chômage en Mauritanie

28 06 2007

Emploi  Le rêve  mauritanien 

Chômage, politique d’emploi, investissement sont les mots clés de la nouvelle équipe dirigeante du pays. Le premier ministre fait de l’emploi l’épine dorsale de la relance économique. Des questions persistent cependant. Par où devons-nous  commencer ?  Qu’en est-il du plan d’action de la nouvelle équipe? Le ministre  de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, porte- parole du gouvernement,  a souligné au cours de sa conférence de presse du 21 juin 2007 que la stabilité des prix n’est  pas une politique économique  efficace.  Car le niveau de celui-ci  dépend des aléas extérieurs incontrôlables. La solution devient alors une politique d’emploi permettant une activité créatrice de revenus. Ce qui sous-entend une augmentation du pouvoir d’achat. « Nous avons créé un ministère spécifique pour résoudre ce problème de chômage»,  a-t-il précisé. 

Face à ces enjeux, l’image du pays devient indispensable pour drainer les investissements. Certains attribuent le limogeage du  commissaire  chargé de la protection sociale et de la sécurité alimentaire comme une forme d’exclure toute personne essayant de tirer la sonnette d’alarme. D’autres expliquent  ce limogeage  sous forme d’un simple calcul lié aux nominations politiques. 

Pourtant, la question de la famine revient  de plus belle : « Pourquoi chaque fois qu’un administrateur de l’Etat veut déclarer les urgences, les autorités centrales essayent de calmer l’affaire ?», martèle un journaliste au cours de ladite conférence.  La réponse du porte- parole du gouvernement était claire : « il n’ y a pas de famine en Mauritanie.»    

Pour Isselmou Ould Mouloud, Directeur de l’emploi : « la stratégie adoptée pour lutter contre ce fléau devrait tenir compte de trois aspects : la croissance, les ressources humaines et l’organisation du marché du travail. Le problème de l’emploi passe par une évaluation des besoins du marché. Ce qui n’est pas forcément évident  car le secteur informel pèse dans le pays». Sur la question de compétitivité de l’économie nationale, il nous a répondu « que  les  hommes d’affaires mauritaniens devront être conscients de l’optique qualité  afin  de  garantir la  performance de l’économie nationale». 

Il est clair, la vision officielle est de plus en plus axée sur les investissements étrangers. Certes, des organes d’investissements ont été mis en place en vue de stimuler la croissance, mais le marché d’emploi est-il adapté à la nouvelle optique ? 

Dans les jours à avenir des réflexions devront être à l’ordre du jour « Nous invitons les journalistes et les acteurs à assister à ces journées au sein des ministères » déclare  le ministre de la modernisation en guise de conclusion.  « Les acteurs actifs sont sollicités afin d’assister à une réflexion allant dans le sens de l’élaboration des plans d’action rapide. Nous sommes prêts à toutes les idées, à toutes les actions dans le but de lutter contre le chômage », explique le directeur de l’emploi. Entre une stratégie  à long terme et une  tactique visant le court terme, la réponse des autorités reste floue. 

En ce moment les mathématiciens et les statisticiens de la troisième république, n’ont pas encore dit leur mot. Le langage des chiffres manque chez nous, des politiques économiques sans chiffres relève de l’utopie. En attendant les promesses de la nouvelle équipe de fournir un plan d’action chiffré, le gouvernement  évite jusqu’à l’instant de faire des projections à court terme dans le domaine de l’emploi.

Mohamed Fouad Barrada  Source : La Tribune n°355 

Encadré En 2000, et d’après les données du Recensement Général de
la Population et de l’Habitat (RGPH), le taux de chômage se chiffre à 19%. Soit environ 145000 personnes. Les données de l’Office National de la Statistique (ONS), réalisées sur les conditions de vie des ménages (EPCV), ont permis de revoir à la hausse ce taux ; il avoisine désormais les 32%. Ainsi, 57 % de la catégorie socioprofessionnelle sont indépendants, quant aux emplois salariés, ils demeurent inférieurs à 20 %,  alors que les allocations familiales ne représentent que 6 % (en 2000) 

Notons que l’informel qui est de 87 % grimpe de plus en plus dans les milieux urbains au détriment de l’emploi dans les zones rurales. Si l’on se réfère aux deux  derniers recensements de 1998  et de 2000, on constate une nette croissance de 3,7 % par an. Ce qui équivaut à une moyenne de 16000 emplois  supplémentaires par an. Les diagnostics de l’ANAPEJ (Agence Nationale de Promotion de l’Emploi des Jeunes) expliquent que « le fait que cette croissance coïncide avec une période de montée du phénomène de pauvreté laisserait à penser qu’il s’agit dans beaucoup de cas  d’emplois précaires et/ou  peu rémunérateurs, recouvrant un chômage déguisé.  Cette précarité taraude les esprits des économistes dont la seule solution réside dans la  croissance. 

Plus d’activité signifie mois de chômage, plus de production signifie plus de revenus à distribuer. D’où une nouvelle politique d’emploi se basant sur  des divergences portant sur les moyens de la reprise, et sur la  place des pauvres dans la relance. 

  


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