Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

10 07 2007

 

 

Ne pas avoir peur des mots. Ne pas avoir peur des actes. Assumer, est un pas. Un pas important. Mais il implique, le changement dans la démarche. Dans le choix des hommes aux postes de responsabilité. 

On ne peut régler les problèmes de la Mauritanie en utilisant les hommes qui ont créé ces problèmes, qui les ont entretenus, qui les ont alimentés. On ne peut cicatriser les plaies en utilisant les bouchers d’hier. La justice, l’égalité, l’équité sont des valeurs qui ne peuvent être portées ou promues par leurs fossoyeurs. 

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Premier ministre Zeine Ould Zeidane, et même les colonels Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani auxquels on prêterait un rôle dans le nouveau pouvoir, ces gens peuvent se targuer de ne pas avoir participé aux événements qui ont endeuillé le pays tout ce temps. Ils sont donc bien placés pour régler toutes ces questions. Mais en garantissant un maximum de consensus. Pour donner toutes les chances de réussite à l’entreprise de réconciliation. 

Il serait dommage pour le pays, pour le peuple mauritanien, que le rétablissement de la justice, de la vérité et du droit se perde entre l’activisme des chauvins et l’amateurisme des responsables chargés de gérer le dossier. Les prétextes sont nombreux. Et fallacieux. 

On parle ici de la responsabilité historique des nationalismes. Polémiques byzantines pour savoir lequel a enfanté l’autre. Pour occulter que le premier parti revendiquant la cause est bien l’Alliance populaire progressiste (APP) qui rassemble tous les nationalismes. La question des nationalismes est largement dépassée : le vert et le noir ne s’épousent-ils pas ? 

On parle de ‘péril noir’, alors qu’on sait qu’il est facile de distinguer qui est mauritanien de qui ne l’est pas parmi les candidats au retour. On parle de moyens insuffisants. On fait oublier le rôle de la communauté internationale. On remet, au nom de ce manque de moyens, à plus tard le redressement des torts. 

On invoque ici le drame des Mauritaniens du Sénégal alors qu’on sait que les deux problèmes ne sont pas similaires. Là le Sénégal a expulsé des milliers de Mauritaniens qui sont venus s’établir chez eux. Ici, la Mauritanie a mis dehors ses propres enfants qui sont allés se réfugier loin de chez eux. 

L’entêtement des autorités ayant commis ce crime, avait empêché le rétablissement de la justice. La pression intérieure et l’intérêt national ont dicté aux nouvelles autorités d’en faire un cheval de bataille. Le courage politique et le sens de la responsabilité ont permis à Ould Cheikh Abdallahi de faire un premier pas : reconnaissance du tort et promesse de le redresser. 

Pour ce qui est des Mauritaniens ou Maures victimes des événements au Sénégal, on peut se demander pourquoi ceux qui crient au scandale aujourd’hui n’en n’ont jamais fait cas. Pourquoi ils ne les ont pas aidés au moment des faits à s’organiser. Pourquoi ils n’ont rien exigé du gouvernement en 1992 pour garantir leur rétablissement dans leurs droits, au moment où le Sénégal et la Mauritanie scellaient leur réconciliation sur le dos des peuples. La réponse est simple : ces gens ne sont pas intéressés par le devenir de leurs concitoyens, ne sont pas des militants de la liberté, ne sont pas des démocrates… On ne peut être anti-démocrates et prétendre combattre l’injustice, et prétendre une noblesse du cœur. 

C’est dommage que le premier débat sur la question a été animé sur une chaîne étrangère, dans un pays étranger : diamonotv.com en France, samedi dernier. Qu’est-ce qui empêche TVM d’animer un vrai débat sur la question ? et la radio ? 

C’est par le débat que nous saurons jeter la lumière sur des événements qui n’ont pas fini de nous marquer. Que nous pourrons trouver des solutions à nos problèmes. Que nous retrouverons la voie d’un avenir commun. Et que nous pourrons nous dire : Plus jamais ça ! 

 

Source La Tribune N° 357 


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2 réponses à “Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère”

  1. 10 07 2007
    barrada (20:24:30) :

    Réaction à L’édito de La Tribune n°357

    La Tribune : L’Edito de Mohamed Fall O. Oumère (Score: 1)
    par Saphalbe le 10 July 2007 à 21:08:38 CEST
    Non Mohamed fall, je ne suis pas d’accord avec toi sur une partie de ce que tu viens de dire. D’abord pour que tu sois démocrate il faut respecter l’opinion des autres. Et pour répondre à ta question Pourquoi ils ne les ont pas aidés au moment des faits à s’organiser ? Je te rappelle que les victimes combien nombreuses « tu en sais quelque chose parce que tu es originaire d’une région qui a été fortement touchée par ces événements » ont été accueillies par les autorités de l’époque et vite réacheminer chez eux sans le moindre encadrement. A cet époque les gens n’avaient pas le sens de l’organisation les ONG étaient au stade embryonnaire, le régime militaire en place était préoccupé par la gestion d’une crise qui a failli déboucher sur une guerre sanglante avec le Sénégal. Notre diplomatie en ce moment était très nulle à tel point qu’elle n’avait pas réussi à convaincre l’opinion internationale de la légitimité de notre cause. Nos usages et coutumes voient de mauvais œil les réclamations individuelles et veulent qu’on s’oriente vers l’avenir et que temps qu’il ya vie il ya espoir. Résultats nos pauvres expulsés se sont dispersés ou ils sont parties chercher du travail dans autre pays ou chercher à intégrer notre triste vie dans les périphéries des grandes ville « le keba des Moussafrines en est l’exemple vivant »

    Mohamed Vall, ne m’en veux pas je ne suis pas là pour te donner des leçons loin de là. Merci de considérer ce que j’écris comme étant le point de vue d’un expulsé. Alors je te demande de te mettre à la place de l’un de ces gens qui a vu mourir devant ces yeux quelqu’un de très chers pour lui, à la place de ces milliers d’enfants qui ont assistés à la torture de leurs propres parents sans qu’ils ne soient eux même épargnés le plus souvent. Tant de malheurs et de souffrances et parce qu’on avait des dirigeants inconscients, une société civile quasi-inexistante, corrompue et système de communication verrouillé on doit fermer nos gueulent. Acceptes-tu qu’on laisse passer l’opportunité de faire entendre nos voix et réclamer justice aujourd’hui qu’on a des gens qui veulent revoir ce dossier ? Non, non je pense que tu ne l’accepterais pas. Nous avons subi exactement ce que nos autres frères, ont subi si non pire, violes, meurtres, tortures, pillages etc.…… La seule différence est que en ce qui les concerne, ils ont trouvé l’aide des organisations et un Etat fort qui a sensibilisé l’opinion internationale sur leurs problèmes en plus bien sur de certaines organisation qui ont su vendre cette noble cause, alors de l’autre coté les gens sont laissés à eux « ils n’ont qu’à mourir ». Pour ces internautes égoïstes qu’ils sont, qui veulent pas que ce problème soit posé je leurs dit une chose : Ce problème est d’actualité, il est à l’ordre du jour, qu’on le veuille ou non il sera discuté, débattu et réglé. Nos frères Mauritaniens déportés à tort sont les bienvenus, je n’ai pas besoin d’ailleurs de leurs dire ça car ils sont chez eux, mais je dis bien uniquement les MAURITANIENS et j’insiste sur Mauritaniens et pas les AUTRES et j’entends par les autres les éventuels étrangers qui veulent séjourner de façon irrégulière en Mauritanie ainsi que les criminels qui sont à l’origine de tous nos problèmes, ces traîtres qui ne mérite même pas une patrie qui exploite le malheur de ces gens à des fins personnels, je ne les cite pas tout le monde les connaît.

    INFO SOURCE / cridme.org

  2. 10 07 2007
    barrada (20:27:59) :

    Re: La Tribune : L’Edito de Mohamed Fall O. Oumère (Score: 1)
    par googafouta le 10 July 2007 à 17:53:15 CEST
    (Profil Utilisateur | Envoyer un message)
    Bien dit Oumere, les 2 derniers editioraux mettent bien les choses au point. Les extremistes sont en effet en train de faire une comparaison entre 2 problemes differents. Mais c’est leur strategie–» faire l’amalgame entre les mauritaniens expulsés du senegal et les deportés qui ont eu le seul tort d’etres negro-africains dans le propre pays. En tout cas, ils ne reussiront pas. Il y’a lieu de situer les responsabilités car c’est avant tout aux gens qui ont vecu ces souffrances et cette barbarie de pardonner. Les auteurs sont là et il faut qu’ils demandent le pardon. Il ne suffit pas donc de donner des sous aux victimes et leur dire de se taire.
    Salutations patriotiques

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    Re: La Tribune : L’Edito de Mohamed Fall O. Oumère (Score: 1)
    par scorpion (toubatoul@yahoo.fr) le 10 July 2007 à 18:46:57 CEST
    (Profil Utilisateur | Envoyer un message) http://yahoo.fr
    Merci, Ould Oumere, si tous les mauritaniens étaient démocrates, responsables, réalistes et bons citoyens comme toi, la Mauritanie serait aujourd’hui un pays parmi les plus émergents du monde.
    je t’ai connu à travers ta plume mais je sais que tu es un homme de bon coeur comme ton frère que j’ai eu la chance de connaitre pendant notre formation à l’école militaire inter armes d’Atar, que je salue de passage.
    La Mauritanie a besoin de bons citoyens comme vous- que Dieu te protège et prolonge la durée de ta vie.

    [ Répondre à ce message ]

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    Re: La Tribune : L’Edito de Mohamed Fall O. Oumère (Score: 1)
    par sanion le 10 July 2007 à 19:08:09 CEST
    (Profil Utilisateur | Envoyer un message)
    MFO, bien balancé. J’aurais pu signer tout ton édito. Le rappel de ceraines vérités constitue un solide barrage devant la sottise. Merci d’ajouter toujours ton sac de sable sur la barricade des démocrates!

    Wassalam

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