Nominations

3 07 2007

Nominations : Une logique derrière chaque nomination 

On ne peut reprocher au Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi d’avoir ‘récompensé’ certains de ses soutiens en les nommant à des postes de haute responsabilité. C’est pourquoi nous ne nous attarderons pas sur le dernier mouvement dans la diplomatie. Parce qu’il a été plus le redéploiement de certains cercles ayant soutenu le candidat qu’autre chose. Il est aujourd’hui utile de souligner que sur l’ensemble des nominations, on peut quantifier la part de chacune des ‘forces’ en présence. 

Ainsi environ de 70% des ‘nominés’ sont à mettre sur le compte du Premier ministre Zeine Ould Zeidane. Il s’agit de la plupart des secrétaires généraux des ministères, de la majorité des directeurs centraux et des conseillers des ministres. ‘Sa’ nomination la plus déterminante reste celle du président de la Commission centrale des marchés, en la personne de Ahmed Ould Moulaye Ahmed dont la compétence et l’intégrité sont rarement mises en cause par les cercles hostiles à tout ce qui est proche du PM. 20% à peu près des nommés le doivent au Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Parmi ces nominations que l’on met sur ce compte, celle du Gouverneur adjoint de la BCM, Cheikh Sidi el Mokhtar Ould Cheikh Abdallahi qui revient à ce poste qu’il a occupé plus d’une décennie sans discontinuer. D’un autre ‘cousin’ à la tête du Port autonome de Nouakchott. On préfère ici mettre en avant cette relation de cousinage avec le Président plutôt que les qualités de Ahmedou Ould Hamed, le nouveau directeur du PANPA. Parce qu’on estime que cette institution est une source d’enrichissement, et on oublie toutes les difficultés qu’un gestionnaire normal, comme Ould Hamed, pourrait avoir pour lui faire jouer le rôle qui doit être le sien. Du directeur de la SOMELEC en la personne de Mohamed Salek Ould Heyine, ancien A-DG de la SNIM et qui a été choisi pour redresser cette société en déconfiture complète. Il est sûr que la personnalité de Ould Heyine, son expérience aussi plaident pour lui. Il suffit de savoir mettre à profit les grandes compétences de la société et lui chercher les ressources qu’il faut pour la remettre en marche. Un autre directeur qui doit sa nomination au Président, celui de Radio Mauritanie. Mohamed Kaber Ould Hamoudy, professeur de maths de son état, a été envoyé à la radio remplacer Mohamed Yahya Ould Haye. Un profane pour faire mieux qu’un professionnel. Un recul en somme quand on sait que Ould Hamoudy n’a rien à voir avec le domaine. Sauf si son arrivée à la tête de cette institution va signifier un ‘meilleur contrôle’ de cet outil de communication. C’est d’autant plus probable que le Président s’est plaint ces derniers temps de l’exercice de la liberté d’expression par les médias publics. Ould Hamoudy qui s’est beaucoup investi dans la campagne de Ould Cheikh Abdallahi ferait bien l’affaire, lui qui a fait l’école marxisante et qui sait donc comment étrangler la liberté sans la tuer. 

Les 10% restant seraient du ressort des ‘forces occultes’. Le directeur général des douanes est un colonel qui aurait été promu pour ses relations avec les colonels Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani, tout comme les autres militaires promus depuis l’avènement de la nouvelle République : Ould Mohamed Saleh comme adjoint au chef d’Etat Major de l’Armée, Hadi Ould Sidiq à la Garde. D’autres promotions seraient à mettre sur le compte de ces ‘puissances latérales’.  Comme nous le disions dans nos précédentes éditions, c’est plus les (dé)nominations injustifiées qui posent problème. On a pensé d’abord à une ‘déElitisation’ : une chasse aux amis réels ou supposés du colonel Ely Ould Mohamed Val qui a eu la mauvaise idée de quitter le pouvoir sans assurer ses arrières. Une expression qui l’a sorti de ses gonds une fois. Le colonel Ould Cheikh Ould Alem, Mohamed Ould Mohamedou des Douanes, celui du PANPA, de la SOMELEC, de la Radio et on en oublie. Puis le Président Ould Cheikh Abdallahi a expliqué dans des réunions avec des activistes politiques qu’il se refusait d’interférer dans les choix des ministres. Parce qu’il estimait qu’ils ont une mission et pour ce faire ils doivent s’entourer de collaborateurs en qui ils ont confiance. Certains sont allés jusqu’à nommer des cadres privés à des postes de directeurs que seuls les fonctionnaires peuvent occuper. Comme sous la transition quand des gens sans références, étaient appelés à entrer frauduleusement dans le cercle de la fonction publique. 

Ce cycle de nominations/dénominations a pris une ampleur la semaine dernière avec l’affaire de la SOMAGAZ. Le président du conseil d’administration de cette société mixte, Ba Bocar Soulé, a reçu l’ordre du ministre de tutelle, Oumar Ould Yali, de nommer Achour Ould Samba en lieu et place de Nagi Ould Bouceif. Notification est faite aux intéressés le mercredi matin dernier. C’est en fin d’après midi, le même jour, qu’ordre a été donné par l’intérimaire de Ould Yali, Coréra Issaga de l’agriculture, de revenir sur la décision. La passation de service avait commencé en milieu de journée. La première explication était celle-là : le Président de la République n’a pas été informé, il a jugé la nomination mal-à-propos et l’a annulée. Lui qui, hier encore se plaignait de la demande d’interférence de ses collaborateurs, le voilà qui dénoncerait l’acte de l’un d’eux et qui plus est un ministre de l’APP. En réalité la nomination aurait dû avoir l’aval des algériens, premier actionnaire de la société. Un minimum de courtoisie envers une nation avec laquelle les relations ne sont pas au beau fixe. Quoi qu’il en soit cette affaire de la SOMAGAZ a laissé perplexe et a affecté encore plus l’image du processus de la décision en Mauritanie. Une des raisons du scepticisme ambiant. Qu’il faut ajouter à tout le reste.

Bechirou Wade

Source La Tribune n°356 


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