Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

18 07 2007

 

Elle était plutôt édifiante, cette rencontre avec le Premier ministre. La première du genre avec la presse privée. Il faut dire qu’on avait fini par croire qu’une guerre nous était désormais livrée par les nouvelles autorités. Rencontre privée parce qu’elle s’est déroulée dans le domicile du Premier ministre. Je me permettrai de partager avec vous deux choses : ce que j’ai personnellement dit au PM et les impressions que cette réunion m’a laissées. 

J’ai exprimé quelques inquiétudes. Je suis inquiet quand j’entends quelqu’un regretter l’époque de Ould Taya. Pour son ‘faste’, ses ‘faits’, ses ‘idées’, ses ‘actes’… Il serait dommage pour le pays qu’un Mauritanien qui qu’il soit en arrive à regretter cette époque. La vérité est que le pays a atteint le sommet de l’incohérence, les bas-fonds de la contreperformance, les limites de la faillite totale. Les problèmes de l’eau, d’électricité, de prix d’aujourd’hui sont bien le résultat d’une gestion qui n’a pas commencé le 3 août 2005, encore moins le 19 avril 2007. 

La faillite que le 3 août a évité au pays était totale : faillite économique avec la privatisation des biens communs au profit de quelques particuliers véreux, faillite politique avec l’asservissement totale de la société politique et l’exclusion de toute voix discordante, faillite culturelle avec la promotion d’une culture faite de contre-valeurs (irresponsabilité, clochardise, corruption…). 

Si le CMJD a finalement été une variation du CMSN, la transition aura quand même permis de sortir le pays de l’impasse. Mieux que cela, la conjugaison des efforts locaux et étrangers a permis de déboucher sur la meilleure configuration politique probable. Un président élu avec une courte majorité. Un président de l’opposition confortablement légitimé. Un Premier ministre dont le choix est amplement justifié. Un président de l’Assemblée nationale qui incarne la nouveauté. 

Cette configuration nous avait permis de regarder l’avenir avec des yeux tout grands ouverts. L’espoir ineffable de rompre avec les demi-teintes. Les premiers responsables étant des gens tout nouveaux. Tout blancs. Ou presque. Avec eux tout était possible. 

Notre problème aujourd’hui, c’est que nous nous retrouvons avec comme une impression de routine. Une routine qui a remplacé l’espoir. Comme si nous étions déjà dans une situation de fin de règne. C’est dommage. Pour tout le monde. 

J’ai compris qu’à l’origine des insuffisances, il y avait d’abord le manque de communication. Jamais le PM, ni le Président de la République, n’ont tenu une conférence de presse. Les ministres qui ont à présenter leurs plans d’actions, le font sans associer la presse indépendante. Même l’ambitieux programme ‘horizon 2030’ est passé inaperçu à cause de la mise à l’écart de cette presse. Quant à la question du retour des déportés, seuls les caciques de l’ancien régime ont eu jusque-là droit au commentaire. 

Quelqu’un me disait que dans la recherche des solutions aux problèmes, deux étapes doivent être nécessairement respectées : concevoir la solution et la faire accepter. La première dépend de l’émetteur. La seconde dépend du récepteur. 

Le Président de
la République comme son Premier ministre gagneraient à avoir meilleure …presse. Comme ils gagneraient à s’engager franchement dans leur programme de réformes. Pour cela affronter les forces d’inertie qui sont très puissantes. Ces forces feront tout pour empêcher le pays d’avancer. Rien ne sert de les ménager. Elles opteront toujours pour barrer la route aux forces du changement. Y compris celles qui ‘rassurent’. 


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