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De Taya à Sidi : comment continuer à favoriser la partialité de nos fonctionnaires

28 06 2007

En principe, un fonctionnaire est un agent de l’Etat qui jure de consacrer sa vie à servir son pays et ses concitoyens, ceci quelques soient les dirigeants. Car le plus important pour lui, c’est le devoir et la conscience professionnelle qui l’animent.

Dans mon pays, le fonctionnaire a été transformé en un esclave moderne, en « béni oui-oui », au service, non pas du peuple, mais de celui qui détient le pouvoir. En retour il attend récompenses et  promotions. 
 
Si la Mauritanie est dans un tel état ou rien ne fonctionne comme il faut : éducation nationale, santé, la police, la justice, l’administration, c’est certes de la faute de nos dirigeants politiques, mais aussi de l’absence de conscience professionnelle et de leur dépendance de celui qui est au pouvoir. Nous avons cru qu’avec le départ de Taya, et l’arrivée d’un président démocratiquement élu, pas que de telles pratiques vont disparaître du jour au lendemain, mais au moins les causes pourraient s’éloigner petit à petit.

Hors les premières nominations font apparaître les même pratiques que l’ancien régime : la famille d’abord, puis les amis et les copains et enfin ceux qui ont soutenu le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi.
 
D’une part, je me demande comment changer les choses avec telles pratiques familiales, tribales et partisanes de la politiques ? comment dans ses conditions rendre à nos fonctionnaires leurs dignités et les rendre partiaux ?
 
Sachant que, la crédibilité, la solidité, la viabilité de tout système démocratique, dépend de la neutralité de ses fonctionnaires. Tout en ayant conscience que même dans les grandes démocraties, les hauts fonctionnaires de l’Etat, sont parfois de la couleur politique de la majorité.
 
Je ne doute pas de la bonne foi de notre Président, quand il jurait la main sur le cœur, qu’il a été candidat pour changer les choses, pour une Mauritanie juste. Pour l’instant rien ne fait espérer à un avenir meilleur.
 
Oui Monsieur le Président, la politique peut être parfois ingrate, les grands projets mettent du temps à se réaliser et donner leurs effets. Oui nous sommes d’accord avec vous que le pays était dans un état calamiteux. Mais la manière dont les décisions sont prises peuvent rendre le peuple optimiste ou pessimiste par rapport au futur.
 
Hors depuis votre investiture le peuple a l’impression d’être floué. Et ceci n’est pas seulement l’impression de quelques « allumés » du net ou des médias.
 
Sachez Monsieur le Président que votre mandat est crucial pour l’avenir de notre démocratie. Celui-ci pourrait démontrer à nos compatriotes que la politique est une pratique noble, que les politiciens ne sont pas tous pareils : corrompus, magouilleurs, voleurs, menteurs…
 
Donc Monsieur le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, tachez de ne pas laisser votre nom, dans l’histoire de ce pays, comme le Président qui a tué, le civisme, la démocratie en Mauritanie. Mais je reconnais pertinemment que cette tâche de sauvegarder et de renforcer l’esprit démocratique incombe, tous les mauritaniens. Mais en premier lieu vous d’abord, puis l’opposition, si elle veut bien sortir de sa léthargie actuelle et sa recherche du consensus mou.
 
Car une administration indépendante est la meilleure garantie pour une alternance réussie, un pays développé et des citoyens heureux et fiers.

Boubou SYLLA

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