Politique générale

5 06 2007

 De la mise à niveau ou de  la mise à l’abri !? 

Par Mohamed Fouad Barrada  Le discours du Premier ministre  devant les députés  a porté sur  l’ensemble des problèmes dont souffre le pays. La question du comment de l’application de la  politique générale de la nouvelle équipe, était soulevée. Justification invoquée par  Zeine O Zeidane : « l’administration n’avait pas la culture des chiffres, le moment opportun, vous allez disposer des indicateurs sur  la situation du pays ». Pour lui,  son équipe n’est nullement  responsable de ce qui se passait dans les périodes passées. « Dorénavant,  la culture de l’audit sera activée », précise-t-il.  Il  manque cependant une  culture de la  punition, faut-il observer. Et pour cause, en ce mois de juin, « il y a un déficit de 30 milliards d’ouguiya », a révélé le Premier ministre. Ce qui    nécessiterait un appel d’offre pour la vente des bons de trésor. Histoire d’avoir des sources de financement rapides moyennant intérêts versés par l’Etat. Or il aurait été loisible de chercher à mettre la lumière sur les raisons d’un tel déficit et éventuellement sanctionner des coupables. Au lieu de cela il y a l’impression d’une volonté de mise à l’abri du gouvernement sortant de Sidi Mohamed O. Boubacar. Un gouvernement dont certains n’hésitent pas à dire que c’est un gouvernement de gaspillage et de mensonge et d’interventionnisme se manifestant par des recrutements suivant les méthodes anciennes. Une preuve ? 77 diplomates dont le recrutement devrait  coûter   800 millions ouguiyas ont vu leur mouvement annuler par le nouveau président. Paradoxalement, le rapport sur l’activité des autorités de  la transition  était parmi les meilleurs  rapports : les recettes fiscales  hors pétrole et dons représentent 27,6% du PIB contre 24,5% en 2005. En 2006, la croissance du PIB réel  serait de  11,7%.   Vrais ou faux chiffres !?   

Un chroniqueur  du quotidien  Assiraje confirme, en ce sens,  dans une publication du 28 mai 2007  «  qu’en Mauritanie chaque fois   qu’il y a une passation de service entre deux  gouvernements, le dernier explique  qu’il n’a rien trouvé dans les caisses de l’Etat ». Abderrahmane Ould Hama Vezzaz, ministre des finances et de l’économie,  explique « qu’au moins 17 milliards du déficit budgétaire sont justifiés par la baisse  de production pétrolière du champ de Chinguitti ». Si l’on en croit la version officielle, « la projection des recettes est faite sur une  base d’évaluation erronée. »   

Le baril du pétrole est, toutefois,  évalué à 60 USD alors que Woodside semble  tabler, dans son étude de commercialisation,  sur une valeur de 20 USD/baril.   S’agissant  de l’action de la nouvelle équipe personne ne peut avancer des informations ou des diagnostics voire des pronostics sur sa gestion actuelle. 

Nous sommes dans l’ère de  la mise à niveau. Nous parlons d’un tableau de bord utilisé par le nouveau Premier ministre. Ce tableau lui permet de suivre l’évolution budgétaire de l’ensemble des départements de l’Etat. Cette démarche a été parait-il arrêtée par ‘je ne sais comment’.  Nous sommes toujours dans les ouï-dire et personne ne  peut prouver ces  spéculations. Les programmes évoqués également  par  l’opposition étaient souvent ambitieux, mais c’est  le comment qui pose problème. L’opposition  peut établir des programmes quantifiables  avant qu’ils nous disent que c’est la faute des autres, et que nous devront leur donner du temps pour auditer la gestion passée. C’est le moment ou jamais. 

A l’époque, Maawiya a tenté  lui aussi une lutte contre  le détournement des biens publics par l’augmentation des salaires des hauts fonctionnaires de l’Etat. L’augmentation était à l’ordre du jour : un ministre touche un million d’ouguiyas, mais l’efficacité reste  toujours le rêve souhaité. La méthode la plus efficace demeure une rémunération par performance. Les  parlementaires devront par leurs partis donner l’exemple. Les communes urbaines commandées par l’opposition   sont-elles  en diapason avec l’évolution actuelle des  critiques de leurs confrères au parlement ?  Comment peut-on croire à la critique de quelqu’un si celui-ci ne peut pas donner l’exemple par une remise en question au sein de son parti ? Certes, la vérité n’est pas l’apanage de certains, celle-ci  est régulée,  cependant,  par ce que nous appelons un idéal qui  est loin d’être une expression courante dans le jargon politique.   

Comme le disait un écrivain malien « les  sociétés africaines favorisent la corruption et le détournement des fonds ». Nous applaudissons nos fils qui détournent le bien de l’Etat alors que dans des pays développés un tel acte pousse au suicide.  Dans ces pays,  la presse et la société civile sont une  référence. Ici les journalistes sont souvent considérés comme une racaille. Ils travaillent dans des conditions désastreuses. Parmi eux et surtout les simples rédacteurs des gens qui aiment  ce pays, il y a  aussi certes des profiteurs, mais nous   n’oublions pas qui sont des mauritaniens comme les autres. Ici  Jamil Mansour  et Bedredine ont  marqué le point en martelant  « que le seul acquis de la période transitoire (exception) est incontestablement   cette liberté de presse».Ce qui sous- entend qu’il faut la préserver. Parmi nos parlementaires des individus qui veulent une augmentation de leurs salaires alors que la démarche  doit toucher les simples  travailleurs,  confirme Jamil Mansour en guise d’intervention.   Un autre a soulevé la question d’emploi comme une solution de relance économique, les idées sont là, mais il nous manque toujours un repère, une référence.   

Dans les mairies qui devront être un exemple de propreté, ce concept est toujours loin d’être évoqué. « Le chameau voit la bosse des autres chameaux  sans pour autant  visualiser  sa propre bosse. » Une chose est sûre, des  ministres affirment  qu’ils peuvent travailler avec la moitié de l’effectif en place. Peuvent-ils mettre à la porte une grande partie de ces bénéficiaires de salaires et les remplacer par des nouveaux plus compétents ? Les femmes en revendiquant leurs droits de 20 % pour  des nominations politiques, mettront-elles la compétence comme un repère  de relance économique ? Le Premier ministre affirme en ce sens que l’emploi et la rigueur des services de contrôle permettront  la reprise  économique, et cela  par une augmentation de pouvoir d’achat. 

« Un système de contrôle  a été mis en place par le Premier ministre dans le cadre de la moralisation et de l’efficacité de l’appareil administratif, sera consacré par la remise  hebdomadaire de documents au PM consacrant le travail réalisé pendant la semaine, par chaque direction, par chaque ministère » (Authentique, n° 496 du vendredi 1 juin 2007). La pérennité  fera-t-elle  défaut ? Nous ne pouvons pas éradiquer l’incompétence administrative   par une baguette magique, nous pouvons néanmoins activer l’esprit de l’État par la mise en place des mécanismes permanents  de contrôle, de l’évaluation et de  la sanction. Cela  manque toujours chez nous. 

m_barrada@yahoo.fr  SourceLa Tribune N°  352 


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