Edito de Mohamed Fall O. Oumère

28 06 2007

 

 

  

Parce qu’ils ne profitent pas pleinement de la période de grâce dont ils bénéficient, parce qu’ils ne vont pas assez vite pour accompagner les changements introduits dans le pays par les nouvelles perspectives ouvertes par la démocratisation, parce qu’ils ne sont pas assez fermes dans leur volonté exprimée du changement, nos dirigeants actuels perdent beaucoup de temps. Et compromettent leurs chances de réussite.

C’est pourquoi nous avons comme l’impression que nous sommes, non pas à l’aube d’une ère nouvelle, mais au crépuscule d’un système qui se fane par l’effet de l’inertie. Rumeurs, mauvais signaux, nominations hasardeuses et/ou dangereuses, (dé)nominations inexpliquées et/ou injustifiées, absence de communication, refus de s’attaquer de front aux vrais problèmes de la Mauritanie… des signes qui ne trompent pas.

En juin 2005, on demandait à Ould Taya de changer son personnel, son approche de gouvernement. On lui demandait de réconcilier le pays avec la compétence par la promotion du savoir et du savoir-faire. De le réconcilier avec lui-même en s’ouvrant sur toutes ses composantes et en apurant le passif humanitaire dont il est le responsable (d’autres en sont les maîtres d’œuvre). De refonder son système éducatif. De nous trouver des solutions négociées, discutées, consensuelles à la santé, à la gestion des ressources, à l’alternance démocratique, à la justice…

On lui demandait de réformer son système afin de l’améliorer et de le rendre humainement acceptable par la majorité des Mauritaniens. Ould Taya est parti sans avoir compris la nécessité de le faire. Aujourd’hui, plus qu’hier, nous apprécions combien cet homme a été prisonnier de son système qui a fini par l’éjecter et lui faire porter la responsabilité de tout ce qui s’est passé.

Si une hirondelle ne signifie pas le printemps, le départ d’un homme n’est pas forcément le changement du système. Sur quoi était basé ce système ? Comment fonctionnait-il ?

Brièvement on peut dire que le système qui a domestiqué le pays, asservi son élite et tué en lui toute velléité de bonheur, ce système avait pour base l’instrumentalisation.

De l’administration : les fonctions étaient attribuées selon le degré d’allégeance au Parti au pouvoir. Les promotions sont arbitraires parce que répondant à des calculs qui ne tiennent compte que de l’humeur du chef.

De la richesse : n’est riche que celui qui a la bénédiction du système. Mais celui qui a cette bénédiction peut tout faire. Détourner, trafiquer, voler, ‘piquer’ (ihouss), tromper, opprimer… en toute impunité. Impunité, un maître mot du système. L’obligation de rendre compte, la responsabilité, la définition de la mission… pas question de tout cela. C’est d’ailleurs laissé à l’appréciation du chef qui est conditionné par les rapports et les BR, plus intéressés les uns que les autres.

Du mot : on n’écoute que ceux qui chantent les vertus du régime. Les autres sont des opposants dangereux qu’il faut ‘mettre hors d’état de nuire’. Alors le pays était noyé dans un flot de paroles qui dépeignaient un paradis qui n’existait que dans l’esprit de ceux qui profitaient du délitement général pour s’enrichir de façon insolente, pour piller les richesses et la conscience d’un peuple qui a su garder la dignité malgré une élite pourrie par la prostitution des consciences.

La Mauritanie vit présentement une période exceptionnelle. Pour une énième fois, elle a rendez-vous avec l’Histoire. Devant les nouvelles autorités, s’ouvre un couloir qui permet une action salvatrice. Comment ne pas dilapider ce potentiel ? C’est la question que le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Premier ministre Zeïne Ould Zeïdane, les deux présidents de Chambres, Messaoud Ould Boulkheïr et Ba M’Baré, le leader de l’Opposition Ahmed Ould Daddah, la question que tous doivent poser.

 

Source : La Tribune n°355


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