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Rosso : La croix et la bannière pour passer la frontière

3072007

A.B. a quitté Nouakchott vendredi pour se rendre à Dakar. Conformément aux accords signés en 92 lors de la réconciliation entre le Sénégal et la Mauritanie, il faut entre autres, se munir de 50 euros que l’on se procure dans un bureau de change agréé. A.B. le sait et prend soin de se procurer ses devises à Nouakchott même, car il compte voyager très tôt et il n’ignore pas que très souvent à Rosso les voyageurs désireux de se rendre au Sénégal perdent un temps fou parce  que les bureaux locaux n’ont pas de devises.

8 heures : A.B. est à la grande porte de l’embarcadère. Un flic très sévère est de service ce matin là. Il empêche systématiquement les passagers d’emprunter cette porte théoriquement réservée aux véhicules depuis qu’un passage pour les piétons est ouvert vers l’est. Un petit bâtiment qui aurait coûté pas moins de douze millions d’ouguiyas. Pourtant de temps à autre le flic très sévère et très consciencieux laisse passer des piétons. Notre voyageur fulmine et décide d’aller vers le passage pour piétons. Il rencontre un policier qu’il connaît très bien. Mais ce dernier lui dit que son collègue de service est intraitable. Il aurait pu le faire entrer si c’était un autre mais avec celui là rien à tirer.

Passage piéton. Le percepteur se précipite pour faire payer les taxes. 50 UM pour les passagers et 20 UM par sac. Un flic demande à A.B. ses papiers. Il exhibe sa pièce d’identité, son carnet de vaccination qu’il vient d’acheter dans la rue et qu’il a lui-même rempli, et ses devises.

‘Ce n’est pas valable. Nous avons des instructions. Il faut faire le change dans les bureaux de Rosso. Vous devez revendre vos devises et en acheter ici. Vous perdrez environ 4000 UM dans la transaction’.

Retour à la grande porte. A.B. rencontre un trafiquant qui tient dans ses mains un paquet de carnets de vaccination dûment signés. Ce dernier lui demande 500 UM et se dirige avec lui vers le policier rigoureux. Il glisse l’argent discrètement dans la main de notre flic sans reproches qui ouvre la porte toute grande et laisse A.B. entrer.

Dans l’espace de l’embarcadère le va-et-vient est incessant. Les sénégalais dès qu’ils arrivent doivent remettre leur pièce d’identité au comité d’accueil (des policiers). Ils ne récupéreront ces papiers que sur présentation du document attestant qu’ils ont changé leurs devises. Avant d’aller au bureau de change il faut passer par la douane qui leur prend 500 UM et leur remet un bout de papier. Au bureau de change, les 50 euros sont achetés à 14 000 UM (le cours officiel).  Ils seront revendus aux mauritaniens en partance pour le Sénégal à 17 500,

voire 18 000 UM (toujours le cours officiel). Bénéfice assuré. Muni du papier délivré par le bureau de change, le sénégalais récupère sa pièce d’identité moyennant la somme de 1000 UM (le double en dehors des heures officielles de travail).

De l’autre côté du fleuve, les mauritaniens sont soumis à la même arnaque. Quand on est en règle, on paye 2000 F Cfa avant de sortir de l’embarcadère. Il faut également s’acquitter de la taxe municipale. Les Sénégalais toutefois n’obligent pas les  Mauritaniens à changer leurs devises.

Finalement, traverser la frontière, c’est la croix et la bannière. Pour cette raison beaucoup de voyageurs préfèrent faire des détours parfois très longs pour chercher des points de passage plus tranquilles.  Il y a lieu de la part des autorités de rappeler les policiers et autres douaniers à l’ordre pour assurer aux citoyens le droit de circuler en toute sécurité et en toute liberté.

DJIGO ABOUBAKRY 




Maison des cinéastes :

3072007

 Clôture de la semaine nationale du film (SENAF) : 

Une grande fierté ! La semaine nationale du film initiée par la maison des cinéastes en Mauritanie dirigé par Abdarahmane Ahmed Salem, a clôturé ses travaux vendredi dernier à l’ancienne maison des jeunes en présence d’un public très heureux.
La SENAF organisée du 23 au 29 juin 2007, a été l’occasion pour le public de découvrir la valeur des «  imraguens », une communauté peu connue des mauritaniens. Le réalisateur  belge Pierre Yves Vanderweerd  des « Cercles des Noyés », un film sur le passif humanitaire en Mauritanie, était à l’honneur dans cette deuxième édition. Le réalisateur des « Cercles des Noyés », un film que les mauritaniens ont entendu parlé sans avoir l’opportunité encore de le suivre, a  attiré l’attention du public sur la portée du cinéma. Pour lui un film doit servir de dialogue entre les populations pour une meilleure compréhension de leurs cultures. Dans une conférence de presse à l’ancienne maison des jeunes jeudi 28 juin, le belge a montré sa profonde désolation et son étonnement au public de la déprogrammation de son film « Cercles des Noyés ». Visiblement les autorités ont des doutes sur l’impact de ce film dans la société après sa projection. La projection est reportée pour trois semaines par le ministère de la culture. Pierre Yves Vanderweerd attire l’attention des autorités sur l’importance de montrer ce film et de se méfier des rumeurs qui pourrait engendrer un autre impact négatif. Dans plusieurs quartiers périphériques de Nouakchott, il y a eu des projections des films. A la fondation Mokhtar Ould Daddah, on a assisté à une exposition de photos  relatant l’histoire des «  imraguens » et la projection d’un film les concernant. On a découvert le rôle très important de la femme dans  la culture imraguenne. Au Centre Culturel Français, le film « le vent a soulevé les sables » de Marion Hansel a été également projeté. La dernière projection des films a eu lieu à Dara Naim où les habitants ont l’occasion de voir Keif Al Hal de Thiodor Mouslim. A la clôture de
la SENAF  vendredi 29 juin, la maison des cinéastes a remis des attestations aux sociétés qui ont contribué à la réussite de ce festival. Mais aux journalistes et autres  personnalités qui ont déployé d’énormes efforts pour couvrir leurs activités. Le belge a dit qu’il tournera son prochain film en Mauritanie. Il estime avoir été très frappé par l’accueil que lui ont réservé les mauritaniens. Pour rappel, Pierre Yves désormais une vedette dans notre pays, a tourné plusieurs, parmi eux, Némadis, des années sans nouvelles ,Une Parole libre, Racines lointaines, Cercles des Noyés un film non encore officiellement autorisé en Mauritanie etc. 

La SENAF a permis à la maison des cinéastes d’ouvrir un marché pour la vente des DVD et films arabe, africain et francophones. Abdarahmane Ahmed Salem directeur de la maison des cinéastes s’est montré très fier.   

Mamadou Sy  Source La Tribune N°356 




Le discours du cœur

3072007

   «Je voudrais dire à chaque veuve, à chaque orphelin, à chaque réfugié, chaque opprimé, blessé dans sa dignité, que je partage l’intimité de leur souffrance». Ces mots, prononcés en arabe, par le président mauritanien ont certainement fait vibrer les coeurs de dizaines de milliers de réfugiés mauritaniens attendant que soit ébranlé le processus d’un retour digne au pays. Vendredi soir, contre toute attente, Sidi Ould Cheikh Abdallahi s’est adressé aux mauritaniens pour rappeler son attachement à la consolidation de l’unité nationale et à la cohésion sociale qu’il a déclaré avoir placés au premier rang des priorités du programme électoral qu’il a proposé aux suffrages des mauritaniens lors du dernier scrutin présidentiel. Cette première intervention officielle du président mauritanien arrive dans un contexte où le débat est pourtant déplacé par certains partis politiques sur d’autres questions. Il y avait deux jours, l’union des forces du progrès, le rassemblement des forces démocratiques, le mouvement national pour la réconciliation, les réformateurs centristes, entre autres formations politiques, ont déclaré « désapprouver » ce qu’ils ont appelé des tractations pour l’installation de bases militaires américaines en Mauritanie. Ils ont en plus considéré que « l’installation de bases militaires étrangères sur le sol mauritanien porte atteinte à l’indépendance et à la souveraineté et constitue une menace pour la sécurité du pays et des citoyens« . 

Au moment où ils ont appelé les plus hautes autorités de l’Etat à s’exprimer clairement à ce sujet, c’est autrement que Ould Cheikh Abdallahi a visiblement répondu  : « Notre devoir est de faire de sorte que tous les mauritaniens puissent éprouver la légitime fierté d’appartenir à une grande nation. Qu’ils sentent que
la République les protège et les traite sur un même pied d’égalité, tous sans exclusive. » Histoire d’inviter les acteurs à se remettre sur la même longueur d’ondes.  Dans son discours de vendredi soir, il a au nom de
la République, exprimé sa compassion à l’égard de toutes les victimes des années sombres dans l’histoire du pays. Lesquelles années ont longtemps constitué le cheval de bataille de l’ex opposition radicale. « Assumer cette part d’ombre dans notre passé, rechercher les voies et moyens appropriés pour le retour dans la dignité des concitoyens réfugiés, régler le passif humanitaire et éradiquer les séquelles de l’esclavage, voilà qui continuent, de mobiliser nos efforts et notre réflexion, a dit le président de
la République. Autrement dit, rien ne reste apparemment dans la gibecière de l’opposition. A moins qu’elle ne se montre disposée à travailler avec le pouvoir. Des députés n’hésitent pas, maintenant que le combat pour la justice est également un souci du pouvoir, à chercher à noyer le problème dans une mare d’autres problèmes. Il s’en est trouvé qui ont dit que le passif des années quatre vingt concerne également le dossier du 16 mars 1981 tout comme celui des baathistes et des nasséristes, etc. La déportation dont s’est rendu coupable l’Etat mauritanien est, en plus du passif humanitaire, la plaie la plus béante de l’histoire de ce pays. La seule volonté politique du pouvoir peut-elle suffire pour cultiver l’espoir d’un règlement efficace et juste du passif humanitaire ?  Le premier discours de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, tombé au 72e jour de sa prise de fonction est plein de symboles. C’est la première fois en effet qu’il est question d’ « assumer cette part d’ombre dans notre passé », laquelle «  requière de faire preuve de tolérance et d’ouvrir dans notre histoire une nouvelle page où plus jamais ce genre de pratiques absurdes et d’un autre âge ne pourra se reproduire. » Sidi Ould Cheikh Abdallahi a invité tous ses compatriotes à « rétablir la confiance propice à une véritable réconciliation des esprits et des cœurs.» Ceci, un jour avant qu’il ne s’envole pour Accra, au Ghana. Là où justement il sera question, à la faveur du 9e sommet de l’union africaine, d’unité. Un discours suffisant pour donner une bonne dose de crédibilité à un chef d’Etat dont le ministre de l’intérieur avait révélé à la veille de la journée internationale des réfugiés que le HCR sera sollicité pour le retour des déportés mauritaniens. Ould Cheikh Abdallahi a d’ailleurs reçu, le haut commissaire au Ghana durant son séjour. Preuve certaine que la solution de la question est de plus en plus une réalité. 
On se rappelle qu’à l’issue des journées de concertations d’octobre 2005, les autorités de la transition militaire avaient choisi de laisser la résolution des véritables problèmes de justice à un pouvoir démocratiquement élu. Il y a un peu plus d’une semaine, un texte criminalisant les pratiques esclavagistes a été ficelé. Il attend d’être présenté au parlement. « Pas plus tard qu’hier (mercredi, 27 juin, ndlr.), le gouvernement a approuvé un projet de loi portant incrimination et répression de cette pratique abominable. Parallèlement aux efforts visant l’élimination des séquelles de l’esclavage, une grande vigilance sera observée pour réprimer les formes contemporaines de ce phénomène comme l’exploitation des mineurs, le trafic des personnes et toutes les autres formes d’exploitation de l’homme par l’homme. » Reste à savoir si Ould Cheikh Abdallahi parviendra à s’inscrire dans les pages de l’histoire de cette Mauritanie comme l’homme d’Etat qui a osé porter une touche salvatrice à la question, jusque-là contournée, de l’unité nationale. 

La question même de l’identité de la Mauritanie est sans équivoque. Pour le chef de l’Etat « au-delà de l’horizon national, ce choix garantira à notre pays une place éminente dans le concert des nations, place par laquelle il pourra affirmer sa personnalité et son identité propres, ancrées dans son environnement arabo-africain et dans ses valeurs islamiques ». Le choix dont il est question est celui de « faire en sorte que nos diversités soient vécues non pas comme un facteur d’exclusion mais bien comme un facteur d’enrichissement et que tous se reconnaissent dans les valeurs d’honneur, de fraternité, de justice, qui sont celles de notre république islamique. » Sidi Ould Cheikh Abdallahi a ainsi posé sans détours sa vision de la Mauritanie. Il y a au moins vingt ans qu’un discours présidentiel ne s’est pas avéré aussi conciliateur. Aux citoyens d’en saisir le sens profond. KD 

Source La Tribune N° 356 Encadré  La parole à Kaw Touré, porte parole des FLAM : 

«Nous sommes impliqués dans la vie quotidienne des camps et avons donc cette expérience nécessaire du terrain qui nous permet  de savoir mieux que quiconque ce qu’il faut pour réparer les injustices faites à nos compatriotes.»  LA TRIBUNE: Concrètement quel rôle peut et doit jouer le FLAM pour sensibiliser l’ensemble des mauritaniens à adhérer à cette volonté de règlement des questions du passif humanitaire, des déportés et de l’esclavage?   

     Kaaw Touré : Au moment où je vous parle, une mission d’explications et de sensibilisation des FLAM est dans les camps des Déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis le 29 juin. Ces rencontres  rentrent dans le cadre des relations de proximité entre notre Organisation et nos compatriotes et camarades déportés. Nous sommes impliqués dans la vie quotidienne des camps et avons donc cette expérience nécessaire du terrain qui nous permet  de savoir mieux que quiconque ce qu’il faut pour réparer les injustices faites à nos compatriotes.     

Le retour n’est acceptable pour les Déportés et les Réfugiés que si le principe de leur rétablissement dans leurs droits civils, professionnels et matériels est admis comme condition obligatoire à toute solution à ce problème. En tout état de cause, nous sommes disposés à travailler ensemble avec les partenaires obligatoires à la résolution de ce problème que sont l’Etat mauritanien, les autorités des pays d’accueil, le HCR et les ONG spécialisées à la préparation du plan du retour qui doit permettre d’actualiser le recensement   des Déportés, d’identifier leurs lieux d’origine, d’évaluer des préjudices qu’ils ont subis et de définir des mesures d’accompagnement pour le retour. Parallèlement,  en coordination avec nos amis et partenaires de l’intérieur et  avec nos amis des associations des victimes (les veuves, les rescapés, les orphelins, les  anciens déportés et exilés, des associations des droits humains) , nous mènerons des actions concrètes,  en fonction des engagements des nouvelles autorités dans le cadre de la politique de réconciliation nationale  et de lutte contre l´impunité.
   
   

La Tribune :   Vous aviez eu des contacts avec le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Peut-on croire que ces contacts ont été d’une quelconque influence, même si d’avance on sait que l’unité nationale était au coeur du programme du candidat Ould Cheikh Abdallahi?          K. T : Nous avons eu des contacts avec le Président  Sidi  Ould  Cheikh  Abdallah. 
Des entretiens  empreints  de courtoisie  mais directs. Je crois que si les problèmes que nous posions, et que nous continuons de poser,  ne l’intéressaient  pas, il n’aurait certainement  pas  éprouvé  le besoin de nous parler. Qu’il y ait eu quelque part une influence, je l’espère. Mais là n’est pas le problème. Ce qui, plutôt, nous semble important est qu’il  soit,  comme nous  depuis toujours, préoccupé au plus haut point  par la question nationale, question majeure par dessus  tous les autres défis.
Que certains quittent  enfin  leur théorie éculée  de lutte contre l’impérialisme, pour reconnaître, avec nous, que la question de l’unité nationale était et demeure première, ne peut que nous réjouir. 
Recueillis par Kissima 







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