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La Mauritanie a-t-elle sa place dans l’échiquier du partenariat euroméditerranéen ?

5062007


La Mauritanie a-t-elle sa place dans l’échiquier du partenariat euroméditerranéen ? 

Par Kane Elimane Abou, Economiste et Politologue, Doctorant Agrocampus Rennes 

 

Résumé : 

En lançant l’idée du Partenariat euroméditerranéen, le processus de Barcelone compte  promouvoir, sur le modèle de la construction de l’Union Européenne, une intégration par l’économie des deux rives de Mare nostrum.  

Dès le Conseil européen de Lisbonne en 1992, la Commission européenne a décidé d’établir un nouveau Cadre de ses relations avec les pays du bassin méditerranéen dans la perspective d’un projet de Partenariat. La Conférence de Barcelone en 1995 s’inscrit dans cette dynamique, elle a adopté le principe d’un vaste partenariat euroméditerranéen. L’initiative concernait les quinze Etats membres de l’UE et douze pays tiers méditerranéens (PTM) suivants : Algérie, Chypre, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité Palestinienne. La ligue des Etats arabes et l’Union du Maghreb Arabe (UMA) où la Mauritanie et la Libye ont été invitées en qualité de membres de l’UMA. Depuis 1999, ces deux pays ont le statut de membres observateurs. En outre, les îles de Chypre et de Malte, qui faisaient partie des partenaires initiaux de la rive sud, ont rejoint l’UE en mai 2004, après l’adhésion des dix nouveaux Etats membres.

 

Connue sous le nom de « processus de Barcelone », cette conférence a posé les fondements d’un processus devant conduire à l’édification pour le millénaire d’un cadre multilatéral de dialogue et de coopération entre l’UE et les pays tiers méditerranéens. Elle a trois objectifs qui s’articulent autour de trois volets essentiels :

-         Le volet politique du processus de Barcelone : créer un espace commun de paix, de stabilité et de zone de prospérité commun.

-          Le volet économique et financier : établir une zone de libre échange et de prospérité partagée entre les partenaires.

-         Le volet social : vise à assurer le rapprochement culturel et humain entre les peuples.

Aux relations bilatérales, Bruxelles insistait beaucoup sur la lutte contre l’immigration et le terrorisme.

Cette perspective de partenariat optimiste se trouve cependant contrariée depuis le 11 septembre 2001 ; l’Union Européenne a rompu avec cette approche, seule la question sécuritaire est apparue essentielle. De l’avis général, la réalité du partenariat est en deçà des objectifs initiaux.

 

La Mauritanie quant-à-elle, bien que faisant partie des pays ACP ambitionne aussi d’être partie prenante au dialogue EUROMED auquel elle a souhaité depuis 2005, la confirmation à titre permanent de son caractère officiel dans les instances du processus de Barcelone. 

 

Pour le moment cette demande de membre officiel à titre permanent rencontre certains problèmes juridiques, politiques, stratégiques et mêmes économiques que les États membres du groupe EUROMED ont bien voulu soulever à Barcelone, lors du 10ème anniversaire du partenariat, les 27 et 28 novembre 2005. Dans son discours de clôture, M. Tony Blair, président du Conseil en exercice de l’UE à cette époque a rappelé que la demande formulée par la Mauritanie sera examinée en temps voulu. Les membres du groupe EUROMED écartent poliment dans l’immédiat toute éventualité d’ouverture de négociations à la Mauritanie. 

 

Parmi les obstacles, il y a principalement celui lié à la non appartenance géographique de la Mauritanie aux pays méditerranéens, cette condition est exigée des principes du processus de Barcelone qui, toutefois, ne précisent pas que l’adhésion d’autres pays non méditerranéens est interdite. De plus, la Mauritanie est un pays ACP en développement parmi les moins avancés dont les structures économiques sont jugées par Barcelone comme incompatibles avec celles des pays méditerranéens du sud, et finalement elle n’est pas liée à la construction EUROMED par un quelconque traité, mais seulement invitée à des occasions alors qu’aucune exigence ne lui était demandée. 

 

La question de l’intégration de la Mauritanie à l’EUROMED est forcément une question polémique et un défi sans précédent. Elle renvoie forcément aux négociations (3 octobre 2005) de l’adhésion de la Turquie à l’UE et à l’ouverture des négociations concernant la demande d’adhésion du Cap-Vert (formulée en novembre 2004) et du Maroc (formulée en 1988 pour la date du 1er janvier 2020) à l’UE (Agenda 2020). Les questions de sa justification géopolitique sont finalement identiques. La géographie de la Mauritanie, sa culture et son histoire marquée par l’omniprésence de l’Islam puis de la France l’ont depuis longtemps placée au centre du Maghreb et de  l’Afrique subsaharienne. Les problèmes de sécurité, de trafic, d’immigration, de la drogue,  de stabilité de l’Afrique et d’islamisme radical sont réels. Il ne suffit pas de les occulter pour les résoudre. D’où l’intérêt d’y réfléchir dès aujourd’hui… 

Source

La Tribune N°352 







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