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Chronique de Mansour :CHAPITRE 2

25062007

RECONSTRUCTIONS  

 1  

Il suffit de parcourir le moindre forum internet en français, touchant de près ou de loin au monde musulman, pour mesurer l’ampleur des intoxications intellectuelles vécues en Occident. L’immense majorité des gens y pensent à partir de données faussées ; soit par rétention, soit par démesure, voire falsification des informations. L’entreprise n’est peut-être pas, ou plus, véritablement pensée : elle est le fruit d’une accumulation pluriséculaire de distorsions et fonctionne, presque entièrement, sur la force d’inertie ainsi emmagasinée. 

La désinformation commence, probablement, à l’époque des croisades, et fluctue en fonction des époques. Le « péril » ottoman en constitue un second pic, la colonisation européenne  du 19ème siècle,  un troisième ; enfin, et nous y sommes, « le fondamentalisme » musulman, coïncidant, en France, avec le développement d’une problématique d’immigration post-coloniale. Chaque époque « surfe » sur une vague différente, grosse de conditions politico-économiques spécifiques, et produit de nouvelles perturbations de sens. Comment interférer positivement dans ce chaos ? 

En première ligne évidemment, l’action quotidienne, la plus difficile, qui puise sa force dans la qualité de nos comportements, chaque fois que nous sommes en contact, direct ou indirect, avec des non-musulmans. Elle exige de nous un djihad permanent – le grand djihad – visant à élever la pureté de nos intentions et la limpidité de nos actes. On s’y exhorte les uns les autres, on s’y attelle diversement, avec plus ou moins de ténacité et de réussite. Rien n’est jamais gagné en ce combat, et, en cette occurrence, qui nous situe en pleine « compétition dans les bonnes œuvres [1] », non seulement avec n’importe quel autre croyant des gens du Livre, mais aussi avec quiconque de « bonne volonté », sommes-nous, musulmans, toujours à la pointe de l’excellence ? J’avoue, pour ma part, m’en approcher rarement… De l’effort, Mansour, du courage, et, sur le métier, remets-toi cent fois à l’ouvrage  !  

Au delà ; ou plutôt : en dedans ; de ce volontarisme variablement efficace, j’ai choisi d’œuvrer au rétablissement d’équilibres culturels. A commencer dans le domaine de l’histoire, lacérée par ces siècles, surtout les deux derniers, d’acharnements partiaux. Prenons le moindre ouvrage occidental sur les civilisations mondiales : la part consacrée à l’islam est ce point ténue qu’on a peine à seulement imaginer comment cette culture a pu irriguer, pendant près d’un millénaire, toute l’Eurasie occidentale et une partie de l’orientale.  Dans les universités françaises, l’enseignement de l’histoire européenne consacre moins d’un centième, parfois moins d’un millième, de son programme aux espaces si longuement islamisés, hispaniques ou balkaniques, sans compter les innombrables connexions entre les cultures chrétienne et musulmane, de Palerme à Kazan, en passant par Gênes, Damas ou Venise, voire Riga ou Amsterdam… Sortis des poncifs sur les « cavaliers d’Allah », les « fourberies » arabes et autres « voluptés » des harems orientaux, bien peu d’occidentaux, y compris chez les intellectuels et les politiques, ont une vue saine, même sommaire, du socle social, économique et philosophique des espaces islamiques.  

Cet effort de réhabilitation est d’autant plus nécessaire qu’un grand nombre d’intellectuels musulmans ont puisé, et puisent encore, à cette source trouble, bien des éléments d’analyse de leur propre passé, à l’exception, notable, des tout premiers siècles de l’islam. Les ouvrages modernes d’histoire écrits par des musulmans sont rares, et, souvent, le public non spécialiste ; parfois même : spécialiste ;  doit se rabattre sur  les « encyclopédies » occidentales, dont nous venons de souligner, à l’instant, le piètre équilibre. Il s’en suit de redoutables altérations de sens, situant, par exemple, les entreprises réformistes, en pays d’islam, en vassales obligées d’un système occidental, démesurément exalté, ou, à l’inverse, en résurrection d’un tempérament guerrier, inconsidérément fanatisé. Or, l’islam n’a cessé de développer un projet social équilibré, en dépit de toutes les vicissitudes de l’histoire. Où  trouve-t-on critique lucide de celui-ci, attentive à la dynamique des chocs, des médecines, des guérisons et des séquelles, générées par  les siècles ? La fidélité consiste ici à bien se souvenir, à reconstruire une mémoire décomplexée, sûre de sa mission.                

2 

Car nous avons une mission. Si l’islam est la dernière religion des temps prophétiques, celle qui convient exactement à ceux-ci, alors, nous avons l’impératif devoir d’en témoigner la vérité à la face du monde. En cet horizon, il ne suffit pas d’énoncer la proposition : telle quelle, elle est inintelligible à l’immense majorité des non-musulmans. Encore faut-il, sinon le démontrer, du moins en suggérer les pistes les plus raisonnables d’investigations. En humaniste, tout simplement, examinant des valeurs d’humanité. Et à cet égard, nous devons  comprendre les processus économico-politiques qui ont amené le recul de l’hégémonie musulmane, manifeste à partir du 18ème siècle de l’ère chrétienne.   

La démarche nous amène à considérer sous un même angle, également mais pas exclusivement, la période précédente. Comment l’Occident s’est-il construit, avec et contre la civilisation musulmane ? C’est ici envisager une réalité commune, complexe, vivante, irriguée de liens variablement clairs, variablement visibles, de contradictions évidentes et de fusions non-dites… Elle implique une attention accrue à ce qui nous appartient, musulmans, en propre. La quête de sens n’est sensée qu’en fidélité approfondie à ce qui la justifie. 

On en vient alors à se poser la question de la nécessité de l’évolution historique. « Al hamdoulillahi [2] ! », répétons-nous face au moindre événement, fût-il apparemment désastreux. Le Plan Divin nous environne et nous habite, sans laisser un seul instant, ni un seul lieu, hors de son empreinte. Si donc Dieu a donné, un temps,  le pouvoir sur le monde à des non-musulmans, c’est qu’il s’y devait manifester « quelque chose » dont les musulmans  ne devaient pas assumer la maîtrise d’œuvre. Mais c’est quoi ce « quelque chose » ?

On ne peut pas négliger cette redoutable question. Prétendre « rattraper le retard » ou réinstaurer « l’ordre islamique » sans réflexion approfondie sur la nature de « l’avance », ou du « désordre »,  formulés dans la parenthèse occidentale, nous expose aux plus dangereux glissements de sens.  En tous les cas, il existe des positions intermédiaires, des perspectives d’attente, des « stations », aurait dit, sans doute, l’émir Abd El Kader, qui nous permettent d’affiner nos diagnostics, avant d’avancer les moindres thérapies. Le mot est lancé : il s’agit bien de médecine.  

La proposition est-elle, cependant, à sens unique ? Bien des occidentaux sont à même de reconnaître que leur société ne va pas bien, qu’elle s’est construite sur certaine exagération dont il n’est pas simple de discerner précisément les contours, surtout lorsqu’on en est partie prenante, imbibé dès la plus tendre enfance. Mais faut-il se hâter d’en conclure à la noirceur intégrale du tableau ? Le génie particulier de chaque peuple est, à priori, une plante médicinale pour son voisin. On entrevoit alors une toute autre dynamique que celle du « choc des civilisations ».   Soudain, la splendeur du verset coranique, mille fois cité, toujours signifiant, jamais fini, illumine la recherche : « [...] Nous avons fait de vous des nations et des tribus, afin que vous vous tiriez mutuellement connaissance. [...] » 49 – 13.  

Con-naître : naître avec. Il n’est pas certain que l’étymologie latine traduise, exactement, le verbe arabe ici en cause. Elle évoque cependant une volonté de communion, un souci de l’Autre, un effort de distinction, partout sous-tendus dans la vision coranique. Laissons, provisoirement, de côté, les versets guerriers qui semblent infirmer cette thèse : nous en reparlerons en d’autres temps, mieux éclairés par le développement du discours, et retenons la profondeur du message : ni confusion, ni exclusion, la connaissance construit la limpidité d’un miroir.  A vous votre religion, à nous la notre. Vous adorez ce que nous n’adorons pas, nous adorons ce que vous n’adorez pas. Et par cela, nous tirons mutuelle connaissance. Si tu prends la peine de me regarder, un instant seulement, si j’ai le courage de te voir, comme tu es, et non pas, comme je voudrais que tu sois ; que voyons-nous, dis-moi, l’un de l’autre ? Un soir de grande solitude, j’ai écrit sur le mur de la ville : la lumière est au fond de l’œil. Mais lequel ? Le tien ? Le mien ? Je n’ai, mon frère, qu’une seule certitude, à ce sujet : La ilaha illallah [3] ! 

3 

Point de dieu si ce n’est Dieu, je crois en Un Seul Dieu : la négation musulmane et l’affirmation chrétienne formulent une même essence que la variété des langues, la force des conventions, le goût des œillères et les intérêts partisans se sont chargés – se chargent continuellement – de fragmenter. L’illusion du pouvoir est si forte quand tout est divisé ! Mais, en dépit des innombrables maux générés par ces cruels morcellements, la foi poursuit, dans le silence des recueillements intimes, son œuvre d’agrégation cosmique.  C’est bien lorsqu’ils se taisent que  les amoureux du monde entier se rencontrent. A l’heure de l’eucharistie, le chrétien fervent pose, en esprit et, ordinairement, à son insu, le front contre le sol, et s’il pouvait voir, à cet instant, par le dedans des choses, il serait ébahi de la compagnie qui le soutient… 

Des divers sens éveillés par le verbe « alaha », « adorer »  scintille comme un phare. Il signifie qu’en réalité, le moindre acte d’adoration, même le plus éloigné de sa racine divine, revient toujours au Maître des mondes. Les routes sont seulement plus ou moins directes, plus ou moins gratifiantes pour l’adorateur. Qui fait sa divinité de l’argent, du plaisir, du sport ou de la gloire – la liste des idoles disponibles s’étire indéfiniment – en subit, par la force des choses, les contraintes spécifiques, mais la parcelle d’intention pure – l’élan adorant – même enfouie sous une épaisseur monumentale de ténèbres empilées, se fraie invariablement un chemin vers Sa Source. Si, probablement, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », « innalillahi oua innalillahi raji’oune [4] » : assurément, tout vient de Dieu et tout y retourne.  

C’est donc bien que le substantif  « Allahou » témoigne d’Une Réalité autrement plus universelle qu’un « simple » nom propre. Pour en rendre compte un tant soit peu, il aura fallu fournir, le lecteur s’en est aperçu, un effort de traduction, une coupe transversale, forcément brutale, entre deux réservoirs de sens. « Traduction, trahison » énonce le proverbe italien et l’adage signale toute l’ambiguïté de ce regard autre, dont nous essayons, depuis quelques semaines maintenant, de cerner le potentiel. Dans l’inconfort de cette situation, le converti hésite. Plonger corps et âme dans le nouvel idiome de sa foi, au risque de s’y acculturer, c’est à dire de rompre la continuité de son éducation première ? Ou, au contraire, s’en tenir à distance, en grand danger d’approximations syncrétiques, c’est à dire d’affadir ; peut-être, plus gravement : corrompre ; le goût de ses nouvelles relations ?      

             Je tiens en sainte horreur les excès fanatiques. Ils m’apparaissent, tout à la fois, enfants et pères de ces fractures dont je constatais, plus haut, les douloureux effets sur notre humanité commune. Mais la grande soupe, soi-disant humaniste, où tout serait dans tout et réciproquement, ajoutant à une pincée de christianisme, une cuillérée d’islam, un soupçon de bouddhisme et trois fois rien d’animisme, beurk ! Le tout noyé dans l’eau de vaisselle d’une démocratie écrasée sous le rouleau d’un mercantilisme univoque : à vomir, toute affaire cessante [5] ! Plus rien n’y peut être intelligible, si ce n’est la platitude d’un Waterloo spirituel, colmatant toutes les voies de réalisation patiemment entretenues par des générations de fidèles. Ce sont ceux-là, et eux seuls, en vérité, qui peuvent soigner les fanatismes ; certes pas, les extracteurs de « l’axe du mal » et autres laïcistes réactifs, au moins aussi obtus que ceux qu’ils croient combattre. 

« Doucement », me susurre Abdel Kader, l’émir aux mille stations, « écoute ton horloge intérieure : elle rythme, incessamment, ton attention au monde. La tardiveté de ton islam t’invite à un double approfondissement : en aval, vers ta culture française, tant chrétienne que laïque ; en amont, vers ta nouvelle culture, assurément arabo-musulmane. Fort de cette directive, adapte ton effort au vent des circonstances, ne néglige aucune piste, note les moindres nuances. Peu à peu, pas à pas, conscient, en permanence, de l’intermédiaire de tes positions, de l’inachevé de tes études, il t’apparaîtra, bientôt, que cette dualité n’en est pas une : tout ton passé fleurit en islam. Celui-ci extrait de celui-là la quintessence, t’invitant à ne jamais te satisfaire d’un conflit. Entends-tu l’excellence de la médecine ? » Salamou aleykoum, paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, oua rahmatoullahi, ikhouanil mouslimine. 

                4 

             

Parmi les nombreuses interrogations qui assaillent l’apprenti musulman, l’apparente prééminence de la foi sur les œuvres ne cesse de turlupiner l’esprit. L’ancien catholique se sentirait, presque, devenu protestant. Mais on devine, rapidement, que ce dont il est question dépasse le discours paulinien [6]. C’est tout le rapport à la faute, à l’erreur, au péché qui diffère. Celui-ci apparaît moins, maintenant, comme le fruit d’une tache indélébile,  que comme une condition naturelle, vivante, existentielle : l’erreur est humaine, tout simplement. Et dans la hiérarchie des pécheurs, les plus persévérants dans l’adoration divine apparaissent les moins égarés du vrai. 

A ses compagnons qui s’inquiétaient de leur inconstance sitôt éloignés du prophète – P.S.L. –  celui-ci répondit : « Demeureriez-vous en permanence tels qu’en ma présence, les anges vous accompagneraient jusqu’en vos maisons. Et si vous ne péchiez plus, Dieu susciterait de nouvelles créatures pécheresses afin d’exercer Sa Miséricorde [7] ». Ce hadith témoigne de la singulière relation, en islam, entre Dieu et les hommes. En nous dotant d’une conscience, l’Illimité nous donne de Sa propre Saveur, proportionné à de justes limites : on ressent, en conséquence, plus souvent l’étroitesse de celles-ci que leur justesse, jusqu’à ce que, de transgression en contrition, nous goûtions, enfin et  grâce à Dieu, la pleine mesure de ce don.

Adam – P.S.L. – tombe, souffre et appelle au secours : aussitôt, Dieu le soigne. Point de péché originel, initiant une tare héréditaire, contraignant Dieu à tout un processus historique, impliquant incarnation de l’Innocence Immaculée et son sacrifice sanglant, indispensable, au rachat d’une Humanité condamnée : la Miséricorde Divine, en islam, est Totale, Incessante, sublimement Libre. Non coupable, l’Homme naît limité par des conditions existentielles qui tendent à le retrancher de sa plénitude originelle. Et l’en retrancherait, assurément, s’il n’avait une mémoire, une trace, indélébile elle, du sens de l’Un, bien antérieure aux constructions de son ego.

Se souvenir. Mais comment ? « Ma » mémoire ne peut, bien évidemment, y suffire : elle est trop mienne, trop distincte, trop partagée. « Connaître l’islam avec ta tête, tu en as pour très longtemps, et, peut-être, n’y arriveras-tu jamais ». La phrase d’El Haj résonne, en écho, au constat que chacun peut, mille fois, éprouver au cours de sa vie : les nécessités de la survie m’ont construit une individualité réduite et réductrice, incapable d’appréhender sa propre source, dépendante,  normalement à son insu, des mondes qui l’englobent, comme des poupées gigognes, dans une indéfinité de plans d’existence, tous cependant, et variablement, soumis au Même Principe, Unique, Impénétrable… Prodigieuse fécondité que cette variabilité : les individualités ne sont, ni identiques, ni immuables. Douées de qualités diverses, elles s’affinent ou s’épaississent, selon leur choix et leur degré d’attachement à ce qu’elles, et ce qui les, distingue(nt).

« La ikraha fiddine » : pas de contrainte en religion, affirme le Saint Coran [8]. Les quarante jours de Jésus – P.B.L. –  au désert, les longues retraites de Mohammed – P.B.L. – dans la grotte de Kharou Dhouri, dépouillent leur individualité, lassée du monde, de tout autre souci que l’adoration de La Source. En s’y oubliant, en oubliant l’apparence de leurs limites, ils en découvrent soudain le sens. Ils peuvent, enfin, entendre Le Message. Leurs qualités spécifiques s’épanouissent, instantanément, dans la claire vision de leur utilité. La lassitude de l’indétermination est balayée d’un coup, laissant le champ entièrement libre à la détermination d’une œuvre impérieuse. Le faux est, intimement, distingué du vrai, chaque chose, chaque événement perçu, exactement, à sa place. Dirigée exclusivement vers sa destination finale, au delà de toute forme intermédiaire, la foi peut accomplir, enfin, toutes ses formes, c’est à dire, en français courant : toutes ses œuvres. 

5 

On n’est pourtant, jamais tout-à-fait, maître de soi. Accumulerais-je des jours et des jours d’oraisons harassantes que ma stupidité n’en resterait pas moins bornée ; par excès, déjà : tout, en islam, appelle à la mesure, l’épuisement guette le forcené ; sinon l’abrutissement ; pire : l’orgueil. Par ignorance, ensuite : que puis-je connaître, par moi-même, de mon destin, de mes limites exactes ? A se prendre pour un bœuf, la grenouille s’expose à d’excessives dilatations… Le chemin tracé par les prophètes ne cesse, à cet égard, d’être simple et uni : « tout vient de Dieu, tout y retourne », et leur éveil témoigne, invariablement, de la plus humble soumission, du plus total abandon à cette vérité. Les plus grands guides ne sont jamais, eux, maîtres d’eux-mêmes et c’est en cela qu’ils demeurent, paradoxe suprême, si posément maîtres d’eux… Leur toujours juste appréciation des limites, la constante concordance de leurs actes avec les situations et les temps, leur égalité d’humeur, même, révèlent une dimension extra-ordinaire, une référence surhumaine, disons le mot : métaphysique.

Nous pressentons un parfum, nous en cherchons les effluves. Mais tant que le « doigt de Dieu » reste posé sur l’ouverture du flacon, l’impression demeure fugitive, diluée, approximative. Où se tient le flacon ? Au dedans ? Au dehors ? Mais c’est quoi, le dedans, le dehors ? Les grandes discussions philosophiques sur l’immanence et la transcendance ressemblent fort au discours de Narcisse, penché sur son image… Un souffle passe, est-ce l’image qui se trouble ? Ou Narcisse qui soupire ? Et dire que des gens se disputent sur la question… On apprend donc, en islam, à se poser moins d’énigmes, et à s’occuper, plus souvent, le plus souvent possible, de ce qui se passe, ici et maintenant. On ne peut situer, encore, la source du parfum ? C’est, tout simplement, qu’on n’y était pas prêt ; ou, peut-être, que c’était un faux-problème… On se contentera donc de prier, de s’affiner au contact de plus parfumés que soi, d’égrener les jours après les jours, au rythme minimal des cinq offices, parfois un peu plus, dans la certitude que l’eau, même goutte à goutte, perce, par sa soumission obstinée à la loi de la pesanteur, les roches les plus dures, et revient, toujours, un jour ou l’autre, à son puits. 

La simplicité d’un tel programme m’unit profondément à mon passé et, lorsque je rencontre un chrétien de cœur – il en reste de bien beaux – j’estime la lumière de son regard et la qualité de son effort, bien mieux aujourd’hui qu’il y a quinze ans. Cette bonification m’emplit de bonheur. Distinguant, de plus en plus clairement, ce qui distingue l’islam du christianisme, je ressens d’autant plus ce qui me joint aux chrétiens ; aux juifs, à tous les croyants du monde : ce qui fait de nous des hommes de foi, même séparés en communautés. Dans l’évolution de ces rencontres, j’aurais plutôt tendance à moins parler, à moins argumenter ma position, un peu comme un « iceberg inverse » qui, s’appesantissant sur sa base, disparaîtrait insensiblement de la surface des choses. Or, voici qu’on me pousse, au contraire, à prendre la parole, à expliciter le mouvement de ma métamorphose. Non pas seulement mes frères et sœurs en islam : leur incitation se comprend aisément ; mais, plus étrangement, mes amis chrétiens, hier vite lassés du discours prosélyte, aujourd’hui friands de ce « silence en creux », de ce vécu de l’écriture, fidèle à l’écriture du vécu. 

« Ceux-là ne sont ni des prêtres, ni des moines, mais certes, ils ne s’enflent pas d’orgueil [9] ».  Tout est là. Les mêmes maux guettent tous les croyants de toutes les religions. « Ceux qui ne savent rien [10] » brandissent, partout, les plus beaux étendards pour justifier leurs exécrations : c’est ce qui les rend exécrables. Et quoi ? Devrais-je à mon tour exécrer ? Certes, je ne sais rien, moi non plus : je pressens un parfum sans pouvoir en situer le flacon, alors, vous pensez, quelle science que ma science ! Mais ce à quoi m’oblige cette lucidité est un effort, pas une exclusion. En serions-nous tous convaincus que bien des poings s’ouvriraient, révélant, au dedans, notre commune limite, si simple, mon Dieu, si unie, si toujours identique à elle-même…

6 

Non pas que l’amour béat ou l’onctuosité sirupeuse puissent jamais former une communauté spirituelle : l’un et l’autre, frottés au quotidien, sont condamnés à errer, faute de lucidité, entre niaiserie et hypocrisie, dégoûtant les âmes les plus enclines à partager leur foi, à en reconnaître, dans l’action commune, le caractère transcendant. Une communauté se distingue par quelque tranchant, par quelque colonne vertébrale, assurant l’horizon et la verticale de sa source. Les gommer, fût-ce au nom du plus noble œcuménisme, c’est, à coup sûr, flouer le lieu même du rassemblement. Sans plus de vrais repères, aisément lisibles dans la mouvance accélérée du monde, chacun, dans son coin, se met, alors, en quête de sa propre origine, au « p’tit bonheur la chance ». Telle est, grosso modo, l’histoire du christianisme occidental, au cours du siècle dernier. Délestée de son pouvoir temporel ; peut-être donc : de sa raison d’être ; l’église Catholique s’est, lentement, soumise au dogme de la liberté individuelle, puis à celui du caractère anthropologique de la religion. Dieu fait homme, homme fait Dieu : la frontière s’efface insidieusement, propice à tous les égarements… 

Je crois parler en connaissance de cause. Avec la question de l’authenticité de l’église, s’est posée, simultanément, celle de la mienne propre. Esprit, corps et âme, c’était quoi, tout ce mic-mac, prétendant m’éclairer sur la conscience séparée que j’étais censé conduire, pâtissant de sensations et d’élans,  modelée par quel douteux univers ? Nanti, pour tout viatique, d’un code-barre personnel [11], identifiant mon pouvoir de consommation, mon numéro de sécurité – mon Dieu, quel abîme ! –  plongé dans un monde bétonné, sans lever de soleil, sans odeur, anonyme, tout clinquant d’artifices variablement grandioses – Sainte Coupe du Monde [12], priez pour nous ! – que devais-je donc réaliser ? Que signifiaient, sous la loi d’une telle haine de la Nature, ces longues années d’éducation classique et chrétienne ? Y avait-il seulement,  à proximité de ces interrogations vitales, un seul exemple d’humanité accomplie, sereine, efficace ?  Le naufrage du christianisme tient, probablement, à cette rareté d’équilibre, cette incapacité à produire des esprits sains dans des corps sains, entiers et actuels ; sinon : au compte-gouttes, presqu’exceptionnellement… 

Il est cinq heures, Nouakchott s’éveille, au son des appels à la prière de l’aube. Je souffrirais, incha Allahou, encore aujourd’hui, des mêmes plaies qu’hier, sous d’autres cieux : mais infiniment moins. Non seulement l’état de nature demeure, à chaque coin de rue, presqu’à chaque instant, palpable, vivant, transmissible, mais encore, la religion qui l’encadre, le reconnaît, l’estime, ne cesse d’en élever le sens, au dedans de soi et dans la rencontre, banale, avec l’autre. Inextricablement, un peu comme on respire. La communauté est là, agissante, solidaire ; certes, aujourd’hui, enflammée de désirs multiples, exaspérés par l’invasion, quasi acridienne, de myriades de marchandises, de ces jouets scintillants qui s’insèrent, comme des coins de bûcheron, entre les individus, mais communauté bien réelle encore : en dépit de la chaleur, de la poussière, de la saleté et du bruit, de l’obsession généralisée du profit, les occasions de se réjouir de la vie sociale supèrent, quotidiennement en Mauritanie,  à celles de s’en plaindre. La solitude n’est, ici, jamais qu’un moment de l’histoire ; à la rigueur, un choix temporaire ; en aucun cas, une normalité d’existence. On n’a pas, non plus, à chercher loin les saints hommes : ils vivent parmi le peuple, banalement. 

Saints hommes ou hommes sains ? J’ai perdu ici les vieux clichés sur le maître spirituel, cet être indispensable qui eût déchiffré, immanquablement, le fil de mon errance, en rectifiant insensiblement le déroulement, jusqu’à la levée, foudroyante, du voile me séparant de la lumière. Mon entrée en islam me semblait inscrite dans la seule quête de ce guide et je pensais, sincèrement, n’avoir que faire d’une religion. Or, c’est bien celle-ci qui, en me reliant, peu à peu, à une communauté formidablement commune, m’a fait prendre conscience de mes lacunes, de la misère de mon habit d’homme moderne : un individu, la belle affaire ! Sois solidaire, tout d’abord. Retrouve la multiplicité de tes états d’existence, de tes relations vitales, assume-les. Habille-toi, avant de songer à rencontrer l’éventuel dénoueur de ton ego et ne t’en inquiète plus : « lorsque l’élève est prêt, le maître apparaît [13]. » 

7 

On s’interroge, en terres d’islam, sur l’étrange notion de « croyant non-pratiquant ». Comment peut-on avoir soif et s’interdire de l’épancher ? C’est dire à quel point la convergence dans l’office religieux est centrale dans la vie du musulman et rien n’est plus instructif, en cette coïncidence, que ces cohortes de travailleurs, de marchands et de chalands, qui affluent, comme un seul homme, de tous les coins du marché, à l’appel de chaque prière. Mais est-ce partout le cas ? Si je n’ai cessé, au Sénégal ou en Mauritanie, de me recueillir dans des mosquées combles, il m’est arrivé, en d’autres pays musulmans, au Maroc, par exemple, de prier seul derrière l’imam, ou en groupe tellement réduit, qu’on a l’impression de s’être cantonné, à nouveau, en quelque cénacle de marginaux.

A cet égard, le Maroc contemporain ressemblerait fort à la France des années 70, ou à l’Espagne des années 90. L’accès à la consommation produirait-il, uniformément, les mêmes effets ? La question, de piètre intérêt stratégique, illusionne probablement les anti-religieux, qui ne sont, à dire vrai, que brouilleurs de sens, vulgaires « contrefacteurs » : adorer et se relier constituent, on l’a vu, fonctions vitales de l’humain, et les plus savantes manipulations des masses brodent, invariablement, sur cette trame naturelle. Sans doute faudra-t-il revenir, plus loin, sur les altérations sociales, certes variables, générées par ces artifices, mais, pour l’heure, c’est à la périphérie du questionnement que se dévoilent les plus intéressantes perspectives. On y voit, tout d’abord, se construire les oppositions, réactives, au détournement instruit par les nécessités de la « chose marchande ». 

La vivacité des mouvements « islamistes » témoigne, ainsi, du caractère éminemment populaire de l’islam. Alors qu’ailleurs, notamment en France ou en Espagne, le rejet du religieux a pu se nourrir de la libération d’un joug social, ce dés-agrément est ressenti, dans les sociétés musulmanes, bien plus comme une dés-agrégation. S’éloigner de la pratique religieuse, c’est, physiquement, s’éloigner de son frère, de son voisin, de la communauté quotidienne ; rompre les liens, vivants, qui assurent la cohésion du groupe, notamment face aux manquements et aux abus des puissants. L’islam, dans sa simplicité rituelle, demeure le bouclier du peuple, et l’évidence de la proposition, lisible dès les fondations de celui-là, s’est alimentée de générations d’ulémas et de fuqahas, farouchement indépendants du pouvoir en place, critiques en toute bonne foi, et assurés d’appuis populaires variablement conséquents. De la révolution abbasside à celle de Khomeyni, c’est bien le peuple qui commande aux puissants le respect de ce qui le relie, en dépit de toutes les intrigues manipulatrices de ces derniers… Qui donc anime la guerre civile en Irak ? En quels buts ?  Et l’on voit, également, la facilité avec laquelle le moindre musulman intègre peut-il être taxé d’intégrisme…

On y comprend mieux, aussi, et par effet de miroir, la démarche de la « croyance-non-pratiquante » en terres chrétiennes. Il s’y est construit, au fil des siècles, différents élans de fraternité populaire, dont l’expression religieuse autonome fut, à chaque fois très violemment, combattue, dispersée, fragmentée, par le pouvoir politico-religieux. Entre résignation et révolte, la conscience populaire s’est, dès lors, insensiblement retirée de son enveloppe religieuse conventionnelle, ne laissant aux institutions qu’une coquille vide. Or, se construisait, en filigrane, une société mercantiliste, obnubilée par l’exploitation du sensible. Quantification du Réel et déni de toute métaphysique ont, en conséquence, achevé d’obstruer les voies naturelles d’élévation spirituelle. Le rituel religieux rendu inintelligible, son discours merveilleux dénigré par le progrès des sciences rationnelles, les degrés de la « croyance-non-pratiquante » s’appesantissent en un sentiment croissant de solitude, voire d’absurdité existentielle. L’agnostique, celui qui croit en un Principe Inaccessible, suprêmement Indifférent et Muet, n’est, ainsi, guère éloigné de l’athée, en réalité fort rare, qui nie, pour sa part, toute idée d’Absolu (négation fort absolutiste, cependant ; mais, bref : la polémique est, ici, hors sujet). 

C’est donc dans l’humain, et strictement dans son cadre, envisagé, au mieux, dans celui de l’écosphère, dans l’espérance d’une évolution positive de valeurs et de comportements consensuels, unitifs, mais désacralisés et éclaircis à l’aune des sciences expérimentales, que s’élaborent les plus rationnels discours de la socialité moderne. Y a-t-il antinomie de démarche avec la pensée religieuse musulmane ? Le champ des réponses apparaît, maintenant, infiniment plus vaste que ne le suggèrent les raccourcis, hâtifs, des sectateurs de tous bords. Prenons le temps d’y flâner, en toute vigilance de foi : il y fleurit toutes sortes d’essences, d’irrémédiablement vénéneuses à de plus médicinales ; à bien distinguer, donc, avant cueillette, voire re-cueillement




[1]     Saint Coran – sourate verset 

[2]     louange à Dieu 

[3]     Point de dieu, sinon Dieu 

[4]     Saint Coran sourate verset : « Venant de Dieu, c’est à Lui que nous retournons ». 

[5]     D’autant plus que cette infâme mixture, est aujourd’hui, paradoxe pénétrant,  le vivier privilégié des pires sectes fanatiques… 

[6]     Paul de Tharse – épitre aux Romains, par exemple – chapitre 3 

[7]     rapporté par Abu Hurayra. 

[8]        sourate 2 verset 256 

[9]     cf. Saint Coran, sourate 5 verset 82 

[10]    cf. Saint Coran sourate 2 verset 113 

[11]       à treize chiffres ;  tout comme, identité remarquable, la moindre marchandise à l’étal de l’hypermarché… 

[12]    que l’on brandit, au dessus des fidèles exaltés, à l’heure du triomphe : dérisoire caricature de l’élévation du calice, à l’heure de l’eucharistie. 

[13]      Proverbe oriental, chinois ou hindou, je ne sais plus exactement. 




Cinéma

25062007

 

  

Pierre Yves Vandeweekd à La Tribune : A l’époque d’Ould Taya c’était impossible de faire ce film. Néanmoins, alors qu’Ould Taya était toujours au pouvoir, Fara Ba et ses compagnons ont décidé qu’on allait quand même faire ce film et on a commencé à tourner 

 

 

Le cercle des noyés sera bientôt projeté en Mauritanie. Son réalisateur Pierre-Yves Vandeweekd nous parle des circonstances dans lesquelles ce témoignage sur une partie de l’histoire récente du pays a été immortalisé. 

 

 

 

Votre film traite d’une question restée longtemps taboue en Mauritanie. A savoir le passif humanitaire. Comment se fait-il que vous n’ayez rencontré aucune difficulté majeure durant le processus de réalisation ? 

 

Qui vous dit que je n’ai rencontré aucune difficulté ? C’est un film qui s’est fait sur le temps. Moi j’ai rencontré Fara Ba et ses compagnons qui ont vécu le bagne à Oualata il y a dix ans. Et pendant dix ans j’ai fait bien entendu d’autres films en Mauritanie. On a conservé le contact. On a gardé cette relation pendant près de huit années. Et on s’est vu régulièrement, chez eux, chez lui. il a témoigné. J’ai enregistré sur ce qu’il a vécu dans le bagne d’Oualata. A l’époque d’Ould Taya c’était impossible de faire ce film. Néanmoins, alors qu’Ould Taya était toujours au pouvoir, Fara Ba et ses compagnons ont décidé qu’on allait quand même faire ce film et on a commencé à tourner. J’ai proposé à Fara Bâ d’écrire le texte de la narration parce que c’est son histoire. C’était important puisque c’est à lui seul de décider ce qui allait rester dans le cadre d’un film de son histoire. Il a écrit le texte qui est enregistré de manière clandestine ici à Nouakchott. Le premier tournage a commencé sous l’époque d’Ould Taya et c’était impossible et suicidaire de dire publiquement que l’on faisait ce film-là. On est néanmoins parti vers Oualata et c’est un des rares moments dans l’histoire de ce fort où il n’était pas habité par des militaires ou qu’il n’était pas une prison. Il était simplement gardé par quelques méharistes. On nous a laissés entrer dans le fort et n a filmé. On est resté longtemps. On n’a pas filmé pendant deux heures. Et à partir de là on a continué à filmer d’autres choses par rapport à ce sujet. Puis, il y a eu le coup d’état. Il y a eu l’époque de la transition et durant la transition on a été beaucoup plus ouvert parce qu’il y’avait un vent de liberté qui soufflait. On a pu dire à toute une série de gens qu’on travaillait sur ce film. Personne ne nous a ennuyés. On n’a même pas eu besoin d’avoir quelqu’un qui nous accompagnait du ministère pour finir ce film. Voilà je crois qu’un moment, une fois que Ould Taya est tombé, on a eu beaucoup plus de facilités pour achever ce film. 

 

Etes-vous sûrs que la projection de ce film en Mauritanie ne créera pas de problèmes sociaux? 

 

Tous ceux qui ont vu ce film ont commencé à être nombreux. Je pense qu’ils sont convaincus que c’est davantage un film des réconciliations et de dialogue qu’un film qui attiserait des rancunes, des rancœurs ou une quelconque violence.  Vous savez, moi je crois qu’aujourd’hui de toute façon, les gens ont envie de voir le film.  On n’est plus à l’époque d’Ould Taya. Je crois qu’aujourd’hui les gens ont plus envie de penser et de s’exprimer librement. Ce film existe comme d’autres vont exister. Et comme vous, tout un chacun aura envie de le voir. Pourquoi ? Parce que c’est un film qui porte sur une partie de votre histoire. Cette histoire s’est passée il y a vingt ans. Elle a existé. Vous ne pouvez pas la nier. Aujourd’hui, celui qui a mis le bagne d’Oualata, c’est Ould Taya, il est tombé. Donc cet épisode d’Oualata fait partie de votre histoire. C’est important que tous ceux qui ne connaissent pas cette histoire la connaissent et que ceux qui la connaissaient se disent c’était terrible et plus jamais ! 

Et si Ould Taya est tombé, j’espère que c’est pour entre autres que des choses comme ça n’arrivent plus. 

C’est toute cette question de la relation entre les communautés noires et blanches ou négro africaines et arabo berbères. Les gens ont envie d’aller dans une dynamique de l’ordre, de la rencontre, de la réconciliation….Il n’y a personne qui a envie d’entreprendre des actes de violences. Et je pense que le cinéma ou un film comme celui-là a peut-être cette capacité, ce pouvoir d’amener les gens à discuter, réfléchir ensemble librement, calmement et de manière constructive. 

 

Avez-vous reçu des menaces après avoir tourné ce film sur la Mauritanie ? 

Aucune.   

 

Le cinéma a-t-il un avenir en Mauritanie ? 

 

Incontestablement ! Quand on voit un festival comme celui-ci, c’est quelque chose de nouveau qui se produit depuis la fermeture des salles de cinéma en Mauritanie.  Les gens ne se déplaçaient plus, ne sortaient plus de chez eux pour aller voir des films dans des lieux publics. Ici on se rend compte que tous les soirs ; ce sont plusieurs centaines de gens qui se retrouvent pour regarder des films ; mais pour débattre, pour discuter ; et c’est magnifique et c’est cela aussi le rôle du cinéma, il faut créer du débat sur la place publique. Et ce de manière constructive. 

 

Un dernier mot.   

Je me réjouis qu’ensemble nous voyions ce film et que l’on puisse en discuter tous en connaissance de cause. En ayant vu le film et non plus sur base de rumeurs. 

 

Propos recueillis par Mamadou Sy

Source La Tribune N°355




Coup de plume

25062007

….sur l’Education 

“En 1811 il une guerre contre les insecte vivant les poissons sont morts avec les anes et les moustique et les mordre et les serpents les chervers, des les atrouss mange les papiyer et boit l’eau salé” 

 

Truffé de fautes! Confus! Manque de logique! N’est-ce pas? Ceci est un extrait d’une copie de candidat – ou de candidate – au bac dans une de ses matières de base. Le sujet portait sur la guerre froide. Et notre fameux candidat est parvenu à trouver pareille conclusion. Il fallait le faire !

Un candidat officiel ? Comment a-t-il pu arriver en terminale ? 

Un candidat libre ? Ou peut-être un produit de la “Mahwil Oummiya”, la grande école de lutte contre l’analphabétisme qui, dans ce cas, aurait fait des prouesses herculéennes en un temps record : moins d’un an… Tout le monde sait lire et écrire. Ecrire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment…

Que ferait notre candidat avec le bac AB ?

Le concours d’officier de police, de gendarmerie, de garde ou de l’armée ? Il serait bien parti, si d’aventure il était reçu, pour devenir un chef nullard. Qui ne servira qu’à faire peur aux gens et à fatiguer les innocents.

Le concours pour l’enseignement peut-être ? Alors parents d’élèves, renoncez à envoyer vos enfants dans les classes. Ils y trouveront des extra-terrestres qui leur apprendront, non pas « à lier le bois au bois », mais des choses tellement confuses que vous ne saurez plus où donner de la tête ; surtout que les jeunes sont déjà tellement (dé)connectés qu’il n’y a plus rien à faire pour se comprendre avec eux.

Peut-être notre ami de 1811 souhaite-t-il simplement poursuivre ses études. Et s’il a la chance de réussir- le bac étant souvent plus une question de chance que de niveau-, il va peut-être continuer à recourir aux mêmes histoires pour s’en sortir. Qui sait ?

 

Kissima

kissimousman@yahoo.fr 

La Tribune 265




Corruption: Un ex-ministre mauritanien saisit la Justice australienne

25062007

De source sûre Zeydane Ould Hmeyda a saisi les autorités australiennes pour que les investigations aillent jusqu’au bout et que la vérité éclate en ce qui concerne l’accusation de corruption avec Woodside du temps où il était ministre du pétrole.

Ses avocats ont effectivement déposé cette requête compte tenu du fait que l’affaire a été étouffée en Mauritanie par l’amnistie.

A suivre

Source : La Tribune




Rosso vote pour le changement

25062007

Rosso : Vénise sans les gondoles 

Vingt-neuf millimètres et la ville se noie. Au quartier Escale, le cœur de Rosso, l’avenue Cadi Boubacar Sy qui passe devant le domicile du premier responsable de la commune s’est transformé en un long fleuve rendant la circulation difficile; il faut raser les murs et jouer à l’acrobate sur des briques et autres pierres mal posées. Vers le débarcadère, devant l’hôpital ce n’est pas mieux. Sattara et Demal Deuk on n’en parle pas. Même la lointaine NDiourbel a son lot notamment aux abords de Tivisky. Et le pire est à venir. Car quand les voitures passent et repassent dans cette boue, les odeurs suffocantes commencent à se dégager en attendant que se manifestent les maladies liées à la pourriture ambiante.

Le phénomène est récurrent.  Chaque année les populations vivent la même situation.  Si sous nos cieux l’hivernage est le plus souvent attendu avec impatience par les populations, à Rosso c’est l’angoisse dès le mois de juin. Ailleurs des gens implorent le ciel pour qu’il pleuve, ici ce qu’on souhaite c’est qu’il ne pleuve pas.

Tout récemment c’est ‘Nioks’, qu’on a entendu faire cette réflexion: ‘on attend de voir ce que les autorités vont faire avec la saison des pluies qui arrive’. Dans un moment de lucidité, lui qui n’est même pas électeur parce que ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales, il exprimait le sentiment d’attente de tous les rossossois et tout ce qu’ils attendent de leur maire.

Mais la pluie est venue avec force et sans crier gare : 67 mm en 48 heures et l’exode a commencé. Les populations de Sattara vont retrouver leur coin tranquille au pk 7 tandis que les pauvres de Demal Deuk se complaisent dans la boue et la saleté. On ressort les bottes sans lesquelles aucun déplacement n’est possible dans une ville qui ressemble à s’y méprendre à Venise sans les gondoles.

Municipales de Rosso : Pourtant le fleuve coule encore 

Les populations de Rosso qui dans leur grande majorité n’ont jamais cessé de manifester leur désir de se débarrasser de SMD (on peut lire « Spécialiste des Mots Déplacés ») ont voté le 19 novembre 2006 pour une nouvelle équipe à la mairie. La joie était immense bien avant l’annonce des résultats définitifs. Ali Ngoné est tombé c’est ce que l’on entendait un peut partout dans la ville. Le maire sortant qui est en place depuis 1986 s’est retrouvé avec 5 conseillers sur 21. C’est dire qu’en principe (sauf surprise) il a perdu son fauteuil. Ironie du sort dans le bureau de la mairie, dans celui des TP en face comme dans celui de
la Sonader où il a voté , il a été battu à plate couture. Dans ce dernier bureau les résultats sont clairs : aux municipales le PRDR obtient 102 contre 179 pour le RFD et aux législatives 90 contre 190 au RFD. Les rossossois que le maire sortant aurait qualifiés de « poules auxquelles il suffit de donner des graines pour qu’elles viennent picorer » ont accordé leur confiance au docteur Yérim Fassa dont le parti rafle 8 conseillers. Alliance Populaire Progressiste et Démocrates Indépendants de Rosso obtiennent respectivement 4 et 3 conseillers tandis que l’UFP occupe le dernier poste. Sauf un tsunami politique de dernière minute, Fassa Yérim sera le prochain maire. Et si d’aventure il ne réalisait aucune de ses promesses, s’il laissait la ville dans son déclin avancé, les  populations de Rosso ne lui en voudraient pas : la ville sera restée la ville la plus sale du monde mais une ville débarrassée d’un maire qui n’aura pas laissé grand-chose après deux longues décennies. Rien que cela c’est déjà un bilan positif….

Pour l’heure les rossossois constatent que le fleuve n’est pas tari malgré la boutade désormais célèbre de qui on connaît : ‘Tant que le fleuve coulera, je serai le maire de cette commune’.

Chronique d’une chute annoncée 

Au lendemain du 3 août lors de la marche de soutien ou d’allégeance organisée à Rosso, le maire (qui quelques semaines auparavant affirmait son attachement indéfectible au président Taya lors d’une manifestation après l’attaque de Lemghaïty) prenait la parole pour prononcer un discours qu’il n’aura pas le temps d’achever. Le peuple souverain l’avait copieusement hué et perdant sans doute le contrôle il n’hésita pas à qualifier ceux qui le huaient de sénégalais…

Plus tard et à plusieurs occasions le même spectacle se répétait : chaque fois que le maire prenait la parole c’était sous les chahut d’une jeunesse qui en avait ras le bol et qui manifestait son désir de changement.

Le clou de ces manifestations c’était lors de la visite du chef de l’état à Rosso. Ce jour là, son allocution de douze minutes a été couverte par les ‘Zéro’ scandés sans cesse par des centaines de jeunes. Voila ce qu’il dira à leur intention en s’adressant au chef de l’Etat : « …. l’occasion de vous dire de vive voix…. ce que tout le monde ici veut vous dire,  pas comme  ces jeunes venus du Sénégal et qui sont là entrain de crier et qui sont payés pour l’opération » ou encore « C’est pour exprimer ce que je viens de dire que, faisant fi des grandes distances et de la chaleur des milliers de gens, exception faite de ces voyous sont ici… »

La rupture entre les jeunes et le maire était définitive. Dans ces conditions certains l’ont dit la seule chose qui pouvait faire monter la côte de popularité du maire c’était d’annoncer sa démission ou de renoncer à se représenter. Mais au contraire le bruit s’est répandu en ville que le maire a prétendu que tant que le fleuve ne serait pas tari, il restera toujours le maire de la commune. La dessus il y a eu beaucoup d’interprétations ; il faisait allusion peut être au ‘fleuve’ qui passe devant son domicile pendant l’hivernage.

Toujours est il que le 19 novembre 2006, le glas a sonné et une page qui pour avoir été longue n’en fut pas pour autant  glorieuse a été tournée avec la chute de l’un des derniers vestiges de l’ère Taya…




Six mois de profil bas pour une réaction qui vole très bas

25062007

P ar Djigo  Aboubakry

 

  

« Hé ! Dieu se j’eusse estudié 

Ou temps de ma jeunesse folle 

Et a bonnes meurs dedié, 

J’eusse maison et couche molle. 

Mais quoi ? je fuyoie l’escolle, 

Comme fait le mauvais enfant….. » 

F. Villon, Le Testament

 

En page 2 de
La Tribune (N° 294 du 09/03/06), un professeur de français publie un article qui se veut un ‘droit de réponse’. L’auteur très peu au fait des règles a dû oublier de faire passer son ‘droit de réponse’ dans le journal même où est paru l’article auquel il réagit. C’est l’usage.
La Tribune n’ayant pas publié l’article en question, je me dois pour bien camper le débat, à défaut de le reproduire en entier d’en reprendre quelques extraits.

Dans mon article paru il y a six mois dans Echanges (N° 39 du 30 août 2005 ; page 6). j’ai écrit entre autres : « Le professeur n’est plus cet intellectuel qui dispense le savoir non seulement à ses élèves pour qui il représente un modèle, mais aussi à son entourage qui le consulte sur de nombreuses questions ; il n’est plus ce repère fondamental de la société, qui prend du recul par rapport aux problèmes sociaux du moment qu’il analyse avec pertinence». Et j’ai ajouté plus loin : « Ce qui n’est pas tolérable, c’est que le professeur devienne un individu lambda qui se confond avec la masse, et qui raisonne comme celle-ci. Ce nivellement par le bas est dangereux quand il touche ceux qui devaient constituer l’élite »….. C’est cela l’idée développée dans l’article en question. Ceci dit, je constate qu’aussi  paradoxal que cela puisse paraître, l’écriture n’est pas le violon d’Ingres de l’illustre professeur de français, généalogiste à ses heures perdues. Sinon il n’aurait pas attendu six mois avant de réagir. La lecture non plus n’est pas son fort. Sinon il ne se serait pas trompé sur l’objet de l’article auquel il répond.

Je voudrais qu’il comprenne que dans Echanges, il était moins question de dresser un ‘tableau sombre du système éducatif national’ que de fustiger l’attitude de professeurs qui dévalorisent leur métier. Il y a une nuance que tout bon professeur – de français – de surcroît devait être en mesure d’appréhender.

Si, par ailleurs le directeur de publication de Echanges a publié l’article une deuxième fois, cela n’engage que lui mais notre brillant professeur généalogiste, sans doute très occupé par son agenda mondain très chargé, est peu au fait des pratiques du journalisme. Il devait se demander pourquoi le directeur de publication a publié une deuxième fois l’article. Dans tous les cas, je constate que l’article ‘mal inspiré’ du ‘journaliste médiocre’ que je suis (selon les termes du brillant professeur) a (et de quelle manière !) fait mouche. Et qui se sent morveux….

Notre éminent professeur n’a « jamais subi de reproche dans l’exercice de (son) métier de professeur »… Rien d’étonnant de la part de quelqu’un qui reconnaît (je le cite) que ‘le panégyrique n’est qu’une facette permettant de consolider les liens familiaux et sociaux’. Je n’ose pas croire qu’il ignore le sens du mot panégyrique. Pour ce qui me concerne, je ne suis pas un adepte des louanges excessives, des compromis et/ou des compromissions. J’ose élever la voix et protester quand il le faut au lieu de courber l’échine devant qui que ce soit. Cela m’a valu bien des mutations arbitraires que j’assume la tête haute. Et je peux toujours mettre mes rapports d’inspection à la disposition du professeur irréprochable…

Je voudrais aussi dire au professeur irréprochable que c’est à dessein que j’ai parlé de troubadours. C’était un euphémisme (parole favorable en grec). L’univers des troubadours, des trouvères, des bardes et bateliers, des ménestrels et autres jongleurs ne m’est pas inconnu et le lyrisme chevaleresque ou bourgeois, les libelles, les fabliaux et autres pamphlets restent encore pour moi une nourriture spirituelle, un vade mecum.

 Je demanderai seulement au généalogiste et professeur de français de consulter plus souvent son dictionnaire – s’il en a un – pour s’imprégner du sens de termes comme acception ou néologisme même si par ailleurs, il ne les utilisera que rarement dans ses minables prestations  mondaines….

Pour en revenir à son ‘droit de réponse’ le seul argument qu’il donne est le suivant : « nulle loi n’interdit à un fonctionnaire de s’adonner à une activité parallèle tant que celle-ci n’affecte pas son devoir de fonctionnaire ». Non seulement (non solum) il devrait se procurer le statut général de la fonction publique mais encore (sed etiam) il doit s’efforcer de comprendre que c’est moins un problème de métier parallèle que d’activités incompatibles. Ma conviction est et demeure qu’il ne sied pas à un professeur en exercice de flatter le public pour de l’argent. N’est-ce pas Hampâté Bâ que notre brillant professeur connaît et cite qui rappelle qu’entre la main qui donne et celle qui reçoit, il y en a une qui reste toujours en bas ?

Pour le reste, j’avoue que c’est peut-être trop demander à un laudateur professionnel de prendre de l’altitude et d’être raffiné. Bon sang ne saurait mentir, je ne réponds pas aux insultes. Ma personne au demeurant n’est pas importante. Car pour moi il s’agit, non pas d’une querelle de personnes mais d’une querelle de principes.

Le généalogiste qui dit « faire de l’histoire » et qui prétend me connaître doit savoir que si je devais avoir un sentiment  quelconque à son égard, ce serait au mieux de la compassion, au pire du mépris souverain, au propre comme au figuré. Parce qu’il sait que je ne souffre d’aucun complexe et d’aucune frustration relative au sens sociologique du terme. Je suis de ceux qui pensent que la condition sociale est plus un état d’esprit qu’un héritage  et je partage également l’opinion de Hugo pour qui la vraie division du monde s’effectue entre les ténébreux et les lumineux. Mais si par une sorte d’atavisme les roturiers se complaisent à rester rustres, ce n’est pas de la faute de
la République qui a ouvert ses écoles à tous ses fils.

Sall Tabane 

PS : Cette signature est plus qu’un pseudonyme ; c’est un surnom officiel qui figure dans mes papiers. C’est bon à savoir pour un généalogiste…        

 

 

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25062007

Dans une interview publiée par le quotidien « Horizons » du Lundi 11 Juin 2007, Mr Bouamatou, ancien Président de la Confédération Nationale du Patronat Mauritanien, interpelle le gouvernement sur les points chauds de l’heure. 

Cette interview m’interpelle à 3 niveaux : 

1-    Mr Bouamatou qui se félicite de la nomination « d’un haut cadre du secteur privé » au sein de l’équipe gouvernementale, qu’il considère comme un « symbole » – semble ignorer que l’équipe gouvernementale comporte d’autre « hauts cadres » du secteur privé ; à commencer par son chef, Mr Zeïn Ould Zeïdane, qui a entamé sa carrière en tant que cadre à la GBM … sans parler des cadres en charge des portefeuilles de l’Economie ainsi que de l’Agriculture. 

2-    Mr Bouamatou appelle le gouvernement à profiter de la « situation exceptionnelle du Trésor pour alléger … « la pression fiscale des entreprises et de leurs employés. Venant d’un homme d’affaires et qui était le Patron des Patrons, cette préoccupation est parfaitement normale. Mais là où je ne suis plus d’accord, c’est quand Mr Bouamatou pense qu’ainsi le pays « pourra bénéficier de cette situation exceptionnelle » au moment où nos populations connaissent une situation tout aussi exceptionnelle de misère ! Compte tenu du peu de poids des entreprises et des salariés dans une économie largement dominée par le secteur informel, il me semble que le levier fiscal demeure largement marginal et que si réduction il devait y avoir, il devrait s’agir de celle plus directement sensible de la pauvreté. Mais les instruments d’une telle réduction ne font pas forcément bon ménage avec la vision ultra libérale qui semble inspirer Mr Bouamatou et que le bilan philanthropique évoqué ne réussit pas à faire oublier (et pour cause ! comment comparer les bienfaits de la Fondation face aux dégâts des cigarettes de BSA ?). 

3-    A lire l’interview de Mr Bouamatou, on ne peut s’empêcher de se demander où était Mr Bouamatou durant la dernière décennie « pendant que ceux qui ont durablement profité des avantages et des passe-droits de l’ancien système mettaient en œuvre ces « pratiques d’un passé » dont il semble craindre si fort le retour …? (un passé somme assez présent, malgré la sophistication de ses liftings et remake.) 

 

Et en attendant, pourquoi Mr Bouamatou, si sensible au problème, ô combien douloureux, de l’eau dans les quartiers les plus pauvres, ne partage-t-il pas avec eux cette eau qui alimente si bien son moulin … politique ? 

 

Maïmouna Mint SALECK 

Citoyenne Lambda 




Education

25062007

Education 

Par Yacoub Ould  Abdellahy/ Zouerate 

 

Le CHAT est absent, les souris dansent 

Madame, la ministre de l’ Education Nationale, comme vous le savez, monsieur LE CHAT 

 (L’Etat, Notion du Droit) a désespérément quitté
la FORET (Mauritanie) depuis quelques temps. Les autorités l’ont  officiellement  invité,  à plusieurs reprises et pour plusieurs circonstances, pour un séjour même temporaire dans le pays. Mais, apparemment, désespéré, il n’a pas d’envie d’ y foutre pattes tant que l’image des souris (la population) dans la foret n’a pas complètement changée  et pour toujours. Autrement, tant qu’elles n’ ont pas juré en majorité absolue non seulement qu’elles veilleront à le respecter, accepter de lui faire et sans arrière- pensées les sacrifices nécessaires mais aussi le défendre contre toute éventuelle attaque, qu’elle soit de l’extérieur ou de l’intérieur. Ah, ce retour semble être extrêmement difficile. Mais, il faut que les  moyens soient mis en oeuvre pour qu’il  se réalise impérativement. C’est la seule application du droit, par nous tous sans exception, de la base au sommet, du plus petit au plus grand, d’assurera de façon réelle le développement durable du Pays.   

Dans votre ministère, comme partout dans tous les autres sans exception, il y’ a, à mon avis, deux sortes de souris (êtres humains) : Les Chefs : les souris, pseudonymes des chats. Elles sont opportunistes, antagonistes, heureuse, choyées, lisses et grasses. Les  subordonnés : les souris  suivistes, pessimistes,  porteuses de  tous les malheurs de
la Planète. Les premières  n’ont jamais  cessé à travers l’histoire de gaspiller les ressources de
la FORET alors que les dernières les applaudissent et dansent constamment, aveuglément et infatigablement.  En fait, le droit qui régit tout le monde n’existait pas. L’ETAT n’avait pas mis l’accent sur la nécessite de poursuivre le déroulement des événements. Ainsi, les subordonnés mettent profit à leur liberté. 

            Madame, Madame,
la Ministre ce qui fait défaut au Pays c’est la volonté politique proprement dite. Nous devons tous déployer des efforts pour que des grands progrès  se concrétisent en matière d’éducation, pour que cet imbroglio change de façon définitive et appréciable. On applaudit tous ensemble, on chante tous et on danse tous ensemble à la  même cadence. Celle situation,  seule  garantira à toutes les souris une éternelle cohabitation dans un état ou les ressources seront partagées avec équité, entre les différentes souris vivantes dans la foret. Et, éventuellement, chaque souris ne sera préoccupée que de la préservation de cet d’ ores et déjà acquis, de la façon de l’enraciner et de l’ancrer davantage pour servir  nos  futures générations.                               

En Mauritanie, tout le monde sait comment poser les problèmes mais ignore leur solution. Tout le monde ne semble être préoccupé que par l’activation des procédures et la mise en œuvre d’une politique réelle, pouvant améliorer la qualité de notre enseignement. A cette fin, tout le monde a inventé des soit disant reformes et organigrammes de ces dernières années. Mais, les résultats n’étaient 

pas satisfaisants ; parce que le diagnostic a été mal fait. Les reformes n’ont pas été profondément étudiées pour être axées sur les causes réelles et les propositions adéquates qu’il faut recommander. Tantôt, on dit que certaines souris,  sont incompétentes, fuyardes et reçoivent de maigres salaires, ne leur permettant pas de s’adonner complètement à l’action éducative proprement dite. Tantôt,  les grandes souris (les parents d’élèves) ne font rien de particulier pour suivre Les petites souris (leurs enfants), souvent résidente par imagination en Australie ou En Amérique. Tantôt,  la grande  famille de souris (les directeurs régionaux, les inspecteurs, professeurs, les chefs services…)  est hors du jeu pour des raisons différentes, plus préoccupée par les affaires obscures que par l’action  pédagogique. L’un ou l’autre, vous avez tout à fait raison. Mais, il faut aller au de là. Il faut justement dire que l’échec est entièrement  la responsabilité du CHAT (l’Etat), presque toujours inexistant aux yeux des souris, le regard n’a pas été  constamment fixé sur les activités des souris. En d’autres termes, C’est cette absence notoire qui a rendu le chemin restant à parcourir plus long et plus décisif, ce qui laisse entendre qu’aucune étape importante n’a été franchies en matière d’innovation pédagogique. 

Je me rappelle, Il y’a quelques années, les partenaires sociaux (parent d’élèves…)  étaient  plus ou moins satisfaits du rendement de l’enseignant. Les problèmes n’étaient pas à l’ordre du jour. Les enseignants ont toujours voué un amour exceptionnel à leurs métiers très  ingrats bien que Les salaires étaient  presque insignifiants par rapport à nos jours. Et pourtant les enseignants étaient plus motivés, très respectés, très sollicités  et même plus disponibles à se sacrifier quand il s’agit d’une question d’intérêt général. Cependant, ils ont toujours enseigné, même dans les régions les plus reculées du pays ou des conditions climatiques sont parfois très  hostiles, sans qu’il ait un retard remarquable pouvant bloquer ou handicaper le fonctionnement des établissements. Les enseignants désespérés ont toujours  manifesté leur désarroi mais n’empêche qu’ils étaient habitués à fréquenter régulièrement leurs lieux de travail respectifs et font convenablement les taches qui sont leur dévolues,  non pas par peur de sanction mais par patriotisme pour dire par devoir. Il convient de signaler que l’enseignement n’était du tout apprécié.  Mais, concrètement l’idée de  justice était en quelque sorte un peu présente presque partout. Ainsi, les établissements  étaient très bien hiérarchisés et structurés ; leurs prestations n’ont jamais été décriées à tel point. Dans telle situation, nous avons vu ici à Zouerate des établissements fonctionner quelques temps, sans  ces nouveaux directeurs cuisinés à la façon  de la transition ou celle des vaches maigres. En réalité, il y’ a beaucoup à reprocher à  cette catégorie de  directeur. Mais. Je pense que le redressement des directions régionales aura sans doute un impact appréciable sur les autres établissements relevant de leur compétence. Telle situation n’a pas pu être maintenue si longtemps. Les chats, responsables, eux-mêmes, l’ont voulu exprès. L’histoire nous en enseigne qu’ils ont souvent pris à leur gré des décisions injustifiées voire regrettables, à ne jamais oublier ou pardonner, malgré leurs effets néfastes sur l’éducation de nos enfants. A titre d’exemple, la création des DREN  a été salutaire au début mais vite critiquée. Leur création aussi bien que le choix de la majorité de leurs directeurs n’ ont pas été fait, par souci de faire du bien- être des  futures générations mais plaire à une souris de la tribu…ou une autre amie du chat (le Patron)  lui a demandé, pendant une veillée au clair de lune sous les belles étoiles d’une nuit d’hivernage, de lui promettre tel monsieur en service stérile ou en abandon de poste depuis sa sortie de l’école au titre d’un directeur, sans prendre en compte aucun critère d’orthodoxie. Ainsi, cette nouvelle institution, non souhaitée, peut être dans son état actuel, a complètement bouleversé la règle du jeu,  c’est-à-dire 

L’ordre déjà préétabli. 

Telle situation est le justificatif que les directions régionales n’ont pas pu être pour l’Education nationales mais  pour l’Education NULLE (DREN). Mais, si quelqu’un des mes camarades directeurs régionaux, auxquels j’ai beaucoup de respect, fait exception à la règle, n’empêche pas qu’il nous avertisse, des à présent. Nous nous excuserons auprès de lui par écrit, tout en publiant cette grande surprise. De là, on peut lui porter bonheur. Il pourrait être élu président des DREN ou même nommé ministre de l’ Education Nationale en 2030. 

Je ne suis pas très pessimiste quand  à la crise que traverse le système éducatif Mauritanien ; une fois les mentalités changent. Nous reconnaissons que les programmes initiés dans le cadre du PNDSE, relatifs à la décentralisation et la mise en place des comités de gestion dans les établissements de l’enseignement en général ; et pour lesquels les DREN ont été crées, sont d’ une extrême excellence. Et pourtant, leur application s’est avérée complètement impossible au fil des temps, même légèrement. Comme vous le savez, quand le chat est absent, les souris même les gamines chantent et dansent sans complexe.  Le suivi et le contrôle n’ont jamais foutu pattes dans  les directions régionales, malgré toutes les dispositions prises à cet effet. Ainsi, Ces  directions régionales, comme toutes les autres institutions de  l’Etat, ont apporté plus d’anarchie et du désordre que d’organisation, du fait de l’insouciance déplorable des responsables. Rares sont les souris qui croient encore au CHAT (L’ETAT) et qui s’acquittent de leur mission et font convenablement leurs boulots. Elles ont plus contribué au dysfonctionnement de l’administration qu’à l’éducation des enfants. 

Mais, on se demande justement comment et pourquoi ? La marche de ces DREN, comme toutes les autres institutions de  l’Etat s’avère exécrable. Les chats (les responsables) de ce Ministère ne se sont pas réellement imposés pour se rassurer de l’exécution des décisions, souvent vite oubliées. En d’autres termes, les  reformes et les programmes ont été totalement négligés. Partout, chacun est maître de soi même en faisant ce qui lui semble bon. Le principe de la sanction et de la récompense a été complètement négligé. Autrement, Tout le monde travaille sans l’élaboration d’  un plan d’action à priori, réalisable dans un délai bien déterminé de l’année scolaire. On ne commence l’année que pour finir l’année pour tuer le temps et faire des économies forcées, pas autre chose. 

Généralement, Les locaux des directions régionales sont plus souvent désertés sauf, de quelques rescapés, à moins que la viande trimestrielle (budget) arrive ou les exigences familiales poussent tout un chacun d’y être présent, même s’il fallait louer un avion, sinon il risque de ne pas avoir la part du lion. Cette viande a posé plus de problèmes qu’elle en a résolu.  Dans la plupart des cas, elle ne fait que couper l’appétit de certaines activités utiles en matière d’enseignement : l’harmonisation des compositions, le suivi de l’encadrement, la mise en forme de reformes, 

L’identification des besoins en formation,  et les programmes socio- éducatifs ne peuvent être  exécutés de crainte qu’ils diminuent les parts. Nous souhaitons qu’un bataillon de béret rouge soit détaché dans chaque DREN à la fin de chaque trimestre, si vous n’envisagez de congeler  cette viande. Particulièrement, le second trimestre ou la bouffe contient beaucoup de viande hachée. Le cas échéant, il y aura le pire un jour. 

Ce qui est regrettable c’est que les DREN, en principe des souverains  « out of date » en majorité,  ne relaient en rien l’ensemble des structures centrales du département.  Ils ne sont pas sous l’autorité du Secrétaire Général mais de leurs caprices et désirs. En tel état, ils ne peuvent, en aucun cas, produire dans le sens d’apporter une amélioration progressive de l’action pédagogique. Car, ils ignorent en majorité les rôles qui  leurs sont dévolus par le Ministère, par rapport à leurs subordonnés. Ici, dans les DREN  sont rares  les personnes qui  produisent pour justifier leurs existences aussi bien que les salaire qu’ils touchent à la fin du mois.  Les organigrammes sont flous. Ils n’ont pas été suffisamment expliqués à travers des séminaires ou autres pour qu’ils soient bien assimilés par les DREN, qui le plus souvent les interprètent mal pour se protéger davantage. En tout état de cause,  le directeur, les inspecteurs, les chefs services, les secrétaires, les plantons, les gardiens n’arrivent pas à s’en sortir ; aucun ne connaît les taches qui lui  sont spécifiées dans l’organigramme. Ainsi, le personnel devient des faix au lieu d’être un élément actif dans l’action éducative. Le manque de la volonté de la part du chat, la confusion des taches aussi bien que le manque de moyens ont rendu impossible la participation des chefs de services dans la modernisation de l’Enseignement. 

A cela il faut ajouter que le secrétariat est totalement handicapé faute de moyens matériels susceptibles de pouvoir assurer une large  diffusion de l’information afin qu’elle circule, à la satisfaction des services concernés. Les mémos, les notes de services et les circulaires provenant du Ministère sont le plus souvent oubliés sur la table du  caissier. Ou camouflés au fond de la poche derrière du chat, pour être lingé un jour sans servir à rien. Les bons paiements sont autre chose. Ils sont du domaine de l’intouchable sauf pour le grand chat ou la grande souris de la maison. Les  documents ne  sont pas archivés comme prévu, pour être consultés en cas de besoin : rare de trouver maintenant certains des mémos utiles ou les listes des admis au Bac, au concours, au brevet ou autres informations des années précédentes, même les plus récentes. Les courriers,  venant ou partant, arrivent  en retard dans la plupart des cas,  faute de moyens ou  d’insouciance.    

Est- il important de souligner que Les établissements, devenus des champs de famille, ne fonctionnent que sous forme de lobbys. Les affectations internes ou externes sont arbitraires et ne s’effectuent généralement que sur les influences tribales, politiques ou autres. Le corps enseignants n’est  suivi en aucune manière concrète. Les paresseux  sont le plus souvent favorisés par rapport aux assidus, pour des raisons subjectives. Les classes sont le plus souvent remplies d’effectif pléthorique, de quoi je ne sais pas, multigrades presque partout ailleurs. Et ne contiennent presque pas de tables sinon très fragiles ne répondant à aucun poids. Les petites souris sont généralement gardées par des messieurs très nécessiteux et complètement dépassés communément appelés enseignants, qui agissent dans les normes des choses indépendamment de leur hiérarchie. La couverture scolaire du Fondamental et du secondaire a été nulle. Ce qui engendre des multiples abandons, redoublements et exclusion des élèves avant ou en fin de leurs études.  Telle insouciance et telle injustice ont donné lieu à la démotivation et au découragement des enseignants. Ce qui a éloigné l’idée de toute innovation, la créativité, et l’émulation mais plutôt toute les formes  de paresse.      

Pire encore, Les inspections départementaux, comme les DREN, sont stériles. Des progrès significatifs n’ont pas pu être atteint car le plus souvent l’encadrement pédagogique de proximité n’est pas réellement inscrit dans l’ordre du jour. Ce qui laisse entendre qu’il n’y  a pas de fiches de suivi et des rapports d’inspection dûment complétés et archivés dans les services concernés Certains  inspecteurs, comme certains enseignants, ne sont jamais venus ou ne viennent  pas à leur poste de travail que pour des occasions spéciales. Et n’ont jamais été ni sanctionnés ni suspendus. Ainsi, le travail  accomplit est le plus souvent sujet à plusieurs critiques. 

Madame,
la Ministre, Ces institutions ont échoué parce que les décisions n’ont pas  été l’objet d’intérêt du CHAT (celui qui décide). A cet égard, Je dis que les problèmes ne sont ni exhaustifs ni définitifs. Mais, Seule une politique de surveillance absolue poussera les souris à appliquer vos décisions afin de garantir un enseignement modèle, comme étaient nos élections passées, a travers le monde. Je sais qu’on a beaucoup gueulé et que vous étés débordée de travail. Mais, n’empêche que vous  les concernés, faites une descente improvisée dans toutes les directions régionales de l’éducation nulle(DREN), avant que les hommes quittent les lieux de la merde. Ainsi qu’on soit démenti si nous racontons des choses fausses : « A beau mentir qui vient de loin. » Au revoir et prochainement, nous proposerons si tout va bien quelques solutions, en plus de l’application du Programmes du PNDSE. 




Chômage en Mauritanie

25062007

Chômage : La précarité de l’emploi des jeunes – Par Mohamed Fouad BarradaEn cette phase de transition ou d’exception, les choses sérieuses devront être débattues. Certes, les élus du peuple sont connus (parlementaires et bientôt sénateurs), mais le projet social fait-il l’unanimité ? Car nonobstant l’arabité, le nationalisme, la francophonie, il y a une fragilité nette. C’est celle de la précarité de l’emploi des jeunes en Mauritanie.

Les diagnostics montrent clairement la dégradation de la situation des jeunes.
Entre 2000 et 2004, le taux de chômage est passé de 28,9 %, pour atteindre 31,2%.
Ce ne sont que les chiffres officiels !
Selon un rapport provisoire, «les examens de la structures de la population au chômage montrent que c’est la population jeune qui subit ce phénomène». Cette situation s’explique en partie par un manque de cadre légal permettant l’emploi des jeunes au sein des entreprises étrangères et locales. En outre, nous déduisons facilement du standard des avis de recrutement, les critères suivants : être titulaire d’un diplôme universitaire, d’une expérience de cinq à dix ans dans un domaine similaire au poste à pourvoir, la connaissance de l’anglais étant un plus.

Les diplômes perdent dans ce cas de plus en plus de leur valeur. Il deviennent désormais conditionnés par une expérience ou une intervention éventuelle d’un réseau de connaissances. Quelle est alors la solution ?Pour intégrer les jeunes dans la vie socioprofessionnelle, l’Etat a créé une agence spécifique pour l’insertion de la jeunesse dans la vie active. «L’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANAPEJ) a exécuté des programmes d’assistance au placement, et à l’auto emploi qui ont promis la formation de plus de 830 jeunes, le placement de plus de 400 d’entre eux, la création de 200 PME, et la mise en place d’une ligne de crédits au profit de ces dernières».Les observateurs sont septiques quant à la réussite de cette initiative. Au lieu de légaliser l’intégration des jeunes dans la vie active, les autorités ont choisi la voie du micro crédit afin de lutter contre ce fléau. Ces prêts s’avèrent le plus souvent insignifiants.

Les financements nationaux ou étrangers dépendent des critères subjectifs délimitant le degré de confiance, et les limites du montant du crédit. L’entrepreneur local n’a pas toujours la possibilité de fournir les garanties demandées (hypothèque, garanties financières). Ainsi, nos jeunes diplômés ou non, ne disposent que rarement de la surface financière propre, voire familiale nécessaire à la création des entreprises.

En ce sens, «la question du financement de la création de l’entreprise prend de nos jours de l’ampleur et de la rigueur, et constitue un handicap sérieux à la nation. Ces problèmes résident principalement d’une part dans la difficulté d’apport en fonds propres, et d’autre part dans la rigidité du système qui a tendance à être plus strict dans l’octroi de crédits insuffisants (…) pour créer son entreprise. Le jeune souhaitant créer son entreprise est ainsi tenu d’apporter des fonds propres d’un minimum de 30% du programme d’investissement. Le fonctionnement même de l’économie du marché implique l’existence de fonds propres», laisse entendre Mohamedou Ould M’baba, professeur à l’ENA de Nouakchott.Des formations en inadéquation avec le marché de l’emploiToutefois, la question de la formation et des compétences suscite certaines préoccupations : le marché du travail en

Mauritanie a principalement besoin de techniciens dans l’état actuel des choses. Or, l’université de Nouakchott, propose principalement des formations théoriques sans grand rapport avec l’offre du marché.L’université de Nouakchott semble donc négliger les réformes nécessaires pour la formation de cadres immédiatement disponibles sur le marché de la vie active. D’où mes statistiques actuelles du chômage qui indexent surtout une grande partie de nos universitaires. Cette situation déclenche des doutes sur la validité pragmatique de notre système universitaire. L’ouverture de l’université sur le domaine de l’emploi, notamment en proposant des formations actualisées sur les domaines techniques (on manque cruellement d’électriciens, de plombiers, de médecins par exemple) semble essentielle pour la création d’emplois futurs.«

Pour avoir un poste de travail, il faut solliciter l’appui d’un cousin bien placé. Personnellement, j’étais obligé de travailler et d’étudier. Malheureusement, les lauréats de l’université sont frappés par le chômage, car les deux tiers des universitaires ont une formation en arabe : pour être embauché dans les entreprises locales et étrangères, il faut maîtriser le français, voire l’anglais de plus en plus», explique un jeune récemment recruté dans un organisme public mauritanien.«Restructurer le domaine de l’enseignementPour l’un des anciens directeurs et propriétaire des écoles privés de l’enseignement technique et commercial, «

le pays a sacrifié toute une génération en généralisant à outrance le système arabisé, adopté il y a plus de 20ans. Il devient donc indispensable de restructurer l’université en formant tout le monde en français, et en systématisant l’apprentissage de l’anglais, première langue internationale».Le témoignage d’un diplômé chômeur est plus alarmant : il travaillait à l’extérieur (dans un pays du Maghreb), et lorsqu’il est revenu au pays pour être plus près de sa famille, il n’a pas pu décrocher un emploi malgré son expérience dans le domaine de la comptabilité. D’autant plus, qu’il est sorti d’une école internationalement renommée.Soulignons le cas d’un autre économètre mauritanien résidant en

France : il est revenu après obtention de son diplôme, mais exploité par une entreprise qui le sous rémunérait occasionnellement, il décidera finalement de retourner en France après 6 mois de galères financières. L’université tenait jusqu’à récemment quasiment le monopole de l’enseignement supérieur, mais elle perd de plus en plus de ses forces vives étudiantes, qui se réorientent de plus en plus vers d’autres domaines de formations. En effet, de nouvelles écoles et universités privées fleurissent à Nouakchott. Les avis ne sont pas unanimes sur leurs performances, mais pour les jeunes qui n’ont pas pu avoir leur bac, la voie de l’enseignement technique semble être déterminante dans leurs choix, d’autant que ces formations techniques sont recherchées dans le domaine de l’emploi actuellement.m_barrada@yahoo.fr

Note: Info source : La Tribune N° 328 (Mauritanie)




Micro crédits : Un moyen de promotion de l’emploi

25062007

Micro crédits : Un moyen de promotion de l’emploi

Micro crédits : Un moyen de promotion de l’emploi  dans Economie anapejDepuis plusieurs années, des politique de micro crédits sont appliquées en Mauritanie sans pour autant porter leurs fruits (45% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ; soit avec moins de 1 dollars par jour). À partir de prêts dérisoires les mauritaniens peuvent-il créer des richesses?

Bien que la pauvreté touche une grande partie de la population, nos citoyens semblent être différents des autres pays quant à la création des richesses. Cela s’explique en partie par des phénomènes typiquement culturels. L’agence d’emploi et de promotion des jeunes (ANAPEJ) peut-elle remédier à ces insuffisances ?

D’après la directrice adjointe de l’ANAPEJ, Aïcha Vall Vergès «les micro crédits permettront dans une certaine mesure de lutter contre la pauvreté. Bien que ces crédits représentent des sommes de 900 milles ouguiyas, ils peuvent néanmoins aider les jeunes à lancer des projet créatifs. L’agence favorise par ailleurs, l’initiative des projets collectifs : nous avons déjà financé une entreprise de carrosserie pour 20 millions d’ouguiyas. Ceci a pu créer 20 postes d’emploi dont 11 proposés par l’agence. Il y a encore un autre projet agricole qui peut contribuer à la création de certains emplois.

Certes les projets collectifs sont constructifs, mais il est indispensable que le projet lui-même soit initié par les intéressés. Cela étant, nous avons 34 000 inscrits au niveau de l’agence, mais la plupart d’entre eux ne savent pas que ce qu’ils cherchent. Parfois ils nous demandent de décider à leur place. Car nous proposons des formations, des micros crédits et des emplois. Certains jeunes veulent profiter à la fois de tout cela.

Concernant les micros crédits, nous avons pu lancer 800 projets, mais ceux qui ont pu être concrétisés sous forme de PME ne sont pas nombreux. Dans les années à venir, nous allons favoriser les projets collectifs afin de créer des entreprises donnant l’occasion d’atténuer l’impact de la pauvreté. Ainsi, nous négocions avec la direction des impôts afin qu’ils exonèrent les entreprises nouvellement créer».

Les financements nationaux ou étrangers dépendent, par ailleurs, des critères de confiance limitant souvent le montant du crédit accordé à l’entrepreneur local qui n’a pas toujours la possibilité de fournir les garanties financiers nécessaires. En effet, la question du financement de la création de l’entreprise prend de nos jours de l’ampleur et de la rigueur, et constitue un handicap sérieux pour la nation.

Ces problèmes résident principalement d’une part dans la difficulté d’apport en fonds propres, et d’autre part dans la rigidité du système qui a tendance à être plus strict dans l’octroi de crédits insuffisants (…) pour créer son entreprise. L’entrepreneur est tenu d’apporter des fonds propres d’un minimum de 30% du programme d’investissement. Le fonctionnement même de l’économie du marché implique l’existence de fonds propres.
 
Toutefois, l’ANAPEJ est sensée résoudre ce problème. «Certaines banques étaient prêtes à accorder des crédits collectif pour des jeunes chômeurs voulant bénéficier de ce type de financement. Cette agence a demandé aux banquiers de la place afin de leur accorder des crédits destinés à ces jeunes. Mais celle-ci n’a pas accepté la vision collective avancée par les banques» laisse entendre un ancien banquier de la BACIM-BANK.

Ce refus s’interprète par un manque de confiance entre les jeunes qui veulent initier leurs propres projets. La réussite de n’importe quel projet semble dépendre essentiellement de la confiance entre les parties prenantes voulant lancer des projets. Ce qui sous-entend que pour que l’agence accepte une telle vision, les jeunes doivent favoriser les initiatives collectives.

Bien que les mauritaniens aient tendance à choisir l’approche personnelle des micros crédits. L’approche collective des crédits peut être une bonne opportunité pour la relance de l’économie mauritanienne, mais la condition sine qua non demeure le financement des entreprises. Si l’en on croit la version officielle, l’Etat serait prêt à accorder des financements allant jusqu’à 40 millions d’ouguiyas, mais sans le consentement des efforts, les jeunes ne peuvent pas bénéficier de crédits significatifs.
 
Cependant, les critiques adressées tournent autour de la lenteur du circuit administratif pour l’octroi des micros crédits par l’ANAPEJ. Ainsi, selon plusieurs jeunes demandeurs d’emploi, celle-ci souffre de transparence concernant leurs politiques d’emploi.

Mohamed Fouad Barrada
m_barrada@yahoo.fr

Note: Info source : La Tribune N°332 (Mauritanie)







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