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Education: les ambitions de la ministre – kissima Diagana

21082007

 Education: les ambitions de la ministre – kissima Diagana

Non respect du temps scolaire, mauvaise gestion de la carte scolaire, déficit en enseignants répondant aux besoins de la réforme…Telles sont entre autres les composantes du diagnostic que Mme Nebghouha Mint Mohamed Vall, ministre de l’éducation nationale a présenté en conseil des ministres mercredi dernier.

A la faveur d’un point de presse tenu lundi 20 août 2007, la ministre a informé les journalistes de ses ambitions pour la rentrée scolaire 2007-2008.  » Notre objectif est l’enseignant qui se trouve dans les classes et non celui qui se trouve ailleurs « . Par exemple les enseignants qui sont sur le terrain auront droit à une carte professionnelle spéciale demandant aux autorités de leur faciliter l’accès aux services publics tandis que les autres ne disposeront que d’une carte professionnelle ordinaire.

La ministre promet en outre que l’indemnité de craie passera de 5.000 à 15.000 ouguiyas à la rentrée tandis que l’indemnité de bilinguisme qui était de 1.520 ouguiyas atteindra 10.000 UM. Pour une meilleure émulation il sera procédé chaque année à la remise du prix du Président de la République aux meilleurs enseignants. 

De même les autres indemnités telles que l’éloignement seront revues pour une plus grande équité. Est-ce suffisant pour améliorer les conditions de l’enseignant ?  Pas du tout estime Nebghouha Mint Mohamed Vall.  » Je suis réaliste, il faut avancer à petits pas car poursuit-elle, en termes de coûts les indemnités de craie qui passeront à 15.000 UM atteignent 2 milliards d’UM« .

Concernant les élèves la ministre a promis que des manuels scolaires seront distribués en nombre suffisant, que les tables bancs seront acheminées dans les classes dès la rentrée. Elle a toutefois demandé que les parents d’élèves veillent à ce que le matériel scolaire soit bien entretenu. 

A propos de la déperdition scolaire, Nebghouha Mint Mohamed Vall a noté que un élève sur deux atteint difficilement la 6ème année du fondamental. Et que ceci peut bien constituer les 20 % des mauritaniens les plus pauvres. Les causes de la déperdition : une multitude d’écoles à cycle incomplet (315) dont 215 sont distantes de moins d’un kilomètre. Là aussi, la mesure consistera à regrouper les écoles.

La rentrée quant à elle est prévue pour le 1er octobre parce que estime la ministre il faut respecter le calendrier scolaire ainsi que le volume horaire d’enseignement auquel les élèves ont droit. Pourtant les Etats généraux de l’éducation seront organisés durant l’année scolaire. Quelle incidence sur le déroulement des cours ? Aucune, rassure Mint Mohamed Vall car dit-elle il s’agit d’un processus au cours duquel chaque acteur de l’éducation aura la latitude de participer soit par courrier soit par Internet soit en étant physiquement présent selon sa disponibilité.

A propos des examens, la ministre informe que deux commissions sont entrain de réfléchir sur les orientations générales à fixer en vue d’une plus grande transparence. Quant à savoir ce que le ministère peut faire dans l’éventualité d’un recours suite à la contestation par un élève d’une note, préjudiciable Nebghouha Mint Mohamed Vall a rappelé que les textes ne prévient rien dans ce sens mais que malgré tout l’élève peut faire une réclamation à partir de laquelle le président du jury est habilité à vérifier si les notes attribuées par les correcteurs ont été effectivement reportées dans les relevés de notes.  » Ce sont les seules possibilités de vérifications permises « .

Des conditions seront exigées dans l’avenir pour le recours. Il s’agira le cas échéant d’amener l’élève à réfléchir avant de contester une note d’une part et de  ne pas ouvrir la voie à des contestations anarchiques qui si elles sont prises en compte obligeront chaque fois à refaire le bac. Ce qui n’exclut pas que les principes de sanctions et de rétablissement dans le droit soient respectés.

Compte rendu K.D.

La Tribune n° 363 du 21/08/07

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)




De A à Z par Tabane

21082007

 De A à Z par Tabane

O comme Ouvertures. La prochaine rentrée des classes est prévue pour le 1er octobre. Des milliers d’élèves et de professeurs vont retrouver le chemin de l’école. En théorie. Car si la rentrée officielle c’est bien pour le 1er octobre, la rentrée effective aura lieu après l’Id el Fitr (la fête de la Korité qui marque la fin du Ramadan). C’est devenu une habitude chez nous : il y a le calendrier officiel décidé par le ministère et le calendrier effectif décrété par les élèves.

Mme la ministre de l’Education Nationale parviendra peut-être à corriger cet aspect ; mais pour cela il faut des mesures draconiennes pour sévir contre les absentéistes. Il faut dire cependant qu’au vu de ce qui se passe depuis l’installation du nouveau gouvernement, le pilotage à vue n’a pas fait ses adieux.

On a laissé entendre que les Etats généraux de l’éducation devaient se tenir avant la fin de l’année… entre temps il y a eu le fameux ‘test recensement’ des enseignants. La plus grosse farce jamais organisée par les services de la MEN (Médiocrité Erigée en Norme).

En plus du fait que le test a été très mal organisé dans beaucoup de localités comme la presse en a rendu compte, nombre d’enseignants qui avaient disparu depuis belle lurette ont pu faire le déplacement ou faire parvenir des dossiers qui ont été déposés. Sans compter que pour un département qui compte organiser des Etats généraux susceptibles d’aboutir à des réformes profondes, le test linguistique ne s’imposait pas parce qu’il suppose que le système actuel était retenu.

D’autre part les directions régionales ont été ‘gelées’ en attendant de recruter d’autres cadres probablement plus compétents. C’est là une mesure pour le moins inefficace. Les DREN jouent certes un grand rôle dans le secteur de l’éducation. Mais il y a d’autres piliers autrement plus déterminants dans le système. Ce qu’il faut revoir c’est toute l’administration qui a en charge les établissements.

Il faut suspendre tous les directeurs d’école et revoir tout le processus de nomination qui fait qu’aujourd’hui la plupart de nos écoles sont dirigées par des médiocres de classe exceptionnelle incapable de la moindre initiative pour la bonne marche de leur établissement. Pour cela il faut du courage. Mme la ministre n’en manque certainement pas.




AJD/MR: Ousmane Bocar Diagana, secrétaire aux relations extérieures

21082007

AJD/MR: Ousmane Bocar Diagana, secrétaire aux relations extérieures

L’Alliance pour la Justice et la Démocratie s’est rebaptisé samedi 18 et dimanche 19 août à la faveur de son premier congrès extraordinaire. Le parti s’appelle désormais Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation.

Il vient de faire fusion avec le Mouvement pour la Réconciliation Nationale avec lequel il avait  initié et soutenu la candidature de Ibrahima Moctar Sarr à la présidentielle de mars 2007. Celui-ci se retrouve président du parti. Les instances sont ainsi partagées entre les initiateurs du MRN, les membres de l’AJD et ceux des FLAM/rénovation

Parmi ces derniers, Ousmane Bocar Diagana, 47 ans. Docteur en sciences du langage et titulaire de diplômes en droit, il est  professeur en France. Il est chargé des relations extérieures. Objectif : récolter de l’étranger un électorat important et faire connaître les nouvelles orientations du parti…. Difficile mission, alors, que celle confiée à l’homme que l’AJD/MR a désigne comme secrétaire aux relations extérieures.

Ousmane Diagana, natif de Kaédi a été contraint à l’exil il y a plus de vingt ans. Militant dans les associations culturelles à ses tous premiers débuts, il a appartenu tour à tour à l’association pour la promotion de la culture et de la langue soninké (APS), à l’union nationale des étudiants et stagiaires de Mauritanie (UNESM), au Mouvement des élèves et étudiants noirs (MEEN). Il a également compté parmi les membres de structures politiques dont l’union pour la démocratie en Mauritanie (UDM) avec feu Saydou Kane et l’organisation pour la défense des intérêts des noirs en Mauritanie (ODINAM).

Il était encore étudiant en France et se trouvait en vacances à Kaédi quand, après la découverte du Manifeste du négro mauritanien opprimé, le pouvoir d’exception d’Ould Taya procédait aux arrestations dans les milieux négro africains. Notamment dans le cercle des intellectuels. C’est que Ousmane Bocar Diagana comptait parmi les dirigeants du mouvement clandestin des Forces de libération des africains de Mauritanie (FLAM) alors dans le collimateur du pouvoir et de ses alliés nationalistes extrémistes arabes.

Il crée avec d’autres camarades la section FLAM /Europe. Après 1986, il est le Secrétaire général du mouvement des FLAM. La lutte ‘flamiste’ continuait jusqu’au lendemain de la chute de Ould Taya. Pour les militants il fallait réfléchir à une stratégie à adopter en vue de revoir avec les nouvelles autorités les questions qui ont été leur cheval de bataille.

Certains optent pour le retour au pays tandis que d’autres décident de rester. Scission au sein du mouvement. Une aile, les FLAM/rénovation avec Ousmane B. Diagana décide de revenir en Mauritanie. Commence alors, après la rupture du 15 février 2006, une série de rencontre en Mauritanie. A la veille de la présidentielle, dans la foulée des soutien à la candidature de Ibrahima Sarr, Ousmane Bocar Diagana, bien que non habilité à élire du fait de sa position de mauritanien résident à l’étranger s’emploie à récolter une importante denrée électorale pour le candidat du Mouvement national pour la réconciliation.
 
A Kaédi, il permet au candidat de passe premier au premier tour de la présidentielle. En s’engageant aux côtés de Ahmed Ould Daddah, au second tour, le mouvement permet au leader du RFD de se placer en première position également.
 
En termes de défis, le secrétaire aux relations extérieures de l’AJD/MR dit qu’il est fondamental que le maximum de personnes puisse rallier le parti. Notamment les mauritaniens de l’étranger, des émigrés pour la plupart « .

 » Travailler pour que les mauritaniens de l’étranger aient le droit de voter sera notre principal cheval de bataille « , déclare l’enfant de Kaédi qui vit actuellement en France. Docteur en sciences du langage, titulaire d’un DESS en droit des affaires fiscales et d’un DEA en droit des affaires, il prépare une thèse en droit. Autant dire qu’il s’est outillé pour une carrière politique qui le met à bord d’un parti dont le tout nouveau président n’est autre que Ibrahima Sarr, l’homme qui a pesé en termes de suffrages près de 8% des voix des mauritaniens dans une arène ou il y avait 19 ‘lutteurs’.
 
 » Nous espérons que l’aventure sera belle « , dit encore Ousmane Diagana. Sans parlementaires, sans maires, serait-ce donc de l’extérieur que le parti qui s’était permis d’appeler au boycott du référendum du 25 juin 2006 va tirer les forces pour affronter les échéances de 2012 ?

KD

La Tribune n° 363 du 21/08/07

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)




Drogue en Mauritanie :tous les chemins mènent à Nouakchott

21082007

Tous les chemins mènent à Nouakchott

L’affaire 769/07, connue communément de l’ « affaire Ould Soudani et Ould Taya« , vient de connaître un tournant. Une folle semaine vient d’écouler. Dimanche 12 juillet : interception d’un minibus qui transporte une quantité de cocaïne. Lundi 13, deux personnes sont arrêtées le matin. Midi, le Parquet affirme que la quantité est de 830 kg. Un record dans l’histoire de la Mauritanie. Le soir, les forces de l’ordre perquisitionnent une autre maison dans un quartier périphérique de Nouakchott.

Mardi 14, les informations assurent que la quantité interceptée est de plus de 900 kg. Simultanément, le Palais de justice reçoit une commission de l’Interpol. Mercredi 15, des sources judiciaires parlent d’une éventuelle saisie de 1200 kg de cocaïne au Maroc après avoir réussi à dépasser tous les postes de contrôle mauritaniens. Pas de confirmation côté marocain. Jeudi 15, les folles rumeurs disent que si la saisie de ladite quantité n’est pas annoncée dans les heures qui viennent, cela signifie qu’elle est encore sur le sol mauritanien.
 
Vendredi 16, le Parquet exécute un arrêté du Juge d’instruction de brûler la quantité saisie. Samedi 17, un mandat d’amener a été délivré contre trois personnes qui se trouvaient à Nouadhibou. Dimanche 18, un silence éloquent. C’est le calme qui précède la tempête, jugent certains.

C’est dans une surprise totale que le Procureur de la République, Benamar Ould Veten, a annoncé, lundi 13 juillet, la nouvelle : les autorités judiciaires, dans le cadre de son enquête sur l’affaire de 02 juillet, viennent de mettre la main sur 830 kg de cocaïne pure. La quantité a été cachée dans un minibus qui aurait été sous la surveillance des forces de l’ordre.

Vite, les personnes écrouées ont montré une maison située au sixième arrondissement dans laquelle les emballages avaient été faits. Les forces de l’ordre perquisitionnent la maison. Elles y trouvent des reliques de sandwichs, des hamburgers, des pizzas… des torches, des lampes électriques rechargeables… Mais aussi des sacs de riz et de charbon. Les auteurs auraient utilisé les sacs de denrées pour cacher la drogue pendant des jours. Le soir, ils utilisent les autres matériels pour dissimuler la drogue dans les œufs de poisson, dont la destination serait probablement l’Europe.

  • Première conclusion : cette saisie n’est qu’une nouvelle phase dans l’affaire 769/07, connue communément comme « affaire Ould Soudani et Ould Taya« .
  • Deuxième conclusion : la quantité était cachée dans une maison à El Mina.
  • Troisième conclusion : la cargaison aurait été acheminée vers une autre destination dans la capitale.
  • Quatrième conclusion : la destination finale de la cargaison, tout comme son origine, est le premier défi devant l’enquête…

Quelques heures après, les autorités judiciaires perquisitionnent une maison dans un quartier périphérique de Nouakchott, suite à des informations données par certains des accusés. La maison était très probablement la destination du minibus. Elles n’y trouvent aucun gramme de poudre blanche. En revanche, elles y trouvent des traces d’emballage et des matières qui ressemblent à celles appréhendées dans la maison d’El Mina.
 
Apparemment, quelques heures suffisaient largement pour que les associés, encore en liberté, effacent leurs traces. Cependant, on peut laisser quelques traces marginales qui signifieront que les informations données par les arrêtés sont crédibles. Mais qu’elles ne servent à rien. La drogue, c’est comme l’eau : si on lui bloque la route, elle tente de s’infiltrer ailleurs. 

Mardi, une commission de l’Interpol est reçue par les responsables jurdiciaires. Selon des sources sûres, cette fois-ci ce n’est pas l’Interpol qui s’impose. C’est la justice mauritanienne qui lui demande un coup de pousse. Particulièrement en ce qui concerne la découverte des liaisons qui lieraient les réseaux locaux de trafic de drogue aux réseaux internationaux.

Pourtant, le bureau mauritanien de l’Interpol bénéficie du fameux prestige (A/24/7), qui lui permet de recevoir sur place toutes les informations relatives au trafic de drogue, au blanchiment d’argent et au terrorisme, à travers le monde dès qu’elles sont disponibles. Plusieurs Etats font des pieds et des mains pour en jouir. Mais en vain. Pour certains, cette demande d’aide signifie que notre justice veut compter sur les apports d’une institution plus fiable que nos Renseignement généraux et notre police qui s’occupent d’autres problèmes.

Ils ne manquent pas de rappeler que c’est le hasard qui a toujours joué le grand rôle dans les affaires de dogues révélées jusqu’aujourd’hui. S’il y avait un tout petit peu plus de professionnalité en coordination, le N930S n’aurait pas eu été détecté à Nouadhibou. N’était le manque de kérosène, l’avion aurait pris la fuite avec tous ses secrets. N’était le coup de téléphone dans la maison voisine, les amis de Ould Soudani l’aurait tué. Si Ould Soudani n’avait pas décidé de porter plainte, il n’y aurait pas une affaire 769/07 relative à la drogue. Si les inculpés n’avaient pas parlé très tôt, cette quantité record ne serait jamais découverte…

Certains évoquent l’hypothèse que la Justice mauritanienne n’attend pas seulement que l’Interpol mette à sa disposition les informations requises sur les inculpés. Elle attend que l’Interpol fasse des pressions sur les gouvernements des pays dans lesquels se trouvent ces accusés. Surtout que les pressions mauritaniennes officielles n’ont pas réussi à convaincre le Maroc de lui livrer Sidi Ould Haïdalla, le présumé cerveau de l’affaire de drogue de Nouadhibou.

Cependant, les autorités judiciaires sont affirmatives pour dire que « des mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés contre les autres personnes en cause et les individus en fuite et que les recherches les concernant sont en cours de concert avec Interpol et les pays avec lesquels nous sommes liés par des conventions d’extradition« .

D’après des sources sûres, plusieurs inculpés dans cette affaire se trouveraient actuellement à Dakar. Leurs hôtels et lieux de résidence sont connus pour les services de renseignement sénégalais. Et le Parquet de Nouakchott et celui de Dakar se donnent mutuellement les informations les concernant. Leur arrestation est, selon ces sources, une question de temps. Ils pourraient même être arrêtés en flagrant délit.

Durant les dix derniers jours, neuf nouveaux inculpés dans cette affaire sont arrêtés : deux mauritaniens et deux sénégalais ont été arrêtés avant la dernière saisie. Deux marocains, un mauritanien, un mexicain et un espagnol sont arrêtés suite à la saisie. Au total 30 inculpés dans cette affaire. Si on en ajoute les trois personnes qui sont l’objet dudit mandat d’amener, le nombre total s’élève à 33 personnes. Avec une petite précision : une personne peut être l’objet d’un mandat d’amener sans être mêlée à l’affaire.

Les inculpés sont privés de leurs passeports et cartes d’identité, papiers civils requis pour tout voyage à l’extérieur. Dix-sept d’entre eux au moins sont actuellement en prison. Des inculpés, qui jouissaient d’une liberté provisoire et restaient sous contrôle judiciaire, ont été appréhendés de nouveau. Ils sont actuellement en détention. D’autres accusés sont sous contrôle judiciaire. Certains d’entre eux signent deux fois par jour dans un commissariat de police de Nouakchott. Certains sont privés de conduire des véhicules. Il est interdit à certains d’entre eux de sortir de chez eux pendant des heures précises.

Rappelons que Sid’Ahmed Ould Taya a prétendu que Kane Saïdou lui a présenté son patron en lui disant qu’il travaille « avec un toubab à Dakar« . Kane lui aurait confirmé que son patron et le toubab disposent d’un magasin de cocaïne à Bissau et que « 500 personnes travaillent avec eux en Mauritanie. Parmi eux des éléments de police de Diama et de Rosso« . Ce patron cherchait, selon le PV de Ould Taya, à recruter des professionnels pour faire entrer un avion de drogues en Mauritanie. A l’instar de ce qui s’est passé à Nouadhibou.

Une agression pas comme les autres

Ce dossier a été ouvert le 02 juillet. A 20 heures, ce lundi-là, le chef du bureau de l’Interpol à Nouakchott, l’officier de Police Sid’Ahmed Ould Taya, venait de terminer sa séance quotidienne de sport au stade olympique de Nouakchott. Il aperçoit l’homme d’affaires, Ali Ould Soudani, dans une toyota avensis noire. Il le suit. Ould Soudani stationne devant l’aéroport. Il y passe quelques minutes et repart. Ould Taya s’en va. Il arrête sa voiture devant l’édifice de la télévision et prend un taxi qui l’amène à l’aéroport. Vers 21 heures, selon Ould Soudani, 21 heures 15 minutes selon Ould Taya, ce dernier se présente au premier comme élément de la Police.

Ould Soudani était enturbanné et occupé à penser ce qu’il va faire de la somme de 250 mille euros qu’il portait avec lui. Il ne sait pas quoi faire pour que la somme échappe aux yeux des douaniers. Il refuse de l’accompagner. Juste pour quelques secondes Amené au taxi, Ould Soudani refuse encore d’y monter. Prétextant qu’il ne connaît pas Ould Taya. Un élément de la police de l’aéroport, portant le nom de S.A, intervient pour lui confirmer l’identité de Ould Taya et lui ajouter que « les bandits ne peuvent pas rester en fuite pour jamais« . Ils prennent le taxi. Et cap à la Direction régionale de la Sûreté de la Wilaya de Nouakchott.

Pourquoi Ould Taya arrête-t-il Ould Soudani ? Un abus de pouvoir? Ou bien une simple mesure ordinaire et marginale qui pouvait ne pas se transformer à un vrai gâchis ? Les raisonnements de ce geste par Ould Taya semblent peu convaincants. Au moins ses justifications sur les PV de la Police qui n’en indique pas la date.

  • Premier raisonnement : Ould Taya voulait savoir les raisons qui ont poussé Ould Soudani a diffuser des rumeurs faisant état qu’il était derrière son arrestation depuis quelques mois à Las Palmas dans une affaire de trafic de drogue.
     
  • Deuxième raisonnement : l’arrestation a eu lieu sur la demande de Ould Soudani lui-même. Celui-ci aurait été menacé par la mafia qui envisagerait le liquider. Ould Taya prétend que Ould Soudani lui a montré deux maisons et lui a dit qu’elles appartiennent aux « noir et blancs qui veulent le chasser ».

Selon toute apparence, la mafia reproche à Ould Soudani l’abus de confiance. En effet, et selon la Police, Ould Soudani avait reçu depuis quelques semaines une quantité de 280 kg de cocaïne et une somme de 300 mille euros de la part de la bande à Dakar. Il devait utiliser la somme pour entrer la quantité en Europe. Mais, il a pris la poudre d’escampette avec la quantité et la somme.
 
Après une longue attente, la bande aurait glissé des informations aux renseignements espagnols pour mêler Ould Soudani. Ce dernier sera arrêté en Espagne et relâché faute de preuves. Il n’a aucune réserve pour dire que Ould Taya a utilisé son influence pour que cette arrestation ait lieu. Depuis sa libération, la bande se sent risée par Ould Soudani. Elle le cherchait un peu partout. Ould Taya dit dans son PV que l’accusé Ely Ould Ahmed Deya, ancien policier, lui a informé qu’il a rencontré un toubab qui cherchait intensivement Ould Soudani.

Les investigations de la bande aboutissent à ce que Ould Soudani aille voyager le lundi 02 juillet. Sans pouvoir préciser sa destination. Elle chargerait Ould Taya de l’empêcher de ce voyager et l’amener chez elle, coûte que coûte selon l’enquête préliminaire qui s’est marquée par une intention apparente de décharger Ould Taya le maximum possible.

Ould Taya prétend, dans les PV de la Police, que Kane Saïdou (un autre accusé dans l’affaire) a mis sur sa disposition une voiture pour accomplir la tâche. Et pour dissimuler toute doute, il devrait laisser sa voiture ailleurs que les lieux habitués. Il devrait prendre un taxi pour l’aéroport et pour la Direction de sûreté.

Dans le bureau de Ould Taya à la Direction régionale de sûreté, « l’entretien » n’a duré qu’à peu près dix minutes. Ould Soudani aurait exhorté Ould Taya « par le visage du prophète » de se présenter. Les deux ne parlent que casuellement de son arrestation en Espagne. Ould Taya aurait demandé à Ould Soudani de mettre son argent dans son sac au lieu de ses poches. Pourquoi ? Peut-être pour ouvrir l’appétit des chefs de la bande, en leur remettant une valisette d’argent. Ce qui faciliterait les discussions entre les deux parties. Et un arrangement pourrait être trouvé. Peut-être pour faciliter le vol de l’argent si Ould Soudani entrera dans la maison où se trouvent les chefs de la bande.

Ould Soudani demande d’eau pour boire. Ould Taya envoie quelqu’un pour amener une bouteille d’eau de source. Mais, ils partent avant que l’envoyé ne revienne. A la porte de la Direction régionale de sûreté, selon Ould Taya, Ely Ould Ahmed Deya (un autre accusé dans l’affaire) les attend avec la voiture que Kane Saïdou a mise à leur disposition pour amener Ould Soudani. Etonné par la rentrée de Ould Ahmed Deya, Ould Soudani demande explications auprès de Ould Taya, selon ce dernier. Celui-ci conduit la voiture. Les consignes, selon Ould Taya, sont claires : On doit appuyer sur le klaxon de la voiture dès l’arrivée à la villa  » que Kane Saïdou m’avait montrée auparavant « . Il arrive. Appuie le klaxon. Et la porte du garage s’ouvre sans retard.

Ould Soudani descend. Un noir le poigne en lui disant qu’ils le cherchent depuis un bon temps. Il le conduit à une chambre au premier étage. Là-bas, se trouvent un noir et un toubab. Une petite veilleuse est la seule source d’éclairage dans la chambre. Ould Taya et Ould Ahmed Deya prétendent, chacun, qu’il a tenté d’intervenir. Le premier dit que le ‘noir’ lui a dit de rester à part «  tu n’a rien à voire dans cette affaire « . L’autre dit que c’est Ould Taya qui l’a conseillé de rester dehors. On frappe Ould Soudani et lui demande «  où est la marchandise ? « . Ould Soudani répond : quelle marchandise ? Si tu veux ton argent le voilà. ‘Le noir’ compose un numéro et passe le téléphone à Ould Soudani en lui disant  » parle avec le patron « .

Ould Soudani commence à lui donner des noms : Barkallah (apparemment Ould Greïmich, beau frère de Kane et un des principaux accusés dans l’affaire. Il serait inculpé dans une affaire de drogues à Nouadhibou et jouirait d’une liberté provisoire), Ali (probablement Ould Moulay, un accusé dans l’affaire)… Entre-temps un téléphone sonne à la maison des voisins. Ely Ould Ahmed Deya crie  » Police « . Voulait-il par cela sauver Ould Soudani ? Ou bien, il craignait que la Police ait de main dans ce coup de téléphone ? En tous cas, le cri de Ould Ahmed Deya fait disperser tout le monde.

Ould Ahmed Deya prend la fuite dans la voiture. Ould Taya devait marcher une longue distance à pied pour arriver à l’édifice de la télévision pour prendre sa voiture. Il dira avoir appelé le Directeur de la Police judiciaire. Il lui aurait rendu compte. Et lui aurait demandé s’il peut réagir. Mais, ce dernier lui aurait dit que l’heure est très tarde pour entrer manu militari dans une maison.

Ould Soudani, ensanglanté, part à la police pour faire une plainte contre la bande. Ce qui n’empêchera pas la police de dire que  » au soir du lundi 02 août 2007, vers 23 heures 50 minutes, la surveillance de la Direction régionale de la Sûreté de la Wilaya de Nouakchott a été informé que le nommé Ali Ould Soudani est agressé dans une maison à Tevragh Zeïna… « .

Par Mechry Rabbany

La Tribune n° 363 du 21/08/07

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)




Marchés de Nouakchott : Une véritable caverne d’Ali Baba

21082007

Marchés de Nouakchott : Une véritable caverne d’Ali Baba

Depuis le début du mois de mai, le Grand Marché de la Capitale offre à ses visiteurs et aux simples passants un visage tout à fait nouveau, celui d’une grande bâtisse complètement dégagée de tous ses petits commerces qui, tout en faisant de ce haut lieu du commerce un « fourre-tout » constituait également son charme.

Des Toyota de la police sont continuellement stationnées aux abords du marché pour empêcher les vendeurs de tissus, les vendeuses de voiles, les bana-bana sénégalais, les réparateurs de chaussures, les vendeurs de viande et de thé, les horlogers guinéens et tant d’autres petits commerçants, de reprendre possession des lieux.

Cette scène se passait en 2006. aujourd’hui, on est retourné à la case départ ! Car ce n’est pas la première fois qu’une telle opération coup de poing est menée par les autorités administratives (Wilaya, moughataa, commune) et les forces de sécurité. On se rappelle qu’à la veille de chaque fête, la police dégageait les lieux dans une sorte de chassé-croisé qu’on estime être motivée par autre chose que le désir de remettre de l’ordre. Mais cette fois-ci la décision de donner au Grand Marché de la Capitale – qui se situe en plein centre ville – une vue décente semble être plus sérieuse.

Construit en 1982 par un homme d’affaires du nom de Haji Ould Sidina, rendu célèbre par la suite par le commerce du basin riche, le premier Marché de la Capitale sera agrandi en 1984 par la partie appelée communément aujourd’hui « Kerche el batroun » (qui signifie littéralement « le ventre du patron »), partie intérieure qui renferme les plus grandes boutiques dont certaines sont devenues de véritables « banques » s’adonnant au change à ciel ouvert.

Cet agrandissement aurait été décidé par le District de Nouakchott qui a noué un contrat avec le groupe Noueigued dont l’entreprise de BTP (ERB) se chargera de la construction des nouvelles boutiques. Le contrat de gestion des nouvelles constructions s’est achevé en 2006 et le groupe AON devait passer la main, en principe, à la CUN (Communauté urbaine de Nouakchott).
 
Un immense pactole

Tout le monde se pose la question : pourquoi l’on se bouscule au Grand Marché de la Capitale alors que Nouakchott compte des dizaines de marchés dont certains sont désespérément vides ? Qu’est-ci qui attire ici ces milliers de visiteurs (acheteurs) venant des neuf moughataas de la Capitale? Certaines boutiques du Grand Marché de la Capitale sont louées à des prix qui défient l’imagination, allant de 120.000 à 150.000 UM, nous a affirmé un commerçant de la place. Une sorte de surenchères qui explique que certains sous-louent les espaces se trouvant devant leurs boutiques à 20.000/25.000 ouguiyas.

Etre prêt à payer de tels prix démontre que le marché est une place stratégique pour qui veut vendre ou acheter. On se soucie alors très peu de l’encombrement qui, en cas d’incendie, comme le soulignent souvent les autorités administratives de la moughataa et les responsables de la sécurité civile, peut être à l’origine d’immenses dégâts matériels et même humains.

Il y a aussi que le marché de la Capitale fait face, de plus en plus, à des problèmes d’insécurité. «On est obligé quelques fois, quand il y a coupure d’électricité, de fermer les portes de nos boutiques, car on ne sait jamais ». D’aucuns pensent que la force du Grand marché de la Capitale a été, jusqu’alors, d’être un marché «multisectoriel», une sorte de fourre-tout où vous pouvez tout acheter et repartir. Ce n’est pas le cas du marché du 5ème (lieu de prédilection du poisson), du marché de la Socogim spécialisé dans l’alimentation générale tout comme «Marcet lehmoum» (marché du charbon) qui, au fil du temps, a fini par perdre sa « raison » première, les Nouakchottois utilisant de plus en plus le gaz butane en lieu et place du charbon de bois.

Il y a aussi que le Grand Marché est une sorte de carrefour, de point de jonction pour toutes les moughataas de la Capitale, à tel point qu’il est devenu une destination privilégiée pour les taxis. Celui qui descend au Grand Marché n’a plus que quelques centaines de mètres à faire pour atteindre les « bureaux » (les ministères), l’Hôpital de Nouakchott) où, s’il veut poursuivre vers Tevragh-Zeïna, le quartier chic de la Capitale, prendre les « Tout-droit », vieilles voitures, essentiellement des R12, qui détonnent d’un flot impressionnant de véhicules de très grande valeur de marques allemande, française, japonaise et même américaine.

D’ailleurs, en 2006, date de la dernière opération « coup de poing » de la police, le dégagement des artères du Grand Marché de la Capitale a permis aux nombreux visiteurs et aux grands commerçants de pouvoir parquer leurs voitures de manière « civilisée » et laisser ainsi les goudrons libres pour la circulation. C’est là l’un des avantages de cette opération. Mais il y a ceux qui pensent que le départ des petits commerçants a des effets négatifs sur le commerce du gros.

On pense qu’il y avait un effet d’entraînement qui faisait que les commerçants, à tous les niveaux, avaient établi une chaîne de solidarité telle que le tailleur dirigeait son client directement vers la boutique qui lui offrait l’espace où il se trouvait, le vendeur de montres se ravitaille en bracelets et en piles chez son fournisseur que le client ne peut dénicher, les bana-bana sont eux aussi de simples vendeurs à la criée qui font leurs comptes en fin de journée et empochent le bénéfice laissé par le commerçant.

On peut dire donc que, malgré le manque à gagner que constitue pour la commune l’absence d’adresse des petits vendeurs, le désordre du Grand Marché de la Capitale avait quelque aspect positif : tout le monde profitait de tout le monde.

Sneiba Mohamed,
professeur de français et occasionnellement journaliste







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