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Coup de plume de Kissima Diagana

11062007

 

  

Cette semaine, c’est le baccalauréat. Reparler de la faiblesse de niveau des élèves c’est, plus qu’enfoncer des portes ouvertes, faire tort à ces pauvres candidats qui eux-mêmes ne sentent l’enjeu d’un tel examen qu’à la dernière minute. On peut toutefois poser la question suivante : Puisque c’est  la première fois depuis au moins trente ans qu’un baccalauréat se déroule sous un pouvoir civil, allons-nous avoir droit à des résultats normaux ? Normaux parce que produits loin des acteurs de toutes les réformes impopulaires du système éducatif mauritanien. Normaux parce que effectués sans les auteurs des magouilles des épreuves scolaires et démocratiques dans ce pays. Normaux parce que tout simplement il faut espérer que même les enseignants qui  seront impliqués dans les corrections se seront dit finalement qu’il est temps de répondre à sa conscience et de faire la sourde oreille au ventre dont les injonctions poussent souvent à se comporter honteusement. 

On sait par exemple qu’un certain 2000 le bac a été refait à cause des fuites d’épreuves et que les seules victimes furent les maillons faibles d’une chaîne de trafiquants de notes (quelle différence avec des trafiquants de drogue ?). On sait également que l’année dernière des professeurs, pour exprimer leur ras-le-bol de devoir corriger des copies en croquant des arachides et des biscuits cerclés et en sirotant un lait coupé (zrig) pas très potable, ont sur un coup de tête décidé de cesser le travail et de réclamer un minimum de bonnes conditions matérielles. Alors, cette année ce qu’il faut c’est un bac transparent. A l’image des élections qui se sont déroulées sur 19 mois de transition et dont beaucoup s’enorgueillissent. La dose de transparence et de normalité qui a visiblement conduit à l’élection de Sidi Ould Cheikh Abdallahi si elle est inoculée à nos examens nationaux, ce sera bien parti pour nous autres mauritaniens. 

kissimousman@yahoo.fr 

Source : La Tribune 353 




Chronique de Mansour

11062007

 

 A évoquer la relation de l’individu à son milieu, on en vient, tôt ou tard, à examiner sa genèse. Sans revenir sur le caractère fondamentalement relationnel de l’acte sexuel – sinon, plus strictement génétique, dans les cas exceptionnels de procréation in vitro – qui situe l’individu, dès l’origine biologique, dans le partage et  l’union, intéressons-nous directement à la construction du lien nourricier entre l’embryon et sa génitrice. Celui-là n’est pas immédiat : il faut attendre, en effet, la fin de la première semaine de gestation pour voir la blastula1 [1] se fixer à la paroi utérine. Les six premiers jours de la vie appartiennent au voyage, dans une activité strictement interne, semble-t-il, de segmentation des cellules-souches : que signifie, symboliquement, ces mutations métronomiques, régulées par un rythme binaire immuable – 21, 22, 23, …, 2n cellules – répondant, en une symétrie singulière autour de l’unité fusionnelle – 20 – encore et toujours, La Référence Principielle – à la suite des ascendants : 21 parents, 22 grands-parents, 23 arrière-grands-parents,…, 2n  quoi, exactement ? Des reptiles ? Des dinosaures ? Des paramécies aux cils gracieux ? 

 

D’où provient l’énergie nécessaire à une telle activité ? Dans le lent cheminement de la blastula vers son nid utérin, on connaît mal ses échanges avec le milieu lymphatique où elle baigne et leurs implications, probables, dans le processus en cours. Septième jour : sitôt fixée à la paroi utérine – peut-être : dès à proximité – la blastula s’engage dans la fabrication de cellules différenciées – trophoblastes et embryoblastes – qui vont servir à distinguer l’embryon de son enveloppe relationnelle : le placenta. On a longtemps compris cette relation comme une relation de type parasitaire. Or, les plus récents travaux considèrent désormais le placenta comme un organe tout à la fois fœtal et maternel. L’utérus participe activement à la construction du système nutritionnel qui va assurer le développement de l’embryon et l’on a pu parler, avec une finesse sémantique dont on n’a pas, forcément, mesuré toutes les implications, d’une véritable symbiose entre l’utérus et le placenta. Le concept de fusion, initialement centralisé sous la dialectique mobilité / immobilité des noyaux mâle et femelle2 [2], se « périphérise »… 

 

On a si peu considéré le placenta, cette « chose » gluante et résiduelle, juste bonne, selon l’opinion commune, à nourrir les chiens, qu’on perçoit difficilement sa richesse conceptuelle ; plus exactement : celle du glissement de sens que sa construction implique. En délocalisant, en effet, le principe de fusion, la blastula et l’utérus organisent, conjointement, une nouvelle dimension de la complexité qui résout, notamment, le paradoxe du fusionnel individualisé : comment l’Un dans l’Autre, l’Autre dans l’Un, génèrent et se régénèrent-t-ils ? En inventant, l’Un dans l’Autre, l’Autre dans l’Un, un espace transitionnel. Plus celui-ci s’affine, plus complètement se réalise la symbiose entre les tissus maternels et placentaires, et plus l’individuation de l’embryon apparaît possible. Car, jusque là, rien n’est acquis : la blastula humaine ne diffère guère de la blastula caprine, voire ichtyenne, et ce n’est qu’au terme d’une longue semaine d’ancrage et d’interactions périphériques que s’initieront les grands processus distinctifs de notre espèce.  Quelle est la nature, l’importance et l’étendue de ces connexions utéro-placentaires, préalables indispensables au développement de l’embryon ? On est encore dans l’ordre du microscopique, et, pourtant, c’est déjà l’ensemble du système lymphatique maternel qui est sollicité : dès la seconde semaine, assurément, de la vie de la blastula, celle-ci est connectée – liée, attachée – au monde, via les humeurs de sa mère… 

 

Notons incidemment qu’on peut envisager ici des schématisations susceptibles d’exploitations analogiques, notamment dans l’élaboration et la conduite de systèmes interactifs. Mais avec prudence : nous sommes encore largement dominés, en notre modernité, si orgueilleuse d’une Science pourtant bien enfantine, par des visions gestionnaires « préhistoriques », tout droit tirées d’un siècle des lumières où : « la nature, la matière, le peuple « inculte » étaient moins des organismes vivants que des ensembles mécaniques dont les actions sont mathématiquement mesurables3 [3]  ».  A quelle aune convient-il de mesurer, justement, les précisions, toujours et forcément lacunaires, apportées par les progrès des sciences expérimentales ? Y aurait-il entre science, philosophie et religion, quelque analogie avec embryon, placenta et matrice ? Sans présumer de la validité de l’ordre hâtivement suggéré, il n’est sans doute pas vain de se pencher, calmement, sur la question…



[1] la cellule pré-embryonnaire. 

[2] et le caractère primordial – plutôt que primitif, singulièrement dévalorisé, de nos jours – de cette dialectique situe bien au delà de l’instinct – ou en deçà, comme on voudra – les considérations sexistes sur l’organisation « naturelle » de la vie sociale…   

[3] selon sir William Pety dans son « Arithmétique politique » , au siècle précédent. 

Source : La Tribune n°352 







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