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Edito de Mohamed Fall Ould Oumère

14082007

 Edito de Mohamed Fall Ould Oumère

On ne peut être à l’aise en voyant notre ministre de l’économie et des finances lancer cet appel à l’aide en faveur des populations sinistrées de Tintane.

Après 47 ans d’existence, la Mauritanie ne peut pas prendre en charge les malheurs de quelques soixante mille personnes. Après 47 ans d’existence, il n’y a pas une ville mauritanienne qui a un plan ORSEC. Après 47 ans d’existence, nous en sommes réduits à demander l’aide des autres quand l’une de nos plus ‘petites’ villes est sinistrée. Après 47 ans d’existence…

C’est ce que nous nous devons de méditer. Il y a peu ‘on’ limogeait le commissaire à la solidarité sociale pour avoir lancé un appel d’urgence. Durant les dernières décennies nous avons vécu de mendicités. Nos dirigeants n’ont rien trouvé de mieux que de profiter de notre misère dont ils ont été la principale cause. Ils l’ont vendue au monde.

De ‘pays en voie de développement’, nous sommes passés à la catégorie ‘pays les moins avancés’, puis à celle des ‘pays pauvres’ et enfin ‘pays pauvres très endettés’. Plus de trois milliards de dollars de dettes. Et qu’est-ce qu’on a fait avec tout ça ?

Quelques arpents de routes mal faites, des extensions d’aéroports qui n’en finissent pas d’occasionner les rallonges et les avenants, des centrales désuètes, des voyages de présidents, de l’enrichissement individuel, des inégalités, du pillage des ressources, de la corruption des valeurs…

Mais point d’hôpitaux. Les seuls hôpitaux créés en trente ans sont des donations de princes arabes (Zayed des Emirats, Mowza du Qatar…) ou de coopération bilatérale (Espagne, France). Les financements d’origine ont été détournés à plus de la moitié. C’est ainsi que l’Hôpital Zayed ne ressemble en rien au projet originel. Tout comme celui de Nouadhibou ou de Boutilimitt.

Point de grandes écoles. A part les classes construites sur dons japonais, l’Etat ‘a pas pris en charge la construction d’écoles depuis longtemps. D’ailleurs l’une des trouvailles des programmes de la Banque Mondiale est de faire supporter la construction des écoles aux populations bénéficiaires. En partie. En grande partie.

Des routes ? Où ? Des barrages ? Plutôt des diguettes.

Chez nous ce n’est pas une blague, cette histoire de responsables africains qui s’expliquent l’un l’autre l’origine de leurs domaines respectifs. La majorité de nos anciens responsables peuvent aisément dire : ‘tu vois ce pont là-bas ?’ Là-bas il n’y a pas de pont. ‘Justement, tout cela c’est parce qu’il devait y avoir un pont là-bas et que j’ai préféré utiliser les financements pour moi’.

Pourquoi il n’y a pas d’écoles là-bas ? pas de dispensaires ? pas de routes ? pas de barrages ? Pourquoi il n’y a pas d’enseignants dans des écoles ici ? pas de médicaments ici ? pas de tracteurs ici ? pas de terres cultivées ici ?

Il n’y en a pas parce que les présidents, les membres du CMRN, du CMSN, du CMJD, les ministres, les secrétaires généraux, les directeurs, les conseillers… n’ont pas voulu. Ou ont voulu que les fonds destinés à cela servent à construire châteaux et fiefs politiques.
 
Tevraq Zeina est née sur la misère des populations. Les richesses des hommes les plus en vue aujourd’hui sont nées du sang de ces populations dont la dignité n’a d’égal que la cupidité de ceux qui les ont pressées. Pressées comme des oranges.

Ces hommes sont autrement plus coupables que tous ceux que nous avons chargé ces derniers temps (politiques, salafistes…), que tous ceux que la justice semble vouloir décharger (mêlés aux affaires liées à la drogue).

Ces gens sont des criminels. Ils doivent se sentir coupables. Coupables d’avoir compromis définitivement notre devenir. Coupables de nous avoir volés nos biens, notre bonheur possible, notre santé physique et morale, notre dignité, notre fraternité…
47 ans d’existence…




Les Echos par Mohamed Fouad Barrada

14082007
  Des femmes sont livrées a elle même ! Par Mohamed Fouad Barrada

barrada.jpg En dehors des urgences, une couche de notre société agonise. « La vérité devint la vie dans cette mort. Le sac du silence était lourd » disait Pablo Neruda dans le mémorial de l’île noire.

En effet, les années 90 ont marqué une transformation radicale des mœurs. Des femmes sont livrées a elle même ; elles ont la charge de leurs enfants, leur seul moyen de survie demeure la vente de leurs corps, ce n’est pas par plaisir, mais par besoin. Ce besoin peut être décrit comme suit : « chaque sortie de l’ombre nous donne la souffrance nécessaire : cette rumeur en vérité se transforma, la lumière envahit la porte obscure, et les douleurs se modifièrent » (Neruda, op.cit).

En fait, après avoir été mariée avec plusieurs hommes, x se trouve avec des garçons à nourrir. Elle devient parmi ces femmes qui essayent de se livrer à la pratique sexuelle mais « avec une pudeur » disent-t-elles

En lui posant la question pourquoi elle ne cherche pas d’autres moyens de survie acceptables. Elle nous a répondu « qu’elle ne peut pas laisser ses enfants seules ». Elle est dans la contrainte de choisir cette voie en espérant trouver un homme ou quelqu’un qui lui accorde un prêt lui permettant de travailler dans le commerce. « Pour le moment je suis obligée de suivre ce rythme » martèle-t-elle avec amertume.

Une autre était dans une grande ville mauritanienne après la mort de son père et le divorce de son mari, elle se trouve dans la contrainte de subvenir au besoin de son fils. Celle-ci, elle a, néanmoins, eu la chance d’être acquis dans une structure familiale. Depuis son arrivé, elle cherche du travail en vain. Son problème demeure la méconnaissance des circuits permettant de suivre des formations pour les femmes.

Une troisième qui a pu bénéficier d’une formation en bureautique arrive malgré la médiocrité de la formation à décrocher un stage dans une structure touristique. Elle a eu la conviction après une longue pratique avec les hommes que la seule issue c’est de prendre en main son avenir.

Une troisième catégorie a subi une mutation profonde, des riches deviennent des pauvres, les filles des hauts fonctionnaires sont encore soumises au risque de la pauvreté qui frappe la société mauritanienne. Pour suivre le rythme de la vie moderne, elles essayent de tisser un réseau de connaissance leur permettant de s’insérer normalement dans la vie active. Elles ne peuvent pas se permettre de faire n’importe quoi sauf en cachette, elles utilisent leurs physionomie afin qu’elles puissent prendre en main leurs avenir. Les femmes s’adaptent dans le but de survivre.

Ces phénomènes existaient depuis longtemps, mais avec la pauvreté la situation est devenue de plus en plus alarmante. Qu’en est-il des hommes ? Disons qu’ils n’arrivent plus à construire des familles faute des moyens. La seule issue demeure l’abstinence ou …
m_barrada@yahoo.fr

source : www.barrada.unblog.fr

 




De la réforme d’Ibn Yacine à celle des Réformateurs centristes

14082007

 

De la réforme d’Ibn Yacine à celle des Réformateurs centristes

Le parcours de chardon

 

Parmi les partis reconnus par le ministère de l’Intérieur, figure le parti du Rassemblement national pour la Réforme et le Développement (RNRD). Le nouveau parti est d’obédience islamiste, proche des frères musulmans. Il a coûté aux islamistes 32 ans de lutte. Une lutte qui n’a pas toujours été de tout repos.  

 

Les marques d’Ibn Yacine

La mouvance islamiste est désormais reconnue comme force légale en Mauritanie. 955 ans après qu’Ibn Yacine l’avait imposée aux mauritaniens pour la première fois. C’était lorsqu’il avait décidé de fonder son Ribat sur l’île de Tidra (aujourd’hui au large de Nouakchott), après avoir été rejeté par la population. Le tout petit Ribat va se transformer à une véritable force d’envahisseurs. Les Almoravides (1050-1147) sortent de leurs ‘repère’ et annonce le djihad. Et malgré le fait d’avoir été au-delà de la terre mauritanienne, lui préférant les belles ‘promesses du Maghreb occidental dont faisait partie l’Andalousie, leur empreinte a marqué, de façon indélébile, la vie des mauritaniens.

Ibn Yacine, malgré le fait d’avoir répandu le rite malékite dans la région (une conséquence du mouvement : unification religieuse de toute la région), était un des farouches fondamentalistes de l’histoire islamique. Le simple étudiant devenu ‘Mollah’ avant la lettre, aurait pris la décision de fouetter 20 fois chaque « croyant » qui ratait la prière de la mosquée. Cinq bastonnades pour chaque rak’a ratée.

Il est resté de cela cet attachement des habitants de cette terre aux pratiques religieuses strictes. D’où la ‘spécificité’ mauritanienne par rapport au reste des croyants en terre d’Islam. La piété est alors devenue une affaire ‘intérieure’, intime. Tout ce qui se dira de la ‘tolérance’, de ‘l’ouverture’ de l’Islam mauritanien, a son fondement dans la rigueur originelle… Paradoxe certes, mais héritage certain.

 

L’Etat islamique

L’empreinte de la reforme d’Ibn Yacine survivra à la colonisation et va même marquer la Mauritanie indépendante. L’hymne national de la jeune République sera choisi dans une poésie consacrant la gloire du mouvement salafiste dont Cheikh Baba Ould Cheikh Sidiya, auteur du poème, est l’une des figures de proue. Paradoxe encore : les fondateurs de la République sont nourris aux principes de la laïcité. Ce qui ne les empêche pas d’accoler l’épithète ‘Islamique’ pour donner ‘la couleur’ qui sera d’ailleurs celle de l’Islam (le vert, le croissant et l’étoile). Suffisant pour remettre à plus tard la mouvance islamiste. La recette est simple : l’Etat s’approprie la revendication ‘fondamentaliste’ en affichant un engagement qui fonde sa légitimité. Cette recette sera utilisée ultérieurement par la majorité des gouvernants arabes et musulmans.

Mais cette absence de la mouvance se justifie amplement par la montée du nationalisme arabe qui n’est qu’une autre forme d’islamisme qui ne dit pas son nom. D’ailleurs tous les panarabismes ont fini par s’acoquiner à un moment ou un autre avec le fondamentalisme religieux : l’Iraq baathiste ajoutant ‘Allahou Akbar’ au drapeau… On oublie un peu qu’il s’agit d’ennemis historiques, l’un ayant été utilisé contre l’autre, l’autre ayant servi à contrecarrer l’un. Les deux restant des pions que l’on avance ou que l’on recule au gré de la volonté des pays dominants.

En août 1974, le congrès de la jeunesse va ouvrir sur la division du mouvement Kadihine qui ne sera pas pour autant affaibli. Un an après, le gouvernement crée un ministère chargé de l’Orientation islamique. Certains y voient un geste d’approbation, voire de soutien, vis-à-vis d’une mouvance islamiste qui restait à créer. Sur cette voie, la Mauritanie apprenait la leçon au Maroc où l’on soutient l’Association des Jeunes islamiques pour contre-peser l’influence des gauchistes.

 

Islamisme enfantin

La première manifestation publique des islamistes aura lieu en 1978 à la veille du coup d’Etat. Quand ils appelaient à l’application de la Charia. Le gouvernement leur promet la satisfaction des revendications. Mai le putsch de 10 juillet brouillera toutes les cartes politiques. Un incident de parcours, donc, pour les islamistes qui n’ont pas encore de projet. Mais une revendication.

L’attente des islamistes ne durera pas. Car, avec sa prise de pouvoir en 1979, Ould Haidalla va vite les réhabiliter. Ils deviennent les fils adoptifs du régime. Ils participent à la mise sur pied des Structures d’Education de Masse, un PPM abâtardi. Ils contribuent à la soi-disant application de la Charia qui signifie pour eux la pénalisation des « désobéissants ». L’âge d’or pour une mouvance qui n’avait d’autre projet que celui de l’application stricte de la Chariaa. Le Wahabisme est passé par là. Parce que l’argent séoudien coulait déjà à flot dans ces contrées qui forment la périphérie du monde arabo-musulman. Autour de cet activisme qui rapporte se greffent des ‘affairistes’. Pour quelques décennies, la mouvance sera ‘contenue’, utilisée par des chefs de clans. Sur le terrain, le militantisme est marqué par l’amateurisme. Un militantisme ‘naïf’, ose-t-on dire. D’autant plus que les premiers cadres du mouvement sont issus de l’enseignement traditionnel. Ce qui ajoute à cette image de ‘sans-souci’.

Ould Haïdalla s’en va en 1984. L’aile militaire qui prend le pouvoir est la plus éloignée de la mouvance. A peine s’il ne s’agit pas des ennemis de ce qu’elle représente. Mais les Islamistes sont déjà pris dans le carcan politique traditionnel. Mêmes logiques, mêmes calculs. En 1986, les premières élections municipales sont organisées. C’est le premier test de la force des islamistes  une alliance avec les frères ennemis du panarabisme nassérien autour de la liste blanche. Impossible de juger leur force réelle. Pour les élections municipales suivantes, ils présentent leur propre liste : Ech choura. Mais, vu l’ingérence de l’administration dans ces élections, elles n’ont pas reflété la force réelle des islamistes.

 

Le pluralisme et l’affirmation de soi

En 1990, le pluralisme politique est décidé. Vite, les islamistes présentent le dossier d’un parti. Il porte le nom de « Front islamique » puis ‘Oumma’ pour ne pas se référer à l’exemple algérien. Le MIPT ne l’autorise pas. Sous prétexte que le Code des formations politiques interdit la constitution de partis sur une base religieuse, raciale ou ethnique. Les islamistes comprennent que c’est ce qualificatif « islamiste  » dans le nom du parti qui a répugné le MIPT. Ils présentent le projet du « Parti de la Oumma ». Le MIPT décide la non recevabilité du parti. D’abord parce que la Oumma a une définition très vaste qui dépasse l’Etat national. Deuxièmement, parce que l’entête de ce parti porte un verset coranique. Troisièmement, parce qu’il vise à instaurer un Etat islamiste.

Certainement le MIPT n’a pas omis de lire l’échiquier politique de la mouvance islamiste régionale et internationale. Les autorités préparaient déjà l’intronisation du président sortant et savaient qu’elles auraient besoin de l’alliance de la direction historique de la mouvance. Abdou Maham, Gaguih et les autres soutiennent à fond, à fonds… Sous prétexte des risques courus ailleurs, on en appelle à une ‘vision mauritanienne’. Assez pour justifier le refus de la Oumma.

Ce refus de la Oumma va illustrer la division au sein de la mouvance islamiste. Vite, les décideurs de la mouvance dépolitisent les fervents prêcheurs. Ils leur indiquent de prendre le chemin des mosquées et des faubourgs et de s’éloigner de la politique. En face des ‘vieux’ caciques, se forment les groupes de jeunes. Une nouvelle génération naît. Elle appaise le discours. Pas assez. Mais évite à la Mauritanie le scénario algérien. Pour un moment ?

La majorité des islamistes, particulièrement des jeunes, mieux organisés, rejoignent le camp de l’opposition. Ils sont en général des adeptes des Frères musulmans. Ils adhèrent à l’Union des Forces démocratiques de Ould Daddah qu’ils suivent quand il fait face à la scission de son parti. Tout le destinait à en être le leader le plus indiqué : l’ancrage maraboutique, le militantisme pieux, l’adoption du discours…

En 1999, la Mauritanie établit les relations diplomatiques avec Israël. Cette relation sera le terreau sur lequel s’alimentera la mouvance. Les islamistes créent le Ribat, une association de lutte contre l’établissement de tout lien avec « l’entité sioniste ». Le Ribat réussit à mobiliser contre l’établissement de cette relation. Il réussit, également, à mobiliser les cassons de la mouvance islamiste. La mouvance s’unit, manifestement contre l’établissement de ces relations, véritablement contre le gouvernement.

En 2000 Le gouvernement dissout l’UFD/EN. Ses leaders créent le Rassemblement des Forces démocratiques. On confie aux islamistes, notamment leur leader Jemil Mansour, des postes de commandement au sein du nouveau parti. Le parti obtient d’importants résultats aux législatives de 2001. Les sympathisants des islamistes disent qu’ils sont derrière cette réalisation. On pense au sein du parti qu’ils se prennent pour le nombril du monde.

Cependant les islamistes possèdent deux tribunes : une tribune reconnue légalement, c’est le RFD, et une tribune interdite officiellement, c’est le Ribat. Ils travaillent sur les deux fronts. Des sites internet, un journal, sont l’ossature d’une bataille de communication très professionnelle qu’ils engagent.

 

Le phénomène Ould Deddew

Après le 11 septembre, les islamistes deviennent la bête noire des américains et leurs alliés. Le régime mauritanien, orphelin sur le plan politique international, commercialise l’existence de la menace du « terrorisme islamiste » en Mauritanie. Il déclenche une guerre sans merci contre les leaders de la mouvance islamiste en 2003. Une guerre qui s’avérera contreproductive.

Cette campagne de chasse va aboutir à l’union de tous les groupuscules islamistes. Elle leur donne même un leader en la personne de Cheikh Mohamed Hacen Ould Deddew. Un salafiste d’obédience sourouriste qui forme le point d’intersection du frérisme et wahhabisme. Ainsi toutes les sensibilités islamistes nationales se voient assurées au commandement. Etant un cheikh vénéré qui jouit d’une estime publique nationale et internationale, son arrestation va parachever une mise à nu de tout le système. Et les représailles dont ils sont objet ne radicalisent pas leur discours modéré.

Le 08 juin 2003, le coup des officiers ‘libres’ n’était pas suffisant pour pousser le pouvoir. Les islamistes étaient à la prison. La plupart d’entre eux restent à la disposition des forces de l’ordre. Bien qu’ils aient pu prendre la fuite. Ils choisissent la légalité contre toute attente. Un point contre le pouvoir.

Les présidentielles sont à quelques mois. Le soutien de Ould Daddah pendant l’épreuve est jugé ‘mou’. L’aile ‘nostalgique’ des temps de Ould Haidalla l’emporte. Pour Ould Taya, il s’agit là d’une façon de faire de la politique ‘une continuation de la guerre par d’autres moyens’. Le contraire de ce qui est universellement admis. Un mariage de saison qui permet à Haidalla d’accomplir une belle bataille politique qui finit avec 20% malgré la fraude. Les « haïdallistes » vont se disperser juste après le procès de leur chef. Les nationalistes demandent l’autorisation du parti « Sawab ». Les islamistes, alliant Cheikh Ould Horma, préparent le dossier d’un Parti de la Convergence démocratique (PCD). Sawab est autorisé sans retard. Le dossier du PCD n’est jamais reçu par le MIPT. Parallèlement, les forces de l’ordre multiplient leurs représailles contre les islamistes. Particulièrement le trio Ould Deddew, Ould Mohamed Moussa et Ould Mansour. Ils sont inculpés dans des accusations relatives aux atteintes à la sûreté du pays. Alors que Ould Horma, lui, est poursuivi dans des procès relatifs aux putschs.

Août 2004, le régime annonce qu’il a déjoué une tentative de putsch. Il accuse à la fois les Cavaliers du changement et Al Qaïda. Il pointe ses doigts vers Abu Musâb Zarkawi, la bête noire des américains. Immisçant ainsi les islamistes dans une bataille qui n’est pas forcément la leur. Le message ne passe pas.

En avril 2005, les leaders islamistes tiennent un point de presse après avoir été détenus. Ould Mansour dit qu’ils ont décidé de tenir Ould Deddew hors du champ de la politique : c’est un Erudit qui doit appartenir à tout le monde. Certains y voient une révision des positions des islamistes, attendant qu’elles soient « proprement politiques ». Ce ne sera pas la première fois que les Islamistes changent de tactique ou de stratégie à la sortie de prison. Le lieu de détention a toujours été pour eux un lieu de débats et de discussions.

En juin 2005, des assaillants attaquent une unité de l’armée nationale à Lemghayti. Le gouvernement accuse vite le nébuleux GSPC qui revendique. Ould Deddew est dans la prison, comme d’autres imams, oulémas et islamistes tous azimuts. Modérés et extrémistes, ils dénoncent l’attaque. Le gouvernement joue avec le feu.

 

L’islamisme transitoire

Quand survient le putsch de 2005, les leaders islamistes sont tous détenus ou en fuite à l’extérieur. Beaucoup d’hésitations de la part des nouvelles autorités qui ne cachent pas une franche hostilité envers la mouvance. Après tout le chef de la junte n’est autre que l’ancien directeur de la police qui a persécuté ce groupe et construit l’image qu’on en a. C’est seulement le 03 septembre que le CMJD décide une amnistie générale. Les leaders islamistes et des imams et oulémas sont libérés. Mais des salfistes restent détenus. Ils sont accusés d’appartenir à des organisations terroristes internationales. Des compagnons les rejoindront sous le règne du CMJD. Ils seront accusés de commettre l’attaque de Lemghayti. Les premiers seront acquittés le 05 juin 2007. La plupart des derniers seront acquittés en août 2007. Tous ont été blanchis d’adopter le terrorisme come méthode de lutte.

Le président du CMJD annonce solennellement son refus d’accorder un parti aux islamistes. Après leur libération en 2005, les leaders islamistes créent le courant des « Réformateurs centristes ». Ils présentent leurs candidats sous l’étiquette d’indépendants. Ils obtiennent cinq députés, trois sénateurs et quelques maires. Ils soutiennent Saleh Ould Hanenna, Président du PMUC, chef des Cavaliers du Changement à la présidentielle. Il n’obtient que 7% au premier tour. Un échec donc du discours des deux formations politiques.

Au deuxième tour, ils rallient le candidat malheureux Ould Daddah. Parce que, disent-ils, pas question de rallier un candidat dont les sympathisants sont des prédateurs.

 

Ere nouvelle

Le nouveau Président de la République, Sidi Ould Cheikh Abdellahi, a, peu après son arrivée au pouvoir, reçu les leaders politiques. Y compris Jemil Ould Mansour, le chef de file islamiste. C’était le premier signal d’ouverture aux islamistes. Le deuxième signal c’est lorsqu’il a reçu Ould Deddew. Le troisième c’est lorsqu’il a nommé un islamiste salafiste, comme ministre des affaires islamiques, sur le conseil, disent des sources, de Ould Deddew. Le quatrième signal est son adoption d’un discours populiste à caractère islamiste (prière de vendredi et de l’istisqa, les campagnes, timides certes, de chasser les réseaux de prostitution, l’engagement décidé d’aller jusqu’au bout dans l’affaire de drogues…). Le cinquième signal est le procès des salafistes. Puis celui des « accusés de Lemghayti ». Et le dernier est la reconnaissance du Rassemblement National pour la Reforme et le Développement (RNRD).

Reste à savoir si cela suffit pour que le RNRD rejoigne le camp présidentiel. Ce n’est pas à exclure. Surtout lorsque Ould Mansour parle d’une « opposition constructive » et un « soutien critique ».

 

Discours démocratique pragmatique

 

Le Rassemblement national pour la Réforme et la Démocratie qui vient d’être reconnu est le fruit de longues années de lutte. Mais également la quintessence de plusieurs révisions et expériences. Idéologiquement, Il adopte les mêmes principes que les Frères musulmans. Particulièrement leur dernière révision qui se base sur « une politique pragmatique », parce que « rien n’est statique en politique » et « en politique, tout se discute. Tout se donne et s’échange ». Les Frères musulmans ont adopté ces principes suite à l’escalade de la Jamââ islamiya contre la société égyptienne tout entière dans les années 90. Pour les Frères, il est strictement interdit de tuer les égyptiens, que ce soient des musulmans ou des coptes.

Le RNRD se présente, selon ses leaders, comme « parti de tous les mauritaniens sans aucune exception ». Bien qu’il soit islamiste, il ne se réserve pas cette qualité : « Je pense que cette qualité d’islamiste n’est pas le propre de notre parti. Tous les partis mauritaniens sont islamistes en ce sens que la constitution renvoie à l’islam comme référence ». Le RNRD confirme « son attachement à l’Islam comme source unique du droit,  « son respect de la Constitution et des mécanismes démocratiques pluralistes qui garantissent l’alternance pacifique au pouvoir ». Il s’engage à préserver l’unité nationale « dans un esprit de pluralisme ethnique et culturel ». Il continue sa lutte « sans complaisance pour le renforcement des libertés individuelles et collectives ». Il s’engage à « défendre l’intégrité territoriale de la République Islamique de Mauritanie, son indépendance et ses ressources naturelles ». Ses responsables se disent conscients de « la responsabilité que nous portons pour le renforcement de l’Etat de droit et des institutions et de la nécessité d’y apporter notre contribution avec les différentes composantes de la scène politique nationale pour que notre pays occupe la place qui lui convient dans le concert de la modernité et du progrès ». Il faut rappeler que le RNRD ne présente qu’une partie des islamistes mauritaniens (les Réformistes centristes modérés). Trois écoles, théologiques et politiques à la fois, au moins, ne sont pas dans ce parti. Il s’agit des islamistes qui étaient engagés au PRDS et qui sont à la plupart de la première génération d’islamistes nationaux. Les rumeurs circulent déjà faisant état de leur éventuelle adhésion au RNRD. Le deuxième groupe est composé de quelques religieux fervents, mais non engagés politiquement (oulémas traditionnels, salfistes ou malékites, et quelques professeurs dans les instituts islamiques…). Sont-ils actuellement prêts à se politiser après avoir un parti islamiste autorisé ?

Le troisième groupe est composé de salafistes extrémistes. Ce groupe est très limité. Il refuse catégoriquement la démocratie. Pour la simple raison qu’elle « est contraire à la foi islamique ». Parce que toute soumission à une loi non divine « kanoune wad’iy » est contraire à l’islam. Selon le mémoire de maîtrise de Mahfoudh Ould El Walid alias Abou Hafs el Chinguitty, l’inspirateur de ce groupe qui, aux dernières nouvelles serait détenu en Iran, la Constitution mauritanienne est « mécréante et athée ». Elle est contraire à la charia et « la stipulation dans son préambule que l’Islam est la seule source de législation n’est qu’une manière de jeter la poudre dans les yeux ».

Le premier défi du RNRD est de tracer des frontières claires et ‘étanches’ entre ses partisans et sympathisants et les partisans et sympathisants de Ould El Walid. En attendant, le parti devra contenir l’engouement des nouveaux militants.

Mechri Ould Rabbany   

 

Source : La Tribune n°362                                           




Tintan: Le Trop-plein après la sécheresse

14082007
Tintane : 

Le trop-plein après la sécheresse

C’était prévisible. C’était prévu : tous ceux qui regardent les prévisions météorologiques savaient que les zones est seront bien arrosées en milieu de semaine passée. La météo mondiale prévoyait des pointes de 120 mm dans certaines zones pour lundi, mardi et mercredi derniers. 

C’était prévisible. C’était prévu : Tintane, comme beaucoup de villes mauritaniennes, est construite sans plan préalable. Pire, Tintane a connu son développement à la faveur de la sécheresse de la fin des années 60 et 70, puis au début des années 80. Au début était l’histoire d’une administration calamiteuse. A la fin, c’est encore l’histoire d’une administration qui est devenue en plus irresponsable. 

Au début, la ville avait poussé au sommet de la belle dune appelée ‘Sayf’, l’épée pour sa forme allongée et plutôt raide. A la fin des années 60, un préfet avait décidé de faire descendre les locaux de l’administration vers la plaine, aux confins de la grande palmeraie. C’était pour éloigner l’administration des habitants de Sayf, à majorité Ehl Sidi Mahmoud. Un peu pour les punir. Très probablement à la suite d’une histoire banale d’insoumission à une autorité qui confond son rôle avec celui d’un tyran. 

C’est naturellement autour de l’administration que tout se greffe : marché, infrastructures sanitaires, scolaires, alimentaires… A la fin des années 80, Tintane est une ville d’environ 40.000 habitants qui s’est essentiellement développée dans sa plaine. Ses cadres sont de fervents soutiens au régime d’alors. Le président de l’Assemblée nationale de 1992 choisit Tintane comme fief. Il y construit un magnifique ‘chalet’. C’est la période faste. Centrale, collège, alimentation en eau… Par la force des choses, la ville est une plaque-tournante du commerce sous-régionale. Elle est plus active que la capitale régionale Aïoun. Elle n’est comparable qu’à Guérou en Assaba. La masse monétaire qui y circule est phénoménale. On dit que quand il a fallu changer les billets de la monnaie nationale, près de 6 milliards ont été changés ici. 

Les années 2000, Tintane connaît ses premières grandes crues. L’Etat mobilise chaque fois une centaine de millions qui sont remis aux caïds locaux. Diguettes inaugurées en grande pompe, vivres distribués devant les caméras. Mais point de solution à long terme. En 2007, c’est la catastrophe. Une conséquence de l’accumulation des erreurs. 

Le ruissellement des eaux venant d’El ‘Aguer et d’ailleurs va inonder toute la plaine. La palmeraie disparaîtra sous les eaux qui emportent tout sur le passage. Le marché est détruit et avec lui tous les biens. Les maisons en banco pour la plupart disparaissent et avec elles tout ce qui s’y trouvait. On parle de 10.000 sans abris. Heureusement que les morts sont limités à deux jusqu’à présent. Il n’y a pas encore d’épidémie déclarée. Mais la région est infestée par le paludisme. Le réconfort viendra de l’élan de solidarité. 

Cela commence par la visite du Président de la République. Du jamais vu depuis des lustres : un Président qui va consoler, compatir. « Ma visite à Tintane m’a permis de constater ce que je ne pouvais connaître si j’étais resté à Nouakchott », dira-t-il. Il a ajouté qu’il a ainsi constaté que la quasi-totalité des habitats de la ville sont entièrement endommagés et ne sont plus, désormais, aptes à servir d’habitats. Le Président de la République a précisé avoir vu des populations quitter leurs maisons dans des pirogues et d’autres qui y demeurent en attendant d’être secourues. Il a ajouté qu’il a pu prendre connaissance de tous les problèmes qui se posent comme ceux de l’eau, de l’électricité, d’habitat et de produits alimentaires. « Ma délégation comprend un certain nombre de ministres et de responsables des institutions concernées par ces domaines, l’Etat fera, « Inchaa Allah »  tout ce qu’il est en mesure de faire et vous en serez informés « , a-t-il dit, aux journalistes qui l’interrogeaient. L’action du gouvernement devait suivre immédiatement. 

« Toutes les populations sinistrées ont été transférées du lieu du sinistre vers des zones plus sûres et il n’y a plus personne en danger demandant à être secourue ». C’est ce qu’a déclaré Mohamed Vall Ould Cheikh, ministre de la culture et de la communication lors d’une conférence de presse tenue au lendemain de la visite. « Je voudrait vous réaffirmer, a dit le ministre, que la catastrophe était et demeure la préoccupation essentielle du gouvernement et du peuple mauritaniens de sorte que la nuit même où la catastrophe a eu lieu, les autorités régionales sous la conduite du wali sont intervenues mettant à profit les services régionaux, les unités de l’armée et des forces de sécurité, des unités de la cinquième région militaire sous la direction de son commandant pour secourir et sauver les personnes sinistrées ». Dans le même temps, Ould Cheikh a rappelé la création d’un comité ministériel de crise supervisé par le Premier ministre et composé de plusieurs ministres et hauts responsables concernés. Il a passé en revue les différents axes d’intervention dont la sécurité, les infrastructures, la situation alimentaire, l’eau, l’électricité etc. ajoutant que s’agissant de la sécurité, des unités de l’armée sont intervenues la 1ère nuit et demeurent encore sur place. 

En outre, le ministère de la défense a mis à la disposition des autorités administratives 3 avions et a renforcé les unités déjà sur le terrain d’une unité prélevée sur la wilaya du Trarza avec ses équipements notamment ses embarcations pour secourir les sinistrés et demeure elle aussi sur les lieux à Tintane. Selon les statistiques disponibles, cette unité a dit le ministre, a secouru 2000 personnes saluant, au nom du gouvernement, le patriotisme et l’esprit de sacrifice dont ont fait preuve nos forces armées et de sécurité dans ces opérations. 

Selon les témoignages qui nous sont parvenues, dit-il encore, ces forces ont mis en danger la vie de leurs éléments pour sauver les habitants sinistrés et continuent à jouer le même rôle depuis le premier jour de la catastrophe. Ould Cheikh a relevé les équipements et matériels mis à la disposition des autorités administratives locales par les forces armées dont un porte char, des tentes, des couvertures en plus de leur engagement entier sur le terrain. Evoquant l’état d’exécution des décisions du comité interministériel présidé par le premier ministre pour l’organisation des secours à la suite des inondations de Tintane, le ministre de la culture et de la communication a précisé que plusieurs départements ministériels ont contribué à ces actions. Ainsi le commissariat chargé de la protection sociale et de la sécurité alimentaire a offert 228,2 tonnes de produits alimentaires, 100 cartons de gloria, 200 tentes, 2000 couvertures, 400 nattes, 400 pots, 10 citernes artificielles et 14 camions/navette. Le ministère de l’économie et des finances a, quant à lui, remis au wali une enveloppe de 30 millions d’ouguiyas. Au plan de l’approvisionnement en eau potable, le ministère de l’hydraulique, de l’énergie et des TIC a disponibilisé 2 camions citernes, un autre affecté par l’ENER en plus du rétablissement du réseau électrique. Pour sa part, le ministère des transports a fait l’identification d’un nouveau tracé de la route contournant la zone montagneuse de Tintane.  

Au plan sanitaire, deux véhicules chargés de médicaments ont été mis à la disposition des autorités locales en plus de l’appui de deux médecins supplémentaires et de l’octro d’un lot de 1000 moustiquaires imprégnées. Le département de l’équipement, de l’habitat et de l’urbanisme a, quant à lui, identifié une bande de 700 sur 2000 m devant servir de site d’accueil des sinistrés pour son lotissement dont les travaux ont déjà commencé

Signalons que le Gouvernement avait appelé samedi les pays frères et amis ainsi que les organisations internationales et les partenaires au développement à contribuer au financement d’une caisse de reconstruction de la ville de Tintane, suite aux inondations qui ont frappé tout dernièrement cette ville et occasionné des pertes humaines et d’innombrables dégâts matériels.  

Au cours de l’appel, le ministre des finances a déclaré que « les victimes directes sont estimées à 10 mille personnes auxquelles s’ajoutent la destruction d’infrastructures de base (marchés, écoles, routes, réseaux d’eau et d’électricité, habitations et autres biens immobiliers des populations de la localité ». Ould Hamma Vezaz a, ensuite, indiqué que l’Etat envisagera dans le cadre du nouveau plan urbain de la ville sinistrée de mettre en place de nouvelles infrastructures comme les routes, les écoles, les centres de santé, les réseaux d’eau et d’électricité ainsi que l’appui aux populations désireuses de quitter les quartiers inondés et construire de nouveaux logements ». Il a également noté que le transfert de la ville de son site actuel fait suite à une étude recommandant le transfert de la ville de cette dépression l’exposant aux inondations à chaque hivernage. Dans ce cadre, a-t-il dit, « le gouvernement compte sur le soutien des pays frères et amis ainsi que celui des organisations internationales et des partenaires au développement pour faire face à cette situation tout a fait exceptionnelle.  

Le ministre de l’économie et des finances a informé les participants des mesures déjà prises dans le sens d’alléger les souffrances des populations en situation de crise, ajoutant que les victimes ont été transférées vers des sites d’hébergement disposant des services sanitaires et de nourritures. Il a mis en garde contre d’autres inondations. Il a dit que les services techniques ont déterminé 18 communes, dans l’ensemble du pays, pouvant être victimes, au cours de l’actuelle saison des pluies, d’inondations similaires à celles de Tintane.  

Sur place, le
Wali du Hodh El Gharbi, Amadou Abou Ba a présidé vendredi à Tintane une réunion du comité de l’intervention humanitaire et du recensement des victimes des inondations. Au cours de la réunion, le Wali a informé le comité, qui regroupe les élus locaux, les organisations de la société civile et le chef de service régional du commissariat chargé de la protection sociale et à la sécurité alimentaire, de l’arrivée des aides alimentaires qui seront  distribuées incessamment. A l’issue de la réunion, les membres de la commission se sont scindés en sous commissions pour accélérer le recensement des sinistrés afin qu’ils bénéficient des compensations nécessaires. Dans une déclaration au correspondant régional de l’AMI, le Wali a précisé que les populations qui ont encerclées par les eaux ont été évacuées et que son comité réceptionne des secours apportés par des institutions et fondation de bienfaisance, telles que la fondation de Khattou Mint El Bouakhary, épouse du président de la république, le croissant rouge mauritanien, le groupe Ahil Abeidna, l’ONG Oxfam et autres. Les autres ministères ont axé sur leurs interventions sur le désenclavent de la zone pour faciliter le trafic des personnes et des biens entre Tintane et Aioun, a, encore, précisé le Wali. Au sujet de l’approvisionnement de la ville en eau potable, le wali a émis l’espoir pour la réparation rapide du réseau de la ville et en attendant la ville s’approvisionne avec des citernes qui amènent de l’eau à partir de Kiffa.  

L’ONG de la Première dame a été la plus rapide et la plus efficace sur le terrain. Dès le premier jour, des produits alimentaires (sucre, huile de table, lait, pâtes alimentaires et biscuits) et des équipements domestiques (nattes, torches, bougies et du matériel de stockage d’eau) ont été acheminés par la fondation Khattou Mint El Boukhary, aux populations de Tintane victimes. Cette première intervention sera suivie par d’autres qui ont permis d’acheminer couvertures, citernes, habits… Bientôt, la fondation va envoyer une équipe médicale qui fera de la consultation gratuite afin de contribuer à la prévention des épidémies. Rappelons que l’objectif de la Fondation est de mobiliser moyens humains et matériels dans des cas humanitaires pareils. Elle est un peu ce qu’on peut considérer comme le bras d’une action bienfaisante visant à améliorer les conditions des populations. Dans le cas d’espèce, la Fondation démontre le bienfondé de son existence.

MFO

 Source La TRIBUNE 362




Régions

14082007
Kaédi 

Le Crédit Municipal ‘’Web Cités’’ 

 

Erreur de conversion ou mauvaise lecture ? 

 

Le huit mai, deux mille sept, les Femmes de
la Commune de Kaédi sont convoquées à l’Hôtel de Ville par le Maire qui était accompagné du Coordinateur de l’Antenne Vallée et responsable de l’ONG ‘’Eco – développement, organe gestionnaire du Projet, Monsieur Ahmed OULD MAGED et de Madame Clara, représentante du PNUD. 

Dans son allocution, Monsieur SOW Moussa Demba avait rappelé que le projet initié en 2002, par
la Commune auprès de l’Alliance Mondiale des Villes contre
la Pauvreté en Suisse voyait son aboutissement, avant de dire que les bénéficiaires directes étaient les femmes, afin de les permettre d’accéder aux micro – crédits pour développer les Activités Génératrices de Revenus et améliorer leurs conditions de vie. 

Les responsables précités du crédit ont, dans le même temps affirmé que le budget du projet s’élève à : CENT VINGT – CINQ MILLIONS (125.000.000) ouguiyas et, ceci dans la salle de réunion et par devant plus de quatre cents femmes et les quelques Conseillers venus au hasard. 

Sur l’unique choix du Maire, deux comités ont été mis sur pied : celui du pilotage et celui de gestion du crédit. 

Le feu vert a été donné et la sensibilisation a commencé. Les concernés ont sillonné tous les quartiers de la ville plus Bélinabé, Rindiao et Pimpédjel 

Les femmes se lancent dans la constitution des dossiers de reconnaissance de leurs coopératives. La plus part d’entre elles y ont laissé des plumes. Aujourd’hui, la ville compte au moins quatre cents (400) coopératives. 

Deux mois après, surgit un problème. Le bruit commence à courir, l’argent, le budget du projet n’est plus de CENT VINGT – CINQ  (125.000.000) MILLIONS mais seulement de : DOUZE MILLIONS, CINQ CENTS MILLES (12.500.000) Ouguiyas. 

Les femmes n’en reviennent pas ! Erreur ? D’où provient – elle ? Un détournement ? ‘’Ça devait – au moins – faire l’objet d’une réunion de toutes les femmes à l’Hôtel de Ville, pour explication’’, disent certaines. 

Visiblement, il s’agit tout seulement d’une erreur de conversion ou d’une mauvaise lecture. Dans le document de fond il est mentionné ‘’Budget du Projet : CINQUANTE MILLES (50.000) dollars. Or, le cours de change manuel dans le marché est  pour mille (1.000) dollars = deux cent cinquante milles (250.000) Ouguiyas ; donc Cinquante milles (250.000) dollars = Douze millions, cinq cents milles (12.500.000) Ouguiyas et non Cent  vingt – cinq  millions (125.000.000) Ouguiyas, comme cela avait été dit auparavant !!! 

Donc, de deux choses l’une, soit ceux qui ont fait l’opération ont ajouté un zéro au chiffre ou ils ont lu un chiffre à la place d’un autre. 

Résultat de gestion unilatérale des activités d’une commune. Et, j’avoue en ma qualité de 4éme adjoint au maire n’être aussi affligé, parce que n’ayant jamais été autant concerné. Un Conseil Municipal est un tout. Il faut une association et une collégialité pour la bonne marche des choses. 

Aujourd’hui, en ce moment même on tombe de charybde à scylla. On dit que finalement le PNUD n’a envoyé – tenez – vous bien ! –  que de la somme UN MILLION, CINQ CENTS (1.500.000) Ouguiyas environ !!! 

 

Il y a vraiment lieu de se demander pour quoi faire ? Pour créer des problème ou pour en résoudre ? 

Nous ne pouvons conclure sans donner l’affirmation suivante aux curieux : <>. 

Ce qui nous amène à penser  à Henri JAMES qui disait :   <

 

SOW Moctar Samba 

CP / Gorgol 

Contact: 650.68.29 

 

NOUADHIBOU 

Le retour des déportés à la loupe des populations 

Une semaine après le séjour de la mission d’explication conduite par le ministre de l’agriculture sur le retour des réfugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali , le débat continue à susciter passion et compassion chez le peuple alors qu’autorités , élus ,chefs religieux et coutumiers observent un silence total inquiétant. Même cas de figure chez les cadres qui se bousculaient pourtant ce 6 août pour occuper les premiers rangs. 

A ce jour encore nul n’a entrepris une campagne d’explication .C’était pourtant l’objet de la réunion. 

Aucun des trois députés, ni le sénateur, encore moins les 19 élus municipaux n’a daigné sensibiliser le peuple sur les enjeux ou les modalités du retour imminent de nos compatriotes. 

Quand aux  imams, (La ville compte prés de 40 mosquées) aucun n’a consacré sa prêche sur ce problème. 

C’est à se demander l’utilité de la rencontre entre les émissaires du président de la république et les cadres, élus, notables et autorités de Nouadhibou… 

Chez  la population, le débat suscite passions et compassions. 

A la radio FM les animateurs consacrent beaucoup de temps au thème. Si le principe du retour est acquis, les modalités  n’en demeurent pas moins source de frictions et de tensions.. 

Combien sont-ils ? Où seront-ils installés ? Retrouveront-ils leurs biens ? 

Telles sont les principales questions évoquées par les  auditeurs. 

D’aucuns mettent en parallèle ce dossier avec le conflit du Sahara Occidental des années 70. 

‘ Pendant la guerre, des Mauritaniens étaient déportés sous prétexte qu’ils avaient des parents sahraouis’, s’insurge Brahim. 

H. étudiante pense autrement: ‘J’étais très jeune quand les événements ont eu lieu. La TVM devrait faire un reportage dans les camps  pour qu’on puisse juger de l’ampleur des déportations.’ 

Mohamed, commerçant :’ 90 % des mauritaniens ignorent ce qui s’est réellement passé. Il faudrait une explication de texte.90% de la population ignore encore ce qui se trame.’ 

S .cadre :’Certains craignent que de non Mauritaniens profitent de la situation pour acquérir des papiers Mauritaniens. Ici ce n’est pas le paradis. On a du mal à survivre. La vie est dure.’ 

K. cadre : »Cette crainte (de voir des étrangers entrer avec les réfugiés) est du racisme. Combien de Maghrébins vivent ic? Il faut aussi surveiller les frontières nord.’ 

N, imam :’Puisque l’état a reconnu sa responsabilité, les réfugiés doivent revenir et pardonner.’ 

C, animateur radio :’ Les réfugiés ne doivent pas être trop exigeants. La situation est difficile. Voyez Tintane. L’état ne peut rien faire.’ 

D, chômeur: ’Qu’ils reviennent d’abord. Le reste est un combat politique’ 

J. militant d’une formation politique :’ S’ils retournent ça va renforcer Sarr. Les 7 % qu’il a obtenus seront 10 %, autant que Messaoud.’ 

T .politicien : Attention à ne pas rompre l’équilibre ethnique. Nous sommes arabes. Attention à la Darfourisation du pays (allusion au Darfour, cette province de l’ouest du Soudan, en proie à un guerre civile .NDLR .) 

On le voit, les citoyens sont préoccupés. Mais n’ont personne pour les rassurer. 

ATHIE YOUSSOUF 

CP/NOUADHIBOU 

 

Source/ La Tribune n°362 




La RADHO: Vers un atelier sur les acquis démocratiques

14082007

La RADHO

Vers un atelier sur les acquis démocratiques

 

La rencontre africaine des droits de l’homme envisage l’organisation d’un atelier sur le renforcement des acquis démocratiques en Mauritanie. Secrétaire général exécutif de
la RADHO, Alioune Tine était l’hôte du président de
la République Sidi Ould Cheikh Abdallahi. C’était samedi 11 août 2007.

L’après midi, il a tenu une réunion avec les organisations de la  société civile mauritanienne au siège du forum national des droits de l’homme (FONADH). Objectif : recueillir les avis des uns et des autres représentants des ONG ainsi que les propositions des thématiques à développer les 17,18 et 19 octobre prochain en vue de réfléchir sur la consolidation des acquis en matière de démocratie en Mauritanie. Parmi les propositions faites, figurent les questions sur la tolérance, la citoyenneté, la coexistence des communautés, le passif humanitaire, l’esclavage, etc. Ce à quoi certains représentants des ONG ont voulu opposer le cas des sénégalais d’origine maure qui auraient été expulsés lors des événements de 89, celui des rapatriés qui n’ont pas eu leurs droits ainsi que « le passif humanitaire de 1981. (Les auteurs de la tentative  de putsch du 16 mars qui ont été exécutés sous le régime de Ould Haidalla, NDR). C’est un faux débat ont relevé d’autres pour qui il ne faut pas faire de confusions.

A l’issue de la réunion, Alioune Tine s’est mis à la disposition de quelques journalistes pour répondre à certaines questions. Par rapport à la question de sénégalais d’origine maure qui seraient encore en situation de réfugiés en Mauritanie, il a déclaré : « si les gens nous saisissent, nous allons travailler à ce que leurs droits leurs soient restitués. »

« Nous avons gardé un sénégalais maure dans notre siège et nous avons travaillé à lui faire recouvrir ses pièces d’état-civil. », a-t-il poursuivi.

Quant à Aissata Satigui Sy de l’AMDH, elle a précisé qu’en ce qui concerne les rapatriés, « leurs droits ont été spoliés par les autorités mauritaniennes de l’époque » : les fonds de solidarités qui avaient été débloqués pour eux à l’époque ainsi que les endroits qui leur avaient été donnés pour qu’ils s’abritent auraient-ils été alors dilapidés sans autres formes de procès ?

C’est là où le rôle de la société civile mauritanienne peut être affirmé. Selon le Secrétaire général de
la Radho, il faut que cette société civile mauritanienne soit impliquée dans toutes les étapes de règlement des problèmes. Notamment dans le cadre de la mise en place d’un plan de retour des déportés.

Le retour à l’ordre constitutionnel et les premiers signes de bonne volonté politique ont « été retenus par le représentant de
la RADHO comme un réel espoir de résolution concertée des difficultés.

Reste à savoir si le moment venu, la rencontre du 17 au 19 octobre sera à la hauteur des préoccupations de l’heure.

 

Source La Tribune 362




‘Une esclave est la première à donner sa vie pour l’Islam !’

14082007

 

 ‘Une esclave est la première à donner sa vie pour l’Islam !’ 

 

« Je suis fier, monsieur le Président, d’être député dans une assemblée présidée par vous. » Ces paroles de Me Sidi Mohamed Ould Maham, député d’Atar, expriment à elles seules la dynamique de changement dans laquelle se trouve

la Mauritanie. Le président de la commission justice, intérieur et défense de l’assemblée nationale, qui avait eu à examiner, plusieurs semaines durant, la loi sur l’esclavage, s’adressait à Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale. 

 

Le leader harratine et militant des tous premiers débuts du mouvement El horr a été élu à la tête de la chambre basse du parlement mauritanien après avoir contribué avec son parti l’APP à faire peser la balance en faveur de  Sidi Ould Cheikh Abdallahi au second tour de la présidentielle de mars 2007. 

C’est toute une histoire qui se réécrit. On est loin de l’époque où, député de Action pour le Changement, Messaoud Ould Boulkheir, avec Sarr Ibrahima, son ancien camarade de lutte, tenait tête à un Premier ministre à l’Assemblée nationale de l’ère Ould Taya. Résultat à l’époque : la dissolution de Action pour le Changement. Et la lutte allait continuer à partir d’un autre camp : l’Alliance Populaire Progressiste avait ouvert les bras pour Ould Boulkheir et les siens. 

 

Autre temps… 

 

On est mercredi 8 août 2007. 21 heures. A quelques minutes de l’adoption à l’unanimité de la loi incriminant et réprimant les pratiques esclavagistes en Mauritanie.  Il a fallu deux jours de débats en plénière pour faire le tour du sujet. Non parce qu’un malentendu se profilait mais plutôt parce que plusieurs dizaines d’élus tenaient à s’exprimer le plus positivement sur une question assez sensible qui avait buté par le passé, et dans la même assemblée, sur l’incompréhension et à la réticence du gouvernement et de ses alliés parmi les parlementaires. Pour l’histoire, il y a  lieu de rappeler, comme l’a fait Sy Samba, député UFP de Boghé, que dans la même salle de l’assemblée nationale, il s’est trouvé des députés qui, durant le mandat précédent, celle de l’ère Taya, avaient soutenu opiniâtrement qu’il n’y avait pas d’esclavagisme en Mauritanie. 

  

Sang d’esclave pour l’Islam 

 

« La première personne à avoir perdu la vie pour cette religion est une esclave, monsieur le président. » A dit encore Ould Maham. Ce jeune avocat a puisé dans l’histoire pour rappeler que Soumayya, appartenant à la famille de Yassir était la première à mourir sous la torture pour avoir embrassé l’islam. 

On sait par ailleurs u’il s’agit de la famille à laquelle le prophète (PSL) a recommandé la patience, lui garantissant que ses membres se retrouveront au paradis.    

L’Islam ne peut donc fonder l’esclavagisme, plaide Ould Maham. A l’actif des députés le rappel d’un épisode de la vie de Bilal qui avait été traité par un des compagnons du prophète (PSL), de fils d’esclave. L’envoyé d’Allah s’étant indigné, ce compagnon s’était mis à terre, rappelle un député, pour demander  à Bilal de mettre son pied sur sa joue. Ce qui bien sûr ne fut pas fait. 

Les députés ont par ailleurs loué l’effort des mouvements dont c’est la lutte qui, selon eux, est à l’origine du couronnement du combat pour la liberté. Ainsi, d’aucuns ont rendu hommage aux mouvements El Horr, Kadihine, entre autres combattants pour l’égalité. Tout comme certains ont salué le courage de Boubacar Ould Messaoud de SOS esclave et de Jemal Ould Yessa, « dont les ancêtres sont des maîtres » mais « qui a résisté pour que soit éradiquée l’esclavage. » (Dixit un député). 

L’argument le plus dégainé par les députés reste toutefois l’islam. Même si comme Jemil Mansour certains ont voulu noter qu’il y a deux écoles qui conçoivent différemment la question de l’esclavagisme, la balance a beaucoup plus pesé du côté des défenseurs de l’idée d’un islam antiesclavagiste : « Quand est-ce que vous avez réduit les hommes en  esclavage alors qu’il ont été enfantés libres par leurs mères », a-t-on martelé pour rappeler les propos de Oumar Ould Khatab, le khalife. 

 

Esprit des lois 

 

Côté amendements on retiendra que le premier intervenant à la plénière, Khalil Ould Tayyib de l’APP a proposé que l’on apporte une modification lexicale au titre de la loi avant son adoption. Du moins dans sa version arabe. 

La commission justice, intérieur et défense de l’assemblée a apporté des amendements sur neuf des seize articles du projet. Selon le président de la commission, Me Sidi Mohamed Ould Maham, il s’agit de relever la peine qui sanctionne le crime d’enlèvement d’enfants en vue de les asservir. Le terme de crime a été enlevé de l’article 4 tandis que dans l’article 9 on a utilisé le terme de délit et l’on a ajouté la double dot pour celui qui consomme le mariage d’une esclave au lieu de la dot normale proposée dans le projet du gouvernement. Les organisations des droits de l’homme ont également le droit de solidarité en faveur des victimes et de prendre part aux enquêtes judiciaires. En plus de cette clause exigée par la commission, il y a l’exigence de juger les questions de cet ordre en référé ainsi que la garantie de l’assistance judiciaire gratuite au profit des victimes de préjudice. 

A l’article 10 de la loi il est stipulé après amendement que « l’auteur de la production culturelle ou artistique faisant l’apologie de l’esclavage est puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille ouguiyas à deux cents mille ouguiyas ou de l’une des deux peines. » Sans compter qu le produit sera confisqué et détruit et que l’amende sera port cinq millions d’ouguiyas s’il est réalisé ou diffusé par une personne morale. Autant dire que les traditions orales exposent toutes les communautés à la sanction, sachant que les répertoires de  musique et de danse traditionnelles ont des contenus identifiants de la catégorie sociale. 

L’amendement de l’article 12, ouvre quant à lui la possibilité de faire punir tout représentant de l’administration, allant du wali à l’officier ou agent de police judiciaire qui ne donnent    pas suite aux dénonciations de pratiques esclavagistes portées à leurs connaissance. La peine peut être de deux à cinq ans d’emprisonnement et de deux cent à cinq cent mille ouguiyas. 

Cette loi que d’aucuns ont retenue comme le couronnement d’une série de textes et de procédures depuis l’indépendance de
la Mauritanie doit être accompagnée selon la plupart des députés de mesures d’accompagnements efficaces. Censées dédommager une frange de la population longtemps victime. D’aucuns, à l’instar de Saleh Ould Hannana, ont préconisé le principe de discrimination positive. Donner un quota à « ces gens pour leur permettre de franchir des pas importants dans la distance qui les sépare des autres », ont recommandé certains députés. Excès de zèle ou solennité passionnelle du moment ? La pauvreté en Mauritanie ne connaît pas de différence entre esclaves et ‘nobles’. La richesse non lus. 

La loi jette néanmoins des fondements juridiques clairs rompant avec un passé dont les traces ou les survivances ont toujours fait l’objet de controverses. Au moment où les militants de SOS-esclaves s’employaient à convaincre que l’esclavagisme est encore pratiqué en Mauritanie, les autorités parlaient de séquelles lorsqu’elles ne pouvaient plus esquiver la question. Vont-elles, en plus des mécanismes juridiques interdisant ou sanctionnant les pratiques de l’esclavage, consentir  à mettre en place des projets économiques, sociaux et culturels pour tirer la frange qui souffre de l’esclavage et de ses séquelles vers une situation digne. Une grande majorité de harratines, descendants d’esclaves noirs de la communauté arabe de Mauritanie vivent les séquelles de l’esclavage. Le président de l’assemblée nationale Messaoud Ould Boulkhier, leader harratine et opposant radical au système déchu de Ould Taya, avait au cours de la plénière du lundi 6 août eu un échange nerveux avec un député qui s’employait à soutenir que l’esclavage en Mauritanie était moins sévère que celui qui avait cours aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud. « Toi tu n’es pas esclave. Moi j’en suis un qu’on bat et qu’on compare aux bêtes. » Propos qu’il acceptera de retirer, deux jours après, à la demande du député Abderrahmane Ould Mini. Cette loi n’est pas faite pour vous monsieur le président. Vous ne devez pas retourner le mot contre vous. Vous êtes le président de l’assemblée nationale. Avait dit en substance l’auteur de la tentative de putsch du 8 juin 2003 et ancien prisonnier du régime d’Ould Taya. « Araani Saaheb Yiik il kelima ala khlaagak… » Lui avait répondu Ould Boulkheir. 

La bonne humeur siège à l’assemblée ! 

Kissima-Tocka 

Source : La Tribune N° 362 

 

 

 

 




Drogue en Mauritanie

14082007

 

 

Encore de la Coke ! 

 

Le Procureur de la République près le Tribunal régional de Nouakchott a tenu hier une conférence de presse dans son bureau au Palais de justice. Le procureur, Benamar Ould Vetene, a expliqué aux journalistes les tenants d’une saisie de 830 kg de cocaïne dimanche dernier à Nouakchott. La quantité aurait été saisie après que le juge chargé du dossier a soupçonné un bus qui se trouverait à El Mina, au sud de la capitale mauritanienne. 

Il s’agit, pour Ould Vetene, d’une «nouvelle démarche dans le dossier 769/2007». Connu communément par le «dossier Ould Taya-Ould Mini », ce dossier n’a, officiellement, aucune relation avec l’autre gros dossier ouvert à Nouadhibou. Ould Vetene, a ajouté que cinq personnes impliquées dans cette affaire ont été arrêtées. Il s’agit de deux mauritaniens, deux marocains et un sénégalais. Après la saisie de cette quantité, les forces de l’ordre ont pénétré une maison située à El Mina à partir de laquelle la cargaison a été chargée. Dans cette maison, on a remarqué, dit Ould Vetene, les traces de l’emballage de la cargaison. 

Le procureur a affirmé que les investigations continuent pour savoir l’origine et la destination de cette cargaison. Il a dit que les enquêtes n’ont pas encore deviné des liens entre cette affaire et celle de Nouadhibou. 

Cette saisie de drogues est la plus grande dans l’histoire de la Mauritanie. Sa valeur est de 27 milliards ouguiyas à peu près. 

Rappelons que les autorités mauritaniennes avaient saisi le 1er mai dernier 650 kg de drogues à Nouadhibou. Une quantité dont la valeur est de plus de 20 milliards d’ouguiyas. Le présumé cerveau de cette affaire, Sidi Ould Haïdalla, est poursuivi actuellement au Maroc. Les informations disent qu’il dispose d’un passeport malien. Il est quand même remarquable de constater que le juge en charge de l’enquête n’a pas essayé de faire le déplacement au Maroc pour interroger l’intéressé. That’s the question… 

 

Mechri Rabbany 

 

Info source : La Tribune 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

14082007

Des femmes sont livrées  à elles  mêmes ! 

En dehors des urgences, une couche de notre société agonise. « La vérité devint la vie  dans cette mort. Le sac du silence  était lourd » disait Pablo Neruda dans  le  mémorial de l’île noire. 

En effet, les années 90 ont marqué une transformation radicale des mœurs. Des femmes sont livrées  à elles  mêmes ; elles ont la charge de  leurs enfants, leur seul moyen de survie demeure la vente de leurs corps, ce n’est pas par plaisir, mais par besoin. Ce besoin peut être décrit comme suit : « chaque sortie  de l’ombre nous donne la souffrance  nécessaire : cette rumeur en vérité se transforma, la lumière envahit la porte obscure, et les douleurs se modifièrent » (Neruda, op.cit). 

En fait, après avoir été mariée   avec plusieurs hommes, x  se trouve avec des garçons à nourrir. Elle devient parmi ces femmes qui essayent  de se livrer à  la pratique sexuelle mais « avec une pudeur » disent-t-elles 

En lui posant la question pourquoi elle ne cherche pas d’autres moyens de survie acceptables. 

Elle nous a  répondu « qu’elle ne peut pas laisser ses enfants seules ». Elle est dans la contrainte de choisir cette voie en espérant trouver un homme ou quelqu’un qui lui accorde un prêt lui permettant de travailler dans le commerce. « Pour le moment  je suis obligée de suivre ce rythme » martèle-t-elle avec amertume. 

Une  autre était dans une  grande ville mauritanienne après la mort de son père et le divorce de  son mari,  elle se trouve dans la contrainte de subvenir au besoin de son fils. Celle-ci, elle a, néanmoins, eu la chance d’être acquis dans une structure familiale. Depuis son arrivé,  elle cherche du travail en vain. Son  problème demeure la méconnaissance des circuits permettant de suivre des formations pour les femmes. 

Une troisième qui a pu bénéficier  d’une formation en bureautique arrive malgré la médiocrité de la formation  à décrocher un stage dans une structure touristique. Elle a eu la conviction après une longue pratique avec les hommes que la seule issue c’est de prendre en main son avenir. 

Une troisième catégorie a subi une mutation profonde, des riches deviennent des pauvres, les filles des hauts fonctionnaires sont encore soumises au risque de la  pauvreté qui frappe la société mauritanienne.  Pour suivre le rythme de la vie moderne,  elles  essayent  de tisser un réseau de connaissance leur  permettant  de s’insérer  normalement dans la vie active. Elles ne peuvent pas se permettre de faire n’importe quoi sauf en cachette, elles utilisent leurs physionomie afin qu’elles puissent prendre en main leurs avenir. Les femmes s’adaptent dans le but de survivre. Ces phénomènes existaient depuis longtemps, mais avec la pauvreté la situation est devenue de plus en plus alarmante. Qu’en est-il des hommes ? Disons qu’ils n’arrivent  plus à construire des familles faute des moyens. La seule issue demeure l’abstinence ou …   

m_barrada@yahoo.fr 

 

Mohamed Fouad Barrada 

Source : www.barrada.unblog.fr 

   




Mauritanie: saisie de 830 kg de cocaïne, cinq arrestations à Nouakchott

14082007

Mauritanie: saisie de 830 kg de cocaïne, cinq arrestations à NouakchottLa justice mauritanienne a annoncé lundi avoir saisi 830 kg de cocaïne, et arrêté cinq personnes – deux Mauritaniens, deux Marocains et un Sénégalais – lors d`une « opération de routine » dimanche soir dans le quartier populaire El-Mina de Nouakchott, a annoncé l`AFP.

L`opération a été menée par le juge d`instruction en charge du dossier de l`arrestation, en juillet dernier, de plusieurs personnes accusées d`appartenir à un réseau de trafic de drogue, a indiqué lors d`une conférence de presse le procureur de la République, Ben Amar Ould Veten.

Au cours de cette « opération de routine dans le cadre de son enquête, le juge a soupçonné un mini-bus en déplacement qu`il a aussitôt fait arrêter pour découvrir le chargement et procéder à l`interpellation de ses occupants« , a expliqué le chef du parquet de Nouakchott.

Le véhicule contenait quelque 830 kg de cocaïne dont la valeur est estimée à plus de 37 millions d`euros, ont affirmé à l`AFP des sources judiciaires, précisant qu`il s`agit de la plus importante saisie dans l`histoire du pays.

AngolaPress



 
13 août 2007 : Saisie à Nouakchott de près de 900 kg de cocaïne avec deux étrangers

Le procureur de la république près le tribunal de Nouakchott, M. Ben Amar Ould Veten a déclaré lundi à l’AMI que les autorités judiciaires ont constaté dimanche dans le cadre de leur enquête au sujet du dossier 769/07 sur la drogue, l’existence d’une quantité de stupéfiants dans une voiture sur une des avenues de la capitale.

Après inspection de ladite voiture, une quantité de près de 900 kilogrammes de cocaïne y a été trouvée. La voiture en question a été appréhendée et se trouve actuellement entre les mains de la police judiciaire et les deux étrangers qui l’exploitaient avaient été écroués.

L’enquête poursuit son cours pour cocaïne la partie destinataire de la quantité de drogue saisie qu’elle contenait et l’arrestation des autres personnes impliquées dans l’opération, précisant que les premières informations montrent que la quantité était cachée dans un lieu déterminé à Nouakchott et transportée vers un autre lieu de la capitale.

Il a précisé que tous les indices et données disponibles jusqu’à présent montrent le lien existant entre cette affaire et le dossier 769/07 relatif à la question de la drogue. Il a dit que la justice n’a pas encore tranché l’affaire du 1er dossier et que la voiture a été retrouvée dans le cadre de l’enquête sur ce dossier.

Il a souligné que les personnes qui ont été appréhendées dans le cadre du 1er dossier sont maintenant entre les mains du juge d’instruction dans l’attente d’être jugées et que des mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés contre les autres personnes en cause et les individus en fuite et que les recherches les concernant sont en cours de concert avec Interpol et les pays avec lesquels nous sommes liés par des conventions d’extradition ».

Le procureur de la république a déclaré que « la justice est déterminée à aller de l’avant dans son enquête sur ce dossier précisant qu’il n’existe pas devant elle de lignes rouges l’empêchant de toucher toute personne, quelqu’elle soit, impliquée de près ou de loin dans cette affaire de drogue« .

Il convient de rappeler que les enquêtes en cours sur ce dossier ont intéressé jusqu’à présent plusieurs personnes soupçonnées ou témoins donnant lieu à de larges opérations de recherches et d’inspection et qu’actuellement les recherches se poursuivent pour retrouver les individus en fuite.

AMI

Note: Info source : AngolaPress / Agence Mauritanienne







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