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Une politique générale ….

5062007

 

 Une politique générale

Pour rompre avec les généralités

 

Priorités du Gouvernement

Zeine Ould Zeidane était face aux députés jeudi dernier. Pour lire, puis défendre, son discours de politique générale. Deux faits ont marqué cette première sortie du Premier ministre : un des éléments du maintien d’ordre, un brigadier de police, est mort suite à une attaque cardiaque. Une panne d’électricité s’est produite alors que Zeine Ould Zeidane était à la page cinq de son discours…Il y avait foule jeudi 31 mai 2007 à l’Assemblée nationale. Signe que la  première sortie de Zeine Ould Zeidane, Premier ministre du tout premier gouvernement de l’après transition militaire, était fortement attendue.

 

A l’entrée de la chambre basse du parlement des banderoles expressives….Tous les problèmes y étaient inscrits. Pour que les députés les voient en entrant dans leur assemblée.

A onze heures, la grande salle des débats était pleine à craquer. Il a fallu apporter des chaises supplémentaires pour permettre à des personnalités de s’asseoir. Quand le PM fit son entrée, les projecteurs avaient une allure de soleil limpide.

C’est sous cette lumière que le discours de politique générale allait être lu… Avant qu’un délestage malencontreux ne plonge l’assemblée dans une ténébreuse récréation qui durera trente minutes. Il parait que la panne électrique était interne. Le DG de
la SOMELEC était-là. Il avait même dit que ce n’était pas une coupure générale. Dans le quartier îlot L voisin de l’Assemblée, il y avait délestage selon des échos venus de là. Un employé de la maison a confié que celle-ci (l’Assemblée) était alimentée en électricité par trois secteurs…

Peu importe, cette panne devait faire comprendre aux personnalités et aux élus le calvaire des quartiers périphériques qui ne jouissent pas du privilège de priorité lorsqu’il faut couper…

 

Les priorités du gouvernement ? D’abord la séparation des pouvoirs a dit Ould Zeidane qui s’est voulu rassurant quant au respect strict des prérogatives du parlement et de la justice. Celle-ci sera désormais indépendante à en croire le Premier ministre.

Par ailleurs, « la procédure des questions au gouvernement ainsi que les autres mécanismes de contrôle parlementaire seront institués. » Chose bien sûr qui n’avait pas été acceptée par le gouvernement dont Me Sghaïr Ould Mbareck était le Premier ministre sous Ould Taya. Devenu député, il aura sans doute l’occasion d’expérimenter pareil exercice, voire en apprécier la portée quand on est de l’autre côté du perchoir.

 

Deux structures pour bien travailler

 

Deux institutions seront mises en place. Il appartiendra à l’Assemblée d’en examiner la pertinence. Ce sont

la Haute Cour de Justice et le Conseil économique et social. Pourtant prévues dans la constitution du 20 juillet 1991, ces institutions n’ont jamais encore vu le jour. Une Haute Cour de Justice aura comme compétence de juger le président, le premier ministre et les membres du gouvernement. Son adoption soumise à l’Assemblée pourrait bien être saluée par les députés dès lors qu’elle se présentera comme instrument dissuasif quant à toute tentative de corruption et de despotisme…Ses membres seront des parlementaires, entre autres. Il s’agira d’une juridiction spéciale qui aura pour rôle de juger les personnalités  précitées pour fautes commises en exercice de leur fonction. Normalement une Haute Cour succède à
la Haute Cour de justice – tribunal pénal particulier compétent pour juger le Président de
la République – créée par les lois constitutionnelles de
la Troisième République en France par exemple. Et selon les dispositions initiales de
la Constitution française, le tribunal était composé de membres élus, en leur sein et en nombre égal, par l’Assemblée nationale et par le Sénat. Faut-il donc s’attendre que dans le cas de
la Mauritanie, toute personne qui prétendrait être lésé par un membre du gouvernement en exercice puisse porter enfin plainte auprès d’une juridiction assez compétente pour l’entendre et traiter son cas. En tous cas dans le cas d’espèces, toute forme de népotisme, de corruption devrait pouvoir faire l’objet de plainte. 

Quant à la mise en place d’un Conseil Economique et Social, quelle pourrait être sa valeur sinon que d’être une assemblée constitutionnelle consultative placée auprès des pouvoirs publics ? Par la représentation des principales activités économiques et sociales, le Conseil sera normalement censé favoriser la collaboration des différentes catégories professionnelles entre elles et assurer leur participation à la politique économique et sociale du Gouvernement.
On attend qu’il examine et suggère les adaptations économiques ou sociales rendues nécessaires notamment par les techniques nouvelles. Seulement faut-il espérer qu’il contribue à tempérer les ardeurs de certains partenaires de l’Etat, notamment le patronat dont les choix échappent à toute logique sociale ?

En France par exemple une telle structure est assez solidement ficelée par sa composition : Des membres âgés d’au moins vingt-cinq ans, appartenant depuis au moins deux ans à la catégorie qu’ils représentent et remplissant les conditions fixées selon certains articles du code électoral, entre autres exigences. Il y a en outre soixante-neuf représentants des salariés, vingt-sept représentants des entreprises privées non agricoles, dix représentants des artisans, des représentants des entreprises publiques désignés par décret pris sur le rapport des ministres de tutelle, sur proposition du haut conseil du secteur public, vingt-cinq représentants des exploitants agricoles, trois représentants des professions libérales comprenant dix représentants de la mutualité, de la coopération et du crédit agricole, cinq représentants des coopératives non agricoles , quatre représentants de la mutualité non agricole, dix-sept représentants des activités sociales, neuf représentants des activités économiques et sociales des départements, des territoires d’outre-mer, deux représentants des Français établis hors de France désignés par décret pris sur le rapport du ministre des affaires étrangères, après consultation du conseil supérieur des Français de l’étranger.
Sans compter quarante personnalités qualifiées dans le domaine économique, social, scientifique ou culturel désignées par décret en Conseil des ministres, pris sur le rapport du Premier ministre. Tout ceci montre combien une structure comme le Conseil Economique et Social doit être solide et prise au sérieux.


La Mauritanie peut ne pas copier à la lettre ces deux structures que sont

la Haute Cour de Justice et le Conseil Economique et Social français, elle pourrait s’inspirer de leurs organisations et en adapter l’essentiel à sa réalité. En attendant les parlementaires auront besoin d’être suffisamment bien informés et formés. Sinon, ils auront toutes les difficultés à comprendre.
Kissima-Tocka 

Tribune N° 352  




Post-scriptum

5062007

 

J’appartiens à une génération qui a vécu d’espoirs, toujours déçus, jamais ‘totalement morts’. Au début était une Mauritanie qui allait de soi. Avec ses valeurs, ses ambitions, ses rêves, ses héros, ses symboles, ses grandeurs… C’était plus important que le reste, plus porteur que les faiblesses.

Puis vinrent les militaires. Attila et les Huns. Les héros perdirent d’abord leur verve, puis leur honneur. Les rêves devinrent cauchemars. Les symboles disparurent. Et avec eux les repères et les valeurs. Grandeur se confondit avec cupidité.
La Mauritanie entra dans un coma qui s’apparenta en des moments précis à la mort clinique. Vint la transition. Avec elle les espoirs de nouveau. De remise à niveau dans tous les domaines.

Les nouvelles autorités ont hérité d’une Mauritanie où tout est désormais possible. La réussite du processus lui a donné une nouvelle virginité. C’est pourquoi il est dangereux de remettre en cause ce processus. Mais aussi tout ce qui a été réalisé pendant les 19 mois de la transition.

Tout cela pour dire que le discours –programme du Premier ministre a donné espoir quant à l’avenir. Les plus sceptiques diront encore qu’il s’agit de mots et qu’il faut attendre les actes. Nous avons pris l’habitude de nous faire avoir. Mais ce n’est pas pour cela que je laisserai mon espoir s’émousser en ce début de renaissance.

Des gestes forts, nous en avons besoin. Pour nous rappeler que la renaissance est possible.

Rompre avec la règle de l’impunité. A Nouadhibou, les autorités ont montré toutes leurs limites, pour ne pas dire plus. Il est aujourd’hui établi que sans la carence des autorités, nous n’en serions pas encore à douter de nous-mêmes et de nos responsables. Il faut en tirer les conclusions et le plus rapidement possible. Comment peut-on envisager l’éclatement d’une affaire qui concerne au bas mot 33 milliards d’ouguiyas et de continuer à faire comme si… ? En plein discours du PM, coupure électrique dans la salle. A qui la faute ? C’est toujours une défaillance humaine qui est à l’origine de ce genre de déconvenue. C’est bien l’impunité qui a mené le pays là où il est. Dans l’affaire du passif humanitaire, de l’esclavage, de la mauvaise gestion…

Cultiver le mérite. S’abstenir de continuer à cultiver la médiocratie. Le PM sait de quoi il s’agit, lui qui a souffert du joug de la médiocrité.

Je l’ai écrit au tout début de la nouvelle République : avec Sidi Ould Cheikh Abdallahi comme Président de
la République, Messaoud Ould Boulkheir comme président de l’Assemblée nationale, Zeine Ould Zeidane comme Premier ministre, Ahmed Ould Daddah comme chef d’une opposition normalisée, il n’y a rien à craindre pour le pays. Il est sûr que les affaires publiques seront diligentées avec bonne foi, sérieux et compétence.

Passons aux actes.

Oumeïr




Ce que veut président, ce que doit gouvernement

5062007

Faut-il admettre que dans ce pays, il n’y en aura jamais que pour le président. Un homme tout puissant. Invariablement sans dissident. Qu’il soit putschiste ou élu indépendant. Pour lui, rien que des partisans dont les plus zélés sont impatients de se fondre dans un même parti ou mouvement d’applaudissements. Au mieux, une majorité dite de gouvernement. Il a beau «choyer» ses opposants, tout le monde le défend. A l’instar de la constitution qui le rend omnipotent. Et du parlement qui le vénère comme un dieu vivant. Est-ce ainsi que la démocratie s’entend ? Pas vraiment. 

 

Les langues du Président 

Bien sûr, le président peut et doit être un homme avenant. Rassurant. Toujours le meilleur d’entre nous évidemment. Il se doit de parler une langue que tout le monde comprend. Même si ce ne fut qu’exceptionnellement le cas pour nos tyrans. Pour mémoire, ces présidentiels discours d’enfant. Dans un arabe ou hassaniya peu évidents. Sinon un français bégayant. Parfois dans les trois idiomes alternativement. Voire simultanément. Jamais en langues dites «nationales» comme il se doit dans tout pays panaché ethniquement. A quand un changement que l’alphabet arabe facilite aisément et qui permet à bien des citoyens d’écouter enfin leurs dirigeants ?    

De même, le premier des citoyens d’un pays totalement musulman se doit d’être un pieux croyant. A quelques exceptions près, ce n’est pas là qualité souvent consignée au crédit de nos successifs dirigeants. A se demander comment cette république islamique s’y prend pour se soumettre à l’un ou l’autre de ces enfants. Certes, les citoyens n’ont pas été consultés souvent. Et quand ils ont cru l’être, ce ne fut guère plus probant. Du moins auparavant. La situation de maintenant étant pratiquement sans précédent : un président et son premier ministre reconnus comme d’authentiques croyants. En guise de renforts éminents, ils peuvent puiser aussi bien dans leur gouvernement que dans les groupes du parlement. Sans jamais risquer d’impiété manifeste chez leur plus légitime opposant. Alors, pourquoi cette nouvelle ère démocratique commence-t-elle si timidement ? Pourtant jamais démocratie humaine et profane ne fut si peu rebelle aux attendus du divin enseignement.   

 

Déporté intérieurement 

En effet, le silence vibrant des nouvelles institutions étouffe encore les effets de ce relatif changement. Et qui ne dit mot consent. Le prophète aura bien dit que ses suivants ne s’accordent jamais sur un égarement. Pourtant les citoyens et les observateurs compétents dénoncent communément la récente transition et ses commandements. Pourquoi pas le président et son gouvernement ? Au contraire, le premier des ministres rend hommage à ses accoutrements. Tout en s’interrogeant, il est vrai, sur la douteuse chorégraphie de récents incidents : trafic démesuré de stupéfiants. Détournements de fonds publics plus ou moins patents. Et bien d’autres dysfonctionnements récurrents. Mais pas un mot de cette armée qui maintient son emprise sur les événements. Et que le pieux chef de l’opposition légale dénonce infatigablement. Décidément, le peuple mauritanien tarde à trouver en son sein le saint qui apaisera son durable mécontentement. Et si les supposés meilleurs d’entre nous ne réagissent pas différemment, son avènement  n’est pas imminent. 

Prenons cette heureuse déclaration officielle qui confirme, pour le moins, un retour rapide de mauritaniens qui furent déportés tragiquement. Sans que l’état ne s’exprime publiquement sur ses «propres»agissements à leur détriment. Quoique déportés et expulsés, ils sont désignés comme les victimes d’un simple « déplacement ». Pour éloquent que soit ce propos apaisant, il ne dit rien des causes de leur éloignement.  Tout comme il ne permet pas au peuple de réaliser pleinement ce que ses ressortissants auront enduré près de deux décennies durant. Non. Il faut que l’état mauritanien reconnaisse ses crimes officiellement. Clairement. Pour que ne se rééditent pas les atrocités d’avant. Que dans notre pays, paix et justice trouvent enfin le début d’un cheminement. Et que notre peuple déporté «intérieurement» ne se trompe pas de « revenants ». Le retour de ces réfugiés devant inéluctablement raviver la mémoire d’autres victimes nationales des mêmes errements. Certes, dans un pays différent…    

 

                                                                                                                                                                             Cheikh Touré 

Source

La Tribune N°352 




Chronique

5062007

De A à Z par Tabane

F comme fuite en avant.  De source bien informée le ministère de l’éducation nationale s’apprête à organiser un test pour les enseignants. En arriver là c’est reconnaître que le secteur de l’éducation est gangrené et qu’il y a des brebis galeuses dans le troupeau. Au fondamental avec les recrutements de ces dernières années la situation est encore plus grave qu’au secondaire.

 Les enseignants médiocres se comptent par centaines voire par milliers. Et il faut bien faire quelque chose pour résoudre ce problème.  Le problème maintenant est de savoir sur quels critères se fonder pour décider de qui sera évalué et de qui sera évaluateur.

Ensuite il faudra bien se prémunir contre le clientélisme. Il faudra ensuite résoudre une autre question : s’il s’avère que nombre d’enseignants sont de piètres formateurs, les générations de jeunes qui sont passés entre leurs mains et qui avaient comme tout le monde le droit à une instruction devront-ils porter plainte contre l’Etat ou contre leurs ‘enseignant’ ?

Ce qu’il faut c’est remettre à plat tout le système par l’organisation d’états généraux avec la participation de toutes les parties concernées.

Djigo Aboubakry




Culture

5062007

Afrique 

Deux mille langues vivantes 

 

(Syfia International)Les langues vivantes sont un élément clé de compréhension et de rapprochement entre les peuples. En dehors des langues de souche non africaine (afrikans, anglais, arabe, créole, espagnol, français, malgache, pidgin), les linguistes n’en comptent pas moins de 2 000 en Afrique, rassemblées en groupes de langue au sein de quatre grandes familles. Chacune de ces familles représente un ensemble de langues parentes, descendantes d’une langue présumée commune. 

Plus grande famille linguistique au monde avec près de 1 500 langues vivantes, la famille Niger-Congo couvre la plus grande partie du territoire ouest-africain. La famille afro-asiatique (péninsule arabique et nord de l’Afrique de l’Ouest) en compte, elle, près de 300 parlées en Afrique. Viennent ensuite la famille nilo-saharienne et la famille khoisan (Afrique australe) avec respectivement 197 et 22 langues vivantes. 

Sur les 2 000 langues vivantes recensées en Afrique, 1 200 sont parlées en Afrique de l’Ouest. Les cinq plus importantes (Haoussa, Yoruba, Peul, Igbo, Mandingue) concernent, à elles seules, 120 millions de personnes. Trente-cinq d’entre elles sont parlées par plus d’un million d’individus. Des chiffres auxquels il faut encore ajouter les dialectes, variations locales de chaque langue… 

Pour que les gens se comprennent, les pays membres de
la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) utilisent des langues officielles (anglais, arabe, français, portugais). Plusieurs langues véhiculaires, utilisées la plupart du temps en seconde langue pour communiquer avec un groupe différent au-delà du foyer, se sont par ailleurs développées. Le Mandingue, qui concerne désormais plus de 30 millions de personnes, est ainsi devenu l’une des plus grandes langues véhiculaires. 

L’Afrique de l’Ouest est ainsi riche d’une multitude de petits territoires indépendants des frontières officielles, mais unis par des liens anciens et profonds qui pourraient servir de socle de développement pour une coopération régionale plus concertée. À l’image de l’espace sénoufo, aux confins du Burkina Faso, de
la Côte d’Ivoire et du Mali, qui est le siège du plus grand bassin cotonnier ouest-africain, ou encore de l’ensemble haoussa-fulani, qui rassemble un important réseau urbain côté Nigeria et des potentiels de développement de l’élevage intéressants côté Niger. 

 

Emmanuel de Solère Stintzy

Source la Tribune 




Oumar SALL : la différence, un atout business

5062007

Oumar SALL : la différence, un atout business 

Nice-Matin : Dix huit mois apres
la presse Brésilienne, c’est le quotidien de la côte d’Azur qui fait l’éloge du Mauritanien
Oumar SALL dit
Pape SALL, ci-après quelques Extrait :
 

 

« J’en ai bavé». Il le dit sans aigreur, avec la force de celui qui a franchi les obstacles. Car
Oumar Sall en a croisés, depuis seize ans que ce Mauritanien d’origine s’est installé à Nice. 

  

À 41 ans, Oumar a pris une forme de revanche. Il s’est imposé dans un temple azuréen de l’hôtellerie de luxe : le palais Maeterlinck. « Je suis rentré, je me suis fixé le challenge d’y rester. Ils ont vu mon énergie, le 

bon contact que j’avais et mon aisance en communication». 

Promu responsable des nouvelles technologies, directeur de l’hébergement, puis du marketing et de la vente,
Oumar Sall a été l’ambassadeur de l’hôtel, de l’Europe de l’est à l’Amérique du sud en passant par l’Asie et l’Amérique du Nord. 

Dans tous les salons de luxe où il allait, hormis aux États-Unis, il était le seul Noir. 

 

Aujourd’hui, Oumar va quitter son poste pour créer son affaire. Un cabinet de consulting et service pour l’hôtellerie de luxe situé sur l’Avenue Jean-Médecin. 

De son expérience, « très positive », il retire une leçon : « le costume change tout ». Il a pu le constater dans cet avion où l’hôtesse lui désignait spontanément l’espace « éco ». Elle avait vu son t-shirt débraillé. Pas son ticket « business class »! Ce n’est rien par rapport aux larmes de ses deux filles métisses qui se font « titiller à l’école ». 

« Je reste très vigilant pour elles », affirme Oumar, soudain grave. « C’est un autre combat. Pas le plus facile». 

 

Effectivement Monsieur
Oumar SALL dirige aujourd’hui un cabinet de Consulting situé sur l’Avenue la plus prestigieuse de Nice : 

« O Luxury Hotels Services & Consulting 

  27 Avenue Jean Medecin 

  06000 Nice – France 

  www.oluxuryhotels.com ». 

Devrions nous aujourd’hui motiver le retour de nos ressortissants qui excellent à l’étranger ? Ne sont-ils pas beaucoup plus utiles ici pour contribuer au gros chantier de développement de notre Pays ?

Source: La Tribune N°352




Interview

5062007


La Tribune : Monsieur le maire, voulez-vous décliner les grandes lignes de votre programme pour votre mandat ? 

Pr Fassa Yérim : Pour la première année, le premier objectif c’est l’assainissement. D’abord l’assainissement de Sattara, ensuite l’assainissement des autres quartiers. Nous allons réhabiliter les anciens canaux d’évacuation et en creuser d’autres afin qu’il n’y ait plus d’eau stagnante. Le deuxième objectif c’est le recouvrement. Il faut que Rosso puisse arriver à un recouvrement parfait. Il faut que les gens aient l’habitude de payer les impôts. Et ça c’est extrêmement important. Je sais que ce n’est pas facile : il faut sensibiliser, éduquer, former. L’objectif c’est que  les habitants  acceptent leur devoir et à s’acquittent spontanément de leurs taxes d’habitats et autres impôts comme la taxe sur les ordures, etc. Voilà pour les deux premières années. Pour les trois ans qui restent, il nous faut mettre en place un crédit municipal qui visera essentiellement les femmes et les jeunes ; il s’agit de les aider à  monter des microprojets. Ensuite on s’attaquera à la construction d’un autre hôpital régional pour lequel on a un financement avec la coopération espagnole ; il faut aménager la rive du fleuve. Une sorte de corniche qui ira jusqu’à Ndiourbel avec des restaurants, des parcs d’attraction pour attirer non seulement les touristes mais aussi les nationaux. Ce qui nous permettra de développer le volet tourisme.. Enfin pour désenclaver les différentes localités de la commune, nous envisageons de bitumer les routes vers Breun, Dieuk, Tounguène, Garak, Bagdad, Goueïbina, Keur Madiké, etc. Si au bout de cinq ans j’arrive à réaliser ce programme en plus de la gare routière à construire et des marchés à rénover, j’aurai gagné mon pari.

 

LT : Rosso est une ville historique. Mais le patrimoine architectural  n’est pas en général la préoccupation première des autorités. Que compte faire la commune pour la sauvegarde et la restauration du patrimoine ? 

 

Pr. F.Y.: Vous savez certainement que les français ont pris des mesures qui interdisent la démolition du patrimoine historique.  Malheureusement ce n’est pas respecté dans notre pays Il n’y a pas longtemps j’ai vu des ouvriers exécuter des travaux à l’ancien lycée. J’ai rappelé aux responsables des travaux que c’était un monument historique qu’il convient de restaurer mais qui ne devait en aucun cas être modifié. La commune compte s’impliquer dans la sauvegarde et la restauration du patrimoine historique.

 

LT : Rosso est confrontée à un problème d’espace : la ville est en pleine croissance et l’espace manque cruellement. Comment la commune compte s’attaquer à ce problème ? 

 

Pr. F.Y. : Mon vœu c’est de faire des lotissements jusqu’au Pk 24, la limite nord de la commune. Il faut qu’on arrive à déplacer tous les périmètres agricoles pour faire ces lotissements. La plaine de Mpourié par exemple est appelée à disparaître pour faire place à des logements. Le vide entre l’ancien lycée et la ville sera occupé. La ville de Rosso est en pleine croissance et elle étouffe. C’est pourquoi les périmètres agricoles doivent être déplacés pour donner de la place aux populations. Le wali est très conscient de ce problème et nous avons déjà fait des études et quelques projets 

Propos recueillis par Djigo Aboubakry 

 

Téléphonie mobile : Et de cinq. 

Le troisième opérateur Chinguetti Tel a déjà installé trois antennes relais à Rosso (Sattara au nord, Mpourié à l’ouest, et vers l’est 200 m après Tiviski). Avec ce dispositif la couverture du réseau ne devra pas poser de problèmes à Rosso et la concurrence sera rude. Rosso est en effet l’un des rares endroits de Mauritanie où l’on comptera pas moins de cinq opérateurs. La ville étant à la frontière avec le Sénégal, Orange et Tigo (les deux opérateurs sénégalais) sont présents.

 




Drogue en Mauritanie :

5062007

Drogue :

Zones d’ombre ou

Jusqu’où ira l’enquête ?

 

Quand le Premier ministre le confirme, la commission administrative chargée d’enquêter sur l’affaire de la drogue qui a secoué le pays ces dernières semaines, cette commission était déjà à Nouadhibou depuis une bonne semaine. Dirigée par l’Inspecteur général d’Etat, Mohamed Ould Horma, elle comprend un membre de chaque administration concernée : Seyid Ould Ghaylani, inspecteur général au ministère de
la Justice, colonel Abdallahi Ould Ahmed Aïcha de
la Gendarmerie, colonel Sidi Ould Sidi Mohamed commandant adjoint de l’Air, Moulaye Eli Ould Daf de la direction générale des Douanes, Abdallahi Ould Kebd chargé du programme de lutte contre les stupéfiants au ministère de l’intérieur, Mahaye Ould Zouein directeur de l’aviation civile et Dah Ould Mohamed Ghali inspecteur du ministère de l’intérieur.

La mission de la commission est d’abord administrative. Il s’agit pour elle de déterminer les responsabilités et d’identifier et situer les dysfonctionnements au sein des appareils administratifs. Deuxième niveau de la mission : faire la lumière sur l’affaire. Troisième niveau : aider éventuellement la justice à faire son travail. Le libellé ‘commission administrative’ ne couvre donc pas toute la mission qui est confiée à ce groupe. D’où les rumeurs et les doutes quant à son champ d’action, ses compétences et son travail.

Depuis son arrivée à Nouadhibou, la commission est à pied d’œuvre. Jusque-là elle aura entendu toutes les personnes ayant été mêlées à l’affaire : policiers, contrôleurs de l’Asecna, éléments de l’Armée, douaniers, gendarmes… Les premiers à être entendus furent bien sûr les responsables.

Très vite il est apparu que même si la police avait été mise au courant de l’arrivée imminente d’un avion transportant de la drogue, aucune mesure particulière n’avait été prise. Le directeur régional de la sûreté se contentant de donner ordre à ses subalternes de ‘prendre les dispositions nécessaires’. Sans toutefois vérifier si les dites dispositions ont été prises. Quand arrive l’avion, le commissaire de l’aéroport est en train de deviser tranquillement avec le Wali qui n’a pas été mis au courant. A l’aéroport l’adjudant de permanence avait dispersé les quelques éléments laissés à sa disposition. Ne restaient que deux policiers et deux contrôleurs de l’Asecna. L’avion atterrit et va au en bout de piste, ce qui est suspect pour un bimoteur. Sidi Mohamed Ould Haidalla, premier suspect selon la police, se dirige vers l’avion. Il avait pris avec lui un contrôleur de l’Asecna et un policier. Mais il ne va pas jusqu’à l’avion. Il dépose ses passagers avant d’arriver à l’avion et s’en va. On ne le verra plus jamais. La voiture de sécurité survient. L’avion décolle. Branle-bas. La police découvre les cartons. De la cocaïne. Combien ? Les premiers chiffres sont imprécis. Quand on passera à l’incinération on chiffrera à 629,174 kg. Exactement ou presque la quantité volée dans les entrepôts de la police bissau-guinéenne quelques jours avant. Mais la police avait déjà conclu à un produit débarqué. Pourtant le temps matériel qui s’est écoulé entre le stationnement de l’avion et son décollage ne permet pas d’aligner 21 cartons de plus de six cents kilogrammes, au bord de la piste. Qu’à cela ne tienne. Le produit arrive d’Amérique du Sud et devrait être acheminé vers l’Europe. C’est la version officielle.

Poursuite du principal suspect. Le lendemain, on découvre l’avion à quelques 120 km de Nouadhibou. Le poste de Boulenouar signale le passage de la voiture de Ould Haidalla. Aucune tentative de l’arrêter ni de le poursuivre. Sans balise, l’avion avait pu atterrir en plein désert. Ce qui relève de la prouesse. Son équipage a été récupéré et a disparu en même temps que les mauritaniens recherchés dans le cadre de l’affaire. L’enquête commence. Et quelle enquête ! Les interrogatoires sont sommaires. Ceux qui peuvent donner des renseignements importants sont épargnés ou peu ‘cuisinés’. Si bien que quand la police intercepte un jeune qui déclare aller à la rencontre de Ould Haidalla, son ami, pour lui apporter de l’essence, personne ne songe à aller avec lui et à lui tendre un piège. Le jeune est menotté et ramené à Nouadhibou. Comme si tout le monde ne voulait surtout pas que le principal suspect dans l’affaire soit arrêté. Il faut signaler ici qu’aucun avis de recherche n’a été émis à l’encontre des fuyards. Aucun mandat d’arrêt international non plus.  Plus bizarre, les noms et qualités des premiers responsables de l’enquête n’apparaissent pas (Procureur, DRS…). Où en est-on aujourd’hui ?

Une enquête sans objet parce que le produit a été incinéré. Pourquoi justement ? Est-ce parce qu’il y a une pression d’Interpol qui craignait que le produit ne revienne sur le marché ? Est-ce un empressement injustifié des autorités ? Ou plutôt une parade ? Dans des cas comme celui-là, rien n’est à exclure. Pourquoi la maison louée par Ould Haidalla a été perquisitionnée quatre jours après l’éclatement de l’affaire ? Pourquoi Ould Haiddalla, principal suspect dans l’affaire, a-t-il fait tant de publicité autour de l’arrivée de l’avion ? Pourquoi la transcription du dialogue entre la tour de contrôle et l’avion n’a pas été fidèlement transmise à la justice ? Pourquoi le pilote a dit à la fin : ‘J’ai reçu des instructions, je dois partir’ (en anglais) ? De qui le pilote recevait-il les instructions ?

L’affaire se résume aujourd’hui à deux avions – un bimoteur et un hélicoptère – stationnés à l’aéroport de Nouadhibou, cinq suspects dont deux mauritaniens sous les verrous, deux inculpés libérés sous caution, cinq fuyards on ne sait pourquoi (sans avis de recherche), 25 containeurs destinés à la société Haidalla SA et dont les connaissements indiquent …’droguerie’ alors qu’ils contiennent des produits cosmétiques destinés il est vrai au blanchiment… de la peau. Cela relève plus de la psychanalyse que du droit des affaires. L’affaire se résume aussi à ces nombreuses questions que l’opinion pose à la commission : l’enquête a-t-elle été bâclée volontairement ? Par qui ? Comment ? Peut-elle être reprise ? Par qui ? Comment ? Jusqu’où peut-on remonter ?

Mais avant de répondre à ces questions, il y a lieu de se demander ce que peut la commission dans les conditions qui sont les siennes : une mission mal définie, un champ d’action limité et une compétence à définir. Que va faire la commission dans ces conditions ? Un rapport adressé probablement au Président et au Premier ministre. Un rapport qui sera certainement suivi d’effets.

Le Président Ould Cheikh Abdallahi est de bonne foi dans cette affaire. Il veut donc qu’elle soit tirée au clair. Le Premier ministre sait peut-être ce que cache cet arbre de la forêt. Il sait ce qui attend la commission. C’est pourquoi il la soutiendra. Alors il n’y a pas lieu de croire qu’il y aura une volonté officielle de perturber l’enquête. Il faut s’attendre donc à une plus grande éclaircie dans l’affaire.

 

Ould Oumeïr

 

Encadré :

L’argent n’a pas d’odeur

 

Dans nos grandes villes, l’argent est ‘le nerf de toutes les intrigues’. C’est ce qui explique la prospérité dans une ville frontière comme Nouadhibou. L’économie de combines a su se greffer et sucer l’usufruit de l’économie de guerre. Comme elle a su profiter du laisser-aller général et de la déconfiture qui régnait sur le pays. C’est un univers fait de corruption, d’arnaques qui instaure un système rentier au profit des autorités. C’est ce qui va nécessairement intéresser la commission d’enquête de Nouadhibou. Où vont les fonds levés sur les ‘dhimmi’, tous ces étrangers établis en Mauritanie et qui doivent payer des dîmes qui ne vont pas nécessairement dans les caisses du trésor public ? 10.000 UM pour la carte de séjour, 50 euros de timbres pour le visa, taxe mensuelle sur les milieux interlopes (prostitution, débit d’alcool, restaurants louches…)… Ce qui va pour Nouadhibou, va pour Nouakchott. Les administrations qui lèvent les impôts sont les mêmes. Ceux qui les payent aussi.

A Nouadhibou, l’affaire a des incidences visibles. Surtout la présence de la commission sur les lieux. Le trafic est moins important. Les allées et venues moins apparentes. L’argent circule moins. Le va-et-vient des avions sur le tarmac est beaucoup moins important. Bref la vie est au ralenti.

Source

La Tribune N° 352




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

5062007

 

  

L’ancien président libérien, Charles Taylor, a refusé de comparaître devant ses juges. N’empêche qu’il sera jugé pour ses crimes contre son peuple. C’est une première en Afrique. Ce ne sera pas la dernière. 

En Mauritanie, ce procès doit intéresser. Ceux qui sont au pouvoir qui doivent en tirer les conclusions concernant la gestion future. Ceux qui ont quitté le pouvoir pour avoir une responsabilité dans ce qui s’est passé chez nous. 

Les événements de 89, puis de 90 et 91 et avant cela tous les malheurs qui ont marqué notre pays, sont le fait d’une gestion malheureuse de nos affaires. L’absence d’une solution jusque la est une autre preuve de l’irresponsabilité de ceux qui nous ont dirigés près de trente ans. 

C’était pourtant au CMJD de régler ce problème et de ne pas passer l’héritage au pouvoir civil qui n’a rien à voir là-dedans. C’était aux militaires de faire la réconciliation entre l’Armée et son peuple. Ils ont manqué de courage. Ou de volonté. Qu’a cela ne tienne. 

Le problème est toujours la. Le souvenir des victimes est présent. La pratique de l’arbitraire est encore présente dans la mémoire collective des Mauritaniens. Personne n’a oublié. Ni les ayant droits, ni les militants des droits humains. 

L’impunité n’est jamais définitive. Le passé finit toujours par rattraper. C’est ce que nos responsables doivent comprendre. 

Au moment ou Taylor est jugé, un groupe d’anciens officiers, victimes des événements, ont porté plainte contre l’ancien président Ould Taya. Cette plainte sera-t-elle recevable par la justice américaine ? Si oui, quelles conséquences pour les autres personnes, accusés d’avoir commis des atrocités ? 

Encore une fois, le monde n’accepte pas l’impunité. Chaque homme ayant eu accès a un poste de responsabilité doit un jour répondre de ses actes. Surtout s’ils sont répréhensibles. 

A ceux qui ont torturé, ceux qui ont tué, qui ont violé, volé… a ceux-la et a ceux qui les ont couverts, le procès de Taylor n’est rien d’autre qu’une grande leçon. 

Source

La Tribune N°352




Politique générale

5062007

 De la mise à niveau ou de  la mise à l’abri !? 

Par Mohamed Fouad Barrada  Le discours du Premier ministre  devant les députés  a porté sur  l’ensemble des problèmes dont souffre le pays. La question du comment de l’application de la  politique générale de la nouvelle équipe, était soulevée. Justification invoquée par  Zeine O Zeidane : « l’administration n’avait pas la culture des chiffres, le moment opportun, vous allez disposer des indicateurs sur  la situation du pays ». Pour lui,  son équipe n’est nullement  responsable de ce qui se passait dans les périodes passées. « Dorénavant,  la culture de l’audit sera activée », précise-t-il.  Il  manque cependant une  culture de la  punition, faut-il observer. Et pour cause, en ce mois de juin, « il y a un déficit de 30 milliards d’ouguiya », a révélé le Premier ministre. Ce qui    nécessiterait un appel d’offre pour la vente des bons de trésor. Histoire d’avoir des sources de financement rapides moyennant intérêts versés par l’Etat. Or il aurait été loisible de chercher à mettre la lumière sur les raisons d’un tel déficit et éventuellement sanctionner des coupables. Au lieu de cela il y a l’impression d’une volonté de mise à l’abri du gouvernement sortant de Sidi Mohamed O. Boubacar. Un gouvernement dont certains n’hésitent pas à dire que c’est un gouvernement de gaspillage et de mensonge et d’interventionnisme se manifestant par des recrutements suivant les méthodes anciennes. Une preuve ? 77 diplomates dont le recrutement devrait  coûter   800 millions ouguiyas ont vu leur mouvement annuler par le nouveau président. Paradoxalement, le rapport sur l’activité des autorités de  la transition  était parmi les meilleurs  rapports : les recettes fiscales  hors pétrole et dons représentent 27,6% du PIB contre 24,5% en 2005. En 2006, la croissance du PIB réel  serait de  11,7%.   Vrais ou faux chiffres !?   

Un chroniqueur  du quotidien  Assiraje confirme, en ce sens,  dans une publication du 28 mai 2007  «  qu’en Mauritanie chaque fois   qu’il y a une passation de service entre deux  gouvernements, le dernier explique  qu’il n’a rien trouvé dans les caisses de l’Etat ». Abderrahmane Ould Hama Vezzaz, ministre des finances et de l’économie,  explique « qu’au moins 17 milliards du déficit budgétaire sont justifiés par la baisse  de production pétrolière du champ de Chinguitti ». Si l’on en croit la version officielle, « la projection des recettes est faite sur une  base d’évaluation erronée. »   

Le baril du pétrole est, toutefois,  évalué à 60 USD alors que Woodside semble  tabler, dans son étude de commercialisation,  sur une valeur de 20 USD/baril.   S’agissant  de l’action de la nouvelle équipe personne ne peut avancer des informations ou des diagnostics voire des pronostics sur sa gestion actuelle. 

Nous sommes dans l’ère de  la mise à niveau. Nous parlons d’un tableau de bord utilisé par le nouveau Premier ministre. Ce tableau lui permet de suivre l’évolution budgétaire de l’ensemble des départements de l’Etat. Cette démarche a été parait-il arrêtée par ‘je ne sais comment’.  Nous sommes toujours dans les ouï-dire et personne ne  peut prouver ces  spéculations. Les programmes évoqués également  par  l’opposition étaient souvent ambitieux, mais c’est  le comment qui pose problème. L’opposition  peut établir des programmes quantifiables  avant qu’ils nous disent que c’est la faute des autres, et que nous devront leur donner du temps pour auditer la gestion passée. C’est le moment ou jamais. 

A l’époque, Maawiya a tenté  lui aussi une lutte contre  le détournement des biens publics par l’augmentation des salaires des hauts fonctionnaires de l’Etat. L’augmentation était à l’ordre du jour : un ministre touche un million d’ouguiyas, mais l’efficacité reste  toujours le rêve souhaité. La méthode la plus efficace demeure une rémunération par performance. Les  parlementaires devront par leurs partis donner l’exemple. Les communes urbaines commandées par l’opposition   sont-elles  en diapason avec l’évolution actuelle des  critiques de leurs confrères au parlement ?  Comment peut-on croire à la critique de quelqu’un si celui-ci ne peut pas donner l’exemple par une remise en question au sein de son parti ? Certes, la vérité n’est pas l’apanage de certains, celle-ci  est régulée,  cependant,  par ce que nous appelons un idéal qui  est loin d’être une expression courante dans le jargon politique.   

Comme le disait un écrivain malien « les  sociétés africaines favorisent la corruption et le détournement des fonds ». Nous applaudissons nos fils qui détournent le bien de l’Etat alors que dans des pays développés un tel acte pousse au suicide.  Dans ces pays,  la presse et la société civile sont une  référence. Ici les journalistes sont souvent considérés comme une racaille. Ils travaillent dans des conditions désastreuses. Parmi eux et surtout les simples rédacteurs des gens qui aiment  ce pays, il y a  aussi certes des profiteurs, mais nous   n’oublions pas qui sont des mauritaniens comme les autres. Ici  Jamil Mansour  et Bedredine ont  marqué le point en martelant  « que le seul acquis de la période transitoire (exception) est incontestablement   cette liberté de presse».Ce qui sous- entend qu’il faut la préserver. Parmi nos parlementaires des individus qui veulent une augmentation de leurs salaires alors que la démarche  doit toucher les simples  travailleurs,  confirme Jamil Mansour en guise d’intervention.   Un autre a soulevé la question d’emploi comme une solution de relance économique, les idées sont là, mais il nous manque toujours un repère, une référence.   

Dans les mairies qui devront être un exemple de propreté, ce concept est toujours loin d’être évoqué. « Le chameau voit la bosse des autres chameaux  sans pour autant  visualiser  sa propre bosse. » Une chose est sûre, des  ministres affirment  qu’ils peuvent travailler avec la moitié de l’effectif en place. Peuvent-ils mettre à la porte une grande partie de ces bénéficiaires de salaires et les remplacer par des nouveaux plus compétents ? Les femmes en revendiquant leurs droits de 20 % pour  des nominations politiques, mettront-elles la compétence comme un repère  de relance économique ? Le Premier ministre affirme en ce sens que l’emploi et la rigueur des services de contrôle permettront  la reprise  économique, et cela  par une augmentation de pouvoir d’achat. 

« Un système de contrôle  a été mis en place par le Premier ministre dans le cadre de la moralisation et de l’efficacité de l’appareil administratif, sera consacré par la remise  hebdomadaire de documents au PM consacrant le travail réalisé pendant la semaine, par chaque direction, par chaque ministère » (Authentique, n° 496 du vendredi 1 juin 2007). La pérennité  fera-t-elle  défaut ? Nous ne pouvons pas éradiquer l’incompétence administrative   par une baguette magique, nous pouvons néanmoins activer l’esprit de l’État par la mise en place des mécanismes permanents  de contrôle, de l’évaluation et de  la sanction. Cela  manque toujours chez nous. 

m_barrada@yahoo.fr  SourceLa Tribune N°  352 







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