du Sahara occidental (1975-1978), le désengagement vis-à-vis de la France (1972-1974) et à l’égard des organismes de coopération sud-sahariens francophones, avaient, à l’époque, attiser la méfiance des élites politiques des communautés mauritaniennes Pular, Soninké et Wolof. Un message provocateur avait été reçu par les élites de ces communautés avec le sentiment que les élites politique de la communauté arabo-berbère avaient délibérément mis en place une politique d’assimilation progressive mais sûre des communautés négro-mauritaniennes. Ainsi, la récupération, par la Mauritanie, d’une partie du Sahara occidental avait été comprise comme étant un déplacement du centre de gravité géographique du pays vers le Nord, pour renforcer sa maghrébinité et – du fait de la multiplication des relations avec des pays arabes du Moyen-orient (Arabie Séoudite, Koweït, Irak) – son arabité.
La réaction des élites politiques de la Vallée du fleuve Sénégal, qui avait connu une radicalisation progressive depuis 1986 (publication du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé, création des forces de libération africaines en Mauritanie (FLAM), tentatives prétendues de putsh pour convertir la Mauritanie en Walo-Walo, avait conduit à une exacerbation démesurée de la concurrence ethnique des nationalismes antagonistes pour le contrôle du pouvoir central. En 1989, la crise avec le Sénégal avait consacré un essor nationaliste radical de part et d’autre. La prise des distances la Mauritanie avec la France, son adhésion à l’Union du Maghreb arabe, ses bonnes relations avec l’Irak, notamment sur le plan de la défense, avaient constitué des arguments supplémentaires pour dénoncer un accès d’arabité devenu intolérable aux yeux d’une certaine élite Négro-mauritanienne. Par la suite, l’ensemble de ces éléments d’interprétation avaient été instrumentalisés politiquement pour le compte de la concurrence ethnique des nationalismes militants dans le cadre de leur lutte pour la conquête et/ou la consolidation du pouvoir.
A l’issue de la seconde guerre du Golfe et suite aux stimulantes recommandations du 16è Sommet franco-africain de La Baule en 1990, la fluctuation de la donne politique interne/externe de la Mauritanie avait connue une sorte de nouveau départ avec l’avènement de la démocratie, grâce aux réformes institutionnelles et législatives limitées qu’elle avait apporté. La rupture avec l’Irak, la souscription aux prescriptions des institutions de Bretton Woods, l’adhésion au processus de Barcelone, la participation à la lutte contre le fondamentalisme, le rapprochement avec les Etats-Unis et la normalisation avec Israël notamment, avaient substantiellement consolidé l’autorité du pouvoir qui était en place en mettant la Mauritanie dans une prodigieuse perspective internationale qui, malgré sa dynamique, ne tardera pas à atteindre ses propres limites. Pour une large élite issue de la communauté arabo-berbère, la continuation de la domination de la langue française dans l’usage public officiel en violation de l’article 6 de la constitution de 1991, les arrestations massives des nationalistes arabes et islamistes et la normalisation avec Israël en particulier, ont conduit les politiques publiques, sur les deux plans interne et externe, vers un acharnement politique anti-arabe. De nouveau, la Mauritanie officielle, qui, au nom d’une arabité prétendue, été déjà taxée antagonique à l’africanité du pays, s’est retrouvée ouvertement hostile à cette même arabité.
Plus récemment en 2005, cette situation controversée de flottement des antagonismes latents, qui avait survécue à de nombreux soubresauts, coups de force et coups de sang, a constituée un héritage confus pour les autorités de transition du CMJD lors du coup d’état du 3 Août. Lesquelles autorités qui avaient bien pris soin d’expédier, à l’état brut, ladite situation au compte courant des nouveaux pouvoirs démocratiquement élus.

-V-
L’opinion publique nationale, malgré un niveau élevé d’analphabétisme et en dépit des innombrables obstructions à la liberté d’expression de tous les temps, a été souvent très sensible aux événements de la politique internationale. Toutefois, la politique étrangère de la Mauritanie, ses moyens de mise en œuvre et son appareil diplomatique avaient toujours été mal connus et mal appréciés de la part de cette opinion publique. Globalement, la prise de conscience de l’importance de la donne internationale, imposée à notre pays par l’embarras de sa condition géopolitique et stratégique, et son énorme impact sur sa politique intérieure, a toujours été sous-estimée par les pouvoirs politiques successifs. La légèreté avec la quelle avait été traitée la prépondérance de cette donne internationale et ses incidences sur la politique intérieure, s’était souvent traduite par une politique étrangère inadaptée, peu visible et peu efficace.
L’élaboration d’une politique étrangère est un effort intellectuel, politique et professionnel qui exige capacité et volonté. C’est un exercice complexe qui demande une préparation soigneuse, complète et discrète, tout en prenant en compte de nombreuses variables qui forment un tout interactionnel et dynamique. Elle présuppose une excellente connaissance de l’environnement international (réalités, évolutions, changements, opportunités, menaces, etc.…), et du contexte sociétal interne, un cadre institutionnel approprié et des mécanismes adéquats de mise en œuvre et de suivi évaluation. La compréhension des liens dynamiques entre le comportement interne et le comportement international font appel à de nombreux domaines d’expertise et d’expérience (politique, économie, droit, sociologie, anthropologie, etc…). La diplomatie qui représente pour les relations internationales ce que représente la chirurgie pour la médecine ne se limite pas à l’action des ambassadeurs. A vocation multisectorielle, elle concerne tous les niveaux et tous les domaines d’intérêt pour le pays en question.
En Mauritanie, l’élaboration de la politique étrangère et la conduite de la diplomatie avaient, longtemps, constituées un apanage du domaine réservé des chefs d’Etat. Sans se donner les moyens exigés par la complexité de la charge et par les normes internationales reconnues en la matière, ces chefs d’Etat étaient souvent portés à être leurs propres ministres des affaires étrangères, voire leurs propres ambassadeurs. Désœuvrés, récompensés ou exilés selon le cas, la plupart de ces derniers s’étaient livrés à d’autres activités plus subalternes mais plus profitables pour préparer des retraites dorées. En dépit de cette énorme responsabilité publique, rare sont les chefs d’Etat qui s’étaient donné les moyens en ressources humaines qualifiées, en ressources organisationnelles d’expertise appropriées et en ressources financières nécessaires, pour s’en acquitter convenablement.
Durant 47 ans d’indépendance, aucun conseil national de sécurité, aucun conseil de défense, aucun système « opérationnel » de coordination générale des politiques publiques n’avait vu le jour auprès des 6 chefs d’Etat qui se sont succédé à la tête du pouvoir en Mauritanie. Pourtant, ce genre d’organismes et bien d’autres, qui présentent généralement une composition intellectuelle et professionnelle multidisciplinaire et fermée, assurent un rôle de « germoir public » pour les idées, les approches, les choix et les options de politiques intérieure, étrangère et de sécurité /défense, qui sont corroborées par la divergence des doctrines, des expériences, des intérêts et des sentiments de la crème de l’intelligentsia nationale qui veille sur leur fonctionnement assurant ainsi, après arbitrage, au niveau du gouvernement et du chef de l’Etat, les solutions les plus adaptés et les plus rationnelles qui sont retenues et insérées, par la suite, dans une ligne politique cohérente dont l’exécution est assurée par les administrations et les services publiques ainsi que leurs représentants aussi bien à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Ce glissement de l’exercice de pouvoir vers un seuil despotique de la politique étrangère a été très tôt amorcé à l’aube de l’indépendance de la Mauritanie. La consolidation du pouvoir présidentiel est passée par un double processus de concentration institutionnelle et politique. La constitution parlementaire de 1959 faisait place en 1961 à une constitution d’inspiration présidentielle. Parallèlement, le monopartisme d’Etat a supplanté le multipartisme naissant. Le PPM (Parti du Peuple Mauritanien) avait été transformé en parti unique institutionnalisé par la révision constitutionnelle de 1965. Plus tard, cette tradition hautaine de gouvernance a été perpétuée, sous d’autres appellations taciturnes, par tous les pouvoirs qui se sont succédé.
Abandonnée à la discrétion et à l’appréciation exclusive du chef de l’Etat et de « ses proches », suivant des qualifications individuelles et des tempéraments personnels, la gestion de la politique étrangère de la Mauritanie s’est inlassablement banalisée, personnalisée, puis taboutisée, échappant ainsi à tous contrôle objectif, de surcroît démocratique.
Au fil du temps et des frustrations cumulées par les rendez-vous manqués avec le changement et la réforme en profondeur, l’errance de la politique étrangère mauritanienne commence à poser le problème de l’engagement national qui revêt parfois des considérations d’ordre moral et religieux. Il s’agit de définir l’étendue du pouvoir d’initiative et de décision des dirigeants. Aucun gouvernement, si autoritaire soit-il ne saurait, aujourd’hui, sous-estimer le concours ou l’affaiblissement que peut lui apporter son opinion publique. Mais si démocratique soit-il, aucun Gouvernement ne saurait non plus ignorer les limites et les conditions de l’appui populaires à sa politique étrangère.
Deux exemples témoins des pures contradictions de la politique étrangère de la Mauritanie et des limites de sa diplomatie restent particulièrement édifiant à ce sujet: (i) lorsqu’en 1977 la Mauritanie, qui s’était lancée en plein dans l’aventure du Sahara, avait été contrainte de faire appel à la France pour assurer sa défense, malgré, que la Mauritanie venait de sortir de la révision des accords de coopérations à l’égard de cette puissance internationale en 1972. D’où le tiraillement de cette politique étrangère entre le souci de préserver le label progressiste qu’elle s’est forgé au sein du Tiers-monde d’une part et, la nécessité de garantir son intégrité territoriale et sa souveraineté nationale d’autre part. (ii) Plus de vingt ans après, lorsqu’en 1999 la Mauritanie avait établi des relations diplomatiques avec Israël, malgré que ce choix de politique étrangère reste le moins compris et le plus contesté par l’opinion publique, le nouveau gouvernement élu, qui est actuellement en place, hésite encore entre le souci de préserver sur le plan international les « avantages comparatifs » liés au maintien de cet « acquis diplomatique » d’une part et, le désir croissant de récupérer politiquement la satisfaction d’une grande partie de l’opinion publique en mettant fin aux relations diplomatiques avec l’Etat hébreux, au risque et péril de perdre lesdits avantages.
Certes, en politique la bonne voie n’est pas toujours facile à trouver. La démarche peut être coûteuse, en efforts, en temps et en sacrifices, mais une chose est incontestable, la politique étrangère et la diplomatie s’accommodent mal de l’improvisation.
La vie d’une nation ne s’arrête pas à une situation figée. Ses rapports avec les autres se poursuivent, s’étendent et se modifient. Il en résulte une série indéfinie d’actions et de réactions qui, certaines causées, d’autres voulues, doivent toutes être ordonnées et coordonnées pour constituer une politiques étrangère au service de la quelle se placent les moyens et les actions des diplomaties aussi bien la diplomatie classique que les diplomaties parallèles, entendues comme étant la science et l’art des rapports entre les Etats et les peuples.
Il ne s’agit pas de nourrir des illusions. Dans la compétition internationale, que les phénomènes trans-étatiques (crime organisé, terrorisme, trafics illicites, migration, etc…) de la globalisation ne cessent d’alimenter, la nation qui ne manœuvre pas est aussitôt dominée par la manœuvre d’une autre. Le seul espoir raisonnable est que la rationalité des politiques tendent à la conciliation des rivalités plutôt qu’à l’aggravation des antagonismes.

Aujourd’hui, la politique étrangère de la Mauritanie et sa diplomatie sont appelées à rénover et à changer de perspective. Une véritable réforme de cette politique touchant aussi bien le fond que la forme ne peut plus tarder. Il est temps que la politique étrangère de notre pays, dans sa persistante errance privilégiant exclusivement la sécurité du territoire et celle des gouvernements au détriment de l’Homme, place désormais, le citoyen, ses aspirations pour un développement durable et ses intérêts légitimes comme point de référence pour toute action publique future.
 Source :journaltahalil




Quand les chauvins montent au créneau… ( suite, 2ème Partie)

20082007

Quand les chauvins montent au créneau… ( suite, 2ème Partie)

              Particularismes chauvins et Dictature

Si le particularisme arabe classique, à la longue, a suscité une démarche et une méthode empreintes de prudence parfois raffinée, pour exprimer les pires illusions et nourrir les pires préjugés à propos des « L’kwars », dans une opinion publique  parallèlement et constamment « travaillée » par les divers services de renseignement du régime défunt, ce n’est pas seulement à cause de la haute qualité d’éducation politique et l’intelligence intrinsèque de la plupart de ses principaux responsables historiques.

C’est surtout parce qu’il était organisé – le courant baathiste davantage que le nassériste- et versé dans l’arène politique où il était parfaitement identifiable en tant que tel.

Ce faisant, il avait acquis l’une des vertus cardinales de toute formation politique digne de ce nom : le sens tactique et l’esprit de compromis en vue de la pérennité de son action à long terme.

Il avait donc des impératifs politiques qui lui dictaient de ne pas s’affranchir de toutes les considérations liées à l’unité nationale et à la défense extérieure du pays, surtout face à un régime dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne pouvait inspirer confiance et sérénité d’existence, à personne, pas même à ses alliés du moment.
 
De là, ses alliances parfois contradictoires et successives avec les camps opposés de l’échiquier politique, son va et vient constant entre le pouvoir dictatorial et l’opposition démocratique, l’alternance des phases d’alliance avec le pouvoir de M. O. Taya et sa répression par ce dernier, ses poussées de fièvre identitaire et la modération qui suivait dans l’approche de certains aspects de la question nationale.

Aujourd’hui, à l’heure du compromis national sur les questions essentielles évoquées précédemment, il n’est que de voir comment les particularistes classiques ont peine à se déterminer clairement, en dehors des contraintes de leur fantasque idéologie politique, à l’exclusion bien sûr de ceux d’entre eux que retiennent ailleurs leurs alliances politiques partisanes (comme par exemple les nasséristes de l’APP)…

Les néo-particularistes arabes pour leur part, à l’instar de leurs congénères négro-africains sur lesquels nous reviendrons, ne s’encombrent ni d’intelligence tactique ni de précaution de langage, ni d’une quelconque conscience collective patriotique. Née et grandie sous le régime militaire, à l’ère de la mondialisation et d’internet, cette génération en exprime à la fois l’obscurantisme brillantissime, l’arrogance verbeuse, la fausse culture, le plat opportunisme, la frivolité guindée et la froide cruauté.

De la politique, elle n’a qu’une vague idée, en dehors du fait qu’elle peut enrichir son homme et que pour l’entreprendre, il n’y a ni règles ni conditions, si ce n’est la réussite personnelle à tout prix.
 
D’une manière générale, à l’exception de quelques rescapés des divers courants politiques pré régime militaire, hors feu le PRDS qu’elle écumait et dans les eaux stagnantes duquel elle avait proliféré, cette génération ne connaît aucune « organisation » et ne se reconnaît dans aucune pensée politique à part celle dominante du moment. 

Ectoplasmique, elle faisait donc parfaitement l’affaire de la dictature qui l’a engendré et qu’à son tour elle a boursouflé en en étant, in fine, l’esprit frappeur, l’âme damnée et le souffle nauséabond.

Pour cette génération, le « nationalisme », qu’il soit patriotique ou identitaire, est par définition et par principe, sectaire et matérialiste vulgaire, car ne pouvant reposer que sur le besoin effréné de jouissance sans limites des « bienfaits » du pouvoir.

Pour elle, seule compte la carrière et son double naturel, la sinécure.

Gangrenés par l’esprit de lucre et de l’argent facile, les tenants de cette nouvelle voie particulariste ne se risquent jamais hors des eaux boueuses de l’exclusivisme et de l’intolérance.

En vérité, leur seul « apport » dans la vie politique du pays est de souligner, de mettre en vive lumière, les bas-reliefs, les soubassements réels et les sous entendus de la politique officielle du pouvoir en direction des minorités, des laissés- pour- compte et de toutes les victimes de l’ère de M. O. Taya : rompus au cynisme, ils disent souvent bénoîtement tout haut ce que d’autres peuvent penser tout bas dans la nébuleuse nationalitaire, et exécutent sans état d’âme ce qu’ils savent ou  supposent être la volonté du Chef qu’ils décèlent toujours mieux que personne.

Armés de cette « idéologie » domestique de la dictature, les voilà aux commandes de toutes les intrigues d’Etat, de tous les faux complots et des réels coups bas assénés à leurs pires adversaires : les minorités, les laissés pour compte, toutes les victimes de la dictature, les intellectuels arabes patriotes, le peuple mauritanien multinational dans son ensemble.

C’est dans cette faune que le régime de O. Taya a recruté des années durant ceux qui formeront, sédiment après sédiment, secteur par secteur, au sein de l’appareil d’Etat dévoyé, son armée de l’ombre, sa réelle armée, avec ses critères burlesques de promotion, ses raisons inavouables, ses réseaux d’affidés…et ses frasques.

Celui qui perd de vue cette réalité socio-politique ne comprendra jamais l’irrationalité permanente de ce pouvoir, ses dérives extrêmes, sa paranoïa et ses hantises identitaires multiples, régionalistes, tribalistes, ethnicistes, racistes etc…, son absence de scrupules. Ses bêtises.

Et sa séparation organique avec le peuple dans son ensemble et la communauté arabe en particulier -qu’il prétendait « défendre » mais dont il compromettait en permanence et  l’honneur et les intérêts stratégiques…

Concevant l’Etat comme un bien appropriable et, surtout, susceptible de partage au sens étroit, ces néo-particularistes, ultra minoritaires dans leur propre « milieu » tribal et ethnique, n’ont eu de cesse d’imposer leur vision de ce dernier à toute la société mauritanienne : une bête sur laquelle il convient de se servir soi même, si possible tout seul, et à la rigueur avec les « siens », étroitement considérés.

L’exclusion ethnique et social et son amplification prennent donc racine dans cette vision ultra individualiste, si parfaitement compatible avec l’air du temps, l’ultra libéralisme.

C’est cela, pourrait-on dire, l’économie politique réelle, le « ventre » de cette couche sociale créée de toutes pièces par le régime déchu, à force de non droit et de destruction de nos valeurs communes les plus élémentaires, tel le sens de l’effort, le sens de l’honneur, le sens de l’intérêt général et de la solidarité, le respect du prochain, l’esprit de compassion et de pardon.

C’est cela qui fut, quant au fond, la cause de la perte de pouvoir de M. O. Taya !

Toujours à l’affût d’une « bonne cause » pour justifier leurs services auprès de ce dernier, servi par les errements verbaux et les postures guerrières factices de certains particularistes négro-africains et haratines, dont certains sont des provocateurs avérés,  tout spécialement ceux de la génération nouvelle, jouant sur les peurs, les ressentiments et les aspirations légitimes de la partie « bidhaane » de la communauté arabe, ces néo-particularistes ont donc systématiquement cultivé dans toutes les sphères administratives et politiques de l’Etat gérées comme des fiefs, l’incitation à la haine intercommunautaire, tribale et sociale, en faisant des patriotes et défenseurs des droits des gens et des minorités, et, au-delà, des communautés elles mêmes et des groupes sociaux concernés, les cibles permanentes de leurs attaques, l’objet d’une haine d’Etat.

Le processus de criminalisation de l’Etat en Mauritanie vient de là, de cette culture de haine identitaire qui porte en lui les germes du génocide comme les nuées l’orage – et qui déboucha effectivement sur un processus génocidaire inachevé mais bien réel que furent les déportations massives souvent accompagnés de meurtres et de spoliations de toutes sortes des populations du sud et les massacres non provoqués, gratuits, de plusieurs dizaines d’officiers et de soldats négro-africains.

Ayant couvert de leur ombre les pratiques les plus intolérables du régime déchu, ayant construit leur prospérité sur les ruines de l’Etat de droit, le déni de justice et l’absence de scrupules vis à vis de l’unité nationale, comment s’étonner que les particularistes, spécialement ceux de la jeune Garde ruent sur les brancards, s’agitent et se démènent comme de beaux diables pour empêcher que ne soit crevé l’abcès qu’ils ont sciemment provoqué en plein dans notre nation et dont le prurit menace en permanence d’en défaire l’ unité et compromettre la stabilité ?

Comment s’étonner qu’avec l’énergie du désespoir, ils ne tentent de piéger le processus en cours de règlement des aspects saillants de notre crise politique et de s’opposer à l’essentiel dans ce qui se profile : la réconciliation nationale et l’instauration d’un véritable Etat national démocratique, fondé sur l’unité et la pleine égalité de l’ensemble de ses communautés et citoyens ?
( à suivre)

Toute reprise d’article ou extrait d’article devra inclure une référence à Commentaires : Aucun commentaire »






bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann