Tue-tête

24 07 2007

 Par Mechry O Rabany

C’est la sécheresse, allons à l’Est !!! 

  

L’autre jour, j’étais au carrefour de la Polyclinique. Je n’avais pas grand-chose à faire chez moi. Depuis que j’ai atteint mon objectif de devenir l’Elu des miens. Je devais me déplacer. Juste pour sortir de l’abri dans lequel je suis mis. Par une force invisible. 

Juste pour faire de la stimulation à mes os. Mais où m’oriente-je ? 

Parce que je suis ‘beydani’, je ne dois pas m’orienter au sud. Ni à l’ouest. Là-bas, l’accessible est plus facile aux ‘likwars’. N’étant pas descendant d’une tribu très considérable, je ne dois pas penser à m’orienter au nord. Je m’oriente donc à l’Est. A défaut d’un cinquième point cardinal. Je m’oriente à l’est. Comme tout bon ‘beydani’. Bien que ce ne soit pas l’hivernage. Là-bas à l’Est. Mais… 

Je me trouve confronté à un sérieux problème. Un vrai gâchis. C’est que je n’avais que quelques bakchichs. De petites pièces que m’ont laissées, généreusement, ceux qui m’ont déposé, généreusement, là où je suis. D’ailleurs, chapeau pour eux. Ceux qui m’ont déposé ici. De m’avoir laissé quelques bakchichs. Ils pouvaient quand même ne rien me laisser. Sans qu’une bique ne s’en prenne les cornes avec une autre… 

Avec des bakchichs je dois voyager. A l’est. Chez les galants. J’arrête un bus. Il passe à une vitesse supérieure. J’arrête un taxi. Je lui indique la direction de Dar Naïm. Le chauffeur me dit qu’il n’est pas certain que je puisse aller là-bas. C’est un long chemin qui mène là-bas. Les virages sont nombreux. Et je ne suis pas sûr que vous puissiez physiquement supporter tout cela. Et pour un ‘zawi’ de troisième âge, prier la prière du vendredi et être austère ne suffisent pas pour accéder à Dar Naïm. J’avale péniblement le morceau. Je décide, comme mon aller à Dar Naïm est inutile, d’aller à Riyad. J’arrête un taxi clando. Je lui indique ma destination. Le taximan hoche la tête de gauche à droite et vice-versa. Ton genre de personne, dit le mec, ne doit pas se déplacer qu’à la Mecque. Et il a pris la poudre d’escampette. Pourtant, me dis-je, il a raison. Je stoppe un autre taxi clando. Je vais, lui dis-je, à Arafat. Tout sauf Arafat, me répond-t-il. Qui te voit, ajoute-t-il, aussi épuisé, ne peut pas te laisser aller à Arafat. Je décide de ne plus stopper qu’un taxi en règle et « en uniforme ». J’arrête le taxi d’un négro. Je vais, lui dis-je, à l’hôpital Cheikh Zayed. A l’hôpital, dit-il, d’accord. Mais à Cheikh Zayed, je n’ose pas. Et puis le plus facile dans la vie, ajoute-t-il, c’est d’aller à Cheikh Zayed. Et il éclate de rire. 

Je traînais au carrefour. Ne sachant pas à quel saint se vouer. Et j’ai pris, finalement, la décision. J’arrête un taxi. Je monte. Peu importe qu’il aille à Toujounine ou plus loin. Tu vas où ? me demande le taximan qui parait plus retenu que les autres. Je pointe les doigts, lui indiquant que je vais tout droit. Sur la route de l’espoir ? demande-t-il. Oui, réponds-je. Exactement. Sur la route de l’espoir. 

Nous courrons. Courrons. Courrons… et je ne t’ai rien dit de cela. Et brusquement je me vois à Koweït city. C’est là-bas que je me reconnais. C’est là-bas que je me redécouvre. 

Que mes petits bakchichs se transforment en dollars. Amen. 

 


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