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Chronique Mansour

5082007

 

Sitôt que s’est architecturé l’espace transitionnel entre l’utérus et la périphérie de la blastula, celle-ci organise – en écho ? Analogiquement ? Sans commune mesure ? En tous cas : dans le temps immédiatement contigu –  une trifoliation interne, fondatrice des grands systèmes physiologiques du futur petit humain. Voiles sur voiles, l’Un se drape pour paraître… En réalité, on devrait parler, non pas d’une, mais de deux trifoliations. Entre la face interne du placenta et la couche externe de l’embryon, il existe, en effet, une nouvelle zone  d’échanges, de type lymphatique, les fameuses « eaux » dont la « perte » signifiera, dans quelques mois, l’imminence de la naissance. Quoiqu’internes au placenta, ces eaux proviennent du système lymphatique maternel et influent directement – par  voie de contact immédiat – avec la couche externe de l’embryon. Entend-on la nuance entre « influer avec » et « influer sur » ? La grossesse est un état global, susceptible de modifier durablement les processus biologiques de la mère. On a pu voir ainsi un cancer de l’utérus, détecté lors d’une première visite prénatale, inhibé par le développement de l’embryon et « endormi » durant plus de vingt ans, sinon définitivement annihilé… 

 

On entrevoit aisément le caractère ionique, voire vibratoire, de ces échanges, où les situations d’osmose jouent un rôle capital, notamment dans la régulation de l’interactivité. Gageons que ces aspects, variablement quantifiables, ne constituent que des points de vue sur une réalité encore mal connue, et dont la connaissance totale – rappelons une nouvelle fois ce fondement de notre relativité existentielle – est interdite, à jamais, à notre raison. Cette restriction ; qui n’épuise en rien notre soif de science : la situe simplement en toute humilité ; est d’autant plus précieuse que la couche externe de l’embryon, directement concernée par ces échanges, va bientôt devenir le lieu de tout le système relationnel de l’individu : épiderme, ongles, émail, et, plus significativement encore quant à nos modes d’entendement, l’ensemble de notre système nerveux, central et périphérique (cerveau, organes sensoriels et circuits neuronaux). Contrairement à une idée tenacement ancrée dans l’imaginaire populaire, le cerveau s’élabore, non pas à partir d’une centralité profondément enfouie dans l’univers embryonnaire, mais bien à sa plus externe périphérie, en relation directe avec les eaux placentaires. 

 

Arrêtons-nous un instant sur la nature lymphatique de ces liquides. La lymphe constitue l’essentiel du milieu extra-cellulaire (près de 70 % de nos réserves hydriques), liant littéralement, non seulement des groupes spécifiques de cellules au sein d’une unité organique, mais aussi les organes entre eux. C’est un système global de communications de proximité, assurant, de proche en proche, les équilibres fondamentaux de notre organisme. Il diffère du système sanguin, bien moins diffus et strictement canalisé quant à lui, par la lenteur de ses flux, limitant notamment le déplacement des micro- et macrophages, chargés d’éliminer les déchets, cellules mortes, bactéries et autres corps étrangers indésirables. Il s’y propage des vagues ioniques dont les effets se font ressentir dans un grand nombre de cellules en même temps, houles périodiques bien plus souvent que tsunamis – heureusement exceptionnels, et largement limités, justement, par cette lenteur fluviale si remarquablement complémentaire de la vitesse des flux sanguins. Variablement limitée dans l’étendue et le contenu de ses variations par toute une complexité de parois et de membranes variablement poreuses – on se souviendra, là encore, du mode de fonctionnement de l’osmose – la lymphe se comporte de fait comme un seul et même élément, assurant une continuité physiologique à notre organisme entier, de la pointe des cheveux au bout des orteils, de la plus humble cellule à l’organe le plus complexe. 

 

En ces diverses considérations, s’agit-il de minimiser la force de l’inné, du capital génétique spécifiquement réuni pour donner vie à l’être, unique, qui s’élabore dans la matrice mystérieuse ?  Le débat, fréquemment soulevé, semble vain. En remarquant l’enchâssement interactif de l’embryon dans une totalité dont il est partie prenante, comme un nouvel organe temporairement complétif d’une réalité évolutive, on pressent une indivision du sens entre l’inné et l’acquis, bifaces d’une symbiose appelée à un déploiement inouï. Certes, l’enfant n’est pas encore né. Cependant, la force du lien entre sa propre pulsion de vie, manifestement émergente de l’embryon différencié, et celle de son environnement, encore limité à l’enveloppe utérale, signale la probabilité d’un plan supérieur de manifestation, où se réalise – s’est déjà réalisée ; se réalisera bientôt ? – la nécessité existentielle de ce lien. Simple hiérarchie d’emboîtement ? La proposition pose, dans ses développements logiques, non seulement la question de la finalité de la complexité croissante, mais aussi, celle de sa source : de toutes parts, le parfum d’une métaphysique transcendante nous interpelle. Et certes : on peut se boucher le nez ou, en toute bonne foi, avoir l’odorat atrophié, plus ou moins durablement… 

 

 

 

 







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