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Dans l’œil du cyclone, la polygamie

27082007

Dans l’œil du cyclone, la polygamie 

Enquête de Bâ Talibé, dit Aboubécrine 

 

Phénomène de société, tradition séculaire ou recommandation religieuse ? La polygamie est toujours là. Elle continue de marquer la vie des foyers mauritaniens, toutes couches et communautés confondues. Que penser de cette pratique sociale, néfaste pour certains et vitale pour d’autres? Comment est-elle vécue ? Quelles en sont les  conséquences ?

 

 

Beaucoup d’hommes pensent que la polygamie est normale. Surtout pour un musulman.  Se basant sur des versets du Coran, ils soutiennent qu’elle permet à la communauté musulmane de s’élargir. Les fervents partisans de cette position citent des hadiths du Prophète Mohamed (PSL) encourageant les jeunes à épouser les femmes procréatrices…

Il y en a même qui estiment que c’est la sunna… Pourtant les versets de Coran faisant mention de la possibilité pour un homme d’avoir plusieurs épouses (polygynie), attirent l’attention sur la délicatesse de cette pratique. “Si vous craignez de ne pas être justes, limitez vous à une seule”, dit le Coran ; ou encore : “vous ne parviendrez jamais à être équitables entre vos femmes.”

Selon le nouveau code du statut personnel (CSP), la fille peut choisir la monogamie. Et ce en vertu de l’article 28 du même code qui lui permet de stipuler dans le contrat que son mari n’épouse pas une seconde femme.

Le non respect de cet engagement pris au départ donne à la femme la possibilité d’une dissolution judiciaire du mariage en plus d’un don de consolation laissé à l’appréciation d’un juge.

Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les hommes épousent et répudient les “âmes sœurs” selon leur bon vouloir. Cette pratique est d’autant plus facile que la conception du mariage polygame diffère selon les communautés du pays.

Chez les Peuls, la polygamie ne choque personne, elle est admise. Dans la conscience pulaar le “Naouligou” a beaucoup d’avantages. Il permet de tisser les liens entre les différentes familles, consolide le groupe et confère au polygame un prestige. C’est pourquoi dans la société peule les filles ne peuvent pas s’opposer à la polygamie. Dans ce milieu, selon un article du journal Le Calame paru en 1994 et disponible sur Internet sous le titre “Femmes et Traditions ancestrales en Mauritanie”, 36% des femmes sont mariées à un polygame. Un chiffre important au regard de l’importance que revêt la position de première épouse dans les communautés négro-africaines en général…De plus la répudiation est mal vue…

Comme les Peuls, les Soninkés approuvent, dans leur majorité,  la polygamie. Fortement pratiquée dans cette communauté, elle est censée “agrandir” la famille, consolider le groupe, éviter la débauche des filles. Autant de raisons motivent 50% des femmes Soninké à vivre avec des maris polygames.

L’équilibre social dont la responsabilité incombe dans cette société à la femme dépend du mariage. Son échec expose la femme à toutes sortes de vindictes.

Les Wolofs battraient le record de la pratique polygame : 53% des femmes vivent dans des foyers polygames. Elles donnent l’impression de jouer le jeu : opérations concurrentielles de charme, prévenances particulières. Tout est bon pour accrocher le mari commun…

Chez les Maures, la polygamie est rare parce que refusée par la culture du milieu. Seuls les riches et les grands Cheikhs la pratiquent. Encore faut-il que ce soit dans la plus grande discrétion. D’où le terme de “sirriyya”. Une pratique dont la question de la  légalité religieuse est l’objet de controverse. Il est rare, sinon impossible, de voir deux co-épouses habiter dans la même concession conjugale. C’est que dans cette communauté, la femme bénéficie d’un privilège. Elle donne l’impression de tenir les rennes du pouvoir.

A côté de cette observation, nous avons procédé à un sondage trottoir auprès de certaines personnes réparties entre les tranches d’âges situées entre 20 et 60 ans. Il se trouve que les points de vue divergent en fonction des générations.

Ainsi les jeunes (20-40 ans), dans différents quartiers de Nouakchott, se disent contre la polygamie. Sur un échantillon de 100, 85 des personnes, mariées ou célibataires sont contre la polygamie. Pour les jeunes couples mariés la tendance est à la monogamie  bien que certains envisagent la polygamie à l’avenir si les moyens le leur permettent.

Il faut dire que les jeunes ont plusieurs raisons de réfuter l’éventualité de devenir polygames. Certains arguent qu’elle peut causer la discorde au sein de la famille, d’autres estiment qu’elle peut être source de propagation des maladies sexuellement transmissibles…

Selon  Mohamed Wone, élève au lycée technique : “La polygamie est une très mauvaise chose. Il y a toujours un malentendu entre les  femmes. Cela crée des tensions entre les enfants. Le mari est accusé d’avoir un penchant. C’est normal car l’homme ne peut aimer deux femmes à la fois.” De son côté, Moustapha Diallo, élève également au lycée technique, interrogé alors qu’il venait de se présenter au concours de l’ASECNA, affirme : “Moi, la polygamie ? Jamais! Une seule femme c’est déjà trop de problèmes. Avec deux ou trois, bonjour la catastrophe. En plus, il faut être prudent dans la vie actuelle. Avant de  se marier, il faut faire un dépistage, car il y a les MST… et Dieu sait que la jeunesse n’est pas à l’abri.”

Certains pensent que même si elle devait être adoptée, la polygamie serait une solution remède à d’éventuels problèmes sociaux : désir d’avoir un enfant, par exemple. C’est en tout cas l’avis de MKD, cet autre élève qui a préféré rester anonyme. Il affirme : “je ne serai polygame que si ma femme est stérile.”

Quant aux filles ou jeunes femmes la réaction monte d’un cran. Aissata Sarr, 25 ans, étudiante, affirme, catégorique : “La polygamie ? Pas question! Il n’y a que des problèmes. Le mari aura toujours un parti pris et ce sera la haine entre les épouses. Je ne serai jamais l’épouse d’un polygame. Aussi riche, soit-il.” Madame Guissé Aicha, 40 ans prestataire de services et juriste de formation est encore plus corrosive: “la polygamie est contraire aux valeurs modernes à savoir la gestion familiale le coût de la vie. En plus aujourd’hui les femmes ont appris à être indépendantes des hommes. Certaines, dont je suis, travaillent. Au vu de ces raisons la polygamie n’a plus droit d’exister.”

Décidément! La polygamie est devenue l’ennemi public numéro un des femmes. Presque 75% d’entre elles n’en veulent plus. Une seule voix discordante cependant : “L’essentiel, confie une étudiante divorcée, c’est de se marier et que l’homme ne varie pas au fil du temps. S’il change, poursuit-elle, on demande le divorce. C’est tout.”

De leur côté la majorité des gens mariés qui ont entre 40 et 60 ans ne veulent pas de la polygamie. Pour des raisons personnelles, financières, et morales. La polygamie n’est pas bien perçue. L’on pense que l’homme ne peut être juste car le cœur flanche toujours d’un coté. Les difficultés du foyer, la responsabilité à assumer, font que cette pratique est à bannir. On peut dire qu’ils représentent 60% du lot. Quant à la deuxième partie (40%) des adultes, mariés ou non, ils ne rechignent pas à l’envisager à l’avenir. Ces hommes avancent que notre religion l’autorise, “il y a trop de filles qu’il faut secourir” et qu’on a besoin de changer car “l’homme a droit à la joie”. Beaucoup disent que ce qui les retient d’être polygames c’est l’insuffisance pécuniaire. Enfin d’autres restent indécis et que chacun est libre de choisir la vie qu’il veut mener!

Beaucoup d’autres questions restent liées à cette pratique. Existe-t-elle au sein de la classe politique ? Comment y est-elle vécue ? Qu’en est-il des mariages tenus secrets ? Autant d’interrogations auxquelles nous essayons de répondre.

 

 

Paroles de polygames 

“Beaucoup d’hommes sont polygames  sans le vouloir. Moi par exemple ma première femme m’a été choisie par mon père, ma deuxième  par mon oncle maternel et la troisième, c’est moi-même qui l’ai choisie.” Ce témoignage d’A.T, retraité de la fonction publique, qui est aujourd’hui gardien de magasin, montre le caractère purement traditionnel du mariage. Une pratique sociale soumise à des contraintes relationnelles presque sacrées. Le fait est que dans les communautés traditionnelles du Fouta et du Guidimakha en général les conjoints sont choisis par les parents aussi bien du côté paternel que du côté maternel. La “denrée féminine est presque imposée. L’homme accepte par obligation les différentes offres. Convenances sociales et désir de procréation ? Tout est là pour justifier la polygamie.  A 67 ans ce vieux retraité affirme : “Mes trois femmes m’ont donné 25 enfants. Elles vivent toutes dans la même concession sans problèmes parce que j’essaye d’être le plus juste possible entre elles.” Mais si le but des mariages polygames peut être la procréation, ses conséquences sont ailleurs incontrôlables. M. C commerçant à Elmina avoue :“J’ai été polygame par nécessité. Après cinq ans de mariage je n’avais pas d’enfant avec ma première épouse .J’ai alors décidé d’épouser une seconde femme avec d’ailleurs l’avis de la première. Mais dès que la seconde a commencé à avoir un, deux, trois c’était la terreur dans ma famille. La première, par jalousie ou par méchanceté, était devenue méconnaissable. Chaque jour, elle nous fait des histoires. Je ne  peux pas la répudier. Les parents diront que je suis injuste mais franchement elle est insupportable actuellement dans la maison.” M.C est-il seulement conscient de la frustration qu’il a causé à sa première épouse ?  La réaction de celle-ci est très révélatrice : “laissez-moi en paix! Je n’ai rien à vous dire.”  Comment alors  tenir le coup d’une polygamie sans accrocs ? “Les malentendus sont inévitables mais on arrive toujours à les surmonter”, confie l’une des épouses de A.T.  Pas facile de s’entendre quelle que soit la bonne volonté. La situation demeure difficile à supporter. Psychologiquement. “Au départ on s’entendait bien, confie la seconde épouse de M.C. Mais depuis que j’ai eu mon premier enfant, poursuit-elle, c’est la guerre. Ma  co-épouse ne veut plus me voir. Elle me déteste et déteste aussi mes enfants. Elle oublie le destin et me fait porter tous ses malheurs. C’est très difficile avec elle en ce moment.” D’autant plus difficile que certains hommes sont confrontés à des dilemmes

 

M S  est fonctionnaire. A 58, il a été contraint de séparer ses deux familles et de supporter la cassure. “Mes enfants ne se connaissent même pas”. Peut-être qu’à l’avenir ils sauront qu’ils ont le même père.” Un échec ? En tout cas, La situation de M.S n’est pas loin de celle de cet ouvrier de 36 ans, débrouillard, rencontré au marché Thieb Thieb. :“Si je savais que la polygamie me mènerait à cette vie jamais je ne l’aurais pas faite. J’aimais ma première femme mais mes parents m’imposèrent ma cousine comme seconde épouse. Malheureusement  elles ne font pas bon ménage.  Aujourd’hui ma première femme m’a quitté avec mon enfant dans le ventre. Elle demande le divorce. Ce que je refuse car je veux voir mon enfant naître et pouvoir m’occuper de lui. Toutes les médiations auprès de ma femme ont échoué je ne sais plus comment  faire. Je pense même faire intervenir la loi pour régler le problème. Je crois que c’est l’ultime recours pour que mon épouse regagne notre domicile.”

D’après ces témoignages, la polygamie se solde toujours par un échec : divorce, dislocation familiale, conflits, haine…Il ressort toutefois que les jeunes couples résistent moins aux pressions de la pratique du mariage polygame. Manque d’expérience ou de patience ? Contexte inadapté ou incapacité à contrôler le foyer ? Toujours est-il que le premier témoin, du haut de ses soixante sept ans, avec ses trois femmes et ses vingt-cinq enfants, fait figure de capitaine aux trois navires qui n’ont pas chaviré malgré les grandes tempêtes de la polygamie… 

 

Polygamie et divorce 

Source La Tribune 

Le taux de divorce est différent selon les composantes du pays mais certains mariages polygames finissent par des divorces. Généralement c’est la première épouse qui est répudiée au profit de la deuxième ou de la troisième dans presque toutes les couches sociales du pays. Ainsi chez nous le taux de divorce dans les foyers polygames diffère selon la communauté. Chez les Peuls par exemple il est de 4,7% ,chez les Soninkés de 3,6%,chez les Wolofs de 2,5% alors que chez les Maures il et de 37,6%. Le faible taux de divorce chez les negro  mauritaniens s’explique par la culture. En effet dans ces différents milieux la femme divorcée est mal vue; ce qui explique le “sacrifice” des femmes à conserver les liens conjugaux surtout s’il y a des enfants. Chez les Maures, la conception du divorce est tout autre. Dans la mentalité collective des femmes de cette communauté, la femme se glorifie par le nombre de maris qu’elle peut compter dans sa vie. Le divorce est donc loin de constituer une humiliation pour la femme. Bien au contraire. 




La maffia de l’aspirine et des antibiotiques

27082007

Sexe, maladies, mort… 

 

Ailleurs, c’est sous les yeux de chaque mauritanien. De jour en jour, pilulent dans nos rues des « pharmacies-boutiques ». Sur 100 autorisations d’ouverture octroyées, 80 d’entre elles, le sont frauduleusement. « Maintenant à Nouakchott, entre deux pharmacies se trouvent une pharmacie », s’ammuse-t-on à dire. A la polyclinique, ou Waghfet El Mechakil sur un kilomètre, elles sont alignées de part et d’autre du rond-point. La concurrence est rude et déloyale: les prix ne suivent aucune logique.

 Mais au fond, sur quelle base est attribuée l’autorisation ? Certains grands commerçants, pour contourner la loi, vont au Sénégal ou au Mali débusquer un diplomé en pharmacie pour l’aider administrativement et financièrement à ouvrir et tenir une « boutique de médicaments ». Au bout d’un temps, ils renvoient le type et recupèrent leur bien qu’il donne à un parent qui n’y connait que dalle.

D’autres ne s’embarrassent même pas de tout ce tralala. « Avec l’argent tout est possible chez nous ». Suffit-il de graisser la patte ?

Sans la bénédiction de l’Inspection Générale de la Santé, l’aval pour ne pas dire la complicité des services de douanes, et autre caution de départements ministèriels, comment comprendre la réussite insolente de ces milieux ?

Aujourd’hui cette maffia du médicament est tentaculaire. Elle touche à tout. Des produits de la CAMEC se retrouvent régulièrement dans le circuit commercial clandestin.  Qui profite du malheur des malades et des accrocs de drogues (sida, paludisme, tuberculose, IST, drogue, alcool…)

Sur le plan international, le commerce de contrefaçons de médicaments couvre 10% de la consommation mondiale. Combattue dans les pays du Nord par les grandes firmes pharmaceutiques comme l’américain Pfeizer ou le suisse Novartis – création récente d’une puce électronique d’identification de produit authentique – en Afrique et en Asie, la falsification serait encouragée par quelques gouvernements. Motif ? C’est une autre façon de lutter contre le brevet exclusif de fabrication de médicaments essentiels (les génériques) des multinationales occidentales.

Si la démarche peut sembler de « bonne guerre », elle ne constitue pas moins, une entorse à la loi sur la propriété intellectuelle et le brevet.

Et dans cette brèche de « cause juste », se sont engouffrés des « nique-le-bénéfice »qui défendent que « le vrai c’est ce qui sert »

Sur le plan national, des histoires d’ordonnances établies au pif ou de médicaments prescrits ne servant à rien peuplent le quotidien du Mauritanien.

Des docteurs sont payés à la commission par des fournisseurs ou fabricants de médicaments suivant le nombre de fois qu’ils prescrivent leur marque aux patients. Les pharmaciens ne sont en marge de cette marchandage.

« Pour une simple migraine quand on achète un produit fait de molécules vides donc inoffensifs, il faut s’estimer heureux. Car sur le marché, circulent dès fois des molécules dangereuses pour la santé. Au mieux une autre maladie et au pire la mort », confie un médecin.  A la question comment lutter contre ces pratiques, l’ensemble de la profession de pharmaciens consciencieux, s’avouent avec amertume impuissants face à cette « puissante industrie parallèle ». « C’est un réseau international où parait-il des fabricants connus n’hésitent plus à collaborer avec des contrefacteurs dans la fabrication de substances destinées aux marchés africains, asiatiques ou de l’Amérique du Sud », révélations contenues dans le rapport d’un enquêteur sur le conflit de l’Industrie pharmaceutique et contrefacteurs. « A moins que l’Etat ne durcisse les lois sur l’importation de médicaments et la vente de ceux-ci »,  disent sans illusions des compatriotes diplomés et propriétaires d’officines.

En attendant, à travers le marché des médicaments circule beaucoup de poison à portée de main.

 Enquête de Cissé El Hadj

Source/ La Tribune

 

 




Boghé :un coup de maître pour les jeunes de l’Association des jeunes de Dioullom (Dental),

27082007

  

Pour un coup d’essai ça a été un coup de maître pour  les jeunes  de l’Association des jeunes  de Dioullom (Dental), village situé à 18 KM au nord-ouest de  la moughata’a de Boghé, d’organiser pour la première fois leurs 72 heures culturelles et sportive après 13 ans d’activité. Au cours de ces 72 heures, les jeunes ont pu faire revivre des pans entiers de la culture et la tradition qui avaient tendance à disparaître. C’est aussi un moment très fort où l’imam de la mosquée a présenté une conférence à l’intention de tous les participants sur « l’Islam et
la Jeunesse  ». Au cours de cette conférence, le conférencier dira que « l’Islam est en phase avec le développement et qu’il n’est pas contre la modernité et que la jeunesse actuelle doit se ressourcer pour toute activité ». Au cours du 2e jour, M. Djigo Moussa présentera une conférence relative à l’environnement. Le conférencier dira que « l’écosystème est vital pour toute vie (animale et végétale) et par conséquent, les jeunes doivent être à l’avant-garde de le protéger et de l’entretenir. Il faut noter que le village de Dioullom situé sur une dune de sable est complètement ombragé. Cela est dû à la vigilance des jeunes qui se sont constitués en comités de surveillance et de vigilance pour la nature. Plus de 20 ans, aucun arbre n’a été abattu, ni dans le village, ni dans les environs. Et le 3e jour a été consacré à un reboisement de certains sites du village. 

A l’ouverture des 72 heures culturelles, M. Aliou Djibril Sow, a prononcé un mot à l’intention des participants et les villages invités. Au cours de ce mot, M. Sow va axer son mot sur un idéal commun à tous qui doit être un développement socio-économique de son village d’une part, et d’autre part au développement de
la Mauritanie. Et cela ne peut se faire sans l’apport de la jeunesse. Dans son discours, il lancera un appel aux jeunes de « redynamiser certaines valeurs qui tendent à disparaître. Tout ce qui nous vient de l’étranger n’est pas bon ». Il faut rappeler que l’ONG APEM, par le biais de secrétaire général, Sow Mokhtar, leur seul partenaire, leur a apporté le soutien moral, du matériel sportif et une pépinière d’arbres à reboiser. Au cours de ces trois soirées qu’ont duré les activités, des artistes locaux ont animé des soirées culturels. Cependant, une touche particulière a été apportée par le grand communicateur traditionnel, Sy Cheikh qui usé de ses talents d’orateur pour animer les 72 heures. Enfin, des matches de football ont opposé les villages invités et les équipes locales. 

Il faut noter que tout au long des 72 heures, un esprit de fair-play a prévalu. Ce qui a permis aux jeunes de se donner rendez-vous pour la prochaine année pour faire encore mieux. 

                                       Abou Boubou Fall, 

                                        Cp. Brakna 

 




POUR QUI SONNE LE GLAS : Epître au pharisien en exil pour lui dire qu’il y’a deux ans …

27082007

POUR QUI SONNE LE GLAS : Epître au pharisien  en exil pour lui dire qu’il y’a deux ans …  

                        

Voici venu le mois d’Août. D’habitude il annonce l’ensoleillement des ténèbres dans la zone tropicale  Nord.  

Voici revenu, devrais-je dire,  ce mois béni d’Août, où se sont révélées, pour le commun des mauritaniens, des vérités jusque là enfouies dans les profondeurs des ombres chinoises, qui du bout des doigts de  l’illusionniste que vous étiez, excellence OULD SIDI AHMED TAYA, nous avaient fait prendre des vessies pour des lanternes.  

Voici revenu donc le mois d’Août. Et voilà  deux ans, ou si vous préférez, 2 fois 360 jours depuis cette nuit du 03 Août 2005, où, vous vous résignâtes à sauver, subrepticement, votre  personne des griffes de vos anciens dévoués du Comité Militaire de Salut National. (CMSN) comme on le nommait. 

Alors, l’exil, le dernier argument des rois déchus, t’accueillait à bras ouvert !   

Pour mémoire, il est à noter que vous trôniez à cet instant sur
la Mauritanie depuis ce jour du 12 /12 / 1984, où avec quelques aventuriers, vous  mîtes fin, sans tambour ni trompette, au règne de MOUHAHED KHOUNA OULD KHAIDALAH. 

A l’époque,  toute
La Mauritanie , comme un seul homme voulut croire que vous étiez le Messie, annonciateur de
la Rédemption ! Malheureusement, en 21 ans de règne absolu,
la Mauritanie aura subi stoïquement son châtiment ; Vous lui avez en effet montré les fastes de vos turpitudes dictatoriales :  

Comme beaucoup de vos pairs, vous n’aviez guère lésiné sur les  crimes politique et économique, sur le bannissement ou l’emprisonnement de vos opposants pour sauvegarder votre tabouret. Je ne vous apprends rien sur votre passage à la tête de
la Mauritanie  !    

D’autres gens, plus au parfum de la « chose mauritanienne », feront un jour le réel bilan de vos années de pouvoir. Jà croyez à ma sincérité ; le résultat vous vaudra la damnation éternelle.  

Vais-je me passer des procès d’intension ? Certainement.  Le temps chez vous, sans nul doute, est à l’amertume tous les mois d’Août que Dieu fasse. Et moi, j’aurai juste voulu, entre ces lignes, dessiner les contours de votre absence.  

Vous êtes partis il y’a deux ans, deux ans le temps pour le pays d’être sevré de vos mamelles rabougries, le temps pour le pays  de se chercher une autre nourriture plus calorifique à même de lui apporter la valeur énergétique indispensable à sa survie et à son développement. Deux ans d’absence et déjà fait on semblant de vous oublier. L’amnésie ! Ah cette amnésie qui donne le paroli à l’usure du temps !!!  Soyez rassuré, vous avez une histoire, même si pour l’instant elle est reléguée à l’âge de fers, de la préhistoire mauritanienne. Elle n’intéresse plus personne par moment, excepté tes anciennes victimes qui houspillent ton nom pour le plaisir de leurs cœurs !  

Qui se souvient encore de vous. El présidente  MOUAWIYA OULD SIDI AHMED OULD TAYA, si ce n’est moi qui vous vouvoie encore.  

Vous m’arrêtez si je dis faux ; Je vous imagine quelque part, dans le golf persique sans aucun doute,  au Qatar, si je ne m’abuse, dans une résidence pour nababs désœuvrés, plus précisément. Vous êtes seul dans l’un de vos  salons gargantuesques et feutrés à la décoration orientale. Seul, au milieu de tout le flot d’informations qu’ALJAZEERA déverse dans vos oreilles. Vous y entendez par moment des expressions terribles vous donnant des sueurs froides : Mauritanie, Cmjd, Election, Pétrole, Déportés, Retour, Abolition, Esclavagisme Islamisme…- quand le chat est absent…-  

Pourtant, en dépit du décor ruisselant de gaietés, dans votre tanière, votre cœur de lion, paradoxalement,  bat la chamade. Vous êtes là, triste et mélancolique comme un bonnet de nuit. 

Je vous vois faire les cents pas, des allers retours entre quatre murs tel un lion en cage encaissant les coups de pied de l’âne que vous destinent vos compatriotes : « le jour pour vous et comme la nuit » aurait dit V. GUGO. 

  

Sans doute vous arrive-t-il de rêver dans votre purgatoire. De quoi ?  Peut être de voie lactée, peut être vous tracez des plans sur les comètes sur vos bras ! 

Les herbes folles de la mélancolie peuplent votre jardin et vous arrivez à peine  à défrichez votre mémoire, une mémoire en jachère fruit d’un règne plaçait sous le sceau de l’incapacité. Quels souvenirs gardez –vous de
la Mauritanie  : un palais des milles et une nuits et son jardin ‘’Suspendu’’, entretenu d’une main verte…Il semble  aujourd’hui, à titre d’information, que SIDI OULD CHEIKH ABDALAHI( c’est le Président) est allergique à tous les mauvais pollens de ton ancienne belle demeure.  Ainsi passe la gloire du monde, serait –on tenter de dire !  

Quelqu’un le disait tantôt : Là où vous avez fait un désert, vous souteniez que vous y avez apporté le « livre » et le « net ».  

Certes il y’avait en Mauritanie  le Sahara et ses oasis, puis vous êtes venu, vous et vos multitudes de satrapes, le diable au corps, dans votre travaille de termite, ce désert jadis accueillant est devenu  aride, inhospitalier, et les quelques arbrisseaux de cette contrée se sont transformés en épines sanglantes. 

 Et encore et toujours vous autres les césars au pied d’argile, imperator fieffés, continuez à prétendre qu’après vous ce sera le déluge ! 

Rassurez-vous il n’en est rien pour votre pays.
La Mauritanie  même si elle ne se porte pas comme un charme, depuis ce mois d’Août 2005, déploie une mine démocratique juvénile sur son environnement (petit à petit l’oiseau fera son nid). 

Il est tout à fait difficile voire impossible de réinventer dare-dare une Mauritanie Nouvelle, les gens, habitués à votre Baraka qu’ils sont, ont eu du mal à  danser sur les notes du Cmjd, votre « ATILA ». Le Cmjd justement sous l’égide de OULD AHMED VALL a fait voter une nouvelle Constitution pour surtout décourager les présidents  à vie, mis sur pied une assemblée et accompagner la transition jusqu’à l’élection de SIDI OULD CHEIKH ABDALAHI, un nom qui vous dit quelque chose d’autant plus que ce dernier s’atèle à réinventer le style présidentiel genre « pas de tabou pour qui veut se mettre au boulot » :Tenez récemment il mijote le   retour des mauritaniens que vous avez exilé au moment où vous brilliez « dans les ténèbres de la puissance » à l’époque « La puissance des ténèbres »  dans ses pantalonnades vous appelez  LION ! (Lion c’est d’ailleurs le signe zodiaque des natifs d’Août quelle coïncidence) 

Mieux, cette même personne  s’est attaquée à la pratique de l’esclavage. En la criminalisant. Il parait que pour vous ce crime de « lèse humanité» était le cadet de vos soucis, tant que  vous arriviez à nommer un premier ministre « harratine ». Bon vous le savez plus que moi, vous qui avez lu Machiavel, et pour peu que vous ne le déchiffrassiez  à l’envers, que la religion du prince est souvent  celle du peuple. 

Ce peuple aujourd’hui par la grâce des réverbérations du soleil d’Août éclairant sa lanterne  pense que tous les maux qui clouent
la Mauritanie au pilori du sous développement vous sont imputables à juste titre. 

Ne vous déplaise, si je me plais à ne point vouloir vous voir en peinture,  Monsieur, mon Colonel, l’Ancien, le Déchu. Vous voyez ! A peine arrive ton à vous trouver un titre qu’on se perd en conjecture. 

Pff…en fin, pour l’anniversaire de votre exil, il aurait étant décent de vous convoyer des fleurs dignes de votre rang d’ancien Président de
la République Islamique de Mauritanie. Seulement, le désert de Gobi que vous avez contribué à implanter ici ne recèle que des épines vénéneuses.     

Je vous image Mouawiya depuis votre « Sainte Hellène» assister à votre corps défendant à l’effilochage du cache sexe que votre régime, d’une pudeur pharisienne avait fait adopter à l’ensemble des mauritaniens. 

Oui,  c’est ainsi que passe la gloire du monde, et l’ « exécrable soif de pouvoir » conduit à la déchéance humaine ! 

Voilà qui s’en va le mois d’Août. Il a ensoleillé les ténèbres. Maintenant, Triste est votre étoile, brillant sera notre soleil à jamais au zénith. B. Brecht conviendrait volontiers avec moi que : ceux qui sont dans la lumière, on les voit, et celui qui est dans l’obscurité et l’esseulement de l’exil on le voit pas… !  

  

  

  

                                    Mounirou Fall 

Source la Tribune   n° 363 







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