Coup de Plume de Kissima Diagana

10 07 2007

 

 Man’ne jaahriin, Nekhteerou na arvou 

Nous ne creusons pas, nous voulons juste savoir… 

 

Imaginons qu’un candidat malheureux au baccalauréat conteste ses notes et réclame que l’on procède à la vérification et à une nouvelle correction de ses copies. Imaginons ensuite qu’il parvienne à se faire entendre puis à obtenir gain de cause, que l’Etat tout entier reconnaisse avoir fait tort à ce candidat et certainement à des milliers d’autres avant lui, comme lui et en même temps que lui…Imaginons également que la décision de le rétablir dans ses droits soit prise. Gageons alors qu’il y aura des réticences de la part de certains enseignants dont la plupart se seront rendu coupables non pas forcément de négligence ou de manque d’attention mais plutôt d’une obsession à retrouver les signes distinctifs dans les copies de quelques candidats qu’ils auraient voulu faire admettre contre vents et marées, au point de porter préjudice aux autres….Non seulement ces enseignants n’ont pas intérêt qu’une enquête se fasse pour que les magouilles soient mises à nue, mais c’est tout un système qui risque de s’effondrer et dont les ténors auront du mal à regarder le peuple en face. Un peu comme aimait à répondre Eli Ould Mohamed Vall qui réfutait l’idée d’une « chasse aux sorcières » ; laquelle pouvait mettre tous en cause du fait d’un « système politique » ayant corrompu toutes les consciences.   

Ce scénario du terminaliste victime de l’inconscience des correcteurs est semblable à celui des déportés. Ils se sont retrouvés de l’autre côté du pays parce que des dirigeants de ce pays, obsédés par un désir hystérique de mettre en pratique une idéologie malsaine étaient malheureusement là…A présent que le cheval trottant qu’est l’histoire passe devant notre porte, beaucoup hésitent à monter dessus. 

Il a suffi que Sidi Ould Cheikh Abdallahi consacre sa première allocution à la Nation aux problèmes fondamentaux d’unité nationale pour qu’il se trouve des élus du peuple pour insinuer qu’un règlement des questions du passif humanitaire serait préjudiciable à

la Mauritanie. Et les mises en garde savantes pleuvent : « Elli yirdim maa yajharr », a dit un député invité à une émission télévisée un jour ou deux après le discours sur l’unité nationale prononcé par le président de

la République.  La phrase équivaut à peu près à ceci : « Celui qui recouvre de terre ne creuse pas. » Creuser quoi alors ? Des fosses communes ? Il vaut mieux ne pas. Certains tremblent déjà rien qu’en y pensant. Mais alors, comment ressouder un bras tordu sans le casser à nouveau ? 

Il faut être un mauvais infirmier pour se permettre de panser une plaie sans la désinfecter, sans en crever l’abcès… 

Il y en a qui prétendent que le passif des années 80 doit comprendre ce qui a été fait également aux baathistes, aux nasséristes, etc. A raison. Mais à condition qu’il n’y ait pas une intention tacite de noyer les urgences dans un tissu de confusions. Quand ce n’est pas seulement par la tournure en dérision du malheur de ces milliers de déportés à qui nos comédiens disent niaisement d’apporter avec eux de l’eau à boire, c’est par de la diversion : « des noirs sont en train de traverser pour se constituer déportés puis profiter des opportunités d’un retour organisé… » Tout ceci dénote de la même mauvaise foi qui a prévalu aux jours de déportations. C’est justement contre cette mauvaise foi que toute la classe politique et toute la société civile doivent lutter… 

Du côté du chef de l’Etat, l’ambition de résoudre les problèmes existe. Elle est réelle. Sans nul doute. Mais ce à quoi le scepticisme persiste encore c’est l’audace. Jusqu’où est-il possible de pousser cette audace ? Quand Ould Taya encourageait le gaspillage des millions dans des programmes vides comme lutte contre l’analphabétisme, tous les barons d’aujourd’hui le suivaient. A coup d’initiatives. Ces mêmes barons qui ne sont pas si éloignés des sphères du pouvoir, vont-ils suivre la noble ambition de bien faire ? 

Et l’ambition dont on n’a pas les moyens est un crime comme avait dit quelqu’un il y a au moins deux siècles…Alors, même s’il n’est pas question de creuser, il doit être permis de savoir qui a creusé quel trou et qu’est-ce qu’il y a mis ! 

kissimousman@yahoo.fr 

 

 

 


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