Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

22052007

 

On raconte que le Premier ministre travaille 19 heures par jour ! Quel record ! Il monte à 8 heures pour quitter son bureau à 3 du matin. Bravo, Monsieur le Premier Ministre ! Si les résultats pouvaient suivre, l’exemple ne serait pas en reste. Seulement, la paresse est notre nature à nous autres mauritaniens. Nous avons besoin des grands bosseurs, certes. Pour mettre l’appareil  étatique  en marche. Ce n’est pas la quantité de travail, mais l’efficacité et l’efficience qui comptent. Dans les pays scandinaves les gens travaillent  moins que les français et les marocains, par exemple. Ils sont plus rentables. En Mauritanie on se livre à une suractivité. Mais disons à monsieur le Premier ministre que ‘gouverner’ la Banque centrale et gérer un pays sont deux choses différentes. Hormis les rares restructurations financières, qui ont permis une stabilité monétaire, discutable du reste, et la rectification des données macro-économiques, qui ont donné l’occasion à notre pays de bénéficier de l’initiative de l’effacement de 55% de notre dette, le bilan reste mitigé. 

C’est sur le quotidien que nous devrons mettre l’accent. Ce qui ne signifie pas  que la capacité journalière du travail du pouvoir exécutif  sera l’équivalente de la   somme des jours en terme d’activité. Si à titre d’illustration un seul,  ou deux  Ministères,  travaille  plus que les autres le résultat sera  totalement négatif. Si par contre l’ensemble des Ministères  table sur une coordination entre les différentes structures la rentabilité deviendra  alors plus significative. 

La formule du développement est claire : une justice sociale, un contrôle sans faille et  un esprit de réflexion. L’objectif est la  croissance économique.  Ce qui sous-entend des investissements.  En ce sens, savez vous monsieur le Premier ministre que dans une grande ville comme Kiffa les gens n’arrivent pas à finir le mois sans l’aide de leurs parents. Les causes sont flamboyantes : il n’ y a pas d’activité. Les activités déclenchent  la relance économique. Quelqu’un   me dira  que le pays ne dispose pas d’assez de moyens pour créer des activités  pour une telle relance et qu’il faut attendre la réalisation des grands équilibres  macro-économiques. C’est-à-dire deux  ans voire cinq ans. Mais le défi est énorme. Il faut juste activer la transparence dans des domaines tels que
la  Justice,
la Cour des Comptes,  le  Transport et  la Police. En fait, en venant  tout récemment  d’un pays étranger,  je me suis  hasardé à demander le prix du transport du taxi pour une destination proche de l’aéroport, à ma surprise  le taximan m’avait fixé un prix exorbitant. J’essayai de m’interroger sur les raisons d’une telle tarification, il m’avait dit qu’au niveau de l’aéroport, il y a un nombre limité de taxis.  Ces  taxis bénéficient des privilèges informels. Ces actes seraient le signe d’une  pratique male saine d’abus de pouvoir. Ce qui sous-entend  que la porte d’entrée de notre pays (l’aéroport), nous donne une idée claire  du dysfonctionnement de notre système. 

Autre fait marquant, à l’atterrissage  à l’aéroport,  j’étais frappé comme d’habitude  par  son état. A coté de la piste d’atterrissage se trouvaient des boites troués et des ordures. Nous voyageons et  nous revenons sans que les choses s’améliorent.   

Pourtant, c’est facile de veiller à la propreté de l’aéroport et de bien contrôler le prix des transports. Il faut juste commencer par le commencement : équilibrer entre le quotidien et les objectifs globaux de l’actuel gouvernement.   

Sur la composition du nouveau gouvernement, l’opposition formule des critiques sur les nominations faites suivant  les anciennes bases des appartenances. A cela nous pouvons dire que le gouvernement est une affaire de la majorité, jouer sur cette optique demeure une immixtion sans fondement. Dans n’importe quel pays démocratique, le pouvoir exécutif est nommé selon un principe des appartenances politiques. La preuve en est la récente nomination du premier ministre français. Il semble cependant que nous sommes en pays fortement guidé  par l’appartenance tribale même l’opposition n’était  pas à l’abri (l’expérience des législatifs et des municipales renforce cette thèse). La solution devient-elle alors une alliance contre nature? Une telle alliance (entre une partie de l’opposition et les mécontents de Methaq) aura-t-elle  comme but de mettre à genoux la nouvelle équipe ? Laissons  la nouvelle équipe montrer en quoi elle sera capable, et du reste  l’histoire s’en chargera. 

m_barrada@yahoo.fr

Source La Tribune N° 350 ( 23 /05/2007) 

 




Des écueils…Encore des écueils

22052007

Des écueils…Encore des écueils… 

 

La drogue, les islamistes, les prix, l’eau…Les déportés, le passif humanitaire et l’esclavage…Une liste interminable d’écueils qui se dressent devant Sidi, Zeine, Messaoud et leurs collaborateurs. Dans leurs programmes électoraux, ils avaient tous les trois promis de régler tellement de problèmes. Les voilà à présent face à de sérieux problèmes. 

La drogue par exemple. Autant, il peut s’agir d’une question assez délicate, autant ce stupéfiant risque de nous plonger tous dans les vaps’ si nous perdons la lucidité face à plus urgent. 

Pendant que l’enquête sur la drogue se déroulait, Nouakchott était régulièrement ensevelie dans la pénombre. Le prix de l’eau montait en spirale dans les quartiers où les gens se livrent à des voltiges pour joindre les deux bouts. Les coupures d’électricité les obligeaient à acheter des bougies qui fondaient et sous la chaleur des nuits d’été et sous la flamme incandescente de la mèche qui se consumait. Le matin, impossible de trouver du pain. Il fallait venir faire la queue devant les ‘boulangeries pâtisseries’ du ‘centre ville’ ou se contenter d’un paquet de ces biscuits qu’on appelle ‘serqullé’… Entre temps au moins deux meurtres ont été commis en l’espace d’une semaine…Le temps que quelques personnes passent derrière les grilles, la lumière est revenue dans nos maisons. Le fût d’eau est retombé à 300UM… Quelqu’un a eu le temps de vociférer que tout cela était fait exprès pour que le mauritanien simple n’ait pas suffisamment de temps pour comprendre ce qui se trame autour de lui et dans son dos. Quelqu’un d’autre a eu l’idée saugrenue de dire que tous ces kilos de drogue incinérée auraient pu être recyclés pour contribuer à améliorer tellement d’autres problèmes… Mais la drogue est tout simplement dangereuse. L’argent n’a pas d’odeur. Mais la drogue pue. Surtout quand ce sont les pauvres qui ont la malchance d’en prendre… Et ce n’est pas la première fois qu’on est confronté à un scandale de drogue. Il y a au moins dix ans, quelque chose de ce genre avait été découvert…Mais ‘les choses sont vite rentrées dans l’ordre.’   

En attendant d’y voir plus clair, gageons que d’un autre côté le procès des islamistes qui a enfin été ébranlé hier 21 mai 2007 sera l’expression de la seule justice dont on nous dit qu’elle est enfin libre, réformée, débarrassée de tout joug d’un pouvoir exécutif qui du reste a tout intérêt à sortir la tête haute de la gestion de ce qui ressemble à un cadeau empoisonné légué par le CMJD…De ce genre de procès, c’est moins le verdict que le révélations sur d’éventuelles violations de droits d l’hommes subies en détention qui sont intéressantes. Qu’est-ce qui sera fait par exemple s’il s’avère que des gens ont été torturés ? Rien que pour dédommager, en cas de non-lieu, certains accusés, ira-t-on jusqu’à poursuivre d’éventuels tortionnaires ? Jusqu’où la justice mauritanienne de ce 21e siècle est-elle prête à aller pour donner la preuve de son autonomie ? On ne tuera certes pas « nos enfants ». On ne doit pas non plus les envoyer dans le ‘gnouf’ alors que leur accusateur est lui-même tombé en disgrâce. Ould Taya sous le régime de qui on les avait emprisonnés est à des milliers de kilomètres d’ici. D’autres ennemis à lui avaient été relâchés illico. Juste après ce fameux 3 août auquel on pense devoir beaucoup. La liberté par exemple ! 

kissimousman@yahoo.fr 

La Tribune N°350 du 22 mai 2007 




Un chérif fâché

22052007

Un chérif fâché 

La presse dans le collimateur de Chbih 

 

«…Dieu sait que je peux être anarchiste » 

Le président du Front Populaire Chbih Ould Cheikh Melainine a tenu un point de presse à son domicile. C’était mardi 15 mai. Très détendu, le président du FP une cigarette entre les ses doigts, a serré la main à tout le monde avant de faire sa déclaration. C’était apparemment un  Chibih très touché d’avoir vu son nom cité dans la presse relativement à l’affaire de la drogue à Nouadhibou, qui n’a pu cacher sa colère face à ce qu’il a qualifié de manipulation et de calomnie. Il estime  avoir été charançonné par une certaine presse qu’il qualifie de mauvaise. Il a promis de « porter cette affaire au tribunal ». Mais dit s’engager à être le « défenseur de la vraie presse », selon ses propres termes. Déclarant suspendre toute activité politique pour se réserver uniquement à ce problème pendant tout le temps que cela puisse prendre, Chibih Ould Cheikh Melainine a estimé n’avoir pas été interrogé à aucun moment  sur ce problème de drogue, mais plutôt sur ses relations avec Sidi Mohamed Ould Haidallah. Voici sa déclaration transcrite.   

 

« Je vous souhaite la bienvenue dans cette maison et quand je dis maison c’est dans le sens premier du terme c’est dans cette famille. Une famille dont le nom remonte avant l’existence de ce pays en tant que Mauritanie. Un nom qui s’est sacrifié pour ce pays, qui a résisté pour ce pays. Et un nom, dont certains continuent à militer  pour ce pays. Je dis aussi que je n’ai pas de leçons à recevoir de qui que ça soit, qu’il soit homme politique ou intellectuel en matière de sacrifice pour l’action et pour essayer de contribuer à créer une société juste dans ce pays. Mais malheureusement le grand problème de notre pays, et sa grande crise n’est ni une crise politique, ni une crise sociale dans le sens propre du terme mais une crise de valeurs. Il n’y a plus de valeurs. On ne reconnaît plus le bon du mauvais. On n’a plus de repères et on n’a plus de critères et personne n’est au dessus de certaines bassesses. Dans ce cadre on a créé un paradigme, un mode de raisonnement global. Et je regrette que les intellectuels  puissent véhiculer ce mode de raisonnement et ce paradigme. Et ce paradigme est marqué par quelque chose de particulièrement dangereux, c’est que la médisance devient nouvelle dans le sens journalistique du terme. C’est  qu’on essaye de s’attaquer, et je ne l’ai pas dit en arabe, à des hommes politiques ou à des personnalités parce que leur parent, celui qui les finance ou celui qui l’oriente, mon alter ego, j’ai du mal à cette personne. Et cela existe. C’est parce que certains ne sont pas d’accord avec nous, ils ont envie de faire de la médisance. Il y a eu malheureusement certains journaux -pour ne pas dire du mal j’aurais pu trouver un adjectif mais cela ne fait parti de la tradition d’éducation de cette famille de dire du mal et comme le disent les maures « je crois qu’il est très facile d’accéder au mal ; quand on peut faire du bien, on peut vraiment faire du mal. Ces médisances vont jusqu’à porter atteinte à une personnalité, à une personne, à sa famille, à ses enfants, à son métier pour le mêler à certaines choses qui ne font  partie ni de ses pratiques et surtout à l’âge que j’ai. Un site qui se dit islamiste, alors qu’il est wahabite, j’espère que vous voyez la nuance et deux ou trois  autres journaux dont AL ALEM, les noms, on les saura au tribunal puisque je vais porter cette affaire au tribunal et je me fais votre défenseur, vous la vraie presse, de vous débarrasser de ces genre de presse qui se targuent d’avoir des bonnes relations avec la police ou l’administration policière croyant que ça peut être une protection. Il n’y a que deux choses possibles, soit les lois, soit l’anarchie. Et Dieu sait que je peux être anarchiste et que les miens peuvent l’être. Et ça ne se passera pas comme ça. Et pendant cette époque je suspendrai toute mon activité politique en tant que président du Front Populaire (FP) pour laisser le Front faire son travail et les militants faire leur travail, et que je me réserve uniquement pour résoudre ce problème pendant que le temps que cela peut prendre. Il n’est pas acceptable que des gens  puissent être victimes d’un certain concept charognard de la presse. Et moi, je n’accepterai pas et je ne me laisserai pas faire. Et notre pays et la presse de Mahfoudh ne méritent pas cela. Vous avez tous combattu, vous avez tous travaillé pour avoir une presse libre et capable de faire un travail sérieux. Et malgré ça vous êtes toujours handicapés. Et les gens cherchent à généraliser ; moi je suis sûr qu’aujourd’hui la majorité de la presse est quelque chose vraiment qui me rend heureux parce je sais qu’ils font leur travail.  Mais je ne vais pas accepter que des gens puissent s’attaquer à moi et j’espère qu’ils ne s’attaqueront pas  à quelqu’un d’autre parce que soit ils sont manipulés, manœuvrés, ou soit ils font un mauvais marketing, et je suis économiste, pour vendre leurs journaux. Il y a AL ALAM, l’Authentique et il y a certains, de toutes façons ils seront connus, ils sont quatre  a cinq et qui parlent des choses qu’ils ne connaissent pas. Et je vais leur rappeler qu’ils n’écrivent pas mieux que moi. Je peux écrire mais je ne peux pas m’abaisser dans cette mare de mauvaises choses, de calomnies inacceptables. Je ne ménagerai aucun effort. Et je veux que cela soit bien traduit en hassaniya. Il n’y a pas là où je ne peux aller, soit la loi existe ou elle n’existe pas c’est l’anarchie, allons-y. Qui payera ? Je voudrais vous dire que sur le dossier de la drogue, on ne m’a posé aucune question relative à la drogue ou à l’opération dont on parle. Je ne sais même pas si c’est vrai ou non. On m’a posé des questions sur mes relations avec Sidi Mohamed Ould Haidallah. Je leur ai dit que c’est mon jeune frère et mon fils  et qu’il a été toujours courtois et poli. C’est ce que je sais de cet homme. Le reste c’était des questions assez bizarres. Est-ce que je fais du maraboutage. Pourquoi vous avez deux petites ukrainiennes qui habitent chez vous ? Parce que mon épouse est consul honoraire agréée par l’Etat mauritanien d’Ukraine. Ce sont ces genres de questions qu’on m’a posé. Est-ce vous écoutez la musique El howl ? Je leur ai dit je vous met au défi que quelqu’un dise qu’il m’a déjà vu…. Donc on ne m’a jamais parlé de drogue. On ne m’a jamais parlé de cette opération ; Je vous en prie…. Je remercie beaucoup et je suis très fier de la presse mauritanienne  et de son travail mais je m’engage à  la débarrasser de ce qui la peut la nuire ».   

 

Compte rendu par 

Mamadou Sy 

La Tribune N°350 du 22 mai 2007




Affaire de la drogue :

22052007

Affaire de la drogue :

Drogue, ‘droguerie’…

Trafics, quincailleries…

 

Communiqué de la police judiciaire. Containers au nom du principal accusé dans l’affaire. Incinération du produit. Eclaircies. Zones d’ombre.

 

 

Une pluie de containeurs ! Cette fois-ci sur le port de Nouakchott. La semaine dernière, c’est un container manifesté au nom de Ould Haidalla (Sidi Mohamed) qui a été débarqué à la surprise générale. Titre du manifeste : …Droguerie. Suffisant pour donner l’alerte. Mobilisation générale. Conflit de compétences entre autorités de Nouakchott et celles responsables de l’enquête au niveau de Nouadhibou. Vendredi soir, le container est finalement ouvert. Il contenait plus de mille cartons de produits cosmétiques : douaniers et gendarmes ont ouvert les boîtes de bella aurora, nivea et autres produits de beauté. Rien de ce qu’on attendait. Mais dimanche soir, surprise : 5 containers au nom du même type débarquent au port de Nouakchott. Lundi soir, ce sont 8 containers qui sont attendus. Que contiennent tous ces containers ? Nous verrons quand les autorités se décideront à en vérifier le contenu. En attendant l’enquête clarifie certains aspects de l’affaire.

 

Premières conclusions

 

Ce sont finalement sept personnes qui ont été déférées au parquet de la République de Nouadhibou à l’issue de la procédure diligentée sur l’affaire de la drogue qui a secoué la capitale économique ces dernières semaines. Selon un communiqué de la direction de la police judiciaire, cinq des déférés, deux mauritaniens, deux français et un marocain, ont été placées sous mandat de dépôt. Deux mauritaniens ont été libérés mais demeurent inculpés. Il s’agit d’un ‘changeur’ de devises avec lequel la police avait retrouvé la somme de 20.000 euros, ce qui, en soit, est une infraction, et d’un chauffeur qui a été libéré sous caution de 200.000 UM. Tous les sept individus inculpés l’ont été pour association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants à haut risque et complicité de blanchiment d’argent et terrorisme. Le communiqué, signé du DSE Commissaire Mohamed Abdallahi Ould Adda qui assure l’intérim de la police judiciaire depuis la démission de Abdatt Ould Senny, ce communiqué précise que cinq individus dont les présumés co-auteurs de ce trafic, trois mauritaniens et deux belges, sont toujours en fuite et font l’objet de recherche au plan national et international. Les deux belges, note le communiqué, sont connus des services de police de leur pays, le premier pour trafic de cocaïne et escroquerie et le second pour trafic de cocaïne, empoisonnement de denrées et association de malfaiteurs.  

La direction de
la Police judiciaire et de la sécurité publique précise que le bureau central national – Interpol coopère en permanence avec l’OIPC-Interpol et avec les pays dont les ressortissants sont impliqués dans cette affaire relevant qu’une mission de cette organisation s’est rendue à Nouadhibou où elle a apporté une assistance utile aux magistrats et enquêteurs en charge du dossier. En fait, pour jeter toute la lumière sur cette affaire, la police mauritanienne a fait appel à l’expertise internationale. Après enquête minutieuse, Interpol a pu aider d’abord à identifier les fuyards, ensuite à tracer la route du trafic, enfin à pénétrer toute la documentation informatique retrouvée par la police mauritanienne. Les deux belges recherchés seraient les membres d’équipage de l’avion, ramassés par leurs complices mauritaniens et désormais en fuite. Ils auraient pris la route d’El Hammami, vers ce no man’s land situé à la frontière entre le Mali, la Mauritanie et l’Algérie.

 

Trafic continu

 

A Nouadhibou l’heure est à la destruction de la quantité de cocaïne prise le soir du 1er mai. Le procureur de la République du tribunal régional de Dakhlet-Nouadhibou a supervisé la semaine dernière la destruction de 629,150 kg de cocaïne. C’est la première fois qu’on donne avec précision le poids de la marchandise saisie après son abandon par les trafiquants. En marge de la cérémonie de destruction, le procureur a déclaré à l’AMI que la quantité détruite, saisie le 1er mai, courant à l’aéroport de Nouadhibou, a été autorisée par le juge d’instruction comme le prévoit la loi. Il a ajouté que la justice suit son courant normal, indiquant que le dossier de cette affaire a été transféré à la justice après l’expiration de la période de garde de vue. Il a certainement oublié qu’il s’agit là d’une destruction de preuves. Ce n’est pas la première fois que cela arrive en Mauritanie. Et cela a toujours été un argument dans la bouche des avocats de la défense au moment des procès. 

Par ailleurs,
les services de douane du poste-frontière « Bir Gandouz » (Sahara marocain) ont intercepté, ce jeudi (17/5), un véhicule de type 4X4 immatriculé en France et conduit par un ressortissant de ce pays, avec à bord une quantité de 28 kg de cocaïne. Selon une dépêche de la MAP (agence marocaine de presse),la fouille du véhicule incriminé, qui a été intercepté à son entrée au Maroc en provenance de
la Mauritanie, a permis la découverte et la saisie de cette quantité de cocaïne, dissimulée dans une cachette aménagée dans la malle arrière. Ce qui relance le problème de la Mauritanie, ‘plaque tournante du trafic de la drogue’. En fait c’est toute la région ouest-africaine qui est concernée. 

L’alarme a été donnée il y a quelques années déjà. Rien qu’en 2006, plusieurs rapports ont été publiés sur la question du trafic de drogue dans cette région. Tous indiquaient que les trafiquants de drogue avaient refait leurs filières à travers des réseaux qui passent maintenant par l’Afrique et le Monde Arabe. Particulièrement cette grande région nord-ouest-africaine qui englobe l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb arabe. De source policière européenne on estime à 240 tonnes la quantité de cocaïne qui a transité l’année dernière par cette région. On ne parle pas des quantités d’autres drogues qui se chiffrent en milliers de tonnes. L’Afrique de l’Ouest s’est donc retrouvée en plein centre d’un trafic dont les sources sont d’une part l’Amérique du Sud, d’autre part l’Asie. Pour la cocaïne, la sous-région est alimentée à partir du Brésil, de
la Colombie, du Venezuela et du Mexique. D’Asie vient l’héroïne principalement. La culture locale du pavot (yamba, kif…) et la production de drogues de synthèse ont leur part de ce marché florissant.

 

Commerce prospère

 

Selon le «Rapport mondial 2005 sur la drogue», quelque 200 millions de personnes, soit 5% de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans, ont consommé des drogues en 2004 – contre 185 millions en 2003, soit une augmentation de 8% pour un chiffre d’affaires de 320 milliards de dollars. Pour procéder au calcul, les spécialistes prennent comme référence la moyenne du prix de vente aux Etats-Unis équivalent à cent dollars le gramme. Ce qui donne cent millions dollars la tonne ‘si la cocaïne est pure, le double si elle est coupée’. Selon les services spécialisés des Nations Unies, rien que l’industrie américaine des drogues représenterait entre 75 et 100 milliards de dollars par an et le pays compterait quelque 12,8 millions de toxicomanes. L’Europe fait face au même fléau. C’est énorme ! On comprend alors que les narcotrafiquants recherchent sans cesse de nouvelles routes, montent des filières nouvelles pour agrandir le marché de consommation. On comprend aussi pourquoi certains spécialistes pensent que la prohibition et la répression sont à l’origine du fleurissement du trafic. C’est ainsi que dans nos pays, se sont installées des réseaux assez puissants. Ils ont profité de l’état de déconfiture générale que connaissent nos Etats. Cause et conséquence de la présence de ces filières, la corruption est la première gangrène qui mène directement à la clochardisation de l’administration puis à la criminalisation de l’Etat. L’impunité est la deuxième source de prospérité des réseaux. 

«Les trafiquants de drogue sont comme l’eau, s’ils sont bloqués sur une voie, ils en trouvent toujours une autre pour se répandre. Nous observons une explosion de la cocaïne en Europe parce que les trafiquants de drogue trouvent de nouvelles voies. Ils tournent leurs regards vers l’Afrique parce que les cargaisons envoyées vers l’Afrique ne sont pas suspectées de contenir de la cocaïne et que par conséquent elles ont de plus grande chance d’échapper aux contrôles», selon les spécialistes de l’ONU.

 

Impunité ailleurs et ici

 

Le 6 avril dernier, de hauts gradés et un homme d’affaires très en vue en Guinée Bissau, sont impliqués dans une affaire de trafic de drogue. Ils sont arrêtés alors qu’ils convoyaient 635 kg de cocaïne. Une quantité qui vaut 54 millions dollars. En septembre 2006, 665 kg de cocaïne avaient été saisis dans un quartier de Bissau. Des colombiens avaient été arrêtés à l’époque. En novembre de la même année, deux tonnes de cocaïne avaient été appréhendées dans un archipel où l’on avait utilisé une piste d’atterrissage qui servait aux forces coloniales du temps de la guerre de libération. En moins de sept mois, trois prises spectaculaires. C’est que
la Guinée Bissau subit une pression énorme de la part de la communauté internationale qui essaye de l’amener à lutter contre le trafic des drogues. On parle déjà de ‘narco-Etat’ comme on en parlait du temps de Noriega au Panama. Comme on en parle dans le cas de l’Afghanistan aujourd’hui. Justification ‘morale’ de l’expédition américaine contre Noriega. 

Mais pour revenir à
la Guinée Bissau, il faut signaler que les Magistrats sont en grève depuis la semaine dernière. Raison : le traitement des affaires de drogue. Colombiens, militaires, civils incriminés ont été libérés. Les quantités de drogue saisies ont disparu. «Cette situation ne permet pas aux juges de combattre le trafic de drogue, les crimes organisés», disent les responsables syndicaux des Magistrats. 

Le 21 février 2007, la marine espagnole intercepte trois tonnes de cocaïne à bord d’un bateau de pêche au large de l’archipel du Cap-Vert. Le même mois, les Français découvrent, au large de Dakar, une tonne et demie à bord du Master Endeavour. Les deux navires venaient d’Amérique du Sud. 

Il y a quelques jours, deux cents kilogrammes de cocaïne ont été saisis en Italie. Ils provenaient du Sénégal. En avril, 12 hommes et trois camions porte-conteneurs avaient été interceptés au Niger. Ils transportaient des armes et surtout de la drogue. Au Burkina Faso, les quantités saisies ces dernières semaines sont «stupéfiantes» selon les termes officiels. En avril 49 kg de cocaïne sont saisis à la frontière avec le Mali. Le nord de ce pays n’est pas seulement un haut lieu de traite des immigrants clandestins, mais aussi de trafic de drogue et d’armes. Après avoir été le berceau du commerce transsaharien qui a donné les Grands Empires (Ghana, Almoravide en Mauritanie, Mali, Songhaï au Mali), cette région du Sahara est devenue un haut lieu du crime organisé.

L‘Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) avait donné l’alerte depuis 2003, année qui a vu les prises se multiplier pour se chiffrer en tonnes et non plus en kilogrammes. «L’Afrique de l’Ouest est aujourd’hui une des principales plaques tournantes en ce qui concerne le trafic de cocaïne en provenance de l’Amérique latine, en direction de l’Europe», déclare Antonio Mazitelli, responsable de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre à la presse. «Elle est idéalement située, car à la fois proche de l’Amérique latine et de l’Europe. Elle présente toutes les conditions facilitant le trafic : une incapacité structurelle des Etats à contrôler leur territoire et leurs eaux et un niveau important de corruption qui permettent d’opérer en toute impunité», explique un policier français. La presse parle désormais de «triangle blanc». Selon les spécialistes : «La méthode la plus répandue consiste pour un bateau venu d’Amérique latine à décharger en haute mer sur un autre navire, généralement de pêche, venu du continent africain, afin de ne pas éveiller les soupçons.  Mais une partie de la cocaïne transite aussi par la terre ferme.» 

 

Drogue, armes, pêche, terrorisme… 

 

Pour acheminer la drogue vers les marchés européens tous les moyens sont bons, toutes les routes pratiquées. Des «mules humaines» – personnes utilisées comme passeurs – aux camions qui prennent la route de Dakar à Nouakchott, Nouadhibou, Dakhla, Laayoun, Agadir, Casa, Rabat, Tanger…, aux bateaux et cargos de pêche qui desservent Lisbonne, Las Palmas, Al Gesiras, et maintenant les petits avions (jets privés, hélicoptères, bimoteurs…). Selon l’enquête d’Interpol en Mauritanie, les marchés pourvus à partir de la Mauritanie sont ceux de France, d’Espagne et du Royaume Uni. Selon d’autres sources, il faudrait ajouter tout le marché florissant des pays du Golf et ceux de l’Europe de l’Est. On entend souvent dire que le commerce du poisson, mal contrôlé et ‘trop’ rentable, est la meilleure couverture pour de telles pratiques. 

Mais c’est la relation entre terrorisme et trafic de drogue qui est la plus établie aujourd’hui. En effet, selon une enquête dont les conclusions ont été publiées par le journal britannique The Observer, la semaine dernière, ces liens sont réels. La majeure partie des activités terroristes serait financée  par le trafic de drogue. Dans l’espace sahélo-saharien, le lien est depuis toujours établi entre le commerce de la drogue et l’entretien de groupes armés, que ce soit les rébellions, ou les Salafistes qui ont fait main basse sur ce no man’s land. Dans cette région tout peut se faire. Récemment encore,
la BBC diffusait un reportage sur les ramasseurs de météorites précieuses en Mauritanie, pour les envoyer aux Etats-Unis ou les vendre sur internet. La chasse est aussi une occasion de trafics de tous genres. L’économie de guerre qui se greffe autour des conflits comprend aussi la drogue. C’est d’autant plus vrai que la justification religieuse est évidente aux yeux des commanditaires de ce commerce. Une autre forme de ‘Jihad’ contre ‘les croisés’, selon les exégètes du radicalisme religieux. Empoisonner la vie des ‘mécréants’ et s’enrichir sur leurs dos. «Personne, disent les spécialistes, ne peut véritablement surveiller les frontières, parce qu’elles sont au milieu du désert et que la géographie des lieux rend les contrôles difficiles». Les moyens sont si dérisoires que la lutte paraît inexistante. «Parfois, déclare un policier français opérant en Afrique de l’Ouest, nous avons vraiment l’impression d’être en train d’essayer d’arrêter l’océan avec nos bras.» 

En fait, «le triangle que constituent le Sénégal, le Cap-Vert et
la Guinée-Bissau est devenu une véritable autoroute pour le trafic de cocaïne, explique un policier français à la presse. Nous estimons à environ 240 tonnes la quantité qui passe par cette zone chaque année.» La Mauritanie n’est pas en reste. Elle est devenue une terre de transit depuis quelques années probablement. Aucune enquête sérieuse, pas de chiffres, pas de contrôles… En somme jusque-là un paradis pour les trafiquants. 

 

MFO 

La Tribune N°350 du 22 mai 2007 




Le Transport interurbain, un chaos sans fin en Mauritanie!

18052007

Malgré les promesses des nouvelles autorités allant dans le sens de l’assainissement des transports, ce secteur souffre toujours d’un mal profondément ancré, ossifié : le désordre. L’organisation humaine, c’est l’intelligence comme le confirme certains savants. Mais la théorie du chaos nous indique qu’il y a une sorte de désorganisation positive qui peut aboutir à une forme de déséquilibre accepté par d’autres penseurs.

« Le préjugé foncier est de croire que l’ordre, la clarté, la méthode doivent tenir à l’être vrai des choses, alors qu’au contraire, le désordre, le chaos, l’imprévu, n’apparaissent que dans un monde faux ou insuffisamment connu, –bref sont une erreur ; c’est là un préjugé moral, qui vient de ce que l’homme sincère, digne de confiance, est un homme d’ordre de principes, et a coutume d’être somme toute, un être prévisible et pédantesque. Mais il est tout à fait impossible de démontrer que « l’en soi » des choses se comporte selon cette définition du fonctionnaire modèle » (F. Nietzsche, La volonté de puissance, tome 1, p 89 Gallimard).

En effet, la désorganisation négative touche le secteur du transport routier en Mauritanie. Quant au désordre positif, il demeure une utopie aux yeux de nos gents d’action (ministère, direction ou toute autre structure étatique chargés de la bonne marché du secteur). Pourquoi ?

Le pourquoi implicite se manifeste par un phénomène culturel. La Mauritanie est un paysage complexe qui trouve son origine dans le comportement nomade. L’urbanisation est un concept nouveau qui n’a pas encore eu sa place dans les attitudes des uns et des autres. Bien que le document sur la stratégie de réduction de la pauvreté pour la Mauritanie, adopté par l’ancien gouvernement, fixe comme objectif d’assurer à la fois le transport au moindre coût et la sécurité des personnes, les indicateurs de la conduite sociale décèlent facilement que la question d’organisation n’est pas si importante dans le secteur du transport.

Le centre mauritanien d’analyse de politiques montre par ailleurs dans une étude effectuée en 2005 que « les ressources nécessaires à l’entretien de réseau routier sont insuffisantes et les dispositifs fiscaux n’est pas adéquat pour assurer la mobilisation de ressources additionnelles pour couvrir les besoins supplémentaire en entretien routier. Ainsi, les revenus fiscaux prélevés au niveau du secteur routier se sont élevés (non- compris les taxes pétrolières) à seulement 666 millions d’ouguiyas en 2003, soit environ 25% du total des dépenses en entretien routier consenties par le gouvernement cette même année. » En outre sur les 2424 routes bitumées 235 sont locales et 389 régionales.

Selon la même étude, « la Mauritanie dispose d’un réseau routier assez important comparativement aux autres pays de l’Afrique subsaharienne (ratio de 1,3 km de route pour 1000 habitants contre seulement 0,27 km de route pour 1000 habitants pour l’ensemble de l’Afrique Subsaharienne). La qualité du réseau bitumé est bonne (environ 70 % du linéaire bitumé est jugé en bon état, alors que pour l’ensemble de la CDEAO ce pourcentage est de 40 %.» cela sous-entend que le transports interurbain en particulier et le transports routier en générale souffrent de la désorganisation négative. Comment ? 

Dans les taxis et bus, les clients se trouvent obligés d’occuper des places non confortables : six personnes dans un taxi qui doit en compter quatre. C’est du jamais vu dans les pays limitrophes ! Les tarifs du transport ne sont pas clairement déterminés. Chacun fixe le prix qu’il lui semble bon. Les bus sont pratiquement rares et obsolètes. Ainsi, les voitures personnelles assurent la tâche des voitures de transports. Plus grave que ça les permis de conduite ne sont pas accordés suivant une logique professionnelle.

Conséquence : un chamboulement total au niveau de la circulation routière. Ce qui s’interprète par une quasi inexistence des parcs automobiles, l’absence des stationnements réglementé et un bafouage total du code de la route. Cela explique en partie le taux élevé d’accident en Mauritanie (800 pour 10000 véhicules contre 92 pour 10000 en Tunisie). Il a été apporté selon les compagnies d’assurance que 70 % des accidents ont lieu dans le lieux de stationnement qui ne sont pas aménagés d’une manière efficace, 20% provoqués par des collisions avec des animaux, 7 % sont dus au on respect des règles et 3% résultent de tonneaux à cause de mouvais pneus.

Il est en effet indispensable, d’élaborer un cadre stratégique de sécurité routière. Ce dernier devait prendre comme fondement l’amélioration de l’infrastructure routière, les connaissances des chauffeurs et l’état de véhicules. En ce sens, les diagnostics sont unanimes sur une réforme profonde. Il est question du dispositif institutionnel, notamment la définition des responsabilités de la police, des compagnies d’assurance dans l’organisation des programmes de sécurité au niveau local et national. Pourtant, l’actuel gouvernement a entamé une série de démarches en vue d’organiser ce secteur, mais l’environnement du transport reste tel qu’il était.

Les experts de la Banque Mondial préconisent quant à eux « de corriger le déséquilibre qu’il y a actuellement entre les investissements et les dépenses d’entretiens, renforcer la gestion routière, réexaminer les codes existants pour garantir la libération effective des services de transport, revoir la politique fiscale et les procédures de recouvrement des taxes dans le secteur etc.»

Mais de toutes les mesures proposées ou exigées par les bailleurs de fonds, une seule mesure était retenue. C’est celle de l’anarchie pure et simple. Et comme le disaient certains observateurs dans le Royaume du laisser aller on peut tout voir : des boites à sardine munis des moteurs font le transports, manque d’axes routières fiables dans les quartiers des grandes villes, contrôle insignifiants et la domination de la corruption…

Mohamed Fouad Barrada
Chercheur doctorant à l’EDG
Université Mohammed V
m_barrada@yahoo.fr

Source / la Tribune




Edito de La Tribune par Mohamed Fall. O. Oumère

18052007

Nous avons pris l’habitude d’exiger de l’Etat, de demander aux autorités, de les charger ensuite de tous nos malheurs… Nous avons pris l’habitude de confondre l’Etat et les gouvernants. Ce n’est pas de notre faute. L’instrumentalisation des structures de l’Etat par un individu au pouvoir a créé chez nous des quiproquos. Nous sommes à présent au tout début d’une expérience nouvelle. De l’élection à la mise en place des nouvelles structures, en passant par l’investiture, tout a été acceptable. Et même plus.

Il est temps de nous demander ce que nous pouvons faire pour notre pays. Il est temps d’accepter, chacun là où il est, le rôle qui doit être le sien et de le jouer. Je pense que la grande nouveauté doit être, avant tout, la prise de conscience de la responsabilité. Plus question pour nous d’accepter le prétexte de la responsabilisation de l’autre. La notion ‘ça vient d’en haut’ doit disparaître du langage. La responsabilité étant indivisible. Ni en terme de nominations, ni en terme de choix de la politique à suivre.

Ceux qui ont gagné le 25 mars doivent exercer le pouvoir dans le sens d’une reconstruction de l’Etat. Etat de droit, Etat démocratique, Etat juste, Etat digne, Etat vertueux… Comme ils avaient promis le changement, il leur revient de le faire.

Ceux qui ont perdu ce jour-là doivent faire de l’opposition. Une opposition dans le cadre démocratique. Ils doivent pousser vers la création d’un espace politique sain. D’abord en refondant les partis. A-t-on idée de partis politiques qui ne peuvent mobiliser qu’en période électorale ? Qui n’ont pas de cadres de formations politiques, n’organisent pas de séminaires, ni d’universités.

Nos partis politiques sont malades. Ce qui explique la désaffection générale. Parce que nos hommes politiques ont trop longtemps adopté la politique du ventre comme seule démarche. Ils ont désespéré les uns, irrité les autres.

Que faire à présent ?

Nos leaders politiques doivent se dire que le temps de la rénovation est venu. Que le temps du changement est là. Ils réclament tous le changement, prétendent le vouloir.

Le changement commence par une nouvelle vision de la politique. Il commence par une réhabilitation du politique. Parce que tous nos problèmes sont d’abord des problèmes politiques. Tous nos problèmes sont nés de notre perception de la politique. De notre relation à la politique.

Source de revenu(s) pour certains, de promotion(s) pour d’autres, la politique, comme le trafic de drogue, le blanchiment d’argent sale, a longtemps été une source d’enrichissement rapide. Un ami étranger s’étonnait récemment de s’entendre répondre par de jeunes universitaires, que le seul moyen de faire de l’argent, c’est de faire la politique. Cette perception doit être combattue. Par les nominations qui doivent être inspirés par des critères objectifs de compétence et d’expérience. Par la restauration des valeurs, celles qui font les grands hommes : droiture, engagement, détermination, équité…

Combien de nos grands leaders ne sont pas entrés par effraction dans le champ politique ? Ils ne peuvent rien reprocher aux militaires qui se sont imposés eux par la force des armes.

Leaders nationalistes – arabes et autres -, communistes (anciens et nouveaux), libéraux de gauche… réveillez-vous. Occupez le terrain qui est le vôtre. Redonnez-lui l’animation qu’il faut. Rompez avec les vieilleries qui ne font que perpétuer des pratiques désuètes. L’aube nouvelle qui pointe demande des visions nouvelles, des méthodologies nouvelles, des mots nouveaux. A vous de les trouver. De les retrouver.

 

Source : La Tribune N° 349




Repères

18052007

 

 Découverte macabre 



Les ossements de deux jumelles de quatre ans disparues 10 jours avant le dernier Ramadan, il y a environs huit mois, de devant le restaurant tenu par leurs parents dans la zone de « M’Gueizira » à Teyarett, ont été découverts vendredi dans la malle arrière de la carcasse d’une vieille voiture gardée dans un garage dans un garage de la même moughataa. Il s’agit visiblement des squelettes des deux fillettes de parents guinéens. Leur père Hamat Alpha Diallo et leur mère El Housseynia Diallo résidaient à Nouakchott depuis 5 ans. En compagnie du consul de Guinée en Mauritanie, ils ont pris possession des restes de leurs enfants après s’être assurés se basant sur les habits et chaussures, ainsi que de la carcasse de la voiture, endroit préféré de leurs jeux devant le restaurant de leurs parents, qu’il s’agit bien des deux jumelles. Reste à savoir les véritables raisons de la mort de ces enfants. Pédophilique, trafic d’organes ?   

 

 

Sénateurs de l’étranger 

Le ministère de l’intérieur a rendu public ce samedi un communiqué fixant entre le jeudi 10 mai 2007 à 0 heure et le dimanche 20 mai 2007 à 0 heure le dépôt, auprès de la commission administrative, des candidatures à l’élection des sénateurs représentant les mauritaniens à l’étranger.  Ce communiqué fixe au plus tard la validation des candidatures au lundi 21 mai 2007 à 0 heure et la campagne électorale du vendredi 25 mai à 0 heure au vendredi 8 juin 2007 à 10 heures alors que le scrutin se déroulera le samedi 9 juin 2007 à 10 heures. Le même communiqué précise qu’un bureau de réception des dossiers est ouvert   au ministère du 10 au 20 mai 2007 à 0 heure. Des rumeurs font état de l’intervention du Président de la République qui aurait parrainé la candidature de Ahmed Killy Ould Cheikh Sidiya pour le monde arabe, Mohamed Mahmoud Ould Ghaouth pour le monde Africain et Koita Tdjane pour l’Europe. Ce ne sont que des rumeurs car le Président a déjà refusé d’intervenir. Maintenant que les candidats sont une soixantaine, on ne voit pas pourquoi, il chercherait à parrainer les uns au détriment des autres. 

 

ONU/Eliminer les discriminations contre les femmes 

 

Du 14 mai au 1er juin prochains, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes se penchera pour la première fois sur la condition de la femme en Mauritanie, en Serbie, en Syrie, au Mozambique, au Niger, au Pakistan, en Sierra Leone et à Vanuatu.
Ces États, en ratifiant la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), se sont engagés à prendre une série de mesures juridiques, administratives et autres pour mettre fin aux formes politiques, économiques, sociales, culturelles, civiques, ou de toute autre nature, de discrimination à l’égard des femmes. Ils se sont également engagés à présenter, tous les quatre ans aux 23 experts du Comité les mesures qu’ils ont prises pour donner effet aux dispositions de ce texte considéré comme une véritable Charte des droits de la femme. La Convention, qui est composée d’un préambule et de 30 articles, définit ce qui constitue la discrimination à l’égard des femmes. Elle est le seul instrument des droits de l’homme qui affirme les droits reproductifs des femmes et identifie les cultures comme des éléments influençant les rôles dévolus à chaque sexe. Son Protocole facultatif permet aux femmes ou à des groupes de femmes de saisir le Comité si elles s’estiment victimes d’une violation de leurs droits, après avoir épuisé tous les recours disponibles sur le plan national. Le Protocole facultatif prévoit aussi une procédure d’enquête autorisant le Comité à lancer des enquêtes en cas d’atteinte grave et systématique aux droits de la femme. Au cours de cette session, les experts et représentants de l’État partie engagent un dialogue interactif en abordant chaque article de la Convention. Les résultats sont ensuite reflétés dans les conclusions de clôture du Comité qui fait état des progrès comme des revers ou lacunes qui caractérisent l’action de l’État partie en faveur de ses citoyennes. Les conclusions contiennent également des recommandations sur les mesures que ces États doivent prendre pour être en conformité avec les dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Les représentants de la société civile auront également la possibilité de soumettre des rapports alternatifs au Comité les 14 et 21 mai.

Sahara Occidental 

« Le problème (…) a trop longtemps duré! 

 

C’est ce qu’a déclaré le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara Occidental. Le Britannique Julian Harston, s’est entretenu, à l’occasion de sa deuxième journée de visite en Algérie, avec le secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Les deux parties ont évoqué, mardi après-midi, les activités de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO) à la lumière des perspectives de règlement du conflit sahraoui, conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité, notamment la résolution 1754 du 30 avril « qui prévoit des négociations directes entre les deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, et qui confirme le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », précise un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères. L’opportunité de pourvoir la MINURSO des prérogatives et moyens à même de lui permettre d’assurer sa mission a été soulignée dans ce cadre, notamment en ce qui concerne la protection des droits de l’homme dans sa zone de compétence. La question de l’aide alimentaire aux réfugiés sahraouis en territoire algérien notamment, la nécessité de son adéquation aux besoins, à travers un effort conséquent de la part des institutions spécialisées des Nations Unies, précisément le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM), a été également examinée au cours de l’entretien. A son arrivée à Alger, lundi, le représentant spécial de Ban Ki-moon a déclaré que « le problème du Sahara occidental a trop longtemps duré! ». AP 

 

Santé reproductive 


La semaine nationale de la santé reproductive, organisée conjointement par le ministère de la santé et le commissariat chargé de la protection sociale, constitue un cadre idéal pour la sensibilisation de tous les acteurs autour des efforts à mener et des défis à relever pour que chaque femme et chaque homme puissent accéder à des soins adéquats en matière de santé de la reproduction. Selon le Fond des Nations Unies pour la population, chaque jour, 2 mères au moins, meurent en Mauritanie, en donnant la vie à un nouveau-né. Elles décèdent pendant l’accouchement ou suite aux complications de la grossesse, soit un taux de mortalité maternelle de 747 décès pour 100 000 naissances vivantes. Les femmes meurent également pour d’autres raisons liées à l’accès limité aux services de santé, la non-disponibilité de personnels qualifiés, l’insuffisance des équipements et médicaments et l’absence d’une bonne stratégie de prise en charge des complications obstétricales.     

Cette manifestation à la quelle ont pris part,outre des membres du gouvernement, le corps diplomatique accrédité à Nouakchott,des élus, des représentants des organismes internationaux et de la société civile, vise à susciter un élan de solidarité et un engagement de tous les partenaires au développement au côté de la Mauritanie pour relever le défis à travers  une intervention massive en terme de financement des systèmes de santé,de gestion des ressources humaines et d’offre de biens et de services médicaux. Au menu de la semaine de la santé de reproduction, plusieurs activités dont l’exposition d’un documentaire qui relate les réalisations du programme national de la santé de reproduction et les actions qu’il envisage de mener dans le cadre de la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale et la visite de l’épouse du Président de la République de certains centre de santé à Nouakchott

Dans le cadre de cette semaine, Khattou Mint El Boukhary, épouse du Président de la République a visité l’école des sourds et muets situant à Sebkha. Cette école assure une formation destinée à intégrer les personnes handicapées dans le tissu économique et social du pays. AMI  

 

 

Conscience et Résistance prône une solution ‘’immédiate’’  

 

Le porte parole de ‘’Conscience et Résistance’’, Abdel Nasser Ould Yessa, a invité le nouveau régime en place en Mauritanie à régler la question d’un ‘’retour organisé collectif et non individuel’’ des réfugiés négro – mauritaniens, dans un ‘’délai raisonnable’’ n’excédant pas un an. ‘’Le degré de tolérance vis-à-vis d’une éventuelle solution au problème des réfugiés négro – mauritaniens est large tant qu’on exclut les procès publics où les gens seront jugés pour des faits graves de crimes de sang’’, a déclaré Abdel Nasser Ould Yessa, par ailleurs secrétaire aux Relations extérieures de ‘’Sos Esclaves’’, invité de la rédaction de APA, jeudi à la veille de son retour au pays. ‘’Notre obsession c’est la récidive. Nous ne sommes pas opposés à ce qu il y ait un bouc émissaire pour la symbolique. Si quelqu’un doit être jugé et sanctionné, c’est Maaouya Ould Taya. Nous voulons déposer le maximum de plaintes contre lui et obtenir qu’il soit jugé dès qu’il rentre en Mauritanie. Pour les autres, nous pouvons laisser passer, mais pas lui car il faut qu’il paye’’, a-t-il dit. Révélant qu’il s’entretiendra ‘’prochainement’’ de cette question, avec le nouveau président mauritanien, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le porte parole du mouvement a exprimé ses « exigences » pour un traitement judiciaire de cette question. ‘’Jusqu’à présent, le combat a consisté en la dénonciation, le dépôt de plainte et une guerre de harcèlement surtout électronique, dirigée contre le pouvoir. Cela a eu comme effet, avec le concours des Forces de libération africaine de Mauritanie et d’autres mouvements, de susciter le dépôt de plusieurs plaintes pour tortures, crimes contre l’humanité et crimes de déportation. Le principal visé étant le chef de l’Etat Maouya Ould Taya ‘’, a-t-il expliqué. 

Saluant l’engagement pris par le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, de régler le passif humanitaire des négro mauritaniens réfugiés dans la vallée du fleuve Sénégal, le porte parole de ‘’Conscience et Résistance’’ a souligné que le régime en place semble plutôt plaider pour la réconciliation et le pardon. 

Source : Agence de Presse Africaine 

 

 

Un membre de l’opposition appelle à une gestion consensuelle en Mauritanie

Le gouvernement mauritanien nouvellement nommé doit être « acceptable politiquement et faire l’objet d’un consensus national », a estimé le président du parti de l’Union des forces du progrès (UFP), Mohamed Ould Mouloud. Il ne suffit pas que le gouvernement soit composé de technocrates, a expliqué Ould Mouloud, candidat malheureux à la présidentielle de mars (4% des voix), jeudi soir dans une conférence de presse. Pour lui, les défis de l’heure et les questions pendantes exigent « une gestion nationale associant toutes les parties, qu’elles soient de la majorité ou de l’opposition ». Les plus urgentes de ces questions sont « l’unité nationale, les déportés, les rapports entre l’armée et le pouvoir démocratique ainsi que les relations extérieures », a précisé le leader de l’UFP. Mohamed Ould Mouloud dont le parti compte 9 députés à l’Assemblée nationale a aussi appelé à la mise en place de cadres de concertation offrant un minimum de consensus entre les formations politiques représentées au sein du Parlement. Le parti de Ould Mouloud a également distribué un communiqué dans lequel il dénonce « la détermination de certains membres de l’ancien Conseil militaire à conserver leur influence dans la gestion des affaires publiques ». Nous sommes inquiets vis-à-vis de certaines rumeurs propagées ces derniers jours et faisant état de la création éventuelle d’instances sécuritaires non conformes aux lois de la république, a ajouté le communiqué. L’UFP évoque trois scénarios possibles : la désignation d’un gouvernement d’unité nationale, la conduite d’un coup d’Etat en cas de crise constitutionnelle grave et le maintien de l’actuel gouvernement. Cette dernière éventualité comporte le danger du retour en force du regroupement Al-Mithaq composé de la majorité sous l’ancien président Maaouya Ould Taya, analyse le communiqué. Le parti de Mohamed Ould Mouloud a par ailleurs tiré la sonnette d’alarme concernant « l’infiltration des mafia internationales et des réseaux du crime économique en Mauritanie », en référence à la saisie récente de 600 kilos de cocaïne dans la ville portuaire de Nouadhibou.
Source : Agence de Presse Africaine

Criminaliser la pratique de l’esclavage en Mauritanie

Le nouveau président mauritanien, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, s’est engagé, mardi, à faire voter prochainement une loi criminalisant la pratique de l’esclavage, a appris mercredi la PANA de sources autorisées. Le chef de l’Etat mauritanien a pris cet engagement à l’occasion d’une audience accordée à plusieurs responsables d’organisations nationales de la Société civile. Au cours de la même rencontre, Ould Cheikh Abdallahi a réitéré son engagement à créer une Commission nationale chargée d’organiser le retour et l’indemnisation de plusieurs dizaines de milliers de déportés et réfugiés mauritaniens se trouvant au Sénégal et au Mali depuis 18 ans, à la suite d’affrontements interethniques. Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, qui assistait à l’audience, a fait part, mercredi à la PANA, de sa satisfaction, déclarant avoir été rassuré après la rencontre avec le chef de l’Etat qui, a-t-il estimé, « affiche une ferme volonté de faire face aux problèmes du pays pour leur trouver des solutions« . Depuis plus d’une semaine, le nouveau président mauritanien a initié une série de rencontres avec tous les segments de la Société civile et les forces politiques ayant soutenu son challenger, Ahmed Ould Daddah, à l’occasion du deuxième tour de l’élection présidentielle de mars dernier. M. Ould Daddah avait été reçu en tout premier lieu, mais rien n’a filtré de la rencontre. Selon des sources proches du nouveau pouvoir, cette démarche procède de la volonté du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi d’éviter la « marginalisation » d’une frange des forces politiques et de la Société civile, une situation qui a prévalu pendant près de 20 ans sous le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, renversé le 3 août 2005 par un putsch militaire. (Pana) 

 

Négocier la libération des Mauritaniens de Guantanamo

Le président Ould Cheikh Abdallahi a promis, mardi, que son gouvernement va entrer en contact avec Washington pour obtenir la libération définitive de trois Mauritaniens détenus dans le camp américain de Guantanamo, sur l’île de Cuba, au cours d’une audience accordée aux membres du bureau de l’Ordre national des avocats mauritaniens (ONA). Les détenus mauritaniens de Guantanamo, Mohamed Ould Sellahy, Mohamed Ould Mohamed Lemine et Ahmed Ould Abdel Aziz, « sont dans une situation de non droit« , selon leurs avocats.
Le gouvernement américain n’attendrait qu’un engagement des autorités de Nouakchott à prendre à charge les 3 prisonniers détenus depuis plusieurs années pour appartenance présumée à Al Qaida et terrorisme pour les libérer, selon les associations de défense des droits humains. Au sujet de la trentaine de détenus présumés islamistes (dont certains sont incarcérés à la prison centrale de Nouakchott depuis plus de 2 ans), le chef de l’Etat mauritanien a promis un procès « juste et équitable avec toutes les garanties dans les plus brefs délais« . Certains de ces détenus sont accusés d’avoir pris part à l’attaque de la localité de Lemghaity (région de Zouerate) en juin 2005, qui a fait une quinzaine de morts et plusieurs dizaines de blessés parmi les membres d’un groupement militaire. Cette action, rappelle-t-on, avait été attribuée et revendiquée par le Groupe (algérien) salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu depuis lors la branche de Al Qaida au Maghreb. PANA 

 

Journée de l’Europe 

Les locaux de la Commission Européenne ont abrité lundi après-midi une conférence/débat relative à la célébration de la semaine européenne du 7 au 10 mai marquant le 50ème anniversaire de la Journée de l’Europe le 9 Mai. Cette semaine de coopération marque la signature du Traité de Rome qui a établi l’Union Européenne. Cette rencontre a eu pour conférenciers respectivement : SEM. Jean Eric Paquet, chef de la Délégation de la commission européenne, Juan Pena Fernandez, chef de la coopération espagnole, Mme Françoise Gianviti, chef du service ce coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, M. Didier Grebert, directeur de l’Agence Française de Développement et M. Karl Peter Kirsch-Jung Directeur p.i. du bureau de la GTZ. Au cours de leurs différentes interventions les conférenciers ont largement débattu de la coopération bilatérale avec la Mauritanie notant les importantes aides consenties par leur pays respectif. 

Dans le cadre de l’action de l’OCDE, l’aide à la Mauritanie était estimée en 2005 à 36,05 millions d’Euros, a noté Mme Françoise Ganviti, soulignant que ce chiffre a atteint 38,4 millions avec l’effet de l’allègement de la dette. L’apport des Ongs françaises se montait à 1 million d’euros avec 27 jumelages de communes et deux de régions. Le volet d’intervention de l’agence française de développement a atteint quant à lui 300 millions d’euros et a couvert quelque 160 projets, a souligné de son côté, M. Didier Grebert. Rappelant que la première intervention de l’Allemagne en Mauritanie résultait d’un accord signé en 1967, matérialisé par l’Imprimerie Nationale, M. Karl Peter a souligné que le volume des fonds accumulés dans le cadre de la coopération s’élève à plus de 325 millions d’euros et ce, tant par la coopération financière que qu’à travers la coopération technique (GTZ). Le chef de la coopération espagnole, M. Juan Pena a, quant à lui, indiqué que la coopération avec son pays remonte à 1990. L’aide octroyée à la Mauritanie est de l’ordre de 15 millions d’euros et que plus d’une vingtaine d’ONGs coopèrent avec la société civile mauritanienne. Ainsi la conférence de la commission Européenne se veut un creuset afin d’unir l’action des 4 pays pour mener une politique concertée et coordonnée de leur intervention en faveur de la Mauritanie. Pour ce faire, des approches bien étudiées et en parfaite adéquation avec les aspirations des bénéficiaires doivent d’être entreprises. Les conférenciers ont répondu aux questions ayant trait notamment à l’adéquation de la coopération avec la spécificité de la Mauritanie, la question de l’Environnement retenant l’attention de la Commission européenne a longuement été évoquée. En marge de cette conférence/débat le programme des festivités commémoratives de la semaine européenne prévoit la projection des films  » Sia, le rêve du python et Nirgendwo in Africa (nulle part en Afrique) » au centre culturel français.  

AMI

Source La Tribune 349 et l’AMI 




Régions

18052007

 

 Rosso : A quand un dispositif de secours rapide ? 

L’embarcadère de Rosso c’est l’un des endroits les plus animés de la ville. C’est en effet le point de passage de la Mauritanie au Sénégal et chaque jour que Dieu fait plusieurs milliers de personnes passent par là pour traverser le fleuve et aller d’un pays à l’autre. Le bac qui assure le transport des véhicules, des personnes et souvent des animaux effectue plusieurs rotations par jour. Normalement deux le matin et deux l’après-midi mais il arrive qu’il soit loué pour une raison ou une autre. En dehors du bac, il y a les pirogues motorisées ou non qui assurent un trafic plutôt intense. 

Malgré l’intensité du trafic il faut souligner qu’aucun dispositif de secours rapide n’est mis en place en cas de catastrophe. Dans ces cas, c’est toujours l’improvisation. C’est arrivé i y a moins d’un an lorsqu’un passager qui a paniqué à cause de chameaux qui étaient à bord du bac a sauté sur une pirogue qui était à côté. Le passager avait ‘atterri’ sur le rebord de la pirogue qui s’était renversé sur le champ. Il y avait alors eu une victime, on s’en souvient. 

Aussi est-il urgent de mettre sur les deux rives des pirogues de secours avec l’équipement nécessaire. 

DA 

 NOUADHIBOU 

TRAFIC DE DROGUE /LES 7 PREVENUS DEVANT LA JUSTICE 

Hier 14 mai,  les 7 prévenus de l’affaire de la drogue ont comparu au tribunal régional de Nouadhibou. Les 7 accusés sont arrivés menottés. Ils étaient sous bonne escorte : pas moins de 40 policiers et gardes ont été mobilisés. La place située entre le tribunal et la tribune était noire de monde :curieux et parents des accusés étaient sur place depuis 9 heures. 

C’est Mohamed Lemine Chbih Ould Cheikh Mel Ainine qui est arrivé le premier. Sans menottes .L’homme portait un boubou bleu. Au bout d’une confrontation de prés d’une heure avec le procureur il sortira libre. Sa sortie est accueillie par les ‘you-yous’ des femmes. Rien n’a été retenu contre lui. 

Quand aux 7 autres, aprés avoir été entendus longuement par le procureur, ils seront interrogés par le juge d’instruction. Les charges retenues contre eux sont les suivantes: Trafic de drogue, port d’armes, falsification de billets de banque et recel d’argent… 

Ils risquent jusqu’à 30 ans de réclusion. Le procès proprement dit est attendu dans deux semaines. 

Le cerveau présumé de l’opération, Sidi Mohamed Ould Haidalla est toujours recherché. La voiture tout terrain qu’il conduisait a été retrouvée le 9 mai. Elle avait les 4 pneus qui ont crevé. Le fugitif avait roulé des kilomètres dans cet état. La voiture fut  acheminée à Nouadhibou à bord d’un véhicule grue. 

Selon une source proche de l’enquête il serait encore en Mauritanie. ‘La surveillance est très étroite pour qu’il puisse s’échapper’ ajoute la source. 

ATHIE YOUSSOUF 

CP/ NOUADHIBOU 




Mauritanie :la démocratie contre l’esclavage

18052007

(Syfia-Mauritanie) Des descendants d’esclaves et des Négro-mauritaniens présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ou encore ministres ! Une promotion impensable il y a encore quelques années en Mauritanie, qui résulte d’accords conclus lors de la présidentielle de mars dernier.

Pour la première fois en Mauritanie, des Haratines, descendants d’esclaves, et des Négro-mauritaniens accèdent à des postes politiques de premier plan. Le 26 avril dernier, l’ex-opposant et candidat malheureux à l’élection présidentielle, Messaoud Ould Boulkheir a été élu président de l’Assemblée nationale. Cet Haratine, après être arrivé en quatrième position lors du premier tour de la présidentielle avec près de 10 % des suffrages, avait soutenu lors du second tour du 25 mars dernier celui qui allait devenir le premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance de la Mauritanie en 1960 : Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Grâce à cet accord, son parti, l’Alliance populaire progressiste (APP) obtient également trois portefeuilles ministériels.
Yall Zakarya, ancien gouverneur de région, devient ainsi ministre de l’Intérieur. Ce Négro-mauritanien devra régler le problème du retour dans leur pays de milliers de personnes de sa communauté réfugiées au Sénégal et au Mali depuis 1989, à la suite de violences interethniques. Avant sa victoire, le futur président avait promis de trouver une solution dans un délai de six mois à un an.
Un autre Négro-mauritanien, Ba Mbaré, ancien ministre sous l’ex-président Maaouiya Ould Taya (1984-2005), renversé par un coup d’Etat militaire en août 2005, a par ailleurs été élu fin avril président du Sénat. Il devient le deuxième personnage de l’État, chargé, entre autres, de suppléer au président en cas de vacance du pouvoir.
Ces promotions représentent une réelle avancée dans un pays où l’esclavage a été officiellement aboli en 1981 par une loi qui n’a depuis lors été suivie d’aucun décret d’application. Cette pratique est d’ailleurs encore régulièrement dénoncée par les ONG.

« Discrimination positive »
Sidi Ould Cheikh Abdallahi s’est dernièrement engagé à « criminaliser » le délit d’esclavage. Une législation spéciale devrait en principe bientôt voir le jour. « Des dispositions contraignantes seront prises contre ceux qui le pratiquent (autorités administratives, municipales, notables, chefs de tribu, etc.) et leurs complices », a promis le nouveau président. Également en discussion, l’adoption d’une politique de « discrimination positive » avec des programmes sociaux et économiques ciblés en faveur des anciens esclaves qui vivent jusqu’à aujourd’hui dans une extrême pauvreté.
Maures noirs, les Haratines, descendants d’esclaves, sont pour la plupart analphabètes et pauvres. Ils ne bénéficient que d’un accès réduit à la terre et à des fonctions de responsabilité. Seul le secteur informel leur était, il n’y pas si longtemps encore, ouvert.
L’esclavage fait partie des dossiers sensibles que les militaires, au pouvoir entre 2005 et 2007, ont laissés au gouvernement civil. Lors d’un meeting tenu l’an passé à Atâr, à près de 500 km au nord-est de Nouakchott, l’ex-président du conseil militaire, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, avait cependant déclaré sans ambiguïté : « Je suis pour l’abolition de l’esclavage sous toutes ses formes, dans les idées et dans les comportements ».
Les civils semblent décidés à saisir à bras le corps ce problème. Début mai, un Haratine, Samory Ould Bey, Secrétaire général de la Confédération libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM), l’une des plus grandes centrales syndicales du pays, prenait publiquement position quasiment dans les mêmes termes : « Nous souhaitons que les autorités prennent des mesures importantes pour bannir définitivement l’esclavage sous toutes ses formes ». De son côté, le nouveau président de l’Assemblée nationale, soucieux de l’émancipation de ses frères, se montrera vigilant : « Le jour où je sentirai une volonté de blocage, rien ne m’empêchera de claquer la porte », a-t-il prévenu.

Mamadou Bineta
Source : La Tribune 349




Lettre ouverte à son excellence Le Président de la République

18052007

            Monsieur Le Président, 

 

            La Mauritanie est devenue une référence en Afrique par l’organisation des élections transparentes et démocratiques qui ont abouti, sans aucune contestation, à votre victoire du 25 mars 2007. En vous choisissant au sommet de l’Etat, nos compatriotes ont porté sur vous l’espoir, en fonction du sens que vous avez de l’Etat et de la responsabilité mais aussi de vos  qualités humaines. Celles-ci transparaissent dans vos différentes déclarations pendant la campagne, pour relever les défis et surtout résoudre, dans des délais raisonnables, les problèmes majeurs en y apportant des réponses idoines.

            Dans cette entreprise, aucune contribution ne doit être sous-estimée eu égard à l’importance des enjeux pour l’équilibre du pays, sa viabilité, son développement et la vitalité de la démocratie naissante.

            Monsieur le Président, vous aviez dit dans l’une de vos interventions que désormais les nominations à des postes importants se feront sur des critères objectifs de compétence et d’intégrité, neutralisant ainsi les considérations d’ordre ethnique, tribal ou régional. En effet, l’intérêt du pays reste attaché à cette perception et sa traduction concrète permettant de rompre avec des pratiques dépassées et des discours de nature politicienne. Certes, la déclaration de patrimoine pour les ministres, dans une perspective de moralisation de la vie politique et économique, constitue une orientation nouvelle et positive, mais compte tenu des capacités de contournement, il conviendrait de penser à des mesures beaucoup plus draconiennes afin de déboucher sur des résultats probants.

            Monsieur Le Président, les Mauritaniens qui ont souffert de dérives autoritaires pendant des décennies attendent des gestes forts pour comprendre l’effectivité du changement intervenu dans notre pays.

            Les actions attendues pourraient porter sur le terrain social par une amélioration notable des conditions de vie des populations urbaines, surtout les zones périphériques, et rurales car la pauvreté a inhibé toutes les activités de survie d’autant que la redistribution des aides extérieures s’effectuait sur la base d’un clientélisme tribal, ethnique et politique. Non seulement, il faut une politique juste et rationnelle en la matière, mais faire de l’agriculture une priorité en repensant toute la stratégie visant l’autosuffisance alimentaire.

            L’éducation nationale  est un secteur sacrifié depuis très longtemps par des réformettes de type idéologique et l’instabilité des responsables souvent peu qualifiés. Le résultat est sans équivoque, c’est un enseignement au rabais qui affecte tous les niveaux de formation de l’école fondamentale à l’Université. Cette dernière que nous connaissons bien souffre, entre autres, d’absence d’enseignants de qualité en raison d’un système de recrutement qui sacrifie la compétence, la spécialisation au profit de considérations partisanes. Même si des améliorations ont été apportées pendant cette courte période de transition, il est urgent de pallier cette insuffisance par une réflexion approfondie sur la nature de la formation que nous souhaitons instaurer dans notre pays en  considérant les aspirations des populations, le respect des normes universelles et les exigences de développement.

            Il est évident qu’un pays ne peut s’insérer dans une dynamique de progrès et de modernité sans secréter une formation de qualité, indispensable à toute avancée économique et politique. Il serait judicieux de créer deux Secrétaires d’Etat, l’un chargé de l’enseignement supérieur, et l’autre du secondaire et primaire, afin de procéder à des réformes pertinentes de fond et de rendre transparente la gestion de cette lourde machine traversée par des maux qui rongent l’Etat et l’administration en général.

            Dans le domaine de la politique étrangère sur laquelle nous avons consacré un ouvrage*, nous y revenons, Monsieur Le Président, pour réitérer nos propositions qui consistent à assainir ce secteur en le dotant de ressources humaines de qualité, privilégiant la compétence et la qualification en matière de relations internationales et de diplomatie. Cette volonté de mettre des hommes capables de contribuer efficacement à la valorisation externe de notre pays, à sa capacité à faire sens dans un espace mondialisé, repose inéluctablement sur une politique cohérente et lisible qui intègre toutes les dimensions des intérêts de l’Etat. Cette vocation représentera un rempart contre des nominations abusives de dernière heure qui ne rendent pas service à notre politique du « dehors ». D’ailleurs, le traitement de ce dossier par le nouveau ministre des affaires étrangères est salutaire et exprime sans doute la détermination du gouvernement à changer de politique et de pratique. Cependant, on peut regretter l’inexistence de la dénomination « intégration africaine », couplée avec le Secrétariat chargé de l’Union du Maghreb Arabe, ce qui aurait permis, ne serait-ce que symboliquement, de rectifier notre retrait soudain de la CEDEAO, interprété comme une réorientation en faveur de l’aire arabe,  alors que notre position géographique nous incite à jouer à la fois sur le monde arabe et sur le monde africain.

            Tout compte fait, parmi les secteurs prioritaires, il faut noter l’emploi, la santé, et l’unité nationale à travers la résolution du « passif  humanitaire » pour une meilleure cohésion sociale dans notre pays. Les récentes décisions contre l’esclavage vont dans le bon sens en dépit des difficultés à l’effacer complètement des rapports sociaux et économiques.

            Il est vrai, Monsieur Le Président, que le temps est important en politique mais il conviendrait de concevoir un agenda gouvernemental afin de concilier les demandes sociales et politiques avec un calendrier bien structuré et géré de manière pointilleuse pour ne pas décevoir et décourager.

            Sur le plan purement politique, la démocratie moderne a besoin d’un espace public organisé qui ne peut être sacrifié sous prétexte  de création de gouvernement d’union nationale dont le sens reste à élucider au-delà de la politique du ventre. En clair, la société démocratique a besoin d’une opposition responsable, capable de jouer son rôle de contre-pouvoir et de préparer  dans la paix un projet dans une perspective d’alternance politique. Dans cette optique, les électeurs trancheront en toute liberté au moment opportun.     

            Monsieur Le Président, l’avenir de la démocratie dépendra de la volonté des hommes qui l’incarnent à construire un dialogue républicain permanent en ayant à l’esprit les intérêts suprêmes de la nation afin de ne pas compromettre la vie et l’avenir des générations futures.

            Cette nouvelle ère qui se dessine convie l’ensemble des Mauritaniens sans exclusive à participer à la construction nationale. Mais cette adhésion et mobilisation demandent une politique clairement définie et volontariste, axée sur l’essentiel des préoccupations, avec le souci impératif d’impliquer toutes les compétences dont dispose le pays.

 

            En vous témoignant de notre solidarité dans cet élan pour imprimer la liberté, l’égalité et la justice dans les pores de la société mauritanienne, veuillez croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre Haute considération.

 

Moussa DIAW, professeur de science politique, spécialiste des relations internationales à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. 

E-mail : diawmoussafr@yahoo.fr 

*La politique étrangère de la Mauritanie. Paris : L’Harmattan, 1998

 Source : La Tribune 







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