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Mondialisation : La Mauritanie face à l’instabilité internationale Par Mohamed Fouad Barrada

3062007

« Plusieurs partis politiques et organisations ont demandé, au nouveau système de mettre fin aux relations diplomatiques avec l’Etat Hébreu.» (24 mai 2007Alkhbar via le site cridem) Depuis longtemps des politiques mauritaniens ne se mobilisent que s’il y a des événements extérieurs. Depuis quand, ces politiques n’ont jamais organisé  une marche contre les hausses des prix ? Depuis la mise en place du nouveau gouvernement, nous avons constaté que les questions sociales étaient soulevées, bravo !  Qu’en est-il des collectivités locales dont le bilan reste mitigé ? Pourtant, l’opposition est fortement représentée dans ces collectivités locales. Nouakchott et autres villes sont telles qu’elles étaient. L’autocritique devient une exigence. Le soutien de la cause palestinienne est indispensable, mais l’équilibre entre la vision externe et interne reste encore une nécessité. 

Coupons cette relation afin que nos partis, qui n’ont que les affaires étrangères, élaborent des tactiques internes pour le développement de leurs collectivités locales.       Loin du pays, certains me diront c’est chez nous, le conflit militaire  entre l’armée libanaise et la branche armée du Fatah al’Islaam prend malgré la récente trêve une tournure délicate. Dans l’autre coté de la région, l’instabilité fait rage (la guerre civile en Irak), c’est chez nous encore. Tout près de ce pays l’Iran (chez eux) risque de provoquer des alliances géopolitiques entre les européens  et l’Etat Hébreux. Ce pays qui a vu le jour en 1948 continue d’oppresser les palestiniens au vu et au su de la communauté internationale. Ces palestiniens s’entretuent pour une cause purement politique. La trêve était à l’ordre du jour. La machine israélienne n’épargne personne. Interprétation de fait : entre nous, factions divisées en territoires occupés, nous allons entamer une trêve momentanée, une fois les israéliens nous laissent  en paix ; on va commencer notre vraie guerre. C’est celle du  refus de l’autre. Notre soutien, ainsi  que les relations avec les israéliens ne sont pas si stratégiques (en cette période). Nos frères du territoire occupé sont divisés sur des questions institutionnelles et existentielles. 

L’économique essaye d’activer, par ailleurs, les procédures d’investissements. Cela se manifeste par le forum de 11 pays en voie de développement, bientôt le G8. Le groupe de onze qui  vient de voir le jour représente des caractéristiques spécifiques. Ils sont, soit sous-développé, soit en voie de développement. Ils sont une composante du groupe de 77 pays non alignés.   Nous sommes dans l’ère de la mondialisation à outrance. Il est question d’une décomposition (guerre civile, rejet de l’autre, etc.) alimentée par  une composition des groupements économiques. L’écart entre les riches et les pauvres demeure un signe fort de la mondialisation. Les pays riches s’enrichissent de plus en plus, quant aux pauvres ils s’appauvrissent. Les acteurs de la mondialisation créent  la consommation et le déséquilibre devient flamboyant. Ce déséquilibre est constaté même dans des pays dits développés. Une manifestation de cette crise se trouve  dans le paradoxe de l’économie des Etats –unis d’Amérique. Ce pays est à la fois le plus endetté et le plus développé. Une grande partie de sa dette est détenue par des pays comme
la Chine et le Japon. D’autant que ses citoyens vivent au  dessus de leurs moyens. Ils sont les plus endettés de toute la planète. Les crédits à la consommation sont la force motrice de l’économie mondialisée. 
Pour décoller, une économie en cette ère mondialisée, il faut créer le besoin, lequel implique la recherche des sources nécessaires pour le satisfaire. Il s’ensuit un stress permanent. Le phénomène des téléphones mobiles est un fait marquant en Mauritanie. Dans une société oratoire comme la nôtre, la consommation en terme de crédit téléphonique dépasse les normes. D’où le paradoxe mauritanien. Tout le monde cherche l’argent (les portables et leurs recharges, les télévisions  numériques, les ordinateurs constituent entre autre des   consommations supplémentaires et primordiales), alors que l’argent est détenu par une minorité qui n’a pas encore eu l’intelligence de créer les activités par les crédits à la consommation.   Deux banques étrangers viennent de s’implanter, elles insistent que la justice soit transparente afin qu’elles commencent l’initiative des crédits pour les particuliers. En attendant elles refusent d’accorder la place qui sied à la langue Arabe, langue officielle (et première du pays). Mais le niveau de vie est tellement faible ce qui met en retard le déclenchement d’une telle démarche. Celle-ci reste essentielle pour le développement et l’urbanisation du pays. 

Dans ce pays, l’initiative demeure bonne car les plans de développement sont  fortement retardés par l’absence de  la  bonne gouvernance et de la désorganisation négative. Interventionnisme,  drogue, corruption, sont des manifestations du besoin économique.  Le jargon familial est fortement influencé par des expressions comme  «celui-ci a une belle voiture, l’autre a acheté une maison, celle-ci avait  bénéficié d’une dote colossale ». La politique du ventre domine les attitudes d’une grande partie de nos citoyens. La justification implicite ou explicite demeure «qui n’a rien ne vaut rien».  Sous l’emprise du  besoin, le monde urbanisé en Mauritanie marque la mauvaise exploitation de l’image. Les medias renforcent l’effet de l’image  sur la conscience des  mauritaniens. « Il ne faut pas écouter la musique   occidentale »  lance une femme qui rejette les signes « civilisationnels »   de l’occident,  mais celle-ci ne rate pas  les feuilletons latinos. D’autres genres d’individus se focalisent  de plus en plus sur les chaînes à connotation religieuse. Causes : soit une maturité sociale, soit  un phénomène de retour à la source religieuse. Des individus se sentent menacer  par le monde tel qu’il est. Ils n’ont pas les éléments nécessaires pour suivre le rythme de vie mondialisée. Dans ce cadre, chacun a son interprétation de l’existence humaine : Lutte contre l’ennemi et ses amis en est une. Les pouvoirs en place sont mécréants, ils méritent la mort. L’injustice et les régimes policiers tortionnaires font que les hommes oppressés préfèrent  la mort que d’être maltraités. Les bombes humaines peuvent surgir à n’importe quel moment. Une société  comme
la Mauritanie ne supporte pas  de tels phénomènes.      
Le politique cherche  à  se prémunir contre le risque tout en appliquant implicitement la politique de l’autruche. Ce qui sous-entend que le risque  est là mais nous allons faire en sorte de l’éloigner (le 3 août en est une explication). Ces politiques  leur échappent  inconsciemment que l’instabilité n’épargne personne.
La France fait de la mondialisation, l’identité, l’emploi un débat central, alors nous sommes dans un stade  de soumission incompréhensible. Il s’agit toujours du refus de l’autre. Tel refus peut être tribal, ethnique, sectaire ou économique. 

Les riches vont se constituer  en une classe fermée leur permettant de préserver leurs biens tout en se  créant un besoin destructif pour certains d’entre eux d’une part et pour le reste de la société, d’autre part. La tolérance mauritanienne va être un pur passage vers l’intolérance humaine. Malgré tout, nous appartenons à ce monde. Nous sommes des individus avec des faiblesses et des forces. Mais nous  cherchons toujours cette force.       m_barrada@yahoo.fr SourceLa Tribune N° 351 




Les échos Par Mohamed Fouad Barrada

3062007

On évoque des rumeurs selon lesquelles, le  Premier ministre  compte démissionner. D’autant qu’on raconte que la crise des faux chiffres entre  notre pays et les bailleurs de fonds a marqué l’alignement de Zeine O Zeidane à la vision du FMI. Une telle vision a poussé Zeine à l’époque, où il gouvernait  
la Banque centrale, d’exiger l’application d’un système bancaire qui par sa rigidité n’arrangeait pas certains hommes d’affaires. 

Comme l’avait fait le leader de l’opposition en réfutant la rumeur sur son probable nomination à la tête de l’UA, la nouvelle équipe ministérielle  devrait-elle  faire taire ou confirmer la rumeur ? Une telle rumeur (la démission) si elle s’avère vraie pèserait sur la stabilité politique du pays. Laquelle stabilité nécessite  selon Ahmed O Daddah   la concrétisation de la rupture avec les anciennes pratiques. Le chef historique de RFD a réitéré ses accusations vis-à-vis de l’ingérence des militaires dans le domaine administratif, notamment leur rôle dans les nominations récentes. Il a, toutefois  reconnu au cours de sa dernière conférence de presse, des  erreurs sans préciser leur nature. C’est une vertu de reconnaître ses erreurs. A quelle erreur le leader historique de RFD fait-il allusion ?  Malheureusement ou heureusement,  il a avancé ses aveux à la fin de la conférence. Bien que l’erreur soit inhérente à la nature humaine  (qui peut dire qu’il n’a jamais commis d’erreur), de l’avouer est quelque chose d’extraordinaire voire magnifique. 

Quelqu’un me dira que nous avons besoin de leaders qui se sacrifient pour la cause juste, de leaders qui inspirent confiance, qui croient à l’autorité de l’Etat sans être eux mêmes autoritaires, de leaders qui appliquent la puissance juridique au détriment de toute appartenance régionale, tribale ou ethnique. De leaders issus de partis démocratiques donnant à leurs militants la chance de militer pour des principes loin des calculs opportunistes, loin de leurs appartenances. De leaders qui ne veulent que le bien être des populations bien que celles-ci  restent dupées par l’exploitation, elles méritent néanmoins d’être soutenus sans contrepartie électorale, tribale, sectaire ou régionale. Cela passe certainement par des organes démocratiques loin des principes féodaux. Il semble toutefois que  l’instrumentalisation électorale passe par des appartenances favorisant le culte de la personnalité.  Certains disent que le leader de RFD sera la solution adéquate pour un pays comme la Mauritanie. D’autres avancent Mohamed O Mouloud de l’UFP.  Il s’agit de deux écoles de la même tendance socialiste, différentes quant à leurs visions des choses. Cette école entame, partout ailleurs, (la France, le Royaume Uni et autres) une reforme  allant dans le sens de la réflexion touchant leurs organes internes. Une nouvelle tendance mauritanienne  préfère l’alliance Hanenna et Jemil Mansour à travers  le nationalisme islamisé. Un quatrième courant s’organise au sein de la majorité parlementaire  pour consolider l’idéologie de la domination traditionnelle. La question qui s’impose devient alors comment faire en sorte que les mauritaniens se trouvent dans des structures politiques loin des appartenances divisionnaires. Ces appartenances éloignent les mauritaniens de l’objectivité souhaitée de la démocratie : le bien être des citoyens. 

 m_barrada@yahoo.fr      


La Tribune n° 351




Coup de plume de Kissama Diagana

3062007

 

 

Il y a du statisme dans l’air. Un peu plus d’un mois après son investiture, le Président de
la République n’a pas encore ‘affronté le taureau’. Il est pratiquement loin de donner l’impression de ‘le prendre par les cornes’…A part ce fameux procès dont les révélations, si elles sont prises en compte et au sérieux, risquent de démasquer plus d’un tortionnaire et de lever le rideau sur beaucoup de choses jusque-là cachées, et cette histoire de drogue dont la seule évocation fera désormais peur à plus d’un journaliste, le pouvoir qui vient de succéder à celui des militaires reste encore hésitant. Et c’est dommage. Arrivé au pouvoir, Sidi Ould Cheikh Abdallahi s’est-il rendu compte qu’il y a un ravin entre l’idéal et la réalité…Il y a eu des ministres pour ceux qui ont rejoint ses troupes. Les autres sont restés à leur touche habituelle, attendant comme toujours de voir ce qui va se passer… 

Il ne fallait certes pas s’attendre à ce que Sidi Ould Cheikh Abdallahi ait la marge de manœuvre escomptée après tant de compromis. Compromis avec le Mithaq qui lui a fourni une denrée électorale importante ; compromis avec Zeine et Messaoud pour remporter le second tour, faire élire l’un au perchoir de l’Assemblée et nommer l’autre à la tête du gouvernement…Compromis non compris lorsqu’en fin de compte l’équipe de celui-ci n’a pas été le miroir « d’une large union nationale », comme l’avaient souhaité certains politiques. Compromis probable (ce mot est important) avec les militaires pour qu’au moins l’un d’entre eux (Ould Abdel Aziz) continue à observer (ostentatoirement) la scène. Une scène qui tarde d’ailleurs à s’animer et dont l’acte un n’est pas encore joué. On est seulement au prélude : Sidi Ould Cheikh Abdallahi reçoit tout le monde. Avec un sourire débonnaire. C’est bon signe, puisque le chef montre quelque peu que le palais n’est pas un fort mythique et dont les portes ne sont ouvertes que devant les privilégiés. C’est également mauvais signe parce que c’est une invitation à l’inaction : les invités du président ne sont pas les véritables acteurs qu’on attend. Ils doivent être déjà en train de s’opposer. Un peu comme cette sortie la semaine dernière d’Ahmed Ould Daddah, attirant l’attention sur une influence des militaires dans les choix du pouvoir… 

Et les rumeurs aussi vont bon train… 

 ‘Les caisses sont vides’, ‘le PM va démissionner…Pititi patata…’ On entend beaucoup de choses. Peut-être encore une fois de la diversion… 

D’abord, nous refusons de croire que les caisses sont effectivement vidées. A moins qu’on ne nous dise par qui elles ont été ‘vidangées’ aussi rapidement après cette ‘saine transition’…A moins qu’on ne nous convainque que la hausse spectaculaire des prix n’est pas faite pour ‘dédommager’ les commerçants et les hommes d’affaires qui ont insupportablement ‘fait diète’ dix neuf mois durant, préférant ‘laisser priorité au kaki’. 

Ensuite, nous ne croyons pas que Zeine Ould Zeidane nous infligera une démission alors que nous ne l’avons pas encore vu à l’œuvre. Ni devant l’assemblée, ni au travail proprement dit…Pas même devant la presse comme aimait à le faire son prédécesseur immédiat. A son âge, l’homme doit avoir beaucoup d’ambition pour laisser le train en route… 

Il prendra visiblement la parole jeudi à l’assemblée. Attendons de savoir si le jeu de l’éloquence sera contrôlé avec aisance dans un pays où on attend des réponses à toutes sortes de questions…vraiment toutes sortes de questions…et de problèmes aussi… 

kissimousman@yahoo.fr 

 


La Tribune n° 351




procès : Interview Ahmed Mezid Ould Abdel Haq est accusé d’être le numéro trois du Groupe Islamiste de la Prédication et de Djihad en Mauritanie

3062007

Ahmed Mezid Ould Abdel Haq est accusé d’être le numéro trois du Groupe Islamiste de la Prédication et de Djihad en Mauritanie. C’est-à-dire qu’il est accusé d’appartenir à « une association non reconnue, une association de malfaiteurs…. ». Son accusation n’a rien à voir avec le terrorisme. Comme ses 20 co-détenus et co-jugés qui comparent devant la Criminelle de Nouakchott depuis le 21 mai.

Il a accepté généreusement de répondre à nos questions.

 

 

Ahmed Mezid Ould Abdel Haq, de la prison civile, de devant les tribunaux, déclare à La Tribune :

«Je lance, pour l’occasion, un appel à tous les musulmans de se rappeler les restrictions religieuses qui interdisent l’assassin de musulmans sans raison»

 

La Tribune : Le salafisme est un terme qui est entré largement dans les lexiques de la politique et de la pensée depuis quelques années. Quelle est pour vous la définition du terme ?

Ahmed Mezid Ould Abdel Haq : Le salafisme, comme vous le dites, est un terme. Et il lui est arrivé ce qui est arrivé à tous les autres termes de mal interprétation et de mauvais usages.

Le salafisme est pour moi ce que le Prophète (PSL), ses compagnons et les vénérables Exégètes, comme l’Imam Maleck et autres, ont adopté dans le domaine de savoir et d’usage.

LT : Certains salafistes refusent le mode de gouvernance actuellement adopté en Mauritanie, sous prétexte que «le pouvoir ne revient qu’à Allah» et non au peuple, que la fraternité s’établit sur la base «d’omission aux ordres divins» et non sur la base de patriotisme ou de citoyenneté, que «l’allégation est un droit de la Oumma» tout entière et non à l’Etat nationale tel que connu aujourd’hui. Qu’en dites-vous ?

AMOAH : Je crois qu’il n’y a pas de contradiction entre le patriotisme et l’adhésion à l’Etat national, d’une part, et d’autre part l’adhésion à la Oumma, tant que l’Etat veille à appliquer ce qui est mentionné dans le préambule de la Constitution. Pour ce qui est de «le pouvoir est exclusif à Allah», aucun musulman, que ce soit salafiste ou non salafiste, ne peut le nier. Après cela arrivent des polémiques sur des modes de règne importés : est-ce qu’ils sont compatibles avec la charia pour les prendre ? Ou bien sont-ils contradictoires avec elle pour les rejeter. Cette affaire est l’objet d’un débat houleux entre les hommes de la pensée islamique et les ulémas. Et je ne me donne pas le droit de statuer sur ce débat. Bien que, personnellement, j’adopte le point de vue de mon marabout Cheikh Bouddah Ould Bousseiry dans ce domaine.

La Tribune : La Constitution garantit toutes les libertés à tous les citoyens. Comment voyez-vous cette garantie ?

AMOAH : Je crois que la garantie des libertés de citoyens est le meilleur de tout ce qui est à la Constitution, à condition que ces libertés soient bornées par le préambule de la Constitution qui stipule que la Charia est la seule source des Lois.

LT : Beaucoup de salive a coulé ces dernières années sur le djihad. Qui est, pour vous,  habilité à le déclarer ? Et qui devra-t-il viser ?

AMOAH : La décision du djihad est une décision grave, vu ses conséquences aussi sur les vies que sur les biens et les dignités. C’est pour cela que ce n’est pas n’importe quel quidam qui a à le déclarer. Seuls les Erudits «ehloul halli wel ‘aqdi» ont à déclarer le djihad. Et ce djihad doit viser les colonisateurs qui occupent les pays islamiques.

LT: Certains salafistes croient que le djihad est obligatoire jusqu’au Jour du jugement. En votre qualité de personnalité religieuse qui a enseigné Ussama Ben Laden, selon des sources de renseignements, quel djihad prescrirez-vous en Mauritanie ?

AMOAH : Cette prétention (d’avoir enseigné Ben Laden, NDLR) est un mensonge sans fondement. Elle est écrite par la Police dans des faux PV que j’ai refusé de signer malgré leur exagération dans la matière de ma torture et de ma contrainte. Et tout ce qui est construit sur le faux est faux.

Pour la seconde patrie, je ne vois pas qu’il est possible de faire le djihad en Mauritanie. Parce que les victimes seraient le peuple musulman et l’armée musulmane.

LT : Le GSPC a justifié l’attaque de Lemgueïtty en juin 2005 par la détention des « frères prédicateurs » par le régime du « tyran Ould Taya ». Êtes-vous d’accord avec cette méthode de vengeance ?

AMOAH : J’ai répondu à cette question dans une déclaration que j’ai publiée au lendemain de l’attaque dans la presse. Dans laquelle j’ai prié pour la miséricorde des morts de notre armée et pour une prompte guérison aux blessés. J’en ai également illustré l’interdiction de ce genre d’actes. Je crois que ce genre d’actes sert essentiellement ceux qui tentent de nuire à l’image de prédication et des prédicateurs en les montrant comme des assassins qui déstabilisent la paix sociale. Alors que ceux sont les prédicateurs qui renforcent la paix et qui gardent la construction.

LT : Certaines organisations ont commis récemment des attentats au Maroc et en Algérie. Croyez-vous que ces attentats sont justifiables dans la charia ?

AMOAH : Ces attentats qu’ont connus l’Algérie et le Maroc et dont les moyens utilisés visent des lieux publics, ce qui aboutit à des victimes innocentes, ne sont pas, je crois, justifiables. Je vois même qu’ils sont désapprouvés. Je lance, pour l’occasion, un appel à tous les musulmans de se rappeler les restrictions religieuses qui interdisent l’assassin de musulmans sans raison. Je les rappelle également les douloureux châtiments que prépare Allah pour les tueurs des innocents.

LT : Soutenez-vous qu’on vise des ressortissants occidentaux en Mauritanie ?

AMOAH : A mon point de vue personnel, viser les étrangers sur le sol mauritanien est désapprouvé. Nous avons vu que ceux qui ont commis de tels actes dans d’autres pays islamiques n’ont rien changé. Hélas, ils ont compliqué la situation et leurs actes ont été pris comme prétexte pour que des pays s’immiscent dans les pays islamiques. Et le sage est celui qui se sermonne par autrui.

LT : Permettez-vous de nous livrer un témoignage sur la torture la contrainte que vous avez vécue et que vous avez vu d’autres détenus subir ?

AMOAH : J’ai vécu différentes sortes de tortures, tout au long de ma détention à l’Ecole de Police par les bourreaux Didi Ould Mbareck, Mohamed Ould Amar, Ahmedou (le Prince) et ce sur ordres de commissaires Damès, Deddahi, Ould Moueinne, Mohamed Lemine Ould Lellou (Ould Guecou)… Cette torture a pris de différentes étapes : les tortionnaires me déshabillent complètement jusqu’à ce que je sois nu, comme le jour de ma naissance. Ils tirent les cheveux et poil de mon corps, notamment les cheveux de la poitrine. Ils serrent les menottes contre les poignets jusqu’à ce qu’ils coulent de sang. Ils me mettent en jaguar. Je devais souffrir 20 séances de torture, dont chaque séance dure 5 heurs de temps. Les séances sont entrecoupées par des coups de boxe, des bastonnades, d’insultes, d’injures de menaces de viol. C’est Mohamedou Ould Amar qui m’a menacé de viol alors que j’étais en jaguar, tête en bas et Damès me questionne par téléphone et m’exhorte de reconnaître des informations qu’ils ont imprimées auparavant de l’internet. Mais j’ai refusé et finalement j’ai eu à reconnaître les informations si on m’amène au lieu de torture et à les nier une fois qu’on me mène à l’école de police. Et tous ces faits, je les ai détaillés dans un article publié par Akhbar Nouakchott et par des sites internet.

Certains de mes co-détenus ont subi les mêmes pratiques. Notamment, Mohamed Mahmoud Ould Saleck qui a vécu, plus que nous tous, des coups d’électrocution. Mohamed Lemine Ould Saleck et Mahfoudh Ould Idoumou ont eu, eux aussi, une grande partie de tortue. En somme, aucun de ceux que j’ai rencontrés en prison n’a été épargné. Et tous les détenus ont été privés complètement et fermement de prendre le Saint Coran (Mousshaf). Tous ont été privés de vivres et de boissons pendant plus d’un mois. Tous ont été mis délibérément à l’exposition des moustiques et ont été privés de moustiquaires. Tous ont entendu les tortionnaires insulter et injurier les apparences islamiques. Tous ont reçu de coup de boxe, des bastonnades et des coups de pousse violents. Des menaces de torture, de viol et de viol d’épouses ont été lancées à l’encontre de certains détenus, comme Issa Ismaël qui a, lui aussi, subi tellement de torture.

 

Propos recueillis par : Mechri Ould Rabbany

 

 

La Tribune N°351




Atmosphère, atmosphère… !

3062007

Tout le monde s’accorde pour épargner le pouvoir civil pendant la trêve réglementaire. Cent jours d’omerta protocolaire. Comme dans les métropoles et démocraties nourricières. Passé le tiers de cette durée arbitraire, on peut dénoncer l’atmosphère délétère qui trahit les ministères. A force de gouvernance précaire, sans action légendaire ni changement d’ère, les bergères ne risquent-elles pas d’en repiquer pour les folies militaires ? 

 

Société suicidaire 

En effet, le gouvernement du jour ne déroge pas aux canons du régime d’hier. Pas d’amalgame ni innovation dans la religion des affaires. Mêmes rites parlementaires. Paroisses sursitaires. Messes gouvernementales sans caractère. Oraisons crépusculaires. Les médias publics diffusent en boucle le même abécédaire. Une batterie de curriculum vitae sans art ni manières. L’éternel ministre des affaires étrangères psalmodiant les sempiternelles péroraisons consulaires. Celui du développement rural qui rumine ses pénitences agraires. Pendant que leur collègue de l’intérieur accomplit sa ronde hebdomadaire. 

Et la prime d’honneur au visiteur fantôme qui franchit la zone aéroportuaire. Menu chef de service ou simple touriste d’un pays frère, la présidence lui ouvre son protocole comme à un pair. Au vu et au su de la planète entière. Drôles de critères enracinés par la communication cmjidaire. Une fantasmatique sans cache-misère qui, vouée à l’indiscrétion étrangère, révèle une société amère et suicidaire. 

Assez de cette propagande hospitalière. Qui ne dit rien de la marche des affaires. Comme promis à coup de campagnes dépensières, il faut «gouverner d’une autre manière». Sortir la population de la dictature de l’ordinaire. Faire rêver les diplômés- chômeurs et rassurer les pauvres ménagères. Qui continuent de regarder l’espoir avec leurs yeux de chimère.   

 

Gouvernement salutaire 

Hélas, l’autorité civile manque de savoir faire. Face au paradoxe populaire d’une société qui réclame une chose en applaudissant son contraire. Sous l’ancien régime militaire, quand elle n’était pas avérée, la tension devenait imaginaire. Pour entretenir la flamme nationale – tortionnaire. Ses remaniements et détournements alimentaires. 

L’opinion publique n’y perdait pas sa trajectoire. Pour pleurer dans les chaumières, elle se nourrissait de coups d’état et de chasses aux sorcières. Elle en redemandait à la régulière. Histoire de  fournir ses rues et salons en provisions routinières. Anciens ministres en galère pour réjouir les misères singulières. Colonels foireux ou déchus pour cultiver la vindicte incendiaire. 

Aujourd’hui,
la Mauritanie cherche un gouvernement salutaire. Pour se refaire. Retrouver ses repères. Pour que les choses soient enfin claires : après l’avoir couvert d’honneurs et de prières, le peuple veut s’assurer que le militaire a définitivement regagné son repaire. A trop vouloir en faire, le sens de l’action se perd. L’effet de l’effort ne se voit guère dans les messes extraordinaires. Mais à l’air épanoui de ceux qui désespèrent…   Atmosphère, atmosphère… !

Source :
La Tribune n° 351 du 30 mai 2007




Les chiens de guerre sortent de l’ombre

3062007

(MFI) Comment la guerre s’est-elle privatisée ? Dans Autoroute vers l’enfer, un ancien sous-officier du SAS raconte de l’intérieur comment s’est constituée, en Irak, une armée de 50 000 mercenaires d’une vingtaine de nationalités.

 

Un mauvais pressentiment l’avait saisi en voyant
la Série 7, «
la BMW aux vitres teintées sur la bretelle d’accès de l’autoroute. Elle était typique – trop typique – des véhicules qu’utilisaient les groupes d’insurgés en Irak ; tandis que l’image de la voiture enflait dans le rétroviseur, je sus avec certitude qu’ils allaient bientôt frapper. » Ainsi parle John Geddes, cet ancien sous-officier des forces spéciales britanniques, le Spécial Air Service (SAS), devenu « soldat de fortune » – traduisez mercenaire. Son témoignage – entre thriller et enquête très informée – rend compte du quotidien terrifiant et souvent rocambolesque de cette armée privée venue combattre les insurgés irakiens.
Il fut l’un des premiers à se rendre en Irak « après l’annonce de la fin des hostilités officielles en mai 2003 » par Georges Bush. Mais ce jour-là, entre
la Jordanie et Bagdad, plus précisément entre la rocade de Fallouja et le périphérique de Ramadi, John Geddes escorte une équipe de journalistes d’une grande chaîne de télévision britannique, ainsi que leur chauffeur jordanien, sur la route la plus dangereuse du monde, surnommée Autoroute vers l’Enfer. « Clat ! Clat ! Clat ! Mon doigt pressait toujours la détente, et les balles continuèrent à déchirer cet espace de deux mètres pendant quelques secondes (…) Dans le petit miroir, je vis ensuite
la BMW zigzaguer et déraper »… Parti d’Amman le matin à l’aube, il a méticuleusement vérifié son matériel, kit de survie, carte d’identité, passeport, avant de rejoindre les autres dans le hall de l’hôtel. Il l’a d’ailleurs bien précisé à ses clients : même si ceux-ci lui ordonnaient de ne pas porter d’armes, il ignorerait leurs instructions, et cela quelles que soient celles de leur direction.

Comment ces hommes ont-ils émergé de l’ombre ?

Recruté comme contractor par une importante société de sécurité, sa première mission en Irak avait consisté à dresser un tableau de la situation : état des installations stratégiques (champs de pétrole, ports ou villes), estimation de la stabilité de ces zones et des menaces susceptibles de peser sur les « armées d’ingénieurs, de géomètres ou d’hommes d’affaires qui allaient bientôt déferler en Irak dans le cadre de contrats de reconstruction de plusieurs milliards de dollars financés par les Etats-Unis ». Outre les Britanniques, les Américains étaient aussi sur place avec la société Blackwater, une des plus importantes sociétés militaires privées (SMP) du monde du mercenariat et de la guerre moderne. Propriété du groupe Halliburton, elle était dirigée de 1995 à 2000 par Dick Cheney, alors vice-président des Etats-Unis. Ses contrats : protéger les officiels du Département d’Etat dans leurs déplacements en Irak ou en Afghanistan.
Dans la première moitié du XXe siècle, les Etats dotés d’armées puissantes ne laissaient pas de place aux soldats privés et le mot mercenaire inspirait le mépris. Mais pour répondre à de nouveaux défis, naquit en Grande-Bretagne la toute première SMP, Keany Meany Services (KMS), qui participa à l’assaut donné contre l’ambassade d’Iran à Londres le 6 mai 1980. Ses client sont ensuite des rois du pétrole, comme ceux des nombreuses sociétés qui voient ensuite le jour grâce aux marchés des potentats du Moyen-Orient. Puis des soldats d’Afrique du Sud et de l’ex-Rhodésie se mettent au service de SMP impliquées dans des conflits en terre africaine (Angola, ex-Zaïre) ou au service de chefs d’Etats subsahariens peu scrupuleux.
Dans les années quatre-vingts, ces sociétés européennes, sud-africaines et américaines sont en relations privilégiées avec les services de renseignement britanniques et américains – et avec le Pentagone. Soviétiques, Chinois et Cubains ne sont pas en reste. Mais après la chute du mur de Berlin, près de 6 millions de soldats démobilisés cherchent à louer leurs services. C’est alors que le marché commence vraiment à décoller. En 2005, près de 900 sociétés basées dans plus d’une centaine de pays répartis sur tous les continents réalisent un chiffre d’affaires estimé à plus d’une centaine de milliards de dollars. Les trois américaines Blackwater, KBR et Dyncorp sont les principaux acteurs du marché.
C’est notamment sur des sites Internet que des officiers conseils drainent des anciens soldats vers l’Irak, de sorte qu’un an après son invasion en 2003, on y compte quelque 20 000 contractors, puis, à l’été 2005, 30 000 combattants salariés et en 2006, 50 000 environ. Sans compter un nombre équivalent d’employés dans la logistique (non combattants) venant des Philippines, du Pakistan, de Turquie… Parmi eux les jundhis (conducteurs de camions) subissent les plus lourdes pertes, suivis de près par les mécaniciens de maintenance de chars ou d’hélicoptères. Sur un tout autre registre, « ce sont des experts en renseignements employés par des sociétés privées qui étaient en charge de la prison d’Abou Ghraib », affirme John Geddes, soulignant le lien possible avec les allégations de tortures ou de mauvais traitement des prisonniers qui seraient plus le fait des contractors que des GI – à qui on a préféré faire porter le chapeau.

La sécurité en Irak ? Une dépense quotidienne de 43 millions d’euros !

Durant la seconde Guerre du Golfe, au Koweït, les SMP employaient l’équivalent d’environ 1 % des forces armées américaines, contre 10 % aujourd’hui (un contractor pour dix militaires) ; elles bénéficient « de près d’un tiers des 30 milliards de dollars de budget de l’armée américaine dépensés en Irak ». La plus importante, KBR (50 000 employés) a « un contrat avec le Pentagone d’une valeur de 11,84 milliards de dollars ». Quant aux sociétés britanniques, elles employaient 14 000 hommes armés en Irak en 2005, pour des contrats d’une valeur cumulée de 100 millions de dollars. Outre Erinys, qui a notamment assuré la distribution de la nouvelle monnaie irakienne aux banques du pays, Global Strategies a fait démonstration de sa force en septembre 2005 en bloquant l’aéroport de Bagdad pour obliger le gouvernement irakien qui ne l’avait pas payée depuis sept mois à honorer ses engagements.
Au total, une « armée officieuse d’occupation en Irak qui rend dérisoire la présence du contingent britannique – 8500 soldats seulement – et qui représente la deuxième force en nombre après l’armée américaine ». Soif d’aventure, appétit d’argent, un contractor gagne plus de 800 euros par jour en moyenne. « Il n’y a qu’en Irak qu’ils trouvent la quasi-certitude de satisfaire leurs aspirations », conclut John Geddes, et peuvent en prime obtenir une part du gâteau, les « 43 millions d’euros dépensés quotidiennement pour la sécurité en Irak ».

Antoinette Delafin

Autoroute vers l’enfer, de John Geddes, Paris, Editions Movie Planet, novembre 2006.




Les efforts de lutte contre le sida ne sont toujours pas suffisants

3062007

 

Vingt-huit pour cent seulement des 7,1 millions de personnes dont l’état de santé requiert une thérapie antirétrovirale (ARV) suivent un traitement qui permet de prolonger l’espérance de vie, rappelle un rapport des Nations Unies, publié lundi dernier, en soulignant qu’une « plus grande action » est nécessaire afin de respecter les engagements pris au niveau international, en matière d’accès aux médicaments.
En décembre 2006, deux millions de personnes vivant dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire recevaient un traitement ARV – soit 700 000 patients supplémentaires par rapport à l’année précédente. Cependant, les objectifs fixés d’ici 2010 concernant l’accès universel au traitement, à la prévention, à l’appui et aux soins sont loin d’être atteints, note le rapport, publié à l’occasion du premier anniversaire de la signature de la déclaration politique d’engagement sur le VIH/SIDA, par les Etats membres des Nations Unies.
Lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une session de l’Assemblée générale consacrée à la lutte contre le VIH/SIDA et qui s’est tenue lundi dernier, Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré que «pour chaque personne recevant un traitement antirétroviral, six autres deviennent séropositives».
 «Chaque nouvelle infection grève davantage la vie des individus, des familles, des foyers, des communautés et de la société dans son ensemble», a-t-il poursuivi.
En outre, il a rappelé que l’année dernière, 90 pays s’étaient fixés des objectifs nationaux en matière de traitement, de prévention, d’appui et de soins et que plusieurs pays avaient mis des services spéciaux à la disposition des enfants orphelins du sida.

Le rapport reconnaît qu’en fixant des objectifs nationaux, les pays ont accompli une première étape importante, mais «peu de pays ont démontré avec précision la manière dont ils surmonteront les obstacles qui entravent l’accès universel au traitement, tels que les systèmes de santé faibles, le manque de ressources humaines, de financements fiables et viables et de services abordables».
De nombreux pays ne sont pas parvenus à estimer correctement le coût de leurs objectifs ambitieux, souligne le rapport. Et ces pays sont confrontés à la «réalité» et doivent se battre pour trouver des fonds afin d’assurer la viabilité de leurs projets. Sans une aide financière importante des pays développés, les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire ne seront pas en mesure d’atteindre les objectifs d’accès universel au traitement, prévient le rapport.
Le rapport insiste sur le besoin urgent d’un financement international plus conséquent et mieux coordonné et rappelle que seul un peu plus de la moitié des 18 millions de dollars américains nécessaires à la mise en place des programmes de lutte contre l’épidémie de 2007 est actuellement disponible.
Toujours selon le même document, la communauté internationale «a souvent financé en priorité les projets aux résultats rapides au détriment de ceux aux résultats durables à plus long terme». Cependant, les fonds, lorsqu’ils sont utilisés de manière stratégique, permettent, en règle générale, de renforcer les systèmes de santé et de passer d’une mesure d’urgence à une démarche à plus long terme.
En outre, le rapport a rappelé que les mesures de prévention ne parvenaient pas à suivre le rythme de l’épidémie car les programmes de prévention n’étaient pas suffisamment financés.
D’après le même document, les pays doivent davantage lutter contre les principaux facteurs socio-économiques et culturels (l’inégalité entre les sexes, et la stigmatisation) qui alimentent la propagation de l’épidémie, et les populations à risque (les travailleuses du sexe, les prisonniers et les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes) n’ont pas suffisamment accès aux services de prévention.
Dans des pays où l’épidémie est généralisée et où les efforts de prévention ont été soutenus, la prévalence du sida a connu un recul, s’est félicité M. Ban Ki-Moon.
En effet, au Botswana, Kenya, Malawi, Rwanda et Zimbabwe, le taux de prévalence du VIH/SIDA parmi les jeunes a chuté en 2006.
Une étude plus générale sur les progrès accomplis en vue d’atteindre les objectifs fixés l’année dernière, lors de
la Rencontre de haut niveau sur le sida, au cours de laquelle les membres des Nations Unies ont examiné les engagements pris en 2001, lors de
la Session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies consacrée au VIH/SIDA (UNGASS), est prévue pour 2008. L’Onusida publiera son rapport annuel sur la situation de l’épidémie en juin prochain. (source : PlusNews, Irin)




Société Protectrice des Animaux et de la Nature (SPANA)

3062007

Pour défendre également les animaux 


La Mauritanie est un pays riche en ressources. Ses ressources se partagent en ressources renouvelables et ressources non renouvelables. Bien qu’ils soient non renouvelables, des ressources telles que le pétrole ou les mines intéressent les gens plus que des ressources renouvelables telles que l’élevage et l’agriculture. Ce qu’on a, apparemment, compris en Mauritanie d’après le 19 mars. Le Gouvernement de Zeine Ould Zeidane a nommé un ministre (chargé de l’agriculture et de l’élevage. Ce portefeuille est innové pour contre-peser la suppression du ministère du développement rural. 

 

Défendre l’âne et autres 

La Société Protectrice des Animaux et de la Nature (SPANA) est une Organisation Non Gouvernementale mise en activité le 09 juin 2001. Elle est située au sixième arrondissement. La SPANA vise à garantir aux animaux de traction une couverture sanitaire gratuite. Pour atteindre cet objectif, la SPANA a ouvert un refuge aux animaux. Un Centre National d’Hospitalisation annexe. Dans ce CNH à l’animale, des vétérinaires veillent pour donner une meilleure hospitalisation aux animaux dont ils ont besoin. Une équipe s’occupe pour mettre une alimentation équilibrée à la disponibilité des animaux dont les propriétaires sont indulgents. Pour intervenir aux quartiers périphériques et à l’intérieur du pays, la SPANA a mis à la disposition des résidants de ces lieux une « clinique ambulante ». Il s’agit d’une voiture « Land Rover » et une équipe cadrée qui interviennent surtout aux bornes fontaines, souks et faubourgs. Cette clinique ambulante participe à la sensibilisation des propriétaires des animaux sur les droits de ces animaux. Notamment, pour empêcher le déclenchement des épidémies et pour contrôler ces épidémies une fois répandues. Elle a eu à porter une main forte aux services du Ministère du Développement rural.  

 

Sensibiliser c’est enraciner les règles du jeu 


La SPANA ne s’arrête pas à l’octroi de services. Mais, elle a utilisé le volet de la sensibilisation à travers des larges campagnes, des débats, des meetings, des tournées dans le pays. Les campagnes de sensibilisation ont été supervisées par des professeurs d’écoles, des intellectuels et des défenseurs des droits des animaux. C’est ainsi qu’un professeur accompagne la clinique ambulante au cours de ses déplacements pour assurer le volet Education.
La SPANA organisent ; notamment, des rencontres et séminaires réguliers à Nouakchott et dans les  capitales des wilayas. Un livre et des cahiers scolaires sont sous édition sur les comptes de
la SPANA. 

Entre juin 2001 et juin 2003,
la SPANA a traité 49.003 animaux (dont 4534 équins et 36.437 asines). Elle a hospitalisé 534 animaux (425 équins et 109 asines).
La SPANA a fait mignonnement l’euthanasie à 17 pauvres animaux (13 asines et 4 équins). 

Le credo de
la SPANA est la «prise de conscience collective à tous les niveaux de l’importance du bon traitement des animaux ». Son devise est «améliorer les conditions de santé des animaux ». Et pour renforcer cela, elle milite pour l’ «amélioration des conditions de vie des propriétaires des animaux ». 

Mechri Ould Rabbany. 




Trafic de drogue en hausse et risques d’instabilité

3062007

Les Nations unies ont remarqué depuis plusieurs mois une recrudescence du trafic de drogue en Afrique de l’ouest et s’inquiètent pour la stabilité des gouvernements de la région, a indiqué vendredi à Dakar un responsable de l’Onu. « Depuis quelques mois, il y a des actions illégales surtout liées au trafic de drogue dure » qui se développe en Afrique de l’ouest, a indiqué lors d’une conférence de presse le représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’ouest, Ahmedou Ould Abdallah.

M. Ould Abdallah a précisé qu’entre septembre 2006 et mai 2007, plus de deux tonnes de « cocaïne venant probablement d’Amérique latine » ont été saisies dans la sous-région. « La drogue vient des pays côtiers, probablement de Guinée-Bissau et de Guinée, mais les plus fortes saisies ont été effectuées en Mauritanie, au Niger et au Burkina« , a-t-il ajouté. Cette augmentation du trafic de drogue est « dangereuse pour la stabilité des gouvernements« , a précisé M. Ould Abdallah, affirmant qu’il fallait prendre ce problème « au sérieux face à des états fragiles« . « Les trafiquants ont des moyens plus importants que l’Etat. S’ils s’implantent, il est difficile de les déloger« , a-t-il affirmé en prenant en exemple la situation des pays d’Amérique du sud « pris en otage par les trafiquants« . Pour le représentant du secrétaire général des Nations unies en Sierra Leone, Shola Omoregie, « le trafic de drogue peut affecter la stabilité d’un pays« . « Pour le gouvernement (bissau guinéen), combattre le problème du trafic de drogue est une priorité, mais il n’en a pas les moyens. Il manque d’effectifs de police, de véhicules et d’essence« , s’est-il désolé. (AFP) 

 

Zapatero à Nouakchott

 

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Anguel Moratinos, a annoncé jeudi soir à Nouakchott, au terme d’une audience avec le président mauritanien, la signature d’un accord de coopération politique, économique et social entre
la Mauritanie et son pays. «L’accord sera signé lors de la visite du chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodrigues Zapatero, prévue avant la fin de 2007», a indiqué M. Moratinos. Au sujet de la teneur de l’accord, le ministre a dit qu’il sera «un traité d’amitié, de coopération et de bon voisinage entre l’Espagne et
la Mauritanie», ajoutant qu’il permettra une coopération plus large qui «embrasse les domaines politique, économique et social». Le ministre n’a pas fourni plus de détails sur la nature de cette coopération.

La visite du ministre espagnol, qui intervient quelques semaines après la mise en place d’un nouveau gouvernement civil en Mauritanie, coïncide avec la reprise de l’afflux des migrants clandestins ouest-africains vers l’archipel des Canaries. La visite du ministre espagnol n’a duré que quelques heures. (APA)

 

 

Plainte contre l’ancien président Ould Taya

Des Mauritaniens résidants aux Etats Unis, viennent de déposer, ce mercredi 23 Mai, une plainte contre l’ancien président Maouaya Ould Taya, et Cie pour crime contre l´humanité, tortures et crimes de déportations. Au nom de quelques ressprtissants victimes de la répression des années de braise, c’est un groupe d’avocats de l’ONG Refugee Defense Alliance qui ont introduit la plainte devant un tribunal de New York. La justice américaine pourrait bien donner suite à cette démarche. C’est la deuxième fois qu’un groupe d’anciens militaires essaye d’introduire une plainte du genre contre l’ancien président Ould Taya. La première fois, c’était à Bruxelles en Belgique. La plainte n’avait pas eu de suite.

En tout cas l’affaire relance cette question du passif humanitaire pour le règlement duquel tous les acteurs se sont engagés. Mais il n’y a pas que l’ancien président qui est concerné. Au moins sept officiers de l’Armée nationale – dont deux sont encore en activité – doivent être concernés. C’est ce qui ressort de différentes enquêtes. Tandis que les survivants des horreurs de 90/91 comptent les bourreaux en dizaines. Dans cette sombre page de notre histoire récente, l’impunité a été une catastrophe.

 

3ème session du conseil supérieur de l’OFA

Le conseil supérieur de l’Organisation de
la Femme Arabe
a tenu sa troisième session, dimanche à Abou Dhabi, avec la participation des premières dames des pays membres ou leurs représentants. La session, présidée par Sheikha Fatima Bint Mubarak, présidente de l’Union générale des femmes de l’Etat des Emirats arabes unis, a adopté le plan d’action de l’organisation pour la période s’étalant de 2008 à 2012. Cette réunion a approuvé la tenue du deuxième Congrès de l’Organisation en novembre 2008 aux Emirats Arabes Unis avec pour thème : « La femme dans le concept et les questions de la sécurité humaine : approches arabes et internationales« . Au cours de cette réunion, les participantes ont écouté un exposé donné par la direction générale de l’Organisation sur le réseau des femmes arabes à l’étranger, ainsi qu’un rapport sur le suivi des décisions issues de la deuxième session du Conseil supérieur de l’organisation, tenu en juin 2005 au Bahreïn. Le conseil exécutif de l’Organisation de la femme arabe avait adopté, vendredi, au terme de sa session extraordinaire, une initiative de solidarité pour la libération des femmes palestiniennes détenues dans les prisons israéliens, et comportant sur une série de mesures visant le soutien de la femme palestinienne, la constitution d’un lobby auprès des communautés internationale et internationale pour exercer des pressions sur Israël afin de l’amener à cesser les agressions contre les femmes palestiniennes. L’organisation de la femme arabe regroupe 15 Etats membres : le Maroc,
la Jordanie, les Emirats arabes unis, Bahreïn,
la Tunisie, l’Algérie, le Soudan,
la Syrie, le Sultanat d’Oman,
la Palestine, le Liban,
la Libye, l’Egypte,
la Mauritanie et le Yémen. Notre pays a été représenté par Mme Khatou Mint Boukhari, épouse du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. (avec MAP)

 

 

Profil environnemental de
la Mauritanie 

 

 

Le Ministre Délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Environnement, SE Mme Aïcha Mint Sidi Bouna et le Chef de Délégation de
la Commission européenne, SEM Jean-Eric Paquet participeront le mardi 29 mai à l’ouverture officielle de l’atelier de restitution des résultats du profil environnemental de
la Mauritanie.

Cette étude, financée par l’Union européenne, a pour objectif d’aider les autorités mauritaniennes,
la Commission européenne, les bailleurs de fonds et la société civile à intégrer des aspects environnementaux dans toutes les futures interventions et décisions stratégiques. Elle met en évidence les liens entre l’environnement et la réduction de la pauvreté.

De plus, l’étude rassemble les informations de base sur l’environnement et pourra contribuer à la préparation des politiques publiques mises en oeuvre en Mauritanie. Elle servira aussi de point de référence pour les programmes de coopération au développement sur des aspects essentiels tels que le développement durable ou la sensibilisation à l’environnement. Ainsi ce profil environnemental a largement influencé la programmation de la prochaine période de financement de
la Commission européenne (10ème FED) de 2008 à 2013. L’étude est fondée sur une approche participative qui a permis la consultation des acteurs principaux en Mauritanie.
Avant l’atelier, SEM Paquet a précisé que:  » Ce profil environnemental devra pouvoir servir de référence pour le respect de l’environnement dans l’ensemble des activités de coopération au développement en Mauritanie. » 

Rappelons que la politique d’environnement est une des politiques principales de l’Union européenne, et doit à ce titre être intégrée dans les actions et projets européens.

 

 

Pour les Mauritaniens en Europe et Amériques 

Il s’agit du jeune Brahim Ould Ismaêl Ould Hormatallah qui réside en France depuis plus de 20 ans. Son suppléant est Mody Sow, un vieux syndicaliste mauritanien résidant en France depuis les années 60. Ould Hormatallah a annoncé la nouvelle le samedi 27 mai 2007 à Hôtel El Khater. Pour lui, le temps est venu pour élire un représentant des expatriés mauritaniens à l’étranger parmi eux « Il est inacceptable qu’un quidam qui loge à Tevragh Zeïna représente les ressortissants mauritaniens à l’extérieur, pour la simple raison qu’il n’est pas en mesure de connaître leurs réels problèmes ».

Sur le plan organisationnel, Ould Hormatallah recensera les mauritaniens et connaîtra leurs conditions de vie : ce qui permettra aux autorités compétentes de disposer d’une banque de données fiables sur la colonie mauritanienne en Europe et aux Amériques et sur leurs situations. Il renforcera, également, les liens entre les expatriés et les autorités diplomatiques du pays. Ceci passe par l’encouragement de la distribution de la carte consulaire, l’organisation de rencontres régulières entre les représentants diplomatiques et les ressortissants et finit par l’amélioration de l’image te de la qualité du service rendu aux expatriés.

Politiquement, il militera pour que chaque mauritanien, bien qu’il soit à l’étranger, obtienne le droit de vote « Nous avons vu les maliens de Nouakchott voter, les sénégalais de Nouakchott voter, les français de Nouakchott voter… il est temps que nous voyions les mauritaniens de l’extérieur voter, eux aussi ». Plus que ça, le candidat milite pour que les sénateurs des mauritaniens de l’étranger soient élus par ces expatriés. A l’instar du modèle français « Les ressortissants mauritaniens à l’étranger devront disposer d’une Assemblée générale. Cette assemblée générale devra être l’électorat qui choisira les sénateurs de mauritaniens à l’extérieur ».

Culturellement, il mettra un plan d’enseignement de la langue arabe aux enfants des émigrés mauritaniens à l’étranger. Ce plan visera les villes dont les mauritaniens présentent une forte présence. Avec le temps, l’expérience sera généralisée sur toutes les villes à présence mauritanienne. Ould Hormatallah fera notamment découvrir le patrimoine culturel de
la Mauritanie auprès des enfants des expatriés. En s’inspirant « des actions culturelles dans les pays d’accueil pour promouvoir la culture mauritanienne ».

Economiquement, il veillera à « faciliter aux expatriés le transfert d’argent via les banques ». Car, « il est inacceptable qu’un transfert d’argent prend 10 jours entre
la France et
la Mauritanie alors que ce transfert ne prend que deux jours avec des pays limitrophes à
la Mauritanie ». Le candidat travaillera notamment pour réduire les tarifs de billets d’avions, en impliquant les ministère des transports et du commerce pour travailler avec les compagnies aériennes afin de proposer un tarif de base indexé (à l’instar du Sénégal et le Maroc).

Sera-ce suffisant pour convaincre les sénateurs pour l’élire ? Wait and see.

 

Source :
La Tribune n° 351 du 30 mai 2007

 




Objet : Lettre ouverte

3062007

A son Excellence, Monsieur le Président de la République 

 

Excellence Monsieur le Président 

 

Nous sommes un groupe d’hommes et de femmes recrutés  depuis le mois d’Août 2005 par le Secrétariat Permanant du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie où nous avons exercé différentes tâches: Secrétaires, femmes de bureaux, jardiniers, plantons agents de protocoles et employés d’administration. Avec l’arrivée du nouveau Sénat nous avons continué à nous acquitter convenablement de nos tâches, nous avons participé d’ailleurs activement aux préparatifs  d’ouverture de la session extraordinaire. Les salaires que nous percevions  nous permettaient de subvenir aux besoins de nos familles composées de vieillards, de femmes et d’enfants. 

Des prélèvements d’ITS et des cotisations pour la CNSS étaient retenues sur nos salaires, malgré cela ils nous permettaient de faire face aux nécessités  d’une vie caractérisée  par une crise socio-économique  à multiples dimensions : chômages, hausse des prix de denrées de première nécessité  et le fossé qui ne cesse de s’agrandir entre les pauvres et les riches. 

Mais notre situation a brusquement basculé le mercredi 9 mai 2007, lorsque, exhibant notre liste, les éléments de la sécurité nous ont intimé l’ordre de s’éloigner de la porte nous informant ainsi que nous ne faisons plus partie du personnel du Sénat et qu’ils ont reçu l’instruction ferme de nous en interdire  l’accès. C’est comme ça que nous avons été licenciés sans droits et chassés du Sénat sans ménagement comme des animaux galeux. 

Excellence monsieur le Président 

Le traitement irresponsable et contraire, à la morale, et au respect de la dignité humaine  qui nous été réservé, a anéanti  l’espoir qui nous animait et brisé notre rêve  à une vie meilleure suite au changement intervenu dans notre pays ces derniers mois. 

Ce traitement est surtout contraire à vos engagements électoraux que vous avez réitérez dans votre discours  d’investiture  en déclarent que le peuple  mauritanien a le droit d’espéré à la prospérité et au bien être car in en a les moyens : il a ses valeurs morales  et spirituelles  avec un sous sol recelant des richesses naturelles de toutes sortes. 

Excellence monsieur le Président, nous nous adressons à vous, en tant que qu’ultime recours, pour vous demander de bien vouloir  user de votre pouvoir  pour nous rendre  justice et nous rétablir dans nos droits légitimes. 

Dans l’attente d’une suit favorable et compréhensible de notre situation, veillez recevoir Excellence Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération. 

 

Source :
La Tribune n° 351 du 30 mai 2007

 

 







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