Le test des enseignants à Boghé

24 07 2007

 

Bilan : queue de poisson, un blessé…et beaucoup de pagaille !

Jeudi 19 juillet 2007 le collège et le lycée de Boghé grouillent de monde. C’est que tous les enseignants se trouvant à Boghé ont répondu à la convocation pour subir le fameux test d’évaluation exigé par la ministre de l’éducation. Ils étaient plus de 499 enseignants… Prêts à subir l’épreuve. Le test d’évaluation portait sur 3 matières : Arabe, Français et Mathématiques. Il devait durer 5 heures de temps en tout. A Boghé, il s’est déroulé avec un désordre notoire. Il s’est terminé en queue de poisson et en pugilat.

La première épreuve (l’Arabe) a tardé à débuter. Elle n’a commencé qu’à 9h30 et elle s’est achevée à 15h, alors que le volume horaire qui lui était attribué était de 2h.

La 2e épreuve a été enclenchée à partir de 15h20, non sans difficultés. Une goutte a failli faire déborder le vase : des consignes de l’épreuve de Français traduite en Arabe. Les instituteurs se sont plaints et certains ont boudé. « Il y a une touche de faveur qui est faite par les organisateurs en faveur de nos collègues arabisants ; pourquoi dans le test en Arabe nous n’avons même pas vu une seule voyelle en  Français pour nous orienter ? », proteste Bakary Simakha. Après un tohu-bohu, les esprits se calment et le test reprend. Quelques instants plus tard, les enseignants réclament la collation auprès du président du centre, Djigo Amadou. Ce dernier rétorque que tout ce qui est aspect logistique (organisation matérielle du test, collation) depend de l’IDEN (inspecteur départemental de l’éducation nationale). Il leur demande de patienter et de continuer. Ce que les enseignants acceptent malgré eux. L’épreuve se termine à 18h45mn. La collation qui était proposée aux enseignants était constituée de lait en poudre dilué dans une grande quantité d’eau et distribué dans des gobelets en plastique et accompagnée de pain sec. Seules 4 salles sur 20 ont été servies.

Les mathématiques, les enseignants devraient la faire dans leur langue de choix. Il n’y avait  que 90 copies pour plus de 300 instituteurs. Un nouveau blocage et un mouvement d’humeur chez les instituteurs : boycotter le test ! « Trop ! C’est trop ! On ne peut pas amener les hommes et les femmes depuis 7h du matin jusqu’à 19h sans les faire boire ni manger et de surcroît leur dire que les copies sont insuffisantes », s’indigne  l’instituteur M’Baye Bocar. L’IDEN M’Bodj Moussa, interpellé sur cette affaire déclare : « S’il y a une insuffisance de copies par rapport aux candidats, cela revient à la hiérarchie et cette dernière, contactée,  nous a demandé de trouver des solutions locales. Ce que nous avons fait en partant à travers la ville faire des photocopies. Au moment où je vous parle, je suis à 2200 pages ». 

Il était preque nuit, les enseignants décident d’arrêter le travail et de rentrer. « Ce test n’a plus de valeur, c’est du canular. Pratiquement tous les centres de la Mauritanie ont terminé sauf nous. Nos collègues  nous ont dit la nature des épreuves par téléphone donc, c’est devenu un secret de polichinelle », déclare Sy Fatimata, institutrice. 

Pris de court, le président du centre du lycée, Mohameden O/ Moctar Salem propose aux instituteurs de leur acheter des bougies pour terminer le test dans la soirée. Ils refusent et promettent de revenir le lendemain pour terminer le test.

Le vendredi 20, ce qui restait des enseignants était arrivé dans les deux centres (collège et lycée) à 8h. A 10h, n’ayant rien vu comme épreuve, certains décidèrent de jeter l’éponge et de rentrer pour de bon. Il restait un noyau dur qui tenait à terminer le test. C’est à ce moment que par miracle, une partie des épreuves arriva et on commence à distribuer à la vingtaine d’enseignants qui restaient dans la salle. Et les autres arrivent pour les empêcher de travailler en tambourinant sur les portes et en criant. C’est à ce moment précis que l’un des enseignants se dirige vers un de ses collègues qui travaillait, lui arrache l’épreuve et la copie et les déchire. Un pugilat s’ensuivit. Ils se déchirent les habits. L’instituteur qui travaillait prend une pierre et fracasse la tête de son collègue intrus. C’est à ce moment précis que le test se termine en queue de poisson.

L’inspecteur Djigo Amadou dit : « je proposerai au ministre, dans mon rapport, d’annuler ce test vu le désordre qui s’est produit et le manque d’épreuve. ». Les instituteurs, avant de partir, rédigent une déclaration pour dénoncer le test et les conditions dans lesquelles il s’est passé.

Le coordinateur du test, l’IDEN de Boghé, improvise une conférence de presse pour dénoncer le mauvais comportement des enseignants et dit dégager toute responsabilité. 

 

Abou Boubou Fall 

CP Brakna 

 

Source :
La Tribune 359 


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