Interview

28 06 2007

27 juin 2007 : Dans une interview : le chef de l’État ignore l’avenir de la presse et trouve des priorités plus pressantes que l’autorisation d’un parti islamiste

Interview  dans Non classé sidi_pointsEntretien du président avec le journal « Chargh Aoussat » : Presse, parti islamiste, eau, électricité, Sahara occidental…des questions abordées avec réserve, parfois avec détour

Dans la présentation suivante portant sur des réponses de quelques questions qui ont attiré notre attention de l’entretien accordé par le président de la République à Chargh Quatari, nous avons tenu à vous tenir informé de la manière dont le premier homme du pays voit les affaires de l’Etat.
Nous avons aussi fait volontairement suivre de telles réponses de commentaires pour mieux cerner la portée de telles interrogations qui n’ont trouvé chez son excellence que des réponses souvent obscures. A rappeler ici, qu’au lieu de s’expliquer sur des questions d’importance capitale avec des journaux locaux, le Président de la République a fait comme ses prédécesseurs en s’exprimant à cœur ouvert à la presse étrangère

Chargh Quatari : Les citoyens mauritaniens, en particulier ceux de Nouakchott sont confrontés essentiellement aux problèmes de l’alimentation en eau potable, de l’approvisionnement en électricité et de la flambée galopante des prix.

Sidioca : Notre accession au pouvoir a coïncidé avec la période de canicule de l’été où la demande en eau potable et en électricité enregistre des accroissements considérables. En réalité, l’offre existante est aussi inférieure à la demande et les besoins quotidiens en eau sont de 50.000 mètres cubes. Nous ne sommes pas en mesure de produire plus étant donné que ces quantités d’eau sont produites et acheminées sur une distance de 55 à 60 km. Par ailleurs, tout projet nécessite aussi des équilibrations que du temps. Certes, il y a des idées et projets d’alimenter la capitale en eau potable pour surmonter le déficit existant ; mais tout grand projet capable de parer à ce déficit ne peut être réalisé en moins de ans.
Il est possible de relever la quantité d’eau fournie de 10.000 mètres cubes, mais cela demande une énergie supplémentaire. A ma connaissance, il est attendu une augmentation des quantités d’eau produite dans les prochaines semaines après l’arrivée des générateurs électriques.
Tous ces projets sont actuellement à l’étude. Dans l’avenir, il est possible de recourir à la salinisation de l’eau de mer, sinon à la réalisation d’un projet sur une distance de 70 km de Nouakchott, ce qui nécessite évidement du temps. Les mêmes remarques sont aussi valables pour surmonter les insuffisances de l’approvisionnement en électricité.
La réponse du Président de la République à cette question cruciale et très chère aux citoyens portant sur l’alimentation en eau potable, l’approvisionnement en électricité traduit une faiblesse du pouvoir et l’absence d’une stratégie capable de résoudre ce problème considéré non seulement une préoccupation prioritaire des habitants de la capitale, mais aussi requerrant des autorités la recherche d’une solution minimale que l’Etat n’arrive pas à réaliser. Donc aucune stratégie d’urgence et seule perspective possible le recours à la salinisation de l’eau de mer qui coûtera beaucoup plus à l’Etat, mais aussi au consommateur.
Au lieu d’envisager une solution pour l’alimentation en eau potable, le Président a enfoncer la crise en disant que la capitale pourrait attendre 3 ans pour pouvoir subvenir à ses besoins en eau potable, soit 3 ans de soif.
Pour ce qui est de la flambée galopante des prix, ajoute : nous ne pouvons pas grand-chose comme nous ne pouvons intervenir directement pour infléchir l’inflation, étant donnée qu’elle dépend de l’offre et de la demande. Nous sommes aussi dans un marché libéral où les pouvoirs peuvent prendre des mesures de nature à limiter la hausse des prix par la diminution des charges ou leur limitation. Par ailleurs, il y avait des marchandises qui bénéficiaient d’une subvention dans les pays européens, mais tout dernièrement cet appui a été supprimé, notamment pour les produits laitiers et dérivés ainsi que le blé.

Chargh Quatari : les procès intentés à la presse pendant votre période sont très nombreux ?

Sidioca : L’État n’est pas partie prenante dans ces procès et n’a jamais porté plainte contre quiconque, plus particulièrement les organes d’information et la presse. Aucun journaliste n’a été traduit en justice par les Pouvoirs Publics et aucun journal ou revue n’ont été sommés d’interdiction de parution pendant cette période.
Cette attitude se poursuivra dans l’avenir même si le rythme des critiques de l’action gouvernementale s’intensifie. Personne ne pourra donc mettre fin au travail des organes de la presse, imposer une main mise sur elle ou s’ingérer dans ses affaires.
Le Président semble ne pas connaître le passé de la presse dont certains journalistes sont encore en liberté provisoire depuis deux ans. Même chose pour l’avenir du quatrième pouvoir sur lequel il n’avance aucune perspective, se contentant d’obscurcir les horizons d’une presse dont le développement est considéré comme l’un de principaux objectifs de son programme politique.
A la question relative au l’limogeage de l’ex Commissaire chargé de la Protection Sociale, le Président de la République s’est basé sur des présomptions alors qu’il pouvait patienter pour voir si ce responsable peut bien s’acquitter de sa mission ».

Pour la question du CSA le Président dit avoir entendu une fois que les aides et dons en provenance de l’extérieur sont écoulés dans les marchés de Nouakchott, que des troupeaux de chameaux sont achetés. Ce type de comportement est prohibé et un acte très vile que nous ne pouvons accepter quelles que soient les conditions. Un Président de la République ne doit pas se contenter des seuls dires et rumeurs comme dans sa réponse, mais au contraire il doit s’assurer de la véracité des faits. En parlant aussi de haram et halal, on a l’impression d’être en présence d’un imam de mosquée qui explique aux prieurs le texte religieux. Par ailleurs les ordres du Président- magistrat suprême- tiennent lieu d’obligation comme les lois à la différence de ceux de l’imam ou du moufti qui sont essentiellement instructifs.

Chargh Quatari : Parler de l’opposition nous conduit à s’interroger sur l’autorisation de création de partis islamistes. Le refus sera-t-il toujours en vigueur ?

Sidioca : Cette question reste posée et elle m’a été soulevée pendant les élections présidentielles. Un responsable islamiste a essayé de connaître la position de candidats par rapport à ce sujet et quel sera le candidat qui pourra les aider à légitimer un tel parti. Comme réponse, je leur avait signifié que la question demande du temps et de la réflexion. Actuellement, nous avons des engagements et des priorités qui priment sur cette affaire.
Dans cette réponse par rapport à la possibilité de création d’un parti politique, le Président crée une confusion générale sur l’avenir incertain de cette mouvance politique en quête de légitimité. Cette confusion pourrait faire revenir le spectre de l’activisme clandestin et favoriser le développement du terrorisme, car la reconnaissance d’un parti politique est un droit politique que beaucoup de pays comme la Turquie, le Maroc ..ont autorisé pour éviter à leur pays de plonger dans les guerres de légitimité

Chargh Quatari : à propos du retour de Ould Taya ?

Sidioca : je ne veux pas parler sur ce sujet ou prendre une position avant que la question du retour ne me soit posée. Jusqu’à cette date, l’ex Président Maaouiya Ould Taya ne m’a pas encore soulevé cette affaire, ni demandé le retour.

Chargh Quatari : Et s’il demande le retour au pays, qu’elle sera votre position ?

Sidioca : S’il demande, vous pouvez à ce moment m’interroger et je vous répondrai ; mais pas maintenant.
La réponse du Président de la République reste dépourvue de tout penchant d’apaisement et sens de diplomatie, contrairement à celle de son prédécesseur le Colonel Ely Ould Mohamed Vall qui dans sa réponse à la même question avait dit que  » comme tout citoyen jouissant de ses pleins droits, Ould Taya peut rentrer au pays quand il veut « . Ould Taya contre lequel aucune plainte n’a été déposée devant les tribunaux mauritaniens pourrait juridiquement retourner dans son pays conformément aux dispositions de la constitution. Toute autre opposition pourrait être interprétée comme un règlement de comptes qui méritait d’être éclairé.

Chargh Quatari : Sur le SAHARA OCCIDENTAL
Concernant le conflit du Sahara Occidental, la Mauritanie a toujours observé la neutralité. Dans le cadre des pourparlers en vue de mettre fin à ce conflit, la Mauritanie dispose t-elle de propositions capables de rapprocher les points de vue des parties belliqueuses ?

Sidioca : notre position par rapport à ce conflit est claire. Nous voulons entretenir d’excellentes relations avec le Maroc et l’Algérie, comme nous entretenons des relations humanitaires avec les sahraouis, en raison du brassage des liens familiaux entre les tribus dans les deux côtés. Les sahraouis sont libres pour visiter les leurs tant qu’ils n’ont pas entrepris une action qui nuit à l’ordre. Nous focalisons notre rôle sur tout ce qui peut servir le rapprochement entre toutes les parties pour arriver à des solutions acceptables par tous et nous oeuvrons pour être une partie prenante active et positive dans ce conflit.
C’est comme si nous sommes en présence du Roi Mohamed VI qui a toujours cherché à chasser de son esprit l’existence d’un Etat sahraoui déjà reconnu par la Mauritanie, en se limitant aux seuls liens humanitaires entre son pays et le Polisario. Le Président considère même que les relations de bon voisinage sont déjà un grand honneur pour le pays. Le Président met au second rang les liens consanguins séculaires et affinités culturelles entre mauritaniens et sahraouis.
La question sur Israël : Par rapport aux relations diplomatiques de notre pays avec Israël, le Président observe la même attitude ambiguë qui a caractérisée ses prédécesseurs, en l’occurrence Ely Ould Mohamed Vall et Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya. Autant se demander si la politique extérieure prônée par Ould Taya vis-à-vis de l’Etat hébreu ne peut pas être mieux.
La question sur les Déportés : Par rapport à la question des déportés, le Président de la République reste fidèle à ses engagements électoraux dans la mesure où il compte ramener les réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali dans leur pays et leur rendre leurs biens.

Bases américaines en Mauritanie :

Chargh Quatari : Des rapports parlent de concurrence entre la France et les Etats-Unis sur la présence en Mauritanie, notamment dans le cadre des efforts entrepris par Washington pour lutter contre le terrorisme et ses démarches pour installer des bases militaires. Qu’en est-il réellement de cette concurrence ?

Sidioca : Personnellement, je ne suis pas au courant d’une telle compétition et je ne suis pas au courant que les américains veulent créer des bases militaires en Mauritanie.

Chargh Quatari : Et si les américains demande l’ouverture d’une base militaire dans votre pays, quelle sera votre position?

Sidioca : Nous examinerons le sujet et prendront des contacts.

Chargh Quatari : Cela signifie t-il que vous autoriserez l’ouverture de bases militaires ?

Sidioca : nous étudierons la question

Sans Commentaire …..

MOULAY NAJIM Ould Moulay Zeine

moulay.najim@pointschauds.info
 

Note: Info source : Points Chauds (Mauritanie)


Actions

Informations



Laisser un commentaire




bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann