Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

18012012


Réponse  à Maryam Brodowski : Prostitution en Mauritanie !

Ma dernière chronique ‘‘libertinage en Mauritanie’’,  a suscité des réactions, ‘voire’ des réponses. Le sujet est complexe  dans un pays qui peine à se retrouver dans un monde  à la fois mondialisé et agressif.

Tout récemment, une initiative dénommée « Non à la dépravation des mœurs »  a été créée. Elle est constituée des jeunes  demandant aux autorités mauritaniennes de mettre en place  une police des mœurs pour lutter contre la prostitution à Nouakchott.

L’initiative lutte également   à ce que l’enseignement de l’instruction civique soit revalorisé. C’est une  manière à mon avis brusque de traiter  la dépravation des mœurs. Et j’évoque, dans cette perspective,  l’un des commentaires intéressants    qui m’ont été adressés dont voici  une partie : Le plus vieux métier au monde  est prohibé chez nous en Mauritanie.  « Et ceux qui le  pratiquent sont considérés comme des criminels devant la loi.

Ceci dit, je m’en vais aborder sa dimension humaine et ses aspects sociaux en Mauritanie.

Lorsqu’on parle de prostitution chez nous, les premières réactions enregistrées, outre l’air concupiscent entendu, ce sont des airs de mépris ou d’outrance qui se manifestent très souvent et rarement  par un air de compassion.

Or parler de prostitution, c’est d’abord parler de dignité humaine, d’exploitation, de misère, de maladies sociales, d’injustice…

Parler de prostitution, ce n’est pas afficher le cliché d’une femme débauchée, aguichante, (souvent étrangère) qui vend son corps pour son plaisir ou par vice … qu’il faut à tout prix bannir, punir ou renier.

Parler de la prostitution c’est d’abord parler d’un échec collectif, l’échec d’une société, d’une communauté à offrir à ses membres le minimum requis pour vivre dans la dignité : un accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’emploi et à un cadre de vie respectueux et respectable.

 Si de surcroit cette société se dit musulmane, pratiquante des principes d’équité et de justice, l’échec est d’autant plus cuisant et retentissant.

Généralement, lorsqu’on parle de prostitution chez nous, on incrimine tout de suite, sa première victime, le maillon faible de la chaine : la femme. Tout en oubliant allègrement que la prostitution, comme la corruption, interpellent  un donneur et un receveur. On « oublie » de parler des hommes, principaux consommateurs, principaux instigateurs, principaux responsables devant Dieu et devant les hommes de leur gynécée.

On oublie très souvent que si la femme a recours à cette pratique humiliante, dégradante et hautement risquée pour elle, c’est que son environnement immédiat y est pour beaucoup : une famille démissionnaire, un tuteur crapuleux, une société pauvre, malade et plus généralement en déperdition des valeurs de solidarité et d’humanité… ».

 Je reviens, cependant, sur l’article de ma chère Maryam Brodowski-Bâ, lorsqu’elle dit  « sur ce  thème,  j’aurais  été bien inspiré de m’éloigner des idées toutes faites, des jugements arbitraires et aurais  dû  avant d’aborder un domaine aussi sensible, faire ce que la très grande majorité des journalistes ici ne font pas : ‘‘ rechercher sérieusement !’’ » Il ne s’agit point d’une investigation, il s’agit tout simplement  de dire qu’il est question  d’une réalité construite selon la perception que l’on  a de la chose perçue  et votre perception se manifeste, partiellement,  par  votre expérience explicative  de la chose expliquée.

Pour être clair,  je suis contre  toute forme d’exploitation et je n’aime pas que la femme soit réduite à l’état d’objet.  Les causes sont là, et les effets  sont  têtus.   Je vous cite et je partage votre point de vue surtout  lorsque vous disiez  que  « la prostitution a des ressemblances avec la descente aux enfers… Celle ou celui (car elle est loin d’être uniquement féminine) qui se laisse aller sur ce terrain a peu de chance d’en ressortir. Et que sur la base de votre expérience avec la brigade des mœurs dans une grande ville allemande   vous en confirmez que parmi ces femmes  vous  n’en avez  trouvé qu’une qui faisait ce métier par « appétit sexuel » ! Toutes les autres sans exception avaient commencé parfois très jeunes par …  Amour… Elles avaient, et le canevas était toujours le même, rencontré un homme séduisant, tendre, affectueux, généreux qui leur avait accordé, tout d’abord tout ce qu’elles souhaitaient. Bel Appartement, vêtements de rêve, bijoux, fourrures… Elles se croyaient au paradis et bien entendu étaient follement amoureuses. Lorsqu’ils estimaient avoir suffisamment investi, ils jouaient la comédie de l’effondrement financier, se tordaient de désespoir car ils « risquaient la prison » et expliquaient à leurs jeunes amoureuses que seules elles pouvaient les sauver ! ». C’est le cas de l’Allemagne,  un pays développé qu’on peut en partie transposer   sur …

En effet,  si la pauvreté se joint  à l’effet pervers « du monde du spectacle » la conséquence sera dramatique, dans une société dominée par une jeunesse à la recherche de l’emploi et je ne dis pas la recherche de  l’occupation au sens subjectif de la chose. D’où un  faible taux de stabilité familiale  conjugué bien sûr par un fort taux de divorce dû simplement au déséquilibre   qui se manifeste souvent par la charge familiale ou la recherche d’une stabilité auprès d’un autre partenaire, ou…

Certes, le maillon  faible est la femme, mais la femme c’est en quelque sorte le fondement de l’équilibre de la nation. Que faire alors ?

Sur ce je vous souhaite bonne journée.

m_barrada@yahoo.fr





Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

15012012

 

Libertinage en Mauritanie ?

Nous vivons depuis  des décennies  une situation chaotique qui ne cesse de s’amplifier et débouchant  bien évidement sur une destruction des ‘mœurs’. Mais la morale dépend, pour ainsi dire,  de notre perception de la  chose perçue.  Et celle que nous avons-la perception- est spécifique à une culture qui tend  à s’adapter avec ‘‘le monde du spectacle’’. Il était dit, que « l’adaptation est la meilleure des choses », elle est beaucoup plus meilleure que l’intelligence si elle  n’est  pas l’intelligence elle-même.  

Un mécanicien m’expliquait que durant  des nuits  de travail de  taximan, pour joindre les deux bouts, car  les temps sont  difficiles,  a fait connaissance des clientes liberticides.   En écoutant  leurs conversations,  il  en a  retenu ceci : la rente journalière de chacune d’elle  avoisine les  25.000 ouguiyas. Il s’agit là d’une manière de  s’adapter aux exigences de la mondialisation et de la  satisfaction des besoins instinctifs et des besoins parfois moraux : soigner un malade, éduquer   des enfants …

Voilà un commerce informel au contour imprévisible qui se multiple de jour en jour, sans que des intervenants associatifs, soient-ils, ou étatiques abordent   ni les causes,  ni les effets. Ils s’attaquent solennellement   aux conséquences sans pour autant toucher  le bât  qui blesse.

Dans notre ère, l’être humain est devenu inéluctablement une valeur d’usage. « La confusion  est telle  qu’il est, à cet égard, un objet par son attraction à la chose  matérielle qui conditionne sa vie, voire sa survie » (NDR).

 

De fait, la population mauritanienne majoritairement jeune et masculine à 49%, risque de provoquer un vrai  déséquilibre social si ce n’est pas déjà le cas, et    selon un anthropologue «l’animal le plus dangereux sur la planète est humain mâle sans partenaire sexuel, âgé entre seize et vingt-quatre ans.»

Une transposition de ce constat sur la réalité de la jeunesse mauritanienne nous permet de craindre le pire. Celle-ci représente désormais 77 % de la population. Et le taux de chômage qui  est officiellement  de 33 % frappe plus particulièrement cette jeunesse. La capacité d’absorption des diplômés est quasi inexistante. Et cette jeunesse est majoritairement célibataire. Elle ne bénéficie presque plus de la solidarité communautaire. Elle demande des emplois. Elle est déçue et désœuvrée. D’où l’animalité des comportements qui poussent vers  la décadence et le nihilisme. Ainsi,  ceux  qui travaillent n’ont aucune vraie  capacité de fonder une famille équilibrée.

Le côté animal de l’homme s’imposera alors  tant que l’environnement psychosocial  n’est pas favorable.  Et c’est ainsi que le plus ‘‘ancien métier’’ se formalise  selon  une perspective d’adaptation instinctive dans une société jugée  islamique voire traditionnelle.

m_barrada@yahoo.fr




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

24122011

 

Des ‘bloggeurs’ boycottent Nouakchott et des journalistes tabassés  en Mauritanie.

Notre régime attaque  les libertés.   Nous sommes  dans un régime militaire jusqu’à  preuve du contraire. Les agressions de la garde nationale à l’encontre des journalistes ne cessent de se multiplier.   ‘Dans  un  laps d’un mois’,  deux journalistes  voire trois ont été matés, malmenés et l’image de marque de notre pays reste entravée par le comportement des militaires et les  décisions verticales de l’actuel pouvoir.  Les intellectuels arabes ne cessent d’évoquer que nous sommes une dictature.  La dernière illustration en est celle  relative  au   ‘forum’ des jeunes   qui est  organisé  à Nouakchott par la coordination de « l’Union de la Jeunesse Euromaghrébine » en Mauritanie.  Des ‘bloggeurs’ boycottent ce forum sous-prétexte qu’il est organisé pour légitimer les dictatures arabes notamment  celle de la Mauritanie.   Une rencontre  consacrée, semble-t-il,   à des réflexions axées  sur les moyens de redynamiser le rôle de la jeunesse maghrébine. Est-ce pour  l’implication de la société civile ? C’est-à-dire   avec la complaisance des  structures  de droits de l’Homme. Un slogan a été retenu.  Il est question   de la « Rencontre de Nouakchott : Pour un Maghreb de paix », sous le haut patronage du Président Mohamed Ould Abdel Aziz.

A en croire les organisateurs, «  la rencontre de Nouakchott est  marquée par la participation de personnes symboles du printemps arabe, notamment des blogueurs, des ONG, des personnes ressources, des leaders d’opinion, des représentants de partis politiques et des experts de tout l’espace maghrébin ».

Cependant, soyez clairs,  nous constatons un recul inexplicable, quant  à la liberté de la  presse chez nous, hormis, bien sûr, la presse électronique. Même celle-ci semble être infiltrée par des clans du système ethnico-tribal   du pays. La presse  et la société civile mauritanienne sont, pour ainsi dire, dominées   par une minorité syndiquée   qui s’accorde à défendre leurs intérêts et les intérêts de leurs protecteurs étrangers, soient-ils, ou locaux. Il s’agit en un mot  d’un système complexe  et compliqué.

Ceux qui sont en dehors dudit système  d’intérêt pouvoir –opposition-tribu-groupe d’influence   sont hors-jeux.   Telle est la vraie  réflexion.

m_barrada@yahoo.fr

Source : www.barrada.unblog.fr




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

17122011

 

Ces africains qui font honte à l’Afrique ?

Un Mauritanien exclu…

Occasionnellement, chaque fois que l’on    séjourne à  Paris où dans  d’autres villes des  pays  loin du continent, on a le droit, en tant qu’africain –Subsaharien, Magrébin ou…,  de se poser la question implicite ou explicite :   qu’en est-il de nos compatriotes  au sens large du terme  (les africains) ?  Comment se comportent-ils, se portent-ils bien dans leurs pays d’accueil ? Souffrent-ils d’exclusion, du refus de l’autre.

Voici des éléments de  réponse. Ils  ne sont  point   exhaustifs. Tant s’en faut.

« Les mauritaniens  me  semblent loin d’être  des pigeons voyageurs, ils  quittent  rarement leurs pays. Dieu  merci, ils ne sont guère nombreux dans les autres pays, ils ne veulent pas d’habitude immigrer. Ce sont  des nomades et des pasteurs  qui  s’attachent   à leur pays natal », m’explique-t-on.

Et pour les autres ?

« Nos frères africains, de la nouvelle génération  sont dangereux, agressifs au  moindre geste, ils peuvent vous agresser »,  martèle  un taximan parisien.

« Je suis africain d’origine, de la  caraïbe, je me considère africain, j’avais  l’habitude de m’arrêter pour des africains, ils  sont des frères  et on se ressemble beaucoup. Toutefois, j’ai  subi des coups et des coups : parfois on me refuse  le paiement de mon dû, sous prétexte que l’africain ne paie pas le taxi. D’autres fois, on m’agresse, tout simplement.

A cet égard, « j’évite désormais, de prendre des africains, au bord de mon taxi »,  ajoute-t-il.

Dans les métros et  le RER (réseau express, régional)  c’est une  autre manche ; surtout le vendredi. L’explication est purement sociologique.  La nouvelle génération y compris  les français de souche,   est devenue de  plus en plus agressive et alcoolique, à partir de  certaines   heures, le mieux est d’être vigilant  dans les lieux de transport en commun.

Appelé par réplique  à se prononcer sur le sujet d’immigré ou d’émigré  en France notamment à Paris, je vous formule les constats ci-après :

 

A Paris ou à Marseille,   à titre d’illustration, on se sent chez nous en Afrique, dans d’autres pays  cette  présence africaine notamment  mauritanienne  est tantôt marquante, tantôt  inexistante  et inaperçue. C’est ainsi que je me focalise   sur  le cas parisien. C’est un   cas que j’ai  eu l’occasion, tout récemment,   de  débattre avec des amis.

Les africains de la France  et ceux du reste de l’Europe, ont subi la marginalisation et l’exclusion. Fils en grande  partie d’immigrés, ils  avaient difficilement  des moyens suffisants pour  qu’ils  soient formés dans les écoles françaises de qualité. Ils  se trouvent, par conséquent, exposés  au chômage, et à la délinquance.

D’autres africains  ont pu s’intégrer, car ils étaient éduqués,  ils ont été, pour ainsi dire,  formés dans les meilleures écoles.  Ils ont pu avoir des statuts particuliers.

Aujourd’hui, il n’y a plus de place  pour les  étrangers.  Priorité pour les nationaux.  Vous êtes africains diplômés,  vous n’avez plus le droit  d’accéder à l’emploi en France,  si vous n’avez pas  la nationalité. C’est la crise et l’ère de chacun pour soi. Ceci étant,  un  exemple flagrant de la situation  d’un compatriote   vivant  en France,  une réalité qui  témoigne  de la gravité  de l’exclusion. Il est question  d’un courrier  électronique; je viens fraîchement de le recevoir.

« Excusez-moi  tout d’abord du dérangement,  mais si je vous écris,  c’est  pour vous solliciter   une insertion, étant donné que vous connaissez l’administration du pays. Malheureusement,  comme  vous le savez, nous sommes dans un pays où il faut, inéluctablement, des pistons  et des pistons, même si nous avons les meilleures  compétences. C’est  malheureux !

 Je suis présentement  au pays des Galois et je compte rentrer au pays. J’avais un contrat, toutefois  la préfecture m’a refusé la carte de séjour ». Il s’agit là d’un cas parmi tant d’autres. Jugez- en !

m_barrada@yahoo.fr




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

12122011

 

Le dialogue avec  les prisonniers  salavistes ?

 

Les enjeux idéologiques et les guerres des idées n’en finissent guère  de susciter  le débat chez nous. Sur ce sujet, je vous livre volontairement une déclaration qui m’a été adressée, tout récemment, pour ne pas dire très fraîchement. Celle-ci  est écrite par un prisonnier dénommé  Mohamed Béchir Sall. Il  est, semble-t-il,  le nouveau   porte-parole du groupe salaviste emprisonné   et  selon l’avis  des participants au dialogue encore en détention nul n’est habilité à parler en son nom à part lui ; et à l’avenir toute déclaration au nom du groupe devra porter sa signature.

Déclaration :  

« Au nom d’Allah Le Miséricordieux, le Très Miséricordieux  et Paix  et Salut sur le Prophète Mohamed

 

 Allah Le Très Haut dit

« Par la sagesse et la bonne exhortation, appelle (les gens) au sentier de Ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon (sourate Les Abeilles ».

Cela fait deux ans que nous avons publié la déclaration dite « des 25 » qui sera appelée plus tard la déclaration « des 47 »  (voir Nouakchott-Info du 11/11/2009) qui, non seulement, a amorcé le dialogue entre les prisonniers dits salafistes et les autorités publiques, mais s’est imposé comme une référence et ‘papier’ de travail tout au long dudit dialogue par les autorités.

A cette occasion, nous les participants au dialogue encore en détention, déclarons ce qui suit :

Nous nous réjouissons de la libération de nos camarades suite à ce dialogue et discussion qui se sont  tenus ici à la prison centrale de Nouakchott le 18 janvier 2010 et les efforts entrepris pour leur réinsertion dans la vie active, et réaffirmons notre attachement au contenu de la déclaration précitée, à savoir :

- notre innocence totale des accusations portées contre nous ;

- notre non appartenance à aucune organisation intérieure ou extérieure ;

- veillons à la stabilité de notre chère patrie ;

- proclamons notre attachement à la ligne tracée par les Oulémas ayant autorité dans ce pays, qui veillent à sa sécurité, sa stabilité, diffusent le bien et la science utile à travers une vision légale dans la sagesse, pratiquant la contradiction accommodante et fournissant conseils aux musulmans.

De ce fait, nous lançons un appel aux Oulémas ayant pris part à ces journées de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de ce dialogue et leurs engagements, et nous leur rappelons que, malgré notre participation active à ce dialogue, nous sommes toujours en détention une année et demi presque après la libération de nos camarades.

Nous demandons aux autorités publiques qui ont affirmé à plusieurs reprises (interview sur France 24) que le dialogue était une réussite totale de nous gracier et nous libérer, à l’instar de nos camarades, et rappelons à tout le monde les paroles d’Allah « Certes,  Allah Est avec ceux qui l’ont craint avec piété et ceux qui sont bienfaisants » (Sourate Les Abeilles)

Et nous informons tout le monde que l’imam Mohamed Béchir Sall est le porte-parole du groupe et que nul n’est habilité à parler en son nom à part lui ; et à l’avenir toute déclaration au nom du groupe devra porter sa signature.

Les signataires :

Groupe des participants au dialogue encore en détention :

1. Mohamed El Béchir Sall

2. Sidi Oul Mamouri

3. Hakim Ould Mohamed M’Bareck

4. Taher Ould Biye

5. El Khalil Ould N’tahah

6. Mohamed Mahmoud Ould Ahmed Salem

7. Taleb Abdi Ould Ahmednah

8. Abdallahi Ould Abdel Kader

9. Sidi Ould Dah Ould Moulaye Ely

10. Mohamed Ould Semane

11. Ahmed Ould Mokhtar

12. Sidi Mohamed Ould Bezeid dit Didi

13. Abderrahmane Ould Medou.   » 

 

m_barrada@yahoo.fr




Fast Spiders une nouveauté à Nouakchott

12122011

Fast Spiders  une nouveauté à Nouakchott

 

C’est une première, une société  de HI-TECH   vient de  lancer un nouveau produit : les écrans  type  LED dont les spécificités sont rares en Afrique, deux écrans  de ce genre à  Dakar.  A Nouakchott  ils sont 5.

Il s’agit là d’un nouvel  espace  d’affichage moderne  pour la diffusion du contenu  des messages  sur des endroits particuliers.

En effet,  la solution d’affichage  LED grand écran permet  de diffuser les concerts, de la vidéo  en direct, des manifestations  sportives etc., expliquent  les spécialistes en la matière.

L’idée est venue de deux informaticiens jeunes qui ont fait leurs études en informatique et techniques  de communication  au Canada. D’après le directeur de  la société Fast Spiders, Mohamed Ould ALEM, notre objectif  est de développer  les canaux de transmission de message et de la publicité. A travers ce nouveau type de communication électronique adapté  au climat  de notre pays et à ses spécificités, le support communicatif dynamique  sera d’un  grand appui aux institutions étatiques et privées. A titre d’illustration, durant les festivités  de  l’armée nationale nous avons  pu diffuser     le défilé des troupes sécuritaires  sur ce type d’écran, alors que l’institution de l’armée était prête à  débloquer  des fonds pour une telle diffusion. Certes, nous ne sommes pas une entreprise à but non lucratif, toutefois, les entreprises dans ce monde d’aujourd’hui doivent à mon avis   avoir des penchants citoyens.

Quant  a nos services, poursuit-il,  nous avons  plusieurs offres notamment un  forfait :  1 espace  de 10 secondes diffusion  d’un spot  pendant une semaine  ; un espace de 10 secondes , diffusion  pendant  2 semaines et   la durée de diffusion peut aller jusqu’  à  une année .

Pour ce qui est  des   perspectives   à venir le directeur de ladite société confirme que  pour le moment, ils ont lancé des produits d’écran type 5 m2.    Cependant, en 2012  nous allons lancer des écrans  type 20 m2    qui seront  positionnés  dans  des emplacements de choix. Ainsi nous avons tissé des  partenariats avec des entreprises de la sous-région afin de toucher d’autres marchés, conclut-il.




Investissement

6032007

 Les investissements directs étrangers en Mauritanie 

 Pour une population ne dépassant pas les 3 millions d’individus et dont le revenu par habitant avoisine les 430 dollars, avec de faibles infrastructures, les nouvelles autorités viennent de créer un organe pour l’encouragement des investissements directs étrangers. Les diagnostics montrent clairement que les premières conditions de la réussite de l’initiative privée demeurent la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, et la restructuration du système fiscal.    Le réseau des affaires en Mauritanie est dominé par un groupe d’hommes fortement implanté sur le marché local. Mais des indicateurs quasi-inexistants sur la part de l’assiette fiscale de ce réseau dans le PIB Mauritanien (l’impôt sur le bénéfice est insignifiant en Mauritanie). En tête de ce réseau, le groupe MAOA (Mohamed Abdallahi Ould Abdallahi), qui opère dans le secteur de l’eau et de l’électricité, et actionnaire entre autres, d’Elf Oil Mauritanie. Talonné par le groupe AON (Abdellahi Noueigued), qui dirige la Banque Nationale de Mauritanie; il est actionnaire de la Somagaz. Le groupe BSA (Mohamed Bouamatou) contrôle, la Générale de Banque de Mauritanie (en association avec la Belgolaise), la Copral (importation de cigarettes…) la CGA (automobile). BSA vient d’ailleurs de créer les Assurances Générales de Mauritanie et de s’associer avec Total. La quatrième «holding» du pays, dirigée par Ould Abass, actionnaire principale de la Banque Mauritanienne de Commerce et d’industrie ; il exerce ses activités dans le transit (Votra) et dans le commerce d’importation et de distribution avec Commequip et Socometal. Le Groupe MIP SOFAPOP (pêche et usine de surgélation) de Mohamed Abdellahi Ould Yaha occupe  quant à lui la sixième position. Parmi les autres groupes présents, figurent ceux de Mohamed Lemine Ould Mamy, d’Ahmed Saleck, d’Abdou Maha, de Ould Zeïne. Toutefois, selon une enquête effectuée à Nouakchott, il y aurait un désinvestissement français depuis les années 1990. Accor, BGI, Sdeho, Air Liquide, Ifafood, Veritas, Clemessy, Satom, Razel  semblent être chassés du marché national. Pour remettre en marche le moteur économique du pays et stimuler les IDE, «des investisseurs étrangers accompagnés du chef de l’état, du ministre des affaires économiques et du développement, ainsi que du gouverneur de la Banque Centrale, ont participé à un forum sur l’investissement en Mauritanie. La promotion des perspectives dans le tourisme, la pêche, les énergies extraites, les infrastructures, les télécoms entre autres, étaient à l’ordre du jour».    A cet égard, l’implantation de la nouvelle Banque pour l’Investissement International, PNB, SG avenir , SUDATEL, Mauritania Airways et les investissements chinois aura-t-elle un effet favorable pour une possible délocalisation des autres entreprises étrangères? Ces investissements diminuent-ils le taux de  chômage? Une telle diminution qui reste pourtant primordiale pour la relance économique.

Là aussi, on peut dire que certaines de ces entreprises semblent être accusées de recruter par clientélisme. Car il y a des hommes des affaires mauritaniens de l’ancienne génération qui pèsent sur le fonctionnement des entités nouvellement implantées. Ces entreprises peuvent sous-traiter   avec des entrepreneurs locaux qui continueront toujours de s’enrichir sur le dos des pauvres en donnant à leurs salariés des revenus qui ne représentent même pas le tiers des revenus officiellement attribués par ces organismes. Et si ces hommes d’affaires sont actionnaires comme c’est toujours le cas, le mode d’emploi et de gestion seront fortement influencés par ces derniers. 

Investisseurs: que cherchent-t-ils ? Bien que la Mauritanie absorbe une faible part des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique, l’afflux des capitaux n’a cessé de progresser ces deux dernières années. Cette augmentation s’explique par la récente découverte du pétrole.L’investissement direct étranger était de -1,26  dans les années 70 pour atteindre 214 millions de dollars US en 2003. Le secteur pétrolier englobe à lui seul  204,4 (19% du PIB) contre 9,5 pour les autres secteurs. Les investissements hors pétrole étaient quasiment nuls (-1,26 millions dollars US entre 1970 en 1980 et 8,2 millions dollars US durant les années 90). Quelles en étaient les raisons?  

La réalisation d’économies d’échelle apparaît difficile sans l’appui sur une demande extérieure. Ainsi, l’insuffisante de la diversification de l’économie locale, manque d’infrastructures, coûts de productions élevés (téléphone, électricité), main-d’œuvre peu qualifiée et lourdeurs administratives (qui nécessite environ onze procédures administrative correspondant à 73 jours et procréant un coût moyen représentant 109,7% du revenu brut par habitant), sont autant de  facteurs défavorables en termes d’investissements directs étrangers.

Le pays devrait alors améliorer la bonne gouvernance des affaires. Cette dernière intéresse les investisseurs, car elle leur donne plus de confiance et de garanties. Il est indispensable de simplifier les procédures administratives dans le but d’alléger les coûts liés à la création d’entreprises. Et «maintenir les acquis en terme de coopération sous régionale».

Mohamed Fouad Barrada m_barrada@yahoo.fr 




Réflexion

9042007

 Une fille ou un homme passant leur temps devant le virtuel ça peut  prouver la recherche de je-ne-sais-quoi ! Une femme ou un homme qui essaye de prendre en main son indépendance relative prouve autre chose ! Le phénomène nous dépasse. On peut trouver un gars propre à une fille ou une fille spécifique à un homme qu’on lui donne à titre d’illustration le nom « mec à elle » ou meuf à lui. Ce gars est beau, élégant, chic, riche et artificiellement intelligent. Disons qu’il a tout pour qu’elle craque. Et elle a tout pour qu’il soit séduit. Malgré tout,  ils appartiennent  à cette espèce qu’on surnomme les êtres humains. Rien de surprenant dans cette histoire sauf une fois qu’ils   arrivent à faire connaissance, ils  décident de plonger dans ce que nous appelons communément la vie conjugale. Les conjoints essayent de mettre au monde des enfants pour accomplir le but ultime des êtres humains : la  progéniture. En suivant l’ordre mécanique du même processus relationnel,  nous pouvons dire que les enfants une fois dépassant l’âge de l’adolescence devront à leur tour  s’occuper de leurs familles. Mais ils auront eux-mêmes leurs propres enfants qui seront dépendant bien sûr de l’ordre moral de la société. La conséquence sera un conflit interfamilial et tout cela est régulé par le besoin. Ce  besoin il faut l’intégrer dans une dimension plus large. Car partant que nos ancêtres homos sapiens on voyageait de l’Afrique et de l’Asie vers l’Amérique en passant par l’Europe du centre. Ce même besoin a transformé génétiquement parlant la couleur des hommes et leur physionomie (naturelle). Il a poussé les hommes à chercher une interprétation logique de leur vie afin qu’ils assurent une autre évolution après la   mort. Il a poussé également les hommes à s’entretuer et à être en mutation permanente. Donc nous pouvons comprendre en ce sens que le but c’est de s’éloigner  de ce conflit interhumain. 

On peut se changer les idées par ce même virtuel. Mais parfois on claque la porte et on visualise le monde tel qu’il est et on se positionne suivant notre entourage qui exerce certainement une influence régressive mais acceptable. Car c’est toujours ce besoin qui nous dicte certains comportements. L’esprit rebelle refuse tout cela, car il est  tout simplement indépendant de l’ordre. Il crée lui-même son désordre. Il aime ce désordre. Mais ce désordre crée un ordre propre à l’esprit innovateur. Cela nous mène vers l’idéal spirituel (sachant que nous n’allons jamais atteindre cet idéal). Ce n’est qu’un besoin, comme tant d’autres, qui organise ce désordre naturel. Que  cherchons  – nous  alors dans cette mutation chaotique ? Des mecs qui nous mettent à l’abri !? Ou une explication métaphysique de notre existence ?      Considérons la spiritualité sous l’angle du besoin suprême. Il s’agit d’avoir  la paix avec soi-même. Car avec cela nous pouvons vraiment, en tant que musulmans, ne pas craindre la méchanceté des hommes ni la mort, nous pouvons même se sacrifier pour une cause juste. Toutefois, tuer un homme c’est un péché énorme, entraîner les hommes dans la vassalité des autres hommes est un crime.  Eduquer les musulmans dans une logique de soumission, c’est le pire des crimes. Donc résident ici les interprétations que chaque homme fait de la religion. Nous pouvons expliquer juste que la cause de la régression des musulmans, ce n’est pas la religion elle-même,  mais les hommes et cela suivant leurs besoins parfois destructifs. Les amis de Mohamet sallah  allaah alyhi wesslem  (essahaba roudwane ellaha elyhoum) étaient des pauvres en majorité. Il défendait lui-même les pauvres, il voulait qu’ils soit pauvre, c’est pour cela qu’ils se sont reconvertis en islam par une conviction (bien sûr) matérialisée par une justice sociale. Pourtant, des gens continuent  à se reconvertir en islam parce qu’ils ont eu ce besoin, ils ont pu le satisfaire à travers cette religion. Mais le débat se pose en terme simple et clair : pourquoi il y a tant de guerres civiles depuis le califat d’Uthman ? Pourquoi il y a eu tant de dégât dans les terres de l’islam. Et pourtant cette civilisation persiste sans être pour le moment constructive, je vous laisse lever le débat tout en ayant comme ligne de mire le fait que nous sommes dominés technologiquement  par l’occident,  et que nous étudions en langue étrangère et que nous écoutons de plus en plus la musique occidentale bien que la musique soit universelle, l’influence est incontestablement palpable. Cela ne prouve pas l’acculturation mais ça prouve que la société impose sa mode (et cela sous l’influence de la domination). Imaginons l’impact de cela sur les générations futures. Deviennent-elles sous l’emprise de l’information mécréantes ou vont-elles s’imposer ? Quant à la pensée occidentale, elle est progressive matériellement. S’agissant de la religion, chacun a ses convictions. Mais nous devrons en tant que musulmans être en diapason avec l’évolution humaine, comme c’était le cas à l’époque de la justice dans la terre de l’islam. Au 14ème  siècle il n’y a eu que 5 émirs ad hoc. Depuis cette époque, nous vivons dans des divisions qui nous ont menés à rien.  Pourtant nous avons battu une grande civilisation sans pour autant maintenir les acquis de nos ancêtres, mais l’homme doit se détacher du passé pour voir l’avenir. Pour nous, l’avenir est guidé par la mort rien à craindre de la mort, car elle n’est qu’une forme de la vie, mais il faut laisser une trace au nom de l’islam. Cela passe par des valeurs qui émanciperont la société en terre d’islam.

Mohamed Fouad Barrada 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

22052007

 

 On raconte que le Premier ministre travaille 19 heures par jour ! Quel record ! Il monte à 8 heures pour quitter son bureau à 3 du matin. Bravo, Monsieur le Premier Ministre ! Si les résultats pouvaient suivre, l’exemple ne serait pas en reste. Seulement, la paresse est notre nature à nous autres mauritaniens. Nous avons besoin des grands bosseurs, certes. Pour mettre l’appareil  étatique  en marche. Ce n’est pas la quantité de travail, mais l’efficacité et l’efficience qui comptent. Dans les pays scandinaves les gens travaillent  moins que les français et les marocains, par exemple. Ils sont plus rentables. En Mauritanie on se livre à une suractivité. Mais disons à monsieur le Premier ministre que ‘gouverner’ la Banque centrale et gérer un pays sont deux choses différentes. Hormis les rares restructurations financières, qui ont permis une stabilité monétaire, discutable du reste, et la rectification des données macro-économiques, qui ont donné l’occasion à notre pays de bénéficier de l’initiative de l’effacement de 55% de notre dette, le bilan reste mitigé. 

C’est sur le quotidien que nous devrons mettre l’accent. Ce qui ne signifie pas  que la capacité journalière du travail du pouvoir exécutif  sera l’équivalente de la   somme des jours en terme d’activité. Si à titre d’illustration un seul,  ou deux  Ministères,  travaille  plus que les autres le résultat sera  totalement négatif. Si par contre l’ensemble des Ministères  table sur une coordination entre les différentes structures la rentabilité deviendra  alors plus significative. 

La formule du développement est claire : une justice sociale, un contrôle sans faille et  un esprit de réflexion. L’objectif est la  croissance économique.  Ce qui sous-entend des investissements.  En ce sens, savez vous monsieur le Premier ministre que dans une grande ville comme Kiffa les gens n’arrivent pas à finir le mois sans l’aide de leurs parents. Les causes sont flamboyantes : il n’ y a pas d’activité. Les activités déclenchent  la relance économique. Quelqu’un   me dira  que le pays ne dispose pas d’assez de moyens pour créer des activités  pour une telle relance et qu’il faut attendre la réalisation des grands équilibres  macro-économiques. C’est-à-dire deux  ans voire cinq ans. Mais le défi est énorme. Il faut juste activer la transparence dans des domaines tels que
la  Justice,
la Cour des Comptes,  le  Transport et  la Police. En fait, en venant  tout récemment  d’un pays étranger,  je me suis  hasardé à demander le prix du transport du taxi pour une destination proche de l’aéroport, à ma surprise  le taximan m’avait fixé un prix exorbitant. J’essayai de m’interroger sur les raisons d’une telle tarification, il m’avait dit qu’au niveau de l’aéroport, il y a un nombre limité de taxis.  Ces  taxis bénéficient des privilèges informels. Ces actes seraient le signe d’une  pratique male saine d’abus de pouvoir. Ce qui sous-entend  que la porte d’entrée de notre pays (l’aéroport), nous donne une idée claire  du dysfonctionnement de notre système. 

Autre fait marquant, à l’atterrissage  à l’aéroport,  j’étais frappé comme d’habitude  par  son état. A coté de la piste d’atterrissage se trouvaient des boites troués et des ordures. Nous voyageons et  nous revenons sans que les choses s’améliorent.   

Pourtant, c’est facile de veiller à la propreté de l’aéroport et de bien contrôler le prix des transports. Il faut juste commencer par le commencement : équilibrer entre le quotidien et les objectifs globaux de l’actuel gouvernement.   

Sur la composition du nouveau gouvernement, l’opposition formule des critiques sur les nominations faites suivant  les anciennes bases des appartenances. A cela nous pouvons dire que le gouvernement est une affaire de la majorité, jouer sur cette optique demeure une immixtion sans fondement. Dans n’importe quel pays démocratique, le pouvoir exécutif est nommé selon un principe des appartenances politiques. La preuve en est la récente nomination du premier ministre français. Il semble cependant que nous sommes en pays fortement guidé  par l’appartenance tribale même l’opposition n’était  pas à l’abri (l’expérience des législatifs et des municipales renforce cette thèse). La solution devient-elle alors une alliance contre nature? Une telle alliance (entre une partie de l’opposition et les mécontents de Methaq) aura-t-elle  comme but de mettre à genoux la nouvelle équipe ? Laissons  la nouvelle équipe montrer en quoi elle sera capable, et du reste  l’histoire s’en chargera. 

m_barrada@yahoo.fr 

Source La Tribune N° 350 ( 23 /05/2007) 




Les échos Par Mohamed Fouad Barrada

3062007

On évoque des rumeurs selon lesquelles, le  Premier ministre  compte démissionner. D’autant qu’on raconte que la crise des faux chiffres entre  notre pays et les bailleurs de fonds a marqué l’alignement de Zeine O Zeidane à la vision du FMI. Une telle vision a poussé Zeine à l’époque, où il gouvernait  
la Banque centrale, d’exiger l’application d’un système bancaire qui par sa rigidité n’arrangeait pas certains hommes d’affaires. 

Comme l’avait fait le leader de l’opposition en réfutant la rumeur sur son probable nomination à la tête de l’UA, la nouvelle équipe ministérielle  devrait-elle  faire taire ou confirmer la rumeur ? Une telle rumeur (la démission) si elle s’avère vraie pèserait sur la stabilité politique du pays. Laquelle stabilité nécessite  selon Ahmed O Daddah   la concrétisation de la rupture avec les anciennes pratiques. Le chef historique de RFD a réitéré ses accusations vis-à-vis de l’ingérence des militaires dans le domaine administratif, notamment leur rôle dans les nominations récentes. Il a, toutefois  reconnu au cours de sa dernière conférence de presse, des  erreurs sans préciser leur nature. C’est une vertu de reconnaître ses erreurs. A quelle erreur le leader historique de RFD fait-il allusion ?  Malheureusement ou heureusement,  il a avancé ses aveux à la fin de la conférence. Bien que l’erreur soit inhérente à la nature humaine  (qui peut dire qu’il n’a jamais commis d’erreur), de l’avouer est quelque chose d’extraordinaire voire magnifique. 

Quelqu’un me dira que nous avons besoin de leaders qui se sacrifient pour la cause juste, de leaders qui inspirent confiance, qui croient à l’autorité de l’Etat sans être eux mêmes autoritaires, de leaders qui appliquent la puissance juridique au détriment de toute appartenance régionale, tribale ou ethnique. De leaders issus de partis démocratiques donnant à leurs militants la chance de militer pour des principes loin des calculs opportunistes, loin de leurs appartenances. De leaders qui ne veulent que le bien être des populations bien que celles-ci  restent dupées par l’exploitation, elles méritent néanmoins d’être soutenus sans contrepartie électorale, tribale, sectaire ou régionale. Cela passe certainement par des organes démocratiques loin des principes féodaux. Il semble toutefois que  l’instrumentalisation électorale passe par des appartenances favorisant le culte de la personnalité.  Certains disent que le leader de RFD sera la solution adéquate pour un pays comme la Mauritanie. D’autres avancent Mohamed O Mouloud de l’UFP.  Il s’agit de deux écoles de la même tendance socialiste, différentes quant à leurs visions des choses. Cette école entame, partout ailleurs, (la France, le Royaume Uni et autres) une reforme  allant dans le sens de la réflexion touchant leurs organes internes. Une nouvelle tendance mauritanienne  préfère l’alliance Hanenna et Jemil Mansour à travers  le nationalisme islamisé. Un quatrième courant s’organise au sein de la majorité parlementaire  pour consolider l’idéologie de la domination traditionnelle. La question qui s’impose devient alors comment faire en sorte que les mauritaniens se trouvent dans des structures politiques loin des appartenances divisionnaires. Ces appartenances éloignent les mauritaniens de l’objectivité souhaitée de la démocratie : le bien être des citoyens. 

 m_barrada@yahoo.fr      


La Tribune n° 351




Mondialisation : La Mauritanie face à l’instabilité internationale Par Mohamed Fouad Barrada

3062007

« Plusieurs partis politiques et organisations ont demandé, au nouveau système de mettre fin aux relations diplomatiques avec l’Etat Hébreu.» (24 mai 2007Alkhbar via le site cridem) Depuis longtemps des politiques mauritaniens ne se mobilisent que s’il y a des événements extérieurs. Depuis quand, ces politiques n’ont jamais organisé  une marche contre les hausses des prix ? Depuis la mise en place du nouveau gouvernement, nous avons constaté que les questions sociales étaient soulevées, bravo !  Qu’en est-il des collectivités locales dont le bilan reste mitigé ? Pourtant, l’opposition est fortement représentée dans ces collectivités locales. Nouakchott et autres villes sont telles qu’elles étaient. L’autocritique devient une exigence. Le soutien de la cause palestinienne est indispensable, mais l’équilibre entre la vision externe et interne reste encore une nécessité. 

Coupons cette relation afin que nos partis, qui n’ont que les affaires étrangères, élaborent des tactiques internes pour le développement de leurs collectivités locales.       Loin du pays, certains me diront c’est chez nous, le conflit militaire  entre l’armée libanaise et la branche armée du Fatah al’Islaam prend malgré la récente trêve une tournure délicate. Dans l’autre coté de la région, l’instabilité fait rage (la guerre civile en Irak), c’est chez nous encore. Tout près de ce pays l’Iran (chez eux) risque de provoquer des alliances géopolitiques entre les européens  et l’Etat Hébreux. Ce pays qui a vu le jour en 1948 continue d’oppresser les palestiniens au vu et au su de la communauté internationale. Ces palestiniens s’entretuent pour une cause purement politique. La trêve était à l’ordre du jour. La machine israélienne n’épargne personne. Interprétation de fait : entre nous, factions divisées en territoires occupés, nous allons entamer une trêve momentanée, une fois les israéliens nous laissent  en paix ; on va commencer notre vraie guerre. C’est celle du  refus de l’autre. Notre soutien, ainsi  que les relations avec les israéliens ne sont pas si stratégiques (en cette période). Nos frères du territoire occupé sont divisés sur des questions institutionnelles et existentielles. 

L’économique essaye d’activer, par ailleurs, les procédures d’investissements. Cela se manifeste par le forum de 11 pays en voie de développement, bientôt le G8. Le groupe de onze qui  vient de voir le jour représente des caractéristiques spécifiques. Ils sont, soit sous-développé, soit en voie de développement. Ils sont une composante du groupe de 77 pays non alignés.   Nous sommes dans l’ère de la mondialisation à outrance. Il est question d’une décomposition (guerre civile, rejet de l’autre, etc.) alimentée par  une composition des groupements économiques. L’écart entre les riches et les pauvres demeure un signe fort de la mondialisation. Les pays riches s’enrichissent de plus en plus, quant aux pauvres ils s’appauvrissent. Les acteurs de la mondialisation créent  la consommation et le déséquilibre devient flamboyant. Ce déséquilibre est constaté même dans des pays dits développés. Une manifestation de cette crise se trouve  dans le paradoxe de l’économie des Etats –unis d’Amérique. Ce pays est à la fois le plus endetté et le plus développé. Une grande partie de sa dette est détenue par des pays comme
la Chine et le Japon. D’autant que ses citoyens vivent au  dessus de leurs moyens. Ils sont les plus endettés de toute la planète. Les crédits à la consommation sont la force motrice de l’économie mondialisée. 
Pour décoller, une économie en cette ère mondialisée, il faut créer le besoin, lequel implique la recherche des sources nécessaires pour le satisfaire. Il s’ensuit un stress permanent. Le phénomène des téléphones mobiles est un fait marquant en Mauritanie. Dans une société oratoire comme la nôtre, la consommation en terme de crédit téléphonique dépasse les normes. D’où le paradoxe mauritanien. Tout le monde cherche l’argent (les portables et leurs recharges, les télévisions  numériques, les ordinateurs constituent entre autre des   consommations supplémentaires et primordiales), alors que l’argent est détenu par une minorité qui n’a pas encore eu l’intelligence de créer les activités par les crédits à la consommation.   Deux banques étrangers viennent de s’implanter, elles insistent que la justice soit transparente afin qu’elles commencent l’initiative des crédits pour les particuliers. En attendant elles refusent d’accorder la place qui sied à la langue Arabe, langue officielle (et première du pays). Mais le niveau de vie est tellement faible ce qui met en retard le déclenchement d’une telle démarche. Celle-ci reste essentielle pour le développement et l’urbanisation du pays. 

Dans ce pays, l’initiative demeure bonne car les plans de développement sont  fortement retardés par l’absence de  la  bonne gouvernance et de la désorganisation négative. Interventionnisme,  drogue, corruption, sont des manifestations du besoin économique.  Le jargon familial est fortement influencé par des expressions comme  «celui-ci a une belle voiture, l’autre a acheté une maison, celle-ci avait  bénéficié d’une dote colossale ». La politique du ventre domine les attitudes d’une grande partie de nos citoyens. La justification implicite ou explicite demeure «qui n’a rien ne vaut rien».  Sous l’emprise du  besoin, le monde urbanisé en Mauritanie marque la mauvaise exploitation de l’image. Les medias renforcent l’effet de l’image  sur la conscience des  mauritaniens. « Il ne faut pas écouter la musique   occidentale »  lance une femme qui rejette les signes « civilisationnels »   de l’occident,  mais celle-ci ne rate pas  les feuilletons latinos. D’autres genres d’individus se focalisent  de plus en plus sur les chaînes à connotation religieuse. Causes : soit une maturité sociale, soit  un phénomène de retour à la source religieuse. Des individus se sentent menacer  par le monde tel qu’il est. Ils n’ont pas les éléments nécessaires pour suivre le rythme de vie mondialisée. Dans ce cadre, chacun a son interprétation de l’existence humaine : Lutte contre l’ennemi et ses amis en est une. Les pouvoirs en place sont mécréants, ils méritent la mort. L’injustice et les régimes policiers tortionnaires font que les hommes oppressés préfèrent  la mort que d’être maltraités. Les bombes humaines peuvent surgir à n’importe quel moment. Une société  comme
la Mauritanie ne supporte pas  de tels phénomènes.      
Le politique cherche  à  se prémunir contre le risque tout en appliquant implicitement la politique de l’autruche. Ce qui sous-entend que le risque  est là mais nous allons faire en sorte de l’éloigner (le 3 août en est une explication). Ces politiques  leur échappent  inconsciemment que l’instabilité n’épargne personne.
La France fait de la mondialisation, l’identité, l’emploi un débat central, alors nous sommes dans un stade  de soumission incompréhensible. Il s’agit toujours du refus de l’autre. Tel refus peut être tribal, ethnique, sectaire ou économique. 

Les riches vont se constituer  en une classe fermée leur permettant de préserver leurs biens tout en se  créant un besoin destructif pour certains d’entre eux d’une part et pour le reste de la société, d’autre part. La tolérance mauritanienne va être un pur passage vers l’intolérance humaine. Malgré tout, nous appartenons à ce monde. Nous sommes des individus avec des faiblesses et des forces. Mais nous  cherchons toujours cette force.       m_barrada@yahoo.fr SourceLa Tribune N° 351 




Politique générale

5062007

 De la mise à niveau ou de  la mise à l’abri !? 

Par Mohamed Fouad Barrada  Le discours du Premier ministre  devant les députés  a porté sur  l’ensemble des problèmes dont souffre le pays. La question du comment de l’application de la  politique générale de la nouvelle équipe, était soulevée. Justification invoquée par  Zeine O Zeidane : « l’administration n’avait pas la culture des chiffres, le moment opportun, vous allez disposer des indicateurs sur  la situation du pays ». Pour lui,  son équipe n’est nullement  responsable de ce qui se passait dans les périodes passées. « Dorénavant,  la culture de l’audit sera activée », précise-t-il.  Il  manque cependant une  culture de la  punition, faut-il observer. Et pour cause, en ce mois de juin, « il y a un déficit de 30 milliards d’ouguiya », a révélé le Premier ministre. Ce qui    nécessiterait un appel d’offre pour la vente des bons de trésor. Histoire d’avoir des sources de financement rapides moyennant intérêts versés par l’Etat. Or il aurait été loisible de chercher à mettre la lumière sur les raisons d’un tel déficit et éventuellement sanctionner des coupables. Au lieu de cela il y a l’impression d’une volonté de mise à l’abri du gouvernement sortant de Sidi Mohamed O. Boubacar. Un gouvernement dont certains n’hésitent pas à dire que c’est un gouvernement de gaspillage et de mensonge et d’interventionnisme se manifestant par des recrutements suivant les méthodes anciennes. Une preuve ? 77 diplomates dont le recrutement devrait  coûter   800 millions ouguiyas ont vu leur mouvement annuler par le nouveau président. Paradoxalement, le rapport sur l’activité des autorités de  la transition  était parmi les meilleurs  rapports : les recettes fiscales  hors pétrole et dons représentent 27,6% du PIB contre 24,5% en 2005. En 2006, la croissance du PIB réel  serait de  11,7%.   Vrais ou faux chiffres !?   

Un chroniqueur  du quotidien  Assiraje confirme, en ce sens,  dans une publication du 28 mai 2007  «  qu’en Mauritanie chaque fois   qu’il y a une passation de service entre deux  gouvernements, le dernier explique  qu’il n’a rien trouvé dans les caisses de l’Etat ». Abderrahmane Ould Hama Vezzaz, ministre des finances et de l’économie,  explique « qu’au moins 17 milliards du déficit budgétaire sont justifiés par la baisse  de production pétrolière du champ de Chinguitti ». Si l’on en croit la version officielle, « la projection des recettes est faite sur une  base d’évaluation erronée. »   

Le baril du pétrole est, toutefois,  évalué à 60 USD alors que Woodside semble  tabler, dans son étude de commercialisation,  sur une valeur de 20 USD/baril.   S’agissant  de l’action de la nouvelle équipe personne ne peut avancer des informations ou des diagnostics voire des pronostics sur sa gestion actuelle. 

Nous sommes dans l’ère de  la mise à niveau. Nous parlons d’un tableau de bord utilisé par le nouveau Premier ministre. Ce tableau lui permet de suivre l’évolution budgétaire de l’ensemble des départements de l’Etat. Cette démarche a été parait-il arrêtée par ‘je ne sais comment’.  Nous sommes toujours dans les ouï-dire et personne ne  peut prouver ces  spéculations. Les programmes évoqués également  par  l’opposition étaient souvent ambitieux, mais c’est  le comment qui pose problème. L’opposition  peut établir des programmes quantifiables  avant qu’ils nous disent que c’est la faute des autres, et que nous devront leur donner du temps pour auditer la gestion passée. C’est le moment ou jamais. 

A l’époque, Maawiya a tenté  lui aussi une lutte contre  le détournement des biens publics par l’augmentation des salaires des hauts fonctionnaires de l’Etat. L’augmentation était à l’ordre du jour : un ministre touche un million d’ouguiyas, mais l’efficacité reste  toujours le rêve souhaité. La méthode la plus efficace demeure une rémunération par performance. Les  parlementaires devront par leurs partis donner l’exemple. Les communes urbaines commandées par l’opposition   sont-elles  en diapason avec l’évolution actuelle des  critiques de leurs confrères au parlement ?  Comment peut-on croire à la critique de quelqu’un si celui-ci ne peut pas donner l’exemple par une remise en question au sein de son parti ? Certes, la vérité n’est pas l’apanage de certains, celle-ci  est régulée,  cependant,  par ce que nous appelons un idéal qui  est loin d’être une expression courante dans le jargon politique.   

Comme le disait un écrivain malien « les  sociétés africaines favorisent la corruption et le détournement des fonds ». Nous applaudissons nos fils qui détournent le bien de l’Etat alors que dans des pays développés un tel acte pousse au suicide.  Dans ces pays,  la presse et la société civile sont une  référence. Ici les journalistes sont souvent considérés comme une racaille. Ils travaillent dans des conditions désastreuses. Parmi eux et surtout les simples rédacteurs des gens qui aiment  ce pays, il y a  aussi certes des profiteurs, mais nous   n’oublions pas qui sont des mauritaniens comme les autres. Ici  Jamil Mansour  et Bedredine ont  marqué le point en martelant  « que le seul acquis de la période transitoire (exception) est incontestablement   cette liberté de presse».Ce qui sous- entend qu’il faut la préserver. Parmi nos parlementaires des individus qui veulent une augmentation de leurs salaires alors que la démarche  doit toucher les simples  travailleurs,  confirme Jamil Mansour en guise d’intervention.   Un autre a soulevé la question d’emploi comme une solution de relance économique, les idées sont là, mais il nous manque toujours un repère, une référence.   

Dans les mairies qui devront être un exemple de propreté, ce concept est toujours loin d’être évoqué. « Le chameau voit la bosse des autres chameaux  sans pour autant  visualiser  sa propre bosse. » Une chose est sûre, des  ministres affirment  qu’ils peuvent travailler avec la moitié de l’effectif en place. Peuvent-ils mettre à la porte une grande partie de ces bénéficiaires de salaires et les remplacer par des nouveaux plus compétents ? Les femmes en revendiquant leurs droits de 20 % pour  des nominations politiques, mettront-elles la compétence comme un repère  de relance économique ? Le Premier ministre affirme en ce sens que l’emploi et la rigueur des services de contrôle permettront  la reprise  économique, et cela  par une augmentation de pouvoir d’achat. 

« Un système de contrôle  a été mis en place par le Premier ministre dans le cadre de la moralisation et de l’efficacité de l’appareil administratif, sera consacré par la remise  hebdomadaire de documents au PM consacrant le travail réalisé pendant la semaine, par chaque direction, par chaque ministère » (Authentique, n° 496 du vendredi 1 juin 2007). La pérennité  fera-t-elle  défaut ? Nous ne pouvons pas éradiquer l’incompétence administrative   par une baguette magique, nous pouvons néanmoins activer l’esprit de l’État par la mise en place des mécanismes permanents  de contrôle, de l’évaluation et de  la sanction. Cela  manque toujours chez nous. 

m_barrada@yahoo.fr  SourceLa Tribune N°  352 




Drogue en Mauritanie :

5062007

Drogue :

Zones d’ombre ou

Jusqu’où ira l’enquête ?

 

Quand le Premier ministre le confirme, la commission administrative chargée d’enquêter sur l’affaire de la drogue qui a secoué le pays ces dernières semaines, cette commission était déjà à Nouadhibou depuis une bonne semaine. Dirigée par l’Inspecteur général d’Etat, Mohamed Ould Horma, elle comprend un membre de chaque administration concernée : Seyid Ould Ghaylani, inspecteur général au ministère de
la Justice, colonel Abdallahi Ould Ahmed Aïcha de
la Gendarmerie, colonel Sidi Ould Sidi Mohamed commandant adjoint de l’Air, Moulaye Eli Ould Daf de la direction générale des Douanes, Abdallahi Ould Kebd chargé du programme de lutte contre les stupéfiants au ministère de l’intérieur, Mahaye Ould Zouein directeur de l’aviation civile et Dah Ould Mohamed Ghali inspecteur du ministère de l’intérieur.

La mission de la commission est d’abord administrative. Il s’agit pour elle de déterminer les responsabilités et d’identifier et situer les dysfonctionnements au sein des appareils administratifs. Deuxième niveau de la mission : faire la lumière sur l’affaire. Troisième niveau : aider éventuellement la justice à faire son travail. Le libellé ‘commission administrative’ ne couvre donc pas toute la mission qui est confiée à ce groupe. D’où les rumeurs et les doutes quant à son champ d’action, ses compétences et son travail.

Depuis son arrivée à Nouadhibou, la commission est à pied d’œuvre. Jusque-là elle aura entendu toutes les personnes ayant été mêlées à l’affaire : policiers, contrôleurs de l’Asecna, éléments de l’Armée, douaniers, gendarmes… Les premiers à être entendus furent bien sûr les responsables.

Très vite il est apparu que même si la police avait été mise au courant de l’arrivée imminente d’un avion transportant de la drogue, aucune mesure particulière n’avait été prise. Le directeur régional de la sûreté se contentant de donner ordre à ses subalternes de ‘prendre les dispositions nécessaires’. Sans toutefois vérifier si les dites dispositions ont été prises. Quand arrive l’avion, le commissaire de l’aéroport est en train de deviser tranquillement avec le Wali qui n’a pas été mis au courant. A l’aéroport l’adjudant de permanence avait dispersé les quelques éléments laissés à sa disposition. Ne restaient que deux policiers et deux contrôleurs de l’Asecna. L’avion atterrit et va au en bout de piste, ce qui est suspect pour un bimoteur. Sidi Mohamed Ould Haidalla, premier suspect selon la police, se dirige vers l’avion. Il avait pris avec lui un contrôleur de l’Asecna et un policier. Mais il ne va pas jusqu’à l’avion. Il dépose ses passagers avant d’arriver à l’avion et s’en va. On ne le verra plus jamais. La voiture de sécurité survient. L’avion décolle. Branle-bas. La police découvre les cartons. De la cocaïne. Combien ? Les premiers chiffres sont imprécis. Quand on passera à l’incinération on chiffrera à 629,174 kg. Exactement ou presque la quantité volée dans les entrepôts de la police bissau-guinéenne quelques jours avant. Mais la police avait déjà conclu à un produit débarqué. Pourtant le temps matériel qui s’est écoulé entre le stationnement de l’avion et son décollage ne permet pas d’aligner 21 cartons de plus de six cents kilogrammes, au bord de la piste. Qu’à cela ne tienne. Le produit arrive d’Amérique du Sud et devrait être acheminé vers l’Europe. C’est la version officielle.

Poursuite du principal suspect. Le lendemain, on découvre l’avion à quelques 120 km de Nouadhibou. Le poste de Boulenouar signale le passage de la voiture de Ould Haidalla. Aucune tentative de l’arrêter ni de le poursuivre. Sans balise, l’avion avait pu atterrir en plein désert. Ce qui relève de la prouesse. Son équipage a été récupéré et a disparu en même temps que les mauritaniens recherchés dans le cadre de l’affaire. L’enquête commence. Et quelle enquête ! Les interrogatoires sont sommaires. Ceux qui peuvent donner des renseignements importants sont épargnés ou peu ‘cuisinés’. Si bien que quand la police intercepte un jeune qui déclare aller à la rencontre de Ould Haidalla, son ami, pour lui apporter de l’essence, personne ne songe à aller avec lui et à lui tendre un piège. Le jeune est menotté et ramené à Nouadhibou. Comme si tout le monde ne voulait surtout pas que le principal suspect dans l’affaire soit arrêté. Il faut signaler ici qu’aucun avis de recherche n’a été émis à l’encontre des fuyards. Aucun mandat d’arrêt international non plus.  Plus bizarre, les noms et qualités des premiers responsables de l’enquête n’apparaissent pas (Procureur, DRS…). Où en est-on aujourd’hui ?

Une enquête sans objet parce que le produit a été incinéré. Pourquoi justement ? Est-ce parce qu’il y a une pression d’Interpol qui craignait que le produit ne revienne sur le marché ? Est-ce un empressement injustifié des autorités ? Ou plutôt une parade ? Dans des cas comme celui-là, rien n’est à exclure. Pourquoi la maison louée par Ould Haidalla a été perquisitionnée quatre jours après l’éclatement de l’affaire ? Pourquoi Ould Haiddalla, principal suspect dans l’affaire, a-t-il fait tant de publicité autour de l’arrivée de l’avion ? Pourquoi la transcription du dialogue entre la tour de contrôle et l’avion n’a pas été fidèlement transmise à la justice ? Pourquoi le pilote a dit à la fin : ‘J’ai reçu des instructions, je dois partir’ (en anglais) ? De qui le pilote recevait-il les instructions ?

L’affaire se résume aujourd’hui à deux avions – un bimoteur et un hélicoptère – stationnés à l’aéroport de Nouadhibou, cinq suspects dont deux mauritaniens sous les verrous, deux inculpés libérés sous caution, cinq fuyards on ne sait pourquoi (sans avis de recherche), 25 containeurs destinés à la société Haidalla SA et dont les connaissements indiquent …’droguerie’ alors qu’ils contiennent des produits cosmétiques destinés il est vrai au blanchiment… de la peau. Cela relève plus de la psychanalyse que du droit des affaires. L’affaire se résume aussi à ces nombreuses questions que l’opinion pose à la commission : l’enquête a-t-elle été bâclée volontairement ? Par qui ? Comment ? Peut-elle être reprise ? Par qui ? Comment ? Jusqu’où peut-on remonter ?

Mais avant de répondre à ces questions, il y a lieu de se demander ce que peut la commission dans les conditions qui sont les siennes : une mission mal définie, un champ d’action limité et une compétence à définir. Que va faire la commission dans ces conditions ? Un rapport adressé probablement au Président et au Premier ministre. Un rapport qui sera certainement suivi d’effets.

Le Président Ould Cheikh Abdallahi est de bonne foi dans cette affaire. Il veut donc qu’elle soit tirée au clair. Le Premier ministre sait peut-être ce que cache cet arbre de la forêt. Il sait ce qui attend la commission. C’est pourquoi il la soutiendra. Alors il n’y a pas lieu de croire qu’il y aura une volonté officielle de perturber l’enquête. Il faut s’attendre donc à une plus grande éclaircie dans l’affaire.

 

Ould Oumeïr

 

Encadré :

L’argent n’a pas d’odeur

 

Dans nos grandes villes, l’argent est ‘le nerf de toutes les intrigues’. C’est ce qui explique la prospérité dans une ville frontière comme Nouadhibou. L’économie de combines a su se greffer et sucer l’usufruit de l’économie de guerre. Comme elle a su profiter du laisser-aller général et de la déconfiture qui régnait sur le pays. C’est un univers fait de corruption, d’arnaques qui instaure un système rentier au profit des autorités. C’est ce qui va nécessairement intéresser la commission d’enquête de Nouadhibou. Où vont les fonds levés sur les ‘dhimmi’, tous ces étrangers établis en Mauritanie et qui doivent payer des dîmes qui ne vont pas nécessairement dans les caisses du trésor public ? 10.000 UM pour la carte de séjour, 50 euros de timbres pour le visa, taxe mensuelle sur les milieux interlopes (prostitution, débit d’alcool, restaurants louches…)… Ce qui va pour Nouadhibou, va pour Nouakchott. Les administrations qui lèvent les impôts sont les mêmes. Ceux qui les payent aussi.

A Nouadhibou, l’affaire a des incidences visibles. Surtout la présence de la commission sur les lieux. Le trafic est moins important. Les allées et venues moins apparentes. L’argent circule moins. Le va-et-vient des avions sur le tarmac est beaucoup moins important. Bref la vie est au ralenti.

Source

La Tribune N° 352




Les Echos

6062007

Par Mohamed Fouad Barrada Il y a dans ce pays un phénomène qui freine le développement.   Une dépendance diffuse. Dépendance des uns vis-à-vis des autres ; dépendance de l’ordre social, du désordre, etc. Il y a tout simplement un désordre ; une pagaille pour ainsi dire… 

Les  taxis représentent, par exemple,  un  cas frappant du désordre. Six personnes  s’entassent dans un véhicule qui doit en contenir quatre. Ceci est une spécificité mauritanienne. La police  approuve ces situations. Peut-être même les souhaite-t-elle… La police, pour se prémunir contre la précarité de vie peut-elle refuser des « verres -de -thé » et s’abstenir de  déranger ? Les agents de fisc  peuvent eux aussi se contenter d’une portion de gâteau fournie par quelques boutiquiers. Pourvu qu’en contrepartie ils dispensent ce dernier des taxes  annuelles et autres contributions diverses…Sans autre forme de procès. 

L’autre cas de figure est celui-ci : un excès de fonctionnaires ! Zeine O. Zeidane vient d’annoncer qu’il y a  un sureffectif dans l’administration. Ce qui sous-entendrait que nous avons un trop plein de travailleurs ; à moins que ce ne soient des employés fictifs de l’administration dont les soldes sont virées dans ‘des comptes louches’. Pour remédier à tout ce laisser aller, le gouvernement utilisera la métaphore de la voiture, ou de l’avion, afin de mener à bien la mission qui lui a été confiée  par le Président de la République. Cette mission  est en cours  d’exécution. 

Le Premier ministre a confirmé dans son discours devant les élus du peuple  qu’il faut créer des activités afin de réduire l’impact de la dépendance. Concernant le pilotage administratif, il faut considérer la chose organisée. Ici l’administration, et à un degré  supérieur l’Etat, sera comme une voiture munie d’un tableau de bord. Le pilote fixe ses objectifs qui découlent bien sûr de la  mission établie par les décideurs. Il déduit des objectifs  des indicateurs décisionnels. Ils sont  généralement  en nombre limité (la capacité cognitive du décideur ne dépasse pas  la concentration simultanément  sur neuf signes). 

Pour un tel travail, il faut des gestionnaires performants. L’expérience nous manque dans ce domaine car tout simplement les spécialistes dans le pilotage organisationnel sont rares, chez nous. Nos  pilotes doivent  combiner   le travail de mathématiciens, d’informaticiens, de statisticiens, de littéraires. C’est un  travail de fourmis basé sur une approche transversale. L’objectif est un pilotage dans un  monde désorganisé.  C’est un  travail de grande envergure permettant  une transformation de la désorganisation en  aspect positif. La performance organisationnelle devient, en ce sens,  la  finalité  recherchée. Cette finalité suppose  une coordination efficace voire efficiente, laquelle coordination exigeant   une coopération à la fois horizontale et  verticale. Cela implique une bonne gestion des ressources humaines. A partir des attitudes des individus, les responsables d’une organisation quelconque, devront quantifier leurs actions. Cette quantification concrétise, partant de l’interactivité  entre les hommes d’action,  l’exécution de la stratégie adoptée par leurs entités, leurs  directions générales, leurs ministères…. 

m_barrada@yahoo.fr     Source La Tribune N° 352          




Economie :

12062007

 

 L’apparence d’une crise 

 

Ce sont sans doute les propos du Premier ministre devant les députés qui ont le plus confirmé la rumeur qui circulait déjà sur le mauvais état des finances de l’Etat. Refusant de trancher, le nouveau Premier ministre avait promis des éclaircissements dans un rapport qui devra être élaboré ultérieurement. Tout en précisant que l’hommage rendu aux autorités de la transition concernait le volet politique de son action et non l’aspect économique et social qui fera l’objet d’un audit spécial. 

Suffisant pour confirmer ce que la rumeur entretenait depuis l’arrivée des nouvelles autorités. En effet une campagne sans précédent s’était développée ces dernières semaines. Elle faisait état d’un sac de la part des autorités de transition, et parlait de faux s’agissant des chiffres publiés par le gouvernement de Sidi Mohamed Ould Boubacar le 17 avril dernier, soit deux jours avant l’investiture, dernier acte de la transition. Le chef de l’Opposition, Ahmed Ould Daddah, enfoncera le clou en affirmant sur la chaîne al Jazeera que les autorités de la transition ont pillé l’économie. Venant du pouvoir et de son opposition, la rumeur devenait information. Même si le ministère de l’économie et des finances est intervenu pour rectifier le tir. D’abord par la voix du ministre Ould Hamma Vezaz qui a parlé de déficit budgétaire et non de déficit de trésorerie. Ensuite par la publication sur le site du trésor (www.tresor.mr) des chiffres réels. 

Il en ressort qu’au 30 avril le solde du compte unique du Trésor était de 32,31 milliards ouguiyas, et qu’au 31 mai il est de 32,41 milliards. Tandis que le solde du fonds national des revenus des hydrocarbures (FNRH) était de 72,34 millions dollars au 30 avril et est de 64,51 millions dollars au 31 mai. Le solde du compte courant du Trésor se chiffrait à 16,52 milliards le 30 avril, à 15,64 le 31 mai. Au moment du départ du gouvernement de la transition, la Mauritanie avait pour 2,5 mois de couverture de ses importations. Entre le 31 décembre 2005 et le 31 décembre 2006 l’engagement pour les bons de trésor a diminué de 20 milliards, les créances vis-à-vis de la BCM ont considérablement diminué (-27,20 milliards) et le désendettement de l’Etat s’est chiffré à 47,2 milliards. 

Les deux ‘grosses’ entrées pour l’Etat ont été le bonus de 100 millions dollars versés par Woodside à la suite de l’accord sur les avenants, et le prix de la troisième licence GSM de 100 millions dollars versés par Sudatel. La rationalisation des dépenses et l’utilisation efficiente de ces entrées ont permis d’opérer les rééquilibrages nécessaires à la stabilité macro-économique. Ce qui explique la performance mauritanienne : dernier pays à bénéficier de l’annulation de la dette, il fait partie du premier lot des pays ayant bénéficié de la facilité de réduction de la pauvreté et de la croissance (FRPC). 

Il s’agit d’un nouveau programme signé le 18 décembre 2006 et qui engage le pays pour les trois années à venir sur la voie du maintien du rythme des réformes financières. La signature d’un tel programme est en elle-même une confirmation des performances macro-économiques de 2006. Mais c’est aussi une garantie pour la suite sur cette voie. Car les missions du FMI et de la Banque Mondiale viennent faire des revues bimestrielles des engagements pris dans le cadre de ce programme. C’est à ce titre d’ailleurs qu’une mission commune se trouve présentement à Nouakchott. Cette mission intervient au lendemain de la propagation de ces rumeurs concernant l’état de la trésorerie. Au lendemain aussi de l’intervention du Premier ministre Zeine Ould Zeidane devant le Parlement. Les partenaires n’ont pas manqué de relever qu’il n’a pas été fait cas des programmes qui les lient à la Mauritanie. Ce qui n’est pas forcément de leur goût. 

Par ailleurs et sur tout un autre front, on a beaucoup parlé des dépenses ‘extravagantes’ de la transition. Cela n’a pas concerné l’exécution du budget 2007 dont seulement 19% ont été engagés au 30 avril. 21% sur le budget de fonctionnement et 9% sur le BCI. S’il y a eu des engagements de la part des ministres partant déjà, cela ne concerne pas la base de l’ordonnancement donc n’engage pas l’Etat. il suffit de faire passer l’IGE par là pour rendre caduques de tels engagements. 

Alors d’où vient tout cela ? Il y a d’une part l’action de sape engagée contre les nouvelles autorités. Anciens ‘cadres’ de la haute administration, anciens soutiens du régime de l’avant-3 août, ennemis du changement, opposants politiques… entre tous ceux-là il y a comme une alliance objective avec un principal souci : faire échec à l’équipe actuelle. Entre ceux qui soutiennent que le nouveau Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi ne détient pas la réalité du pouvoir, et ceux qui veulent le retour de l’ordre ancien, la cause est la même. 

Les propos du colonel Eli Ould Mohamed Val – il n’est pas encore allé officiellement à la retraite – sur al Jazeera justifient eux aussi tant de cristallisation contre la transition. En défiant les nouvelles autorités de faire mieux que la transition, l’ancien patron du CMJD se met en orbite. Ce qui doit irriter tous ceux qui sont intéressés par un avenir politique. Aussi bien dans les rangs de la majorité que dans ceux de l’opposition. Cette irritation devait s’exprimer par des attaques frontales. La première pour douter des performances de la transition, la seconde pour aller plus loin en indexant la gestion des affaires publiques du président du CMJD. 

 

MFO 




Politique d’austérité ou austérité politique ?

12062007

 Politique d’austérité ou  austérité politique ? 

 

Mercredi, en conseil des ministres, le Président de la République annonce avoir décidé de renoncer à 25% de son traitement salarial. Il a invité les membres du gouvernement à lui emboiter le pas. Raison invoquée de ce geste qui est intervenu sept jours après le passage du PM à l’Assemblée : la nécessité de réduire l’écart entre les revenus des membres du gouvernement et ceux des autres fonctionnaires de l’Etat. 

Pour quiconque se souvient d’un passé plus ou moins récent du pays, le fait est qu’au-delà de son caractère à la fois symbolique et populiste, cette décision est assez curieuse. 

 

Effort de guerre… effort national 

 

Dans les années 70, au nom d’un certain patriotisme et sous prétexte d’un certain effort de guerre, il a été procédé au renoncement à un pourcentage symbolique de salaire. Environ 1%. La sécheresse était là, en plus, pour convaincre les fonctionnaires à agir ‘noblement’. Vint ensuite l’étape du fameux effort national qui au début des années 1980, au beau milieu de la première parenthèse militaire (CMRN-CMSN), avait vu plusieurs fonctionnaires renoncer ‘volontairement’ à 1, 2, 3% ou plus de leurs revenus. Les listes de ces volontaires étaient régulièrement lues à la radio…A l’époque, il y avait un palais du peuple à construire. La Mauritanie était aux prises avec les ajustements structurelles et autres mesures ‘punitives’ des institutions financières internationales. C’est dans la même période que les bourses des étudiants de la toute jeune université de Nouakchott étaient coupées. Du moins pour ceux qui étaient admis au bac à partir de Nouakchott…Dans le même temps, il semblait incompréhensible que le pays qui est riche en fer et en poisson connaisse des pénuries de pain, d’eau, d’énergie. Et pourtant il y en avait. 

 

Lutter pour survivre… 

 

Quand adviennent en décembre 1984 Ould Taya et ses compagnons pour ‘restructurer’, la voie s’ouvre aux libéralisations ‘impérialistes’. Avec cette seconde parenthèse militaire (12-12 ou restructuration), le début des privatisations allait sonner le glas du pouvoir d’achat du fonctionnaire. Les commerçants prennent le dessus. La loi d’un marché ouvert commence alors à s’imposer. Côté impôt, seul le fonctionnaire s’acquittait de ses charges vis-à-vis de l’Etat en toute régularité. C’est surtout parce que son ITS était coupé à la source. Face à un quotidien qui devenait impitoyable, il n’avait comme solution que de se ‘clochardiser’. C’est-à-dire travailler deux, voire trois, fois plus qu’il ne devait et dans des secteurs différents pour subvenir à ses besoins. C’est ce qui a donné naissance au phénomène du ‘thieb-thieb’ (secteur informel), une lutte pour la survie à laquelle se livrent fonctionnaires et non fonctionnaires. Se développent dans la cité des ‘hommes aux douze métiers’ : un enseignant, un infirmier, un agent de police, etc. qui après leurs heures dans le publics s’adonnent à d’autres activités. Histoire d’arrondir les fins de mois. 

 

 Survivre pour lutter… 

 

Quand arrive le 3 août 2005, date du ‘coup d’Etat bénéfique’, il y avait une sorte de trop plein : corruption à ciel ouvert, abus de pouvoir, impunité ; bref, une sorte de ‘raison du plus fort et du plus apparenté aux autorités’. Ce que proposent les nouvelles autorités, des militaires en transit, était séduisant : bonne gouvernance, transparence, maitrise des déficits budgétaire, correction des ‘faux chiffres’ (on se souvient de la dénonciation par les militaires  « des maquillages et trucages de chiffres » causes d’un déficit budgétaire record représentant 36,4% du
Produit intérieur brut (PIB), en 2003 et 23% en 2004. C’était le début des promesses de la démocratie en un mot. Le peuple commence à y croire. Il y a eu une espèce de tradition de concertation, à la presque grande satisfaction de la classe politique et d’une partie de la société civile. 

D’un commun accord, on s’emploie à défendre le pays face aux pays riches et aux institutions financières. L’élan patriotique et la reconnaissance à l’endroit des ‘soldats qui ont libéré le pays de la dictature’ était orienté vers un souci : un endettement massif
des entreprises auprès du système bancaire et des arriérés de
paiement de l’Etat vis-à-vis de ces mêmes entreprises. Solution ? Une loi rectificative des finances pour l’année 2005, avec une hausse
constatée de 21,4% par rapport au budget initial de l’Etat pour
l’année 2005. Il fallait s’atteler essentiellement au règlement d’une
partie des arriérés de l’Etat vis à vis des entreprises, à la
régularisation des dépenses exécutées hors loi des finances par
une augmentation des recettes au moyen d’efforts additionnels des
services fiscaux et la réalisation d’économies budgétaires. C’était du moins ce qu’avait soutenu le ministre des Finances du gouvernement de transition, Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidya. 

 

Voir le bout du tunnel 

 

Par ailleurs l’indiscipline budgétaire attribuée au régime déchu
de Taya, comptant comme une des raisons de l’exclusion provisoire de la Mauritanie, par le FMI, de la liste des PPTE bénéficiaires de l’effacement de leur dette, allait trouver une issue heureuse. En juillet 2007 : 819 millions de dollars de dette sont annulés. Cette mesure devait permettre au pays d’économiser annuellement 25 millions de dollars. Auquel cas ce serait le résultat d’une gestion saine et transparente des Finances publiques, de la réalisation macro-économique satisfaisante et de l’accomplissement de résultats positifs en matière de lutte contre la pauvreté. Une fierté pour les autorités d’alors. En février 2007, le FMI estime que les critères quantitatifs de performance pour fin 2006 ont été réalisés en Mauritanie. Il est alors souligné que la performance macroéconomique jusqu’à fin 2006 était largement en ligne avec les prévisions, que le déficit budgétaire et la croissance de la masse monétaire ont été maintenus dans les limites des objectifs. 

 

Jouer aux sobres ! 

 

Autant dire qu’il y avait beaucoup de raisons d’espérer que Sidi Ould Cheikh Abdallahi allait hériter d’un pays assaini. Il pouvait le recevoir  dans un plateau en or. Mais voilà que, suspicion ou pas, le désespoir pointe son nez à la face des mauritaniens. Pour plusieurs raisons. 

La Mauritanie, productrice de pétrole depuis un peu plus d’un an est visiblement confrontée à une baisse de sa production. Celle-ci devait être de 75 000 barils par jour au départ ; et pour au moins 10 mois… Elle n’est finalement et réellement que de 18 000 barils par jour… Peut-être moins. Interpellé le 31 mai par les députés alors qu’il présentait sa politique générale à l’assemblée, le Premier ministre Zeine Ould Zeidane a reconnu l’existence d’un déficit de 30 milliards d’ouguiyas. Plus de la moitié en serait imputable à la baisse des recettes pétrolières. Baisse qu’il a du reste expliquée par des problèmes purement techniques. De quoi faire évaporer le rêve de trois millions de mauritaniens… dont 47% sont pauvres. Par les temps qui courent, les populations  sont confrontées à des pénuries d’eau, à des délestages et surtout à des hausses vertigineuses de prix des denrées alimentaires. On parle également s’une menace de famine dans certaines localités. 

Et c’est normalement à cause de la chute des revenus pétroliers, d’une part et d’une inflation galopante et trop lourde pour le citoyen simple d’autre part, que  l’option du renoncement à 25% de traitement peut avoir sa raison d’être. Or elle intervient dans un contexte singulier : des rumeurs et autres supputations. La rue disait que les caisses de l’Etat étaient vides à l’arrivée du nouveau pouvoir. Ce qui est apparemment faux. En avril 2007, les avoirs de l’Etat, hors recettes pétrolières, se chiffreraient à plus de 32 milliards d’ouguiyas. Le Fonds national des hydrocarbures rapporterait à lui seul plus de 72 millions de dollars américains. C’est en ces termes que le Trésor public s’est voulu rassurant à propos de la bonne santé financière de l’Etat. C’était la semaine passée (voir article). 

Des faits de népotisme sont par ailleurs évoqués ça et là sans qu’aucune réaction claire ne suive. Ni de la part des autorités, ni de la part des parlementaire, ni de la part de l’opposition. 

Si donc au lieu d’affronter les véritables problèmes du temps, le président choisit de renoncer à un quart de son salaire et les ministres, la mort dans l’âme, acceptent d’en faire autant, que peut bien en tirer comme bénéfice le mauritanien qui sans cesse doit redoubler d’effort et d’imagination pour acheter son riz, son huile ; payer son eau et son électricité pendant que du côté de la présidence un jet d’eau arrose en permanence les jardins ? 

Un ministre mauritanien touche mensuellement 1 million d’ouguiya environs. Au moins treize fois plus qu’un professeur de l’enseignement secondaire et un médecin considérés comme les mieux payés de la fonction publique. Les parlementaires sont en train de demander un traitement mensuel d’environ un million d’ouguiyas.  En Mauritanie faut-il le rappeler, le SMIG est de 21 000, un peu moins que la paie d’un domestique chez un membre du gouvernement. Pourquoi alors ne pas travailler pour rehausser les bas salaires. La démocratie par le haut… 

Une austérité n’est certainement pas la solution. Ce n’est surtout pas le moment de jouer aux sobres ! 

Kissima-Tocka 

Source : La Tribune 353 

 

Mercredi, en conseil des ministres, le Président de la République annonce avoir décidé de renoncer à 25% de son traitement salarial. Il a invité les membres du gouvernement à lui emboiter le pas. Raison invoquée de ce geste qui est intervenu sept jours après le passage du PM à l’Assemblée : la nécessité de réduire l’écart entre les revenus des membres du gouvernement et ceux des autres fonctionnaires de l’Etat. 

Pour quiconque se souvient d’un passé plus ou moins récent du pays, le fait est qu’au-delà de son caractère à la fois symbolique et populiste, cette décision est assez curieuse. 

 

Effort de guerre… effort national 

 

Dans les années 70, au nom d’un certain patriotisme et sous prétexte d’un certain effort de guerre, il a été procédé au renoncement à un pourcentage symbolique de salaire. Environ 1%. La sécheresse était là, en plus, pour convaincre les fonctionnaires à agir ‘noblement’. Vint ensuite l’étape du fameux effort national qui au début des années 1980, au beau milieu de la première parenthèse militaire (CMRN-CMSN), avait vu plusieurs fonctionnaires renoncer ‘volontairement’ à 1, 2, 3% ou plus de leurs revenus. Les listes de ces volontaires étaient régulièrement lues à la radio…A l’époque, il y avait un palais du peuple à construire. La Mauritanie était aux prises avec les ajustements structurelles et autres mesures ‘punitives’ des institutions financières internationales. C’est dans la même période que les bourses des étudiants de la toute jeune université de Nouakchott étaient coupées. Du moins pour ceux qui étaient admis au bac à partir de Nouakchott…Dans le même temps, il semblait incompréhensible que le pays qui est riche en fer et en poisson connaisse des pénuries de pain, d’eau, d’énergie. Et pourtant il y en avait. 

 

Lutter pour survivre… 

 

Quand adviennent en décembre 1984 Ould Taya et ses compagnons pour ‘restructurer’, la voie s’ouvre aux libéralisations ‘impérialistes’. Avec cette seconde parenthèse militaire (12-12 ou restructuration), le début des privatisations allait sonner le glas du pouvoir d’achat du fonctionnaire. Les commerçants prennent le dessus. La loi d’un marché ouvert commence alors à s’imposer. Côté impôt, seul le fonctionnaire s’acquittait de ses charges vis-à-vis de l’Etat en toute régularité. C’est surtout parce que son ITS était coupé à la source. Face à un quotidien qui devenait impitoyable, il n’avait comme solution que de se ‘clochardiser’. C’est-à-dire travailler deux, voire trois, fois plus qu’il ne devait et dans des secteurs différents pour subvenir à ses besoins. C’est ce qui a donné naissance au phénomène du ‘thieb-thieb’ (secteur informel), une lutte pour la survie à laquelle se livrent fonctionnaires et non fonctionnaires. Se développent dans la cité des ‘hommes aux douze métiers’ : un enseignant, un infirmier, un agent de police, etc. qui après leurs heures dans le publics s’adonnent à d’autres activités. Histoire d’arrondir les fins de mois. 

 

 Survivre pour lutter… 

 

Quand arrive le 3 août 2005, date du ‘coup d’Etat bénéfique’, il y avait une sorte de trop plein : corruption à ciel ouvert, abus de pouvoir, impunité ; bref, une sorte de ‘raison du plus fort et du plus apparenté aux autorités’. Ce que proposent les nouvelles autorités, des militaires en transit, était séduisant : bonne gouvernance, transparence, maitrise des déficits budgétaire, correction des ‘faux chiffres’ (on se souvient de la dénonciation par les militaires  « des maquillages et trucages de chiffres » causes d’un déficit budgétaire record représentant 36,4% du
Produit intérieur brut (PIB), en 2003 et 23% en 2004. C’était le début des promesses de la démocratie en un mot. Le peuple commence à y croire. Il y a eu une espèce de tradition de concertation, à la presque grande satisfaction de la classe politique et d’une partie de la société civile. 

D’un commun accord, on s’emploie à défendre le pays face aux pays riches et aux institutions financières. L’élan patriotique et la reconnaissance à l’endroit des ‘soldats qui ont libéré le pays de la dictature’ était orienté vers un souci : un endettement massif
des entreprises auprès du système bancaire et des arriérés de
paiement de l’Etat vis-à-vis de ces mêmes entreprises. Solution ? Une loi rectificative des finances pour l’année 2005, avec une hausse
constatée de 21,4% par rapport au budget initial de l’Etat pour
l’année 2005. Il fallait s’atteler essentiellement au règlement d’une
partie des arriérés de l’Etat vis à vis des entreprises, à la
régularisation des dépenses exécutées hors loi des finances par
une augmentation des recettes au moyen d’efforts additionnels des
services fiscaux et la réalisation d’économies budgétaires. C’était du moins ce qu’avait soutenu le ministre des Finances du gouvernement de transition, Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidya. 

 

Voir le bout du tunnel 

 

Par ailleurs l’indiscipline budgétaire attribuée au régime déchu
de Taya, comptant comme une des raisons de l’exclusion provisoire de la Mauritanie, par le FMI, de la liste des PPTE bénéficiaires de l’effacement de leur dette, allait trouver une issue heureuse. En juillet 2007 : 819 millions de dollars de dette sont annulés. Cette mesure devait permettre au pays d’économiser annuellement 25 millions de dollars. Auquel cas ce serait le résultat d’une gestion saine et transparente des Finances publiques, de la réalisation macro-économique satisfaisante et de l’accomplissement de résultats positifs en matière de lutte contre la pauvreté. Une fierté pour les autorités d’alors. En février 2007, le FMI estime que les critères quantitatifs de performance pour fin 2006 ont été réalisés en Mauritanie. Il est alors souligné que la performance macroéconomique jusqu’à fin 2006 était largement en ligne avec les prévisions, que le déficit budgétaire et la croissance de la masse monétaire ont été maintenus dans les limites des objectifs. 

 

Jouer aux sobres ! 

 

Autant dire qu’il y avait beaucoup de raisons d’espérer que Sidi Ould Cheikh Abdallahi allait hériter d’un pays assaini. Il pouvait le recevoir  dans un plateau en or. Mais voilà que, suspicion ou pas, le désespoir pointe son nez à la face des mauritaniens. Pour plusieurs raisons. 

La Mauritanie, productrice de pétrole depuis un peu plus d’un an est visiblement confrontée à une baisse de sa production. Celle-ci devait être de 75 000 barils par jour au départ ; et pour au moins 10 mois… Elle n’est finalement et réellement que de 18 000 barils par jour… Peut-être moins. Interpellé le 31 mai par les députés alors qu’il présentait sa politique générale à l’assemblée, le Premier ministre Zeine Ould Zeidane a reconnu l’existence d’un déficit de 30 milliards d’ouguiyas. Plus de la moitié en serait imputable à la baisse des recettes pétrolières. Baisse qu’il a du reste expliquée par des problèmes purement techniques. De quoi faire évaporer le rêve de trois millions de mauritaniens… dont 47% sont pauvres. Par les temps qui courent, les populations  sont confrontées à des pénuries d’eau, à des délestages et surtout à des hausses vertigineuses de prix des denrées alimentaires. On parle également s’une menace de famine dans certaines localités. 

Et c’est normalement à cause de la chute des revenus pétroliers, d’une part et d’une inflation galopante et trop lourde pour le citoyen simple d’autre part, que  l’option du renoncement à 25% de traitement peut avoir sa raison d’être. Or elle intervient dans un contexte singulier : des rumeurs et autres supputations. La rue disait que les caisses de l’Etat étaient vides à l’arrivée du nouveau pouvoir. Ce qui est apparemment faux. En avril 2007, les avoirs de l’Etat, hors recettes pétrolières, se chiffreraient à plus de 32 milliards d’ouguiyas. Le Fonds national des hydrocarbures rapporterait à lui seul plus de 72 millions de dollars américains. C’est en ces termes que le Trésor public s’est voulu rassurant à propos de la bonne santé financière de l’Etat. C’était la semaine passée (voir article). 

Des faits de népotisme sont par ailleurs évoqués ça et là sans qu’aucune réaction claire ne suive. Ni de la part des autorités, ni de la part des parlementaire, ni de la part de l’opposition. 

Si donc au lieu d’affronter les véritables problèmes du temps, le président choisit de renoncer à un quart de son salaire et les ministres, la mort dans l’âme, acceptent d’en faire autant, que peut bien en tirer comme bénéfice le mauritanien qui sans cesse doit redoubler d’effort et d’imagination pour acheter son riz, son huile ; payer son eau et son électricité pendant que du côté de la présidence un jet d’eau arrose en permanence les jardins ? 

Un ministre mauritanien touche mensuellement 1 million d’ouguiya environs. Au moins treize fois plus qu’un professeur de l’enseignement secondaire et un médecin considérés comme les mieux payés de la fonction publique. Les parlementaires sont en train de demander un traitement mensuel d’environ un million d’ouguiyas.  En Mauritanie faut-il le rappeler, le SMIG est de 21 000, un peu moins que la paie d’un domestique chez un membre du gouvernement. Pourquoi alors ne pas travailler pour rehausser les bas salaires. La démocratie par le haut… 

Une austérité n’est certainement pas la solution. Ce n’est surtout pas le moment de jouer aux sobres ! 

Kissima-Tocka 

Source : La Tribune 353 




Nouadhibou :

12062007

 

 

L’humeur d’un gendarme gâche la fête

 

Ce samedi 9 juin les amateurs de lutte traditionnelle étaient venus nombreux d tous les quartiers de Nouadhibou pour applaudir leurs champions. Ces séances de lutte programmées les 9 et 10 juin étaient très attendues car devant réunir ce que la Mauritanie et le Sénégal comptent de meilleurs lutteurs de l’époque. Toutes les dispositions étaient donc prises à renfort d’annonces à la radio FM et d’affiches . 

Les deux premiers combats ont lieu dans une ambiance surchauffée. On s’apprêtait pour le troisième combat quand les 3 gendarmes chargés du maintien de l’ordre pénètrent dans l’arène et demandent aux batteurs de cesser. Les organisateurs, tous cadres de la SNIM, rétorquent qu’ils ont une autorisation en bonne et dû forme qui leur permet de continuer jusqu’à 22 heures. Il était 20 heures. Les gendarmes ne veulent rien entendre. Les ordres sont les ordres. Ordre du commandant de la brigade de Cansado, l’adjudant Sid ‘Ahmed. 

Les organisateurs tentent de le joindre. Répondeur. Sur l’arène les jeunes s’excitent. On frôle le lynchage. La foule est en colère. Pendant ce temps-là les responsables de la lutte traditionnelle saisissent le wali, le hakem et le délégué à la jeunesse et aux sports. Tous condamnent l’acte. Ils joindront le commandant de la compagnie qui affirme n’être au courant de rien et promet de faire le nécessaire. Trop tard il était plus de 23 heures, le public s’était dispersé en colère. Quand les autorités citées ci-haut joignent le commandant de la brigade, ce dernier se défend d’avoir autorisé à ses agents d’arrêter la séance mais « seulement de la suspendre le temps de la prière ». Les gendarmes ne sont pas de cet avis. Nous avons obéi » se défendent -ils. 

Le commandant de la brigade de gendarmerie n’en est pas à son premier acte. C’est la quatrième fois, selon des sources dignes de foi, qu’il sévit contre les activités de lutte. 

Pour rappel la lutte traditionnelle est une section de l’ASC SNIM tout comme la pétanque et le football. Elles sont organisées pour faire revivre ce sport national millénaire et étaient gratuites. 

Mais l’humeur d’un homme de loi, qui plus est appartient à un corps réputé pour sa droiture. On se croirait au régime d’exception .Si les hommes de loi ont pour mission de faire respecter la loi, ils sont aussi  tenus de la respecter. Le commandant de brigade a agi selon son humeur au mépris de la loi défiant sa hiérarchie. 

Cansado est sous dépendance de la gendarmerie. Les vexations sont quotidiennes. Les jeunes vivent comme sous état de siége. Quelques gendarmes agissent selon leur bon vouloir: contrôle d’identité, vérification d’acte de mariage sont le quotidien de cette cité paisible. 

Ce dimanche les choses sont rentrées dans l’ordre et les 4 combats ont pu se dérouler devant un maigre public. Les amateurs, toutes composantes nationales confondues, s’étaient découragés. Au même moment la télévision sénégalaise passait en direct un combat de lutte opposant Yekini à Baboye devant des milliers de spectateurs y compris des membres du gouvernement. Ici aucune autorité n’a daigné honorer de sa présence. Toutes ont pourtant été invitées. 

Après le match nul des mourabitounes face aux pharaons d’Egypte, quintuples champions d’Afrique, qui laisse entrevoir une qualification historique de notre équipe nationale à une première phase de coupe d’Afrique, l’entraîneur national démissionnait pour « manque de considération ». Ici le comportement d’un homme de loi prive des milliers de personnes de leur sport favori. Des mesures doivent être prises pour que tels comportements ne se répètent pas. 

Athié Youssouf 

CP/Nouadhibou 




Nominations

12062007

 

 Limogés, pourquoi ? 

Promus, pour qui ?

 

Mohamed Ould Mohamedou est le premier limogé de la nouvelle République. Choisi pour diriger le tout nouveau ministère délégué chargé de la solidarité sociale, cet ancien cadre du CSA avait pour mission de faire converger toutes les actions sociales : celles qui relevaient du commissariat à la sécurité alimentaire (CSA), du commissariat à la lutte contre la pauvreté et celles qui relevaient du ministère de la santé et des affaires sociales. Lui qui n’avait pas de prédispositions particulières pour mener à bien cette mission. Sa première sortie a été réservée à l’annonce du déficit céréalier de 47000 tonnes. ‘Une honte’, selon les détracteurs du régime. C’est au moins un empressement à vouloir monter un programme d’urgence que rien ne justifie apparemment. On sait ce qu’un programme d’urgence signifie chez nous : l’enrichissement de hauts responsables, marchés juteux, détournements et fraudes. Le dernier plan d’urgence est celui de 2003 qui a occasionné l’endettement de l’Etat à hauteur d’une quarantaine de milliards. Une note salée que le Trésor a continué à payer. Ould Mohamedou a été remplacé par Jiddou Ould Abderrahmane. Ce dernier occupait un poste de directeur à l’Etat civil. Pendant la transition, il avait été promu secrétaire général du ministère de l’hydraulique. Son ministre l’avait accusé d’incompétence notoire. Ce que l’inspecteur des finances a confirmé. C’est pour cela qu’il aurait été limogé après quelques mois d’exercice. Il revient à la haute sphère de l’administration vraisemblablement pour des raisons d’équilibrages. Un Laghlal remplace un Mechdhouf. Cela peut désormais arriver…

Autres limogeages : celui de Mohamed Ould Mohamedou des Douanes et de Abdallahi Ould Qadhi de la Commission Centrale des Marchés. C’était au cours du dernier conseil des ministres. A la direction des Douanes, c’est un colonel en stage au Maroc qui a été nommé. Comme si le départ supposé des militaires de l’exercice politique devait signifier leur retour aux affaires. Le colonel Dah Ould Mamy trouvera devant lui une situation relativement assainie. Depuis sa confirmation, son prédécesseur a réussi à multiplier les recettes. Rien que pour les quatre premiers mois de l’année, les douanes ont réalisé 50% de l’objectif annuel initialement défini. Quant à Ould Qadhi, tout le pays s’accorde sur son intégrité et son efficacité. A la tête d’une institution des plus corrompues, il a instauré un climat de transparence qui a commencé par la publication par voie de presse des délibérations de la commission. Ce qui lui a valu toutes les rancoeurs et même la haine du système maffieux. Même si son remplaçant, Ahmed Ould Moulaye Ahmed, est reconnu pour ses compétences et ses qualités, on s’attardera encore et encore sur les raisons du limogeage de Ould Qadhi. Ces raisons ne peuvent être ni professionnelles ni morales.

Autre limogeage inexpliqué : celui du colonel Sogo Alassane. Le commandant de la Garde – qui était une inspection – laisse sa place au colonel El Hady Ould Sidiq. Un autre aspect du retour des militaires aux affaires. En effet depuis une vingtaine d’années, le chef de la Garde a toujours été issu de ce corps. La rancœur des officiers a dû être atténuée par la nomination du colonel Mesqaru Ould Leghweizi comme adjoint à Ould Sidiq. Issu du corps, Ould Leghweizi a souffert ces dernières années du délit de parenté. Quand il a été envoyé en prison pour être le cousin de Saleh Ould Hanenna. Il a été envoyé comme inspecteur au ministère de l’intérieur. Sa notoriété parmi ses paires et son expérience seront d’une grande utilité pour Ould Sidiq, officier ouvert, calme et intelligent.

Autre nomination, significative, celle de Moctar Fall Ould Mohamedou, à la tête de la direction générale de la législation, de la traduction et de l’édition. Une direction qui se remettait peu à peu de ses (premiers) mauvais pas. Docteur en droit, Moctar Fall enseigne à l’université et occupait le poste de conseiller juridique au ministère de la santé.

Dans la conjoncture actuelle, tout tourne autour des nominations. Qui nomme ? qui dénomme ? Qui fait ? qui défait ? Les Mauritaniens sont friands de ‘supposés’. Alors on suppose que ceux qui sont nommés le sont pour leurs relations, réelles ou imaginaires, avec le colonel Ould Abdel Aziz, le colonel Ould Ghazwani, le Premier ministre Zeine Ould Zeidane. L’essentiel étant de laisser entendre que le Président Ould Cheikh Abdallahi n’a pas la réalité du pouvoir. En attendant, les nominations font beaucoup de mécontents. Mais plus grave pour les nouvelles autorités, ce sont les départs injustifiés – parfois injustifiables – qui font le plus de mal à l’aura du nouveau gouvernement.

 

 

Source la Tribune N° 353 




ITIE/Société civile

12062007

«Jusqu’à quel degré vous vous sentez impliqués ?» 

Au moment où les autorités australiennes font des enquêtes sur de probables versements de pots de vins par des responsables de Woodside à nos autorités, la Banque mondiale s’apprête à publier le nouveau rapport de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE). 

Des experts de la  Banque Mondiale ont invité, le jeudi 7  juin, des membres de la société civile pour une discussion sur leur implication en vue de la réussite de cette initiative. Il y avait entre autres des experts comptables, des représentants de l’ordre des avocats, de l’UTM et de la coalition des associations pour une gestion transparente des industries extractives ainsi qu’un membre de la presse. Les interventions ont été focalisées sur le pétrole. Les acteurs de la société civile voulaient des informations sur la gestion de l’or noir. Pour les deux experts de la Banque mondiale, la thématique de l’ITIE est plus intéressante si les acteurs de la société civile se sentent impliqués. D’où la question : jusqu’à quel degré vous vous sentez impliqués ? 

Les représentants  de la société civile ont cependant essayé de soulever la question de l’impact  de cette initiative sur la vie sociale des citoyens. Ils ont insisté sur l’exhaustivité de l’information fournie par ce rapport. Les deux experts de la Banque Mondiale ont rétorqué en disant que «le but de l’initiative demeure l’implication de la société dans le processus de transparence dans le domaine extractive». Ils ont tenu a précisé que «leur mission se limite a l’assistance et l’accompagnement et qu’aux mauritaniens de prendre en main leurs responsabilités». Car une fois le processus réussi, il devient difficile de revenir en arrière. 

La nouvelle vision de la Banque Mondiale demeure la communication pour plus de transparence. Une telle communication doit forcément passer par une sensibilisation de la société. L’un des experts a noté que le gouvernement de Maaouya a refusé la proposition de  la Banque mondiale qui allait dans le sens d’une adhésion à l’ITIE. Toutefois celui de la transition a bel et bien adhéré à l’initiative. 

Sur le financement et la réussite de l’initiative, la Banque mondiale se dit prête à débloquer des sommes pour l’expertise et la formation. L’année passée, cette institution a accordé 240 000 dollars pour la réalisation de l’initiative dont 120 000 pour les experts. Cette année, des acteurs de la société civile ont été au Cameroun afin de connaître l’expérience de ce pays dans le domaine. Il y aura encore une autre délégation restreinte de la société civile pour  profiter et faire profiter le Gabon. D’après le chercheur Benjamin Augé de l’institut français de géopolitique Paris VIII qui était ici dans le cadre d’une enquête sur la production pétrolière en Mauritanie, «le pays a de grandes difficultés avec la gestion des affaires mais sur la question de la transparence des revenus pétroliers, il parait évident qu’il a fait de gros efforts. Les mécanismes mis en place pour permettre une réelle lisibilité de la part des organismes internationaux ou de la population dépassent largement le cadre de l’ITIE. Même si ces revenus sont peu importants, la Mauritanie décide de jouer très tôt la carte de la respectabilité dans une période où elle suscite beaucoup de scepticisme de part le coup d’Etat du 3 août 2005.» Avec la  chute de la production pétrolière, les  autres revenus des industries extractives acquièrent  toujours la place qui leur sied. D’un autre côté, avec une production de 10, 5 tonnes, le fer demeure une source importante de financement du pays. Avant le  démarrage de la production pétrolière, le fer et autres industries extractives représentaient 60% des exportations du pays. Ce qui équivaut à un taux avoisinant les 12% du PIB. Ainsi sa contribution au budget de l’Etat est estimée à 15%. Qu’en est-il de leurs utilisations ? La réponse demeure difficile. Il faut une grande stratégie de communication et de sensibilisation de la part de partie prenante, notamment les autorités, les sociétés et la presse et les autres composantes de la société civile. Sans un impacte palpable sur la vie des citoyens cette initiative ne aura pas son effet souhaitable. «Pour mettre en perspective le niveau de transparence de la Mauritanie, il convient de la comparer avec les autres pays qui ont adhéré à l’initiative (nous prenons le parti de mettre de côté les autres qui sont par définition dans un niveau de transparence quasi nul hors Norvège, Angleterre et Etats-Unis). Pour ce qui est d’abord de l’ITIE uniquement, la Mauritanie a accompli tous les points édictés par les règlements. Sur ces quatre, trois sont africains, avec outre la Mauritanie, le Gabon et le Cameroun qui ont tout deux produit deux rapports. Le quatrième pays ayant déjà réalisé cinq rapports se trouve être l’Azerbaïdjan. Il est facile d’expliquer l’avance en matière d’ITIE de cette république riche en pétrole bordant la mer Caspienne. Celle-ci a été aidée par la Banque Mondiale pour réaliser un pipeline de 4 milliards de dollars, le BTC (Bakou, Tbilissi, Ceylan). Lorsqu’un pays est aidé pour un projet de ce type par un organisme international comme la Banque Mondiale ou le FMI, une quasi tutelle les frappe», explique  Benjamin Augé. 

Les Etats-Unis et la France cherchent notamment des informations sur l’évolution de cette initiative. Cela donne une idée claire de l’impact de cette initiative sur le drainage des investissements indirects en Mauritanie. D’où une stratégie interactive entre les acteurs concernés. Mohamed Fouad Barrada 

m_barrada@yahoo.fr

 

Source La Tribune N° 353 

 

        

Encadré 

Les exploitations minières hors pétrole dont le démarrage est récent sont celles du cuivre et de l’or d’Akjoujt et de Tasiast réalisées par les compagnies Mauritania Copper Mines S.A. (MCM), et de Tasiast Mauritania Ltd SA. Les réserves actuelles de la mine d’Akjoujt sont estimées à 23 millions de tonnes de cuivre associé à de l’or. 

La  production attendue pour 2006 est de 120 000 de concentrés à 20% Cu et environ 2 tonnes d’or. Les opérations sont conduites par la société Mines de Mauritanie (MCM) une joint-venture entre First Quantum Minérals, Gemak et General Gold International. La mine d’or de Tasiast : l’exploitation est conduite par la société Tasiast Mauritania Limited, une filiale de Rio Narcea Gold Mines. Les travaux de construction ont commencé en novembre 2005 et se poursuivrent normalement. Jusqu’au démarrage de l’exploitation pétrolière, le secteur des mines a représenté 60% environ des exportations totales du pays et près de 12% du PIB, tandis que sa contribution au budget de l’Etat est estimée à 15%.  

(Source le rapport de l’ITIE) 

 

 

             




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

12062007

  «Toutes choses changent,  se succèdent.  Vous vous  trompez  il y a…..» (Blaise Pascal) 

Le système éducatif est en phase décisive. Celle-ci se manifeste par un désintéressement total d’une grande partie de nouvelles générations vis-à-vis de tous ce qui est instructions, lecture, culture, d’une part et  une régression du niveau des élèves et des enseignants, d’autre part. A qui la faute ? L’arabisation à outrance ou les décideurs qui ont fait de l’arabité un cheval de Troie ?  Si nous étudions en langues étrangères, nous pouvons ainsi nous intéresser à la langue qui nous unit (langue de l’islam). Les uns ont choisi une langue étrangère pour la simple raison qu’ils détestent l’instrumentalisation de l’arabe  par des fins personnelles, politiques, économiques et rarement verdicts. Les autres plus naïfs ont exigé à leurs enfants de  choisir  l’arabe en délaissant complètement le français. Une troisième catégorie était extrémiste (des deux cotés). En effet, des gens étaient exclus de leurs postes, juste parce qu’ils ne maîtrisaient  pas l’arabe, d’autres étaient soumis à la discrimination de sélectivité qui leur privait  d’occuper des postes dans des organismes voire dans des  grandes entreprises.  Causes : ils sont arabisants. La compétence demeure la justification avancée  par- là, par -ci. Supposons que  80% de la société est inactive faute du système, et disons que   le développement du pays restera  une utopie si une vraie politique de mise à niveau de victime de la l’approche quantité ne sera pas intégrée. 

Le problème des mauritaniens est cette  performance   que nous n’arrivons pas à concrétiser. Ni l’arabe ni le français  ni d’ailleurs une autre langue  ne provoquent  l’échec. Précisons, cependant, qu’ au niveau épistémologique, il y a des langues permettant une facilité de compréhension dans des domaines spécifiques tels que la physique, les mathématiques etc. Précisons encore que les systèmes les plus performants adoptent des approches par compétence dés le cycle primaire. Si par exemple un tel élève est plus apte pour le dessein, la littérature, les structures du système l’orientent automatiquement vers la branche où  il peut innover.       Le dysfonctionnement du  système éducatif se répercute, toutefois, sur le taux de réussite en classe terminale. Ce taux  ne dépasse pas les  20%   toute catégorie confondue.  Alors que le nombre de candidats est en nette augmentation, il était  de 18250 (en 2003) pour atteindre 29637(2007), soit une progression de 6,14%.  En outre, les reformes pour ainsi dire étaient  mal adaptées. 

En 2004 déjà, tandis  que le ministre de l’éducation de l’époque  brandissait un  taux  de scolarisation de 91,7, près de 95% des candidats  échouaient au baccalauréat. « 2006  encore, les résultats  de l’enquête  du PASEC et de la CONFENEM ont montré que l’école  mauritanienne était derrière le Tchad, un pays presque en guerre. La vérité est que la faiblesse du niveau est inhérent à une déliquescence d’un système éducatif dont la compétitivité laisse à désirer », (ndlr)  En fait, la situation est éloquente, une détérioration significative du système éducatif qui s’interprète par une désorganisation bouleversante dans le ministère de l’éducation. «  Des ressources humaines désintéressées   seront  évidemment   des   formateurs de la médiocrité. Ce cadre n’est que la séquelle d’un cumul de la  dégradation de la situation de l’enseignement. L’enseignement fondamental n’est  plus comme il était. Des élevés de la  sixième  année  n’arrivant pas à écrire   correctement ne parlons pas de la lecture  et de l’expression orale en français », explique  un instituteur à la retraite. 

D’abord,  il est nécessaire d’entamer    une action de grande envergure qui impliquera tout le monde (pédagogues, parents d’élèves).Les ressources affectées au système éducatif sont ainsi loin d’être suffisantes. Le ministère  dispose   de  20%   seulement du  budget,  alors que pour  les autres  pays de la sous région  la quote-part de l’éducation  avoisine  les 40 %. En plus, la formation des enseignants et la restructuration des écoles nationales des instituteurs  (ENI), deviennent indispensables,  d’ailleurs,  la  création d’une  nouvelle direction qui prendra en charge la formation continue des instituteurs est une optique souhaitable.     m_barrada@yahoo.fr 




Sahara occidental :

19062007

 

 Le premier round de la dernière chance 

 

Lundi et mardi 18 et 19 juin, sont des jours décisifs pour l’ensemble de l’ouest-africain, ce qu’il est convenu d’appeler le Maghreb Arabe. En effet, quelque part dans la banlieue de New York, se joue l’avenir de la région. C’est à Manhasset que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, réunit Marocains et Sahraouis en vue de négociations directes, en présence des Algériens et des Mauritaniens. Présentée comme ‘solution de dernière chance’, cette rencontre intervient quelques mois seulement après la présentation de la nouvelle proposition marocaine. Tous les regards sont donc présentement tournés vers Manhasset. Tous les espoirs sont accrochés à ce qui s’y déroule. 

C’est finalement Sidi Mohamed Ould Boubacar, ancien Premier ministre de la transition, qui dirige la délégation chargée de représenter la Mauritanie qui a un rôle d’observateur comme l’Algérie. Le dossier a été d’abord suivi par feu Ahmed Ould Minnih avant d’être confié à Ould Boubacar à l’époque ministre secrétaire général de la présidence. Les deux hommes partagent le même sens de la discrétion, de l’efficacité et du respect des limites de la mission. C’est sans doute pour cela que la présente mission a été confiée à Sidi Mohamed Ould Boubacar. 

Côté marocain, les autorités ont affirmé leur ‘bonne foi’ et leur ‘engagement politique ferme et sincère pour une mise en œuvre effective de la résolution 1754’ qui a appelé au dialogue direct entre les deux parties. Dans un communiqué publié par le ministère marocain des affaires étrangères, le Royaume déclare avoir répondu favorablement à l’initiative du secrétaire général de l’ONU. Pour les Marocains, la résolution 1754 est fondatrice d’un nouveau processus de règlement, sur la base des «développements survenus au cours des derniers mois», marqués particulièrement par l’élaboration et la soumission de «l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie pour la région du Sahara». Initiative saluée par le Conseil de Sécurité qui a déclaré «se féliciter des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc» dans le cadre de la recherche d’une paix acceptable pour toutes les parties. La délégation marocaine est dirigée par le ministre de l’intérieur, Chakib Benmoussa, la question relevant des affaires intérieures. Elle comprend entre autres le président du Conseil Royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), Khalihenna Ould Rachid. Pour la partie marocaine, les négociations de New York s’inscrivent « parfaitement dans la continuité et la cohérence de la démarche préconisée par le Royaume depuis quelques années, pour un règlement politique et définitif à cette question ». Les autorités du Royaume se félicitent de la tenue de ce premier round de ces négociations, « tant attendues ». Elles ont souligné que « les différentes composantes du peuple marocain ont consenti des efforts importants pour aboutir à ce rendez-vous historique et lui offrir toutes les chances de succès », bien que le Maroc soit « conscient que ce processus n’est qu’à son début » (dixit le ministre de l’intérieur).

De son côté le Secrétariat National (SN) du Polisario avait réaffirmé sa disponibilité à la mise en application, de ‘bonne foi’, de la résolution 1754 et annoncé son acceptation de l’invitation du Secrétaire général des Nations Unies pour entamer des négociations directes avec le Royaume du Maroc. Le Front Polisario a formulé l’espoir que le Maroc répondra « positivement et sérieusement » aux attentes des séparatistes. Il a par ailleurs appelé le Gouvernement espagnol à « assumer pleinement ses responsabilités historiques et politiques vis-à-vis du parachèvement de la décolonisation du Sahara occidental » en défendant « sans hésitation ou faux-fuyants le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination à travers un référendum libre et transparent ». Le Polisario sera représenté par une délégation dirigée par Mahfoud Ali Beiba, président du Conseil national sahraoui.

L’Algérie, par la voix de son président Abdelaziz Bouteflika, a déclaré que « le problème du Sahara occidental représente un facteur de blocage du processus de l’édification du Maghreb qui conditionne l’avenir de toute notre région. Mais il devient de plus en plus certain que cet ensemble ne saurait être réalisé au détriment du peuple sahraoui et de ses droits légitimes et inaliénables ». Dans une récente allocution, le président algérien a ajouté que « c’est ce qui explique l’action en faveur d’une autodétermination authentique du peuple du Sahara occidental, dans la stricte conformité à la légalité internationale ». Parlant de la résolution 1754 adoptée le 30 avril par le Conseil de sécurité de l’ONU, il a déclaré que cette rencontre « permettra peut-être de sortir de l’immobilisme actuel ». Avant d’ajouter : « Nous espérons que ces négociations aboutiront à une solution satisfaisante respectant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ».

Déjà Américains et européens, français et espagnols principalement, ont jugé ‘sérieuse et crédible’ la proposition d’autonomie présentée par le Royaume du Maroc. Pour eux il n’y avait d’autre choix que de réunir les parties concernées et d’engager entre elles des négociations directes.

Et la Mauritanie dans tout ça ? L’affaire du Sahara a fini par nous rattraper malgré la sortie du conflit et le retrait du territoire en 1979. Les régimes militaires n’ont jamais suivi la question avec le sérieux qu’il faut. Ils ont voulu calmer ce front. Sans plus. Alors que tout indique que la résolution du problème passe nécessairement par une plus grande implication de la Mauritanie dans la recherche d’une solution définitive.

Pour beaucoup, toutes les approches vont vers une forte tribalisation de la question. Quand l’ONU veut établir la liste électorale, c’est bien un recensement tribal qui lui sert de base. Ce sont bien les Chouyoukhs (chefs de tribus) qui sont mis à contribution par toutes les parties, en vue de l’identification des électeurs. Ce sont bien les clivages tribaux qui déterminent le pouvoir au sein du Polisario. Ce sont ces mêmes clivages tribaux qui font et défont les alliances au Maroc. Les mêmes clivages qui expliquent les défections ici et là. Sous cet ‘ordre tribal’, les tribus mauritaniennes du Nord ont leur mot à dire. Un peu plus d’ailleurs… Aussi sont-elles concernées au premier chef par le devenir de leurs cousins du Maroc, du Polisario ou même de l’Algérie. Sans ces tribus et leur implication réelle on ne peut espérer une résolution définitive de la question. L’erreur du Maroc et des messagers de l’ONU, c’est bien d’avoir cherché à occulter cette réalité. L’erreur de la Mauritanie, c’est bien de vouloir faire croire à une possible neutralité dans le traitement de la question. L’erreur de l’Algérie, c’est de traiter la question comme s’il s’agissait d’un problème de décolonisation en Afrique de l’Est.

Mauritaniens, Marocains, Algériens et Sahraouis sont appelés aujourd’hui à prendre la responsabilité historique de suivre le chemin de la paix. De penser cette paix dans la perspective d’un Maghreb possible, d’une intégration vitale. C’est à ça que doit servir ce premier round des négociations directes.

 

MFO

Source : La Tribune 354 




Spécial G8

19062007
 

Spécial G8 à Heiligendamm
Un sommet à l’ombre de la Chine… et des altermondialistes 

(MFI) L’aide à l’Afrique mais aussi l’ombre de la présence chinoise à travers le continent sont parmi les priorités du G8 qui réunit, du 6 au 8 juin 2007 à Heiligendamm, en Allemagne, les principaux pays industrialisés et la Russie. Au menu également, le réchauffement climatique qui menace l’avenir de la planète. 

Forte de sa nouvelle puissance économique, la Chine prend bien soin d’affirmer qu’elle ne veut pas rejoindre le club très fermé du G8, étant elle-même un pays en développement, et se défend de toute volonté de mainmise sur l’Afrique. Ce qui ne suffit pas à dissiper les soupçons, d’autant que son soutien au régime de Khartoum, alors qu’elle possède d’importants intérêts pétroliers au Soudan, a jusqu’à présent empêché toute véritable sanction – Pékin dispose en effet du droit de veto au sein du Conseil de sécurité de l’Onu – à propos du Darfour, région de l’ouest du pays, dont la situation préoccupe la plupart des membres du G8. Selon les Nations unies, 200 000 personnes ont été tuées et 2 millions déplacées par des combats entre des rebelles et des milices liées au gouvernement au Darfour.

Au nom de la longue amitié sino-africaine…

Avant le sommet, les ministres des Finances du G8 réunis à Postdam ont affirmé leur intérêt pour l’Afrique et accusé implicitement la Chine d’être en partie responsable de l’aggravation actuelle de sa situation économique à travers un nouveau surendettement. Ils estiment que, malgré l’effacement de la dette de certains pays africains les plus pauvres, décidé par les bailleurs de fonds occidentaux et le Fonds monétaire international, ces mêmes pays
commencent à se réendetter en raison du comportement de la Chine, « alléchée par les ressources naturelles du continent noir », qui prête et investit généreusement en Afrique sans être trop regardante sur la capacité de ces pays à rembourser et sur la nature des régimes qui gèrent cet argent. La Chine a, par avance, balayé ces critiques en défendant la longue amitié qui la lie au continent africain.
La chancelière allemande, Angela Merkel, hôte du sommet du G8 à Heiligendamm, sur la Côte baltique de l’Allemagne, qui réunit à ses côtés les dirigeants du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, du Japon et de la Russie, a pris soin de faire venir d’autres invités pour des rencontres séparées. Côté africain ont été conviés les présidents de l’Egypte, d’Algérie, du Nigeria, du Sénégal et de l’Afrique du Sud, les principaux promoteurs du Nouveau partenariat pour le développement économique de l’Afrique (Nepad). L’Afrique du Sud se retrouve également aux côtés du Brésil, de la Chine, de l’Inde et du Mexique dans le groupe des pays émergents, invités par ailleurs.
www.rfi.fr

Honorer l’engagement pris par les pays de l’Union européenne

Les membres du G8 sont d’accord sur la nécessité d’apporter leur aide à l’Afrique malgré des divergences sur d’autres sujets. Les Européens, et au premier chef l’Allemagne, souhaitent une réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 alors que les Etats-Unis, premiers pollueurs, proposent que les 15 principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre, dont l’Inde et la Chine, se fixent des cibles non contraignantes. De son côté, le président russe Vladimir Poutine menace de pointer des missiles sur l’Europe pour répliquer à un projet américain de bouclier anti-missiles, destiné selon Washington à se protéger des « Etats-voyous ».
Pour Angela Merkel, l’aide publique au développement (APD) et la réduction de la dette ne suffiront pas à permettre aux Africains d’atteindre les objectifs du Millénaire pour réduire la pauvreté. Il faudra aussi une croissance économique et des investissements adéquats dans la région. Pour le nouveau président Nicolas Sarkozy, dont c’est le premier sommet de ce genre, le développement de l’Afrique est également une priorité. Il souhaite notamment « honorer l’engagement pris par les Etats de l’Union européenne de porter leur aide publique au développement à 0,7 % de leur PIB d’ici 2015 ». Nicolas Sarkozy dit souhaiter aussi la sécurisation de l’accès des populations du Darfour à l’aide humanitaire, le déploiement d’une force hybride Union africaine-Union européenne et la reprise de négociations en vue d’une solution politique. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a entre autre proposé l’ouverture de corridors humanitaires sécurisés afin d’acheminer les secours aux populations civiles.

Altermondialistes et Banque mondiale, une alliance contre nature ?

Les altermondialistes, qui mettent en accusation la politique du G8, ont trouvé dans la Banque mondiale un allié inattendu. Celle-ci a en effet estimé que les pays riches ne tiennent pas leurs promesses pour l’aide à l’Afrique et l’ouverture de leurs marchés aux exportations africaines. Ces pays s’étaient engagés, lors du sommet de juin 2005 à Gleneagles, en Ecosse, à augmenter leur aide annuelle pour le développement de l’Afrique à 50 milliards de dollars en 2010. Or les montants accordés aux programmes de développement pour de nombreux pays africains sont restés quasiment inchangés depuis. Les difficultés rencontrées par les négociations engagées au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la libéralisation du commerce mondial ont également empêché l’ouverture des marchés des pays riches aux produits africains, souligne la Banque mondiale.
Selon ses estimations, les flux d’aide publique ont baissé de 35,8 milliards de dollars en 2005 à 35,1 milliards en 2006. « Les chiffres disponibles jusqu’à maintenant montrent qu’à part la réduction de la dette, les pays africains n’ont pas engrangé les résultats des promesses faites lors du sommet du G8 il y a trois ans à l’occasion de l’année de l’Afrique », affirme John Page, économiste en chef de la Banque pour l’Afrique. « De nombreux pays donateurs ont accru leur aide pour l’assistance humanitaire et la réduction de la dette ces quarante dernières années mais cela ne s’est pas traduit par des ressources supplémentaires pour les pays africains afin de rebâtir leurs infrastructures, former des enseignants et combattre le sida et la malaria », a-t-il souligné.

Un sommet alternatif à Sikasso

Les altermondialistes ont organisé plusieurs manifestations – dont certaines ont dégénéré – à Rostock en Allemagne. L’Afrique n’a pas été en reste. Ainsi un des sommets alternatifs du G8 s’est tenu à Sikasso, à 370 km au sud de Bamako, au Mali. Ce Forum des peuples, avec pour slogan Passer à l’action, a accueilli près d’un millier d’altermondialistes originaires de Côte d’Ivoire, du Bénin, de la Guinée, du Niger, du Sénégal, de France, de Belgique et du Canada qui réclament « l’annulation totale et inconditionnelle de la dette des pays du Tiers Monde, la cessation des privatisations et la nationalisation des secteurs stratégiques déjà privatisés ». Ils mettent en garde contre le danger des organismes génétiquement modifiés (OGM) et demandent l’instauration de règles de commerce international « justes et équitables », sans oublier des sujets brûlants comme l’accès à l’eau et l’immigration. 

Marie Joannidis 

Source La Tribune 354




Pénurie d’eau

19062007

Nouakchott :  La soif de tout… et de tous 

Cela ne s’est pas vu depuis des décennies : des femmes et des enfants tapant sur des bidons vides et scandant le fameux slogan : ‘chaab etach idawr il ma’ (le peuple a soif et veut de l’eau). Depuis les Kadihines et l’époque heureuse des illusions les manifestations du genre sont interdites. Nouveau régime, nouvelles autorités, nouvelles attitudes… femmes et enfants devant la présidence.

Autour des potences, dans les quartiers huppés comme dans les kebbas, le problème se pose avec acuité. A Nouakchott comme ailleurs…

L’eau cette denrée indispensable ne cesse de provoquer de fortes tensions dans la capitale Nouakchott. En cette période, cette ville souffre d’une  pénurie d’eau. Le 13 juin des habitants des quartiers périphériques, ont organisé des manifestations depuis Arafat jusqu’à la présidence, leur seul slogan «nous n’avons pas d’eau alors que les autres arrosent leurs jardins». D’un  autre coté, les potences de Nouakchott posent problème, le prix de citerne a dépassé tout récemment les 30000 ouguiyas, alors qu’il était de 15000 ouguiyas ; pour retrouver son prix originel après intervention des autorités locales, notamment le Wali de Nouakchott. Malgré ces interventions des autorités, il y a toujours  une pénurie d’eau. Après la transition, une nouvelle équipe a pris la commande, une série de crises s’est  déclenchée, notamment pénurie d’eau et de l’électricité. Cette crise a débuté juste avec cette vague de chaleur qui a frappé le pays. Cela provoque chaque année un manque d’eau en  mai et juin. Cette année, la crise est-elle plus grave que les précédentes années ? 

L’explication officielle : «en raison de la chaleur pendant l’été et de l’augmentation de la demande sur l’eau causée par la hausse de la température. Les  prix  ont connu une hausse vertigineuse, ils ont  atteint dans certains cas 1500 UM pour le baril de 200 litres« (…) La consommation d’eau de la capitale s’est multipliée depuis le début de la crise pour évoluer de 60 à 120 charges/citerne/jour, Les moyens des services spécialisés permettent actuellement une offre de 50m3 d’eau alors que les besoins réels de la ville frôlent les 80m3 d’eau par jour, cette situation  est due à une augmentation exponentielle des habitants de la capitale». Les mesures entreprises par les autorités se sont  traduites «par la mise à la disposition des populations de la capitale de 122 charges- citernes/jour. Et une optique allant dans le sens de  l’augmentation du pompage de l’eau de la nappe d’Idini avec une moyenne de 10 000 m3». 

Sur le terrain, le prix de baril reste élevé, il est de 500 Ouguiyas dans les zones d’Arafat,  El Mina et autres : «à Teyarett, le prix frôle toujours les 1500 le baril, affirme Mohamed Baby, chauffeur de taxi  qui habite dans cette zone».  «Il n’y a plus d’eau. Dans certains quartiers, l’eau coulait à partir de la nuit, actuellement nous voulons juste l’acheter, il y a des pratiques louches au niveau des potences qui vendent les citernes d’eau», martèle un consommateur auprès de la  potence de Dar Naïm. Toutefois, le Wali et les autorités ont été fermes en prenant une décision interdisant toute spéculation sur le prix de l’eau, des policiers et des responsables de communes sont en place pour veiller sur le respect de la dite décision. 

Les prix de la tonne sont fixés à 1300 UM la tonne pour des citernes qui prennent une charge ne dépassant pas les 7 tonnes et 1200 pour les charges au-delà de 7  tonnes. Notons que les propriétaires de citernes se plaignent de la fermeture des potences à partir de  20 heures tout en confirmant que les gérants des potences ont leurs propres citernes qui ne respectent pas l’ordre des inscrits. Certes, sous tutelle des autorités, il y a des listes permettant de vendre l’eau selon l’ordre des priorités d’enregistrement, mais il y a des citernes d’urgence qui ont l’aval des autorités, ces citernes peuvent avoir la possibilité de 5 recharges chacune par jour alors que les autres n’ont qu’une seule. Pourquoi cette urgence ? «Il est question des citernes des entreprises et des usines qui ne peuvent pas fonctionner sans eau», explique un agent de police qui veille sur l’ordre au niveau de l’une des potences de Dar Naïm. D’après un agent de la commune de cette Moughata qui supervise l’opération de la distribution d’eau, «les accusations des propriétaires de citernes sont sans preuves tangibles  chaque fois que j’essaye de résoudre le problème, je trouve qu’ils n’avancent pas des arguments vérifiables sur le non respect de l’ordre».          

Pas loin de ces potences se trouvent celles de Ksar, les mêmes problèmes des inscrits se répètent, les accusations et contre accusations sont les mots d’ordre. Les propriétaires des citernes après avoir profité  des spéculations des prix, se sentent victimes de l’ordre établi. Pour Billal O Cheïbe, «les autorités nous forcent à livrer l’eau à n’ importe quel demandeur, j’ai mes propres clients auxquels je dois livrer les citernes». Mohamed Yahdi quant à  lui, il  conteste le prix  des tonnes en disant «que le prix doit être établi en fonction de trajet et d’autres coûts liés au transport». 

Un propriétaire des citernes et chef d entreprise qui préfère garder l’anonymat, nous informe que «les bornes fontaines étaient soumises à la gestion de certains individus  sans appel d’offre, ni critères de sélection claire, aux gérants qui se font enrichir sur le dos de la population, il a ajouté qu’il y a des bornes fontaines qui puisent l’eau depuis le tuyau central  qui alimente la ville de Nouakchott. Cela peut diminuer la pression d’eau». Soulignons que depuis plusieurs mois des maisons qui avaient la possibilité d’avoir l’eau la nuit, n’ont plus cette éventualité. Une vraie gestion de la crise doit tenir compte des distributions non équitables d’eau. Pour ce faire la SNDE a décidé de fermer les bornes fontaines à partir de 20 heures sans pour autant que la crise soit résolue.    

En outre,
la SNDE continue toujours de récolter l’argent auprès des abonnés qui ne reçoivent aucune goûte d’eau. Justifications invoquées : taxes des compteurs. Un consommateur nous avait confirmé que ces compteurs fonctionnent par le vent. 
Sur une vision à long terme, il y aura le déclenchement de projet Aftout Sahel, celui-ci doit alimenter la ville de Nouakchott. Car la réserve d’Idini risque d être épuisée rapidement. Cette crise s’interprète en partie par des problèmes techniques liés à la diminution de la nappe de Idini. 

Soulignons que le traitement d’eau à partir du fleuve du Sénégal exige une stabilité politique dans la sous région. D’où une optique d’un traitement d’eau au niveau de l’océan atlantique. D’après des spécialistes du Centre de Recherche Appliquée aux Energies de l’Eau et du Froid  en Mauritanie, «la possibilité de mettre en pratique une telle optique n’est pas coûteuse. Ils ont déjà fait l’expérience dans les zones de la bande d’Arguin ; trois sites alimentant 4 villages de  cette zone. Cela a permis de faire réduire le coût de baril en cette zone à 700 au lieu de 4500. Ce dernier est imputé au prix du transport qui exige de chercher l’eau dans des villes telles que Nouakchott et Nouadhibou». Notons cependant que le prix de 700 /le baril reste élevé par rapport au prix moyen à Nouakchott.             

 Mohamed Fouad Barrada m_barrada@yhaoo.fr 




Rosso

19062007

Rosso : Visite éclair du ministre des transports. 

Le ministre du transport a effectué une visite éclair à Rosso vendredi dernier. Au cours de sa visite le ministre s’est rendu compte de l’avancement des travaux de l’extension de l’embarcadère de Rosso et s’est informé de l’évolution du tronçon Thiambène-Mbagnik (deuxième lot de la route Rosso-Boghé. 

Rosso est le relais incontournable pour le commerce extérieur de la Mauritanie. Une part non négligeable de nos importations et de nos exportations se fait par le fleuve avec plusieurs rotations quotidiennes du bac. Ce qui justifie l’extension des embarcadères tant sur la rive droite (Mauritanie) que sur la rive gauche (Sénégal). Quant à la route Rosso-Boghé, elle va contribuer au rapprochement des populations de la vallée et au désenclavement de plusieurs localités de la zone. Quand on pense que pour se rendre à Boghé les rossossois faisaient le détour par Nouakchott avec un parcours de 204 km entre Rosso et la capitale et un autre de 315 km de Nouakchott à Boghé on voit le gain réalisé en bitumant le tronçon de 180 km entre la capitale du Trarza et Boghé. 

D.A. 

  

De a à Z par Tabane 

G comme galère. La galère c’est le lot quotidien de bien des mauritaniens. Surtout du côté de l’enseignement où certains font jusqu’à 18 heures de cours par jour. Pour joindre les deux bouts ou assurer des lendemains meilleurs. Sans se rendre compte qu’à se rythme c’est le suicide programmé. Et en plus tout le monde est perdant dans l’histoire : les enseignants qui se tuent au travail, l’école publique qui en pâtit et les élèves qui n’en profitent pas. 

G comme gaieté. C’est ce qui manque le plus dans ce pays. Pour s’en convaincre il suffit de faire un saut à l’embarcadère de Rosso et de voir les passagers des pirogues ou du bac débarquer en Mauritanie. Mines renfrognées, nerfs tendus. Chacun se demande à quelle sauce il sera mangé, entre les trafiquants véreux, les policiers cupides et les douaniers zélés et les transporteurs qui viennent chercher des clients. Le passager laissera des plumes beaucoup de plumes avant de franchir la porte de l’embarcadère. Quand on pense qu’en plus il s’est fait plumer côté Sénégal, on comprend aisément pourquoi la gaieté ne se lit pas dans son visage. 

H comme hymne. En passant du mouton au chameau on peut se demander combien de citoyens dans ce pays au million de poètes connaissent les paroles de notre hymne national. Tout le monde connaît l’air, mais chacun a ses propres paroles. Il y a lieu de réfléchir sur une solution. Connaître presque par coeur la Marseillaise ou l’hymne de notre voisin du sud et continuer de fredonner ‘Woul Daddah gassi Ndar’, c’est inadmissible… 

aboubakry_d@yahoo.fr 

 

 

Source : La TRIBUNE 354 

 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

19062007

«Tout  individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas  être inquiété pour son opinion…» (Article 19  de la déclaration universelle des droits de l’homme)  Depuis la mise en place de la  HAPA, le statut des journalistes reste flou. Qui est journaliste et qui ne l’est pas ? Qui a le droit de sanctionner ? Quelle perception avons-nous de la presse ? La liberté est-elle absolue ? Les règles sont là, mais il manque toujours quelque chose ! 

Certes, il y a de mauvais journalistes (corrompus) qui font de cette profession un moyen abusif  de gagne- pain, mais il y a aussi des individus qui croient en ce pays, des journalistes républicains et honnêtes. Avec leurs maigres salaires, ils exercent leur métier avec rigueur. En principe, dans le domaine médiatique, la corruption a ses limites. Car le but de la profession, c’est la rechercher de la vérité. Parfois, cette recherche mène à la dérive, d’autre fois, elle met les journalistes dans une situation dangereuse. C’est le risque de la profession. 

En réalité, la liberté de presse s’impose. Le développement des nouvelles technologies a permis une liberté sans limite. N’importe qui peut dire n’importe quoi sur n’importe quel sujet. Il suffit juste un clavier, un écran, une unité centrale, une ligne téléphonique et un Switch, et l’affaire sera conclue. Il suffit tout simplement de disposer d’un ordinateur, d’un GSM portable interconnectés avec les autres appareils en ligne. Les sites et les  blogs envahissent le web. La puissance américaine n’a pas pu contourner les messages de Al Qaeda. 

Le débat actuel porte sur une formule permettant de défendre la presse. Une formule atténuant  le poids du capitalisme dans ce domaine. Dans les années à venir, les commerciaux et les groupes d’influence vont essayer de dominer la profession. La recherche de vérité va être totalement influencée par la puissance financière. En France, les sociétés médiatiques ont  un statut spécifique. Il y a le rôle des journalistes qui demeure primordial dans le sens de contrecarrer la puissance pécuniaire. Le libéralisme n’est pas absolu dans ce domaine. Ici en Mauritanie  les subventions de l’Etat sont quasi inexistantes. Quant aux statuts de la presse, ils laissent  à désirer. Le rôle de la presse reste cette défense des citoyens. En Europe «la liberté de la presse fournit aux citoyens l’un des meilleurs moyens de connaître et juger les idées et attitudes de leurs dirigeants. Elle donne en particulier aux hommes politiques l’occasion de refléter et de commenter les soucis de l’opinion publique. Elle permet à chacun de participer au libre jeu du débat politique qui se trouve au cœur même de la notion de société démocratique » (La Cour Européenne de Droits de l’homme). 

Chez nous, faute de moyens, certains journalistes essayent de faire de cette presse un moyen de pression pour remplir leurs poches sans pour autant être satisfaits. Sont rares les individus qui ont pu avoir une situation financière solide à partir de la presse.  Tout récemment, un cadre de la haute autorité de régulation m’avait formulé des critiques positives «en lisant  les titres des articles et les signatures, je peux  automatiquement déduire les idées phares du sujet traité (…) je n’ai pas besoin d’aller loin dans ma lecture», précise-t-il. A la presse de se  mettre aussi à niveau. Cela  ne peut se faire  sans  une prise en charge (financière) par l’Etat de ce quatrième pouvoir. Cette prise en charge doit mettre l’accent sur les journalistes simples en défendant les petits contre les plus puissants.  Tout ce monde  doit avoir un sens de la  responsabilité interdisant d’accepter toute forme de corruption. 

 m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune 354 




Chambardement au Ministère des Affaires étrangères et de la coopération

24062007


C’est un véritable chambardement qui vient de se produire au Ministère des Affaires étrangères et de la coopération. Sans doute parce qu’il répond aux critiques pleuvant de partout, notamment des notables et à l’intérieur de sa majorité présidentielle laquelle n’a de cesse de grincer des dents depuis la constitution du gouvernement, auquel elle reproche son inexpérience et dont elle n’a pratiquement bénéficié d’aucun portefeuille, sinon des miettes.

Un peu donc, comme pour rétablir la confiance entre les différentes composantes de la Majorité présidentielle puisque, même si on en compte des diplomates de carrière, beaucoup de ces « nouveaux » ambassadeurs sont d’anciens ministres du gouvernement de Ould Taya et des caciques du PRDS-PRDR, à part quelques nouvelles figures de la mouvance Zein Ould Zeidane.

De même, ce chambardement diplomatique intervient après les mouvements de l’administration et donc suit une logique de nominations qui en dit long sur la volonté du Président de réconforter sa majorité et ceux qui en tirent les ficelles. Une première est à noter dans ce mouvement diplomatique : c’est la nomination d’une femme au poste d’ambassadeur, Mounina Mint Abdellah à Genève où elle devient représentante de notre auprès du système des Nations Unies, en remplacement de l’actuel Ministre des Affaires étrangères et de la coopération.

Les autres postes bouleversés par ce mouvement profitent à Aly Ould Haiba, qui fut consul général en Guinée Bissau et devient ambassadeur à Rome à la place de Ngam Yahya. Lequel passe à Banjul comme ambassadeur en remplacement de Sidi Mohamed Ould Sidaty.

Sidi Mohamed Ould Boubacar, le Premier Ministre du gouvernement de la transition assurée par le CMJD devient ambassadeur à Madrid en lieu et place de Salem Ould Memou, parti à la retraite.

Bilal Ould Werzegh qui était ambassadeur à Bamako, à Washington et occupait jusque là le poste de chargé de mission au Ministère des Affaires étrangères est, quant à lui, nommé ambassadeur à Sanaâ.

Mohamed Lemine Ould Selmane, l’ancien ministre de la Santé et des Affaires sociales devient ambassadeur en Afrique du Sud en remplacement de Mohamed El Hacen Ould Lebatt.

Mohamed Vall Ould Bellal, dernier ministre des Affaires étrangères et de la coopération de Ould Taya, est nommé ambassadeur à Dakar à la place de Ahmedou Ould Cheikh El Hadrami.

Boullah Ould Mogueya, dernier Secrétaire général du PRDS va à Moscou comme ambassadeur en remplacement de Mohamed Mahmoud Ould Dahi et Hamadi Ould Meimou, ex-Commissaire aux droits de l’homme et présentement député et président de la commission finances de l’Assemblée nationale est nommé ambassadeur au Koweit où il remplace Heibetna Ould Sidi Haiba.

Sidi Mohamed Ould Taleb Amar, ancien ministre de l’Hydraulique devient ambassadeur à Pékin à la place de Ngaidé Lamine Kayou, alors que Kane Amadou Tidjane est désigné consul général en Guinée Bissau et Abdel Kader Ould Mohamed, ex- secrétaire d’Etat chargé de l’UMA est promu consul général à Las Palmas en remplacement de Abdou Ould Ahmed Seyver.

Mohamed Ould Tolba quitte New York pour devenir ambassadeur au Caire, en remplacement de Mohamed Lemine Ould Yahya lequel va occuper notre ambassade à Damas.

Cheikhna Ould El Hadramy est nommé ambassadeur à New York alors qu’il était à AbidjanSidi Mohamed Ould Sidaty le remplace.

Bebaha Ould Brahim Khlil, qui était consul général en Guinée Bissau devient ambassadeur à Abu Dhabi et Mohamed Vall Ould Dah Ould Mohamed Abba est nommé consul général à Jeddah en remplacement de Cheikh Ould Sid’ahmed Bekaye.

Pour Paris et Amman, Lematte Mint Awnen et Moustapha Ould Abdallah restent à confirmer.

Mohamed Ould Khattatt
mmkhattatt@hotmail.com


22 juin 2007 : Vaste redéploiement dans les missions diplomatiques mauritaniennes

Les missions diplomatiques mauritaniennes à l’étranger ont connu ce vendredi un vaste mouvement de redéploiement qui a touché une dizaine de postes importants à Abidjan (Côte d’Ivoire), à Dakar (Sénégal), dans le monde arabe (sauf le Maghreb) et en Occident (France, Espagne, Etats-Unis), a appris la PANA de sources autorisées.

Ce redéploiement est marqué par la suppression de certains postes à Londres et Tokyo, celui d’Ottawa ayant été rattaché à la représentation à Washington.

L’ancien Premier ministre de la transition, Sidi Mohamed Ould Boubacar, est désigné à la tête de la représentation à Madrid, la capitale de l’Espagne, alors que Mohamed Vall Ould Belal, Un ancien ministre des Affaires étrangères sous le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, est nommé ambassadeur à Dakar.

Pour la première fois dans l’histoire du pays, deux femmes sont promues chef de poste diplomatique à l’étranger et l’une d’elles, Lematt Mint Ewnen, occupera l’importante place de Paris.

Pana

Note: Info source : Nouakchott Info / Pana via Mauritanie-Web




Une épidémie de méningite fait 6 morts dans l’est mauritanien

24062007

24 juin 2007 : Une épidémie de méningite fait 6 morts dans l’est mauritanien

Six personnes sont mortes de méningite à Aioun et Tintane, dans le sud-est mauritanien, et plusieurs autres ont contracté la maladie, a appris APA dimanche auprès d’un fonctionnaire du ministère de la Santé.
Contacté par APA, le directeur de la lutte contre cette maladie au ministère mauritanien de la Santé, a indiqué que les analyses effectuées sur le sang des sujets atteints ont confirmé l’existence de la maladie. Il a aussi annoncé l’envoi dans la zone d’une équipe médicale conjointe du ministère de la Santé et de l’OMS, dont un laborantin, appelant les populations à la vigilance et leur conseillant d’éviter tout contact direct avec les cas suspects.
Au sujet de l’éventuelle évolution de la maladie, il a dit que la méningite se manifeste parfois par des cas isolés et dans d’autres cas par une épidémie ravageuse, surtout que le microbe évolue dans l’air. La zone touchée par la maladie est très loin des structures hospitalières, à plus de 800 km de Nouakchott et à cela s’ajoute l’absence de laboratoire et moyen de diagnostic performant.

Les populations se situant dans la zone sont constituées essentiellement de nomades et, généralement, ne vont voir le médecin qu’après avoir usé de tous les protocoles de la médecine traditionnelle. Dans le pays, d’une manière générale, le système sanitaire est peu performant, ce qui amène des milliers des Mauritaniens à partir se soigner chaque année au Sénégal ou au Maroc.
Pendant la transition, les autorités militaires ont créé une faculté de médecine et un service d’oncologie (traitement du cancer) est actuellement en phase de construction par l’Etat d’Israël.

Des missions médicales spécialisées provenant des pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA, Mauritanie, Maroc, Libye, Tunisie, Algérie) et de l’Espagne, ont séjourné récemment à Nouakchott pour effectuer des interventions chirurgicales, notamment au profit des malades du cœur.

La promotion de la santé et l’éducation était l’un des thèmes saillants dans les programmes des candidats aux élections présidentielles du 11 mars 2007. 

Note: Info source : Agence de Presse Africaine




Les ambassadeurs de la Honte!

24062007

24 juin 2007 :
Le mouvement diplomatique qui vient de s’opérer est des plus scandaleux. Nous qui voulions le Changement radical et la rupture avec le systéme Taya, on est servis! Tous les mafieux de Ould Taya sont là.

Sidioca, nous avons du respect pour vous, mais vous avez dû être trompé. Il est impensable que vous cautionniez ces  »rapaces », qui sont hais par le peuple.

Et concernant les femmes, personnellement je m’en réjouis, mais pourquoi avez-vous laissé le Premier Ministre Zeine Ould Zeidane nommer Lemeyma Mint Abdellah, la fille de son Oncle maternel Mohamed Ould Abdellah, qui a pillé les fonds du projet Nuticom Taghdhiya financé par la Banque Mondiale, et qui a été limogée de son poste de Directrice du Projet sous la pression du bailleur?

Elle a été démise de ses fonctions  par l’ancienne Secrétaire d’Etat à la Condition Féminine, et remise à son Ministére de tutelle, l’Education Nationale. Cette nomination reléve donc du népotisme et du clientélisme, chers au systéme mafieux Taya.

Au lieu de nommer cette ambassadeur qui fait déja la honte chez tous les partenaires au développement, ZZ aurait dû proposer une autre négro africaine qui est honnête pour réequilibrer les genres ethniques.

De toutes façons, on est tous scandalisés et surpris par tant de caimans et de fantômes qui ressurgissent du sombre passé de la Tayie.

Cher Président Sidi, ne vous laissez par déborder par le systéme qui nous amènera au bord du gouffre. Il est temps de réagir, sinon le petit peuple d’opprimés que nous sommes, se réveillera et alors la Mauritanie tremblera.

De toutes mainières, ces ambassadeurs de la Honte ne passeront pas. Partout où ils seront, nous les attendrons de pied ferme, avec des manifestations, et des cris d’indignation. La monde entier saura que nous avons été leurrés par le sytéme Taya qui veut  se réveiller.

La lutte continue.

Lemeyma Mint Abdallah, aux Nations Unies à Genève, tout le monde est déja alerté par tes pratiques mafieuses. Ton cousin ZZ ne pourra rien.

Note: Info source : Djeol40  via www.cridem.org




: Le pouvoir navigue à vue

25062007

Le pouvoir navigue à vue

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et son Premier Ministre Zein Ould Zeidane commencent à montrer des signes de faiblesse qui sont interprétés par certains observateurs comme étant leur réalité. Cela apparaît avec les dernières nominations au sein de l’appareil de l’état.

La mise en place du gouvernement avait fait l’unanimité au sein de la classe politique mais aussi de l’opinion publique nationale. Personne n’avait trouvé à dire sur ce gouvernement composé essentiellement de jeunes technocrates. Vint ensuite les nominations des Secrétaires généraux. Ces nominations n’ont pas connu l’unanimité du gouvernement. L’opposition et la majorité avaient critiqué les choix.

Par la suite et dans chaque conseil des ministres des nominations étaient opérées elles avaient à chaque fois soulevées des critiques mais si celle de l’ancien DG de la SNIM à la tête de la SOMELEC était saluée. Le clou fut le chambardement dans la diplomatie mauritanienne. Ce fut l’occasion pour le Président de « caser » les anciens barons du système de ould Taya. La même occasion fut donnée à Zein ould Zeidane de placer certains « amis ».

Là apparaît alors la flagrante contradiction entre les propos tenus par le Président à la veille de la mise en place de son gouvernement. Il avait promis qu’aucun ancien membre du gouvernement ne sera nommé dans une fonction et que les députés resteront des députés. Plus de 60% des nouveaux ambassadeurs sont d’anciens membres des gouvernements de ould Taya ou membres influents de son ancien parti le PRDS.

La question qui reste posée est de savoir quels sont les critères de nomination et quelles sont les raisons des limogeages. Dans un état où la pratique officielle se veut transparente personne ne doit être remerciée sans que l’on sache les raisons et que l’on les avance à l’opinion publique nationale et internationale. L’impression que les observateurs de la scène politique nationale et l’opinion ont que les critères de nomination sont le clientélisme, le tribalisme et le copinage. A ce rythme on n’est pas sorti de la bergerie dans laquelle nous avait mis l’ancien système.

A y regarder de prés on arrive facilement à la conclusion que le Président et son Pm sont entrain de se partager le gâteau. En effet le Pm ne manque aucune occasion pour placer ses hommes et ses hommes seulement. Les nominations opérées par Zeine ould Zeidane répondent très souvent à des critères régionaux tribalistes sans aucune considération pour la compétence.

A titre d’exemple madame Mounina Mint Abdellah est la fille de la tante de l’actuel PM. C’est là le seul critère du choix de cette dernière. La cooptation de Ould Hamed à la direction générale du PANPA s’explique par les liens de sang entre ce dernier et l’actuel Président.

On ne peut pas diriger un pays par les sentiments. Ce n’est pas ce que nous avaient promis les deux têtes de l’état lors de leur campagne et après leur prise de fonction. Ils avaient dit haut et fort que seuls les critères de compétences seront pris en considération pour toute nomination au sein de l’appareil administratif. Pour le moment ses promesses semblent être tombées dans les oubliettes. Les deux hommes doivent se ressaisir pour éviter à notre pays de retomber dans les crises politiques qu’ils a vécu par le passé et créer autour de leurs personnes de vrais consensus.

Ici dans le journal le Véridique nous félicitons tous ceux qui ont eu la chance d’être nommés par les autorités mais nous regrettons également que ces choix soient fait sur des bases subjectives. Chaque jour, des dizaines de personnes qui ont soutenu Sidi Ould Cheikh Abdallahi ou Zein ould Zeidane viennent nous dirent qu’ils se sont sacrifiés pour ces deux hommes et qu’arrivés au sommet de l’état ils les ont abandonnés.

Notons que le pays est fragile et ne peut encore supporter d’autres crises politiques et le retour en arrière.

La rédaction
Le Vérdique

Le Véridique n°134 du 25-06-07




Descente de la police dans des cybercafés

25062007

Descente de la police dans des cybercafés : Qui est-ce qui fait courir la police ?

Dans la nuit de vendredi à samedi derniers, des éléments de la police ont fait une descente dans les trois cybercafés, (Cyber@rt, http : cyber et Cyber@artPlus), situés en face de l’ambassade de la Palestine, sise à la BMD.

Prenant position devant ces cybers, un peu après 23H, les éléments de la police habillés en tenue bleue-foncée et dirigés par une femme, la commissaire Ghouha, feront un véritable état de siège des ces « boutiques Internet » dont ils prendront le soin de ne pas en empêcher l’accès aux internautes.

Pourtant à l’intérieur des cybercafés, le climat est lourd, puisque les policiers ont confisqué tous les téléphones portables des personnes présentes, ont pris sur eux de répondre à leur place aux appels entrants et ont fait une fouille propre et généralisée.

La descente qui se poursuivra, nous affirme une source présente, jusqu’à 02H du matin, ne portait pas sur les ordinateurs, ni les courriels des internautes, ni sur un problèmes de connexion. Le seul objet prisé ici était le téléphone mobile. Un peu comme si les limiers de la DSE, car ce sont eux qui mènent l’enquête, cherchaient à mettre la main sur quelqu’un qui vient de passer une communication à partir de l’un de ces trois cybercafés.

Cela est d’autant plus vrai qu’ils continueront à répondre aux appels téléphoniques et à attendre leur « client » jusqu’à la dernière minute, non sans oublier d’envoyer certains des téléphones portables des internautes Dieu sait où pour les ramener bien plus tard complètement éteints. Longue donc sera l’opération mais pas infructueuse puisque les policiers emmèneront avec eux deux marocains de chez « Cyber@artPlus« , un mauritanien et deux algériens.

Celui qui prendra la relève cette matinée de dimanche au cybercafé « http : cyber« , nous confirmera qu’ils ne sont toujours pas revenus, les parents de l’une de ces personnes étant venus s’enquérir de ses nouvelles au cyber. Sont-ils en effet, entendus à la « 2ème compagnie » (Ksar) ?

Quoiqu’il en soit, comme nous le diront les tenants des cybercafés « visités » par la police, aucun mandat de perquisition n’a été présenté par les policiers et aucun problème lié de près ou de loin aux ordinateurs, aux machines, à l’équipement ou à la connexion des cybercafés dont ils sont les propriétaires, ne s’est avéré la raison de cette descente des policiers et de l’état de siège qui s’en est suivi jusqu’au petit matin. C’est dire combien ce qui fait courir les policiers semble être d’une très haute importance sécuritaire.

Serait-il relatif à la lutte contre le terrorisme, étant donné que le dernier procès des présumés islamistes salafistes s’est soldé par vingt acquittements et une seule condamnation par contumace pour falsification et que d’autres groupes s’apprêtent à passer devant le juge ? Une chose est sûre : nos vaillants flics ne dorment pas.

Mohamed Ould Khattatt
mmkhattatt@hotmail.com


24 juin 2007 : Interpellations dans les milieux présumés islamistes

Les agents de Direction de la sûreté d’Etat (DES), police politique, ont procédé à une nouvelle interpellation de 5 individus présumés appartenir aux milieux islamistes dans la nuit du samedi au dimanche, a appris la PANA, de sources concordantes.

Le groupe des personnes interpellées est composé de 3 Marocains, un Mauritanien et un Saoudien d’origine mauritanienne.

La police, qui était depuis quelques temps sur la piste d’un réseau islamiste présumé terroriste, a procédé aux arrestations à la suite d’une perquisition effectuée dans 2 cybercafés situés en plein centre de Nouakchott.

Pana via Mauritanie-Web

Note: Info source : Nouakchott Info / Pana




Le vrai CV de Mounina, ambassadrice de la Mauritanie à Genève

25062007

:Le vrai CV de Mounina, ambassadrice de la Mauritanie à Genève


Pour piloter l’une des plus prestigieuses ambassades mauritaniennes, le Président de la République a choisi une femme qui a gravi tous les échelons de la diplomatie, reconnue par ses pairs comme une négociatrice hors pair, Mounina (dite Lemeima) Mint Abdallahi.
  

Diplômée de l’institut des hautes études diplomatiques de Nouakchott, elle a attiré l’attention depuis qu’elle a mené, avec brio, les négociations qui ont débouché sur le réchauffement de nos relations avec le Koweït, suite à la guerre du Golfe.

Ça c’est la version qu’il va falloir servir aux autorités helvétiques, afin qu’elles acceptent cette nomination, il ne faut pas perdre la face devant les étrangers (El Baraniyine). Mais les mauritaniens connaissent la vérité, nous n’allons pas la dire aux étrangers mais, quand nous sommes entre nous, on peut se la dire : En réalité le CV de la nouvelle ambassadrice de Mauritanie à Genève se résume en deux lignes : « Mohamed Ould Abdallah » et « NUTRICOM ». 

Voici le vrai parcours de cette nouvelle star de la diplomatie : grâce à ses rapports privilégiés avec les professeurs de la faculté de droit et d’économie, Mounina réussi à décrocher une maîtrise en économie de l’université de Nouakchott, ensuite elle devient professeur de collège en physique (cherchez l’intrus : rapport, physique … ça commence bien). Elle demeure au collège jusqu’à la création par Ould Taya, en 1993, du ministère de la condition féminine. Ayant côtoyé les Nasséristes arabes à la fac, qui la considère comme une des leurs, Mounina réussi à se faire coopter parmi les dizaines de femmes professeurs qui ont formé le premier noyau de ce ministère.

L’arrivée de Zein Ould Zeidane à la mission de la Banque Mondiale à Nouakchott lui permet de réorienter sa carrière, Mohamed Ould Abdallah, le père de Mounina, est l’oncle maternel de Zein. Avec l’aide de Zein elle a réussi à se faire détacher auprès de la mission de la BM (SECF), où son cousin Zein œuvre pour là propulser à la tête d’un projet destiné à distribuer des vivres à toutes les communautés du pays, dans le but de juguler la famine qui se profile à l’horizon, le projet s’appelle Nutrition Communautaire : NUTRICOM. Il est géré par le ministère et financé entièrement par la BM à hauteur de 5.000.000 USD.

Pour pouvoir profiter de tous ces millions de dollars, Mounina multiplie les séminaires de formation, les rencontres de sensibilisation et les ateliers de toute sorte, facturés à prix d’or. Les fausses vraies factures sont réalisées grâce à l’aide de son cousin Zein, un orfèvre en la matière, il met à son service son savoir-faire et Mounina a pu mettre de côté une fortune considérable, en un temps record.

Toute personne qui se balade du coté du palais qu’elle s’est fait construire à Tevragh-Zeina (du coté de SIG de Ehel Abdallahi -- MOA) pourra témoigner que ce n’est pas grâce à son salaire de prof de collège ; à titre d’exemple, l’une de ses maisons est estimée à 140.000.000 UM, mais elle n’y habite pas, prévoyante, elle loue une maison très modeste, dans le quartier populaire de Carrefour, d’ailleurs en général elle n’est pas tape à l’œil, au contraire elle promène tout le temps une apparence de Cosette à la limite de la clochardisation, alors qu’elle passe ses vacances à Paris et se soigne à Monaco.

Rien n’est plus facile que de construire une maison quand on est chef de projet en Mauritanie : tu vas chez le fournisseur, tu choisis le matériel, dans la case « exécution des travaux » tu mets la mention « destinataire prioritaire » et tu ajoutes, au hasard, école de Dar Naïm, dispensaire de Bir Oum Graïn ou tartempion, tu passes commande, tu signes et tu envoies le tout à la comptabilité. Le comptable prélève ses 15%, paye le fournisseur et t’envoie le matériel dans ton chantier de Tevragh-Zeina, ni vu ni connu, tout le monde est content.

Enfin, tout le monde, sauf les personnes qui attendent la nourriture que le projet est censé leurs dispenser, mais elles, tout le monde s’en fout, en plus, elles ont dû mourir de faim depuis le temps qu’elles attendent.

Un audit interne de la Banque Mondiale a mis à jour ce système de fausses vraies factures, Mounina a été audité puis épinglé dans un rapport interne. Suite à ce contrôle, la BM l’a renvoyée et elle est revenue à son poste au ministère de la condition féminine où son surnom est « serpent » lehneche, mais en octobre 2006, Nebghouha Mint Tlamid reçoit un courrier de la BM lui demandant le limogeage de Mounina. Mint Tlamid fini par céder sous la pression des bailleurs de fond et renvois Mounina au ministère de l’éducation nationale.

Contrairement à ce qui a été mentionné dans les dépêches qui parlent de cette nomination, Mounina n’est plus cadre du ministère de la condition féminine, mais quand on est cousine du premier ministre, on peut facilement obtenir des coup de retouche à son CV. Mounina a aussi un autre problème, coté coeur, elle effectue plusieurs visites annuelles à Monaco ou elle est suivie par un professeur en cardiologie, sa nomination a aussi une raison médicale.
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En avril 2007, Mounina reçoit une injonction du Contrôle de l’Etat lui demandant le remboursement de 270.000.000 UM, elle avait dépensé cette somme au sein de NUTRICOM sans la moindre justification. Faute de remboursement, l’IGE menace de renvoyer le dossier devant la justice, pour un procès et peut être même la prison.

Mounina
prend la lettre et l’amène à Zein, lui demandant de lui trouver un poste qui lui permet de se soigner et qui l’a met à l’abri des poursuites judiciaires, elle met en avant les efforts qu’elle a déployés dans l’équipe de campagne du candidat Zein à Tidjikja. Zein, qui avait reçu, entre les deux tours, l’assurance d’avoir le poste de Premier ministre, lui demande de faire traîner le dossier grâce aux avocats, en attendant sa nomination comme Premier ministre.

Après ce brillant parcours jalonné de succès diplomatiques, Mounina vient d’être nommée ambassadrice de la République Islamique de Mauritanie auprès du système des Nations Unies, poste basé à Genève. Ce poste est resté vacant depuis la nomination de son ancien occupant, l’actuel ministre des affaires étrangères. Vu que Sidi Ould Cheikh Abdallahi retrouve les réflexes de Ould Taya et d’Ely, en suivant à la lettre leurs critères de nominations, il n’est pas impossible de voir Mounina siéger au conseil des ministres dans les mois ou les années à venir, mais en attendant, sa principale préoccupation sera surtout les balades au bord du lac Leman, le shopping pour approvisionner sa boutique du Marché de la Capitale à Nouakchott et les indispensables visites chez le cardiologue monégasque.

Je suis d’accord qu’il est facile de critiquer (Elli cheger chi idir chi v’ bellou), je vais donc cesser d’être négatif et faire quelques propositions : Zein aurait dû conseiller à sa cousine de demander à l’IGE un remboursement échelonné, car le but n’est pas non plus qu’elle se retrouve à la rue sans emploi. Comme elle est malade, les avocats auraient pu invoquer la raison médicale pour empêcher le juge de l’envoyer en prison, si tant est que le juge le veuille. Et Zein aurait pu l’aider à trouver un médecin moins onéreux que celui du Rocher de la principauté de Monaco.

Mais enfin, pourquoi faire compliquer si on peut faire simple ? Zein demande à Sidi de lui donner ce poste vacant, signez là Monsieur le président, voilà c’est fini, circulez, il n’y a plus rien à voir. Immunité diplomatique, luxe et soin au frais de la princesse. En attendant, le citoyen ordinaire n’a qu’à aller du côté du Ksar voir s’il peut y trouver une citerne d’eau à prix de pétrole.

Reste à parier que la BM et l’ONU n’ont pas de rapports directs et que les informations ne circulent pas entre elles, espérons aussi que les gens de l’ONU ne connaissent personne qui bosse pour la BM et vice versa, autrement l’ONU va être mise au courant des pratiques peu orthodoxes de son excellence Mounina, ce qui risque de mettre à mal l’image déjà peu reluisante de notre pays. Car au sein de l’ONU, depuis le scandale du détournement du programme « pétrole contre nourriture », les hauts cadres de l’ONU pardonnent tout, sauf détourner les fonds destinés à nourrir des gosses. Du coup ça risque de grincer légèrement des dents côté onusien, peut être même qu’ils prendront cette nomination pour une blague de mauvais goût ou un pied de nez diplomatique, allez savoir, ils sont devenus tellement susceptibles depuis l’arrivée de Banqui ou Ban-Ki, enfin le Coréen quoi.

Mais nous n’allons pas permettre aux étrangers de se moquer de nous, nous avons préparé un bon CV, en bonne et dû forme, il est disponible à l’adresse :

http://209.85.129.104/search?q=cache:0RCr8T2cpvEJ:www.genreenaction.net/IMG/rtf/mintabdellah.rtf+Nutricom+Mounina&hl=fr&ct=clnk&cd=3

Par manque de temps on a « oublié » quelques petits détails, par exemple dans les diplômes on met « cours en informatique 1986-1990 » alors que, vu que Madame a étudié l’informatique durant quatre longues années, il aurait été beaucoup plus logique de mettre « maîtrise en informatique » tout simplement !

Ou encore cette inscription en DEA à Saint-Louis qui s’est glissée là par inadvertance, en fait ou bien le diplôme a été décroché et dans ce cas il faut dire « DEA en sociologie » ou alors il ne l’a pas été auquel cas il n’y pas de quoi fanfaronner !

S’ensuit un tour du monde, et ensuite la case « langue » dans laquelle on découvre avec soulagement que la future ambassadrice est un mélange de Voltaire et de Sybéwéihy, et que le clone en question parle un peu anglais ! Que demande le peuple !
 
Pour continuer à être le positif je vais aussi saluer la décision de fermer quelques ambassades inutiles qui coûtent de l’argent inutilement. Imaginez par exemple que le trésor public loue un appartement modeste à Tokyo pour la secrétaire de l’ambassadeur, prix : 6.400 USD / mois. Je vous laisse imaginer le prix de location du logement de l’ambassadeur, ce ne sont pas des privilèges, mais c’est le tarif local. Du coup, dans le contexte actuel, le président à bien agi pour limiter les dépenses inutiles, du moins pour le moment.

Les nominations de femmes ambassadrices sont aussi un énorme pas un avant, un pas audacieux qui, en faisant fi des préjugés, fait voler les tabous en éclat. Une femme est capable de représenter notre pays tout comme un homme, et même parfois mieux. Le problème n’est pas là, le problème est qu’il faut choisir la femme qu’il faut au poste qu’il faut.

J’ai critiqué le choix du président, je me dois donc de lui proposer un autre nom : Fatimata M’Baye.

Longtemps numéro deux de la FIDH, cette avocate connait bien les arcanes de la diplomatie africaine et occidentale. Pour dénoncer les dérives de Ould Taya, elle a arpenté les couloirs des organismes internationaux, de Paris à Genève et de Durban à Maputo, en passant par Bruxelles et Dakar, elle s’est constituée un solide carnet d’adresses qu’elle a mis au service de la destruction du régime de Ould Taya.

Elle a fait preuve d’un acharnement terriblement efficace pour pilonner Ould Taya et son système, souvent avec peu (voir pas du tout) de moyens, et elle a souvent obtenu des résultats spectaculaires car, devant sa verve et sa force de conviction, bon nombres de défenseurs d’Ould Taya ont quitté la tribune lors des sommets internationaux, et sont partis à Nouakchott la ‘’queue entre les jambes’’.

Imaginez une seule seconde ce qui arriverait si elle mettait le même acharnement au service de la promotion de la Mauritanie.

Prochain CV : Lematt Mint Ewnène 

Choumad via cridem 




En bref

25062007

Nouvelle chaine de télévision en Mauritanie

● La télévision mauritanienne vient d’annoncer ce dimanche la mise en onde d’une nouvelle chaine à compter de ce mardi 26 octobre 2007.

La nouvelle chaine, TVM Plus, sera axée sur des programmes destinés aux jeunes et sa couverture se limitera à Nouakchott et Nouadhibou en premier temps pendant la diffusion expérimentale. Une diffusion élargie sur tout le territoire sera assurée après la période d’essai.

Sidi Ould Cheikh Abdellahi reçoit les amis de Zeine Ould Zeidane

Le président de la république, Sidi Ould Cheikh Abdellahi a reçu ce Dimanche en milieu de journée, une délégation représentant les soutiens de Zeine Ould Zeidane lors de la dernière campagne présidentielle.

L’audience a duré près de trois heures de temps, selon des membres de la délégation, et a porté sur la situation politique du pays et l’éventuelle implication des supporteurs du candidat Zeine Ould Zeidane, dans les affaires publiques.
Les amis de Zeine sont sur le point de créer un parti politique et cherchent le soutien de Sidi Ould Cheikh Abdellahi pour son parti. Ce dernier leur a signifié sa disponiblité de travailler ensemble. 

Note: Info source : billy via cridem




Micro crédits : Un moyen de promotion de l’emploi

25062007

Micro crédits : Un moyen de promotion de l’emploi

Depuis plusieurs années, des politique de micro crédits sont appliquées en Mauritanie sans pour autant porter leurs fruits (45% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ; soit avec moins de 1 dollars par jour). À partir de prêts dérisoires les mauritaniens peuvent-il créer des richesses?

Bien que la pauvreté touche une grande partie de la population, nos citoyens semblent être différents des autres pays quant à la création des richesses. Cela s’explique en partie par des phénomènes typiquement culturels. L’agence d’emploi et de promotion des jeunes (ANAPEJ) peut-elle remédier à ces insuffisances ?

D’après la directrice adjointe de l’ANAPEJ, Aïcha Vall Vergès «les micro crédits permettront dans une certaine mesure de lutter contre la pauvreté. Bien que ces crédits représentent des sommes de 900 milles ouguiyas, ils peuvent néanmoins aider les jeunes à lancer des projet créatifs. L’agence favorise par ailleurs, l’initiative des projets collectifs : nous avons déjà financé une entreprise de carrosserie pour 20 millions d’ouguiyas. Ceci a pu créer 20 postes d’emploi dont 11 proposés par l’agence. Il y a encore un autre projet agricole qui peut contribuer à la création de certains emplois.

Certes les projets collectifs sont constructifs, mais il est indispensable que le projet lui-même soit initié par les intéressés. Cela étant, nous avons 34 000 inscrits au niveau de l’agence, mais la plupart d’entre eux ne savent pas que ce qu’ils cherchent. Parfois ils nous demandent de décider à leur place. Car nous proposons des formations, des micros crédits et des emplois. Certains jeunes veulent profiter à la fois de tout cela.

Concernant les micros crédits, nous avons pu lancer 800 projets, mais ceux qui ont pu être concrétisés sous forme de PME ne sont pas nombreux. Dans les années à venir, nous allons favoriser les projets collectifs afin de créer des entreprises donnant l’occasion d’atténuer l’impact de la pauvreté. Ainsi, nous négocions avec la direction des impôts afin qu’ils exonèrent les entreprises nouvellement créer».

Les financements nationaux ou étrangers dépendent, par ailleurs, des critères de confiance limitant souvent le montant du crédit accordé à l’entrepreneur local qui n’a pas toujours la possibilité de fournir les garanties financiers nécessaires. En effet, la question du financement de la création de l’entreprise prend de nos jours de l’ampleur et de la rigueur, et constitue un handicap sérieux pour la nation.

Ces problèmes résident principalement d’une part dans la difficulté d’apport en fonds propres, et d’autre part dans la rigidité du système qui a tendance à être plus strict dans l’octroi de crédits insuffisants (…) pour créer son entreprise. L’entrepreneur est tenu d’apporter des fonds propres d’un minimum de 30% du programme d’investissement. Le fonctionnement même de l’économie du marché implique l’existence de fonds propres.
 
Toutefois, l’ANAPEJ est sensée résoudre ce problème. «Certaines banques étaient prêtes à accorder des crédits collectif pour des jeunes chômeurs voulant bénéficier de ce type de financement. Cette agence a demandé aux banquiers de la place afin de leur accorder des crédits destinés à ces jeunes. Mais celle-ci n’a pas accepté la vision collective avancée par les banques» laisse entendre un ancien banquier de la BACIM-BANK.

Ce refus s’interprète par un manque de confiance entre les jeunes qui veulent initier leurs propres projets. La réussite de n’importe quel projet semble dépendre essentiellement de la confiance entre les parties prenantes voulant lancer des projets. Ce qui sous-entend que pour que l’agence accepte une telle vision, les jeunes doivent favoriser les initiatives collectives.

Bien que les mauritaniens aient tendance à choisir l’approche personnelle des micros crédits. L’approche collective des crédits peut être une bonne opportunité pour la relance de l’économie mauritanienne, mais la condition sine qua non demeure le financement des entreprises. Si l’en on croit la version officielle, l’Etat serait prêt à accorder des financements allant jusqu’à 40 millions d’ouguiyas, mais sans le consentement des efforts, les jeunes ne peuvent pas bénéficier de crédits significatifs.
 
Cependant, les critiques adressées tournent autour de la lenteur du circuit administratif pour l’octroi des micros crédits par l’ANAPEJ. Ainsi, selon plusieurs jeunes demandeurs d’emploi, celle-ci souffre de transparence concernant leurs politiques d’emploi.

Mohamed Fouad Barrada
m_barrada@yahoo.fr

Note: Info source : La Tribune N°332 (Mauritanie)




Chômage en Mauritanie

25062007

Chômage : La précarité de l’emploi des jeunes -- Par Mohamed Fouad BarradaEn cette phase de transition ou d’exception, les choses sérieuses devront être débattues. Certes, les élus du peuple sont connus (parlementaires et bientôt sénateurs), mais le projet social fait-il l’unanimité ? Car nonobstant l’arabité, le nationalisme, la francophonie, il y a une fragilité nette. C’est celle de la précarité de l’emploi des jeunes en Mauritanie.

Les diagnostics montrent clairement la dégradation de la situation des jeunes.
Entre 2000 et 2004, le taux de chômage est passé de 28,9 %, pour atteindre 31,2%.
Ce ne sont que les chiffres officiels !
Selon un rapport provisoire, «les examens de la structures de la population au chômage montrent que c’est la population jeune qui subit ce phénomène». Cette situation s’explique en partie par un manque de cadre légal permettant l’emploi des jeunes au sein des entreprises étrangères et locales. En outre, nous déduisons facilement du standard des avis de recrutement, les critères suivants : être titulaire d’un diplôme universitaire, d’une expérience de cinq à dix ans dans un domaine similaire au poste à pourvoir, la connaissance de l’anglais étant un plus.

Les diplômes perdent dans ce cas de plus en plus de leur valeur. Il deviennent désormais conditionnés par une expérience ou une intervention éventuelle d’un réseau de connaissances. Quelle est alors la solution ?Pour intégrer les jeunes dans la vie socioprofessionnelle, l’Etat a créé une agence spécifique pour l’insertion de la jeunesse dans la vie active. «L’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANAPEJ) a exécuté des programmes d’assistance au placement, et à l’auto emploi qui ont promis la formation de plus de 830 jeunes, le placement de plus de 400 d’entre eux, la création de 200 PME, et la mise en place d’une ligne de crédits au profit de ces dernières».Les observateurs sont septiques quant à la réussite de cette initiative. Au lieu de légaliser l’intégration des jeunes dans la vie active, les autorités ont choisi la voie du micro crédit afin de lutter contre ce fléau. Ces prêts s’avèrent le plus souvent insignifiants.

Les financements nationaux ou étrangers dépendent des critères subjectifs délimitant le degré de confiance, et les limites du montant du crédit. L’entrepreneur local n’a pas toujours la possibilité de fournir les garanties demandées (hypothèque, garanties financières). Ainsi, nos jeunes diplômés ou non, ne disposent que rarement de la surface financière propre, voire familiale nécessaire à la création des entreprises.

En ce sens, «la question du financement de la création de l’entreprise prend de nos jours de l’ampleur et de la rigueur, et constitue un handicap sérieux à la nation. Ces problèmes résident principalement d’une part dans la difficulté d’apport en fonds propres, et d’autre part dans la rigidité du système qui a tendance à être plus strict dans l’octroi de crédits insuffisants (…) pour créer son entreprise. Le jeune souhaitant créer son entreprise est ainsi tenu d’apporter des fonds propres d’un minimum de 30% du programme d’investissement. Le fonctionnement même de l’économie du marché implique l’existence de fonds propres», laisse entendre Mohamedou Ould M’baba, professeur à l’ENA de Nouakchott.Des formations en inadéquation avec le marché de l’emploiToutefois, la question de la formation et des compétences suscite certaines préoccupations : le marché du travail en

Mauritanie a principalement besoin de techniciens dans l’état actuel des choses. Or, l’université de Nouakchott, propose principalement des formations théoriques sans grand rapport avec l’offre du marché.L’université de Nouakchott semble donc négliger les réformes nécessaires pour la formation de cadres immédiatement disponibles sur le marché de la vie active. D’où mes statistiques actuelles du chômage qui indexent surtout une grande partie de nos universitaires. Cette situation déclenche des doutes sur la validité pragmatique de notre système universitaire. L’ouverture de l’université sur le domaine de l’emploi, notamment en proposant des formations actualisées sur les domaines techniques (on manque cruellement d’électriciens, de plombiers, de médecins par exemple) semble essentielle pour la création d’emplois futurs.«

Pour avoir un poste de travail, il faut solliciter l’appui d’un cousin bien placé. Personnellement, j’étais obligé de travailler et d’étudier. Malheureusement, les lauréats de l’université sont frappés par le chômage, car les deux tiers des universitaires ont une formation en arabe : pour être embauché dans les entreprises locales et étrangères, il faut maîtriser le français, voire l’anglais de plus en plus», explique un jeune récemment recruté dans un organisme public mauritanien.«Restructurer le domaine de l’enseignementPour l’un des anciens directeurs et propriétaire des écoles privés de l’enseignement technique et commercial, «

le pays a sacrifié toute une génération en généralisant à outrance le système arabisé, adopté il y a plus de 20ans. Il devient donc indispensable de restructurer l’université en formant tout le monde en français, et en systématisant l’apprentissage de l’anglais, première langue internationale».Le témoignage d’un diplômé chômeur est plus alarmant : il travaillait à l’extérieur (dans un pays du Maghreb), et lorsqu’il est revenu au pays pour être plus près de sa famille, il n’a pas pu décrocher un emploi malgré son expérience dans le domaine de la comptabilité. D’autant plus, qu’il est sorti d’une école internationalement renommée.Soulignons le cas d’un autre économètre mauritanien résidant en

France : il est revenu après obtention de son diplôme, mais exploité par une entreprise qui le sous rémunérait occasionnellement, il décidera finalement de retourner en France après 6 mois de galères financières. L’université tenait jusqu’à récemment quasiment le monopole de l’enseignement supérieur, mais elle perd de plus en plus de ses forces vives étudiantes, qui se réorientent de plus en plus vers d’autres domaines de formations. En effet, de nouvelles écoles et universités privées fleurissent à Nouakchott. Les avis ne sont pas unanimes sur leurs performances, mais pour les jeunes qui n’ont pas pu avoir leur bac, la voie de l’enseignement technique semble être déterminante dans leurs choix, d’autant que ces formations techniques sont recherchées dans le domaine de l’emploi actuellement.m_barrada@yahoo.fr

Note: Info source : La Tribune N° 328 (Mauritanie)




Education

25062007

Education 

Par Yacoub Ould  Abdellahy/ Zouerate 

 

Le CHAT est absent, les souris dansent 

Madame, la ministre de l’ Education Nationale, comme vous le savez, monsieur LE CHAT 

 (L’Etat, Notion du Droit) a désespérément quitté
la FORET (Mauritanie) depuis quelques temps. Les autorités l’ont  officiellement  invité,  à plusieurs reprises et pour plusieurs circonstances, pour un séjour même temporaire dans le pays. Mais, apparemment, désespéré, il n’a pas d’envie d’ y foutre pattes tant que l’image des souris (la population) dans la foret n’a pas complètement changée  et pour toujours. Autrement, tant qu’elles n’ ont pas juré en majorité absolue non seulement qu’elles veilleront à le respecter, accepter de lui faire et sans arrière- pensées les sacrifices nécessaires mais aussi le défendre contre toute éventuelle attaque, qu’elle soit de l’extérieur ou de l’intérieur. Ah, ce retour semble être extrêmement difficile. Mais, il faut que les  moyens soient mis en oeuvre pour qu’il  se réalise impérativement. C’est la seule application du droit, par nous tous sans exception, de la base au sommet, du plus petit au plus grand, d’assurera de façon réelle le développement durable du Pays.   

Dans votre ministère, comme partout dans tous les autres sans exception, il y’ a, à mon avis, deux sortes de souris (êtres humains) : Les Chefs : les souris, pseudonymes des chats. Elles sont opportunistes, antagonistes, heureuse, choyées, lisses et grasses. Les  subordonnés : les souris  suivistes, pessimistes,  porteuses de  tous les malheurs de
la Planète. Les premières  n’ont jamais  cessé à travers l’histoire de gaspiller les ressources de
la FORET alors que les dernières les applaudissent et dansent constamment, aveuglément et infatigablement.  En fait, le droit qui régit tout le monde n’existait pas. L’ETAT n’avait pas mis l’accent sur la nécessite de poursuivre le déroulement des événements. Ainsi, les subordonnés mettent profit à leur liberté. 

            Madame, Madame,
la Ministre ce qui fait défaut au Pays c’est la volonté politique proprement dite. Nous devons tous déployer des efforts pour que des grands progrès  se concrétisent en matière d’éducation, pour que cet imbroglio change de façon définitive et appréciable. On applaudit tous ensemble, on chante tous et on danse tous ensemble à la  même cadence. Celle situation,  seule  garantira à toutes les souris une éternelle cohabitation dans un état ou les ressources seront partagées avec équité, entre les différentes souris vivantes dans la foret. Et, éventuellement, chaque souris ne sera préoccupée que de la préservation de cet d’ ores et déjà acquis, de la façon de l’enraciner et de l’ancrer davantage pour servir  nos  futures générations.                               

En Mauritanie, tout le monde sait comment poser les problèmes mais ignore leur solution. Tout le monde ne semble être préoccupé que par l’activation des procédures et la mise en œuvre d’une politique réelle, pouvant améliorer la qualité de notre enseignement. A cette fin, tout le monde a inventé des soit disant reformes et organigrammes de ces dernières années. Mais, les résultats n’étaient 

pas satisfaisants ; parce que le diagnostic a été mal fait. Les reformes n’ont pas été profondément étudiées pour être axées sur les causes réelles et les propositions adéquates qu’il faut recommander. Tantôt, on dit que certaines souris,  sont incompétentes, fuyardes et reçoivent de maigres salaires, ne leur permettant pas de s’adonner complètement à l’action éducative proprement dite. Tantôt,  les grandes souris (les parents d’élèves) ne font rien de particulier pour suivre Les petites souris (leurs enfants), souvent résidente par imagination en Australie ou En Amérique. Tantôt,  la grande  famille de souris (les directeurs régionaux, les inspecteurs, professeurs, les chefs services…)  est hors du jeu pour des raisons différentes, plus préoccupée par les affaires obscures que par l’action  pédagogique. L’un ou l’autre, vous avez tout à fait raison. Mais, il faut aller au de là. Il faut justement dire que l’échec est entièrement  la responsabilité du CHAT (l’Etat), presque toujours inexistant aux yeux des souris, le regard n’a pas été  constamment fixé sur les activités des souris. En d’autres termes, C’est cette absence notoire qui a rendu le chemin restant à parcourir plus long et plus décisif, ce qui laisse entendre qu’aucune étape importante n’a été franchies en matière d’innovation pédagogique. 

Je me rappelle, Il y’a quelques années, les partenaires sociaux (parent d’élèves…)  étaient  plus ou moins satisfaits du rendement de l’enseignant. Les problèmes n’étaient pas à l’ordre du jour. Les enseignants ont toujours voué un amour exceptionnel à leurs métiers très  ingrats bien que Les salaires étaient  presque insignifiants par rapport à nos jours. Et pourtant les enseignants étaient plus motivés, très respectés, très sollicités  et même plus disponibles à se sacrifier quand il s’agit d’une question d’intérêt général. Cependant, ils ont toujours enseigné, même dans les régions les plus reculées du pays ou des conditions climatiques sont parfois très  hostiles, sans qu’il ait un retard remarquable pouvant bloquer ou handicaper le fonctionnement des établissements. Les enseignants désespérés ont toujours  manifesté leur désarroi mais n’empêche qu’ils étaient habitués à fréquenter régulièrement leurs lieux de travail respectifs et font convenablement les taches qui sont leur dévolues,  non pas par peur de sanction mais par patriotisme pour dire par devoir. Il convient de signaler que l’enseignement n’était du tout apprécié.  Mais, concrètement l’idée de  justice était en quelque sorte un peu présente presque partout. Ainsi, les établissements  étaient très bien hiérarchisés et structurés ; leurs prestations n’ont jamais été décriées à tel point. Dans telle situation, nous avons vu ici à Zouerate des établissements fonctionner quelques temps, sans  ces nouveaux directeurs cuisinés à la façon  de la transition ou celle des vaches maigres. En réalité, il y’ a beaucoup à reprocher à  cette catégorie de  directeur. Mais. Je pense que le redressement des directions régionales aura sans doute un impact appréciable sur les autres établissements relevant de leur compétence. Telle situation n’a pas pu être maintenue si longtemps. Les chats, responsables, eux-mêmes, l’ont voulu exprès. L’histoire nous en enseigne qu’ils ont souvent pris à leur gré des décisions injustifiées voire regrettables, à ne jamais oublier ou pardonner, malgré leurs effets néfastes sur l’éducation de nos enfants. A titre d’exemple, la création des DREN  a été salutaire au début mais vite critiquée. Leur création aussi bien que le choix de la majorité de leurs directeurs n’ ont pas été fait, par souci de faire du bien- être des  futures générations mais plaire à une souris de la tribu…ou une autre amie du chat (le Patron)  lui a demandé, pendant une veillée au clair de lune sous les belles étoiles d’une nuit d’hivernage, de lui promettre tel monsieur en service stérile ou en abandon de poste depuis sa sortie de l’école au titre d’un directeur, sans prendre en compte aucun critère d’orthodoxie. Ainsi, cette nouvelle institution, non souhaitée, peut être dans son état actuel, a complètement bouleversé la règle du jeu,  c’est-à-dire 

L’ordre déjà préétabli. 

Telle situation est le justificatif que les directions régionales n’ont pas pu être pour l’Education nationales mais  pour l’Education NULLE (DREN). Mais, si quelqu’un des mes camarades directeurs régionaux, auxquels j’ai beaucoup de respect, fait exception à la règle, n’empêche pas qu’il nous avertisse, des à présent. Nous nous excuserons auprès de lui par écrit, tout en publiant cette grande surprise. De là, on peut lui porter bonheur. Il pourrait être élu président des DREN ou même nommé ministre de l’ Education Nationale en 2030. 

Je ne suis pas très pessimiste quand  à la crise que traverse le système éducatif Mauritanien ; une fois les mentalités changent. Nous reconnaissons que les programmes initiés dans le cadre du PNDSE, relatifs à la décentralisation et la mise en place des comités de gestion dans les établissements de l’enseignement en général ; et pour lesquels les DREN ont été crées, sont d’ une extrême excellence. Et pourtant, leur application s’est avérée complètement impossible au fil des temps, même légèrement. Comme vous le savez, quand le chat est absent, les souris même les gamines chantent et dansent sans complexe.  Le suivi et le contrôle n’ont jamais foutu pattes dans  les directions régionales, malgré toutes les dispositions prises à cet effet. Ainsi, Ces  directions régionales, comme toutes les autres institutions de  l’Etat, ont apporté plus d’anarchie et du désordre que d’organisation, du fait de l’insouciance déplorable des responsables. Rares sont les souris qui croient encore au CHAT (L’ETAT) et qui s’acquittent de leur mission et font convenablement leurs boulots. Elles ont plus contribué au dysfonctionnement de l’administration qu’à l’éducation des enfants. 

Mais, on se demande justement comment et pourquoi ? La marche de ces DREN, comme toutes les autres institutions de  l’Etat s’avère exécrable. Les chats (les responsables) de ce Ministère ne se sont pas réellement imposés pour se rassurer de l’exécution des décisions, souvent vite oubliées. En d’autres termes, les  reformes et les programmes ont été totalement négligés. Partout, chacun est maître de soi même en faisant ce qui lui semble bon. Le principe de la sanction et de la récompense a été complètement négligé. Autrement, Tout le monde travaille sans l’élaboration d’  un plan d’action à priori, réalisable dans un délai bien déterminé de l’année scolaire. On ne commence l’année que pour finir l’année pour tuer le temps et faire des économies forcées, pas autre chose. 

Généralement, Les locaux des directions régionales sont plus souvent désertés sauf, de quelques rescapés, à moins que la viande trimestrielle (budget) arrive ou les exigences familiales poussent tout un chacun d’y être présent, même s’il fallait louer un avion, sinon il risque de ne pas avoir la part du lion. Cette viande a posé plus de problèmes qu’elle en a résolu.  Dans la plupart des cas, elle ne fait que couper l’appétit de certaines activités utiles en matière d’enseignement : l’harmonisation des compositions, le suivi de l’encadrement, la mise en forme de reformes, 

L’identification des besoins en formation,  et les programmes socio- éducatifs ne peuvent être  exécutés de crainte qu’ils diminuent les parts. Nous souhaitons qu’un bataillon de béret rouge soit détaché dans chaque DREN à la fin de chaque trimestre, si vous n’envisagez de congeler  cette viande. Particulièrement, le second trimestre ou la bouffe contient beaucoup de viande hachée. Le cas échéant, il y aura le pire un jour. 

Ce qui est regrettable c’est que les DREN, en principe des souverains  « out of date » en majorité,  ne relaient en rien l’ensemble des structures centrales du département.  Ils ne sont pas sous l’autorité du Secrétaire Général mais de leurs caprices et désirs. En tel état, ils ne peuvent, en aucun cas, produire dans le sens d’apporter une amélioration progressive de l’action pédagogique. Car, ils ignorent en majorité les rôles qui  leurs sont dévolus par le Ministère, par rapport à leurs subordonnés. Ici, dans les DREN  sont rares  les personnes qui  produisent pour justifier leurs existences aussi bien que les salaire qu’ils touchent à la fin du mois.  Les organigrammes sont flous. Ils n’ont pas été suffisamment expliqués à travers des séminaires ou autres pour qu’ils soient bien assimilés par les DREN, qui le plus souvent les interprètent mal pour se protéger davantage. En tout état de cause,  le directeur, les inspecteurs, les chefs services, les secrétaires, les plantons, les gardiens n’arrivent pas à s’en sortir ; aucun ne connaît les taches qui lui  sont spécifiées dans l’organigramme. Ainsi, le personnel devient des faix au lieu d’être un élément actif dans l’action éducative. Le manque de la volonté de la part du chat, la confusion des taches aussi bien que le manque de moyens ont rendu impossible la participation des chefs de services dans la modernisation de l’Enseignement. 

A cela il faut ajouter que le secrétariat est totalement handicapé faute de moyens matériels susceptibles de pouvoir assurer une large  diffusion de l’information afin qu’elle circule, à la satisfaction des services concernés. Les mémos, les notes de services et les circulaires provenant du Ministère sont le plus souvent oubliés sur la table du  caissier. Ou camouflés au fond de la poche derrière du chat, pour être lingé un jour sans servir à rien. Les bons paiements sont autre chose. Ils sont du domaine de l’intouchable sauf pour le grand chat ou la grande souris de la maison. Les  documents ne  sont pas archivés comme prévu, pour être consultés en cas de besoin : rare de trouver maintenant certains des mémos utiles ou les listes des admis au Bac, au concours, au brevet ou autres informations des années précédentes, même les plus récentes. Les courriers,  venant ou partant, arrivent  en retard dans la plupart des cas,  faute de moyens ou  d’insouciance.    

Est- il important de souligner que Les établissements, devenus des champs de famille, ne fonctionnent que sous forme de lobbys. Les affectations internes ou externes sont arbitraires et ne s’effectuent généralement que sur les influences tribales, politiques ou autres. Le corps enseignants n’est  suivi en aucune manière concrète. Les paresseux  sont le plus souvent favorisés par rapport aux assidus, pour des raisons subjectives. Les classes sont le plus souvent remplies d’effectif pléthorique, de quoi je ne sais pas, multigrades presque partout ailleurs. Et ne contiennent presque pas de tables sinon très fragiles ne répondant à aucun poids. Les petites souris sont généralement gardées par des messieurs très nécessiteux et complètement dépassés communément appelés enseignants, qui agissent dans les normes des choses indépendamment de leur hiérarchie. La couverture scolaire du Fondamental et du secondaire a été nulle. Ce qui engendre des multiples abandons, redoublements et exclusion des élèves avant ou en fin de leurs études.  Telle insouciance et telle injustice ont donné lieu à la démotivation et au découragement des enseignants. Ce qui a éloigné l’idée de toute innovation, la créativité, et l’émulation mais plutôt toute les formes  de paresse.      

Pire encore, Les inspections départementaux, comme les DREN, sont stériles. Des progrès significatifs n’ont pas pu être atteint car le plus souvent l’encadrement pédagogique de proximité n’est pas réellement inscrit dans l’ordre du jour. Ce qui laisse entendre qu’il n’y  a pas de fiches de suivi et des rapports d’inspection dûment complétés et archivés dans les services concernés Certains  inspecteurs, comme certains enseignants, ne sont jamais venus ou ne viennent  pas à leur poste de travail que pour des occasions spéciales. Et n’ont jamais été ni sanctionnés ni suspendus. Ainsi, le travail  accomplit est le plus souvent sujet à plusieurs critiques. 

Madame,
la Ministre, Ces institutions ont échoué parce que les décisions n’ont pas  été l’objet d’intérêt du CHAT (celui qui décide). A cet égard, Je dis que les problèmes ne sont ni exhaustifs ni définitifs. Mais, Seule une politique de surveillance absolue poussera les souris à appliquer vos décisions afin de garantir un enseignement modèle, comme étaient nos élections passées, a travers le monde. Je sais qu’on a beaucoup gueulé et que vous étés débordée de travail. Mais, n’empêche que vous  les concernés, faites une descente improvisée dans toutes les directions régionales de l’éducation nulle(DREN), avant que les hommes quittent les lieux de la merde. Ainsi qu’on soit démenti si nous racontons des choses fausses : « A beau mentir qui vient de loin. » Au revoir et prochainement, nous proposerons si tout va bien quelques solutions, en plus de l’application du Programmes du PNDSE. 




25062007

Dans une interview publiée par le quotidien « Horizons » du Lundi 11 Juin 2007, Mr Bouamatou, ancien Président de la Confédération Nationale du Patronat Mauritanien, interpelle le gouvernement sur les points chauds de l’heure. 

Cette interview m’interpelle à 3 niveaux : 

1-    Mr Bouamatou qui se félicite de la nomination « d’un haut cadre du secteur privé » au sein de l’équipe gouvernementale, qu’il considère comme un « symbole » -- semble ignorer que l’équipe gouvernementale comporte d’autre « hauts cadres » du secteur privé ; à commencer par son chef, Mr Zeïn Ould Zeïdane, qui a entamé sa carrière en tant que cadre à la GBM … sans parler des cadres en charge des portefeuilles de l’Economie ainsi que de l’Agriculture. 

2-    Mr Bouamatou appelle le gouvernement à profiter de la « situation exceptionnelle du Trésor pour alléger … « la pression fiscale des entreprises et de leurs employés. Venant d’un homme d’affaires et qui était le Patron des Patrons, cette préoccupation est parfaitement normale. Mais là où je ne suis plus d’accord, c’est quand Mr Bouamatou pense qu’ainsi le pays « pourra bénéficier de cette situation exceptionnelle » au moment où nos populations connaissent une situation tout aussi exceptionnelle de misère ! Compte tenu du peu de poids des entreprises et des salariés dans une économie largement dominée par le secteur informel, il me semble que le levier fiscal demeure largement marginal et que si réduction il devait y avoir, il devrait s’agir de celle plus directement sensible de la pauvreté. Mais les instruments d’une telle réduction ne font pas forcément bon ménage avec la vision ultra libérale qui semble inspirer Mr Bouamatou et que le bilan philanthropique évoqué ne réussit pas à faire oublier (et pour cause ! comment comparer les bienfaits de la Fondation face aux dégâts des cigarettes de BSA ?). 

3-    A lire l’interview de Mr Bouamatou, on ne peut s’empêcher de se demander où était Mr Bouamatou durant la dernière décennie « pendant que ceux qui ont durablement profité des avantages et des passe-droits de l’ancien système mettaient en œuvre ces « pratiques d’un passé » dont il semble craindre si fort le retour …? (un passé somme assez présent, malgré la sophistication de ses liftings et remake.) 

 

Et en attendant, pourquoi Mr Bouamatou, si sensible au problème, ô combien douloureux, de l’eau dans les quartiers les plus pauvres, ne partage-t-il pas avec eux cette eau qui alimente si bien son moulin … politique ? 

 

Maïmouna Mint SALECK 

Citoyenne Lambda 




Six mois de profil bas pour une réaction qui vole très bas

25062007

P ar Djigo  Aboubakry

 

  

« Hé ! Dieu se j’eusse estudié 

Ou temps de ma jeunesse folle 

Et a bonnes meurs dedié, 

J’eusse maison et couche molle. 

Mais quoi ? je fuyoie l’escolle, 

Comme fait le mauvais enfant….. » 

F. Villon, Le Testament

 

En page 2 de
La Tribune (N° 294 du 09/03/06), un professeur de français publie un article qui se veut un ‘droit de réponse’. L’auteur très peu au fait des règles a dû oublier de faire passer son ‘droit de réponse’ dans le journal même où est paru l’article auquel il réagit. C’est l’usage.
La Tribune n’ayant pas publié l’article en question, je me dois pour bien camper le débat, à défaut de le reproduire en entier d’en reprendre quelques extraits.

Dans mon article paru il y a six mois dans Echanges (N° 39 du 30 août 2005 ; page 6). j’ai écrit entre autres : « Le professeur n’est plus cet intellectuel qui dispense le savoir non seulement à ses élèves pour qui il représente un modèle, mais aussi à son entourage qui le consulte sur de nombreuses questions ; il n’est plus ce repère fondamental de la société, qui prend du recul par rapport aux problèmes sociaux du moment qu’il analyse avec pertinence». Et j’ai ajouté plus loin : « Ce qui n’est pas tolérable, c’est que le professeur devienne un individu lambda qui se confond avec la masse, et qui raisonne comme celle-ci. Ce nivellement par le bas est dangereux quand il touche ceux qui devaient constituer l’élite »….. C’est cela l’idée développée dans l’article en question. Ceci dit, je constate qu’aussi  paradoxal que cela puisse paraître, l’écriture n’est pas le violon d’Ingres de l’illustre professeur de français, généalogiste à ses heures perdues. Sinon il n’aurait pas attendu six mois avant de réagir. La lecture non plus n’est pas son fort. Sinon il ne se serait pas trompé sur l’objet de l’article auquel il répond.

Je voudrais qu’il comprenne que dans Echanges, il était moins question de dresser un ‘tableau sombre du système éducatif national’ que de fustiger l’attitude de professeurs qui dévalorisent leur métier. Il y a une nuance que tout bon professeur -- de français -- de surcroît devait être en mesure d’appréhender.

Si, par ailleurs le directeur de publication de Echanges a publié l’article une deuxième fois, cela n’engage que lui mais notre brillant professeur généalogiste, sans doute très occupé par son agenda mondain très chargé, est peu au fait des pratiques du journalisme. Il devait se demander pourquoi le directeur de publication a publié une deuxième fois l’article. Dans tous les cas, je constate que l’article ‘mal inspiré’ du ‘journaliste médiocre’ que je suis (selon les termes du brillant professeur) a (et de quelle manière !) fait mouche. Et qui se sent morveux….

Notre éminent professeur n’a « jamais subi de reproche dans l’exercice de (son) métier de professeur »… Rien d’étonnant de la part de quelqu’un qui reconnaît (je le cite) que ‘le panégyrique n’est qu’une facette permettant de consolider les liens familiaux et sociaux’. Je n’ose pas croire qu’il ignore le sens du mot panégyrique. Pour ce qui me concerne, je ne suis pas un adepte des louanges excessives, des compromis et/ou des compromissions. J’ose élever la voix et protester quand il le faut au lieu de courber l’échine devant qui que ce soit. Cela m’a valu bien des mutations arbitraires que j’assume la tête haute. Et je peux toujours mettre mes rapports d’inspection à la disposition du professeur irréprochable…

Je voudrais aussi dire au professeur irréprochable que c’est à dessein que j’ai parlé de troubadours. C’était un euphémisme (parole favorable en grec). L’univers des troubadours, des trouvères, des bardes et bateliers, des ménestrels et autres jongleurs ne m’est pas inconnu et le lyrisme chevaleresque ou bourgeois, les libelles, les fabliaux et autres pamphlets restent encore pour moi une nourriture spirituelle, un vade mecum.

 Je demanderai seulement au généalogiste et professeur de français de consulter plus souvent son dictionnaire – s’il en a un – pour s’imprégner du sens de termes comme acception ou néologisme même si par ailleurs, il ne les utilisera que rarement dans ses minables prestations  mondaines….

Pour en revenir à son ‘droit de réponse’ le seul argument qu’il donne est le suivant : « nulle loi n’interdit à un fonctionnaire de s’adonner à une activité parallèle tant que celle-ci n’affecte pas son devoir de fonctionnaire ». Non seulement (non solum) il devrait se procurer le statut général de la fonction publique mais encore (sed etiam) il doit s’efforcer de comprendre que c’est moins un problème de métier parallèle que d’activités incompatibles. Ma conviction est et demeure qu’il ne sied pas à un professeur en exercice de flatter le public pour de l’argent. N’est-ce pas Hampâté Bâ que notre brillant professeur connaît et cite qui rappelle qu’entre la main qui donne et celle qui reçoit, il y en a une qui reste toujours en bas ?

Pour le reste, j’avoue que c’est peut-être trop demander à un laudateur professionnel de prendre de l’altitude et d’être raffiné. Bon sang ne saurait mentir, je ne réponds pas aux insultes. Ma personne au demeurant n’est pas importante. Car pour moi il s’agit, non pas d’une querelle de personnes mais d’une querelle de principes.

Le généalogiste qui dit « faire de l’histoire » et qui prétend me connaître doit savoir que si je devais avoir un sentiment  quelconque à son égard, ce serait au mieux de la compassion, au pire du mépris souverain, au propre comme au figuré. Parce qu’il sait que je ne souffre d’aucun complexe et d’aucune frustration relative au sens sociologique du terme. Je suis de ceux qui pensent que la condition sociale est plus un état d’esprit qu’un héritage  et je partage également l’opinion de Hugo pour qui la vraie division du monde s’effectue entre les ténébreux et les lumineux. Mais si par une sorte d’atavisme les roturiers se complaisent à rester rustres, ce n’est pas de la faute de
la République qui a ouvert ses écoles à tous ses fils.

Sall Tabane 

PS : Cette signature est plus qu’un pseudonyme ; c’est un surnom officiel qui figure dans mes papiers. C’est bon à savoir pour un généalogiste…        

 

 

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Corruption: Un ex-ministre mauritanien saisit la Justice australienne

25062007

De source sûre Zeydane Ould Hmeyda a saisi les autorités australiennes pour que les investigations aillent jusqu’au bout et que la vérité éclate en ce qui concerne l’accusation de corruption avec Woodside du temps où il était ministre du pétrole.

Ses avocats ont effectivement déposé cette requête compte tenu du fait que l’affaire a été étouffée en Mauritanie par l’amnistie.

A suivre

Source : La Tribune




Coup de plume

25062007

….sur l’Education 

“En 1811 il une guerre contre les insecte vivant les poissons sont morts avec les anes et les moustique et les mordre et les serpents les chervers, des les atrouss mange les papiyer et boit l’eau salé” 

 

Truffé de fautes! Confus! Manque de logique! N’est-ce pas? Ceci est un extrait d’une copie de candidat – ou de candidate -- au bac dans une de ses matières de base. Le sujet portait sur la guerre froide. Et notre fameux candidat est parvenu à trouver pareille conclusion. Il fallait le faire !

Un candidat officiel ? Comment a-t-il pu arriver en terminale ? 

Un candidat libre ? Ou peut-être un produit de la “Mahwil Oummiya”, la grande école de lutte contre l’analphabétisme qui, dans ce cas, aurait fait des prouesses herculéennes en un temps record : moins d’un an… Tout le monde sait lire et écrire. Ecrire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment…

Que ferait notre candidat avec le bac AB ?

Le concours d’officier de police, de gendarmerie, de garde ou de l’armée ? Il serait bien parti, si d’aventure il était reçu, pour devenir un chef nullard. Qui ne servira qu’à faire peur aux gens et à fatiguer les innocents.

Le concours pour l’enseignement peut-être ? Alors parents d’élèves, renoncez à envoyer vos enfants dans les classes. Ils y trouveront des extra-terrestres qui leur apprendront, non pas « à lier le bois au bois », mais des choses tellement confuses que vous ne saurez plus où donner de la tête ; surtout que les jeunes sont déjà tellement (dé)connectés qu’il n’y a plus rien à faire pour se comprendre avec eux.

Peut-être notre ami de 1811 souhaite-t-il simplement poursuivre ses études. Et s’il a la chance de réussir- le bac étant souvent plus une question de chance que de niveau-, il va peut-être continuer à recourir aux mêmes histoires pour s’en sortir. Qui sait ?

 

Kissima

kissimousman@yahoo.fr 

La Tribune 265




Cinéma

25062007

 

  

Pierre Yves Vandeweekd à La Tribune : A l’époque d’Ould Taya c’était impossible de faire ce film. Néanmoins, alors qu’Ould Taya était toujours au pouvoir, Fara Ba et ses compagnons ont décidé qu’on allait quand même faire ce film et on a commencé à tourner 

 

 

Le cercle des noyés sera bientôt projeté en Mauritanie. Son réalisateur Pierre-Yves Vandeweekd nous parle des circonstances dans lesquelles ce témoignage sur une partie de l’histoire récente du pays a été immortalisé. 

 

 

 

Votre film traite d’une question restée longtemps taboue en Mauritanie. A savoir le passif humanitaire. Comment se fait-il que vous n’ayez rencontré aucune difficulté majeure durant le processus de réalisation ? 

 

Qui vous dit que je n’ai rencontré aucune difficulté ? C’est un film qui s’est fait sur le temps. Moi j’ai rencontré Fara Ba et ses compagnons qui ont vécu le bagne à Oualata il y a dix ans. Et pendant dix ans j’ai fait bien entendu d’autres films en Mauritanie. On a conservé le contact. On a gardé cette relation pendant près de huit années. Et on s’est vu régulièrement, chez eux, chez lui. il a témoigné. J’ai enregistré sur ce qu’il a vécu dans le bagne d’Oualata. A l’époque d’Ould Taya c’était impossible de faire ce film. Néanmoins, alors qu’Ould Taya était toujours au pouvoir, Fara Ba et ses compagnons ont décidé qu’on allait quand même faire ce film et on a commencé à tourner. J’ai proposé à Fara Bâ d’écrire le texte de la narration parce que c’est son histoire. C’était important puisque c’est à lui seul de décider ce qui allait rester dans le cadre d’un film de son histoire. Il a écrit le texte qui est enregistré de manière clandestine ici à Nouakchott. Le premier tournage a commencé sous l’époque d’Ould Taya et c’était impossible et suicidaire de dire publiquement que l’on faisait ce film-là. On est néanmoins parti vers Oualata et c’est un des rares moments dans l’histoire de ce fort où il n’était pas habité par des militaires ou qu’il n’était pas une prison. Il était simplement gardé par quelques méharistes. On nous a laissés entrer dans le fort et n a filmé. On est resté longtemps. On n’a pas filmé pendant deux heures. Et à partir de là on a continué à filmer d’autres choses par rapport à ce sujet. Puis, il y a eu le coup d’état. Il y a eu l’époque de la transition et durant la transition on a été beaucoup plus ouvert parce qu’il y’avait un vent de liberté qui soufflait. On a pu dire à toute une série de gens qu’on travaillait sur ce film. Personne ne nous a ennuyés. On n’a même pas eu besoin d’avoir quelqu’un qui nous accompagnait du ministère pour finir ce film. Voilà je crois qu’un moment, une fois que Ould Taya est tombé, on a eu beaucoup plus de facilités pour achever ce film. 

 

Etes-vous sûrs que la projection de ce film en Mauritanie ne créera pas de problèmes sociaux? 

 

Tous ceux qui ont vu ce film ont commencé à être nombreux. Je pense qu’ils sont convaincus que c’est davantage un film des réconciliations et de dialogue qu’un film qui attiserait des rancunes, des rancœurs ou une quelconque violence.  Vous savez, moi je crois qu’aujourd’hui de toute façon, les gens ont envie de voir le film.  On n’est plus à l’époque d’Ould Taya. Je crois qu’aujourd’hui les gens ont plus envie de penser et de s’exprimer librement. Ce film existe comme d’autres vont exister. Et comme vous, tout un chacun aura envie de le voir. Pourquoi ? Parce que c’est un film qui porte sur une partie de votre histoire. Cette histoire s’est passée il y a vingt ans. Elle a existé. Vous ne pouvez pas la nier. Aujourd’hui, celui qui a mis le bagne d’Oualata, c’est Ould Taya, il est tombé. Donc cet épisode d’Oualata fait partie de votre histoire. C’est important que tous ceux qui ne connaissent pas cette histoire la connaissent et que ceux qui la connaissaient se disent c’était terrible et plus jamais ! 

Et si Ould Taya est tombé, j’espère que c’est pour entre autres que des choses comme ça n’arrivent plus. 

C’est toute cette question de la relation entre les communautés noires et blanches ou négro africaines et arabo berbères. Les gens ont envie d’aller dans une dynamique de l’ordre, de la rencontre, de la réconciliation….Il n’y a personne qui a envie d’entreprendre des actes de violences. Et je pense que le cinéma ou un film comme celui-là a peut-être cette capacité, ce pouvoir d’amener les gens à discuter, réfléchir ensemble librement, calmement et de manière constructive. 

 

Avez-vous reçu des menaces après avoir tourné ce film sur la Mauritanie ? 

Aucune.   

 

Le cinéma a-t-il un avenir en Mauritanie ? 

 

Incontestablement ! Quand on voit un festival comme celui-ci, c’est quelque chose de nouveau qui se produit depuis la fermeture des salles de cinéma en Mauritanie.  Les gens ne se déplaçaient plus, ne sortaient plus de chez eux pour aller voir des films dans des lieux publics. Ici on se rend compte que tous les soirs ; ce sont plusieurs centaines de gens qui se retrouvent pour regarder des films ; mais pour débattre, pour discuter ; et c’est magnifique et c’est cela aussi le rôle du cinéma, il faut créer du débat sur la place publique. Et ce de manière constructive. 

 

Un dernier mot.   

Je me réjouis qu’ensemble nous voyions ce film et que l’on puisse en discuter tous en connaissance de cause. En ayant vu le film et non plus sur base de rumeurs. 

 

Propos recueillis par Mamadou Sy

Source La Tribune N°355




Chronique de Mansour :CHAPITRE 2

25062007

RECONSTRUCTIONS  

 1  

Il suffit de parcourir le moindre forum internet en français, touchant de près ou de loin au monde musulman, pour mesurer l’ampleur des intoxications intellectuelles vécues en Occident. L’immense majorité des gens y pensent à partir de données faussées ; soit par rétention, soit par démesure, voire falsification des informations. L’entreprise n’est peut-être pas, ou plus, véritablement pensée : elle est le fruit d’une accumulation pluriséculaire de distorsions et fonctionne, presque entièrement, sur la force d’inertie ainsi emmagasinée. 

La désinformation commence, probablement, à l’époque des croisades, et fluctue en fonction des époques. Le « péril » ottoman en constitue un second pic, la colonisation européenne  du 19ème siècle,  un troisième ; enfin, et nous y sommes, « le fondamentalisme » musulman, coïncidant, en France, avec le développement d’une problématique d’immigration post-coloniale. Chaque époque « surfe » sur une vague différente, grosse de conditions politico-économiques spécifiques, et produit de nouvelles perturbations de sens. Comment interférer positivement dans ce chaos ? 

En première ligne évidemment, l’action quotidienne, la plus difficile, qui puise sa force dans la qualité de nos comportements, chaque fois que nous sommes en contact, direct ou indirect, avec des non-musulmans. Elle exige de nous un djihad permanent – le grand djihad – visant à élever la pureté de nos intentions et la limpidité de nos actes. On s’y exhorte les uns les autres, on s’y attelle diversement, avec plus ou moins de ténacité et de réussite. Rien n’est jamais gagné en ce combat, et, en cette occurrence, qui nous situe en pleine « compétition dans les bonnes œuvres [1] », non seulement avec n’importe quel autre croyant des gens du Livre, mais aussi avec quiconque de « bonne volonté », sommes-nous, musulmans, toujours à la pointe de l’excellence ? J’avoue, pour ma part, m’en approcher rarement… De l’effort, Mansour, du courage, et, sur le métier, remets-toi cent fois à l’ouvrage  !  

Au delà ; ou plutôt : en dedans ; de ce volontarisme variablement efficace, j’ai choisi d’œuvrer au rétablissement d’équilibres culturels. A commencer dans le domaine de l’histoire, lacérée par ces siècles, surtout les deux derniers, d’acharnements partiaux. Prenons le moindre ouvrage occidental sur les civilisations mondiales : la part consacrée à l’islam est ce point ténue qu’on a peine à seulement imaginer comment cette culture a pu irriguer, pendant près d’un millénaire, toute l’Eurasie occidentale et une partie de l’orientale.  Dans les universités françaises, l’enseignement de l’histoire européenne consacre moins d’un centième, parfois moins d’un millième, de son programme aux espaces si longuement islamisés, hispaniques ou balkaniques, sans compter les innombrables connexions entre les cultures chrétienne et musulmane, de Palerme à Kazan, en passant par Gênes, Damas ou Venise, voire Riga ou Amsterdam… Sortis des poncifs sur les « cavaliers d’Allah », les « fourberies » arabes et autres « voluptés » des harems orientaux, bien peu d’occidentaux, y compris chez les intellectuels et les politiques, ont une vue saine, même sommaire, du socle social, économique et philosophique des espaces islamiques.  

Cet effort de réhabilitation est d’autant plus nécessaire qu’un grand nombre d’intellectuels musulmans ont puisé, et puisent encore, à cette source trouble, bien des éléments d’analyse de leur propre passé, à l’exception, notable, des tout premiers siècles de l’islam. Les ouvrages modernes d’histoire écrits par des musulmans sont rares, et, souvent, le public non spécialiste ; parfois même : spécialiste ;  doit se rabattre sur  les « encyclopédies » occidentales, dont nous venons de souligner, à l’instant, le piètre équilibre. Il s’en suit de redoutables altérations de sens, situant, par exemple, les entreprises réformistes, en pays d’islam, en vassales obligées d’un système occidental, démesurément exalté, ou, à l’inverse, en résurrection d’un tempérament guerrier, inconsidérément fanatisé. Or, l’islam n’a cessé de développer un projet social équilibré, en dépit de toutes les vicissitudes de l’histoire. Où  trouve-t-on critique lucide de celui-ci, attentive à la dynamique des chocs, des médecines, des guérisons et des séquelles, générées par  les siècles ? La fidélité consiste ici à bien se souvenir, à reconstruire une mémoire décomplexée, sûre de sa mission.                

2 

Car nous avons une mission. Si l’islam est la dernière religion des temps prophétiques, celle qui convient exactement à ceux-ci, alors, nous avons l’impératif devoir d’en témoigner la vérité à la face du monde. En cet horizon, il ne suffit pas d’énoncer la proposition : telle quelle, elle est inintelligible à l’immense majorité des non-musulmans. Encore faut-il, sinon le démontrer, du moins en suggérer les pistes les plus raisonnables d’investigations. En humaniste, tout simplement, examinant des valeurs d’humanité. Et à cet égard, nous devons  comprendre les processus économico-politiques qui ont amené le recul de l’hégémonie musulmane, manifeste à partir du 18ème siècle de l’ère chrétienne.   

La démarche nous amène à considérer sous un même angle, également mais pas exclusivement, la période précédente. Comment l’Occident s’est-il construit, avec et contre la civilisation musulmane ? C’est ici envisager une réalité commune, complexe, vivante, irriguée de liens variablement clairs, variablement visibles, de contradictions évidentes et de fusions non-dites… Elle implique une attention accrue à ce qui nous appartient, musulmans, en propre. La quête de sens n’est sensée qu’en fidélité approfondie à ce qui la justifie. 

On en vient alors à se poser la question de la nécessité de l’évolution historique. « Al hamdoulillahi [2] ! », répétons-nous face au moindre événement, fût-il apparemment désastreux. Le Plan Divin nous environne et nous habite, sans laisser un seul instant, ni un seul lieu, hors de son empreinte. Si donc Dieu a donné, un temps,  le pouvoir sur le monde à des non-musulmans, c’est qu’il s’y devait manifester « quelque chose » dont les musulmans  ne devaient pas assumer la maîtrise d’œuvre. Mais c’est quoi ce « quelque chose » ?

On ne peut pas négliger cette redoutable question. Prétendre « rattraper le retard » ou réinstaurer « l’ordre islamique » sans réflexion approfondie sur la nature de « l’avance », ou du « désordre »,  formulés dans la parenthèse occidentale, nous expose aux plus dangereux glissements de sens.  En tous les cas, il existe des positions intermédiaires, des perspectives d’attente, des « stations », aurait dit, sans doute, l’émir Abd El Kader, qui nous permettent d’affiner nos diagnostics, avant d’avancer les moindres thérapies. Le mot est lancé : il s’agit bien de médecine.  

La proposition est-elle, cependant, à sens unique ? Bien des occidentaux sont à même de reconnaître que leur société ne va pas bien, qu’elle s’est construite sur certaine exagération dont il n’est pas simple de discerner précisément les contours, surtout lorsqu’on en est partie prenante, imbibé dès la plus tendre enfance. Mais faut-il se hâter d’en conclure à la noirceur intégrale du tableau ? Le génie particulier de chaque peuple est, à priori, une plante médicinale pour son voisin. On entrevoit alors une toute autre dynamique que celle du « choc des civilisations ».   Soudain, la splendeur du verset coranique, mille fois cité, toujours signifiant, jamais fini, illumine la recherche : « [...] Nous avons fait de vous des nations et des tribus, afin que vous vous tiriez mutuellement connaissance. [...] » 49 – 13.  

Con-naître : naître avec. Il n’est pas certain que l’étymologie latine traduise, exactement, le verbe arabe ici en cause. Elle évoque cependant une volonté de communion, un souci de l’Autre, un effort de distinction, partout sous-tendus dans la vision coranique. Laissons, provisoirement, de côté, les versets guerriers qui semblent infirmer cette thèse : nous en reparlerons en d’autres temps, mieux éclairés par le développement du discours, et retenons la profondeur du message : ni confusion, ni exclusion, la connaissance construit la limpidité d’un miroir.  A vous votre religion, à nous la notre. Vous adorez ce que nous n’adorons pas, nous adorons ce que vous n’adorez pas. Et par cela, nous tirons mutuelle connaissance. Si tu prends la peine de me regarder, un instant seulement, si j’ai le courage de te voir, comme tu es, et non pas, comme je voudrais que tu sois ; que voyons-nous, dis-moi, l’un de l’autre ? Un soir de grande solitude, j’ai écrit sur le mur de la ville : la lumière est au fond de l’œil. Mais lequel ? Le tien ? Le mien ? Je n’ai, mon frère, qu’une seule certitude, à ce sujet : La ilaha illallah [3] ! 

3 

Point de dieu si ce n’est Dieu, je crois en Un Seul Dieu : la négation musulmane et l’affirmation chrétienne formulent une même essence que la variété des langues, la force des conventions, le goût des œillères et les intérêts partisans se sont chargés – se chargent continuellement – de fragmenter. L’illusion du pouvoir est si forte quand tout est divisé ! Mais, en dépit des innombrables maux générés par ces cruels morcellements, la foi poursuit, dans le silence des recueillements intimes, son œuvre d’agrégation cosmique.  C’est bien lorsqu’ils se taisent que  les amoureux du monde entier se rencontrent. A l’heure de l’eucharistie, le chrétien fervent pose, en esprit et, ordinairement, à son insu, le front contre le sol, et s’il pouvait voir, à cet instant, par le dedans des choses, il serait ébahi de la compagnie qui le soutient… 

Des divers sens éveillés par le verbe « alaha », « adorer »  scintille comme un phare. Il signifie qu’en réalité, le moindre acte d’adoration, même le plus éloigné de sa racine divine, revient toujours au Maître des mondes. Les routes sont seulement plus ou moins directes, plus ou moins gratifiantes pour l’adorateur. Qui fait sa divinité de l’argent, du plaisir, du sport ou de la gloire – la liste des idoles disponibles s’étire indéfiniment – en subit, par la force des choses, les contraintes spécifiques, mais la parcelle d’intention pure – l’élan adorant – même enfouie sous une épaisseur monumentale de ténèbres empilées, se fraie invariablement un chemin vers Sa Source. Si, probablement, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », « innalillahi oua innalillahi raji’oune [4] » : assurément, tout vient de Dieu et tout y retourne.  

C’est donc bien que le substantif  « Allahou » témoigne d’Une Réalité autrement plus universelle qu’un « simple » nom propre. Pour en rendre compte un tant soit peu, il aura fallu fournir, le lecteur s’en est aperçu, un effort de traduction, une coupe transversale, forcément brutale, entre deux réservoirs de sens. « Traduction, trahison » énonce le proverbe italien et l’adage signale toute l’ambiguïté de ce regard autre, dont nous essayons, depuis quelques semaines maintenant, de cerner le potentiel. Dans l’inconfort de cette situation, le converti hésite. Plonger corps et âme dans le nouvel idiome de sa foi, au risque de s’y acculturer, c’est à dire de rompre la continuité de son éducation première ? Ou, au contraire, s’en tenir à distance, en grand danger d’approximations syncrétiques, c’est à dire d’affadir ; peut-être, plus gravement : corrompre ; le goût de ses nouvelles relations ?      

             Je tiens en sainte horreur les excès fanatiques. Ils m’apparaissent, tout à la fois, enfants et pères de ces fractures dont je constatais, plus haut, les douloureux effets sur notre humanité commune. Mais la grande soupe, soi-disant humaniste, où tout serait dans tout et réciproquement, ajoutant à une pincée de christianisme, une cuillérée d’islam, un soupçon de bouddhisme et trois fois rien d’animisme, beurk ! Le tout noyé dans l’eau de vaisselle d’une démocratie écrasée sous le rouleau d’un mercantilisme univoque : à vomir, toute affaire cessante [5] ! Plus rien n’y peut être intelligible, si ce n’est la platitude d’un Waterloo spirituel, colmatant toutes les voies de réalisation patiemment entretenues par des générations de fidèles. Ce sont ceux-là, et eux seuls, en vérité, qui peuvent soigner les fanatismes ; certes pas, les extracteurs de « l’axe du mal » et autres laïcistes réactifs, au moins aussi obtus que ceux qu’ils croient combattre. 

« Doucement », me susurre Abdel Kader, l’émir aux mille stations, « écoute ton horloge intérieure : elle rythme, incessamment, ton attention au monde. La tardiveté de ton islam t’invite à un double approfondissement : en aval, vers ta culture française, tant chrétienne que laïque ; en amont, vers ta nouvelle culture, assurément arabo-musulmane. Fort de cette directive, adapte ton effort au vent des circonstances, ne néglige aucune piste, note les moindres nuances. Peu à peu, pas à pas, conscient, en permanence, de l’intermédiaire de tes positions, de l’inachevé de tes études, il t’apparaîtra, bientôt, que cette dualité n’en est pas une : tout ton passé fleurit en islam. Celui-ci extrait de celui-là la quintessence, t’invitant à ne jamais te satisfaire d’un conflit. Entends-tu l’excellence de la médecine ? » Salamou aleykoum, paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, oua rahmatoullahi, ikhouanil mouslimine. 

                4 

             

Parmi les nombreuses interrogations qui assaillent l’apprenti musulman, l’apparente prééminence de la foi sur les œuvres ne cesse de turlupiner l’esprit. L’ancien catholique se sentirait, presque, devenu protestant. Mais on devine, rapidement, que ce dont il est question dépasse le discours paulinien [6]. C’est tout le rapport à la faute, à l’erreur, au péché qui diffère. Celui-ci apparaît moins, maintenant, comme le fruit d’une tache indélébile,  que comme une condition naturelle, vivante, existentielle : l’erreur est humaine, tout simplement. Et dans la hiérarchie des pécheurs, les plus persévérants dans l’adoration divine apparaissent les moins égarés du vrai. 

A ses compagnons qui s’inquiétaient de leur inconstance sitôt éloignés du prophète – P.S.L. –  celui-ci répondit : « Demeureriez-vous en permanence tels qu’en ma présence, les anges vous accompagneraient jusqu’en vos maisons. Et si vous ne péchiez plus, Dieu susciterait de nouvelles créatures pécheresses afin d’exercer Sa Miséricorde [7] ». Ce hadith témoigne de la singulière relation, en islam, entre Dieu et les hommes. En nous dotant d’une conscience, l’Illimité nous donne de Sa propre Saveur, proportionné à de justes limites : on ressent, en conséquence, plus souvent l’étroitesse de celles-ci que leur justesse, jusqu’à ce que, de transgression en contrition, nous goûtions, enfin et  grâce à Dieu, la pleine mesure de ce don.

Adam – P.S.L. – tombe, souffre et appelle au secours : aussitôt, Dieu le soigne. Point de péché originel, initiant une tare héréditaire, contraignant Dieu à tout un processus historique, impliquant incarnation de l’Innocence Immaculée et son sacrifice sanglant, indispensable, au rachat d’une Humanité condamnée : la Miséricorde Divine, en islam, est Totale, Incessante, sublimement Libre. Non coupable, l’Homme naît limité par des conditions existentielles qui tendent à le retrancher de sa plénitude originelle. Et l’en retrancherait, assurément, s’il n’avait une mémoire, une trace, indélébile elle, du sens de l’Un, bien antérieure aux constructions de son ego.

Se souvenir. Mais comment ? « Ma » mémoire ne peut, bien évidemment, y suffire : elle est trop mienne, trop distincte, trop partagée. « Connaître l’islam avec ta tête, tu en as pour très longtemps, et, peut-être, n’y arriveras-tu jamais ». La phrase d’El Haj résonne, en écho, au constat que chacun peut, mille fois, éprouver au cours de sa vie : les nécessités de la survie m’ont construit une individualité réduite et réductrice, incapable d’appréhender sa propre source, dépendante,  normalement à son insu, des mondes qui l’englobent, comme des poupées gigognes, dans une indéfinité de plans d’existence, tous cependant, et variablement, soumis au Même Principe, Unique, Impénétrable… Prodigieuse fécondité que cette variabilité : les individualités ne sont, ni identiques, ni immuables. Douées de qualités diverses, elles s’affinent ou s’épaississent, selon leur choix et leur degré d’attachement à ce qu’elles, et ce qui les, distingue(nt).

« La ikraha fiddine » : pas de contrainte en religion, affirme le Saint Coran [8]. Les quarante jours de Jésus – P.B.L. –  au désert, les longues retraites de Mohammed – P.B.L. – dans la grotte de Kharou Dhouri, dépouillent leur individualité, lassée du monde, de tout autre souci que l’adoration de La Source. En s’y oubliant, en oubliant l’apparence de leurs limites, ils en découvrent soudain le sens. Ils peuvent, enfin, entendre Le Message. Leurs qualités spécifiques s’épanouissent, instantanément, dans la claire vision de leur utilité. La lassitude de l’indétermination est balayée d’un coup, laissant le champ entièrement libre à la détermination d’une œuvre impérieuse. Le faux est, intimement, distingué du vrai, chaque chose, chaque événement perçu, exactement, à sa place. Dirigée exclusivement vers sa destination finale, au delà de toute forme intermédiaire, la foi peut accomplir, enfin, toutes ses formes, c’est à dire, en français courant : toutes ses œuvres. 

5 

On n’est pourtant, jamais tout-à-fait, maître de soi. Accumulerais-je des jours et des jours d’oraisons harassantes que ma stupidité n’en resterait pas moins bornée ; par excès, déjà : tout, en islam, appelle à la mesure, l’épuisement guette le forcené ; sinon l’abrutissement ; pire : l’orgueil. Par ignorance, ensuite : que puis-je connaître, par moi-même, de mon destin, de mes limites exactes ? A se prendre pour un bœuf, la grenouille s’expose à d’excessives dilatations… Le chemin tracé par les prophètes ne cesse, à cet égard, d’être simple et uni : « tout vient de Dieu, tout y retourne », et leur éveil témoigne, invariablement, de la plus humble soumission, du plus total abandon à cette vérité. Les plus grands guides ne sont jamais, eux, maîtres d’eux-mêmes et c’est en cela qu’ils demeurent, paradoxe suprême, si posément maîtres d’eux… Leur toujours juste appréciation des limites, la constante concordance de leurs actes avec les situations et les temps, leur égalité d’humeur, même, révèlent une dimension extra-ordinaire, une référence surhumaine, disons le mot : métaphysique.

Nous pressentons un parfum, nous en cherchons les effluves. Mais tant que le « doigt de Dieu » reste posé sur l’ouverture du flacon, l’impression demeure fugitive, diluée, approximative. Où se tient le flacon ? Au dedans ? Au dehors ? Mais c’est quoi, le dedans, le dehors ? Les grandes discussions philosophiques sur l’immanence et la transcendance ressemblent fort au discours de Narcisse, penché sur son image… Un souffle passe, est-ce l’image qui se trouble ? Ou Narcisse qui soupire ? Et dire que des gens se disputent sur la question… On apprend donc, en islam, à se poser moins d’énigmes, et à s’occuper, plus souvent, le plus souvent possible, de ce qui se passe, ici et maintenant. On ne peut situer, encore, la source du parfum ? C’est, tout simplement, qu’on n’y était pas prêt ; ou, peut-être, que c’était un faux-problème… On se contentera donc de prier, de s’affiner au contact de plus parfumés que soi, d’égrener les jours après les jours, au rythme minimal des cinq offices, parfois un peu plus, dans la certitude que l’eau, même goutte à goutte, perce, par sa soumission obstinée à la loi de la pesanteur, les roches les plus dures, et revient, toujours, un jour ou l’autre, à son puits. 

La simplicité d’un tel programme m’unit profondément à mon passé et, lorsque je rencontre un chrétien de cœur – il en reste de bien beaux – j’estime la lumière de son regard et la qualité de son effort, bien mieux aujourd’hui qu’il y a quinze ans. Cette bonification m’emplit de bonheur. Distinguant, de plus en plus clairement, ce qui distingue l’islam du christianisme, je ressens d’autant plus ce qui me joint aux chrétiens ; aux juifs, à tous les croyants du monde : ce qui fait de nous des hommes de foi, même séparés en communautés. Dans l’évolution de ces rencontres, j’aurais plutôt tendance à moins parler, à moins argumenter ma position, un peu comme un « iceberg inverse » qui, s’appesantissant sur sa base, disparaîtrait insensiblement de la surface des choses. Or, voici qu’on me pousse, au contraire, à prendre la parole, à expliciter le mouvement de ma métamorphose. Non pas seulement mes frères et sœurs en islam : leur incitation se comprend aisément ; mais, plus étrangement, mes amis chrétiens, hier vite lassés du discours prosélyte, aujourd’hui friands de ce « silence en creux », de ce vécu de l’écriture, fidèle à l’écriture du vécu. 

« Ceux-là ne sont ni des prêtres, ni des moines, mais certes, ils ne s’enflent pas d’orgueil [9] ».  Tout est là. Les mêmes maux guettent tous les croyants de toutes les religions. « Ceux qui ne savent rien [10] » brandissent, partout, les plus beaux étendards pour justifier leurs exécrations : c’est ce qui les rend exécrables. Et quoi ? Devrais-je à mon tour exécrer ? Certes, je ne sais rien, moi non plus : je pressens un parfum sans pouvoir en situer le flacon, alors, vous pensez, quelle science que ma science ! Mais ce à quoi m’oblige cette lucidité est un effort, pas une exclusion. En serions-nous tous convaincus que bien des poings s’ouvriraient, révélant, au dedans, notre commune limite, si simple, mon Dieu, si unie, si toujours identique à elle-même…

6 

Non pas que l’amour béat ou l’onctuosité sirupeuse puissent jamais former une communauté spirituelle : l’un et l’autre, frottés au quotidien, sont condamnés à errer, faute de lucidité, entre niaiserie et hypocrisie, dégoûtant les âmes les plus enclines à partager leur foi, à en reconnaître, dans l’action commune, le caractère transcendant. Une communauté se distingue par quelque tranchant, par quelque colonne vertébrale, assurant l’horizon et la verticale de sa source. Les gommer, fût-ce au nom du plus noble œcuménisme, c’est, à coup sûr, flouer le lieu même du rassemblement. Sans plus de vrais repères, aisément lisibles dans la mouvance accélérée du monde, chacun, dans son coin, se met, alors, en quête de sa propre origine, au « p’tit bonheur la chance ». Telle est, grosso modo, l’histoire du christianisme occidental, au cours du siècle dernier. Délestée de son pouvoir temporel ; peut-être donc : de sa raison d’être ; l’église Catholique s’est, lentement, soumise au dogme de la liberté individuelle, puis à celui du caractère anthropologique de la religion. Dieu fait homme, homme fait Dieu : la frontière s’efface insidieusement, propice à tous les égarements… 

Je crois parler en connaissance de cause. Avec la question de l’authenticité de l’église, s’est posée, simultanément, celle de la mienne propre. Esprit, corps et âme, c’était quoi, tout ce mic-mac, prétendant m’éclairer sur la conscience séparée que j’étais censé conduire, pâtissant de sensations et d’élans,  modelée par quel douteux univers ? Nanti, pour tout viatique, d’un code-barre personnel [11], identifiant mon pouvoir de consommation, mon numéro de sécurité – mon Dieu, quel abîme ! –  plongé dans un monde bétonné, sans lever de soleil, sans odeur, anonyme, tout clinquant d’artifices variablement grandioses – Sainte Coupe du Monde [12], priez pour nous ! – que devais-je donc réaliser ? Que signifiaient, sous la loi d’une telle haine de la Nature, ces longues années d’éducation classique et chrétienne ? Y avait-il seulement,  à proximité de ces interrogations vitales, un seul exemple d’humanité accomplie, sereine, efficace ?  Le naufrage du christianisme tient, probablement, à cette rareté d’équilibre, cette incapacité à produire des esprits sains dans des corps sains, entiers et actuels ; sinon : au compte-gouttes, presqu’exceptionnellement… 

Il est cinq heures, Nouakchott s’éveille, au son des appels à la prière de l’aube. Je souffrirais, incha Allahou, encore aujourd’hui, des mêmes plaies qu’hier, sous d’autres cieux : mais infiniment moins. Non seulement l’état de nature demeure, à chaque coin de rue, presqu’à chaque instant, palpable, vivant, transmissible, mais encore, la religion qui l’encadre, le reconnaît, l’estime, ne cesse d’en élever le sens, au dedans de soi et dans la rencontre, banale, avec l’autre. Inextricablement, un peu comme on respire. La communauté est là, agissante, solidaire ; certes, aujourd’hui, enflammée de désirs multiples, exaspérés par l’invasion, quasi acridienne, de myriades de marchandises, de ces jouets scintillants qui s’insèrent, comme des coins de bûcheron, entre les individus, mais communauté bien réelle encore : en dépit de la chaleur, de la poussière, de la saleté et du bruit, de l’obsession généralisée du profit, les occasions de se réjouir de la vie sociale supèrent, quotidiennement en Mauritanie,  à celles de s’en plaindre. La solitude n’est, ici, jamais qu’un moment de l’histoire ; à la rigueur, un choix temporaire ; en aucun cas, une normalité d’existence. On n’a pas, non plus, à chercher loin les saints hommes : ils vivent parmi le peuple, banalement. 

Saints hommes ou hommes sains ? J’ai perdu ici les vieux clichés sur le maître spirituel, cet être indispensable qui eût déchiffré, immanquablement, le fil de mon errance, en rectifiant insensiblement le déroulement, jusqu’à la levée, foudroyante, du voile me séparant de la lumière. Mon entrée en islam me semblait inscrite dans la seule quête de ce guide et je pensais, sincèrement, n’avoir que faire d’une religion. Or, c’est bien celle-ci qui, en me reliant, peu à peu, à une communauté formidablement commune, m’a fait prendre conscience de mes lacunes, de la misère de mon habit d’homme moderne : un individu, la belle affaire ! Sois solidaire, tout d’abord. Retrouve la multiplicité de tes états d’existence, de tes relations vitales, assume-les. Habille-toi, avant de songer à rencontrer l’éventuel dénoueur de ton ego et ne t’en inquiète plus : « lorsque l’élève est prêt, le maître apparaît [13]. » 

7 

On s’interroge, en terres d’islam, sur l’étrange notion de « croyant non-pratiquant ». Comment peut-on avoir soif et s’interdire de l’épancher ? C’est dire à quel point la convergence dans l’office religieux est centrale dans la vie du musulman et rien n’est plus instructif, en cette coïncidence, que ces cohortes de travailleurs, de marchands et de chalands, qui affluent, comme un seul homme, de tous les coins du marché, à l’appel de chaque prière. Mais est-ce partout le cas ? Si je n’ai cessé, au Sénégal ou en Mauritanie, de me recueillir dans des mosquées combles, il m’est arrivé, en d’autres pays musulmans, au Maroc, par exemple, de prier seul derrière l’imam, ou en groupe tellement réduit, qu’on a l’impression de s’être cantonné, à nouveau, en quelque cénacle de marginaux.

A cet égard, le Maroc contemporain ressemblerait fort à la France des années 70, ou à l’Espagne des années 90. L’accès à la consommation produirait-il, uniformément, les mêmes effets ? La question, de piètre intérêt stratégique, illusionne probablement les anti-religieux, qui ne sont, à dire vrai, que brouilleurs de sens, vulgaires « contrefacteurs » : adorer et se relier constituent, on l’a vu, fonctions vitales de l’humain, et les plus savantes manipulations des masses brodent, invariablement, sur cette trame naturelle. Sans doute faudra-t-il revenir, plus loin, sur les altérations sociales, certes variables, générées par ces artifices, mais, pour l’heure, c’est à la périphérie du questionnement que se dévoilent les plus intéressantes perspectives. On y voit, tout d’abord, se construire les oppositions, réactives, au détournement instruit par les nécessités de la « chose marchande ». 

La vivacité des mouvements « islamistes » témoigne, ainsi, du caractère éminemment populaire de l’islam. Alors qu’ailleurs, notamment en France ou en Espagne, le rejet du religieux a pu se nourrir de la libération d’un joug social, ce dés-agrément est ressenti, dans les sociétés musulmanes, bien plus comme une dés-agrégation. S’éloigner de la pratique religieuse, c’est, physiquement, s’éloigner de son frère, de son voisin, de la communauté quotidienne ; rompre les liens, vivants, qui assurent la cohésion du groupe, notamment face aux manquements et aux abus des puissants. L’islam, dans sa simplicité rituelle, demeure le bouclier du peuple, et l’évidence de la proposition, lisible dès les fondations de celui-là, s’est alimentée de générations d’ulémas et de fuqahas, farouchement indépendants du pouvoir en place, critiques en toute bonne foi, et assurés d’appuis populaires variablement conséquents. De la révolution abbasside à celle de Khomeyni, c’est bien le peuple qui commande aux puissants le respect de ce qui le relie, en dépit de toutes les intrigues manipulatrices de ces derniers… Qui donc anime la guerre civile en Irak ? En quels buts ?  Et l’on voit, également, la facilité avec laquelle le moindre musulman intègre peut-il être taxé d’intégrisme…

On y comprend mieux, aussi, et par effet de miroir, la démarche de la « croyance-non-pratiquante » en terres chrétiennes. Il s’y est construit, au fil des siècles, différents élans de fraternité populaire, dont l’expression religieuse autonome fut, à chaque fois très violemment, combattue, dispersée, fragmentée, par le pouvoir politico-religieux. Entre résignation et révolte, la conscience populaire s’est, dès lors, insensiblement retirée de son enveloppe religieuse conventionnelle, ne laissant aux institutions qu’une coquille vide. Or, se construisait, en filigrane, une société mercantiliste, obnubilée par l’exploitation du sensible. Quantification du Réel et déni de toute métaphysique ont, en conséquence, achevé d’obstruer les voies naturelles d’élévation spirituelle. Le rituel religieux rendu inintelligible, son discours merveilleux dénigré par le progrès des sciences rationnelles, les degrés de la « croyance-non-pratiquante » s’appesantissent en un sentiment croissant de solitude, voire d’absurdité existentielle. L’agnostique, celui qui croit en un Principe Inaccessible, suprêmement Indifférent et Muet, n’est, ainsi, guère éloigné de l’athée, en réalité fort rare, qui nie, pour sa part, toute idée d’Absolu (négation fort absolutiste, cependant ; mais, bref : la polémique est, ici, hors sujet). 

C’est donc dans l’humain, et strictement dans son cadre, envisagé, au mieux, dans celui de l’écosphère, dans l’espérance d’une évolution positive de valeurs et de comportements consensuels, unitifs, mais désacralisés et éclaircis à l’aune des sciences expérimentales, que s’élaborent les plus rationnels discours de la socialité moderne. Y a-t-il antinomie de démarche avec la pensée religieuse musulmane ? Le champ des réponses apparaît, maintenant, infiniment plus vaste que ne le suggèrent les raccourcis, hâtifs, des sectateurs de tous bords. Prenons le temps d’y flâner, en toute vigilance de foi : il y fleurit toutes sortes d’essences, d’irrémédiablement vénéneuses à de plus médicinales ; à bien distinguer, donc, avant cueillette, voire re-cueillement




[1]     Saint Coran – sourate verset 

[2]     louange à Dieu 

[3]     Point de dieu, sinon Dieu 

[4]     Saint Coran sourate verset : « Venant de Dieu, c’est à Lui que nous retournons ». 

[5]     D’autant plus que cette infâme mixture, est aujourd’hui, paradoxe pénétrant,  le vivier privilégié des pires sectes fanatiques… 

[6]     Paul de Tharse – épitre aux Romains, par exemple – chapitre 3 

[7]     rapporté par Abu Hurayra. 

[8]        sourate 2 verset 256 

[9]     cf. Saint Coran, sourate 5 verset 82 

[10]    cf. Saint Coran sourate 2 verset 113 

[11]       à treize chiffres ;  tout comme, identité remarquable, la moindre marchandise à l’étal de l’hypermarché… 

[12]    que l’on brandit, au dessus des fidèles exaltés, à l’heure du triomphe : dérisoire caricature de l’élévation du calice, à l’heure de l’eucharistie. 

[13]      Proverbe oriental, chinois ou hindou, je ne sais plus exactement. 




Oiseaux de mauvais augure !

28062007

 

 

On les appelle les charognards de la finance, d’autres les qualifieraient de suceurs de sang, de prédateurs sans scrupules ou même de délinquants de la spéculation. Ils traînent la réputation pestilentielle de s’enrichir sans la moindre vergogne sur le dos de pays pauvres, endettés et à l’économie souvent même au bord de l’agonie. Ils, ce sont ceux qu’il est convenu d’appeler les «fonds vautours». 

Il s’agit en fait des fonds spéculatifs apparus, timidement d’abord, dans les années 50 aux USA, et dont le nombre avoisine aujourd’hui les 9 mille. Ces derniers agissent pour le compte d’institutionnels, d’investisseurs, voire de particuliers rompus aux arcanes de l’art du mercantilisme bas. 

Aux mécanismes bien huilés, la tactique de ces usuriers, au-delà de leur insoutenable immoralité, reste des plus redoutables. Elle consiste à acheter, souvent à vil prix, auprès d’un créancier public ou privé, la dette au remboursement inespéré d’un pays pauvre, et de le traîner ensuite devant les tribunaux. Le phénomène est d’autant plus inquiétant qu’en l’absence de droit international le régissant, ces fonds pervers disposent d’un blanc seing et agissent à leur guise en plumant à satiété ces pays-là mêmes qui croulent déjà sous le poids de la dette. 

Les bénéfices engrangés par ces investisseurs cupides donnent le tournis. Rien qu’en 2006, le volume de leur portefeuille avoisinait les 1600 milliards de dollars. Le continent noir et l’Amérique latine sont devenus le terrain de prédilection et les proies faciles de ces marchands de créances. 

Sur les 44 procès intentés à une douzaine de pays surendettés, 26 ont été remportés par les «fonds vautours». Ils sont arrivés cette année à récupérer devant les juridictions anglo-saxonnes et américaines plus de 1 milliard de dollars aux dépens du Nicaragua (276 millions), de
la Zambie (17 millions), de
la RDC (162 millions), du Congo-Brazza (453 millions) et du Cameroun (53 millions). Mais ce sont les cas congolais et zambien qui suscitent le plus l’emoi. 

Au Congo, les «vautours» comme Walker, Af-Cap, Elliott Management, Kensignton International réclament l’équivalent de 1 milliard de dollars.  Le dernier, à lui seul, demande auprès de la justice américaine 300 millions de dollars pour des créances achetées à… 1,8 million. Contre
la Zambie,
la Haute cour de Londres a récemment tranché. Elle doit verser 17 millions de dollars à Donegal International pour une dette rachetée à moins de 4 millions. Le comble c’est que cette société résidant aux Iles Vierges avait exigé de Lusaka 55 millions, soit l’équivalent de l’annulation de sa dette. 

Les exemples de ces pratiques peu orthodoxes qui se nourrissent de la misère des autres, il y en a à tire-larigot. En 2000, Elliott Associates, qui a pignon sur rue à New York, avait attaqué et obtenu du Pérou le paiement de 55 millions de dollars auprès d’une juridiction belge. Soit l’intégralité d’une dette presque oubliée, mais ressucitée et rachetée à seulement 11 millions. 

En plus, ces investisseurs d’un genre bien particulier ne font jamais contre mauvaise fortune bon cœur en cas d’insolvabilité de leurs victimes. Et ont même le toupet de faire saisir des biens ou actifs mobiliers ou immobiliers, voire de prendre possession des recettes et autres livraisons de matières premières, fussent-elles la source maigrichonne de leurs subsistances. Il est temps que les institutions financières internationales tirent la sonnette d’alarme et mettent un terme à ces agissements par trop irresponsables en érigeant un véritable code de conduite sans l’adoption duquel les dons, largesses et autres suppressions de dettes des pays du G8 ne serviraient qu’à déshabiller Pierre pour habiller Paul. 

Oumar DIAGANA de Tunis 

 

Source La Tribune n°355 




28062007

 

Beaucoup de journalistes pour cette session de la Cour correctionnelle n°2 dirigée par le juge Sambou. Ce jour-là, Abdel Vettah Ould Abeïdna, directeur de publication d’Al Aqsaa comparaissait suite à une plainte de l’homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou. Plainte en diffamation, première du genre à être jugée depuis l’avènement de la nouvelle loi sur la presse.

La salle s’emplit peu à peu. Pour les non habitués des tribunaux, de grands changements ont été opérés : propreté des lieux, équipements, enluminures ‘moralisantes’ sur les murs… Ce changement n’a visiblement pas affecté les hommes.

La séance s’ouvre dans un désordre qui ne dérange pas le président. Téléphones portables qui sonnent… Le Procureur intervient : il croit avoir vu quelqu’un prendre une photo. Vérification : ce n’était pas le cas. Le juge, un négro-africain arabisant, commence à appeler les accusés à la barre. Un type accusé de ‘désobéissance’ à parents passe. Il prétend avoir un conflit avec le deuxième mari de sa mère dont ‘la tête a été bouffée par cet homme’. Le Procureur ne décolère pas et parle de ‘Ouqouq’, suprême crime envers les parents. Il demande l’application de la peine. Son réquisitoire ne prend pas une minute. Suivent des falsificateurs, étrangers pour la plupart, puis des voleurs à la tire, des haratines pour la plupart. Le scénario est le même : le président qui récite les accusations, l’accusé qui réfute, le Procureur qui demande la peine maximale. Pas d’avocats. Les accusés appartiennent à des milieux pauvres et n’ont en général rien à dire pour se défendre. Délibéré le 4 juillet pour tous. Se posera un moment le problème de la traduction : un policier, puis un greffier stagiaire, sont commis à cet effet. On ne saura jamais s’ils sont fidèles dans leurs traductions.

Arrive le moment où Ould Abeïdna est appelé à la barre. Le Procureur demande un renvoi du procès suite à l’appel introduit par les avocats de la partie civile. Les avocats de la défense dénoncent cette interférence de la partie civile. Même s’ils croient que ‘cela ne change rien à la situation’. Arrivent les avocats de la partie civile. Confrontations.

Les avocats de la partie civile estiment qu’il ne s’agit pas d’un délit de presse dans la mesure où l’article incriminé n’a pas supposé que leur client était trafiquant de drogue et qu’il n’a pas cité. ‘Il a affirmé’ que leur client était mêlé à ce trafic. ‘du coup cela quitte le champ du délit de presse pour relever du domaine de la criminalité’.

Les avocats de la défense pensent qu’il n’est pas du ressort de la partie civile de décider de la requalification de l’infraction. C’est finalement la demande du Procureur qui a été entendue : le procès a été renvoyé en attendant la décision de l’Appel.

Derrière cette affaire se dessine tout un conflit d’intérêt qui oppose des milieux d’affaires connus de tous les Mauritaniens. Ces milieux d’affaires s’affrontent aussi sur le terrain politique. Dans cette jungle où tous les coups sont permis, c’est au plus fort en matière de communication.

Côté Bouamatou, on estime que l’article en question relève d’une campagne orchestrée pour ternir l’image de l’ancien président du patronat mauritanien. Elle vise aussi à déstabiliser son groupe. En effet, ces derniers mois rumeurs et attaques se rapportant à l’homme et au groupe ses sont multipliées. Venant d’anonymes, du net, de journaux… Assez pour piquer au vif le sentiment d’un homme qui estime avoir beaucoup fait pour ‘avoir la paix’. Au moins.

Si ses détracteurs l’accusent de trafics de toutes sortes – certains d’entre eux allant jusqu’à faire l’amalgame entre cigarettes et drogue -, ses proches préfèrent rappeler toutes ses actions de bienfaisance. Dans une récente interview accordée au quotidien Horizons, il disait lui-même que ces attaques étaient le fruit de la jalousie : certains hommes d’affaires incapables de partager, préfèrent s’en prendre à ceux qui savent le faire.

Cette guerre ne date pas d’aujourd’hui. En 2003 et 2004, Ould Bouamatou, tout comme le groupe MAOA, l’homme d’affaires Maurice Benza, avaient été les cibles privilégiées d’auteurs anonymes, campagne reprise par la presse locale.

 

 

Source : La Tribune N° 355




CHRONIQUE DE TABANE

28062007

De A à Z Par Tabane 

Une fois n’est pas coutume, on va revenir en arrière. Sur la lettre E.

E comme Examens. Les examens du baccalauréat viennent de se dérouler et les corrections sont presque finies. Quelle torture pour messieurs les correcteurs. Voyez vous-mêmes avec ces extraits tirés de copies de quelques candidats. « La ressource est pillité par un système d’économie excellent », « D’abord nous disons les USA continant qui Geps de personnage  ne cessent de loyer », « Sur le plan politique l’Amérique accede un politique de contenante qui leur détient le capitalisme mené dans le monde entouré », « Le problème des pays nouvellement détesté à la conscience historique des nasaphases du problème du tier unie le partagement du concorde politique sinsiplidicable » sans compter des expressions comme «agriculture politique » et les « des cas socio agricoles ».

F comme Fautes. Les fautes on ne peut pas les compter. Fautes de grammaire ou d’orthographe. Faute de tout genre. Ainsi a-t-on rencontré des phrases comme ‘Moctar Ould Daddah a fut élu en 1960’, ‘Si je mort c’est dans mon pays que je mort’ (Haïdallah préférant revenir dans son pays après le putsch du 12.12).

G comme Gâchis. A voir les moyens mobilisés pour l’organisation des examens depuis le déplacement des jurys des différents centres, jusqu’aux indemnités des correcteurs en passant par leur transport, les copies, les primes de surveillance, et au vu des résultats plus que médiocres,  on est en droit de se demander si ce n’est pas un gâchis de continuer à organiser les examens comme on le fait encore. Ne serait-il pas plus indiqué mettre en place un système d’évaluation sur les trois dernières années pour déterminer qui est en mesure de poursuivre des études supérieures.

H comme Hors sujet. C’est ce qui est arrivé à plusieurs candidats notamment en histoire et géographie. La plupart des candidats n’arrivent pas à comprendre les sujets qu’ils traitent. Ils se lancent à fond dans la dissertation et marchent à côté de leurs pompes pendant des heures.

I comme Indépendance. L’un des sujets d’histoire au baccalauréat 2007, série LMB portait sur l’indépendance de la Mauritanie. Malheureusement la formulation du sujet a dérouté nombre de candidats et il y deux sortes de confusions qu’on a relevées : certains pensaient qu’il fallait décrire les cérémonies de commémoration de la fête, d’autres croyaient qu’il était question des événements de 89. Les premiers on parlé de la retraite au flambeau, des défilés et autres discours. Les seconds ont parlé des déportations, des massacres et autres exactions…. Complètement hors sujet !

aboubakry_d@yahoo.fr  . 

Source : La Tribune 355




Terrorisme : au sujet du livre de Mohammed – Mahmoud Ould Mohamed

28062007

Al Qaïda: une analyse qui renouvelle nos perspectives -- Au sujet du livre de Mohammed-Mahmoud Ould Mohamedou 

Jean-Marc Flükiger

 


Directeur associé du programme Humanitarian Policy and Conflict Research à l’université de Harvard, Mohammed-Mahmoud Ould Mohamedou livre une analyse intéressante d’Al Qaïda
et de son impact sur les conflits et le droit humanitaire international. A contre-courant de certaines analyses qui mettent en avant des éléments inutilisables pour une stratégie de lutte contre Al-Qaïda, l’auteur insiste, sur la base d’une analyse de différents textes, sur la rationalité politique de l’organisation de Ben Laden.
1. Anciennes et nouvelles guerres 

Dans un premier temps, l’auteur esquisse la transformation des conflits armés qui a eu lieu à partir de la fin de la seconde guerre mondiale. Il constate que les cinq caractéristiques du paradigme de la guerre traditionnel -- «monopole (de l’usage de la force, de la légitimité), distinction (entre le domaine civil et militaire, entre les combattants légitimes et illégitimes, entre l’intérieur et l’extérieur et entre le public et le privé), concentration (des forces, des secteurs visés), brièveté (de la conception, de la bataille) et linéarité (de l’organisation et de l’engagement)» (p.24) -- ont été remplacées par un nouveau paradigme, marqué par une «diminution des guerres interétatiques» et par l’émergence de guerres qui opposent des acteurs étatiques et des acteurs «transnationaux armés» (p.25), intéressés par la destruction de la «volonté politique de l’ennemi de se battre» (p.25).Pour l’auteur, l’intérêt d’Al Qaïda réside dans le fait que ce réseau met en évidence les problèmes suscités par un droit international basé sur la notion d’Etat (p.28). En effet, Al Qaïda se positionne comme un nouveau type d’acteur non-étatique qui vise à étendre le champ de bataille au sein même des sociétés ennemies -- donc de rendre méconnaissable les distinctions traditionnelles liées aux champs de bataille, comme par exemple la notion de soldat/civil -- tout en s’appuyant sur une structure non-linéaire, décentralisée, non-hiérarchique (à cet égard, on pourrait évoquer ici la notion de résistance sans leader) qui empêche une pénétration par les forces de sécurité traditionnelles.

Qui plus est, comme on l’a vue dans différentes guerres inter-étatiques de ces 60 dernières années (Blitzkrieg de l’Allemagne nazie, guerre des Six-Jours de 1967, rapidité des interventions américaines en Afghanistan et en Irak), les Etats visent souvent à une victoire extrêmement rapide, alors que ces groupes ont pour objectif de ralentir considérablement le rythme imposé pour mener les Etats à une guerre d’usure (on peut prendre ici pour modèle l’actuelle Al Qaïda en Irak).

Selon Ould Mohamedou, une des nouveautés d’Al Qaïda réside dans le fait que ce groupe transnational considère la guerre comme une punition pour ce qu’il appelle «une responsabilité collective privatisée» (p.30), c’est-à-dire que les citoyens des pays visés sont considérés comme responsables des actions des gouvernements «oppresseurs» des populations prétendument défendues par Al Qaïda. De ce point de vue, Bin Laden endosse le rôle des Etats classiques considérés comme incapables de défendre les populations contre «l’agression» américaine.

L’auteur met en évidence différentes citations d’Osama Ben Laden qui vont dans ce sens, notamment lorsqu’il déclare que la «guerre est une responsabilité partagée entre les peuples et leurs gouvernements» (p.31). 


2. Al Qaïda et la théorie de la guerre juste 
Dans la partie subséquente de son analyse, l’auteur discute de la nouveauté d’Al Qaïda par rapport au cadre théorique dit de la «guerre juste». La guerre juste est une tradition philosophique qui puise ses origines, au 4-5ème siècle, dans les écrits du philosophe Saint Augustin [1]. Après trois siècles de martyre, la religion chrétienne était devenue la foi officielle de l’Empire Romain. Alors qu’il avait prôné le pacifisme depuis la mort de Jésus-Christ, le christianisme devenait soudain la religion officielle d’un empire constamment assailli et en guerre. Comment concilier alors le précepte chrétien: «si on te frappe sur la joue gauche, tends la joue droite» avec la politique belliqueuse d’un Empire qui avait fait pour sien l’adage «si vis pacem, para bellum»? La tradition amorcée par Saint Augustin devait être perpétuée par des penseurs tels que Saint Thomas d’Aquin, Francisco de Vitoria, ou plus tard Hugo Grotius ou Emmer de Vattel. Même si chaque principe de la tradition de la guerre juste est soumis à dispute et à interprétation, on peut les synthétiser comme suit (je reprendrai ici Wolf 2004).Au niveau du jus ad bellum, on cite généralement les éléments suivants:

- Autorité légitime: la guerre doit être déclarée par une autorité légitime (au Moyen-ge, il s’agissait d’un roi, à l’heure actuelle, il s’agit des gouvernements)
- Cause juste: la cause doit être juste. «A l’origine il s’agissait de la punition d’une injustice. En lieu et place du paradigme de la punition, c’est le paradigme de l’auto-défense de la souveraineté nationale qui est entré en vigueur à l’époque moderne».
- Solution de dernier recours: la déclaration de guerre doit constituer une solution de dernier recours après l’échec de toutes les négociations diplomatiques.
- Intention juste: la guerre doit être déclarée avec l’intention de rétablir la paix, de se défendre et de repousser une agression, mais de ne pas exercer de vengeance.
- Proportionnalité: selon le principe -- qui est également inscrit dans la troisième convention de la Haye (1907) aux articles 22 et 23 -- un Etat qui entre en guerre doit comparer les bénéfices universels attendus de l’entrée en guerre par rapport aux coûts universels de cette même action. A cet égard, les bénéfices universels doivent clairement être supérieurs aux coûts universels (Orend 2006, 59).
- Probabilité de succès: ce principe vise à éliminer une violence inutile et enjoint les parties qui entrent en guerre à ne le faire qu’à condition qu’elles puissent atteindre leur but en entrant en guerre (repousser une aggression, rétablir la paix).

Au niveau du jus in bello -- qui est considéré comme logiquement indépendant du jus ad bellum -- on trouve les éléments suivants:

- Proportionnalité: le principe de proportionnalité du jus in bello fait référence à une utilisation proportionnelle de la force vis-à-vis de la menace. Comme le dit Jean Bethke Elshtain, si une «une nation est confrontée à une bande de renégats qui commettent des assassinats au hasard, celle-ci n’aura pas recours à une frappe nucléaire» (Bethke Elshtain, 2003, 65).
- Distinction entre combattants et non-combattants (appelé également principe de discrimination des non-combattants): les non-combattants sont les personnes qui ne sont pas directement impliquées dans les actions de guerre et ne doivent pas faire l’objet d’attaques directes.
- Interdiction de moyens «mala in se»: certaines méthodes comme la torture, le recours systématique au viol, les génocides ou l’utilisation d’armes chimiques ou biologiques sont interdites.

Par rapport à la théorie de la guerre juste, l’auteur remarque que a) Al Qaïda se déclare comme autorité légitime pour déclarer la guerre (autorité, qui dans la théorie de la guerre juste «classique» ne peut revenir qu’à des Etats) b) considère se battre pour une cause juste -- l’auto-défense des musulmans contre «l’agression» américaine (p.32).

C’est à partir de cette «agression» que Bin Laden déduit le principe de la responsabilité collective privatisée évoqué plus haut et établit le droit de viser des civils américains, puisqu’ils ne sont pas innocents en réélisant leur gouvernement «agresseur».

Comme le remarque Ould Mohamedou, cette dernière réflexion établit un lien pour le moins problématique entre jus ad bellum (le droit d’entrer en guerre) et jus in bello (le comportement à adopter durant le conflit), les deux étant considérés comme logiquement indépendants dans la théorie de la guerre juste classique (p.32). En effet, Ben Laden déduit du crime d’aggression (jus ad bellum) sa justification pour violer le principe de discrimination des non-combattants (jus in bello).

Quant aux principes du dernier recours, de l’intention juste et de la proportionnalité, Al Qaïda déclare les respecter (p.32-33). 


3. Limites du droit international 
Un des intérêts incontestables de l’ouvrage de Mohammed Ould Mohamedou réside dans ses considérations de spécialiste sur les conséquences d’Al Qaïda pour le droit international: il reconnaît en premier lieu que «le droit international ne peut fonctionner que s’il est fondé sur -- et exprime -- une égalité entre les parties impliquées» (p.34). Mais celui-ci constate que ni les Etats, ni les groupes transnationaux tels qu’Al Qaïda ne sont prêts soit à reconnaître leur adversaire (Etats), soit à respecter le droit international (groupes transnationaux), «pourtant, c’est la reconnaissance des normes par les acteurs impliqués dans un conflit qui rend les standards pertinents» (p.34).L’un des points fondamentaux des considérations de l’auteur réside dans sa conception de la loi comme «l’expression d’un ordre particulier qui représente à son tour une configuration de la force. Cet ordre et cette force sont inséparables de leurs contextes» (p.35). Comme il le remarque très justement, l’ordre qui avait prévalu lors de la création du droit de la guerre était centré, défini et contrôlé par les Etats (nations), ce qui n’est plus valable pour les guerres du 21ème siècle. Partant de l’incapacité des Etats traditionnels à défendre et à représenter leurs populations (ce qui est malheureusement vrai pour de nombreux Etats du Moyen-Orient), Al Qaïda vise à «contourner l’Etat et en particulier son monopole sur l’usage de la violence légitime», fait «irréconciliable avec le droit international» (p.36).

L’auteur suggère alors un changement de paradigme, organisé autour de la nature de nouveaux acteurs (comme Al Qaïda) caractérisés par l’indétermination géographique de leurs actions. De ce fait, la notion de champ de bataille est remplacée par la notion «d’espace de bataille». On peut douter ici que la nouveauté de la notion «d’espace de bataille» soit liée au terrorisme: en effet, ce sont plutôt certaines innovations technologiques qui ont permis l’émergence de cette notion «d’espace de bataille», comme par exemple la télévision ou Internet (qui a permis l’émergence du cyberspace). Conscients de leur infériorité dans des champs traditionnels, les groupes subétatiques se sont évertuées à s’imposer dans ces nouveaux espaces: par exemple, l’attaque du groupe Septembre Noir lors des Jeux Olympiques de 1972 constitue incontestablement une tentative -- réussie -- de monopoliser l’espace de l’information pour la cause palestinienne. Vingt ans plus tard, l’intérêt du mouvement zapatiste au Mexique a été de médiatiser (et de maîtriser) le «cyberespace de bataille» en concentrant sa lutte sur Internet.

Comme le remarque justement l’auteur, la nouveauté d’Al Qaïda réside dans sa nouvelle conception de la guerre, caractérisée par a) des «représailles en réponse à une politique aggressive» qui visent à b) «contourner le monopole de la violence légitime dont bénéficie les Etats», notamment c) en recourant à une politique «d’indiscrimination des cibles» déductible de la d) responsabilité collective privatisée mentionnée plus haut (p.39). D’un point de vue tactique, Al Qaïda a recours à des cellules, en rapport «d’essaimage» (spin-off, p. 39) avec le noyau du réseau (sorte d’«Al-Qaïda mère»).

Considérant l’environnement modifié des relations internationales et son impact sur le droit, Ould Mohammedou ne propose pas un système alternatif, mais une analyse d’Al-Qaïda, focalisée autour de son caractère politique. 


4. Le retour du politique 
A l’inverse d’autres analyses qui mettent en avant des éléments inutilisables pour établir une stratégie contre Al Qaïda, l’auteur offre, après une brève histoire du réseau de Ben Laden, une analyse hautement politique du réseau. Contrairement à certains analystes qui le considèrent comme apocalyptique ou nihiliste, le réseau d’Al Qaïda poursuit des buts politiques, qui, une fois atteints, conduiraient à un arrêt des attentats.Se fondant sur une analyse de 23 messages de Ben-Laden et Al-Zawahiri, Ould Mohammedou constate la récurrence de certains thèmes soit a) le retrait des troupes américaines du Moyen-Orient, b) l’arrêt du soutien américain à Israël dans son occuption des territoires palestiniens et c) la fin du soutien américain aux régimes illégitimes du Moyen-Orient (p. 70).

Dans la perspective de sa conception politique d’Al Qaïda, l’auteur ajoute que, le terrorisme a remplacé la guerre dans le paradigme clausewitzien «de la guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens» (p.74-75). Le terrorisme étant de ce fait hautement politique, celui-ci doit recevoir une réponse également politique qui adresse les thèmes mis en évidence dans les communiqués d’Al Qaïda. Il déclare ainsi «l’histoire nous apprend que l’engagement face aux terroristes exige invariablement d’aborder les problèmes soulevés, c’est-à-dire de reconnaître les griefs collectifs dans lesquels ils inscrivent leurs recours à la force, décrits comme des actions politiques en réponses à des problèmes spécifiques» (p.89). 


Conclusion 
La thèse Mohammed Mahmoud Ould Mohamedou est rafraîchissante: dans son essence, elle critique et vise à remplacer les paradigmes que l’on pourrait qualifier «d’émotionnels» (qui mettent en avant ou la haine d’Al Qaïda envers l’Occident ou son nihilisme, son irrationalité etc.) par rapport à Al Qaïda. La thèse du remplacement de la guerre par le terrorisme dans une perspective clausewitzienne est tout à fait originale.Pourtant, cette thèse semble souffrir d’un défaut méthodologique: en effet, même si l’analyse des déclarations d’Al Qaïda est incontestablement intéressante pour nous révéler son agenda politique, c’est plus une analyse des attentats commis par le réseau qui devrait être au centre de ses réflexions. Même si celle-ci est effectivement présente (p.86), elle ne prend pas en considération les attentats commis en Irak depuis l’intervention américaine. Comme le révélait récemment sur Terrorisme.net le journaliste et spécialiste de l’Irak Christoph Reuter, «on observe depuis environ une année des combats massifs entre la résistance sunnite et des militants qui se sont établis comme Al-Qaïda, du fait que sur place, Al-Qaïda a assassiné tellement de scheiks, de personnalités locales dans les cercles radicaux que même leurs alliés se sont retournés contre eux plutôt que de perpétrer des attentats sur les Américains» . On notera que cette analyse est partagée par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui, dans un entretien, déclare que «en Irak, Al-Qaïda ne concentre pas ses efforts pour combattre les forces d’occupation américaines. Au contraire, elle combat aux côtés des occupants. Elle combat un grand nombre de gens qui n’ont pas les mêmes opinions politiques qu’elle.»Sur la base de ces déclarations, il est difficile de croire à un programme politique d’Al Qaïda en Irak qui s’inscrirait dans le caractère politique mis en évidence par cet ouvrage. A cet égard, ne serait-il pas nécessaire de distinguer entre différentes rationalitéS (ou irrationalité) politiqueS d’Al Qaïda (pour l’Europe/les Etats-Unis et pour l’Irak)? Et si oui, combien de rationalitéS devrait-on distinguer? 

Jean-Marc Flükiger 

Source : La Tribune n°355 

Note
[1] Cette brève présentation de la théorie de la guerre juste est tirée de Jean-Marc Flükiger, «Terrorisme : réflexions définitionnelles et «urgences suprêmes», Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie, 54, numéro 1/2 (2007), 125-145. Nous remercions ici la Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie de nous avoir autorisé à publier cet extrait.

Références bibliographiques

Jean Bethke Elshtain, Just War Against Terror, The Burden of American Power in a Violent World, Basic Books, 2003

Jean-Marc Flükiger, «Terrorisme : réflexions définitionnelles et «urgences suprêmes», Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie, 54, numéro 1/2 (2007), 125-145

Brian Orend, The Morality of War, Broadview Press, 2006

Jean-Claude Wolf, “Konsequentialismus, Deontologie und Theorie des gerechten Krieges”, in Philippe Mastronardi (éd.): Das Recht im Spannungsfeld utilitaristischer und deontologischer Ethik, (= ARSP-Beiheft 94), Stuttgart: Franz Steiner Verlag, 2004, 41-54. 




Mohammed-Mahmoud Ould Mohamedou,
Understanding Al Qaeda: The Transformation of War , Pluto Press, 2007, 114 p. 




Repères

28062007

  

La Mauritanie n’est pas une prison 

« Tout a commencé avec les propos d’un journaliste américain connu pour ses fracassantes déclarations sur la CIA. Le consultant du Pentagone a déclaré dans une interview à la fin de l’année dernière que ‘la CIA n’a jamais tenu le langage exact qu’elle voulait’ Les découvertes révélées par la Maison Blanche étaient ‘très calibrées’ pour minimiser les risques politiques et se limitaient à un petit nombre de pays; plus tard elles étaient étendues à beaucoup de nations d’Afrique du Nord, du Moyen Orient et d’Asie qui devinrent des zones cibles. Le précédent responsable des renseignements et un consultant du gouvernement m’ont dit qu’après la révélation de l’existence des prisons secrètes de la CIA en Europe par le Washington Post fin 2005, l’Administration a réagi avec un nouveau centre de détention en Mauritanie. Après la prise du pouvoir par un nouveau gouvernement ami des Etats Unis, suite à un coup d’état sans effusion de sang en août 2005 ils ont dit qu’il était beaucoup plus facile pour les services secrets de cacher les vols secrets vers cette destination. Une question rapide à propos de la Mauritanie. Le coup a eu lieu en août 2005 et a conduit à un gouvernement plus amical à l’égard des Etats-Unis. Le Washington Post a révélé l’existence de prisons secrètes de la CIA en Europe ; parlez-nous de la Mauritanie. 

Seymour Hirsh : Ce qui s’est passé c’est qu’il y eu une  junte militaire. Nous les avons aidés. La CIA et nos militaires étaient très impliqués. Étions-nous totalement responsables ou non, c’est une autre histoire. Une fois le nouveau gouvernement mis en place, la Mauritanie est devenue une prison. Ce que le président était obligé de faire…Dana Priest a écrit une terrible histoire fin 2005 dans le Washington Post  à propos du système des prisons secrètes. Aussi Bush l’a renvoyée. Mais le fait est que la Mauritanie a été transformée en prison et Human Rights Watch et d’autres groupes ont identifié 37 ou 39 personnes qu’ils ont perdues de vue. On ne les trouve nulle part… Je suis sûr que les vols nocturnes continuent bien que je ne connaisse pas les détails précis… 

La Mauritanie est une place où l’on peut aller et venir en toute liberté. Il y a là-bas un gouvernement ami des Etats-Unis. Nos soldats n’ont pas besoin de visa pour s’y rendre. Ils ont tenu des élections la semaine dernière. Mais pendant deux ans une junte militaire que nous avons aidée à accéder au pouvoir a dirigé le pays. Je suis heureux d’avoir eu l’occasion de l’écrire. Qu’il y avait là une prison, aucun doute. Quant aux détails, je ne les connais pas. Il est difficile d’avoir des informations sur de tels endroits. Mais c’est devenu une prison de choix après l’arrêt des opérations en Europe et dans d’autres parties du monde ». Peut-on croire ce journaliste quand on sait que l’une des raisons de la réticence américaine à reconnaître les autorités issues du 3 août est le fait d’avoir été incapable de sentir le coup venir ? Tout le monde se rappelle la profonde amitié qui liait l’ancien président aux Américains. Ne disions-nous pas que l’Ambassadeur de l’époque, Le Barron, avait sa carte PRDS ? Si c’est pour ouvrir des prisons ici qu’ils auraient aidé à la réussite du coup, pourquoi ne pas avoir essayé avec l’ancien président ? On dit chez nous : ‘si celui qui parle est idiot, celui qui écoute doit être intelligent’. 

Jihadistes encore Alors que le procès des Jihadistes s’ouvre à Nouakchott,
les agents de Direction de la sûreté d’Etat (DSE) ont procédé à une nouvelle interpellation de 5 individus présumés appartenir aux milieux islamistes dans la nuit du samedi au dimanche, nous apprend une dépêche de la PANA. Le groupe des personnes interpellées est composé de 3 Marocains, un Mauritanien et un Saoudien d’origine mauritanienne. La police, qui était depuis quelques temps sur la piste d’un réseau islamiste présumé terroriste, a procédé aux arrestations à la suite d’une perquisition effectuée dans 2 cybercafés situés en plein centre de Nouakchott.  

En avril, mai et juin 2006, les mêmes services avaient réussi à démanteler trois réseaux affiliés au GSPC algérien. Le premier réseau avait participé à l’attaque de Lemghayti en juin 2005, les autres projetaient des actions violentes contres des intérêts occidentaux en Mauritanie. Le phénomène semble avoir des liens avec la connexion maghrébine du terrorisme plus connue sous le nom d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI). 

Cas de méningite  Six personnes sont mortes de méningite à Aïoun et Tintane, dans le sud-est mauritanien, et deux autres sont sous contrôle sanitaire. Selon les renseignements donnés par le ministère de la santé, les analyses effectuées sur le sang des sujets atteints ont confirmé l’existence de la maladie. Il a aussi annoncé l’envoi dans la zone d’une équipe médicale conjointe du ministère de la Santé et de l’OMS, dont un laborantin, appelant les populations à la vigilance et leur conseillant d’éviter tout contact direct avec les cas suspects. Au sujet de l’éventuelle évolution de la maladie, il a dit que la méningite se manifeste parfois par des cas isolés et dans d’autres cas par une épidémie ravageuse, surtout que le microbe évolue dans l’air. La zone touchée par la maladie est très loin des structures hospitalières, à plus de 800 km de Nouakchott et à cela s’ajoute l’absence de laboratoire et moyens de diagnostic performants. Les populations se situant dans la zone sont constituées essentiellement de nomades et, généralement, ne vont voir le médecin qu’après avoir usé de tous les protocoles de la médecine traditionnelle. Dans le pays, d’une manière générale, le système sanitaire est peu performant, ce qui amène des milliers des Mauritaniens à partir se soigner chaque année au Sénégal ou au Maroc. Pendant la transition, les autorités militaires ont créé une faculté de médecine et un service d’oncologie (traitement du cancer) est actuellement en phase de construction par l’Etat d’Israël. Des missions médicales spécialisées provenant des pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA, Mauritanie, Maroc, Libye, Tunisie, Algérie) et de l’Espagne, ont séjourné récemment à Nouakchott pour effectuer des interventions chirurgicales, notamment au profit des malades du cœur. La promotion de la santé et l’éducation était l’un des thèmes saillants dans les programmes des candidats aux élections présidentielles du 11 mars 2007. (Avec APA) 

Source La Tribune n°355




Pourquoi vouloir semer le doute sur la candidature unique de Mohamed Salem Ould Boukhreiss ?

28062007

  Des personnes tentent de remettre en cause la candidature unique de Mohamed Salem Ould Boukhreiss à la veille de la tenue de l’Assemblée Générale de la Fédération de Football de la République Islamique de Mauritanie qui aura lieu le 21 juillet 2007 à Nouakchott. Certaines candidatures se sont déclarées sur internet. Dans la logique, les dépôts des  candidatures s’effectuent à la Fédération, non pas sur internet. D’ailleurs le dépôt des listes candidates à la présidence de la FFRIM, est clôturé depuis le 05 février 2007. Le processus de candidature est fini. Pourquoi donc vouloir maintenant semer le désordre et la confusion à la veille de la tenue de l’Assemblée Générale ?  Est-ce que c’est pour faire barrage à Ould Boukhreiss dont la candidature a été cautionnée par l’ensemble des présidents des ligues ? On sait qu’une candidature unique n’est pas interdite par les textes de la FFRIM. Mohamed Salem Ould Boukhreiss bénéficie du soutien de tous les sportifs. L’ancien sociétaire de la Concorde l’un des plus anciens clubs de la capitale a déposé sa candidature depuis le 05 février 2007 cautionnée par l’ensemble des présidents des clubs. En ce moment les autres avaient peut être d’autres occupations. Aujourd’hui, l’ancien directeur des Sports, Moustapha Saleck Camara fait parler de sa candidature sur le net au moment où les dépôts de candidature sont clôturés depuis plusieurs mois. C’est peut être par mépris des textes de la Fédération. Rappelons que la date de limite des dépôts de candidature était fixée au 05 février 2007. Seul Mohamed Salem Ould Boukhreiss a déposé dans les délais légaux. Depuis quelques jours les convocations ont été distribuées aux présidents des ligues régionales, aux membres du bureau fédéral sortant et aussi aux présidents des clubs disposant de récépissés de reconnaissance par le ministère de l’Intérieur et dont les clubs jouent dans le championnat de la première ou deuxième division. Pour rappel la date de la tenue de l’Assemblée Générale a été repoussée par l’ancienne ministre des Sports Mehla Mint Ahmed. Motif : la tenue des élections présidentielles très importantes pour le pays. Mais. Moulaye Ould Abass président démissionnaire de la FFRIM après l’expiration de son mandat le 31 mars 2007, avait réfuté d’une idée de repousser cette Assemblée pour certainement éviter la sanction de la FIFA. Mais finalement la date a été repoussée sans que le pays des mille et un poètes soit sanctionné par la FIFA. Maintenant qu’on s’achemine vers l’élection de Mohamed Salem Ould Boukhreiss, certains hors du football tenteraient de semer de la confusion en  remettant en cause la candidature unique  de ce jeune homme. Les votants ne sont pas ces gens là. Mais plutôt les présidents des clubs et ligues régionales. Ils ont cautionné la candidature de Ould Boukhreiss. La candidature de l’ancien président du Comité Olympique Mauritanien Moustapha Saleck Camara est tardive et ne devait pas être annoncée sur le net. La candidature unique de Ould Boukhreiss est-elle voulue par la FFRIM comme le croient certains ? En tout cas cette liste est déposée légalement et aux délais fixés à la FFRIM et elle remplie toutes les conditions. Où étaient les autres au moment du dépôt ?

Mamadou Sy

Source La TRIBUNE




Coup de plume de Kissima

28062007

Que reste-t-il dans la besace ?

Une journée des réfugiés célébrée en Mauritanie. Un ministre de l’intérieur qui dit solennellement que le HCR sera sollicité pour leur retour…Avant tout cela, un président qui a fait la promesse du règlement des questions relatives à un passif humanitaire dont l’évocation équivalait à un délit ; puis un Premier ministre qui rassure des députés, visiblement ‘inquiets’, qu’il n’y aura aucun problème par rapport au retour des réfugiés…Allons-nous dire que c’est trop beau pour être vrai ?

Oui, alors c’est trop beau pour ne pas ressembler à une espèce d’utopie. Pourquoi ? Parce qu’il y a longtemps que les autorités auraient dû avoir mis en branle des mécanismes allant dans le sens d’un traitement rapide et sûr de la question. Or, passé le discours de politique générale du PM à l’assemblée, il a fallu attendre la veille de la journée internationale des réfugiés pour qu’officiellement, promesse soit faite que le HCR sera sollicité. On ne sait pas quand et comment. Une date aurait été bon signe. Mais on reste encore dans le vague espoir… Suffisant pour emballer certains.

En plus du côté de la nouvelle classe opposante, les gens ne foncent pas assez dans ce dossier. Au contraire, les sorties se font sur des questions assez secondaires ces derniers temps. Quand par exemple, les gens ont soif et quand les prix montent, etc.,  l’on s’évertue à demander des comptes au pouvoir sur une histoire de prisons américaines en Mauritanie. A chaque fois qu’un sujet divertissant est à l’horizon, c’est l’occasion d’oublier les questions de l’heure. La vérité est que la nouvelle majorité présidentielle a tout pris. Du moins une partie de cette majorité a-t-elle emporté avec elle, en claquant la porte de l’opposition, les questions qui étaient la raison d’être de tous ceux qui s’étaient posés en farouches adversaires du système déchu de Taya.

Maintenant que c’est le pouvoir lui-même qui décide de parler de l’esclavage, du passif humanitaire, de permettre que la justice traite ‘équitablement’ le problème des ‘islamistes’, que reste-t-il dans la besace d’une opposition qui, faut-il le rappeler, a été défaite à l’avènement d’une ‘nouvelle ère’ ? Est-elle suffisamment armée, par exemple, pour imposer une véritable réflexion et un sérieux traitement définitif en ce qui concerne le dysfonctionnement d’un système éducatif mauritanien plongé dans les ténèbres depuis au moins trente ans ? Cette année, on a vu un baccalauréat sous haute surveillance et avec des punitions sévères. C’est insuffisant pour faire bien et sérieux. Il faut éduquer. Pour ce faire, il faut réfléchir et vite.

kissimousman@yahoo.fr

 

Source La Tribune 355




chômage en Mauritanie

28062007

Emploi  Le rêve  mauritanien 

Chômage, politique d’emploi, investissement sont les mots clés de la nouvelle équipe dirigeante du pays. Le premier ministre fait de l’emploi l’épine dorsale de la relance économique. Des questions persistent cependant. Par où devons-nous  commencer ?  Qu’en est-il du plan d’action de la nouvelle équipe? Le ministre  de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, porte- parole du gouvernement,  a souligné au cours de sa conférence de presse du 21 juin 2007 que la stabilité des prix n’est  pas une politique économique  efficace.  Car le niveau de celui-ci  dépend des aléas extérieurs incontrôlables. La solution devient alors une politique d’emploi permettant une activité créatrice de revenus. Ce qui sous-entend une augmentation du pouvoir d’achat. « Nous avons créé un ministère spécifique pour résoudre ce problème de chômage»,  a-t-il précisé. 

Face à ces enjeux, l’image du pays devient indispensable pour drainer les investissements. Certains attribuent le limogeage du  commissaire  chargé de la protection sociale et de la sécurité alimentaire comme une forme d’exclure toute personne essayant de tirer la sonnette d’alarme. D’autres expliquent  ce limogeage  sous forme d’un simple calcul lié aux nominations politiques. 

Pourtant, la question de la famine revient  de plus belle : « Pourquoi chaque fois qu’un administrateur de l’Etat veut déclarer les urgences, les autorités centrales essayent de calmer l’affaire ?», martèle un journaliste au cours de ladite conférence.  La réponse du porte- parole du gouvernement était claire : « il n’ y a pas de famine en Mauritanie.»    

Pour Isselmou Ould Mouloud, Directeur de l’emploi : « la stratégie adoptée pour lutter contre ce fléau devrait tenir compte de trois aspects : la croissance, les ressources humaines et l’organisation du marché du travail. Le problème de l’emploi passe par une évaluation des besoins du marché. Ce qui n’est pas forcément évident  car le secteur informel pèse dans le pays». Sur la question de compétitivité de l’économie nationale, il nous a répondu « que  les  hommes d’affaires mauritaniens devront être conscients de l’optique qualité  afin  de  garantir la  performance de l’économie nationale». 

Il est clair, la vision officielle est de plus en plus axée sur les investissements étrangers. Certes, des organes d’investissements ont été mis en place en vue de stimuler la croissance, mais le marché d’emploi est-il adapté à la nouvelle optique ? 

Dans les jours à avenir des réflexions devront être à l’ordre du jour « Nous invitons les journalistes et les acteurs à assister à ces journées au sein des ministères » déclare  le ministre de la modernisation en guise de conclusion.  « Les acteurs actifs sont sollicités afin d’assister à une réflexion allant dans le sens de l’élaboration des plans d’action rapide. Nous sommes prêts à toutes les idées, à toutes les actions dans le but de lutter contre le chômage », explique le directeur de l’emploi. Entre une stratégie  à long terme et une  tactique visant le court terme, la réponse des autorités reste floue. 

En ce moment les mathématiciens et les statisticiens de la troisième république, n’ont pas encore dit leur mot. Le langage des chiffres manque chez nous, des politiques économiques sans chiffres relève de l’utopie. En attendant les promesses de la nouvelle équipe de fournir un plan d’action chiffré, le gouvernement  évite jusqu’à l’instant de faire des projections à court terme dans le domaine de l’emploi.

Mohamed Fouad Barrada  Source : La Tribune n°355 

Encadré En 2000, et d’après les données du Recensement Général de
la Population et de l’Habitat (RGPH), le taux de chômage se chiffre à 19%. Soit environ 145000 personnes. Les données de l’Office National de la Statistique (ONS), réalisées sur les conditions de vie des ménages (EPCV), ont permis de revoir à la hausse ce taux ; il avoisine désormais les 32%. Ainsi, 57 % de la catégorie socioprofessionnelle sont indépendants, quant aux emplois salariés, ils demeurent inférieurs à 20 %,  alors que les allocations familiales ne représentent que 6 % (en 2000) 

Notons que l’informel qui est de 87 % grimpe de plus en plus dans les milieux urbains au détriment de l’emploi dans les zones rurales. Si l’on se réfère aux deux  derniers recensements de 1998  et de 2000, on constate une nette croissance de 3,7 % par an. Ce qui équivaut à une moyenne de 16000 emplois  supplémentaires par an. Les diagnostics de l’ANAPEJ (Agence Nationale de Promotion de l’Emploi des Jeunes) expliquent que « le fait que cette croissance coïncide avec une période de montée du phénomène de pauvreté laisserait à penser qu’il s’agit dans beaucoup de cas  d’emplois précaires et/ou  peu rémunérateurs, recouvrant un chômage déguisé.  Cette précarité taraude les esprits des économistes dont la seule solution réside dans la  croissance. 

Plus d’activité signifie mois de chômage, plus de production signifie plus de revenus à distribuer. D’où une nouvelle politique d’emploi se basant sur  des divergences portant sur les moyens de la reprise, et sur la  place des pauvres dans la relance. 

  




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

28062007

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada Nomination, chômage et  diplômes falsifiés… 

Des directeurs, des  ambassadrices et des ambassadeurs ont été nommés juste parce qu’ils ont l’appui des réseaux tribaux. Bien sûr, il est question d’un principe élémentaire de la démocratie. La majorité devrait occuper les postes politiques. Un amateur de la politique le savait déjà. 

Les amis de Maouya reviennent pour prendre le devant de la scène, ils ont prouvé leur capacité mobilisatrice. Préservent-ils toujours leurs  capacités de nuisance ? Le porte-parole du gouvernement demande aux journalistes d’être vigilants quant aux préjugés. Ce qui sous-entend  que la critique devrait être axée sur l’action. « Il est difficile de contrôler le prix donc il faut créer les activités pour stimuler le pouvoir d’achat » (discours officiel). C’est l’action à entreprendre pour les jours à venir. Les jeunes devront en ce sens  être insérés dans la vie active. Combien vont-ils insérer par an ?   Faut-il attendre les investissements, la croissance et autre chose ? Ou faut-il simplement rêver ? Sur la question des reformes et de l’applicabilité du code fiscal. Le gouvernement peut recruter des économistes. Ces épiceries qui fleurissent à Nouakchott, doivent selon les normes avoir une comptabilité. Ce qui nécessite un comptable et une secrétaire pour chacune. Ces boutiquiers qui réalisent un chiffre d’affaires au delà de 3 millions devront être encore soumis au régime réel permettant un recrutement semblable. Des  commerçants qui font rentrer des marchandises valant des milliards devront encore être poursuivis afin qu’ils créent leurs entreprises. Certes, ils sont soumis au régime du forfait (l’impôt minimum forfaitaire). Il semble toutefois, qu’ils ont leurs magasins ; ainsi ces « magasiniers »  ne tiennent aucune comptabilité.       

Il y a un autre problème, c’est celui de  l’âge des demandeurs d’emploi, des individus qui chôment depuis plusieurs années. Ils n’ont  plus la possibilité d’accéder à des fonctions bien précises, ils ont dépassé l’âge de la fonction publique ; et ils deviennent de plus en plus nombreux. Pourtant parmi eux, des diplômés qui devancent parfois le niveau d’une grande majorité de nos directeurs, de nos chefs de service. Parmi eux des docteurs pleins, des ingénieurs, des détenteurs de diplômes de troisième cycle. Leur nombre  avoisine les 400. Depuis longtemps ils cherchent des  emplois en vain. En parallèle, des écoles privées,  d’autres écoles publiques professionnels (lycée commercial et autres), recrutent et embauchent sans pour autant avoir un sens de responsabilité, permettant de recruter suivant des normes solides et transparentes. Le privé recrute des vacataires sans être dérangé par une  réglementation ni contrat d’embauche. L’université quant à elle, reste dominée par des lobbies qui renforcent de plus en plus  leurs réseaux. Certains doutent même de la capacité de nos professeurs à l’université. Dans cette université, il y a des individus qui enseignent des spécialités qu’ils ne maîtrisent pas. Ici en Mauritanie, nous faisons toujours l’amalgame entre l’économie et ses différentes spécialités. Un exemple : des enseignants qui enseignent le contrôle de gestion alors qu’ils ne savent même pas  les notions élémentaires de cette discipline. 

Pourtant, parmi eux des « gars » qui occupent des  départements et exigent aux vacataires d’avoir une expérience, alors que dans des pays comme
la France la vacation est assurée par des individus qui ont le DEA et sans expérience. Car ils étaient formés pour enseigner.       
Ne parlons pas des rumeurs qui circulent sur les diplômes falsifiés. On évoque que des directeurs, des chefs de service et des responsables ont des diplômes de ce genre. Et que notre université vendrait des diplômes. m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°355

 




Sujet: Les infos de l’actualité

28062007
Sujet: Les infos de l’actualité
Les infos de l'actualité28 juin 2007 : Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération : Liste du personnel affecté ou rappelé● Ambassade de Mauritanie à Abidjan :
M. Mahfoud Ould Magha, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Genève
M. Harouna Traoré, Conseiller de 1ère classe, précédemment à l’Administration Centrale
 ● Ambassade de Mauritanie à Abou Dhabi :
M. Yahya Ould Taleb Abdoullah, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Alger
Mohamed El Moustapha Ould Inejih, Conseiller de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Addis Abeba :
M. Weddady Ould Sidi Haiba, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Abidjan

● Ambassade de Mauritanie à Alger :
M. Sidi Mohamed Ould Mohamed, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Amman
Abdel Kader Ould Mohamed Yahya, Conseiller de 1ère classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Bamako :
M. Amar Salem H’bib, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Madrid
● Ambassade de Mauritanie à Berlin :
M. Mahfoud Ould Dabi, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Pékin
● Ambassade de Mauritanie au Caire :
M. Mouhamedou Ould Boussriah, 2ème Secrétaire, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Doha :
M. Mohamed Ould Brahim Ould Oumar, Conseiller de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Genève :
Ahmed Ould Moctar Ould Bouceif, Conseiller de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
Abdellahi Ould Ishaq, Conseiller de 2ème classe, précédemment à la Direction des Statistiques au Ministère du Commerce
Taleb Khyar Ould Abdi Salem, Conseiller de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Khartoum :
Ahmed Ould Bah, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Tunis
Fatimetou Mint Cheikhna, Conseillère de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie au Koweït :
M. Mohamedou Ould Cheikh El Mahfoudh, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Riyadh
Oumar Ould Mohamed Ould Babou, Conseiller de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Madrid :
M. Ahmed Ould Bahah, Conseiller de 1ère clase, précédemment à l’Administration Centrale
Safiatou Sy, Conseillère de 1ère classe, précédemment à Banjul
● Ambassade de Mauritanie à Moscou :
M. Mohamed Vall Ould Salihi, 1er Secrétaire, précédemment à l’Administration Centrale
● Mission Permanente à New York :
M. Sidi Ould Ghadhi, Conseiller de 1ère classe, précédemment, à Banjul
Mme Khadi Mint Dié, Conseillère de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Paris :
M. Abdellahi Ould Khalifa, Conseiller de 1ère classe, précédemment à la Délégation auprès de l’UNESCO
● Ambassade de Mauritanie à Pékin :
M. Djimé Galédou, Conseiller de 1ère classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Pretoria :
M. Mohamed Ould Moine, Conseiller de 1ère classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Rabat :
M. El Houssein Ould Deh, Conseiller de 1ère classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Rome :
M. Abdellahi Ould Kebd, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Madrid
● Ambassade de Mauritanie à Takyo :
M. Abderrahmane Ould Boufreiwa, Conseiller de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Ambassade de Mauritanie à Tunis :
M. Hasni Ould Fquih, Conseiller de 1ère classe, précédemment à Alger
Bâ Mamadou M’baré, Conseiller de 1ère classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Consulat Général de Mauritanie à Brazzaville :
M. Mouhamedou Ould Abderrahmane, Consul de 2ème classe, précédemment à l’Administration Centrale
● Consulat Général de Mauritanie à Djeddah :
M. Mohamed Salem Ould Mohamed Lehbib dit Haboub, vice consul, précédemment à l’Administration Centrale
● Consulat Général de Mauritanie à Paris :
M. Djibril Cissé, Consul de 1ère classe, précédemment à l’Administration Centrale

Les rappelés

● Ambassade de Mauritanie à Abou Dhabi :
M. Abdellahi Salem Ould El Moualla, Secrétaire de direction, 1er conseiller
● Ambassade de Mauritanie à Bruxelles :
M. Mohamed Said Ould Ahmedou, professeur, conseiller de 1ère classe
● Ambassade de Mauritanie au Caire :
M. Alassane Yéro Bâ, journaliste, conseiller de 1ère classe
Nine Mint Sidi Mohamed, Institutrice, conseillère de 1ère classe
● Ambassade de Mauritanie à Dakar :
Mme Meghbel mint Sid’El Moctar, Inspectrice auxiliaire des finances, 1ère secrétaire
Bouthian Ould Soubeir, rédacteur d’administration générale, 1er secrétaire
● Ambassade de Mauritanie à Doha :
M. Baha Ould El Ghorby, employé administratif auxiliaire, 1er conseiller
● Ambassade de Mauritanie au Koweït :
M. Mohamed Lemine Ould Mohamed Abdellahi, attaché auxiliaire, conseiller de 2ème classe
● Ambassade de Mauritaie à Rabat :
M. Tourad Ould Mohamed Ahid, maître d’internat auxiliaire, conseiller de 1ère classe
● Ambassade de Mauritanie à Riyadh :
M. Mohamed Abderrahmane Ould Mohamed, rédacteur d’administration générale, conseiller de 2ème classe
● Consulat Général de Mauritanie à Dakar :
M. Abdellahi Ould Mohamed El Mamy, rédacteur d’administration générale, consul général de 2ème classe
M. Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, rédacteur d’administration général, consul de 2ème classe
● Consulat Général de Mauritanie à Djeddah :
M. Mohamed Bouya Ould Cheikh Mamouny, non affilié à la fonction publique, consul de 1ère classe
M. Moctar Ould Bah, brigadier chef de police, consul adjoint.
Le Secrétaire Général par Intérim
Bebbe Ould Mohamed M’Bareck

http://www.mauritanie-web.com/actualite.php?id=2745&debut=2745

Note: Info source : Mauritanie-Web via www.cridem.org




Le discours du cœur

3072007

   «Je voudrais dire à chaque veuve, à chaque orphelin, à chaque réfugié, chaque opprimé, blessé dans sa dignité, que je partage l’intimité de leur souffrance». Ces mots, prononcés en arabe, par le président mauritanien ont certainement fait vibrer les coeurs de dizaines de milliers de réfugiés mauritaniens attendant que soit ébranlé le processus d’un retour digne au pays. Vendredi soir, contre toute attente, Sidi Ould Cheikh Abdallahi s’est adressé aux mauritaniens pour rappeler son attachement à la consolidation de l’unité nationale et à la cohésion sociale qu’il a déclaré avoir placés au premier rang des priorités du programme électoral qu’il a proposé aux suffrages des mauritaniens lors du dernier scrutin présidentiel. Cette première intervention officielle du président mauritanien arrive dans un contexte où le débat est pourtant déplacé par certains partis politiques sur d’autres questions. Il y avait deux jours, l’union des forces du progrès, le rassemblement des forces démocratiques, le mouvement national pour la réconciliation, les réformateurs centristes, entre autres formations politiques, ont déclaré « désapprouver » ce qu’ils ont appelé des tractations pour l’installation de bases militaires américaines en Mauritanie. Ils ont en plus considéré que « l’installation de bases militaires étrangères sur le sol mauritanien porte atteinte à l’indépendance et à la souveraineté et constitue une menace pour la sécurité du pays et des citoyens« . 

Au moment où ils ont appelé les plus hautes autorités de l’Etat à s’exprimer clairement à ce sujet, c’est autrement que Ould Cheikh Abdallahi a visiblement répondu  : « Notre devoir est de faire de sorte que tous les mauritaniens puissent éprouver la légitime fierté d’appartenir à une grande nation. Qu’ils sentent que
la République les protège et les traite sur un même pied d’égalité, tous sans exclusive. » Histoire d’inviter les acteurs à se remettre sur la même longueur d’ondes.  Dans son discours de vendredi soir, il a au nom de
la République, exprimé sa compassion à l’égard de toutes les victimes des années sombres dans l’histoire du pays. Lesquelles années ont longtemps constitué le cheval de bataille de l’ex opposition radicale. « Assumer cette part d’ombre dans notre passé, rechercher les voies et moyens appropriés pour le retour dans la dignité des concitoyens réfugiés, régler le passif humanitaire et éradiquer les séquelles de l’esclavage, voilà qui continuent, de mobiliser nos efforts et notre réflexion, a dit le président de
la République. Autrement dit, rien ne reste apparemment dans la gibecière de l’opposition. A moins qu’elle ne se montre disposée à travailler avec le pouvoir. Des députés n’hésitent pas, maintenant que le combat pour la justice est également un souci du pouvoir, à chercher à noyer le problème dans une mare d’autres problèmes. Il s’en est trouvé qui ont dit que le passif des années quatre vingt concerne également le dossier du 16 mars 1981 tout comme celui des baathistes et des nasséristes, etc. La déportation dont s’est rendu coupable l’Etat mauritanien est, en plus du passif humanitaire, la plaie la plus béante de l’histoire de ce pays. La seule volonté politique du pouvoir peut-elle suffire pour cultiver l’espoir d’un règlement efficace et juste du passif humanitaire ?  Le premier discours de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, tombé au 72e jour de sa prise de fonction est plein de symboles. C’est la première fois en effet qu’il est question d’ « assumer cette part d’ombre dans notre passé », laquelle «  requière de faire preuve de tolérance et d’ouvrir dans notre histoire une nouvelle page où plus jamais ce genre de pratiques absurdes et d’un autre âge ne pourra se reproduire. » Sidi Ould Cheikh Abdallahi a invité tous ses compatriotes à « rétablir la confiance propice à une véritable réconciliation des esprits et des cœurs.» Ceci, un jour avant qu’il ne s’envole pour Accra, au Ghana. Là où justement il sera question, à la faveur du 9e sommet de l’union africaine, d’unité. Un discours suffisant pour donner une bonne dose de crédibilité à un chef d’Etat dont le ministre de l’intérieur avait révélé à la veille de la journée internationale des réfugiés que le HCR sera sollicité pour le retour des déportés mauritaniens. Ould Cheikh Abdallahi a d’ailleurs reçu, le haut commissaire au Ghana durant son séjour. Preuve certaine que la solution de la question est de plus en plus une réalité. 
On se rappelle qu’à l’issue des journées de concertations d’octobre 2005, les autorités de la transition militaire avaient choisi de laisser la résolution des véritables problèmes de justice à un pouvoir démocratiquement élu. Il y a un peu plus d’une semaine, un texte criminalisant les pratiques esclavagistes a été ficelé. Il attend d’être présenté au parlement. « Pas plus tard qu’hier (mercredi, 27 juin, ndlr.), le gouvernement a approuvé un projet de loi portant incrimination et répression de cette pratique abominable. Parallèlement aux efforts visant l’élimination des séquelles de l’esclavage, une grande vigilance sera observée pour réprimer les formes contemporaines de ce phénomène comme l’exploitation des mineurs, le trafic des personnes et toutes les autres formes d’exploitation de l’homme par l’homme. » Reste à savoir si Ould Cheikh Abdallahi parviendra à s’inscrire dans les pages de l’histoire de cette Mauritanie comme l’homme d’Etat qui a osé porter une touche salvatrice à la question, jusque-là contournée, de l’unité nationale. 

La question même de l’identité de la Mauritanie est sans équivoque. Pour le chef de l’Etat « au-delà de l’horizon national, ce choix garantira à notre pays une place éminente dans le concert des nations, place par laquelle il pourra affirmer sa personnalité et son identité propres, ancrées dans son environnement arabo-africain et dans ses valeurs islamiques ». Le choix dont il est question est celui de « faire en sorte que nos diversités soient vécues non pas comme un facteur d’exclusion mais bien comme un facteur d’enrichissement et que tous se reconnaissent dans les valeurs d’honneur, de fraternité, de justice, qui sont celles de notre république islamique. » Sidi Ould Cheikh Abdallahi a ainsi posé sans détours sa vision de la Mauritanie. Il y a au moins vingt ans qu’un discours présidentiel ne s’est pas avéré aussi conciliateur. Aux citoyens d’en saisir le sens profond. KD 

Source La Tribune N° 356 Encadré  La parole à Kaw Touré, porte parole des FLAM : 

«Nous sommes impliqués dans la vie quotidienne des camps et avons donc cette expérience nécessaire du terrain qui nous permet  de savoir mieux que quiconque ce qu’il faut pour réparer les injustices faites à nos compatriotes.»  LA TRIBUNE: Concrètement quel rôle peut et doit jouer le FLAM pour sensibiliser l’ensemble des mauritaniens à adhérer à cette volonté de règlement des questions du passif humanitaire, des déportés et de l’esclavage?   

     Kaaw Touré : Au moment où je vous parle, une mission d’explications et de sensibilisation des FLAM est dans les camps des Déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis le 29 juin. Ces rencontres  rentrent dans le cadre des relations de proximité entre notre Organisation et nos compatriotes et camarades déportés. Nous sommes impliqués dans la vie quotidienne des camps et avons donc cette expérience nécessaire du terrain qui nous permet  de savoir mieux que quiconque ce qu’il faut pour réparer les injustices faites à nos compatriotes.     

Le retour n’est acceptable pour les Déportés et les Réfugiés que si le principe de leur rétablissement dans leurs droits civils, professionnels et matériels est admis comme condition obligatoire à toute solution à ce problème. En tout état de cause, nous sommes disposés à travailler ensemble avec les partenaires obligatoires à la résolution de ce problème que sont l’Etat mauritanien, les autorités des pays d’accueil, le HCR et les ONG spécialisées à la préparation du plan du retour qui doit permettre d’actualiser le recensement   des Déportés, d’identifier leurs lieux d’origine, d’évaluer des préjudices qu’ils ont subis et de définir des mesures d’accompagnement pour le retour. Parallèlement,  en coordination avec nos amis et partenaires de l’intérieur et  avec nos amis des associations des victimes (les veuves, les rescapés, les orphelins, les  anciens déportés et exilés, des associations des droits humains) , nous mènerons des actions concrètes,  en fonction des engagements des nouvelles autorités dans le cadre de la politique de réconciliation nationale  et de lutte contre l´impunité.
   
   

La Tribune :   Vous aviez eu des contacts avec le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Peut-on croire que ces contacts ont été d’une quelconque influence, même si d’avance on sait que l’unité nationale était au coeur du programme du candidat Ould Cheikh Abdallahi?          K. T : Nous avons eu des contacts avec le Président  Sidi  Ould  Cheikh  Abdallah. 
Des entretiens  empreints  de courtoisie  mais directs. Je crois que si les problèmes que nous posions, et que nous continuons de poser,  ne l’intéressaient  pas, il n’aurait certainement  pas  éprouvé  le besoin de nous parler. Qu’il y ait eu quelque part une influence, je l’espère. Mais là n’est pas le problème. Ce qui, plutôt, nous semble important est qu’il  soit,  comme nous  depuis toujours, préoccupé au plus haut point  par la question nationale, question majeure par dessus  tous les autres défis.
Que certains quittent  enfin  leur théorie éculée  de lutte contre l’impérialisme, pour reconnaître, avec nous, que la question de l’unité nationale était et demeure première, ne peut que nous réjouir. 
Recueillis par Kissima 




Maison des cinéastes :

3072007

 Clôture de la semaine nationale du film (SENAF) : 

Une grande fierté ! La semaine nationale du film initiée par la maison des cinéastes en Mauritanie dirigé par Abdarahmane Ahmed Salem, a clôturé ses travaux vendredi dernier à l’ancienne maison des jeunes en présence d’un public très heureux.
La SENAF organisée du 23 au 29 juin 2007, a été l’occasion pour le public de découvrir la valeur des «  imraguens », une communauté peu connue des mauritaniens. Le réalisateur  belge Pierre Yves Vanderweerd  des « Cercles des Noyés », un film sur le passif humanitaire en Mauritanie, était à l’honneur dans cette deuxième édition. Le réalisateur des « Cercles des Noyés », un film que les mauritaniens ont entendu parlé sans avoir l’opportunité encore de le suivre, a  attiré l’attention du public sur la portée du cinéma. Pour lui un film doit servir de dialogue entre les populations pour une meilleure compréhension de leurs cultures. Dans une conférence de presse à l’ancienne maison des jeunes jeudi 28 juin, le belge a montré sa profonde désolation et son étonnement au public de la déprogrammation de son film « Cercles des Noyés ». Visiblement les autorités ont des doutes sur l’impact de ce film dans la société après sa projection. La projection est reportée pour trois semaines par le ministère de la culture. Pierre Yves Vanderweerd attire l’attention des autorités sur l’importance de montrer ce film et de se méfier des rumeurs qui pourrait engendrer un autre impact négatif. Dans plusieurs quartiers périphériques de Nouakchott, il y a eu des projections des films. A la fondation Mokhtar Ould Daddah, on a assisté à une exposition de photos  relatant l’histoire des «  imraguens » et la projection d’un film les concernant. On a découvert le rôle très important de la femme dans  la culture imraguenne. Au Centre Culturel Français, le film « le vent a soulevé les sables » de Marion Hansel a été également projeté. La dernière projection des films a eu lieu à Dara Naim où les habitants ont l’occasion de voir Keif Al Hal de Thiodor Mouslim. A la clôture de
la SENAF  vendredi 29 juin, la maison des cinéastes a remis des attestations aux sociétés qui ont contribué à la réussite de ce festival. Mais aux journalistes et autres  personnalités qui ont déployé d’énormes efforts pour couvrir leurs activités. Le belge a dit qu’il tournera son prochain film en Mauritanie. Il estime avoir été très frappé par l’accueil que lui ont réservé les mauritaniens. Pour rappel, Pierre Yves désormais une vedette dans notre pays, a tourné plusieurs, parmi eux, Némadis, des années sans nouvelles ,Une Parole libre, Racines lointaines, Cercles des Noyés un film non encore officiellement autorisé en Mauritanie etc. 

La SENAF a permis à la maison des cinéastes d’ouvrir un marché pour la vente des DVD et films arabe, africain et francophones. Abdarahmane Ahmed Salem directeur de la maison des cinéastes s’est montré très fier.   

Mamadou Sy  Source La Tribune N°356 




Rosso : La croix et la bannière pour passer la frontière

3072007

A.B. a quitté Nouakchott vendredi pour se rendre à Dakar. Conformément aux accords signés en 92 lors de la réconciliation entre le Sénégal et la Mauritanie, il faut entre autres, se munir de 50 euros que l’on se procure dans un bureau de change agréé. A.B. le sait et prend soin de se procurer ses devises à Nouakchott même, car il compte voyager très tôt et il n’ignore pas que très souvent à Rosso les voyageurs désireux de se rendre au Sénégal perdent un temps fou parce  que les bureaux locaux n’ont pas de devises.

8 heures : A.B. est à la grande porte de l’embarcadère. Un flic très sévère est de service ce matin là. Il empêche systématiquement les passagers d’emprunter cette porte théoriquement réservée aux véhicules depuis qu’un passage pour les piétons est ouvert vers l’est. Un petit bâtiment qui aurait coûté pas moins de douze millions d’ouguiyas. Pourtant de temps à autre le flic très sévère et très consciencieux laisse passer des piétons. Notre voyageur fulmine et décide d’aller vers le passage pour piétons. Il rencontre un policier qu’il connaît très bien. Mais ce dernier lui dit que son collègue de service est intraitable. Il aurait pu le faire entrer si c’était un autre mais avec celui là rien à tirer.

Passage piéton. Le percepteur se précipite pour faire payer les taxes. 50 UM pour les passagers et 20 UM par sac. Un flic demande à A.B. ses papiers. Il exhibe sa pièce d’identité, son carnet de vaccination qu’il vient d’acheter dans la rue et qu’il a lui-même rempli, et ses devises.

‘Ce n’est pas valable. Nous avons des instructions. Il faut faire le change dans les bureaux de Rosso. Vous devez revendre vos devises et en acheter ici. Vous perdrez environ 4000 UM dans la transaction’.

Retour à la grande porte. A.B. rencontre un trafiquant qui tient dans ses mains un paquet de carnets de vaccination dûment signés. Ce dernier lui demande 500 UM et se dirige avec lui vers le policier rigoureux. Il glisse l’argent discrètement dans la main de notre flic sans reproches qui ouvre la porte toute grande et laisse A.B. entrer.

Dans l’espace de l’embarcadère le va-et-vient est incessant. Les sénégalais dès qu’ils arrivent doivent remettre leur pièce d’identité au comité d’accueil (des policiers). Ils ne récupéreront ces papiers que sur présentation du document attestant qu’ils ont changé leurs devises. Avant d’aller au bureau de change il faut passer par la douane qui leur prend 500 UM et leur remet un bout de papier. Au bureau de change, les 50 euros sont achetés à 14 000 UM (le cours officiel).  Ils seront revendus aux mauritaniens en partance pour le Sénégal à 17 500,

voire 18 000 UM (toujours le cours officiel). Bénéfice assuré. Muni du papier délivré par le bureau de change, le sénégalais récupère sa pièce d’identité moyennant la somme de 1000 UM (le double en dehors des heures officielles de travail).

De l’autre côté du fleuve, les mauritaniens sont soumis à la même arnaque. Quand on est en règle, on paye 2000 F Cfa avant de sortir de l’embarcadère. Il faut également s’acquitter de la taxe municipale. Les Sénégalais toutefois n’obligent pas les  Mauritaniens à changer leurs devises.

Finalement, traverser la frontière, c’est la croix et la bannière. Pour cette raison beaucoup de voyageurs préfèrent faire des détours parfois très longs pour chercher des points de passage plus tranquilles.  Il y a lieu de la part des autorités de rappeler les policiers et autres douaniers à l’ordre pour assurer aux citoyens le droit de circuler en toute sécurité et en toute liberté.

DJIGO ABOUBAKRY 




Boghé : le ministre de l’agriculture et de l’élevage promet des réformes profondes

3072007

   

Le ministre de l’agriculture et de l’élevage, M. Corréra Issagha, accompagné des principaux responsables de son département a effectué ce samedi 23 juin 2007 une visite de travail à Boghé pour s’enquérir de l’état d’avancement des préparatifs de la campagne agricole 2006-2007. Au cours de leur séjour, le ministre et son staff ont eu un calendrier très chargé. Ils ont d’abord visité le chantier des travaux de réhabilitation du périmètre rizicole de Sinthiane-Diama (Commune de Dar-El Barka) exécutés par le PRPB où ils ont reçu les explications du directeur technique de la SONADER , M. Guisset et du Coordinateur du Projet, M. Mohamed Lemine O/ Cheikh Mohamed Salem. Le maire de Dar El Barka, M. Tidjane Kane a saisi l’occasion pour demander « la mise sur pied d’un plan d’urgence alimentaire pour les populations de sa commune menacées par la famine». Ensuite, le ministre et sa délégation ont visité Tour à tour, la Direction régionale de la SONADER, le PAHABO, le PRPB, l’Inspection départementale de l’agriculture et de l’élevage et le Centre de formation des Coopératives où ils ont suivi des exposés sur le fonctionnement de ces services. Au cours de ces exercices qui ont duré plus de 3 heures, le ministre a pu s’enquérir des principaux problèmes qui se posent au secteur rural.  

Dans l’après-midi, le ministre préside une réunion de travail avec les paysans qui ont répondu massivement à l’appel. Après une brève introduction faite par le Wali, M. Khyarhoum O/ Moustapha, le maire de la commune, M. Bâ Adama, a souhaité la bienvenue au ministre et à son staff dont « la présence traduit tout l’intérêt que les autorités de la République attachent à la vie de la municipalité » avant de rappeler « le contexte particulièrement difficile dans lequel se trouvent les populations durement éprouvées par la sécheresse qui a occasionné une flambée illicite des prix des céréales et une rareté des pâturages ». Enfin, après avoir présenté les différents systèmes de production qui caractérisent le paysage agraire de sa Commune, le maire a adressé au ministre un certain nombre de doléances dont notamment la réhabilitation du Casier Pilote de Boghé devenu vétuste depuis de longues années, la concrétisation de l’option de diversification agricole, la création d’unités de conservation et de transformation de produits maraîchers, la promotion d’unités de production d’aliments de bétail, la vulgarisation de l’insémination artificielle et le développement de l’aquaculture. Dans sa réponse, M. Corréra Issagha, a dévoilé le plan d’action mis en place par son ministère depuis mai dernier pour améliorer la production en concertation avec les acteurs du secteur. Cette stratégie repose notamment sur l’octroi d’un crédit de campagne aux producteurs, la création de conditions propices à l’accès aux intrants (engrais, semences sélectionnées) par l’adoption d’une politique de stabilisation des prix, l’indemnisation des sinistres, l’octroi de primes aux meilleurs producteurs (rendements supérieurs ou égaux à 4 tonnes à l’ha) , le renforcement des capacités de la lutte anti-aviaire et sa coordination avec le Sénégal voisin et enfin l’équipement des agriculteurs en tracteurs et motopompes par l’octroi de crédits à échéance de 7 à 8 ans. Une attention particulière sera accordée aux coopératives maraîchères féminines les plus dynamiques en leur créant des unités de stockage et de conservation de légumes et en appuyant la commercialisation de leurs produits. Quant au sous-secteur de l’élevage, le ministre a promis que des mesures seront prises pour assurer la vaccination d’au moins 80% du cheptel à des prix subventionnés par l’Etat.  

Les paysans et éleveurs ont à leur tour pris la parole pour exposer les multiples problèmes auxquels ils sont confrontés et qui handicapent le développement du secteur. Ils ont notamment évoqué la nécessité de mettre en valeur toutes les superficies cultivables, la réhabilitation des périmètres rizicoles, la mécanisation de l’agriculture irriguée, la multiplication de parcs de vaccination, la subvention des prix des aliments de bétail et la crise qui affecte le CPB. Le ministre a enfin promis d’apporter des réponses adéquates à ces problèmes après une étude approfondie avec les responsables de son département. 

Abou Boubou Fall, Cp. Brakna 




Préavis de grève

3072007

 Par le billet du collège des délégués du personnel, les travailleurs dela Mauritel S.A, ont lancé un préavis de grève de 10 jours ouvrables à partir du 25 juin 2007. Pour ces travailleurs, le motif de ce préavis de grève , c’est  le  non respect du calendrier de négociations sur le volet social de commun accord depuis 09/08/2006, l’application  illégale depuis le mois de janvier 2007 d’un nouveau statut du personnel non valorisant qui était en cours de négociation et dont le régime indemnitaire  et les avantages en nature n’ont été présentés  au collège que le 25 avril 2007, le blocage systématique des négociations sur la plate forme revendicative générale. Ils ont aussi noté qu’à l’issue de cette action, si les revendications contenus dans le PV de l’assemblée générale susmentionnée ne sont pas satisfaites, les travailleurs réserverons le droit d’observer une grève générale de 48 heures à partir de jeudi 12 juillet 2007, renouvelable en fonction, de l’évolution de la situation. Compte rendu par Sy 




autorite de regulation

3072007

  COMMUNIQUE du 26 juin 2007   

Relatif AUX sanctionS PECUNIAIREs des opérateurs mobiles MATTEL sa et mauritel mobiles Comme annoncé dans son communiqué du 6 juin 2007, l’Autorité de Régulation a effectué une mission d’enquête du 30 avril au 15 mai 2007 portant sur la qualité de service fourni par les opérateurs mobiles Mattel sa et Mauritel-Mobiles. Cette mission a permis de constater des manquements aux engagements prescrits à l’article 9 des cahiers des charges de ces mêmes opérateurs. 

En conséquence, et en application des dispositions réglementaires en vigueur et notamment l’article 6 de la loi 99-019 du 11 juillet 1999, Mattel SA et Mauritel-Mobiles ont été prévenus par lettres de griefs leur signifiant l’intention de l’Autorité de Régulation de leur appliquer les sanctions pécuniaires prévues par
la loi. Dans le même temps, ils ont été invités à communiquer leurs éventuelles remarques et observations sur cette question dans les dix jours calendaires suivant la réception des lettres susvisées. 
Les motifs invoqués par Mattel SA et Mauritel-Mobiles dans leurs lettres-réponses n’étant pas pertinents pour justifier les manquements graves à leurs obligations contractuelles, l’Autorité de Régulation a décidé de leur appliquer les sanctions pécuniaires suivantes : 

Pour Mattel SA, une sanction d’un montant de 137 030 000 UM (Cent trente sept millions trente mille ouguiyas) concernant les villes et localités : Néma, Adelbegrou, Ould Yengé, Bassiknou, Timbedra, Sélibaby, R’kiz, Chegar, Aioun, Zouérate, Mederdra, Magta-lahjar, Guérou, Atar, Nouadhibou, Kankossa, Aleg, Elghaira (Djouk), Lekhderate -- Zravia, Tintane et Bareina. Pour Mauritel-Mobiles, une sanction d’un montant de 116 290 000 UM (Cent seize millions deux cent quatre vingt dix mille ouguiyas) concernant les villes et localités : Timbedra, Zouérate, Bassiknou, Kiffa, Sélibaby, Aioun, Kankossa, Néma, M’bout, Tamchekett, Akjoujt, Elghaira (Djouk), Tidjikja, Magta-lahjar, Djigueni, Guérou, Amourj, Adelbegrou, Barkéol, Maghama et Nouadhibou. 

Ces montants sont recouvrés comme créances de l’Etat et versés au Trésor Public. Les textes intégraux des décisions, n° 02/07/CNR/AR pour Mattel sa et n° 03/07/CNR/AR pour Mauritel-Mobiles, sont en ligne sur le site web de l’Autorité de Régulation : www.are.mr 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

3072007

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est, sans aucun doute, un homme de bonne foi. Sans aucun doute, il a le sens de la responsabilité historique. En tout cas beaucoup plus que ces prédécesseurs immédiats. Ceux qui ont causé tant de torts à la Mauritanie en orchestrant, en organisant, en exécutant des plans machiavéliques visant à diviser les communautés et à affaiblir le pays. Car il faut comprendre les événements de 89 et suite comme une attaque contre le système d’immunité sociale que notre peuple a cultivé des siècles durant. Certes le CMJD nous devait de résoudre tous les passifs qui relèvent de l’exercice du pouvoir par l’Armée. Le courage a manqué comme pour le reste. N’empêche… Pour dire que le Président Ould Cheikh Abdallahi a ouvert une voie à la réconciliation nationale. C’est le mérite d’avoir eu ce courage qui en fait, espérons-le, le président de la rupture possible. Seulement, cet homme doit savoir compter sur le soutien des bonnes volontés dans ce pays. Mais pour cela, l’homme doit entendre les propos qui suivent. Le discours du Président nous a-t-il permis de mieux comprendre ce qui s’est passé en 1989, 1990 et 1991 ? Certes non. Parce que le Président a évoqué des dates sans donner le détail des événements. Alors qu’on ne peut solder un compte sans en faire le détail. 70% de la population mauritanienne ont moins de 25 ans aujourd’hui. En 1989, ils avaient moins de 10 ans. Quelle conscience avaient-ils des événements qui ont ensanglanté le pays, qui lui ont fait porter des blessures qu’il doit soigner encore aujourd’hui ? Entre ceux-là et ceux qui, de bonne foi, avaient été mal informés, ou sous-informés, nous pouvons chiffrer à 90% les Mauritaniens qui ignorent totalement ou partiellement ce qui s’est passé en ces mois d’avril et mai 1989 en Mauritanie et au Sénégal. Que dire des événements de 90 et 91 ? Là, faut-il le rappeler un amalgame est entretenu par ceux qui discourent sur des thèmes de campagnes plutôt que de parler de problèmes réels du pays. En 1990 et 91, c’est au sein de l’Armée que des événements graves se sont passés. Personne aujourd’hui ne peut dire avec exactitude la nature ni la portée de ces événements. Même les militants de première heure de cette cause. Même les rescapés. Il y a eu le rapport, jamais publié, de la fameuse commission mise sur pied par l’ancien président Ould Taya et qui comprenait N’Diaga Dieng, Sidina Ould Yehye et Baby Housseinou, trois colonels de l’Armée qui doivent avoir été le moins perspicace possible. Mais à part ce rapport à jamais rangé dans les tiroirs de l’oubli, il n’y a jamais eu travail de référence. L’enquête sur le sujet nous avait valu, à Mauritanie Demain, la première censure du premier périodique indépendant du pays. Le sujet était tabou dans les sphères du pouvoir. L’opposition l’instrumentalisait dans sa bataille contre le pouvoir. La réalité et la vérité sur ce qui s’est passé dans les casernes se sont perdu entre les deux. Deuxième niveau d’amalgame, c’est quand on introduit en même temps le sujet de l’éradication de l’esclavage, et non des séquelles comme on se plait à dire dans certaines sphères. L’esclavage est une tare du passé lointain. Elle a survécu à l’évolution du pays et de la société. Parce qu’on a préféré les engagements mous à la franche lutte contre cette tare. L’esclavage existe, nous sommes maintenant d’accord là-dessus. Pourquoi tergiverser dans la recherche à l’éradiquer ? Pourquoi atténuer les mots pour dire notre volontarisme de lutter contre cette pratique abjecte ? Entre ‘criminaliser’ et ‘incriminer’, entre ‘pratique’ et ‘séquelle’, entre ‘frauduleuse’ et ‘délibérément’, entre ‘victime’ et ‘prétendue esclave’… il y a des différences. Les mots ont leur poids. 

Le discours nous a-t-il permis de savoir comment les autorités entendent résoudre ces problèmes ? Si pour le problème de l’esclavage nous savons que le point de départ de la lutte contre la pratique sera le projet de loi adopté par le gouvernement et qui doit incessamment passer devant le Parlement, on ne sait rien des autres problèmes abordés. Le discours ne fait état d’aucune démarche, d’aucune commission, d’aucun projet en ce sens. Il tait même l’existence d’un comité interministériel déjà mis sur pied. Où en est-on ? avec quels hommes va-t-on agir ? avec quels moyens ? Le discours du Président Ould Cheikh Abdallahi est une avancée notoire, légitimement saluée par les militants de la cause et les partis politiques. Mais il manque d’opportunité. Un Président parle quand il a quelque chose à annoncer. Quand il a un éclaircissement à faire sur une situation donnée. Dans son discours, le Président a simplement réitéré un engagement pris avant et après son investiture. Il a répété ce que son ministre de l’intérieur a déjà dit. Pas de chiffre, pas de récit. Simplement des bonnes intentions sur des thèmes de campagne. Alors que le moment est venu de proposer des solutions claires, mettre en marche un processus en vue de résoudre des problèmes réels. Même s’il a engagé la responsabilité de la République, il n’est pas allé jusqu’à demander pardon au nom de cette République. Qui a pourtant manqué de protéger ses enfants contre les errements, qui n’a pas pu assurer l’égalité, la justice, l’équité à ses enfants…  Ce discours, à mon sens, devait être non pas un coup d’envoi mais le couronnement d’un processus. A ce moment des conclusions seraient tirées, des chiffres donnés, des comptes soldés. A ce moment seulement. Source la Tribune N°356 




Nominations

3072007

Nominations : Une logique derrière chaque nomination 

On ne peut reprocher au Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi d’avoir ‘récompensé’ certains de ses soutiens en les nommant à des postes de haute responsabilité. C’est pourquoi nous ne nous attarderons pas sur le dernier mouvement dans la diplomatie. Parce qu’il a été plus le redéploiement de certains cercles ayant soutenu le candidat qu’autre chose. Il est aujourd’hui utile de souligner que sur l’ensemble des nominations, on peut quantifier la part de chacune des ‘forces’ en présence. 

Ainsi environ de 70% des ‘nominés’ sont à mettre sur le compte du Premier ministre Zeine Ould Zeidane. Il s’agit de la plupart des secrétaires généraux des ministères, de la majorité des directeurs centraux et des conseillers des ministres. ‘Sa’ nomination la plus déterminante reste celle du président de la Commission centrale des marchés, en la personne de Ahmed Ould Moulaye Ahmed dont la compétence et l’intégrité sont rarement mises en cause par les cercles hostiles à tout ce qui est proche du PM. 20% à peu près des nommés le doivent au Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Parmi ces nominations que l’on met sur ce compte, celle du Gouverneur adjoint de la BCM, Cheikh Sidi el Mokhtar Ould Cheikh Abdallahi qui revient à ce poste qu’il a occupé plus d’une décennie sans discontinuer. D’un autre ‘cousin’ à la tête du Port autonome de Nouakchott. On préfère ici mettre en avant cette relation de cousinage avec le Président plutôt que les qualités de Ahmedou Ould Hamed, le nouveau directeur du PANPA. Parce qu’on estime que cette institution est une source d’enrichissement, et on oublie toutes les difficultés qu’un gestionnaire normal, comme Ould Hamed, pourrait avoir pour lui faire jouer le rôle qui doit être le sien. Du directeur de la SOMELEC en la personne de Mohamed Salek Ould Heyine, ancien A-DG de la SNIM et qui a été choisi pour redresser cette société en déconfiture complète. Il est sûr que la personnalité de Ould Heyine, son expérience aussi plaident pour lui. Il suffit de savoir mettre à profit les grandes compétences de la société et lui chercher les ressources qu’il faut pour la remettre en marche. Un autre directeur qui doit sa nomination au Président, celui de Radio Mauritanie. Mohamed Kaber Ould Hamoudy, professeur de maths de son état, a été envoyé à la radio remplacer Mohamed Yahya Ould Haye. Un profane pour faire mieux qu’un professionnel. Un recul en somme quand on sait que Ould Hamoudy n’a rien à voir avec le domaine. Sauf si son arrivée à la tête de cette institution va signifier un ‘meilleur contrôle’ de cet outil de communication. C’est d’autant plus probable que le Président s’est plaint ces derniers temps de l’exercice de la liberté d’expression par les médias publics. Ould Hamoudy qui s’est beaucoup investi dans la campagne de Ould Cheikh Abdallahi ferait bien l’affaire, lui qui a fait l’école marxisante et qui sait donc comment étrangler la liberté sans la tuer. 

Les 10% restant seraient du ressort des ‘forces occultes’. Le directeur général des douanes est un colonel qui aurait été promu pour ses relations avec les colonels Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani, tout comme les autres militaires promus depuis l’avènement de la nouvelle République : Ould Mohamed Saleh comme adjoint au chef d’Etat Major de l’Armée, Hadi Ould Sidiq à la Garde. D’autres promotions seraient à mettre sur le compte de ces ‘puissances latérales’.  Comme nous le disions dans nos précédentes éditions, c’est plus les (dé)nominations injustifiées qui posent problème. On a pensé d’abord à une ‘déElitisation’ : une chasse aux amis réels ou supposés du colonel Ely Ould Mohamed Val qui a eu la mauvaise idée de quitter le pouvoir sans assurer ses arrières. Une expression qui l’a sorti de ses gonds une fois. Le colonel Ould Cheikh Ould Alem, Mohamed Ould Mohamedou des Douanes, celui du PANPA, de la SOMELEC, de la Radio et on en oublie. Puis le Président Ould Cheikh Abdallahi a expliqué dans des réunions avec des activistes politiques qu’il se refusait d’interférer dans les choix des ministres. Parce qu’il estimait qu’ils ont une mission et pour ce faire ils doivent s’entourer de collaborateurs en qui ils ont confiance. Certains sont allés jusqu’à nommer des cadres privés à des postes de directeurs que seuls les fonctionnaires peuvent occuper. Comme sous la transition quand des gens sans références, étaient appelés à entrer frauduleusement dans le cercle de la fonction publique. 

Ce cycle de nominations/dénominations a pris une ampleur la semaine dernière avec l’affaire de la SOMAGAZ. Le président du conseil d’administration de cette société mixte, Ba Bocar Soulé, a reçu l’ordre du ministre de tutelle, Oumar Ould Yali, de nommer Achour Ould Samba en lieu et place de Nagi Ould Bouceif. Notification est faite aux intéressés le mercredi matin dernier. C’est en fin d’après midi, le même jour, qu’ordre a été donné par l’intérimaire de Ould Yali, Coréra Issaga de l’agriculture, de revenir sur la décision. La passation de service avait commencé en milieu de journée. La première explication était celle-là : le Président de la République n’a pas été informé, il a jugé la nomination mal-à-propos et l’a annulée. Lui qui, hier encore se plaignait de la demande d’interférence de ses collaborateurs, le voilà qui dénoncerait l’acte de l’un d’eux et qui plus est un ministre de l’APP. En réalité la nomination aurait dû avoir l’aval des algériens, premier actionnaire de la société. Un minimum de courtoisie envers une nation avec laquelle les relations ne sont pas au beau fixe. Quoi qu’il en soit cette affaire de la SOMAGAZ a laissé perplexe et a affecté encore plus l’image du processus de la décision en Mauritanie. Une des raisons du scepticisme ambiant. Qu’il faut ajouter à tout le reste.

Bechirou Wade

Source La Tribune n°356 




esclavage en Mauritanie

3072007

Loi sur l’esclavage : Tout n’a pas été dit 

A peine la journée de sensibilisation sur l’avant-projet de loi relative ç l’incrimination de l’esclavage, se termine, le gouvernement adopte le projet de loi sans avoir tenu compte des observations émises par les ONG’s de lutte contre la pratique. Nous avons choisi de vous faire part des observations faites par SOS-Esclaves, sans doute l’ONG la plus implantée et la plus concernée par la question. Sur l’exposé des motifs, SOS-Esclaves a fait les remarques suivantes : - Absence notoire et injustifiable au référentiel religieux qui aurait pourtant armé, ou du moins réconforté les militants anti-esclavagistes ; -Absence d’une définition claire de l’esclavage traditionnellement vécue en Mauritanie et les autres formes modernes que l’on rencontre aussi en Mauritanie ; -Absence de définition des séquelles ; -Absence d’un renvoi aux expériences des autres communautés internationales ; -Absence de renvoi à une éventuelle structure dynamique d’accueil et de prise en charge des esclaves qui leur fournit assistance ; -Absence de renvoi aux aspects socio-économiques et culturels qui sont de nature à compléter un traitement global et approprié de l’esclavage ; -Renvoi assez timide aux engagements internationaux de
la Mauritanie ; -Absence de citation expresse de
la Convention 1926 pour esquiver les définitions et catégorisations qu’elle retient et certainement aussi les obligations positives qu’elle impose à la Mauritanie.

Concernant le dispositif lui-même, l’organisation relève : L’article 2 : donne une tentative de définition de l’esclavage et oublie d’en donner pour l’esclave c.a.d. la victime. Article 3 : Est la seule disposition qui traite du crime de l’esclavage sans pour autant proposer une caractérisation suffisante, par conséquent, tomberont, peut être, dans la catégorie des délits.

Les peines proposées par l’article sont, parfois, moins sévères que celles que propose le CP Mauritanien pour les crimes moins graves que des crimes contre l’humanité V. l’article 18 du CP (cette notion a été évitée par le projet alors qu’elle doit y figurer pour une question de conformité avec la convention internationale). La formulation du dernier alinéa mérite d’être revue dans le sens de l’obligation et non d’une faculté V. article CP. Article 4 : Cet article introduit une nouvelle notion (prétendue) qui est grave de conséquences : -Création d’une nouvelle catégorie celle des prétendus esclaves. Faudra-t il que la victime prouve qu’elle est esclave et la charge de la preuve lui incombe pour se défendre. Il serait compréhensible que toutes les victimes ne seront jamais entendues dans la mesure ou les maîtres argueront toujours d’autres liens que la servitude obligeant ainsi les victimes à produire les preuves. Article 5 : Il correspond à l’enlèvement des mineurs et la sanction doit être plus sévèrement appréciée V. les articles du CP 322 et suivants et les articles 10 et 54 de la loi 015 2005. Article 8 : Prévoit une peine de six mois à deux ans, cette peine est de toute évidence non appropriée dans la mesure ou il s’agit d’un viol qui doit être sanctionnée par la peine prévue pour le viol. Article 9 : L’infraction relative à l’apologie de l’esclavage doit être associée à l’apologie du racisme, tribalisme ou régionalisme et sanctionnée par le dispositif pénal relatif à la sanction des délits de presse V. les articles 263 et suivants du CP. Article 10 : La discrimination doit porter sur toutes les formes de discriminations qu’elle  qu’en soit les victimes : esclaves ou autres (racisme…). Cette remarque vaut aussi pour les articles 11 et 12. Article 13 : Omet le recel. Article 14 : Cette disposition est sans intérêt puisque le but recherché par les ONGs des Droits de l’Homme est la possibilité de se constituer partie civile et non de continuer de dénoncer comme elles avaient la possibilité de le faire.

Pour l’organisation, la lecture de l’avant projet laisse apparaître d’énormes différences entre les versions arabes et françaises d’où la nécessité de les harmoniser en soignant surtout la terminologie utilisée (dans la version arabe le terme utilisé pour signifier l’esclavage n’est pas expressif voire insignifiant surtout qu’il prête à beaucoup d’interprétation. Dans la version française l’avant projet parle d’esclavage alors que dans la version arabe on parle plutôt de séquelles ce qui n’est pas sans soulever des doutes sur les intentions d’autant plus que la version arabe est considérée Originale). L’avant projet n’a fait aucun effort de rapprocher
la Justice du justiciable en rendant les droits plus accessibles par une procédure gratuite, simplifiée et une compétence généralisée. Le projet doit s’accompagner des mesures à caractère pédagogique susceptibles de favoriser l’épanouissement culturel des catégories sociales cibles.   

Source La Tribune N° 356                               




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

3072007

La’ mauritanité’ ? L’action de la nouvelle équipe est contestée. Tout simplement, il y a un dysfonctionnement sérieux. Elle hésite, elle doute, elle patauge, elle nomme. Elle lui manque toujours cette sincérité recherchée. D’après tout, elle est composée de politiques, de technocrates politisés, tout ce monde n’arrive pas à rassurer. Pour rassurer, ils (elles) devront être plus proches des citoyens. Certaines fonctions demandent une investigation palpable. « Aux journalistes de nous aider», laissent croire  de hauts fonctionnaires de cette hiérarchie. Qui aidera  les journalistes ? Un cadre du trésor public m’avait expliqué, par ailleurs, que « le fonctionnement administratif souffre d’une lenteur flamboyante ». Quant aux nominations, les choses ne font pas l’unanimité. 

En réalité,  il y a des directeurs, des chefs de service quoique souvent expérimentés, ils sont nuls. L’expérience n’est plus un critère de compétence. Etre dirigeant demande un degré de réflexion un peu poussé par rapport à la norme qui prévaut dans ce pays. Les chefs de services, les agents d’actions, les techniciens devront être choisis selon des critères solides. Parfois, nous avons l’impression qu’être dirigeant, c’est juste être littéraire. Désolé,  être dirigeant, c’est avoir l’art de prendre des décisions transversales. C’est l’art d’innover, de faire sortir l’essentiel et de le mettre en pratique.  Sérieusement, il y a des fonctionnaires qui ne foutent rien dans leurs services. Ils ne savent même  pas ce qu’ils  font. Ils sont là, ils veulent que l’un des leurs soit nommé sinon ils vont critiquer l’ordre administratif. Une femme, des femmes, un homme, des hommes   trimbalent dans les ministères. Leurs seuls soucis, c’est d’avoir de l’aide.  L’une de ces citoyennes me faisaient la louange d’un ancien haut fonctionnaire du CSA, elle me disait que celui-ci est hors pair. Il donne des centaines de mille d’ouguiyas  à des gens qui  veulent des subventions. A cette remarque rétorquait  un planton de la place  en confirmant « qu’il est inadmissible que ce fonctionnaire paye de l’argent de sa poche ». Une autre femme disait que « si ce fonctionnaire se présentait pour les élections présidentielles, elle votera pour lui ». Les raisons de ces femmes sont claires ;  Elles sont pauvres. Une couche de notre société (des femmes en majorité) souffre. Elles  ne sont  pas préparées à travailler, la productivité n’est pas dans leur culture. Le mariage et la dépendance vis-à-vis de l’homme demeurent  leurs seuls atouts. L’homme quant à lui dépend de l’ordre social qui le pousse à faire tout pour nourrir des individus qui n’ont aucun langage de la notion de la productivité ! D’autres compétents  sont marginalisés. Les contradictions sociales poussent des femmes à être soumises à la dérive. La vertu de l’apparence les détruit. Certaines femmes sont  poursuivies par la justice qui  les attaque sans pour autant chercher une explication de la racine de leur dérive. Des autres avec un nombre d’enfants considérables vivent sans l’aide de leurs époux. Elles sont divorcées, elles vivent avec « je ne- sais- quoi ». Parfois elles se livrent à toutes les pratiques possibles (en cachette et moyennant une  contrepartie pécuniaire) afin de faire nourrir leurs enfants. A partir de ce qui est, nous pouvons faire une petite  projection sur l’avenir  du pays. D’ailleurs nous  sommes  classés parmi les  36 pays les  plus pauvres de cette planète, avec le Tchad et autres pays en situation de guerre civile. Dur, dur d’être mauritanien ! Je vous invite à une visite à l’une des « kéba (quartier périphérique de Nouakchott ». Essayez  de rester chez l’une de ces maisons une demi-heure. Sentir leur souffrance, leur marginalisation et tentez  ensuite de faire un diagnostic interne. Que vaut être mauritanien ?  Faire souffrir et se montrer plus élégant, plus riche. Avoir sa voiture, ses maisons  ou bâtir une nation qui se respecte ? Être mauritanien c’est être pauvre, souffrir, faire souffrir, ignorer, faire semblant. Faire croire, duper et se faire duper, applaudir pour vivre et arracher son gagne -pain par n’importe quel moyen. La conditionnalité humaine l’exige !?      m_barrada@yahoo.fr 




Nouadhibou : Une commune à la dérive?

6072007

Depuis son installation le 14 décembre 2006, c’est le premier exercice de communication de la nouvelle équipe municipale à la tête de la commune de Nouadhibou. C’était à l’occasion d’une conférence de presse tenue ce jeudi 28 juin dans la salle des conférences de la mairie.

Mohamed Ould Elmane, conseiller UFP et porte-parole de la commune a animé la conférence en présence de trois conseillers. Dans son exposé il a brossé la situation  financière de la commune qui a dégagé un excédent budgétaire de 2.042.893 um. Les recettes de la commune s’élèvent selon lui à 86.000.000 um. En outre la commune a perçu 30.000.000um des partenaires chinois. Les chinois doivent encore à la commune 60.000.000 um dus aux travaux publics.

La commune de Nouadhibou emploie 427 travailleurs dont 108 occasionnels, 44 femmes et 44 indigents. La mairie est parvenue à payer 5 mois d’arriérés de salaire.

Le budget de la mairie pour l’exercice 2007 (entre 120 .000 000 et 200.000.000 um) n’est pas encore débloqué au niveau de l’Etat ; ce qui, selon le porte –parole, handicape la commune. Un autre chapitre sera consacré à la visite que le maire a effectué récemment à Las palmas. Le résultat du séjour canarien du maire est jugé satisfaisant par les conseillers municipaux : 1 conteneur de 20 tonnes en produits divers (équipements sportifs…), 5 tonnes de médicaments, 3 camions-poubelles et un chèque de 40.000 euros. La mairie de Las Palmas se serait aussi engagée à former une police municipale à Nouadhibou.

Le maire Vadel Ould Abou Bekrine a ajouté qu’il a trouvé une situation ‘pourrie ». « Les différentes équipes qui se sont succédé n’ont rien fait pour assainir la mairie ». Le maire a ajouté que la commune de Nouadhibou est une commune très pauvre « contrairement à ce que les gens pensent ». Nous avons besoin de temps pour agir, a t-il conclu.

L’ombre d’El Ghassem Ould Bellali, ancien maire, a plané sur la rencontre. Le porte-parole a fait allusion à des « personnes mal intentionnées tapies dans l’ombre qui sabotent nos efforts ». A une question sur le boycott des amis d’El Ghassem, le porte -parole a dit « Nous avons une majorité confortable. Nous n’avons besoin de personne. » (6 conseillers RD et 1 conseiller APP ont décidé, depuis ce qu’ils appellent le ‘putsch du 14 décembre’, de ne pas siéger ‘avec les traitres’, ndlr). Les rapports entre les deux camps, on le voit, sont compliqués. Les deux s’accusant de nuisance.

Ce vendredi  un conseiller municipal proche de El Ghassem a publié un long brûlot  intitulé « Nouadhibou : Une commune impériale à la dérive » distribué dans la ville et qui est censé recenser les ‘tares’ de l’équipe aux commandes dont les moindres sont ‘incompétence’ ‘, illégitimité’, ‘ non cohésion’, ‘inexpérience’, ‘corruption ‘, ‘légères mœurs’… Le papier en question suscite des commentaires dans la ville.

Selon l’équipe aux commandes, El Ghassem prépare ‘un holdup’. ‘Il n’a pas digéré sa défaite et il complote contre nous’ confie un conseiller. Un autre ajoute : « Il n’a pas hésité à s’allier avec le diable, à brader ses principes pour tenter de revenir à la tête de la municipalité”. Beaucoup de commentateurs s’attendent à ce que l’Etat interfère dans ce conflit. « Le ministère de l’intérieur doit dissoudre cette équipe qui n’arrive pas à travailler » analyse H. un ex-candidat aux municipales de 2006. B. suggère que l’Etat entame des négociations entre les deux parties. Cette guéguerre fragilise la commune et ne rend pas service aux citoyens. K. juge que le « comportement des protagonistes est indigne d’élus du peuple ». Pendant ce temps Nouadhibou continue à s’enfoncer.

Athié Youssouf

CP/Nouadhibou

Ps : Les services de la voirie fonctionnent correctement et beaucoup d’employés jugent positifs les actions du nouveau maire notamment en ce qui concerne le paiement des arriérés de salaire.




Aux larges des côtes de Nouadhibou

6072007

Des poissons dévorent des poissons

Nouadhibou est la capitale économique de la Mauritanie. Elle est la grande place de l’exploitation de deux matières précieuses : le poisson et le fer. Les deux ressources qui ont fait couler la sève dans les artères de l’Etat. Un Etat qui est resté pour longtemps asséché sur les os. Mais…

Les «fils chéris» de Nouadhibou meurent à cause du passage de ces bateaux industriels qui écrasent les pauvres pirogues artisanales. Les uns veillent à accumuler les bénéfices. Les autres veillent à garantir un minimum pour vivre. Les uns ‘passent’ allègrement sur les autres. Combien sont-ils ? Dieu seul sait. Mais, on peut dire que les victimes sont nombreuses. Officiellement, la Gendarmerie, censée disposer des chiffres sur le nombre des victimes, ne peut pas nous les livrer. Elle exige qu’elle soit réquisitionnée soit par le Ministère de la défense soit par le Wali de Nouadhibou. Pour le wali, la réalité est tout à fait différente : «seul le chef d’Etat-major est habilité à faire parler la Gendarmerie». Bien qu’il représente le l’autorité publique dans une wilaya aussi importante, sur le plan géopolitique et géostratégique, que Nouadhibou, le Wali se dit ne pas disposer d’informations sur le phénomène. Et la bureaucratie, même si l’Administration monopolise l’information, nous prive de notre droit inaliénable et indéniable d’avoir accès à l’information. Ce qui ne nous empêchera pas de vous livrer quelques informations : «Assurez-vous que le phénomène n’existe plus» nous dit la Gendarmerie. «La seule aide que nous pouvons vous apporter, c’est de ne pas vous créer d’obstacles», nous dit le Wali.

Enquête : Mechri Ould Rabbany

Témoins oculaires

Ahmed Ould Amar est un pêcheur artisanal. Il confirme avoir vu de ses yeux de ‘grands bateaux’ «morceler délibérément des pirogues de pêcheurs artisanaux». Le phénomène ne demande pas, pour lui, de faire de longues enquêtes et investigations. Il suffit de passer trois à quatre fois par semaine au Port artisanal pour s’enquérir de la masse du drame. Il dit avoir vu, une matinée, un bateau écraser une pirogue alors que l’équipage de celle-ci dormait, «malgré qu’elle pêchait dans la région de 20/20 ».

Le capitaine Hmedtou Ould Sidi Maouloud n’oublie jamais le jour où il a remarqué un cadavre à la surface de l’océan. Il n’a pas douté un instant que c’était son ami qui a péri quelques semaines auparavant. Le camarade de Ould Sidi Maouloud a péri lorsque sa pirogue a été écrasée par un bateau : «je me rapprochais du cadavre. Mes amis reculaient. Ils n’osent pas s’avancer, du fait que les poissons ont déformé complètement les signes du cadavre. Particulièrement ceux du visage». Finalement, Ould Sidi Maouloud s’est occupé seul du défunt.  

Abdellahi Ould Saleck est un jeune de 35 ans. Il travaille dans la pêche artisanale depuis près de 10 ans, «lorsque le phénomène était presque généralisé et la panique régnait». Il se rappelle du jour où un bateau industriel a écrasé la pirogue de son cousin, Amar. C’était en plein jour vers 10 heures du matin. Ould Saleck et quatre autres pêcheurs étaient, comme d’habitude, au bord de leur modeste pirogue. L’équipe est commandée par Amar, le cousin, l’intime ami et l’alter ego de Abdellahi. Ils se préparaient à organiser le retour au bercail. Après avoir mis de gros poissons dans leur nasse. Aussitôt, un «énorme bateau» s’oriente avec une folle vitesse ver eux. La pirogue essaye de fuir le bateau.… Brusquement, la terre s’arrête de tourner. On compte deux décédés et trois survvivants. Par miracle.

Depuis, Ould Saleck jouit de la sympathie de deux mères : sa mère naturelle et celle de Amar qui le traite comme s’il était lui : «Cet amour qu’elle me consacre nous mène parfois en douleur. Comme lors de mon mariage lorsqu’elle est venue danser et déclarer devant tout le monde qu’elle fait cela à la place de Amar. Les éclats de rires et de joies se sont vite transformés en cris et larmes».

Séparation des corps 

Les Autorités concernées ont, depuis quelques temps, tracé des limites entre les zones de la pêche artisanale et celles de la pêche industrielle. Nous avons, nous confirme le capitaine Ismaïl Ould Mohammeden, un espace précis déterminé dans lequel nous pêchons : «Les zones 20/20, Tournal, Sag’a.. par exemple sont interdites à la pêche industrielle. Elles sont exclusives à la pêche artisanale. Mais dès que nous, qui travaillons dans la pêche artisanale, accédons aux lignes 200 et 210, nous devons faire volte-face. Parce qu’au-delà de la ligne 200 c’est dangereux pour nos pirogues et, de facto, pour nous. Les bateaux industriels, quant à eux, sont autorisés à pêcher exclusivement au-delà de la ligne 220. Il leur est interdit de pêcher entre les côtes et la ligne 220». Ce qui n’empêche pas l’existence d’une zone de frottement. Le même capitaine Ould Mohammeden dit avoir vu un bateau écraser une pirogue sur la ligne 140 : «le drame s’est passé à quatre heures du matin. Le bateau a continué de rouler comme s’il n’avait rien commis. Et bien qu’on l’a découvert plus tard, personne n’a pris la moindre peine de le sanctionner». Des sources officieuses confirment que la cause principale de ces actes est le non respect «de l’intégrité territoriale d’autrui». Elles disent avoir enregistré quelques cas près de la ligne 260 «loin des points de tangence».

Depuis quelques temps, les autorités ont décidé de faire un arrêt biologique annuel de deux mois. Deux mois pendant lesquels la pêche industrielle est interdite. Contrairement à la pêche artisanale. Une séparation des corps qui ne dit pas son nom.

Impunité signifie-t-elle complicité ?

Nos constats nous révèlent que le phénomène se déroule, généralement, loin des côtes mauritaniennes. Les victimes sont obligées de réagir le plus rapidement possible «surtout que les bateaux assaillants n’assument pas de bon gré leurs responsabilités sur ce domaine». Elles doivent, soit sauter dans les bateaux et les mener aux côtes mauritaniennes pour que la Gendarmerie fasse son constat, soit elles marquent les immatricules des bateaux pour ensuite les plaindre à la Gendarmerie nationale.

Pour le capitaine Issaq Ould Samba Djakité : «Si les bateaux étrangers portent préjudices aux pirogues nationales et celles-ci déposent plainte à la Gendarmerie, la Gendarmerie ne fait que les renvoyer à des dates ultérieures : revenez demain, on est à la recherche de l’intéressé, l’enquête n’a pas encore fini, votre plainte est prise en charge…. Si les plaignants montent au bateau pour le livrer aux autorités, celles-ci les arrêtent, les amendent et lâchent les étrangers». Djakité raconte l’histoire de ses deux collègues «tués volontairement par l’équipe d’un bateau industriel». L’histoire a commencé lorsque ledit bateau a écrasé la pirogue qui menait quelques collègues. Les pauvres ont sauté dans le bateau, demandant l’indemnisation : une pratique courante dans les cas pareils. Puis, ils ont procuré deux d’entre eux pour entamer les pourparlers avec le bateau. Les deux représentants restent au bord du bateau. Les autres se retirent pour rejoindre leur pirogue : «L’équipage du bateau ligote les deux artisanaux. Il les jette, pieds et mains enchaînés, au vu et au su de leurs camarades, dans l’océan. Puis le bateau prend sa route. Les pêcheurs ont, ensuite, manifesté pour montrer leurs mécontentements. Ils ont été dispersés par les forces de l’ordre. Et l’affaire est enterrée dans les coulisses de l’Administration».

Non assistance à personne en danger

Les pêcheurs artisanaux ne «subissent pas seulement cette épuration», selon Ould Weddad, ce pêcheur qui s’énerve pour un oui ou non. Ils doivent également supporter le mépris dont ils sont l’objet. Un mépris qui se transforme parfois en honte d’être.

Le capitaine Hmedtou Ould Sidi Maouloud et son équipe ont dû passer 24 jours en danger dans les larges de l’océan. Sans que les bateaux qui passent ne leur portent du secours : «Nous avons passé 24 jours en pleine mer sans eau ni nourriture. Les bateaux de toute sorte sont passés près de nous : les petits, les moyens et les gros. Nous les avons exhortés, tous, de nous secourir. Nous avons levé les morceaux rouges et les jerricanes d’eau demandant du secours… Ils comprenaient que nous étions en danger, mais ils nous avaient répondus avec mépris. En nous insultant parfois et en nous criant pouah». Pourtant, la non assistance à personne en danger est un crime que toutes les lois interdisent et sanctionnent.

Actes délibérés ?

Il est difficile de savoir si les bateaux écrasent volontairement ou involontairement les pirogues. Surtout que l’équipage de bateaux que nous avons rencontré nie définitivement l’existence de tels actes. Mais la tenue des concernés à contrôler l’information donne l’impression que ces actes ne sont pas innocents : le nombre des victimes est inconnu, les tenants et aboutissants des enquêtes sont tenus top secret. Pourtant, l’existence de tel phénomène est injustifiable….

Chaque pirogue de pêche artisanale prend différentes mesures pour se localiser. Elles disposent de lampes à courant alternatif de différentes couleurs: blanc, rouge, jaunes et autres. Certaines pirogues se juxtaposent l’une à côté de l’autre, formant ainsi une grande chaîne qui couvre une superficie considérable. S’y ajoute que les bateaux, eux aussi, s’équipent d’appareils de très grande précision. «Ces appareils leur permettent de voir, par points et virgules, les nœuds marins et les éléments les plus fins qui se trouvent devant eux. A plus forte raison, des pirogues entières de longueurs de quelques mètres», selon le capitaine Hmedtou Ould Sidi Maouloud. Celui-ci atteste que certains de ces bateaux tentent vainement d’éviter le drame. Mais que certains autres ne se soucient de rien «comme les bateaux et les navires qui transportent de bagages». Ce qui signifie pour lui que la plupart de ces actes sont bien délibérés.

Les pêcheurs ne dégagent pas implicitement cette accusation. Ils la disent clairement et à haute voix. A qui veut l’entendre. Pour eux, les bateaux ont bel et bien l’intention de liquider tous les pêcheurs artisanaux. Ils demandent aux autorités d’intervenir pour préserver «une nation en voie de disparition» selon un de ces pêcheurs. «Sachant que tous les Etats veillent à garantir l’existence, l’intégrité et les intérêts de leurs citoyens. Et viennent après les intérêts de leurs partenaires. Ce n’est pas une chose honteuse. Elle ne reflète pas, non plus, une mauvaise foi. C’est par ce genre de gestes que les Etats se respectent et font respecter leurs citoyens», ajoute-t-il.




La Mauritanie dément l’existence sur son sol d’un « Guantanamo Oualata »

7072007

 La Mauritanie dément l’existence sur son sol d’un « Guantanamo Oualata »

L‘information fait grand bruit en Mauritanie, pays musulman allié des Etats-Unis : les Américains auraient implanté en 2005 dans ce pays saharien un centre de détention secret utilisé dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

L’information a été publiée le 25 juin en quelques lignes à la fin d’un long article du magazine The New Yorker où le général américain Antonio Taguba, chargé de l’enquête sur les sévices infligés à la prison irakienne d’Abou Ghraib, met en cause les méthodes utilisées par l’administration Bush contre le terrorisme.

« J’ai été informé par (un) ancien haut responsable du renseignement et un consultant du gouvernement, écrit le journaliste Seymour Hersh, célèbre pour avoir révélé le scandale de la prison d’Abou Ghraib, qu’après la révélation de l’existence des prisons secrètes de la CIA en Europe, par le Washington Post à la fin de 2005, l’administration a répliqué en ouvrant un nouveau centre de détention en Mauritanie. »

L’article précise qu’à cette époque, après l’avènement en Mauritanie d’un « nouveau gouvernement ami des Etats-Unis«  consécutif au coup d’Etat pacifique d’août 2005, «  il était beaucoup plus facile pour les services de renseignement de cacher des vols secrets à cet endroit ».

A Nouakchott, l’Union des forces de progrès, parti d’opposition, a interpellé le gouvernement en réclamant l’ouverture d’une enquête sur « les prisons secrètes américaines en Mauritanie« . L’hebdomadaire Le Calame affirme que le centre de détention de Oualata regroupe 39 présumés terroristes et que les soldats américains entrent en Mauritanie sans visa.
« UN PAYS DE DROIT »
Sous le titre « Guantanamo Oualata« , le journal affirme que les informations du New Yorker viennent « corroborer les informations (…) selon lesquelles, depuis fin 2005, un mouvement de troupes était visible dans la zone de Oualata et de son fort (…) strictement gardé à près d’un kilomètre à la ronde ».

Situé à 800 km à l’est de Nouakchott, le fort de Oualata, édifié par les Français à l’époque coloniale, est tristement célèbre en Mauritanie pour avoir abrité à la fin des années 1980 une prison-mouroir pour les Négro-Africains opposants au régime d’alors, dominé par les Maures.
Cette succession de « révélations » a conduit les autorités mauritaniennes à publier un communiqué de total démenti. «  La Mauritanie est un pays de droit qui respecte les conventions internationales et ne pourra jamais accepter l’existence d’un tel centre sur son sol », a affirmé le porte-parole du gouvernement de Nouakchott. « Il n’y a pas de centre de détention américain sur le territoire mauritanien, a répété le ministère des affaires étrangères. La Mauritanie (…) n’est pas liée aux Etats-Unis par une convention de cette nature ».

Philippe Bernard

Article paru dans l’édition du 06.07.07.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-931886,0.html?xtor=RSS-3210

Note: Info source : Le Monde (France)




Santé : voyage au coeur de l’hôpital national

8072007

Ils sont des centaines pour la plupart des hommes et des grandes personnes, majoritairement originaires des quartiers de la banlieue de Nouakchott, de l’intérieur du pays à venir faire des consultations, se soigner ou rendre visite à un parent malade. 

 

« Je suis là depuis neuf heures et je n’arrive pas à accéder aux salles d’internement on doit quand même pouvoir rendre visite à nos malades à n’ importe quelle heure. » Cheikh Diagana, est professeur de français, quarante ans, originaire de kaedi. « En tant que hôpital national, je pense qu’il est trop petit pour accueillir tous les malades. Vous avez du constaté que les patients sont souvent stressés, qu’il n y a pas assez d’espace, de places, des banquettes. La preuve est que les malades ou leurs accompagnants s’asseyent par terre. Les structures d’accueil ne sont pas adéquats et font terriblement défaut ». 

 Même si Cheikh Diagana se dit très satisfait du travail du personnel soignant, il déplore le manque d’organisation et ajoute qu’il faudrait essayer d’améliorer les conditions de séjour et d’accueil des malades ainsi que les prestations de services. Si certains connaissent si bien cet hôpital, d’autres par contre  n’y ont jamais mis les pieds. Ces milliers de personnes sont logées à la même enseigne que Hamoude, trente ans, il vient de teyarett où il tient une quincaillerie. Visiblement fourbu, il nous explique qu’il est là parce qu’il a un ami qui a été transféré en urgence au service d’orthopédie et de traumatologie. Souvent aussi, on assiste à des grabuges entre les services de sécurité et les visiteurs. Thierno Dia, de carrure forte, assure la sécurité au service des urgences. Apparemment en colère et n’en pouvant plus de supporter les visiteurs qui l’embêtent, il lâche : « les visiteurs sont harassants et énervants. Nous, les services de sécurité, nous sommes fatigués par les visiteurs qui n’arrêtent pas de nous harceler, nous mettre la pression. Ils devraient au moins être compréhensifs envers nous  et qu’ils respectent les heures de visites » 

Au service de cardiologie, l’atmosphère est maussade. Des patients, femmes et hommes, avec des ages différents, se morfondent les uns dans leurs fauteuils roulants, d’autres sur les banquettes de la salle d’attente. D’autres encore dorment tranquillement dans leur coin car les attentes sont parfois insupportables. 

 Mohamed Ould Mohamed Lemine, trente ans, n’y est pas allé de main morte. «Dans un pays où les revenus sont très bas pour certains, il faut que l’état mette en place des structures d’assistance pour les populations démunies ou à défaut de cela réduire les coûts. Certes, l’état ne peut pas tout faire mais quand même il doit faire le minimum puis qu’il est là pour ça il doit prendre en considération les problèmes auxquels sont confrontées les populations en matière de santé. » 

Ce n’est pas seulement le manque de soutien que déplorent les patients interrogés. Il y a aussi le problème de la cherté des prestations de service. « Les consultations coûtent 5.000 ouguiyas et pour faire une échographie, il faut débourser 7.000 ouguiyas » affirme un patient et d ajouter « Les frais de médicaments varient en fonction de la durée de traitement qui peut atteindre des semaines voire des mois.» Une situation toujours difficile certes, et financièrement tracassante des sommes d’argent énormes ! Alors imaginez dans quel état doit se trouver un malade qui n’a d’autres revenus que sa souffrance et son inquiétude dans son calepin » renchérit un autre patient. 

Au service de chirurgie viscérale, on a rencontré Hadami, soixante ans, il vient de Ould Yenge, il a deux fois subi des opérations au niveau de la  prostate. Grâce au ministère de la santé et des affaires, il a pu être acheminé au Maroc. Actuellement, il se porte très bien selon sa propre expression. « Depuis 1995, je suis malade. Je suis parti au Maroc pour subir une deuxième opération. Maintenant, je suis revenu au pays puisqu au Maroc, les frais de traitement et de séjour sont très chers et le ministère de la santé et des affaires sociales ne s’occupe que de l’acheminement du patient. Je ne travaille pas et je ne suis qu’un démuni. J’ai adressé de nouveau une nouvelle demande de prise en charge au niveau du ministère de la santé. Les médicaments sont très chers. Un seul médicament coûte 10.000. L’hôpital ne s’occupe pas presque de nous. C’est nous même qui payons ce que nous mangeons ou achetons. Il ne prépare pas  de repas gratuits pour les patients encore moins donner gratuitement un médicament » 

Sans moyens financiers, certains malades comptent sur les prises en charge de l’hôpital ou du ministère de la santé et des affaires sociales. Là aussi, les chances sont très minces parce que selon les malades’ il n’ y a de transparence dans la délivrance des prises en charge. « Nous sommes arrivés à une période ou chacun est obligé pour survivre de se débrouiller tout seul. Les médicaments ne sont pas souvent à la portée des malades. Je suis contre le fait que certains malades n’aient pas accès à des soins convenables. L’état doit être en mesure de mettre en place une politique d’accès aux soins et non de laisser en rade une frange de la population puis que la santé est un droit pour tout citoyen » dit Baba Lemine 

Un mois après la visite du chef de l’état, rien n’a véritablement changé ou évolué dans cet hôpital qui essaie cahin caha de tenir son rôle de première structure hospitalière  en Mauritanie. 

 

Par Babacar Baye  Ndiaye 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

9072007

 

Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada 

 

 

La  nouvelle stratégie de  l’emploi a vu le jour financée par le PNUD et  réalisée  par un consultant ivoirien. Une condition du PNUD : il faut un consultant étranger pour un travail sérieux en Mauritanie. Il semble que nos consultants luttent contre la pauvreté à leur manière.   Le montant du financement de la nouvelle stratégie  reste top secret du moins c’est ce qu’a dit le consultant  ivoirien. Pour connaître le montant de cette consultation, il faut avoir l’aval du PNUD.  Comment il a été choisi par le PNUD ? Pourquoi des participants ont insisté sur  l’approbation de la    stratégie ? 

En effet, il y a une  quasi-inexistence  des chiffres  dans son rapport. En outre, le rapport n’est qu’une  extension des thèmes de référence déjà traités au pays .Justification invoquée : il faut mettre en place des organes spécifiques pour l’évaluation de la mise ne œuvre de ladite stratégie. Toutefois, les intervenants ont bel et bien fourni des chiffres, des prévisions, mais il manque encore d’autres précisions. 

Au cours de l’atelier de validation, une impression se dégageait : Une lutte sans merci  entre les organes concernés ; une guerre d’idée pour s’imposer et une capacité d’intervention déterminante.   

Le  financement du plan d’action suscite beaucoup  d’interrogations. Il est bien mentionné  que le PIB par habitant est de 610 dollars.  Ce qui sous entend que  les mauritaniens ne sont pas pauvres en majorité. Pour éradiquer  la pauvreté extrême, il faut que chaque mauritanien obtienne  un revenu de 365 dollars par an  alors que ce n’est pas le cas : 46 % des mauritaniens  n’ont pas cette somme.  Le gouvernement demande l’appui des bailleurs de fonds. Ces derniers sont  prêts à débloquer de l’argent. Le PUND est  ainsi prêt à appuyer  le gouvernement en ce sens. 

 Par ailleurs,
la Mauritanie est le pays le plus aidé   par habitant en Afrique : 80 dollars pour  chaque mauritanien  contre une moyenne de 20 dollars américains pour le reste du continent. Qui a bénéficié  de cette aide ?  Des produits destinés aux  pauvres sont vendus dans des boutiques ; des aides fictifs étant  déclarés par- là  par –ci alors que les sommes ont été détournées.   

Certes,   le plan d’action de la nouvelle stratégie est bon  mais sa mise en œuvre pose problème.  Par une simple observation, nous pouvons dire  qu’en Mauritanie  chacun cherche son intérêt.  Les chômeurs galèrent, crient  et la caravane passe. Ils sont las  (les chômeurs), ils  ne savent même  pas quoi faire.  Des propositions comme avoir des robinets,  des micros -crédits insignifiants,  n’ont pas prouvé leur  efficacité. Les politiques d’emploi jusqu alors ont échoué.  Les chômeurs représentent 32% de la population.  Ce taux est en nette augmentation. 

Le budget de l’Etat  ne permet pas leur insertion. L’ANPEJ et les autres organes  se limitaient à assurer à certains demandeurs de stage,  de formations mais sans suite.  Une réorganisation de l’administration permet dans ce contexte  de recruter un grand nombre de chômeurs.  Les  autorités pensent  qu’il y a un sureffectif au niveau administratif  alors que le cas n’est pas toujours vérifiable.  Combien de gens manquent-ils  pour restructurer l’économie nationale du pays ? Combien d’individus sont payés  alors qu’ils ne travaillent pas ?  Ils sont en brousse ou quelque part.  Il  nous manque en ce sens de vraies études de faisabilité, des enquêtes  sérieuses, une transparence dans l’action gouvernementale… 

 

 




Mutinerie à la prison nouvelle

10072007

 

  

La nouvelle prison de Dar Naïm a connu sa première mutinerie dimanche et lundi (8 et 9 juillet). Il s’agit d’une histoire qui commencé avec la prise de fonction des nouvelles autorités. Le ministère de la justice décide immédiatement le transfert des prisonniers vers le nouveau quartier fort. Le nouveau commandement de la Garde demande au ministère de surseoir à la décision en attendant de compléter les mesures de sécurité et de trouver des solutions à des insuffisances décelées dans la conception du bâtiment. Problèmes d’aération des cours intérieures, de projecteurs mal placés, d’insécurité dans les cuisines, de manque d’étanchéité… Après une première réunion entre le commandement et le ministère, celui-ci s’engage à ‘arranger’ les insuffisances. 

Samedi soir dernier, le transfert commence. Le commandement de la Garde nationale décide de confier la garde des prisonniers à une unité nouvelle, l’ancienne ayant des liens peu amènes avec les prisonniers. Une fouille minutieuse est effectuée et permet de récupérer tout ce qui n’est pas légal : drogue, portables, armes blanches… 

Les prisonniers s’installent. Environ 600 et plus pour un espace prévu initialement pour 360 personnes. Les cours initialement prévues pour cinquante personnes se retrouvent avec cent. La première nuit, il faisait relativement frais. C’est le lendemain, dimanche, que les premières plaintes s’expriment. Les prisonniers s’en prennent aux portes qu’ils cassent. En une journée les gardes arrivent à bout de la mutinerie. Le capitaine commandant l’unité réussit à établir le dialogue avec les mutins qui acceptent de revenir à leurs places en attendant de trouver une solution. Le capitaine demande même le retrait des renforts. La nuit de dimanche à lundi est relativement calme. Même si la nourriture servie a été mal appréciée, si elle n’a pas manqué à certains quartiers. 

Lundi, les prisonniers se réveillent sans eau. La goutte qui fait déborder le vase, si l’on peut parler ainsi. Les mutins s’en prennent au matériel neuf de la prison : les matelas sont brûlés, les lits détruits pour en faire des armes, les portes défoncées et même les murs sont attaqués. Les éléments de la Garde réussissent à contenir la mutinerie. Sans la mater. Jusqu’à présent près de deux cents meneurs ont été extraits de l’intérieur par les gardes qui ne peuvent entrer à l’intérieur sans faire grand mal. Eux qui avaient subi une formation sur les droits des prisonniers sont hésitants sur la conduite à tenir. En attendant, l’intérieur est sous le contrôle des prisonniers, mais la prison est complètement encerclée. 

Il faut dire que le manque de drogue et substances psychotropes doit avoir excité un peu plus certains des prisonniers qui ont toujours été pourvus. Affaire à suivre.

Source / La Tribune 357




Ministère d’excellence

10072007

Le ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, Abdel Aziz Ould Dahi a tenu mercredi, une séance de travail avec les partenaires au développement impliqués dans les volets de renforcement des capacités et de modernisation de l’Etat. Au cours de cette réunion, les responsables du département ont présenté le plan d’actions du ministère pour la période couvrant le deuxième semestre de l’année 2007. Cet exposé a suscité de riches et fructueux débats qui ont permis de définir les voies et moyens permettant d’assurer une coordination efficace des actions de modernisation et de renforcement des capacités.  

A noter qu’en plus du ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration et ses proches collaborateurs, cette rencontre a regroupé la représentante résidente du PNUD en Mauritanie, Madame Cécile Molinier et certains membres de son staff, le représentant résident de la Banque Mondiale en Mauritanie François Rantrua et l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, SEM. Eberhard Schanze. Il y avait également autour de la table, le directeur du bureau de la GTZ en Mauritanie, Rainer Geppert, le responsable du PRECAPS (projet de renforcement des capacités du secteur public) au niveau de la banque mondiale, Bekhechi, son homologue en Mauritanie, Mouhyidine Ould Sidi Baba ainsi que le chef de service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France dans notre pays, Mme. Françoise Gianviti. Deux consultants, en l’occurrence Mme. Turkia Daddah et Zekerya Ould Amar ont pris part également à cette séance de travail. Un beau monde qui sait de quoi il parle. Surtout si l’on ajoute les dernières nominations dans ce ministère. Nominations qui en font un véritable pôle d’excellence. Espérons que les autres ministères suivront l’exemple de Ould Dahi dans ses choix.

Source / La Tribune 357 




Réfugiés mauritaniens

10072007

Kane Ibrahima Mamadou, rescapé du bagne de Walata :

«Ils m’ont bandé les yeux quand ils m’ont amené à côté de la mer pour me dire qu’on allait m’exécuter puisque je refusais de parler ; j’ai dit tant mieux ; je préfère qu’on m’exécute, comme cela tout le monde sera tranquille»

 

 

La Tribune : Qui êtes-vous exactement ?

Kane Ibrahima Amadou : Je m’appelle Kane Ibrahima Amadou, ex brigadier de la garde, rescapé de Walata, actuellement réfugié au Sénégal.

 

La Tribune : Comment avez-vous été arrêté pour la première fois et quand ?

Kane Ibrahima Amadou : J’ai été arrêté le 22 octobre 1987, accusé d’un coup d’état militaire ; le jour de  mon arrestation, je devais partir en mission à Tamchakett pour assurer la sécurité de l’ex président Haidallah ; j’avais refusé de partir parce ce n’était pas moi qui devait partir puis on m’a remplacé par quelqu’un d’autre ; j’avais dit que je ne pouvais pas partir parce j’avais des affaires à régler ; le vendredi, je suis allé à l’état major de la garde, Brahim Ould Ali N’Diaye était le CEM à l’époque ; il est revenu de la présidence à 13 h ; le commandant d’unité, Ould Jiddou m’a conduit voir le colonel pour lui dire ‘voilà le brigadier Kane qui devait se rendre à Tamchakett’ ; il lui a dit de voir la liste des bandits qui voulaient faire un coup d’état et j’étais en tête de liste.

 

La Tribune : Il y avait combien de gardes ?

Kane Ibrahima Amadou : Ils ont arrêté beaucoup de gardes à Jreïda mais parmi les gardes ils ont choisi deux seulement qu’ils ont jugés : il y avait moi et le brigadier Sy Djibril dit Samuel Doe, donc deux sous officiers de la garde. Samuel Doe c’était son surnom, il admirait beaucoup Samuel Doe ; il faisait des dédicaces à la radio.

 

La Tribune : Est-ce que réellement vous étiez mêlés au coup d’état ?

Kane Ibrahima Amadou : Nous n’étions pas mêlés mais on nous a accusés comme d’autres personnes parce qu’ils ont dit que c’était les négro-mauritaniens qui voulaient faire un putsch ; raison pour laquelle on m’a arrêté ; lorsqu’on m’a arrêté à l’Etat major on m’a appelé vers 2 heures. On m’a dit que d’après les renseignements, nous voulions faire un coup d’état changer la monnaie, changer le drapeau etc. ; ils m’ont demandé de dire tout ce que je savais sur Ba Seydi ; j’ai répondu que je ne connaissais pas le lieutenant Bâ Seydi , je savais juste que c’était un officier de l’armée ; c’est un officier de la marine et moi je suis à la garde il y a rien entre nous ; deuxièmement que Bâ Seydi ne peut pas dire que moi je suis mêlé à ce coup d’état ; ils m’ont dit que c’est faux et que je devais parler sinon je serai torturé ; j’ai dit que même si on me coupait la tête je ne pouvais dire que ce que je connais ;  à 1 heure du matin nous avons été menottés et escorte par le lieutenant Saïda qui était en ce moment le commandant  de la base de Jreïda ; on nous a mis dans des land Rover, dix personnes  par voiture ; à l’arrivée, on a dormi dans les Land Rover jusqu’au lendemain ; il y a des gens qu’on a mis dans des cellules de 90 cm de large, d’autres dans des cellules étroites (10 personnes par cellule) ; moi j’étais avec 9 autres personne dans une cellule ; on est resté jusqu’à 10 heures environ et le lieutenant est venu demander après moi ; arrivé dans notre chambre, il a dit que d’après ses renseignement j’étais l’élément moteur et que ce n’était pas ma place ; le lendemain, il est revenu pour dire la même chose ; quand on  a commencé l’interrogatoire, chaque fois que je rentrais  voir le capitaine Ndiaga Dieng qui dirigeait l’enquête de la gendarmerie, le lieutenant lui disait que j’étais l’élément moteur du putsch et il n’y a personne parmi les officiers et sous officier qui a dit que le brigadier Kane l’avait contacté ; J’ignorais tout du coup d’état, je n’avais contacté personne ; j’ai dit dans que je suis au courant d’un coup d’état militaire mais que je n’avais aucune preuve pour dénoncer, ensuite je n’ai pas de mission  pour contacter qui que ce soit ; même actuellement si vous voyez mon dossier c’est ce que vous trouverez ; on m’a torturé pendant vingt jours je n’ai pas changé de déclaration.

 

La Tribune : Quel genre de tortures ?

Kane Ibrahima Amadou : On m’a déshabillé ; on m’a ligoté par les pieds et les mains, on m’a fait entrer dans un trou, toute la base m’a marché dessus, d’autres m’ont donné des coups de rangers ; on m’a laissé dans le trou plusieurs heures et quand on m’a détaché je ne pouvais pas tenir debout. Ils m’ont bandé les yeux quand ils m’ont amené à côté de la mer pour me dire qu’on allait m’exécuter puisque je refusais de parler ; j’ai dit tant mieux ; je préfère qu’on m’exécute, comme cela tout le monde sera tranquille ; on m’a déshabillé en plein air, ligoté, les gendarmes m’ont frappé. Le capitaine en personne et le lieutenant ce jour je leur ai dit que comme ils m’ont torturé pendant vingt jours et que je n’ai pas changé ma déclaration d’un mot, tous deux ne méritaient même pas d’être des caporaux, ce que vous faites ici n’est pas normal ; ils m’ont demandé pourquoi je disais qu’ils ne méritaient même pas d’être des caporaux ; le capitaine s’est levé et a commencé à me gifler alors que j’étais menotté par derrière ; il a demandé aux gendarmes de me ramener, de me déshabiller et de me battre avec des cravaches avec des baïonnettes et tout ça ; ils m’ont fait subir toutes sortes de tortures, jusqu’au jour où on nous a jugés ; le colonel Cheikh Ould Boïda avait fait trois groupes ; le premier groupe, il avait demandé onze condamnations à mort, le deuxième groupe des condamnations à perpétuité, et le troisième groupe à vingt ans de prison, moi j’étais  parmi le deuxième groupe ;  quand on nous a jugés, j’ai écopé d’une peine de dix ans de prison et d’une amende de trois cent mille ; le verdict est tombé le 3 décembre, le 5 ils ont exécuté les trois officiers condamnés à mort, le lieutenant Bâ Seydi, le lieutenant Sarr Amadou et Sy Seydou ; le 8  décembre, on nous a amenés à Walata avec les gens des Flam ; on nous a menottés tous ensemble pour nous mettre dans un camion remorque. En ce moment nous ne connaissions même pas les FLAM ; nous sommes des militaires, il n’y a rien entre nous et les FLAM ; moi personnellement je ne connaissais même pas les gens des FLAM.

La Tribune : Mais vous étiez gardes et ils étaient en prison…

Kane Ibrahima Amadou : Oui, ils étaient en prison centrale de Nouakchott depuis 86 ; notre sous groupement créé au temps de Haidallah assurait la sécurité à la présidence ; c’est là-bas que nous étions basés. J’ai fait 6 mois à la prison, le premier jour que je suis venu à la prison, j’ai fait passation de service en présence d’un lieutenant de la garde, dont j’oublie le nom, j’ai trouvé 301 détenus ; en ce moment  les gens des Flam étaient là-bas et je suis resté jusqu’au jour où on m’a envoyé en mission.

 

La Tribune : Comment ça s’est passé à Walata ?

Kane Ibrahima Amadou : A Walata, on nous a mis tous dans une même chambre, menottés deux à deux, moi j’étais enchaîné avec l’ex commissaire Ly Mamadou ; le  premier commissaire qui a participé au coup de 1978 ; on est resté ensemble ; même pour aller aux WC, on va ensemble 24 heures sur 24 ; en ce moment j’étais aussi le premier pour faire partie des volontaires pour amener des bidons de 70 litres d’eau, l’adjudant Thiaw, le sergent chef Sy Mamoudou Alassane et le sergent Lam et moi ; on était quatre pour amener les bidons du puits de Walata au fort ; on nous a divisés en groupes, on est enchaîné et escorté par des gardes, on faisait trois rotations par jour, on faisait la corvée de sept heures jusqu’à deux heures ou trois heures parfois, et à l’arrivée on ne boit même pas parce qu’ils nous amènent une baignoire remplie d’eau et chacun avait droit à la capacité d’un pot de gloria pour 24 heures ; le repas qu’on nous amène à  9 heures pile consistait en du riz sans sel sans huile sans viande, s’ils lavent le riz, ils donnent l’eau aux ânes et quand les ânes ont fini de boire ils lavent le riz dans cette eau pour préparer le repas ; on est resté deux ans depuis notre arrestation sans toucher de l’eau pour le bain, on n’avait même pas de quoi laver nos mains ; on est resté avec les même tenus jusqu’à ce que tout tombe en lambeaux ; on  est devenu comme des animaux pendant deux ans.

 

La Tribune : Quand votre situation va-t-elle changer ? 

Kane Ibrahima Amadou : Lorsqu’il y a eu le décès de l’adjudant chef Ba Oumar Alassane, une mission est venue là-bas, le ministre de l’intérieur Djibril Ould Abdallahi est venu avec une importante délégation comprenant le commandant du GR 1 et d’autres officiers ; ils nous ont demandé pourquoi ces gens la étaient morts ; nous avons dit au ministre que c’est lui qui a donné l’ordre de ne pas mettre du sel dans nos repas et quand on nous a amené ici l’adjudant Mohamed Ould Boubaly nous adit voilà, on vous a amené ici c’est pour vous tuer, sans  gaspiller nos cartouches ;  on va vous empêcher de manger et de boire  jusqu’à ce que vous périssiez tous ici ; nous avons dit au ministre que c’était des instructions que vous avez données par vous-même ; quelques jours après il y a eu le décès de Djigo Tafsirou ; après quelques jours Tène Youssouf Guèye est décédé, après le décès du lieutenant Bâ Abdoul Khoudouss, ce dernier était malade, il était couché et ne pouvait même pas bouger, on nous a dit qu’il fallait casser ses chaînes ; ils ont dit tant pis pour vous ; l’essentiel est qu’après le décès du lieutenant on a emmené des pierres pour casser le cadenas ; nous avons enterré  tous ces morts. L’adjudant chef Ba Oumar Alassane, Djigo Tafsirou et le lieutenant Ba Abdoul Khoudouss sont enterrés à Walata mais Tène Youssouf Guèye a été enterré à Néma, parce qu’ils voulaient l’évacuer sur Néma quand il a rendu l’âme en cours de route.

La Tribune : Il y aura un changement après ?

Kane Ibrahima Amadou : Il y eu un changement après l’arrivée d’une autre mission, une délégation importante avec des officiers ; il y avait un médecin capitaine de la garde pour nous soigner ; ils ont emmené des habits, des tenues militaires de la gendarmerie et chacun a eu droit à  deux tenues, il y avait des draps du croissant rouge, beaucoup d’alimentation ; du  lait, de la macédoine ; il n’y avait parmi nous que 15  sur 64 qui pouvaient encore tenir, tous les autres étaient malades et ne pouvaient même pas bouger ; lorsqu’on a eu tous ces décès on a envoyé les civils à Aïoun et les militaires sont restés à Walata pendant trois mois et en ce moment deux journalistes sont venus là-bas, il y avait Dahmani de Jeune Afrique et Babacar Touré de Sud Quotidien qui sont venus nous voir, nous saluer disaient-ils ; ils nous ont dit qu’ils étaient venus nous rencontrer et s’enquérir de nos conditions de détention ; lorsqu’ils nous ont salué, ils sont allés voir le commandement  qui les a bien accueillis ; après au moment de leur départ on leur a demandé pourquoi ils ne nous avaient pas interrogés, ils nous ont répondu qu’ils n’en avaient rien à voir ; ils sont repartis sans nous rencontrer ; le 31 décembre 1988 on nous a fait quitter à 2 heures du matin pour nous acheminer à Aïoun ; Nous sommes arrivés au fort d’Aïoun à 14 heures et on a retrouvé  nos camarades civils ; on a été enfermé dans des chambres et on est resté là-bas. Tout ce temps là nous étions complètement coupés du monde : pas de radio, pas de journaux pas d’informations, aucun contact avec nos parents qui ne savaient même pas où on se trouvait ; il y avait la propagande  qui disait que tel est en France, tel à Dakar, c’était en fait parce qu’ils voulaient nous tuer et dire que nous avions tenté de nous évader ; après quelques mois nous avons été informés que nous pouvions désormais recevoir du courrier et la visite de nos parents, on pouvait lire des journaux et écouter la radio ; nos parents ont commencé à venir ; on avait 15 minutes sous la surveillance d’un garde armé ; les femmes et les hommes étaient fouillés par des gardes ;

 

 

La Tribune : A Walata il n’y a jamais eu d’améliorations ? 

Kane Ibrahima Amadou : Lorsqu’il y a eu des décès le 22 octobre 1988 il y avait parmi nos camarades certains qui avaient cassé leurs cadenas ; parce les gardes refusaient qu’on mette des chiffons sous les chaînes parce que le fer nous blessait ; quelques-uns ont cassé les cadenas c’étaient 22 personnes et c’était le 22 octobre, ce jour on nous a sorti tous et nous a terriblement torturés l’un après l’autre. Ce jour on ne l’oubliera jamais. Certains comme le lieutenant Barro Moussa Gomel, l’ingénieur Sow Amadou Moctar, le lieutenant Diako Abdoul Karim ces gens là on croyait qu’ils étaient morts puisqu’on est resté trois jours sans les voir ; on les avait tabassé à mort ; c’est comme si on avait déchiré leur corps à corps de couteaux ; actuellement ils sont en France ; nous les autres on nous a sorti on nous a traité très mal, il y a un brigadier de la garde du nom de Veth que je connais bien pour avoir travaillé avec lui dans un même bureau à l’état major, il s’assoit et nous dit je pisse sur vous ; il y avait le lieutenant de la garde qui nous a dit je pisse sur vous ; le professeur Sall Ibrahima Abou a été déshabillé, ligoté et torturé pendant une journée sous le soleil ; il criait ce jour là, les habitants de Walata ont entendu ses cris ce jour là.

Moi aussi pour revenir au fort d’Aïoun j’y ai été torturé ; des gardes m’ont demandé de puiser de l’eau et j’ai répondu que je n’étais pas là pour ça ; parmi eux il y avait des éléments que j’avais moi-même formés à Rosso ; ils m’ont pris et m’on fait sortir, il y avait un jeune sous lieutenant du nom de Abdallahi de Monguel ; on m’a ligoté et quatre personnes me soulevaient pour me laisser tomber sur les pierres ; ils ont posé sur moi des pierres de 50 kilos ; toute l’escadron est passée pour me frapper avec des bâtons ; mes genoux étaient en sang ; quelques  jours après une mission du CICR est venue ; ils nous ont vu et la mission a écrit ; nos conditions se sont  améliorées avec l’arrivée du gouverneur Hadrami Ould Mome, le frère du Cheikh d’Atar ; notre alimentation était confisqué par les gardes et nous l’avons dit au gouverneur qui nous a permis de gérer notre alimentation.       

    

La Tribune : Tous les officiers étaient mauvais ?

Kane Ibrahima Amadou : Non pas tous ; il y avait le lieutenant Oumar Ould Beïbacar, c’est un excellent officier de la garde, puisque tout le monde a témoigné ; tous les prisonniers civils et militaires de Walata ont témoigné du travail du lieutenant Oumar Ould Beïbacar ; il est humain, il est pieux et il est conscient ; nous savons que si cela ne dépendait que de lui nous ne serions jamais dans des conditions pareilles ; il  y avait aussi le lieutenant Mohamed Lemine Ould Ahmedou de la garde ; il doit être colonel actuellement ; le jour où il est venu à Walata, il a pleuré devant nous ; ce jour il est parti acheter de son argent un mouton, des pâtes, il nous a donné le tout à préparer ; c’était notre premier vrai repas depuis notre arrestation le 22 octobre 87. Il a envoyé un message au ministère de l’intérieur pour leur dire qu’il ne pouvait pas rester dans ces conditions et que si les conditions n’étaient pas améliorées tous les prisonniers allaient succomber ; finalement il n’est pas resté plus de deux semaines ; en gros nos conditions se sont améliorées après les décès ; on pouvait aller se laver au puits.

 

La Tribune : Aujourd’hui, vingt ans après dans une Mauritanie nouvelle qui ouvre une page nouvelle, quel est le sentiment de Kane Ibrahima qui a vécu cette douloureuse expérience?

Kane Ibrahima Amadou : Moi je suis mauritanien, mon père a participé au congrès d’Aleg en 1958 ou 57 ; mon père n’a jamais traversé le fleuve pour aller au Sénégal ; il est né en 1909 et il est  mort en 1999. Il a voyagé deux fois dans sa vie : une fois pour aller à Nouadhibou, la deuxième fois pour aller à Nouakchott ; je suis mauritanien et pour moi tous les mauritaniens sont des frères ; personne ne peut aller sans les autres négro mauritaniens et arabo berbères a mon avis il faut que tous  les fils de la Mauritanie se mettent autour d’une table pour discuter de tous les problème pour que cette situation ne se  présente plus à l’avenir ; il faut que chacun de nous se ressaisisse pour ; si chacun  campe dans sa position, nous allons tous perdre ; nous devons nous unir et travailler dan l’égalité et la justice : il faut une Mauritanie unie ; nous avons perdu beaucoup de temps ; on en serait pas encore là s’il n’y avait pas eu tous ces problèmes ; aujourd’hui il y a ici des gens qui ne veulent plus rentrer dans leur pays ; après ce qu’on m’a fait ; il faut que l’état mauritanien et toutes les bonnes volontés cherchent des solutions pour repartit d’un autre pays ; nous sommes des frères mais avec un peu d’efforts on va dépasser les difficultés.

Je conseille à tous les mauritaniens d’œuvrer pour résoudre ces problèmes. Il faut que justice soit rendue ; que les gens paient leur crime ; le président doit avoir le courage de demander pardon au nom de l’état je lance un appel à toute la communauté arabe pour qu’elle aide me président  dans cette mission ; il faut régler le problème de la cohabitation entre les races.

            Propos recueillis au camp N’Dioum par MFO

Source La Tribune n°357




Comment Nouadhibou juge le retour des déportés ?

10072007

 

Nouadhibou est la capitale économique de

la Mauritanie. Elle est également son poumon. Elle lui donne généreusement tous les biens qu’elle détient dans ses eaux. La ville de pêche et des mines qu’elle est, a toujours été un creuset pour tous les Mauritaniens. 

Pendant la guerre du Sahara, les mauritaniens maures ont payé la lourde facture de leur appartenance. Ils étaient toujours soupçonnés d’appartenir au Polisario. Parce que les maures et les sahraouis se confondent. Ils étaient pris pour la cinquième colonne. Comme les négro-africains mauritaniens qui vivaient dans la ville pendant les évènements de 1989 entre
la Mauritanie et le Sénégal. Ils étaient supposés sénégalais et jugés cinquième colonne. Parce que les sénégalais et les négro-africains mauritaniens se ressemblent. Entre 1989 et 2007, beaucoup de données ont changé… 

Le Président de
la République a annoncé, depuis 10 jours, que
la République reconnaît solennellement ses responsabilités dans les évènements de 1989. Un prompt retour des déportés et une rapide résolution de leur problème sont prévus. Comment les habitants de Nouadhibou jugent-ils ces étapes ? Comment lisent-ils le problème des déportés ? Et sa résolution ? 

Craintes de tourner le couteau dans la plaie 

Certains habitants de la ville de Nouadhibou ne sont pas en principe contre le retour des déportés. Ils ne sont pas, non plus, contre leur indemnisation. N’empêche qu’ils ont des réserves sur le sujet. Ces réserves trouvent leur origine dans la crainte que les débats ouvrent la plaie de nouveau. Ils craignent que les mauvais souvenirs reviennent sur la scène et menacent la paix sociale. 

MOA est un officier marin. Il a passé son enfance dans les petites ruelles de Nouadhibou. Essentiellement avec des familles Wolof et Halpulaar. En 1988, la famille de son intime ami, Abdou Fall, était composée de 13 membres. En 1989, ses membres ne dépassent plus huit membres. Les liens entre MOA et le gentil père de la famille étaient très étroits. C’est lui qui lui a enseigné la natation et la pêche. MAO ne croit pas qu’il va se calmer s’il verra Aïda, Abdou ou Papis nager dans la plage de Cabanon après 18 ans d’absence injustifiable. «Ce sera une bonne nouvelle. Mais un mauvais souvenir. Aussi bien pour moi que pour les victimes… Je ne pardonnerai jamais à ces racistes qui m’ont privé de la joie pour longtemps». Son ami, qui répond au nom Carlos, croit qu’il est impossible d’oublier le passé. Surtout le passé qui contient de mauvais souvenirs. «A la place d’une des victimes de 1989, je ne pourrai pas pardonner mes tortionnaires et exécuteurs. Pardonner, c’est très théorique. Je crains qu’il ne soit pas réalisable sur le terrain». C’est pour cela qu’il est contre le retour des déportés. Parce que «débattre le sujet c’est rouvrir une plaie». 

Mauritaniens ou non ? That’s the question 

Les citoyens moyens de Nouadhibou sont de nature simple. Ils reflètent les idées qu’on leur impose. Surtout celles imposées par les hommes de la politique et de la pensée. Ainsi, certains d’entre eux parlent des déportés comme s’ils parlaient de citoyens d’autres univers… 

Marième Mint Mahmoud est une demoiselle, économiquement à l’aise. Pour elle, le discours du Président est plus qu’important. Bien que la bonne foi de Ould Cheikh Abdellahi la rassure, elle craint que des étrangers profitent l’occasion pour s’instaurer en Mauritanie et en devenir citoyens. «S’il s’avère que les déportés sont mauritaniens, personne n’est plus mauritanien qu’autre». Abdellahi, un boutiquier au marché Mahfoudh, lui partage le point de vue. Pour lui, un mauritanien c’est un mauritanien. Quelque soit la couleur de sa peau ou la pression dont il est victime : «Je ne suis pas contre leur retour organisé, si on a les preuves qu’ils sont réellement mauritaniens. La résolution du problème, à mon avis, est primordiale pour la cohésion sociale». 

 

La nourriture d’un individu suffit-elle toujours pour deux

 

C.O.K est un boutiquier à l’épicerie de son oncle Ahmedou. Il ne supporte pas qu’on nous «ramène des dizaines de milliers de négro-africains». Pour Abdellahi Ould H’mahallah, un transporteur et ami à lui, la réalité est claire et simple : «le Président, qui est également adepte d’Ibrahime Niasse un négro du Sénégal, a plus d’allégeance à la famille maraboutique de Kaolack qu’à sa patrie». 

COK et AOH se justifient par la situation périlleuse que vit
la Mauritanie «depuis l’éviction de Ould Taya». Ils craignent que «les nouveaux venus avalent nos eaux, dévorent nos poissons». Je crois, dit COK, que le retour des déportés va déstabiliser la démographie mauritanienne. Quant à Ould H’mahallah, il n’a pas de souci de voir l’équation inexacte démographiquement. Mais, il faut d’abord résoudre les problèmes des trois mauritaniens, déjà au foyer, vis-à-vis d’insécurité alimentaire, d’électricité, de folles élévations des prix… 

Pour Carlos, un autre jeune, il ne trouve pas rassurantes les promesses officielles pour indemniser les victimes. «Parce qu’indemniser c’est rendre aux victimes ce qui les appartient. Et qu’est-ce qu’on va faire avec ces mauritaniens qui logent dans les maisons des déportés ? Les indemniser eux aussi ?».

 

Mechry Ould Rabany

Source / La Tribune n°357




Réfugiés mauritaniens

10072007

A la fin de la réunion tenue à l’école primaire de Ndioum située non loin du camp des réfugiés, madame Roseline Idowu, représentante du HCR à Dakar a bien voulu répondre aux questions des journalistes. 

 

 

La Tribune : A combien le HCR estime-t-il les réfugiés mauritaniens au Sénégal ? Vous avez certainement des chiffres… 

Mme Roseline Idowu : Oui  et vous l’avez toujours su, nous avons un chiffre de travail. Ce qui ne veut pas dire que c’est statique. Nous travaillons avec un chiffre d’à peu près  20 000.

 

La Tribune : Mais ce chiffre est contesté par les réfugiés qui estiment leur nombre à environ 67 000.

Mme Roseline Idowu : Certainement quand ils sont arrivés au début, il y a 18 ans ils atteignaient ce nombre, mais depuis lors il y en a qui sont rentrés.

 

La Tribune : Les gens se plaignent d’avoir été abandonnés depuis 1995 environ par le HCR, que répondez-vous à cela ? 

Mme Roseline Idowu : C’est parce qu’ils ne comprennent pas comment fonctionne le HCR.  Nous sommes là pour aider les gens quand ils entrent en catastrophe dans un pays; les stabiliser et les aider à s’installer. On les aide à monter des coopératives pour l’agriculture par exemple. Dès qu’ils sont stabilisés, ils sont supposés fonctionner comme vous et moi c’est-à-dire s’occuper de leur famille eux-mêmes avec et apprendre à subvenir à leurs besoins

 

La Tribune : Vous allez servir de relais les réfugiés mauritaniens et les autorités mauritaniennes après le discours du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, est-ce qu’on peut connaître déjà les dispositions que vous allez prendre ?

Mme Roseline Idowu : Déjà mon collègue en Mauritanie va contacter le gouvernement mauritanien maintenant que celui-ci a déclaré ouvertement qu’il va faire appel au HCR. On va faire des réunions là-bas entre le gouvernement mauritanien et le bureau du HCR en Mauritanie, entre le gouvernement du pays d’origine et celui du pays d’asile et les deux bureaux du HCR  et les réfugiés vont choisir des délégués pour les représenter dans les pourparlers avec les autorités mauritaniennes.

 

La Tribune : Les réfugiés mauritaniens semblent être d’accord pour retourner dans leur pays mais pas à n’importe quelles conditions ; est-ce que vous ne pensez pas que votre rôle sera extrêmement difficile? 

Mme Roseline Idowu : Rien n’est facile dans la vie. C’est pourquoi je leur ai dit que nous venons prendre leurs doléances. Nous allons les transmettre aux autorités mauritaniennes ; nous mettrons en place un comité.

 

La Tribune : La question du retour des réfugiés mauritaniens bute également sur un problème : le retour dans leurs maisons en plus de la question sécuritaire, vous avez pris bonne conscience de tout cela ?

Mme Roseline Idowu : Oui on a tout noté mais vous savez parfois il y a un problème de perception ; vous pouvez penser que vous êtes toujours en insécurité, d’autres peuvent penser que les conditions sont maintenant réunies comme il y a eu un changement de gouvernement et que les nouvelles autorités ont fait  un pas que les autres n’ont pas fait ; tout est relatif et nous tenons compte de cela. 

 Source : La Tribune




10072007

A la fin de la réunion tenue à l’école primaire de Ndioum située non loin du camp des réfugiés, madame Roseline Idowu, représentante du HCR à Dakar a bien voulu répondre aux questions des journalistes. 

 

 

La Tribune : A combien le HCR estime-t-il les réfugiés mauritaniens au Sénégal ? Vous avez certainement des chiffres… 

Mme Roseline Idowu : Oui  et vous l’avez toujours su, nous avons un chiffre de travail. Ce qui ne veut pas dire que c’est statique. Nous travaillons avec un chiffre d’à peu près  20 000.

 

La Tribune : Mais ce chiffre est contesté par les réfugiés qui estiment leur nombre à environ 67 000.

Mme Roseline Idowu : Certainement quand ils sont arrivés au début, il y a 18 ans ils atteignaient ce nombre, mais depuis lors il y en a qui sont rentrés.

 

La Tribune : Les gens se plaignent d’avoir été abandonnés depuis 1995 environ par le HCR, que répondez-vous à cela ? 

Mme Roseline Idowu : C’est parce qu’ils ne comprennent pas comment fonctionne le HCR.  Nous sommes là pour aider les gens quand ils entrent en catastrophe dans un pays; les stabiliser et les aider à s’installer. On les aide à monter des coopératives pour l’agriculture par exemple. Dès qu’ils sont stabilisés, ils sont supposés fonctionner comme vous et moi c’est-à-dire s’occuper de leur famille eux-mêmes avec et apprendre à subvenir à leurs besoins

 

La Tribune : Vous allez servir de relais les réfugiés mauritaniens et les autorités mauritaniennes après le discours du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, est-ce qu’on peut connaître déjà les dispositions que vous allez prendre ?

Mme Roseline Idowu : Déjà mon collègue en Mauritanie va contacter le gouvernement mauritanien maintenant que celui-ci a déclaré ouvertement qu’il va faire appel au HCR. On va faire des réunions là-bas entre le gouvernement mauritanien et le bureau du HCR en Mauritanie, entre le gouvernement du pays d’origine et celui du pays d’asile et les deux bureaux du HCR  et les réfugiés vont choisir des délégués pour les représenter dans les pourparlers avec les autorités mauritaniennes.

 

La Tribune : Les réfugiés mauritaniens semblent être d’accord pour retourner dans leur pays mais pas à n’importe quelles conditions ; est-ce que vous ne pensez pas que votre rôle sera extrêmement difficile? 

Mme Roseline Idowu : Rien n’est facile dans la vie. C’est pourquoi je leur ai dit que nous venons prendre leurs doléances. Nous allons les transmettre aux autorités mauritaniennes ; nous mettrons en place un comité.

 

La Tribune : La question du retour des réfugiés mauritaniens bute également sur un problème : le retour dans leurs maisons en plus de la question sécuritaire, vous avez pris bonne conscience de tout cela ?

Mme Roseline Idowu : Oui on a tout noté mais vous savez parfois il y a un problème de perception ; vous pouvez penser que vous êtes toujours en insécurité, d’autres peuvent penser que les conditions sont maintenant réunies comme il y a eu un changement de gouvernement et que les nouvelles autorités ont fait  un pas que les autres n’ont pas fait ; tout est relatif et nous tenons compte de cela. 

 Source/ La Tribune n°357




10072007

Revenez, revenez, vous y verrez du pays…

 

Jeudi 5 juillet 2007, depuis presque dix ans le HCR n’a pas mis pied dans les camps des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Cette première réunion fait suite au discours du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. C’est dire son importance. A noter l’absence des autorités mauritaniennes… compte-rendu.

 

 

La réunion sera ouverte par le chef du site de Ndioum Sow Saykou Alfa : ‘Je salue toute l’assistance, hommes et femmes, jeunes et plus âgés ;  et je salue toute la délégation. Je vous souhaite la bienvenue. Depuis que nous avons appris que les délégués du HCR allaient venir, nous les attendons avec impatience. Nous leur souhaitons encore une fois la bienvenue et nous leur disons qu’ils sont venus là où ils sont attendus ; nous remercions Dieu et son prophète (PSL) et nous les remercions. Ceci dit, je demande à tous ceux qui prendront la parole de parler avec calme, avec discipline. Je vous remercie’.

Après le mot de bienvenue du chef de site de Ndioum, Abdoulaye Dione membre de la délégation et président de séance a pris la parole : ‘Je salue toute l’assistance et je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation. Ces derniers temps il y a eu des développements dans votre pays d’origine par rapport à votre situation ; c’est pour cela que nous sommes venus vous consulter par rapport à ces développements pour voir ce qu’il y a lieu d’entreprendre pour faire avancer les choses ; c’est surtout une rencontre d’échanges et nous sommes là pour vous écouter parce que vous êtes les principaux concernés ; c’est parce que vous êtes là que nous sommes ici ; s’il n’y avait pas de réfugiés ici nous ne serions pas là ; vous êtes les principaux concernés et rien ne peut être fait sans vous ; vous serez au premier plan et nous nous serons la pour vous appuyer ; c’est l’objet de notre mission.’

Par la suite Mme Paroums, chef des opérations, prendra la parole : ‘Je suis particulièrement contente d’être ici parmi vous et je pense que les membres de la délégation ont le même sentiment. J’ai connu beaucoup de nom de sites sans les voir, j’ai connu beaucoup de noms de réfugiés sans les voir, aujourd’hui je les vois et c’est un grand plaisir pour moi.  C’est d’autant plus un plaisir pour moi qu’en venant ici nous avons eu le pluie comme si Dieu voulait bénir cette rencontre. Nous sommes venus parler de quelque chose de très important et comme l’a dit M. Dione c’est quelque chose qui vous concerne. . Il s’agit des conditions de retour dans votre pays ; il s’agit de votre avenir et de celui de vos enfants. Nous avons tous entendu que du côté de la Mauritanie il y a la main tendue et c’est la raison pour laquelle nous sommes venus vous consulter, vous parler et vous écouter. L’approche du HCR est une approche participative c’est-à-dire que les personnes impliquées en l’occurrence les réfugiés sont au premier plan et le HCR est à leur côté ; vous savez que pour le HCR il y a trois solutions : le rapatriement, la réinstallation ou l’installation dans le pays d’asile. Aujourd’hui il est question de parler d’intégration ou de rapatriement. On reste réfugié quand les conditions du retour ne sont pas réunies. Mais s’il y a une porte ouverte, il est temps de penser au retour. On peut comprendre qu’après 18 ans des gens préfèrent rester dans le pays d’asile. Pour ceux là aussi le HCR sera là pour apporter son aide ; si certains veulent rester au Sénégal ou au Mali pour ceux qui sont là-bas,  le HCR sera à côté d’eux pour les accompagner. Nous venons vous rassurer : le rapatriement est volontaire ; on ne peut pas obliger quelqu’un de rentrer. Nous sommes là pour être sûrs que toutes les garanties sont données pour que le rapatriement se passe dans de bonnes conditions. Le gouvernement mauritanien a demandé au HCR de coopérer pour ce rapatriement et nous sommes prêts à le faire. Nous souhaitons qu’il y ait la confiance entre nous parce que nous devons travailler ensemble. Nous avons apporté un questionnaire que nous laisserons avec les chefs de site. Il sert à mettre les noms des chefs de famille avec la composition de leur famille ; cela va nous permettre de savoir combien de réfugiés il y a ; parce que pour pouvoir faire quoi que ce soit pour les réfugiés de façon durable, il faut savoir combien ils sont. Ces questionnaires il faut les remplir avec beaucoup de responsabilité, de la façon la plus claire possible ; les questions que nous posons sont des questions précises et nous attendons aussi des réponses précises ; nous espérons que dans deux ou trois semaines nous pourrons récupérer ces questionnaires ; les réfugiés seront bien entendus impliqués dans cette opération car ils sont les mieux placés’.

Mme Roseline Idowu représentante du HCR pour l’Afrique de l’Ouest a pris la parole pour dire notamment : ‘Je salue toute l’assistance ; je ne me sentais pas très bien et j’allais ne pas venir mais comme je sais l’importance de cette rencontre pour vous et compte tenu de la nouvelle donne, j’ai décidé de faire le déplacement. Et je suis très contente d’avoir pu faire le déplacement surtout en constatant que vous avez tous laissé toutes vos occupations de chef de famille pour venir répondre à notre appel. Nous sommes venus pour vous donner la position du HCR par rapport à ce qui se passe, à tout ce que vous entendez. Nous avons tenu à vous rencontrer pour vous parler directement et éviter que vos informations ne soient fondées que sur la rumeur. Comme vous le savez depuis la mise en place d’un nouveau gouvernement en Mauritanie, le ministre de l’intérieur, le premier ministre et le chef de l’Etat ont fait des déclarations par rapport à votre situation ;  toutes ces déclarations sont identiques : l’Etat mauritanien tend la main à tous les mauritaniens qui veulent rentrer. Il y a quelques jours le chef de l’Etat mauritanien a même reconnu les exactions de 1989 ; l’Etat mauritanien a demandé au HCR de s’impliquer pour résoudre ce problème.  Comme vous le savez, le HCR est l’organe des Nations Unies qui a la responsabilité de trouver des solutions aux problèmes de réfugiés et de leur fournir la protection internationale. Nous avons notre méthode de travail quand nous voulons aider un Etat il faut que les garanties que nous exigeons soient données. C’est ce que nous avons toujours fait quand nous nous impliquons dans le rapatriement volontaire de réfugiés. Ma collègue vient de vous expliquer que le rapatriement est volontaire. S’il y a des gens qui veulent rentrer nous sommes prêts à les aider à rentrer. S’il y a des gens qui veulent rester dans le pays d’accueil comme ici au Sénégal, nous allons voir comment les accompagner pour les aider à devenir autonomes et à pouvoir subvenir à leurs propres besoins. Nous savons que 18 ans c’est une période très longue. Un enfant né il y a 18 ans est majeur aujourd’hui. Ceux qui étaient adultes en quittant leur pays sont aujourd’hui des hommes très sages avec beaucoup d’expérience ; parmi les femmes, il  y en a qui n’étaient pas mariées à leur arrivée et qui sont des mères de familles aujourd’hui ; les enfants sont à l’école et certains ont même terminé leurs études ; ce sont des choses qui seront discutées en famille et chacun décidera en fonction de ses intérêts. Il y aura un comité où il y aura des représentants de votre pays d’origine, des représentants du pays d’accueil, les représentants que vous choisirez vous-mêmes et le HCR. Rien ne sera fait sans vous et vous serez bien impliqués. On se penchera sur le cas des agriculteurs, des éleveurs, de ceux qui étaient dans la fonction publique. C’est plutôt pour vous écouter que nous sommes venus. Parce qu’on veut savoir ce que vous vous voulez. Quel est votre souhait ? Si vous voulez partir comment vous voulez qu’on organise cela. Qu’est-ce que vous voulez qu’on éclaircisse ? Mais de grâce ne demandez pas l’impossible. Je ne veux plus parler, je veux vous écouter.’

Wane Mamadou, représentant des FLAM au Sénégal : ‘Je salue et je remercie toute l’assistance. Je salue la délégation du HCR venue nous voir aujourd’hui. Nous avons écouté les membres de la délégation ; ils nous ont apporté des éclaircissements par rapport à l’évolution de la situation suite au discours du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Nous aussi nous sommes satisfaits de cette déclaration parce que c’est la première fois depuis 18 ans qu’un tel discours est tenu. Nous sommes également prêts à coopérer pour aider à une solution juste de ce problème. Dans d’autres pays, les réfugiés sont des personnes ayant fui pour se mettre à l’abri lors d’une situation conflictuelle. Nous, c’est l’Etat mauritanien qui nous a trouvé dans nos demeures pour nous expulser. Ceci dit,  je m’en vais vous donner avec l’autorisation de tous les camarades réfugiés réunis ici, les différents points qui constituent notre plateforme depuis 18 ans d’exil forcé. Notre première condition était la reconnaissance de notre citoyenneté. Le président dans son discours a reconnu cette citoyenneté. La deuxième condition c’est que notre retour ne peut se faire que sous l’égide du HCR et avec l’implication des autorités sénégalaises qui nous ont donné l’asile depuis 18 ans.

La troisième condition est de recouvrer nos droits et tous nos droits. Nous ne demandons pas plus que ce que nous avons perdu. Il faut que tous nos biens soient estimés de manière juste et que nous soyons indemnisés. La quatrième condition que nous posons c’est qu’un recensement soit effectué avant notre retour, en associant les réfugiés pour qu’on sache exactement combien nous sommes. La cinquième condition est qu’une commission vérité et réconciliation soit mise en place pour que les gens puissent vivre ensemble en paix.

La sixième condition  consiste à l’identification des coupables pour qu’ils soient traduits devant la justice. Voici en gros les différentes conditions que nous avions posées pour notre retour au pays. Je vous remercie’.

Samba Koliyadio Diallo, réfugié : ‘Je salue toute l’assistance et plus particulièrement la délégation du HCR. Je salue aussi notre président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui vient de reconnaître notre citoyenneté. Cela nous a fait beaucoup plaisir qu’il reconnaisse les exactions et la responsabilité de l’Etat. Reconnaître un tord c’est toujours un pas en avant. Nous ne demandons pas plus que nos droits. Je voudrais ajouter que parmi les réfugiés il y a ceux qui sont partis pour se mettre à l’abri et ceux qui ont été déportés de force. Tous ces gens se sont retrouvés au Mali et au Sénégal. Moi je viens du Mali ; je suis venu pour rencontrer les membres du HCR et les écouter pour savoir quelles sont les mesures prises. Je ne saurai terminer sans remercier tous les pays et organismes qui se préoccupent de notre sort comme le Sénégal, le Mali et le HCR. Et je dis aux réfugiés :’adaa adaa cuudi men’ : ‘Faisons la course pour rentrer chez nous’.

Mme Traoré, réfugiée : ‘Je salue la délégation du HCR et toute l’assistance. Je ne veux pas répéter ce qui a déjà été dit. Tous les problèmes de la Mauritanie ont déjà été évoqués par ceux qui m’ont précédée. Je veux seulement rappeler que notre retour doit être organisé par le HCR et l’Etat sénégalais. Nous voulons rentrer dans la dignité et nous espérons recouvrer nos biens spoliés. Nous espérons que nous serons indemnisés’.

Mariam Sy, réfugiée : ‘Je m’appelle Mariam Sy et je viens de Dakar. Je salue le HCR et toute l’assistance. Il ne m’est pas facile de prendre la parole mais dois parler au nom de mes sœurs ici présentes. Nous ne refusons pas le retour dans notre pays. Mais ce retour n’est pas facile. Beaucoup de femmes ici présentes ont perdu leur époux là-bas ; beaucoup d’enfants ont perdu leurs parents là-bas ; on nous demande de revenir volontairement et de recouvrer nos biens ; le mari perdu là-bas, on ne le retrouvera pas, le père perdu on ne le retrouvera pas. Comment réagirons-nous si nous rencontrons les coupables des exactions que nous avons subies ? Quand on évoque la question du retour, il faut aller jusqu’au bout. Les blessures ne sont pas encore cicatrisées ; il faut évoquer toutes ces questions’.

Une réfugiée : ‘Si nous rentrons en Mauritanie, nous pensons que nous allons subir pire que ce que nous avons déjà subi. Nous n’avons pas confiance. Nous avons été déportés de nuit. On nous a sortis de nos demeures et on nous a dépouillé de tous nos biens pour nous expulser. Si nous retournons aujourd’hui, il n’est pas exclu qu’un jour ou l’autre les mêmes exactions recommencent’.

Amadou Samba Bidié Bâ, réfugié : ‘Je vous salue tous chacun en son nom. J’éprouve une immense joie. J’éprouve aussi une peine immense. Deux sentiments qui ne devaient pas être contenus dans le même cœur. Ma joie c’est d’apprendre que le président veut le retour de tous les mauritaniens déportés. C’est une grande victoire pour nous parce qu’on nous avait dénié notre citoyenneté jusqu’à présent. Si vous écoutez es conseils, nous allons tous rentrer au pays parce que nous n’avons plus rien à faire ici. Le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne le transformera jamais en caïman. Mais j’ai aussi beaucoup de peine car nos frères sont restés ici en laissant des orphelins. Ces frères là ne verront plus jamais la mère patrie. Et cela doit rester gravé dans la mémoire de chaque mauritanien. Si les conditions du retour sont réunies nous ne passerons pas une nuit de plus dans notre terre d’asile, le Sénégal. Nous sommes prêts à rentrer parce que nous préférons la Mauritanie aux Etats-Unis ; parce que pour nous la Mauritanie c’est les Etats-Unis.  Ce sont des hommes qui ont fait les Etats-Unis. Et la Mauritanie sera faite avec la participation de ces hommes et femmes assis sous cet arbre.

Je demande à tous mes compatriotes de rentrer en Mauritanie ; c’est là-bas que nous allons nous épanouir avec nos familles ; c’est là-bas que nous avons des droits ; c’est là-bas que nous aurons de la considération ; il y a beaucoup de troubles partout dans le monde ; prenez l’exemple de la Côte d’Ivoire. Si nous restons ici des siècles et des siècles, nous serons toujours des étrangers. Certains cependant préfèrent rester ici ou aller ailleurs. Ceux qui veulent rester ici, fasse Dieu qu’ils restent sui c’est dans leur intérêt. Ceux qui veulent partir ailleurs, fasse Dieu qu’ils partent si c’est leur intérêt. Mais je sais qu’au moins 97 % des réfugiés veulent retourner dans leur pays. C’est ce qu’ils attendent depuis 18 ans. C’était cela leur combat. Quand vient l’heure de la moisson, il faut moissonner. Aujourd’hui,  c’est pour nous l’heure de la moisson. Il reste que la moisson peut être bonne ou mauvaise. Que Dieu nous donne une bonne moisson’.

Kane Ibrahima, du CAREMS : ‘Je salue toute la délégation du HCR et toute l’assistance et particulièrement tous les réfugiés ici présents. Je remercie les délégués du HCR d’être venus nous rendre visite. Je veux rappeler que si cela ne tenait qu’à nous nous ne serions pas ici ; le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a fait une déclaration importante mais nous voulons que cette déclaration soit suivie d’actes concrets. Si nous recouvrons tous nos droits, il n’y a aucune raison pour nous de rester ici plus longtemps. Nous ne voulons pas de cette vie que nous menons depuis 18 ans’.

Abdoulaye Diallo, réfugié : ‘Je salue toute l’assistance ; je suis content de cette rencontre car c’est la première du genre depuis 1989. Je salue le Sénégal qui nous a offert l’asile depuis 18 ans et qui nous a assisté sur le plan sanitaire et alimentaire et qui a aidé nos enfants dans leur scolarité. Je remercie le HCR qui nous a accompagné durant toute cette période.

Nous avons entendu le discours du président. La déclaration a été traduite dans toutes les langues du pays et nous en avons tous pris connaissance. Mais nous voudrions que le président pousse le pion plus loin pour identifier et punir les coupables’.

Amadou Moussa Sow, réfugié : ‘Je demande que le questionnaire soit distribué en nombre suffisant façon à recenser tous les réfugiés ; nous voulons également dire au HCR qui est l’intermédiaire entre nous et les autorités mauritaniennes que nous voulons rentrer  et recouvrer nos droits, dans la sécurité ; mais le HCR doit être vigilant et s’assurer avant tout rapatriement que toutes les questions ont été réglées’. 

Adama Diallo, réfugié : ‘On parle de retour de personnes qui avaient été déportées. Il serait bon si on parle de ce dossier que les autorités mauritaniennes soient présentes devant les réfugiés ; ce sont les gens qui étaient en conflit qui doivent se parler. Le HCR, l’Etat sénégalais, l’Etat malien, la communauté internationale, les bonnes volontés vont jouer un rôle d’arbitres et de témoins ; c’est ce qui est juste ; si aujourd’hui on parle de retour en l’absence des autorités mauritaniennes alors qu’au moment de la déportation ce sont elles qui étaient en face de nous, je trouve que c’est absurde. Maintenant je voudrais rappeler au HCR qui le sait peut-être mieux que moi que le problème de la Mauritanie n’a jamais  été un problème de discours ni de texte ; tout ce qui est dit en Mauritanie est bien conçu tout ce qui est rédigé en Mauritanie  est bien rédigé, mais le problème c’est au niveau de la pratique.

D’autre part avant de parler de retour ne faut-il pas parler des causes de la déportation ? Si on rapatrie les gens sans régler les causes de la déportation, d’ici quelques années  on verra encore des réfugiés mauritaniens au Sénégal ou au Mali ou ailleurs dans la sous région. Le problème de la Mauritanie c’est la cohabitation. C’est ce qu’il faut évoquer. Si on demande aux population de rentrer il ne faut pas oublier que le retour n’est plus une urgence ; nous ne sommes plus en 89 ; si à notre arrivée en 89 l’Etat sénégalais et le HCR ne nous avaient pas accueillis, nombre de ceux qui sont là ne seraient pas ici aujourd’hui : aujourd’hui chaque réfugié a trouvé un moyen de gagner son pain quotidien ; le retour n’est plus une urgence ; le retour est nécessaire mais pas dans la précipitation ; il faut que les choses soient claires 

Ensuite, il y en Mauritanie même des questions qui n’ont pas encore trouvé de solutions : la questions des veuves par exemple. Je comprends qu’il y a des choses qu’on peut régler tout de suite mais il faut que tous les dossiers soient traités ; cela fait partie des garanties que la Mauritanie doit donner pour que les gens sachent que ce que la Mauritanie dit est vrai ; et il faut que la Mauritanie accepte de discuter avec les réfugiés en présence du HCR , de l’Etat sénégalais et de l’Etat malien, de la communauté internationale et des bonnes volontés; si la Mauritanie refuse et préfère discuter sans témoins c’est qu’elle ne veut pas donner de garanties. Par rapport au  questionnaire il y des questions qui nous dérangent un peu comme celle-là : ‘comment avez-vous fui ?’ Parce que nous avons été déportés. Par ailleurs on demande parfois aux réfugiés de dire ce qu’ils ont laissé comme biens ;  à leur arrivée les gens ont fait des déclarations à chaud ; ces déclarations sont dans les archives du HCR ; si on demande à un analphabète de déclarer dix-huit ans après, les biens qu’on lui a pris il ne s’en souvient pas ;  à la limite ceux qui n’avaient pas de carte – parce qu’il y en a, et le HCR doit en tenir compte -- peuvent faire des déclarations. Par rapport au recensement le HCR doit comprendre que les réfugiés ne vivent plus comme en 89 ;  les gens se sont dispersés de telle sorte que c’est difficile de faire le recensement ; il faut donner des moyens aux chefs de sites pour qu’ils puissent faire le recensement correctement dans les meilleurs délais ; enfin je voudrais dire à la délégation du HCR que les réfugiés de Matam et de Bakel veulent voir et écouter les représentants du HCR ; si vous faites d’autre missions dans la vallée, on vous demande d’arriver là-bas pour les rencontrer et qu’ils prennent les informations nécessaires de la source ; il faut arriver à Matam et à Bakel pour rencontrer les réfugiés’.

Un autre réfugié (qui ne se présente pas) : ‘C’est là que je t’avais ligoté, c’est là que je t’avais humilié, j’ai pris tous tes biens, je t’ai expulsé du pays, tu as laissé ton père assassiné ; ou ta mère assassinée ou ton aîné,  et aujourd’hui je te demande de revenir et je te remets tes biens ; moi personnellement je n’ai pas ce courage ; s’il y a des gens qui ont le courage de repartir, qu’ils partent ; mais moi je n’ose pas ; il faut me remettre mes biens là où je sais que je suis en sécurité, la où après 18 ans je me sens bien, c’est là qu’il faut me restituer mes biens ensuite seulement je pourrai rentrer si ma sécurité est assurée. Après cela a propos du recensement, il y a un problème ; nous sommes là depuis 18 ans, nous avons un papier valable pour trois mois, ce n’est pas du bois, ce n’est pas du fer, ce n’est pas de la pierre, c’est un bout de papier  qui peut être mouillé et se gâter, se déchirer, tomber et se perdre, donc après 18 ans beaucoup ont perdu leur carte. Il faut tenir compte de cela’.

Précisions de Roseline Idowu : ‘J’ai écouté avec attention les commentaires et les questions des uns et des autres. Nous avons parlé de réfugiés et je vais vous donner la définition internationale du mot réfugié. Un réfugié est une personne qui a été obligée, qu’elle soit déplacée, chassée par le fusil, qu’elle ait fui pour chercher un refuge,  mais qui a été forcée de partir ; la déportation entre dans ce cadre ; vous avez été forcés et vous êtes partis sous la contrainte. Si quelqu’un n’a pas été sous la contrainte il ne serait pas hors de son pays. J’ai employé le mot à bon escient. Il englobe les cas de réfugiés. Et si les gens ne sont pas rentrés à l’ouverture de la frontière c’est parce qu’ils craignaient pour leur sécurité et leur vie. Nous savons de quoi nous parlons en parlant de réfugiés. 

Je voudrais ajouter que ce contact est le premier d’une série de contacts. On fera en sorte  que les autorités de votre pays viennent vous rencontrer car nous ne sommes que des intermédiaires ; et ceux d’entre vous  qui ont écouté la radio  savent que le président a parlé de ceux qui étaient déportés mais pas de ceux qui sont partis d’eux-mêmes après, pour une raison ou une autre. Il parle des victimes des événements ; au moment de leur arrivée, le Sénégal les a enregistrés et ils ont le récépissé de dépôt ; on parle de ces gens. Il y aura une feuille de route. Par ailleurs nous savons tous que 18 ans c’est long : les enfants nés il y a 18 ans sont aujourd’hui majeurs ; beaucoup sont à l’école et certains ont terminé leurs études ; ceux qui étaient adultes au moment de la déportation sont aujourd’hui des hommes sages avec beaucoup d’expérience ; la plupart des jeunes filles qui sont arrivées en 89 sont aujourd’hui des mères de famille ; le retour sera discuté au sein de chaque famille et chacun décidera en fonction de ses intérêts. Nous avons une méthode de travail et nous allons nous assurer que tout est en règle. Vous allez participer parce que vous allez choisir des gens qui seront membres des comités ; nous sommes là pour vous aider, si vous  jugez nécessaire que nous allions à Bakel nous irons. 

Pour ce qui est des réfugiés mauritaniens au Mali, moi-même j’y ai été en mai ; j’ai parlé aux autorités centrales, je suis allé à Kayes, je suis allée à Awrou,  j’ai parlé au chef des réfugiés aux autorité locales, d’après ce qu’ils m’ont expliqué les autorités maliennes nous ont assuré que les mauritaniens venus sont leurs frères ; depuis il se sont bien intégrés, allez vous-mêmes constater et les écouter. Effectivement les autorités locales et les réfugiés ont répété la même chose. Je suis allée chez le préfet où on m’a informé que beaucoup de mauritaniens ont pris la nationalité malienne ; ce qui n’est  pas une mauvaise chose ; Si vous êtes bien accueilli si vous avez épousé  une personne du pays hôte vous pouvez rester et vous naturaliser. Beaucoup de mauritaniens ont fait cela ; nous avons demande la liste pour voir ce qu’on peut faire pour eux ; je pense que je vais trouver la liste à Dakar ; nous sommes à votre disposition à tout moment ; on prendra des personnes que vous désignerez pour nous accompagner en Mauritanie ; il y aura des réunion ici et là-bas jusqu’à ce que vous soyez assurés que tout est clair avant de commencer le rapatriement. Le HCR a un bureau en Mauritanie, mon collègue va contacter les autorités et au moment des négociations vous serez en première ligne. Soyez assurés que rien ne sera fait sans vous.

Source La Tribune n°357




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

10072007

 

 

Ne pas avoir peur des mots. Ne pas avoir peur des actes. Assumer, est un pas. Un pas important. Mais il implique, le changement dans la démarche. Dans le choix des hommes aux postes de responsabilité. 

On ne peut régler les problèmes de la Mauritanie en utilisant les hommes qui ont créé ces problèmes, qui les ont entretenus, qui les ont alimentés. On ne peut cicatriser les plaies en utilisant les bouchers d’hier. La justice, l’égalité, l’équité sont des valeurs qui ne peuvent être portées ou promues par leurs fossoyeurs. 

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Premier ministre Zeine Ould Zeidane, et même les colonels Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani auxquels on prêterait un rôle dans le nouveau pouvoir, ces gens peuvent se targuer de ne pas avoir participé aux événements qui ont endeuillé le pays tout ce temps. Ils sont donc bien placés pour régler toutes ces questions. Mais en garantissant un maximum de consensus. Pour donner toutes les chances de réussite à l’entreprise de réconciliation. 

Il serait dommage pour le pays, pour le peuple mauritanien, que le rétablissement de la justice, de la vérité et du droit se perde entre l’activisme des chauvins et l’amateurisme des responsables chargés de gérer le dossier. Les prétextes sont nombreux. Et fallacieux. 

On parle ici de la responsabilité historique des nationalismes. Polémiques byzantines pour savoir lequel a enfanté l’autre. Pour occulter que le premier parti revendiquant la cause est bien l’Alliance populaire progressiste (APP) qui rassemble tous les nationalismes. La question des nationalismes est largement dépassée : le vert et le noir ne s’épousent-ils pas ? 

On parle de ‘péril noir’, alors qu’on sait qu’il est facile de distinguer qui est mauritanien de qui ne l’est pas parmi les candidats au retour. On parle de moyens insuffisants. On fait oublier le rôle de la communauté internationale. On remet, au nom de ce manque de moyens, à plus tard le redressement des torts. 

On invoque ici le drame des Mauritaniens du Sénégal alors qu’on sait que les deux problèmes ne sont pas similaires. Là le Sénégal a expulsé des milliers de Mauritaniens qui sont venus s’établir chez eux. Ici, la Mauritanie a mis dehors ses propres enfants qui sont allés se réfugier loin de chez eux. 

L’entêtement des autorités ayant commis ce crime, avait empêché le rétablissement de la justice. La pression intérieure et l’intérêt national ont dicté aux nouvelles autorités d’en faire un cheval de bataille. Le courage politique et le sens de la responsabilité ont permis à Ould Cheikh Abdallahi de faire un premier pas : reconnaissance du tort et promesse de le redresser. 

Pour ce qui est des Mauritaniens ou Maures victimes des événements au Sénégal, on peut se demander pourquoi ceux qui crient au scandale aujourd’hui n’en n’ont jamais fait cas. Pourquoi ils ne les ont pas aidés au moment des faits à s’organiser. Pourquoi ils n’ont rien exigé du gouvernement en 1992 pour garantir leur rétablissement dans leurs droits, au moment où le Sénégal et la Mauritanie scellaient leur réconciliation sur le dos des peuples. La réponse est simple : ces gens ne sont pas intéressés par le devenir de leurs concitoyens, ne sont pas des militants de la liberté, ne sont pas des démocrates… On ne peut être anti-démocrates et prétendre combattre l’injustice, et prétendre une noblesse du cœur. 

C’est dommage que le premier débat sur la question a été animé sur une chaîne étrangère, dans un pays étranger : diamonotv.com en France, samedi dernier. Qu’est-ce qui empêche TVM d’animer un vrai débat sur la question ? et la radio ? 

C’est par le débat que nous saurons jeter la lumière sur des événements qui n’ont pas fini de nous marquer. Que nous pourrons trouver des solutions à nos problèmes. Que nous retrouverons la voie d’un avenir commun. Et que nous pourrons nous dire : Plus jamais ça ! 

 

Source La Tribune N° 357 




Coup de Plume de Kissima Diagana

10072007

 

 Man’ne jaahriin, Nekhteerou na arvou 

Nous ne creusons pas, nous voulons juste savoir… 

 

Imaginons qu’un candidat malheureux au baccalauréat conteste ses notes et réclame que l’on procède à la vérification et à une nouvelle correction de ses copies. Imaginons ensuite qu’il parvienne à se faire entendre puis à obtenir gain de cause, que l’Etat tout entier reconnaisse avoir fait tort à ce candidat et certainement à des milliers d’autres avant lui, comme lui et en même temps que lui…Imaginons également que la décision de le rétablir dans ses droits soit prise. Gageons alors qu’il y aura des réticences de la part de certains enseignants dont la plupart se seront rendu coupables non pas forcément de négligence ou de manque d’attention mais plutôt d’une obsession à retrouver les signes distinctifs dans les copies de quelques candidats qu’ils auraient voulu faire admettre contre vents et marées, au point de porter préjudice aux autres….Non seulement ces enseignants n’ont pas intérêt qu’une enquête se fasse pour que les magouilles soient mises à nue, mais c’est tout un système qui risque de s’effondrer et dont les ténors auront du mal à regarder le peuple en face. Un peu comme aimait à répondre Eli Ould Mohamed Vall qui réfutait l’idée d’une « chasse aux sorcières » ; laquelle pouvait mettre tous en cause du fait d’un « système politique » ayant corrompu toutes les consciences.   

Ce scénario du terminaliste victime de l’inconscience des correcteurs est semblable à celui des déportés. Ils se sont retrouvés de l’autre côté du pays parce que des dirigeants de ce pays, obsédés par un désir hystérique de mettre en pratique une idéologie malsaine étaient malheureusement là…A présent que le cheval trottant qu’est l’histoire passe devant notre porte, beaucoup hésitent à monter dessus. 

Il a suffi que Sidi Ould Cheikh Abdallahi consacre sa première allocution à la Nation aux problèmes fondamentaux d’unité nationale pour qu’il se trouve des élus du peuple pour insinuer qu’un règlement des questions du passif humanitaire serait préjudiciable à

la Mauritanie. Et les mises en garde savantes pleuvent : « Elli yirdim maa yajharr », a dit un député invité à une émission télévisée un jour ou deux après le discours sur l’unité nationale prononcé par le président de

la République.  La phrase équivaut à peu près à ceci : « Celui qui recouvre de terre ne creuse pas. » Creuser quoi alors ? Des fosses communes ? Il vaut mieux ne pas. Certains tremblent déjà rien qu’en y pensant. Mais alors, comment ressouder un bras tordu sans le casser à nouveau ? 

Il faut être un mauvais infirmier pour se permettre de panser une plaie sans la désinfecter, sans en crever l’abcès… 

Il y en a qui prétendent que le passif des années 80 doit comprendre ce qui a été fait également aux baathistes, aux nasséristes, etc. A raison. Mais à condition qu’il n’y ait pas une intention tacite de noyer les urgences dans un tissu de confusions. Quand ce n’est pas seulement par la tournure en dérision du malheur de ces milliers de déportés à qui nos comédiens disent niaisement d’apporter avec eux de l’eau à boire, c’est par de la diversion : « des noirs sont en train de traverser pour se constituer déportés puis profiter des opportunités d’un retour organisé… » Tout ceci dénote de la même mauvaise foi qui a prévalu aux jours de déportations. C’est justement contre cette mauvaise foi que toute la classe politique et toute la société civile doivent lutter… 

Du côté du chef de l’Etat, l’ambition de résoudre les problèmes existe. Elle est réelle. Sans nul doute. Mais ce à quoi le scepticisme persiste encore c’est l’audace. Jusqu’où est-il possible de pousser cette audace ? Quand Ould Taya encourageait le gaspillage des millions dans des programmes vides comme lutte contre l’analphabétisme, tous les barons d’aujourd’hui le suivaient. A coup d’initiatives. Ces mêmes barons qui ne sont pas si éloignés des sphères du pouvoir, vont-ils suivre la noble ambition de bien faire ? 

Et l’ambition dont on n’a pas les moyens est un crime comme avait dit quelqu’un il y a au moins deux siècles…Alors, même s’il n’est pas question de creuser, il doit être permis de savoir qui a creusé quel trou et qu’est-ce qu’il y a mis ! 

kissimousman@yahoo.fr 

 

 

 




Repères

10072007

Nouveau démenti mauritanien de présence militaire américaine sur son sol.


Le ministre mauritanien des affaires Etrangères et de la coopération, M. Mohamed Saleck Ould Mohamed Lemine a catégoriquement démenti samedi, les informations circulant à Nouakchott sur l’existence dans le pays, de prisons ou bases militaires secrètes américaines 


Interpellé sur la question par le parlement, le chef de la diplomatie mauritanienne, a réaffirmé, « de façon définitive, claire et catégorique qu’aucun centre détention, aucune base militaire américains n’existent ici ». Si les Américains en expriment le vœu, a-t-il ajouté, le gouvernement ne l’autorisera pas, a encore indiqué Mohamed Saleck Ould Mohamed Lemine

 

Pour le ministre des Affaires Etrangères, les informations diffusées dans la presse étrangère, « ne dépassent pas le stade des rumeurs mensongères ». 

Les députés avaient interpellé le chef de la diplomatie, pour une « réponse claire et juste », parce qu’ils considèrent que les informations faisant état de présence américaine sur le sol mauritanien, sous la forme de prison secrète, ou de centre d’entraînement, « nuit gravement à l’image du pays et à sa réputation à l’extérieur ». 


Les parlementaires sont allés jusqu’à demander au gouvernement d’organiser des voyages pour les journalises, sur les lieux supposés abriter les établissements, afin de « contrecarrer cette campagne venimeuse visant à ternir l’image de la Mauritanie ». 


L’information portant ouverture en Mauritanie, des établissements en question a été publiée pour la première fois, le 20 juin dernier, par le journal américain « The New Yorker », sur son site Internet. La presse française a ensuite relayé en écho, suivi d’une chaîne de télévision iranienne, qui a diffusé des images sur un « prétendu » centre de détention américain, en mauritanie. 


A Nouakchott, c’est « Houria (liberté en arabe), qui évoque deux centres américains de détention dont le premier serait à Néma, à l’extrême est du pays (1250 km de Nouakchott) et le second à Tevragh-Zeina, quartier chic de la capitale. 


C’est la deuxième fois, que les autorités gouvernementales montent au créneau pour démentir ces informations relatives à une « présence américaine ». Le ministre de la Défense d’abord, celui de la Justice avaient déjà démenti « la rumeur qui perturbe » l’opinion publique mauritanienne. 

 



Note: Info source : Agence de Presse Africaine 

 

Une ONG pour des mesures contre l’esclavage en Mauritanie

Une organisation anti-esclavagiste et de défense des droits humains mauritanienne, SOS Esclaves, a réclamé, dimanche, une série de mesures pour l’éradication définitive des pratiques esclavagistes en Mauritanie.

Dans une allocution prononcée lors d’une journée de réflexion consacrée à la question, le président de l’ONG, Boubacar Ould Messaoud, a notamment plaidé pour une unification du droit pour arriver à la caractérisation et à la sanction pénale et civile des pratiques esclavagistes par un amendement du code pénal introduisant une disposition criminalisant le phénomène.

SOS Esclaves réclame aussi la création d’une instance nationale chargée de coordonner la lutte contre le phénomène qui soit dotée de moyens conséquents pour éradiquer la pauvreté au sein de la catégorie sociale des esclaves ou anciens esclaves.

L’ONG demande également une réforme foncière ouvrant le droit d’accès à la propriété sur les terres de culture et une adaptation du code du travail prenant en compte le problème spécifique de la situation des ex-esclaves vis-à-vis de leurs anciens maîtres.

Elle se prononce enfin en faveur de la destruction « de la légitimation religieuse » des pratiques esclavagistes par un appel aux uléma et du droit des ONG de se constituer partie civile pour défendre l’intérêt des victimes à l’occasion des procès pour pratiques esclavagistes.

La Mauritanie prépare actuellement une loi criminalisant les pratiques esclavagistes. Dans le passé, plusieurs mesures de droit n’ont pu venir à bout de ces pratiques faute de volonté politique, estiment les associations de défense des droits humains.

Pana

Note: Info source : Pana via Mauritanie-Web 

 

Le ministre de la culture : le programme du ministère est fondé sur la décentralisation et la valorisation de la culture 

M. Mohamed Vall Ould Cheikh, ministre de la Culture et de la Communication a souligné que le programme de son département au cours des 6 derniers mois de l’année en cours se fonde sur deux axes à savoir la décentralisation de la culture et sa valorisation d’une part, et l’information de l’opinion publique à travers la préservation de la liberté d’expression, de l’autre. 

Le ministre a indiqué, lors d’une conférence de presse tenue ce samedi dans son bureau à Nouakchott que le développement du secteur de la culture se base sur plusieurs axes dont le plus important est le recensement et la valorisation du patrimoine culturel mauritanien dans ses aspects matériel et immatériels en plus des traditions orales.

Il a ajouté que le ministère oeuvre, dans ce cadre, à promouvoir et à propager la culture à travers le recensement et la redynamisation des institutions qui y interviennent qu’il s’agisse des associations de poètes, de gens du théâtre, du cinéma ou autres faisant remarquer la nécessité de rapprocher la culture des citoyens au moyen de sa décentralisation. 
 

M. Mohamed Vall Ould Cheikh a mis l’accent sur le fait que les mécanismes de cette décentralisation se baseront sur les maisons du livre qui existent dans toutes les mougataa du pays ce qui est de nature à fonctionnaliser les délégations régionales du ministère et de doter chaque moughataa d’une maison de la culture qui s’occupera de tous les aspects intéressant le secteur. 

En plus de cela il convient, dit-il, de créer des musées dans chaque wilaya, pour mettre en exergue leur spécificité car dit-il, le but de la création de directions régionales de la culture est de permettre la connaissance des talents locaux afin de les dynamiser, de les organiser mais également d’encourager le tourisme culturel dans les villes historiques et de montrer leur singularité culturelle comme « amersal » à Tichitt ou « la cuisine de Oualata« .

Au sujet de la promotion du secteur de la communication, le ministre a noté que le gouvernement s’est soucié, dans son programme, de la liberté d’expression en général et de celle de la presse en particulier relevant que « depuis la prise de fonction du gouvernement aucun cas de censure n’a été recensé » en dépit de ce qu’il a appelé « des dépassements de certains journaux« . 

Il a précisé, dans ce cadre, le souci du gouvernement de faire des media publics un outil de développement et non une caisse de résonance du pouvoir. C’est précisément ce qui s’est produit à travers la grande ouverture aux acteurs politiques et aux intellectuels ces derniers temps.

M. Mohamed Vall Ould Cheikh a dit que les pouvoirs publics oeuvrent pour organiser la presse indépendante en entreprises qui disposent de sièges et d’employés de manière à en faire une presse sérieuse et responsable. 

Il a mentionné, dans la perspective des efforts de réforme, la publication d’un texte sur l’attribution de la carte de presse et une mouture de projet de loi sur la libéralisation de l’audiovisuel ainsi que l’élaboration de mécanismes d’appui à la presse. 


AMI  

 

 

 

5/07/2007
Affaire Ely Ould Dah 

Qu’en est-il de la demande d’extradition d’Ely Ould Dah, tortionnaire mauritanien libre bien que condamné en France à 10 ans de prison ? 

 

 

Lettre ouverte à Madame Rachida DATI 

ministre française de la Justice 

Paris, Nouakchott, le 5 juillet 2007 

Madame la Ministre, 

Il y a deux ans, le 1er Juillet 2005, la Cour d’assises du Gard rendait un arrêt de condamnation contre Monsieur Ely Ould Dah, ressortissant mauritanien pour crimes de tortures ou actes de barbarie commis sur cinq victimes mauritaniennes. 

Statuant in abstentia -- suite à la fuite de Ely Ould Dah -- la Cour d’assises a condamné le tortionnaire à 10 ans de réclusion criminelle tout en constatant qu’un mandat d’arrêt international avait été émis le 6 avril 2005. Statuant sur l’action civile le même jour, la Cour d’assises a condamné l’accusé à payer aux requérants la somme de 15.000 euros chacun à titre de dommages et intérêts. 

Cette condamnation faisait suite à la plainte déposée le 4 juin 1999 par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) à l’encontre de M. Ould Dah auprès du Procureur de la République du Tribunal de grande instance de Montpellier sur la base du principe de compétence universelle énoncé par la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants (New York, 10 décembre 1984), ratifiée et intégrée dans le Code de procédure pénale français aux articles 689 et suivants. 

La FIDH, la LDH et l’AMDH n’ont, à ce jour, reçu aucune information sur les démarches entreprises par les autorités françaises pour l’exécution de l’arrêt de la cour criminelle de Nîmes. 

La FIDH, la LDH et l’AMDH demandent aujourd’hui que les autorités françaises clarifient les conditions de mise en œuvre de l’exécution de cet arrêt. Les organisations signataires souhaitent en particulier savoir si une demande officielle d’extradition a été notifiée à l’adresse des autorités mauritaniennes et dans l’affirmative quelle a été la réponse du gouvernement mauritanien. 

Le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Nîmes informait nos conseils, par une lettre en date du 12 décembre 2006, avoir interrogé la Chancellerie en ce sens. Monsieur Ely Ould Dah se trouve, de sources sûres, sur le territoire mauritanien. Incorporé à l’armée mauritanienne, il a été nommé commandant adjoint administratif à l’EMIA -- Ecole Militaire Inter Armes d’ATAR. 

Nous sommes convaincus, Madame le Ministre, que vous comprendrez le désir légitime des victimes parties civiles de connaître les démarches diligentées par les services compétents de votre ministère et vous prions par conséquent de bien vouloir nous tenir informés, le cas échéant, des avancées ou des obstacles rencontrés dans ce dossier. 

Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de nos sentiments distingués et dévoués. 

Souhayr BELHASSEN, présidente de la FIDH 

Jean-Pierre DUBOIS, président de la LDH 

Fatimata M’BAYE, présidente de l’AMDH et vice-présidente de la FIDH 

 

 

 

Maurice s’en est allé, en douceur, avec cette délicatesse qui le caractérise : il nous manquera à tous. Cécile, Paul-Marie, Marie-Claude, Marie-Alice, Jean-Jacques et le reste de la famille, votre peine est aussi la nôtre. La perfide action du temps, qui s’exerce sans relâche sur la mémoire, finira bien par atténuer notre chagrin à tous mais jamais elle ne nous fera oublier ce garçon affable, cultivé, sensible et si attentionné. Adieu Maurice, notre fils, notre frère, notre ami. Inna Lillahi Wa Inna Ileyhi Raji’oun. Khady, Abdallahi et les autres.  

 

 

La ministre de l’éducation nationale fixe les grandes lignes du programme de son département  

Nouakchott 4 Juillet (AMI)- Le taux de réussite au bac, toutes options confondues cette année, est seulement de 7,88% après délibération, celui de la déperdition scolaire est de 1 élève sur 2 et les informations sur la position d’une bonne partie du personnel font encore défaut, a déclaré la ministre de l’éducation nationale.  

Madame Nebghouha Mnt Mohamed Vall s’exprimait mercredi, à l’occasion d’une conférence de presse sur la situation et les principales contraintes actuelles de son département, les orientations et priorités du secteur et la structure du plan d’actions 2007.  

La ministre a précisé à cet égard que cette situation est consécutive à la conjonction de plusieurs facteurs, notamment des insuffisances au niveau de la gestion et de l’organisation, la qualité de la formation initiale dispensée au corps enseignant et le manque de formation continue à leur profit. 

A cela s’ajoutent l’insuffisance du matériel didactique et la mauvaise répartition des établissements scolaires entre autres en plus de facteurs endogènes comme l’organisation des élections en pleine année scolaire et l’impact négatif de la sédentarisation anarchique sur la répartition des établissements scolaires en milieu rural.  

A la lumière de ce diagnostic, a dit la ministre, le plan d’actions du département pour les six derniers mois de l’année 2007 a reconduit les activités du plan d’actions du programme national de développement du secteur éducatif non encore réalisées et jugées pertinentes et a intégré les nouvelles priorités envisagées par le ministère d’ici la fin de l’année 2007. Ces priorités, a-t-elle dit, portent sur des améliorations au niveau de la gestion et de l’organisation, la maîtrise de la situation du personnel et l’organisation des examens.  

Au sujet de ce dernier point, l’organisation des examens, la ministre a indiqué que le département a pris des mesures de nature à garantir la transparence au niveau des différentes étapes de l’opération. Elle a révélé que le dispositif de surveillance mis en place a permis de répertorier 500 cas de trichage lors des examens du bac et saisit cette opportunité pour inviter les parents d’élèves à combattre ce phénomène qui n’est pas dans l’intérêt des élèves.  

Madame Nebghouha Mint Mohamed Vall a ajouté que son département entend relever ces défis à travers les résultats des états généraux de l’éducation prévus avant la fin de l’année et qui pourront s’étaler sur plusieurs mois.  

Ces états généraux seront consacrés à la réflexion approfondie sur les obstacles qui entravent l’épanouissement du secteur et l’identification des solutions adéquates pour les surmonter.  

Mme Mint Mohamed vall s’est ensuite appesantie sur les objectifs du plan d’action 2006-2007, financé à hauteur de 6. 590.443.732 UM notamment en ce qui concerne l’amélioration et le renforcement de la gestion et du pilotage du système éducatif par l’instauration de la logique de la gestion basée sur les résultats, l’amélioration de l’offre éducative et le renforcement de l’effort national en matière de lutte contre l’analphabétisme.  

Répondant à des questions relatives aux mesures concrètes que son département envisage de prendre au sujet de la motivation du personnel, de la révision des programmes et de l’usage de mesures répressives à l’encontre du personnel en position irrégulière, la ministre a indiqué que son département oeuvrera pour l’amélioration des conditions du travail de l’enseignant à travers l’augmentation des indemnités, la réduction des effectifs des élèves en classe, la disponibilisation du matériel pédagogique nécessaire… Le département, a-t-elle dit, procèdera également à la révision des programmes et à l’application du principe de la sanction et de la récompense. 

Une attention particulière dira-t-elle sera accordée à la planification et au suivi. Déjà le ministère a décidé d’associer le syndicat aux procédures de promotion et d’affectation du personnel dans le souci de l’application de la transparence à tous les niveaux a-t-elle conclu. 

AMI 

  

Séance de travail entre le ministre de la Fonction publique et les partenaires au développement  

Nouakchott, 5 juil (AMI)- Le ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, M. Abdel Aziz Ould Dahi a tenu hier, mercredi, à Nouakchott une séance de travail avec les partenaires au développement impliqués dans les volets de renforcement des capacités et de modernisation de l’Etat.  

Au cours de cette réunion, les responsables du département ont présenté le plan d’actions du ministère pour la période couvrant le deuxième semestre de l’année 2007. Cet exposé a suscité de riches et fructueux débats qui ont permis de définir les voies et moyens permettant d’assurer une coordination efficace des actions de modernisation et de renforcement des capacités.  

A noter qu’en plus du ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration et ses proches collaborateurs, cette rencontre a regroupé la représentante résidente du PNUD en Mauritanie, Madame Cécile Molinier et certains membres de son staff, le représentant résident de la Banque Mondiale en Mauritanie M. François Rantrua et l’ambassadeur de la république Fédérale d’Allemagne, SEM. Eberhard Schanze.  

Il y avait également autour de la table, le directeur du bureau de la GTZ en Mauritanie, M. Rainer Geppert, le responsable du PRECAPS (projet de renforcement des capacités du secteur public) au niveau de la banque mondiale, M. Bekhechi, son homologue en Mauritanie, M. Mouhyidine Ould Sidi Baba ainsi que le chef de service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France dans notre pays, Mme. Françoise Gianviti. Deux consultants, en l’occurrence Mme. Turkia Daddah et M. Zekerya Ould Amar ont pris part également à cette séance de travail.  

Les participants à cette réunion ont convenu d’un meilleur partage de l’information en vue d’une coordination efficace des actions à réaliser dans le cadre du plan d’actions du ministère et ont promis de se rencontrer tous les trois mois pour faire le point sur la situation.  

AMI 

 

L’AFD a investi plus 365 millions d’Euros en Mauritanie  

Nouakchott, 05 juil (AMI)- Le directeur du Département Afrique Subsaharienne de l’Agence Française de Développement (AFD), M. Jacques Moineville, en visite actuellement dans notre pays, a donné jeudi après-midi à Nouakchott une conférence de presse dans laquelle, il a précisé que l’AFD a investi plus 365 millions d’Euros dans l’aide au développement au cours des 29 années de son existence en Mauritanie.  

Il a également ajouté que l’AFD qui constitue l’opérateur pivot du gouvernement français en matière d’aide au développement est intervenu dans les domaines des Objectifs du Millénaire pour le Développement à savoir (la santé, l’éducation, la lutte contre la pauvreté, l’approvisionnement en eau, les infrastructures, l’urbanisme, mais aussi les mines, les pêches etc.)  

Il également indiqué que l’AFD, qui s’intéresse aussi au secteur privé, est en mesure d’accorder des prêts à faibles taux d’intérêt dans les secteur des mines, de l’eau, de l’hôtellerie et des pêches, ajoutant qu’en concertation avec le gouvernement mauritanien, l’Agence compte investir dans le secteur de l’environnement.  

Répondant à une question de l’Agence Mauritanienne d’Information sur la disponibilité de l’Agence Française de Développement d’apporter son appui à la solution du problème de l’eau à Nouakchott, M. Moineville a souligné les moyens alloués au secteur de l’eau sont affectés à l’hydraulique rurale, précisant que l’Agence de Nouakchott, qui est habilité à signer avec des partenaires mauritaniens comme la SNDE peut toutefois apporter son concours en octroyant des prêts à faible taux d’intérêt à la SNDE pour améliorer ses capacités de production et de distribution d’eau et élargir son partenariat avec le ministère de l’hydraulique.  

Le responsable français a aussi précisé que l’Agence n’a pas rencontré de problèmes dans le suivi des programmes exécutés en Mauritanie que son institution finance, comme le Programme National de Développement du Secteur Educatif. 

M. Jacques Moineville a enfin noté que, malgré l’extension du partenariat entre son institution et des pays comme la Chine, le Brésil ou l’Inde, l’Afrique reste un partenaire privilégié de l’Agence Française de Développement qui bénéficie de la priorité avec un chiffre total d’engagement de l’ordre de 1,2 milliards d’Euro par an.  

AMI 

 

Message du Roi du Maroc au Président de la République  

Accra, 3 juil (AMI) - Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, Président de la République a reçu en audience, lundi soir dans sa résidence à Accra, le ministre marocain des Affaires étrangères, M. Mohamed Ben Issa.

A sa sortie d’audience le chef de diplomatie marocaine a déclaré à l’AMI qu’il a transmis un message de sa Majesté Mohamed VI, Roi du Maroc au Président de la République relatif aux développements de la question du Sahara et qu’il a trouvé auprès du chef de l’Etat « une très grande compréhension grâce à la présence mauritanienne à toutes les étapes de cette question « .

M. Mohamed Ben Issa a ajouté qu’il apprécie les efforts que déploie la Mauritanie pour permettre aux parties de parvenir à une solution satisfaisante et garantissant la stabilité et la sécurité dans la région, réaffirmant « la volonté du Maroc de poursuivre le dialogue avec les parties pour parvenir à une solution garantissant au Maroc sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale « .

L’audience s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, du directeur de cabinet du Président de la République et du chargé de mission à la présidence de la République.  

AMI 

  

Des renseignements concordants font état de menaces terroristes contre le Maroc (responsable) 

Rabat, 06/07/07- M. Mohieddine Amzazi, Wali, Directeur général des Affaires intérieures au ministère de l’Intérieur, a affirmé, vendredi, que « des renseignements concordants parvenus au ministère de l’Intérieur au cours des derniers jours font état d’une menace assez grave d’attaques terroristes dont le Maroc serait la cible ». 

Dans une déclaration à la presse, M. Amzazi a inscrit « dans ce cadre » la réunion tenue le même jour au siège du ministère de l’Intérieur, sous la présidence de MM. Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, et Fouad Ali El Himma, ministre délégué à l’Intérieur, en présence des walis et des responsables des services de sécurité. 

« Cette réunion avait principalement pour objet d’évaluer la nature de cette menace, son degré de gravité, et d’adapter le plan d’alerte à ce degré de gravité », a souligné M. Amzazi, à l’issue de cette réunion. 

Il a ajouté que la réunion avait également pour but de « prospecter les moyens d’améliorer davantage la coordination entre les services de sécurité et l’administration territoriale et de lancer un appel à la population pour plus de mobilisation ». 

M. Amzazi a mis l’accent, à cet égard, sur « le rôle fondamental et essentiel joué par la population dans la lutte contre le phénomène terroriste ». 

Réunion au Ministère de l’Intérieur consacrée à l’examen de la situation sécuritaire 

Rabat, 06/07/07- Une réunion de sécurité s’est tenue, le vendredi 6 juillet 2007 au siège du Ministère de l’Intérieur, sous la présidence de Messieurs le Ministre de l’Intérieur et le Ministre Délégué à l’Intérieur, en présence du Général de Corps d’Armée, Commandant de la Gendarmerie Royale, le Directeur Général de la Sûreté Nationale, le Directeur Général de la Surveillance du Territoire, le Directeur Général des Etudes et de la Documentation et le Général de Division, Inspecteur Général des Forces Auxiliaires. 

Y ont également pris part l’ensemble des walis du Royaume, des préfets de police, des chefs des sûretés régionales et des commandants régionaux de la Gendarmerie Royale. 

Cette réunion a été consacrée à l’examen de la situation sécuritaire, du niveau actuel de la menace terroriste pour notre pays et des mesures à mettre en oeuvre pour renforcer la sécurité des citoyens et de leurs biens, indique un communiqué du Ministère de l’Intérieur. 

Dans ce cadre, le Ministre de l’Intérieur a souligné que les évènements survenus à Casablanca en mars et avril dernier ont confirmé les appréhensions des autorités marocaines, en indiquant que l’issue qu’ont connue ces évènements, a démontré l’efficience du plan d’action mis en oeuvre, ajoute le communiqué. 

Evoquant l’actuelle menace terroriste avérée contre notre pays, sur la base de renseignements fiables, Monsieur le Ministre a exhorté MM. les Walis ainsi que les services de sécurité à redoubler de vigilance. 

Le Ministre de l’Intérieur a annoncé, dans ce cadre, la décision de relever au maximum le seuil d’alerte en matière de menace terroriste. Ce niveau indique une menace grave d’acte terroriste et exige des organes concernés une mobilisation extrême, précise-t-on de même source. 

Il a, par ailleurs, souligné qu’en informant constamment les citoyens des risques potentiels et des mesures entreprises, le Ministère de l’Intérieur entend sensibiliser davantage la population afin de maintenir l’élan de soutien de l’effort de lutte engagé, ayant permis l’avortement de plusieurs projets terroristes. 

Il a précisé ensuite que le renforcement du dispositif de sécurité qu’exigera l’accroissement du niveau de mobilisation, s’effectuera à travers des contrôles supplémentaires et un déploiement optimal des forces de sécurité. 

Il a, parallèlement, annoncé qu’eu égard au caractère durable de la menace et des fortes exigences de la lutte anti-terroriste, un travail a été initié pour le renforcement des capacités opérationnelles de l’administration territoriale et des services de sécurité dans le cadre d’un plan pluriannuel de mise à niveau des moyens humains et matériels, conclut le communiqué. 

 

Nouvel échange de visites familiales de et vers la province de Laâyoune 

Laâyoune, 06/07/07-L’opération d’échange de visites familiales, pilotée par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), entre les camps de Tindouf, au sud de l’Algérie, et les provinces du sud du Royaume, s’est poursuivie vendredi par l’organisation du vingt-sixième voyage, de et vers la province de Laâyoune. 

Le présent échange a connu la participation de 58 bénéficiaires appartenant à 17 familles, indique un communiqué du Bureau de la Coordination marocaine avec la Minurso. 

Ainsi, huit familles totalisant 29 personnes, originaires de Laâyoune, ont embarqué, vendredi à 6h30mn, à bord d’un aéronef de la MINURSO, à l’aéroport de cette ville, à destination de Tindouf, avant que neuf familles totalisant 29 personnes, en provenance des camps de Lahmada (camp dit Laâyoune), n’aient débarqué du même avion, à 11 h10 mn, précise la même source. 

Cet échange s’est déroulé du côté marocain dans de bonnes conditions et toutes les dispositions ont été prises pour assurer un bon accueil aux participants et leur faciliter les formalités d’usage, au niveau de l’aéroport d’embarquement et de débarquement, souligne le communiqué. 

Tout en exprimant sa satisfaction quant à la poursuite de l’opération d’échange de visites familiales, le bureau de la coordination marocaine appelle le HCR à mener cette mesure de confiance, conformément à son mandat et en application des termes des arrangements conclus, notamment en ce qui concerne la préservation de l’unité des familles en provenance des camps de Tindouf. 

Par cet échange, le nombre total des personnes ayant bénéficié des visites familiales depuis le 05 mars 2004, s’élève à 4033 dont 2090 personnes en provenance des camps de Tindouf et 1943 personnes en partance des provinces du sud. 

 

Agence française de développement en Mauritanie : 16,75 millions d’euros d’engagement.
Les engagements de l’Agence française de développement (AFD) ont atteint une moyenne annuelle de 16,75 millions d’euros au cours des cinq dernières années, a-t-on appris jeudi à Nouakchott de source officielle. 

Selon le directeur du département Afrique subsaharienne de l’AFD, Jacques Moineville, qui en a fait l’annonce au cours d’un point de presse, ces engagements concernent plusieurs domaines liés notamment aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et à la croissance. 

Il s’agit, a-t-il précisé, de la lutte contre la pauvreté, de l’amélioration de l’accès des populations aux services sociaux de base tels que la Santé, l’Education, l’eau potable, l’électrification rurale, la préservation et la valorisation du capital naturel et le développement économique durable. 

Les engagements de l’Agence française de développement concernent également l’octroi de prêts au secteur privé par l’intermédiaire de la filiale spécialisée PROPARCO. 

Concernant le continent africain, considéré comme une « zone prioritaire », les engagements globaux de l’AFD au titre de l’année 2006 ont atteint un montant global de 1,2 milliard d’euros, a ajouté M. Moineville. 

Ils ont concerné la lutte contre la pauvreté, la Santé, l’Education, l’accès aux services sociaux de base, les infrastructures, l’appui à la croissance… PANA via Mauritanie-web du 05/07/2007 

 

 Source la Tribune 357 du 10/07/2007




Contre tout souverainisme crache-misère

10072007

 

  

Le débat sur la réconciliation nationale est enfin ouvert. Comme de bien entendu, les termes en sont clairs : le pouvoir a encore fait ce qu’il fallait faire. Le discours du président est plébiscité comme jadis les « exactions » qu’il dénonce sous le régime arbitraire. A l’instar de la mafieuse transition militaire dont on n’a pas encore déminé les bases arrières. Les mêmes applaudissements qui étouffent les complaintes et les prières. Là où l’urgence est aux analyses approfondies et complémentaires, la propagande et la haine oeuvrent de concert.  Là où le renouveau est nécessaire, c’est la même symbolique qui persévère. La volonté officielle étant de ne pas s’embarrasser de l’avis expert ou modérément contraire. 

 

Pays termitière 

C’est un danger pour la survie de
la Mauritanie que la vocation de son opinion publique à suivre le premier venu des commanditaires. La colonisation s’en était déjà servie comme donnée première. Et la récente transition putschiste aura eu le tort de témoigner universellement de cet endémique travers. Les sbires d’un dictateur déchu furent plébiscités comme de providentiels missionnaires. Et les foules serviles et les partis crédules s’empressèrent d’en bénir l’électoralisme primaire.   

Telle inconscience collective est fatale par temps de guerres affranchies de contraintes frontalières. Désormais, la globalisation des appétits condamne tout réduit local qui se laisse facilement faire. Par l’invasion d’un conquérant planétaire en mal de ports pour ses navires de guerre. Face à l’Europe pacifiée et côtière. A proximité de l’Asie plus ou moins guerrière. 

C’est dire que le suivisme intérieur compromet l’indépendance vis-à-vis des puissances étrangères. Quand il n’encourage pas l’expansionnisme et ses chasses aux trésors de matières premières. Dans les sous-sols sans autorité légitime et régulière. A la surface d’un désert miné « d’arabité négro-berbère » qui vit comme un péril son africanité héréditaire. Dans un état qui refoule sa négritude dans les bidonvilles populaires. Au gré des déterminismes suicidaires qui en nourrissent les fractures intercommunautaires. En dépit de l’islamité collective et multiséculaire, les crises et tensions identitaires finiront par entamer le minimum de souveraineté nécessaire. Fêter ses déportés extérieurs et intérieurs, c’est aussi consolider l’unité sociologique d’un pays termitière.  Loin de tout consensualisme pervers : pour ne pas devenir une poudrière naturelle en zone pétrolifère… !
  

Idéologues pour militaires 

C’est dans cette perspective souverainiste que l’autocensure présidentielle faillit à sa vocation première : assumer la responsabilité de l’état et la complicité des hommes qui étaient aux affaires. Y compris l’opinion publique qui a laissé faire. Sans que le plaider coupable officiel ne se transforme en chasse aux sorcières. 

Mais la fragilité de ce discours historique a d’autres raisons tout aussi particulières. Dont la moindre n’est pas la mainmise du système militaire sur les volontés légitimes de ses successeurs. Son putschisme sournois séquestre toujours le quotidien des ministères. Les hommes d’affaires et les parlementaires se recrutent encore dans le vivier de ses années meurtrières. Puis, il y a tous ces idéologues pour militaires que le temps et les disgrâces ne font pas taire. Ils courent et discourent dans leur habituel souverainisme « crache-misères». Ils crient à la massive invasion de fourmilières. Dans leur guéguerre de mémoires victimaires, ils singent ( Leylihatt) les avocats endiablés de la victime arabe sacrifiée de l’autre côté de la frontière. Au lieu d’inviter un pays voisin à s’inspirer d’une réconciliation exemplaire. Quitte à l’y obliger dans le cas contraire. A condition, toutefois, de réussir leur modèle de retrouvailles entre frères. 

Pour l’heure, il reste urgent de « rassurer » les revenants sur le mea culpa de l’état sanguinaire. Pour enraciner un « plus jamais ça » dans la conscience populaire. Loin du règne de la demi-mesure et du laisser (sans) faire, il faut que chaque mauritanien puisse à son tour  « compatir » avec ses frères. Afin que les uns se lavent définitivement de leur folie « passagère ». Que d’autres pardonnent sans rancune ni marche arrière. Que le peuple tout entier se sente fier d’accueillir ses déportés sur leur terre. Pour qu’enfin
la Mauritanie redevienne hospitalière. Qu’elle puisse se partager et se refaire. Entre cette voie et son contraire, le choix d’avenir est on ne peut plus clair… 

 

                                                                                                                                                                                            Cheikh Touré 

 

Source la Tribune N° 357 




Mauritanien condamné à la peine capitale au Soudan

14072007

Mohamed Ould El Ghassem Ould Abdoullah détenu depuis trois ans dans un pénitencier soudanais vient d’être condamné par un tribunal de ce pays à la peine capitale. Cette extrême sentence intervient après un premier arrêt de justice pourvu en cassation où le présumé avait été innocenté.

Mohamed Ould El Ghassem est un natif de Tamchakett âgé de plus de 40 ans. Comme la plupart des mauritaniens qui, après avoir terminé les études coraniques, partent le plus souvent à l’aventure à travers l’Afrique. Dans les pays d’accueil, ils exercent généralement le commerce et parfois des petits jobs.

Mohamed, après un court séjour en Libye, il s’est installé définitivement au Soudan depuis 17 ans. Il est marié à une cousine et père de 9 ans ; 5 filles et 4 garçons. Il menait dans ce pays une activité commerciale et s’adonne parfois au maraboutage conformément aux préceptes coraniques selon la version que nous a relatée sa soeur, notre informatrice.

D’il y a trois ans, une famille soudanaise dont le fils est atteint d’une démence très poussée fut orientée chez Mohamed pour que ce dernier lui prodigue des soins. La vie affreuse du malade fera la fugue de la mère de la famille du soigneur protestant un non recevoir.

Mohamed se décommande mais sur demande de la famille du sinistré qui suppliait de le laisser passer la nuit suite à la longueur du trajet, il accepta aux trois hommes d’épuiser la nuitée. Le matin de bonne heure, il est surpris de voir le malade raide presque mort abandonné seul dans la chambre qu’il leur avait aménagée.

Mohamed alerta aussitôt la police qui s’exécute et une enquête est diligentée aboutissant à son inculpation en lui reprochant coups et blessures portés sur la victime. Après une garde à vue de plusieurs jours à la police, il est déféré au parquet du pénitencier principal du Soudan. Sa famille mandate un avocat qui s’occupe de son affaire, après un premier arrêt du tribunal qui lui était favorable un pourvoi de cassation entraînant un deuxième qui le condamne à la peine capitale lui reprochant nuisance et escroquerie à outrance par le charlatanisme.

Cet arrêt a été rendu public d’il y a seulement dix jours à la grande stupéfaction de ses parents. Sa petite soeur Aïchetou mint El Ghassem Ould Abdoullah nous a rendu visite pour nous informer de cette douloureuse affaire. Elle ne pouvait retenir ses larmes en nous relatant le calvaire de son frère que la justice renvoie arbitrairement à la mort.

A travers la médiatisation de cette affaire qui, dit-elle, met à la connaissance de tous ses concitoyens ,les organisations de la société civile et à toutes les bonnes volontés pour lui venir en aide pour secourir son frère innocent et de surcroît père de 9 enfants dont 5 avec leur maman résident encore sur le sol soudanais.

Nous rappelons que le président Ely Ould Mohamed Vall avait été saisi de cette affaire lors de sa visite dans ce pays, priant les autorités soudanaises de bien voir le cas de ce compatriote. Et voila ce à quoi avait abouti cette bonne recommandation.

Cissé Harouna

Note: Info source : Nouakchott Info




Notre diplomatie est-elle malade ?

16072007

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre des affaires étrangères,

Qu’est-ce que vous attendez pour sauver notre compatriote condamné à mort au Soudan ? Vous le savez trés bien qu’il n’y a pas une véritable justice au Soudan ou alors ça saurait vu le genocide que le gouvernement de ce pays est en train de perpétuer au Darfour.
Rien n’est prioritaire à cette question, notre compatriote est comdamné à mort et jusqu’aujourd’hui il n’y a pas de réaction, meme de la part du peuple mauritanien que j’invite à sortir dans les rues et à médiatiser cette affaire d’autant.

Devant une telle situation, rien n’est d’envergure humanitaire que de trouver une solution pour éviter la souffrance de cette famille de 9 enfants dont le père est innocent. Chers compatriotes en Mauritanie et à l’Etranger, chers politiques, chers internautes et chers musulmans soyons solidaire !!! oui solidaire avec cette homme livré à lui seul devant cette injustice.

SOLIDARITE !!!!!!! SOYONS SOLIDAIRE COMPATRIOTES!!!!

Sarko via cridem




Mohamed Haroun O Cheikh Sidia n’est plus…

16072007

 

  

Il n’avait pas besoin de lire Confucius pour savoir : ‘Le jour où tu es né tout le monde était heureux et tu étais le seul à pleurer. Fais en sorte, tout au long de ta vie, qu’à ta mort tout le monde pleure et que tu sois le seul heureux’. 

Mohamed Ould Haroun Ould Cheikh Sidiya fait partie de ces êtres qui savent remplir une vie. Si courte soit-elle. Né dans un milieu déjà accompli, il a pu, l’espace d’une vie, ajouter une touche à cette grandeur légendaire reconnue dans tout l’espace maure et au-delà. 

J’ai connu Mohamed. Je l’ai aimé comme on aime un frère. Je l’ai adulé comme on adule son Chaykh. Je l’ai respecté comme on respecte son modèle. 

Je ne sais quoi dire de Mohamed Ould Haroun Ould Cheikh Sidiya. Qu’il est celui qui a le plus incarné cette idée de grandeur et de dignité, qualités mémorables des princes du désert ? Qu’il est celui qui est resté debout, alors que la position couchée était la plus valorisée ? Qu’il est celui qui a gardé raison dans la cohue de ces dernières décennies ? Que Mohamed Ould Haroun Ould Cheikh Sidiya a été Mohamed Ould Haroun Ould Cheik Sidiya, ce qui est l’accomplissement même ? Vous savez cela. Tout le monde le sait. Pas la peine de le dire. 

On dit que la mort est un mot qui tue tous les mots. Colette a dit qu’«il n’y a de peine irrémédiable, sauf la mort». Heureusement pour nous que nous sommes ce que nous sommes. De pauvres gens qui croient fermes qu’ils sont à Dieu et qu’à Lui ils reviennent… 

Que Haroun et frères et sœurs, que Meymouna, que parents et amis, que compagnons politiques, trouvent ici l’expression de notre sincère compassion. 

 

Ould Oumeïr 

 

Condoléances : 

 

Dignité, Grandeur, Noblesse. Adieu ! Celui qui incarnait tant de valeurs est parti. Nous attendrons encore, et encore, et encore, pour voir réincarner de telles valeurs. 

Adieu Mohamed Ould Haroun Ould Cheikh Sidiya.

Qu’Allah le Miséricordieux nous prenne en pitié. 

Signé : Ahmed Ould N’Deyatt 

 

Source La Tribune 358 du 17 juillet 2007




Ces FLAM qui dérangent les forces du mal

16072007

Par Kaaw Touré -- Porte-parole des FLAM
Stockholm- Suède

Les partisans du système raciste et exclusiviste ont de la suite dans les idées. Le colonel- président déchu est en passe de gagner ses galons de noblesse dans le monde de la politique politicienne, inexpugnable forteresse où le mensonge gaillardement campé prend la forme et les couleurs de la vérité. Il est parvenu encore à se créer d´autres émules, d´autres Francois Soudan, d´autres mnd´istes maitres dans l´art d´éteindre la torche de la démocratie et de maintenir l´ombre là où justement une lumiére crue devrait permettre une transparence. Ceux-ci n´ont pas à écrire comme son ex-journaleux et griot apologiste de Paris de spécieux articles sur le dos de quelque substantiel chéque, mais comme lui, ils excellent dans l´amalgame et dans l´art de laver l´Etat mauritanien de toutes ses tares pour le parer d´attributs quasi-magiques de subit démocrate, victime innocente des « machinations étroites et extremistes des Flam » et du Sénégal voisin. C´est la conviction profonde du député prdr, ex ministre de Taya , monsieur Mohamed El Mokhtar Ould Zamel, ses complices de l’arnaque processuelle , et ses autres amis nationalistes arabes (Baathistes surtout).
En effet, depuis le discours du président de la république et l´annonce du retour probable des déportés, les partisans du statu-quo, et certains plumitifs en mal de « refoulement » ressortent la grosse batterie de la solution finale contre les FLAM.
Des attaques repétées, haineuses, mal fondées et pour tout dire fonciérement malveillantes. Plus c´est gros, plus ça passe et ça casse! Hélas, cela ne fait plus d´effet dans l´état actuel des choses. La motivation cynique de ces illuminés de « l´arabité de la Mauritanie » et de la fumeuse rhétorique marxisto-khadihine s´explique, mais qu´ils comprennent leur but est voué d´avance à l´échec, car comme le dit bien un proverbe du Fouta natal « ko mahaani hoore fusataa ngaandi » .
Leur mission: diabolisation des Flam! En les colorant d´une couleur qui n´existe que dans leur structure de conscience, traduisant leur paradigme qui est celui de l´idéologie raciste, exclusiviste et haineuse. L´opinion publique mauritanienne a suffisamment fait justice de certaines accusations absurdes, érronées, pour que nous n´ayons plus besoin de revenir sur certaines de ces inepties.
Ceux qui confondent l´effet et la cause ont encore un recyclage philosophique à rattraper chez leurs maitres de Bagdad. Mais peut-on seulement nous expliquer les causes de la déportation massive des négro-africains seuls hors du pays en 1989, de l´extermination des centaines d´autres dans des casernes et dans la vallée?
Revenons sur ce cette propagande mensongére véhiculée par nos adversaires politiques tendant à présenter les FLAM comme une version Négro-africaine du Ba´athisme ou du Nasserisme. De ce grossier postulat, les porte-faix de l´authentique comme Amar Ould Béja et autres tristes guignols de la même écurie semblent se decouvrir une nouvelle sordide besogne, une croisade contre les FLAM qui “ doivent-être vomi (e)s » au même titre que les déporteurs, les tortionnaires, les geôliers et autres idéologues de l´exclusion et du racisme d´Etat. Quelle injustice!
Il n´est pas besoin d´une longue dissertation pour montrer que cette assertion reléve de l´amalgame et d´une volonté manifeste de jeter le discrédit sur les Flam à des fins que le monde imagine.
Sans nous étendre, rappelons que notre projet de société se fonde sur le caractére multinational de la Mauritanie où Arabes et Négro-africains auraient les mêmes droits, où le fait d´être arabe, noir, haratine, Zenaga ne serait ipso-facto une condition rhédibitoire. Ce qui est en porte-à-faux avec l´idéologie des nationalistes arabes qui dénie aux Négro-africains tout droit et veut construire une Mauritanie exclusivement arabe. Les théses des nationalistes arabes ne constituent point un secret, elles ont été accompagnées par des actes ignobles à l´encontre de la communauté négro-africaine. De la même façon que l´Irak de Sadolf Hitsein se battait contre les kurdes et les perses pour garantir l´arabité du flanc Est de la grande nation arabe, la Mauritanie doit, sur le flanc Ouest, chasser les Négro-africains pour préserver la pureté de la nation arabe. Cette théorie aboutit à la conclusion péremptoire selon laquelle tout ce qui n´est pas Maure ou beydane n´est pas mauritanien. Elle s´appuie également sur des arguments historiques fabriqués qui consacrent l´antériorité des arabes en Mauritanie. Donc, tout bonnement, les Négro-mauritaniens sont des « descendants d´anciens footballeurs ou des tirailleurs Sénégalais ou des africains de l´Ouest venus envahir et polluer la pureté de la race arabe » (théses defendues récemment par un certain El Wafi et Bredeleil lors de leur procés de 1988 et par Ould Taya dans Jeune Afrique en 1990 pendant le conflit sénégalo-mauritanien ).
L´attitude des nationalistes arabes envers la communauté négro-africaine est en réalité une attitude de rejet, de négation et d´exclusion à tous les niveaux. C´est l´ancrage de ces convictions diaboliques jusque dans les hautes sphéres du pouvoir qui a conduit le régime satanique de Taya à écarter les noirs de la vie publique, à les assassiner massivement, à déporter des dizaines de milliers de nationaux noirs au Sénégal et au Mali.
Ce raisonnement simpliste basé sur une attitude de négation des Négro-africains constitue l´essence de l´orientation du nationalisme arabe en Mauritanie au niveau politique, économique et culturel du pays. Dès lors, il est tout a fait justifié de qualifier les Baathistes et les Nasseriens de racistes, particularistes, extrémistes, nationalistes étroits, parce qu’ils cultivent une doctrine prônant l´exclusion pure et simple des Négro-africains de la Mauritanie.
LES FLAM ont-elles une attitude semblable par rapport aux Beydanes ?
A prendre pour référence, la production idéologique des FLAM, du Manifeste du Négro-mauritanien Opprimé de 1986, aux programmes et orientation politique du Mouvement en passant par le Livre Blanc de 1990, le Mémorandum des FLAM de 2000, La Plate-forme pour une Mauritanie réconciliée de 2007, on ne trouve nulle part une théorie de « la grande nation Négro-africaine dont la Mauritanie constitue le flanc ouest qu´il convient de préserver de l´invasion des arabes venus de l´orient ». Nulle part on ne trouve dans les documents des FLAM, que « devant l´intolérable invasion des arabes la solution consiste à les chasser de la Mauritanie, pour préserver la souillure arabe afin de bâtir une nation négro-africaine avec un pouvoir exclusivement noir ancré dans le monde Négro-africain. »
Si les FLAM avaient une telle attitude de rejet et d´exclusion de la composante arabe du pays, à ce moment il serait légitime scientifiquement de les qualifier « d´étroits, d´extrémistes, de racistes » parce que s´appuyant sur une doctrine prônant l´appartenance exclusive de la Mauritanie aux Négro-Africains.
Que disent les F.L.A.M ?
LES FLAM ont toujours reconnu EXPLICITEMENT le caractére biracial et multinational de la Mauritanie ainsi que le droit de toutes les composantes culturelles du pays à vivre et à s´épanouir pleinement en Mauritanie. Les FLAM sont fondamentalement attachées à la vocation naturelle de la Mauritanie qui est celle d´être un trait d´union entre le monde Négro- africain et le monde Arabo- berbére.
Ce que les F.L.A.M dénoncent et combattent , c´est justement le constat de la trahison de cette vocation naturelle par l´option de l´arabité exclusive de la Mauritanie (qui ne dérange pas apparemment certains) adoptée par la classe dirigeante Beydane depuis les indépendances jusqu´à nos jours. Cette option exclusiviste a mis en place des mécanismes dont l´effet conjugué aboutit inexorablement à l´exclusion de la composante noire du pays. Ce sont ces mécanismes à l´oeuvre au niveau de l´éducation, de l´économie , de l´administration, de l´armée et de la politique extérieure et intérieure et de la justice que les FLAM dénoncent sans complaisance dans le Manifeste de 1986 par des données empiriques avec des statistiques à l´appui.
La communauté Négro-mauritanienne, tout en partageant le lot quotidien d’injustices sociales et économiques avec la communauté beydane, n’en demeure pas moins violentée dans ce qu’elle a de plus cher: sa culture, son identité. Depuis des décennies en effet, la communauté Négro-africaine est victime d’une violence plus pernicieuse et subtile: c’est sa négation culturelle, le refus de la reconnaître comme porteuse de droits particuliers. Ce refus est le fait exclusif de l’État raciste, cet Etat n’a rien à voir avec la communauté Arabo-berbère et encore moins avec la communauté Noire. Le contrôle de cet État par certains éléments racistes et surtout l’absence de légitimité de celui-ci vis-à-vis de toutes les communautés nous obligent à opérer une séparation entre l’État raciste et la communauté beydane. D’ailleurs, cela fut toujours le cas depuis que les FLAM existent malgré notre diabolisation par le régime de Taya et ses valets auprès de nos compatriotes arabo-bérbéres.
Cette négation nous l’avons toujours combattu, nous la combattrons, c’est pour ce combat que sont tombés: BA SEYDOU AMADOU, SY SAIDOU DAOUDA, SARR AMADOU mais aussi tous ceux qui sont morts dans les conditions les plus atroces pendant leur incarcération: BA ABDOUL GHOUDDOUSS, TENE YOUSSOUF GUEYE, DJIGGO TAPSIROU, BA ALASSANE OUMAR. D’autres sont infirmes pour le restant de leur vie. Et la lutte continue.
Mais nous ne devons jamais faiblir, car il est des instants qui font l’histoire. Et nos camarades tombés ont fait à jamais l’histoire de la Mauritanie. Une autre Mauritanie est incontournable, il est honneur d’être dans le même camp qu’eux, le reste n’est que médiocrité.
Nous ne devons cependant jamais oublier que nul ne peut détruire totalement cette violence dont nous -- SONINKO, PULAAR, WOLOF, BAMANA, HARATINES, sans pour autant intégrer les autres violences que nous partageons avec nos compatriotes beydanes.
Comme on le disait, notre seule particularité en tant que mouvement est de partir de la violence dont nous sommes l’objet, en tant qu’individus culturellement situés, pour dénoncer l’ensemble des violences subies par tout le peuple mauritanien: on ne peut vouloir être libre en niant l’autre. L’histoire de notre pays démontre que la cause et la responsabilité de la violence verbale et physique sont du seul fait de l’État raciste mauritanien.
Jamais dans l´orientation des FLAM , il n´a été question de lutter pour une négro-africanité exclusive de la Mauritanie au détriment de la communauté arabo-bérbére. A ce niveau de l´analyse, l´intégrité intellectuelle nous commande de renoncer à cette classification abusive qui met de facon mécanique dans le même sac les FLAM et les nationalistes arabes de Mauritanie (Baathistes et Nasseriens).
Cette attitude conceptuelle mécanique de nos adversaires politiques revêt à n´en pas douter une motivation cynique intéressante à appréhender. En effet, devant l´existence irréfutable de mouvements exclusivistes en milieu arabe (Nasseriens, Baathisme), il faut créer à tout prix un répondant en milieu négro-africain, le fabriquer vaille que vaille de toutes piéces pour faire « partager les responsabilités  » entre les deux communautés de la crise, mais surtout pour apparaitre comme alternative équilibriste devant « deux »extrémismes. Dans cette attitude foncierement malhonnête, nos adversaires politiques n´hésitent jamais à reprendre à leur compte les positions de la dictature sanglante de Nouakchott sur les FLAM: « mouvement raciste, extrémiste, terroriste » plutôt que de se baser sur le discours et les actions des FLAM, afin de les juger sur cette base objective.
Et même sous cette optique, les rares fois qu´ils ont essayé de soumettre à la critique les documents des FLAM, ils s´en tiennent à des boutades crues sans aucune argumentation ou démonstration solide à la base. Posons à nos procureurs la question de savoir en quoi un mouvement qui ne saurait prendre le Beydane anonyme et paisible comme cible, mais l´appareil d´Etat dans toutes ses manifestations est raciste ?
Ce dont les FLAM sont coupables, c´est d´avoir osé toucher du doigt les pourritures de la nation mauritanienne à ce stade actuel de son évolution en projétant une lumiére crue sur l´ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de maniére à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d´une nationalité racio-culturelle au détriment des autres.
En politique comme ailleurs, les attitudes figées caractérisées par la transposition mécanique des théories d´ailleurs au détriment d´une prise en charge concréte des réalités empiriques de l´ici et du maintenant sont toujours sanctionnés par une grande impopularité dans les masses comme c´est le cas actuellement pour le mnd, le pouvoir raciste et tous leurs admirateurs.
Ce sont les FLAM qui ont bel et bien impulse le sursaut patriotique actuel des mauritaniens autour des véritables questions de l’unité nationale pour leur donner une solution durable et raisonnable. Cela l´histoire le retiendra.
Les FLAM ou les mouvements d´opposition Négro-africains n´ont pas à souhaiter le surgissement de problèmes raciaux ou ethniques en Mauritanie. C´est l´existence effective de ces problèmes qui explique leur naissance et leur combat. Mais Hélas! l´esprit biscornu des soldeurs du crime et partisans du système ne digére pas cette évidence. La lacheté est ici sans commune mesure. La logique de notre combat s´inscrit dans la ligne de mouvements de libération, loin des piétres politicards en mal de d´exhibition.
Tous ensemble, nous aurons encore à mener d’autres combats pour que l’égalite, la justice et la democratie s’enracinent profondement dans notre pays. Pour être le principal mouvement d’avant-garde de la lutte de libération nationale;LES FLAM ne méconnaissent pas pour autant la nécessité de l’unité d’action de l’ensemble des organisations politiques et de la société civile soucieuses de l’unité nationale et du règlement juste et équitable de la question nationale et sociale.
Terminons avec Jaurès qui disait: « le péril est grand mais il n’est pas invincible, si nous gardons la clarté de l’esprit, la fermeté du vouloir, si nous avons à la fois, l´héroïsme de la patience et l´héroïsme de l’action, la vue nette du devoir nous donnera la force de le remplir ».
La lutte continue.

Stockholm le 12 juillet 2006
Kaaw Touré Porte-parole des FLAM

Source La Tribune 358 du 17 juillet 2007




La troisième édition du festival national de la de la Poésie

16072007

Culture :

La troisième édition du festival national de la de la Poésie 

 

L’ancienne maison de jeunes a abrité durant trois jours une manifestation culturelle du 11 juillet jusqu’au 16.  Il est question de la  troisième édition du Festival national de la Poésie. Ces jours ont vu des démonstrations innovatrices de la part des poètes et écrivains mauritaniens. Sous les tentes et avec le parrainage du ministère de la culture et de la communication, cette édition semble avoir  un écho favorable auprès de l’ensemble des participants. 

Tous les sujets ont été traités, des scènes de théâtre évoquant des pratiques malsaines. Des critiques allant dans le sens de la sensibilisation politique ont été à l’ordre du jour. 

Des jeunes universitaires et autres ont  pu goûter la folie artistique  des orateurs et des innovateurs nationaux. Les handicapés défendaient leur cause en évoquant des poésies décrivant leur situation. D’autres intervenants, considérés par la société comme des fous, ont bel et bien expliqué leur souffrance avec une clairvoyance qui a surpris l’ensemble des observateurs de la scène poétique. 

Pour Nourra Mint Lematt animatrice de Radio jeunesse, « le festival  a été  marqué par une forte présence de poètes, ils sont au nombre de 150. En majorité des jeunes. » 

Mohamed O Abbed, maîtrisard en philosophie et membre actif de la société civile explique quant à lui que « cette manifestation n’est qu’une concrétisation d’une ancienne culture arabe.  Celle-ci s’était  traduite au fil du temps par des rencontres entre les poètes (Souk Oukadh dans l’époque médiévale en est un exemple) ». En fait, « la troisième édition a été caractérisée  par des discussions critiques de la poésie Hassanya. » précise-t-il 

S’agissant des autres cultures nationales, il y avait des poésies Soninkés et Peulhs. Ces poésies avaient été traduites pour que les spectateurs comprennent de quoi s’agit-il. Il reste, cependant, beaucoup à faire pour qu’une politique de rapprochement entre les différentes composantes de la société soit au rendez-vous dans ce genre d’occasions. D’où la problématique de la traduction et de l’intégration mauritano- mauritanienne. La culture demeure  un moyen de communication indispensable face à la mondialisation qui s’impose de plus en plus. L’identité  ne peut  être conservée que par une approche communicative efficace. « La presse notamment la télévision doit tenir compte de la culture en donnant des émissions sur les activités culturelles », martèle un observateur de la place.   

A la clôture, le président de l’association des écrivains mauritaniens (l’association initiatrice de ces éditions) a souligné le rôle joué par le  ministère de la culture et de la communication pour la réussite de cette activité. La secrétaire générale Zeinebou Mint Ely Salem a confirmé  dans son discours solennel que « ce festival est une occasion manifeste du gouvernement à encourager la culture. Et cela sur une base de liberté d’expression permettant aux artistes d’exprimer le soubassement sociétal de leurs préoccupations ». 

Compte-rendu : Mohamed Fouad Barrada 

m_barrada@yahoo.fr 




Expulsés :A quand le retour ?

18072007

Expulsés :A quand le retour ? 


 

Sur le front du retour des expulsés de 89, les choses avancent. Et sérieusement. Le comité interministériel dirigé par Yahya Ould Ahmed el Waqef, ministre secrétaire général de la présidence, s’est rendu à Dakar dimanche. Lundi après-midi, elle a rencontré les associations de réfugiés au Sénégal avant de se diriger vers les camps situés dans la Vallée. Là, la commission espère avoir une idée exacte de la réalité des expulsés de 1989. 

Avant son départ, le comité interministériel avait engagé de longues concertations avec les partis politiques représentés au Parlement, les députés présidents de groupes et des représentants des organisations de la société civile. Ces concertations avaient pour objectif de discuter les modalités du retour des déportés mauritaniens, établis au Sénégal et au Mali. Introduisant la réunion, Yahya Ould Ahmed Al Waghef a exposé aux leaders de partis politiques les différentes étapes qui seront suivies pour mener à bien ce retour. Il a ajouté que l’Etat a décidé de clôturer une bonne fois ce dossier dans le cadre d’un consensus national qui prend en compte les opinions de toutes les formations politiques, les organisations de la société civile et les parlementaires. Après avoir énuméré les étapes qui seront suivies pour l’élaboration du plan de retour, le ministre a réaffirmé que l’Etat «assurera un retour digne et honorable à tous les citoyens mauritaniens désireux de rentrer au pays».

Pour sa part, le ministre de l’intérieur, Yall Zakaria, a ajouté que les concertations auxquelles ont pris part les organisations de la société civile et les responsables des partis politiques ont permis de découvrir des personnalités nationales assez importantes du point de vue de leurs opinions et analyses relatives aux question d’intérêt national et surtout à ce problème. Avant de préciser que la solution du problème ne veut pas dire que ‘nous allons revenir vers le début’, mais il y a 18 ans que des orphelins, des veuves et des citoyens dépourvus de tout moyens, attendent l’occasion de rentrer chez eux et de tourner cette page qui appartient au passé et contribuer à la construction de la Mauritanie sur des bases démocratiques nouvelles faisant de l’unité nationale, de la cohésion sociale, du pardon et de la coexistence pacifique des objectifs de tous les mauritaniens’. Assez pour comprendre l’ampleur de l’amalgame qui ‘embrume’ les esprits des premiers responsables du règlement de la question. L’ampleur de l’amalgame est perçue aussi quand les conviés, responsables de partis, d’organisations et personnalités, prennent la parole. C’est ici la question des Mauritaniens expulsés du Sénégal qui revient, comme s’il s’agissait du même problème. C’est là, la question de la nationalité des concernés qui revient. Seules doléances véritablement à propos : bien déterminer, avec précision, toutes les questions relatives au retour des réfugiés, mettre l’accent sur la nécessité de faire participer le peuple mauritanien à la solution du problème et de l’informer sur toutes les étapes franchies dans ce sens à travers les médias, faire cette concertation avant la prise de décision. 

Le calendrier prévu est le suivant : cinq jours parmi les réfugiés, retour aux concertations, ouverture de débats publics sur la question et dans moins de deux mois deux journées de concertation nationale. Ces journées permettront de fixer un calendrier clair et précis avec coûts de l’opération et procédures appropriées. 

Signalons que le comité comprend, outre les deux ministres, Mohamed Said Ould Homody, président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, deux conseillers de la présidence : Ball Mohamed El Habib et Deddoud Ould Abdellahi, deux conseillers du Premier ministre : Diallo Mamadou Bathia et Yeslem Ould Hemdane, et deux fonctionnaires du ministère de l’intérieur : Mohamed Abdellahi Ould Zeidane et Coulibaly Bocar

Selon une dépêche de l’AMI en date du 12/7, qui cite le HCR, il y aurait environ 54000 réfugiés qui sont inscrits au Sénégal en 1989 dont 32000 sont rentrés en 1998 et qu’il reste, environ, 20000 réfugiés. 

 

MFO 

 

 

Encadré : 

 

Discours du Président du CAREMS devant le comité interministériel 

 

Monsieur le Ministre, honorables invités, c’est avec un grand honneur, que nous, membres du bureau du CAREMS, les militants et les sympathisants vous souhaitent la bienvenue ici en territoire sénégalais. Votre visite, nous réconforte car elle traduit le vœu ardent du nouveau Président Sidy Ould Cheikh Abdallah en ce qui concerne le retour des cent mille déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali, suite aux événements sanglants de 1989. 

Elle signifie également  pour nous, le germe d’une solution durable à la situation des déportés qui n’a que trop duré. Vos prédécesseurs ont préféré le mutisme, alors que vous, vous choisissez le dialogue auquel, nous déportés sommes ouverts. 

C’est pour toutes ces raisons que nous vous disons encore une fois «Marhaban», «Bissimila-ma» et «Nawaari» en quelques langues de chez nous, en Mauritanie, notre chère patrie, pour vous souhaiter la bienvenue. 

Nous pouvons vous assurer, avec insistance que cette visite peut être un prélude à un retour au bercail si les conditions ci-après citées sont retenues et respectées. En effet, nous rappelons que cent mille hommes, femmes et enfants ont trop souffert dans la vallée du fleuve Sénégal ; cela fait déjà dix huit (18) ans. 

Nous osons, par cette visite affirmer que cette volonté du Président Sidy Ould Cheikh Abdallah n’est plus une simple promesse de campagne. Monsieur le Ministre, nous ne pouvons pas, ne pas vous rappeler qu’au Sénégal, son peuple nous a réservé dix huit (18) ans de «TERANGA». A celui-là nous disons encore «Dieuredieuf», comme on veut le dire au Sénégal, notre pays hôte. Mais ce qu’il y a, à bien noter, c’est que les déportés par la voix du CAREMS, demandent : Un retour dans
la DIGNITE ; Un retour organisé sous l’égide du HCR ; La reconnaissance de la citoyenneté de tous les déportés mauritaniens ; Le recouvrement de leurs biens spoliés, à défaut, une juste indemnisation ; La réhabilitation des déportés ; L’identification des responsables des déportations de 1989, des commanditaires du génocide et l’application de la loi à leur sujet ; La participation de réfugiés dans la commission chargée de la gestion de proximité des déportés si vous en avez constitué. 

Enfin, Monsieur le Ministre, le CAREMS vous est reconnaissant par cette visite-test et vous prie d’être son Ambassadeur auprès du Président Sidy Ould Cheikh Abdallah pour transmettre nos salutations les plus fraternelles ainsi qu’à vos collègues et autres autorités compétentes qui vous entourent. 

 

                                                                                            Le Président du CAREMS : 

                                                                                                    Mamadou Traoré 

 Source La Tribune




L’arbre qui…ne peut cacher le désert

18072007

 

 

Professeur Abdallahi ould Mohamed Vall.HMEYADA

Docteur d’Etat en Biologie Végétale Appliquée

ENS de Nouakchott

 

La reforme de la réglementation forestière, question d’actualité ces derniers temps, et la journée ou la semaine de l’arbre,  nous poussent à émettre certains questionnements, que les parlementaires auraient du se poser,  et à manifester quelques idées relevant d’un domaine purement heuristique concernant nos ressources phytogénétiques. 

 

Tout d’abord, n’est il pas nécessaire de savoir qu’est ce qu’un code, et qu’est-ce qu’une forêt ? Puis, après quelques années du constat sur  la biodiversité en Mauritanie, avons-nous une carte de nos forêts,  qu’elles sont les espèces végétales qui s’y trouvent? Disposons-nous d’une liste  définitive ou même approximative sur le plan systématique? Qu’elle est leur répartition géographique ? De telles données seraient, à mon avis pédagogiquement  fondamentales, pour bien justifier l’intérêt que nous accordons à ce code forestier. 

 

L’un de nos parlementaires avait bien raison de réclamer tous les noms vernaculaires locaux, évocateurs d’une culture ancestrale difficile à rogner,  plus communs des populations auxquelles le code forestier est destiné. Pourquoi avons-nous négligé cet aspect plus pratique et de portée conservatoire sur le plan culturel ? 

 

Il serait plus juste s’exclamer sur le peu de signification,  de cette insulte latine à nos plantes, bien que conventionnellement utile pour d’autres fins,  et qui les malmène en les obéissant à d’autres références. Tikifit des maures, Dôki  ou Doje des Poulaar, Rate des wolof et Téfé  chez les Soninkés ne sont –ils pas plus expressifs, chez nos populations pour désigner Combretum glutinosum  Perr. Ex. D.C. , cette   importante plante de notre pharmacopée? 

 

 Aujourd’hui, me semble-t-il, les données sur l’état des ressources ligneuses du pays, restent fragmentaires et imprécises, ce qui favorise les extrapolations plus ou mois irréalistes. Avons-nous  encore réellement besoin d’un code forestier ? 

 

La Mauritanie appartient à cet espace tropical nord, désertique ou  subdésertique, qui se caractérise par forte variabilité spatiotemporelle de la pluviométrie, eu égard à une   demande évaporative et évapotranspirative, grande et relativement constante d’une année à l’autre. 

 

Si plus des deux tiers du pays sont couverts par un climat saharien, désertique, les forêts du pays appartiennent à cette frange sud, qui s’amincit de jour en jour et que la bibliographie autorise,  à tort ou à raison, à attribuer au climat sahélien… 

 

Les épisodes secs et pluvieux, qui se sont succédés durant le XXème siècle, ne semblent pas présenter une périodicité significative, autorisant des projections d’avenir, mais la péjoration du facteur ombrique,  accentué par la sécheresse 68-86, a entraîné des modifications persistantes au niveau des écosystèmes. Les manifestations les plus éloquentes de ces oscillations climatiques se reflètent à travers la baisse sensible des niveaux des nappes phréatiques et une dégradation perceptible  des couvertures pédologiques affectant ainsi les rares espaces forestiers  au niveau du  recouvrement et de la composition floristiques. 

 

Il est de plus en plus clair que les déséquilibres écologiques actuels semblent liés,  non seulement aux caprices de l’aléa climatique, que nous indexons souvent,  mais aussi et surtout à des causes d’ordre anthropozoogène. 

 

En effet, l’Homme exerce une forte pression sur les ligneux en les utilisant pour bois de chauffe, charbon de bois, clôture, fabrication d’outils, préparations culinaires, utilisations en pharmacopée. Quant à la pression animale, celle-ci s’exerce, non seulement sur  la composition floristique, mais aussi et surtout sur l’abondance de chaque espèce et sur la structure de la surface du sol. 

 

Ainsi, l’effet conjugué de l’oppressante rigueur climatique et la pression anthropozoogène très sélective, ont-elles entraîné une désertification sans précédent dont les effets les plus spectaculaires ont été la mobilisation des dunes, la dégradation des sols  et de fortes mortalités végétales[1]

 

Celui qui remonte la vallée, de Birette à Ghabou, ou s’aventure en poursuivant le Karakoro du Guidimakha vers l’Assaba, serait certainement surpris de cette érosion géographique et génétique de la biodiversité qui a frappé nos formations forestières. De nombreuses forêts, enregistrées comme  protégées, seraient alors parties en fumée et leur terrain est devenu libre au jeu des facteurs de  l’érosion. 

 

Un exemple, celui de cette belle  forêt de Dar Elbarka, que nous avons pénétrée difficilement lors d’une excursion pédagogique en 1978, qui offre aujourd’hui un spectacle de désolation. Les restes des tiges et leur densité sont aujourd’hui les seuls témoins de cette époque relativement verte. 

 

Alors, devrons-nous compter sur les pépinières de Prosopis pour remplacer les gonakiers, les gommiers ou Eirwar des Maures, les jujubiers ou Sedem des Wolof,   les Guiera ou Guelloki des Poulaar, ou autres espèces avec lesquelles le temps a permis aux populations locales de vivre en symbiose? Savez-vous combien de temps ça demande la mise en place d’une forêt? L’équation chaque année on détruit, chaque année nous plantons, n’aura aucunement sa  signification mathématique dans la reconstitution de notre couvert végétal dégradé. 

 

Qu’elle est formidable cette inspiration écologiste d’un poète maure qui décrivait la dégradation évolutive du milieu à travers la succession de ses occupants : naaraf Bounaya kanit houn (Un Celtis integrifolia, une espèce soudanienne, le Mbul des Poulaar)…Jdir boun (une tige de Celtis)….Toumbouskaya (Une termitière, construction d’un insecte sahélien)….Rbeib (une petite dune, ensablement)….Nibtit sidraya mahi Bounaya (apparition d’une plante qui n’est pas un Celtis) ; Il est fort probable que cette plante nouvelle soit un Calotopis  ou Turjé des maures, Badadi des Poulaar, ou  Faftan des Wolof ! 

 

Force est alors de faire le constat de l’inadaptation de la politique forestière antérieure et de ses outils publics de dissuasion, pour faire face à la dégradation continue et de plus en plus rapide des formations végétales naturelles. C’est bien là,  l’un des justificatifs majeurs qui auraient du conduire à l’émergence de ce nouveau code forestier. 

 

Mais il faut bien le dire, le territoire est assez vaste, et les administrations de l’environnement n’ont pas et n’auront pas pour une longue période encore les moyens, ni humains, ni matériels, d’agir, de surveiller et réprimer, seules et partout. 

 

C’est pourquoi, ce nouveau code devrait être débarrassé de toutes les dispositions obsolètes, à l’évidence inapplicables, recourir à un minimum d’interdictions et de sanctions, et s’appuyer en revanche sur des incitations et un encadrement économiques, dans un réel souci de consensus social impliquant les populations locales pour  une gestion conservatoire de leur milieu. L’agent destructeur est souvent étranger au terroir, de puissantes filières, car les populations locales dépendent beaucoup, pour leur alimentation et leurs soins, des produits forestiers. 

 

Certes, depuis 1987, les pluviométries ont enregistré des améliorations perceptibles à travers des remontées biologiques constatées ça et là en zone sahélienne;  nous avons déjà souligné l’importance que jouent le Calotropis procera  dans la réminéralisation des sols (calcium, magnésium et éventuellement potassium), le Leptadenia pyrotechnica (Titarek ou Assabay des Maures, Selewlew des Poulaar) comme plante matrice, hébergeant les jeunes ligneux, leur offrant couverture et microclimat nécessaires,  en attendant qu’il puissent développer leurs propres mécanismes d’autodéfense, mécanique et/ou chimique,  et d’adaptation physiologique. 

  

Mais la régénération naturelle demande du temps, et cette nature doit être accompagnée, intelligemment, dans ce mouvement de reconquête des territoires. Cet accompagnement ne pourrait se passer qu’en  se fondant sur la préservation de l’existant et la restauration de ce qui a été détruit; ceci  suppose un état des lieux, une connaissance réelle du terrain en vue d’envisager l’approche idoine. 

 

Nos  écosystèmes sont encore fragiles ; il serait alors utile, pour planter quoi et où, que cet état des lieux repose sur une évaluation du potentiel semencier des sols dans les différents écosystèmes, une étude palynologique et une enquête systématique dans les zones forestières. Le savoir paysan,  et une politique participative constituent les véritables déterminants de  la réussite dans cette bataille environnementale. 

 

En matière de reboisement, le savoir endogène prime les idées importées, les espèces locales expriment généralement une réponse plus adaptée  et sans « effets secondaires », par rapport aux espèces exotiques,  celles qui ont fait leurs preuves sous d’autres cieux. Dans toute entreprise  environnementale, il est plus constructif de tricher sur la nature plutôt que de reproduire les expériences d’ailleurs,   d’éviter toujours l’empressement et la facilité et d’adopter des attitudes toujours critiques face aux offres parfois séduisantes de notre temps. 

 

N’oublions surtout pas que, ce code forestier dont il est question, s’adresse à un petit espace limité et discontinu, alors que plus des deux tiers de notre territoire national, sont occupés par un désert qui se trouve aujourd’hui sujet à toutes  convoitises, minières, touristiques et de recherches fondamentales,  pour les grandes potentialités de son sous-sol, ses oasis innocentes et  ses vastes espaces inhabités. 

 

Pour ceux qui connaissent le désert, chaque creux de dune exprime, à un moment ou un autre,  une animation particulière, spécifique par ses acteurs, passionnante par sa diversité,  curieuse par les relations écologiques qui s’y rencontrent. 

 

De nombreuses  espèces végétales (plus de 600) s’y retrouvent, riches de leurs vertus médicinales, aromatiques  et/ou fourragères malgré l’aridité climatique; n’était-ce pas Hamidoun qui disait que le désert est un milieu « sain » et que ses essences sont  les  plus odorantes. C’est bien le domaine du palmier dattier, mais c’est là aussi que le portugais Gil Eanes récolta en 1434 cette  curieuse plante qu’il appela rose de Notre-Dame et qu’il dédia à la Grâce de l’Infant Henri… Monod l’identifia plus tard comme étant Anastatica hierochuntica (Elkemcha des maures). 

 

C’est aussi le domaine de prédilection de nombreuses espèces animales, allant  de la taille de notre cher  dromadaire (qui est sujet à d’importantes recherches du domaine de l’antibiothérapie) à la très discrète fourmi des sables ; certaines de ces espèces commencent déjà à nous  livrer leurs secrets. 

 

De ces secrets, je m’autorise, sans vouloir trop vous occuper, de vous citer l’exemple de Cataglyphis bombicina Rober, qui est le plus frappant mais aussi le plus récent . Cette fourmi argentée des sables, que nous avons nous-mêmes récoltée à Aoujeft en 2000[2],  et qui a été récoltée par Patrick Landmann  en 2001 aux environs de Chinguitti est élevée actuellement avec tous les soins de Christian Peeters, «myrmécologue» Chercheur du C.N.R.S.,  au laboratoire d’écologie de l’université Paris VI. Cette bombicina ouvre aujourd’hui de grandes perspectives dans la recherche scientifique. 

 

En effet, grâce à d’étonnantes capacités d’adaptations, « elle peut résister à des chaleurs infernales, se procurer de la nourriture dans un milieu extrême et trouver son chemin dans une mer de sable dépourvue de tout repère car ses yeux captent et calculent l’orientation des rayons solaires… Une faculté qui a intéressé une équipe des universités de Zurich et de Berlin et qui aurait, dans le futur, des applications pour l’homme, par exemple, se déplacer sur d’autres planètes »[3]

 

Ce désert est  donc bien vivant. C’est bien un biome dynamique qui mérite qu’on s’en occupe sérieusement. C’est pourquoi je pense alors que nous avons plus besoin, aujourd’hui, pendant qu’il est temps,  d’un code de désert, sans toutefois négliger l’importance de ce nouveau code forestier sur lequel nous fondons tout l’espoir pour arrêter cette situation préoccupante de dégradation des ressources ligneuses. 

 

 

 

L’Adrar mauritanien.

 

La forêt de Mouddi au Guidimakha 

 




[1] Ould Mohamed Vall, A. : Contribution de l’étude bioclimatique, biopédologique, floristique et ethnobotanique de la zone du lac R’Kiz. Th. Doct. 1996,  UCAD, Sénégal. 

 

[2] Ould Mohamed Vall, A  Entomologie des Cassias Th. Doct. D’Etat. UCAD, Sénégal  2006.

[3] PERREAULT-LABELLE, Anick (2001).-Les fourmis s’y retrouvent. Le sens de l’orientation des fourmis du Sahara. Sciences de la vie, 2001. Allemagne / Suisse.  

 




Repères

18072007

 

  

Augmenter la production minière

Le ministre mauritanien du Pétrole et des Mines, Moctar Ould Mohamed El Hacen, a annoncé dimanche au cours d’une conférence de presse, l’intention de son département de procéder à une série d’actions visant à améliorer la production minière dans le pays. Présentant un plan d’action du département dans le sous secteur minier, il a notamment évoqué un investissement de 1,5 milliard de dollars US, pour améliorer la production actuelle et dépasser les 11 millions de tonnes de fer, en vigueur depuis plus de dix ans. Un effort sera également consenti pour les autres minerais dans le cadre d’une meilleure organisation qui prévoit la création d’une police des mines composée d’inspecteurs bien formés et capables d’accompagner les différentes actions visant à optimiser la production. Au cours de cette conférence de presse, signale-t-on, le ministre mauritanien des Mines a décliné un plan d’action en plusieurs axes : la modernisation de l’administration pour la mise en œuvre de la politique gouvernementale, l’amélioration du cadre juridique et légal des secteurs pétrolier et minier, la promotion de l’exploration pétrolière et de la prospection des ressources minières. (Pana) 

 

14 juillet 

 

L’ambassade de France en Mauritanie a organisé samedi une réception dans la résidence de l’ambassadeur en commémoration de la fête du 14 juillet marquant la fête nationale de la République française. Le gouvernement était représenté à cette cérémonie par Mohamed El Moctar Ould Mohamed El Hacen, ministre du pétrole et des mines, ministre des affaires étrangères et de la coopération par intérim, Mme. Nebghouha Mint Mohamed Vall, ministre de l’éducation nationale, ainsi que le directeur adjoint du cabinet du Président de la République, le secrétaire général du ministère des affaires étrangères et de la coopération et plusieurs autres personnalités. A cette occasion, SEM. Patrick Nicoloso, ambassadeur de France auprès de notre pays a prononcé un discours dans lequel, il a remercié le Président de la République, Monsieur Sidi Mohamed Ould Ould Cheikh Abdellahi pour le message de vœux adressé au Président français, Monsieur Nicolas Sarkozy, soulignant les grandes valeurs communes autour desquelles nos deux pays se rejoignent et indiquant que la célébration de cette fête intervient après 19 mois de transition au terme desquels la « Mauritanie a entamé une nouvelle ère de démocratie, de développement, de bonne gouvernance où tous les mauritaniens se retrouvent également ensemble« , a-t-il ajouté. Le diplomate français a également adressé ses salutations au peuple mauritanien qui « a mis en place depuis l’année dernière, après des élections libres et pluralistes, de nouvelles instances politiques au niveau communal comme au niveau national », soulignant que c’est une belle entreprise que la France encourage et souhaite aider. Etaient présent également à cette cérémonie des membres du corps diplomatique accrédité auprès de notre pays, les membres de la colonie française présents à Nouakchott ainsi qu’un grand public : près de 4000 invités. Signalons que SEM Patrick Nicoloso fête là son dernier 14 juillet en Mauritanie. Cet arabisant et grand ‘mauritanophile’ quitte le pays bientôt. Son mandat aura permis d’effacer les quelques ‘errements’ du passé récent.

 




Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

18072007

 

Elle était plutôt édifiante, cette rencontre avec le Premier ministre. La première du genre avec la presse privée. Il faut dire qu’on avait fini par croire qu’une guerre nous était désormais livrée par les nouvelles autorités. Rencontre privée parce qu’elle s’est déroulée dans le domicile du Premier ministre. Je me permettrai de partager avec vous deux choses : ce que j’ai personnellement dit au PM et les impressions que cette réunion m’a laissées. 

J’ai exprimé quelques inquiétudes. Je suis inquiet quand j’entends quelqu’un regretter l’époque de Ould Taya. Pour son ‘faste’, ses ‘faits’, ses ‘idées’, ses ‘actes’… Il serait dommage pour le pays qu’un Mauritanien qui qu’il soit en arrive à regretter cette époque. La vérité est que le pays a atteint le sommet de l’incohérence, les bas-fonds de la contreperformance, les limites de la faillite totale. Les problèmes de l’eau, d’électricité, de prix d’aujourd’hui sont bien le résultat d’une gestion qui n’a pas commencé le 3 août 2005, encore moins le 19 avril 2007. 

La faillite que le 3 août a évité au pays était totale : faillite économique avec la privatisation des biens communs au profit de quelques particuliers véreux, faillite politique avec l’asservissement totale de la société politique et l’exclusion de toute voix discordante, faillite culturelle avec la promotion d’une culture faite de contre-valeurs (irresponsabilité, clochardise, corruption…). 

Si le CMJD a finalement été une variation du CMSN, la transition aura quand même permis de sortir le pays de l’impasse. Mieux que cela, la conjugaison des efforts locaux et étrangers a permis de déboucher sur la meilleure configuration politique probable. Un président élu avec une courte majorité. Un président de l’opposition confortablement légitimé. Un Premier ministre dont le choix est amplement justifié. Un président de l’Assemblée nationale qui incarne la nouveauté. 

Cette configuration nous avait permis de regarder l’avenir avec des yeux tout grands ouverts. L’espoir ineffable de rompre avec les demi-teintes. Les premiers responsables étant des gens tout nouveaux. Tout blancs. Ou presque. Avec eux tout était possible. 

Notre problème aujourd’hui, c’est que nous nous retrouvons avec comme une impression de routine. Une routine qui a remplacé l’espoir. Comme si nous étions déjà dans une situation de fin de règne. C’est dommage. Pour tout le monde. 

J’ai compris qu’à l’origine des insuffisances, il y avait d’abord le manque de communication. Jamais le PM, ni le Président de la République, n’ont tenu une conférence de presse. Les ministres qui ont à présenter leurs plans d’actions, le font sans associer la presse indépendante. Même l’ambitieux programme ‘horizon 2030’ est passé inaperçu à cause de la mise à l’écart de cette presse. Quant à la question du retour des déportés, seuls les caciques de l’ancien régime ont eu jusque-là droit au commentaire. 

Quelqu’un me disait que dans la recherche des solutions aux problèmes, deux étapes doivent être nécessairement respectées : concevoir la solution et la faire accepter. La première dépend de l’émetteur. La seconde dépend du récepteur. 

Le Président de
la République comme son Premier ministre gagneraient à avoir meilleure …presse. Comme ils gagneraient à s’engager franchement dans leur programme de réformes. Pour cela affronter les forces d’inertie qui sont très puissantes. Ces forces feront tout pour empêcher le pays d’avancer. Rien ne sert de les ménager. Elles opteront toujours pour barrer la route aux forces du changement. Y compris celles qui ‘rassurent’. 




De A à Z Par Tabane

18072007

J comme Jeunes. Les jeunes d’aujourd’hui avec leur look de rappeurs ont complètement perdu les repères. Avec leurs pantalons très larges qui n’arrivent même pas jusqu’à la ceinture et laissent voir leur culottes, ils errent et déambulent dans les rues des grandes villes, une clope à la bouche et une boucle à l’oreille à la recherche de quelque passant à adresser pour  le dépouiller de sas biens. Car nos jeunes désoeuvrés doivent bien vivre. Ils portent des T shirts géants avec les photos de leurs idoles : Tupac, Ronaldo ou Shakira ou Beyonce. Dans leur petit crâne, un rêve : l’émigration  à tout pris. Un véritable fardeau pour un continent qui a besoin de toutes ses forces.

 

K comme Keuf. Les keufs vous les connaissez ? Ce sont les flics. C’est le nom que leur donne les adolescents de certaines banlieues. Le mot n’est pas péjoratif. C’est tout juste une façon de parler qui permet aux jeunes de même milieu de se reconnaître. Mais sous tous les cieux, les keufs sont les mêmes. Chez nous il y a eu parmi eux des ‘dakhal chi’ qui n’hésitaient pas à dépouiller dans les rues sombres de la ville quelques noctambules qu’ils étaient censés protéger. Il y a encore ceux qui, sous prétexte qu’ils sont mal payés passent toute la journée à arnaquer les chauffeurs de taxi et autres automobilistes. Ils ‘travailleraient’ pour leur supérieur. Mais comme ils ne sont pas bêtes ils mettent quelque chose de côté pour eux-mêmes. Charité bien ordonnée…Ne croyez pas cependant que ces braves keufs font ce sale boulot sans état d’âme et sans vergogne. C’est pourquoi ils cachent leurs yeux derrière des lunettes noires. Ce qui du reste ne les protège pas beaucoup.

 

L comme Lueur. Une lueur d’espoir apparaît au bout du tunnel de 29 ans dans lequel le putsch du 10 juillet nous a tous plongés. Le régime civil est revenu et avec lui, la démocratie. L’espoir est de nouveau permis même si les défis sont de taille. L’heure est venue de faire des compromis pour arriver à un consensus. Il y va de l’intérêt de la patrie qui doit réconcilier tous ses fils.

aboubakry_d@yahoo.fr




Mauritanie : visions et (in)divisions

18072007

 

 Par Cheikh Touré 

 

 

« La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l’extrême justice est une injure». Judicieuse leçon de Montesquieu pour un état qui dénonce ses fautes flagrantes et « injustifiées ». Sans prendre la « peine » d’en assumer la responsabilité. Sous peine  maximale d’être enfin « pardonné ». Voire réhabilité et plébiscité. Par ses victimes et le peuple entier qui en espèrent un avenir juste et pacifié. 

 

Amnésie stratégique 

Mais il faut admettre que «la justice n’est pas une vertu d’état.»(Corneille). Plus enclin à l’abus de pouvoir et la fuite des responsabilités, l’état mauritanien ne repose que sur des milices armées pour imposer son autorité. Architectes de mouroirs et complices de déportations, l’armée et la police nationales se retrouvent dans son amnésie stratégique et affûtée. Pour les mêmes raisons, l’administration zélée y touche sa prime de fidélité. Agent mercenaire de son état, l’establishment multirécidiviste en explose son applaudimètre illimité. A défaut de lui faire entendre raison et ajourner « l’invasion », sa majorité politique lui assure sa caution. Comme jadis elle a endossé la dictature et la transition. Faux intellos sans vision et pseudo cadres sans prétention concourent pour sa promotion. 

C’est pour couvrir ce petit monde que l’état autoamnistie ses crimes et atrocités. En dépit de leur volonté de pardon, il oblige les associations de victimes -- et de droits de l’homme- à entériner son projet bâclé d’un retour précipité. Sans conviction et dans la difficulté. Minoritaire au parlement et consensuelle plus que de raison, l’opposition démocratique fait mine de croire à la sincérité de sa confession. Mais sans illusion sur la fragilité de son programme d’action. Elle s’évite ainsi de réveiller de vieux démons. Les nationalismes antagonistes que ses dirigeants n’ont jamais cessé de colporter. En relayant des propagandes postcoloniales éventées. Comme l’idée reçue assimilant le retour des déportés à un surpeuplement prémédité. Un danger de dilution pour l’identité sous-entendue de la nation. De tout cela, l’état se fait une raison, une vision  et des… divisions ! 

 

« Mauritanie-Vision » 

Le gouvernement peut donc multiplier les procédures et les arbitrages primaires. Les cérémonies et les projections imaginaires : «il est mille fois plus aisé de faire le bien que de le bien faire » (Montesquieu). Pour un réfugié, les promesses multilatérales n’ont jamais été un lot de consolation. En deux décennies de déportation, il en a avalé des bonnes intentions. Sans que sa soif de justice n’y trouve l’esquisse d’une solution. 

Il a fallu le discours historique du président pour entrevoir un horizon. Même si, dix ans après leur retour, la situation de milliers d’autres revenants n’a pas connu de progression. Que peuvent bien espérer de futurs rapatriés par temps de famine et de récession? Au mieux : se perdre dans les bantoustans de la capitale et ses environs. Ils surgiront aux aurores pour lustrer les châteaux d’un état en perdition. Avant d’y mettre le feu au grand soir de « Mauritanie-vision ». Tragique destin qui ne soupçonne pas l’enthousiasme d’un état moribond. Impitoyable et sûr de lui, il ne voit pas venir sa désintégration. Sous le poids des injustices cumulées et des pressions d’un monde en pleine balkanisation. Sous prétexte d’anticiper la chasse aux sorcières, il installe la peur et la vindicte entre ses lampistes et les victimes qu’ils ont violentées. Au lieu d’exorciser le pire en réconciliant les meilleurs dans l’unité, la liberté et l’égalité. 

 

                 

 

 

Source :
La Tribune n°358                                                                                                                                                            




REGIONS

18072007

Brakna : renouvellement des instances des CAPEC 

  

Conscient que la grande majorité de la population active de la Mauritanie est dans l’informel et que cette dernière brasse une forte manne financière et ne pouvant pas bénéficier des services de la banque. L’idée de créer la PROCAPEC qui est la maison mère et la CAPEC au niveau de la Moughataa , est apparue en 1993. C’est ainsi que  la Wilaya du Brakna a 3 CAPEC, contrairement aux autres qui n’en disposent qu’une exceptée la wilaya de Nouakchott, (celles de Mghgta Lahjar, d’Aleg et de Boghé). La CAPEC de Boghé a vu jour en 2005. Son objectif est de lutter contre la pauvreté, améliorer le quotidien de la population et de créer des activités génératrices de revenus. C’est ainsi qu’au début de juillet 2007, la CAPEC de Boghé compte 753 adhérents dont 431 hommes, 246 femmes et 58 coopératives. Tous les adhérents sont membres et sociétaires. La caisse offre plusieurs services : on peut en citer l’épargne et le crédit. La caisse a déjà offert plus de 76 564 000 à 489 bénéficiaires, 291 hommes, 189 femmes et 9 coopératives. Selon le gérant de la caisse, M. M’Bodj Harouna, les adhérent qui prennent du crédit s’acquittent à temps de leurs échéances et ce qui permet aux autres sociétaires d’en prendre. Quant à l’épargne, il a connu une augmentation de 400% en l’espace de 2 ans du fait de l’apport des sociétaires. A l’assemblée constitutive, tenue en avril 2005, le montant était de 10 652 260 et il est actuellement en date du 3 juillet 2007 à 40 394 000 . 

La caisse a une structure très légère qui lui permet de bien fonctionner. A sa tête M. M’Bodj Harouna, cadre compétent, discret, efficace et toujours à l’écoute et au service de ses abonnés. Il est épaulé pour cela par 3 agents. 

Pour la bonne marche de la caisse, la CAPEC de Boghé a organisé le 5 juillet une assemblée générale pour faire le bilan et le compte rendu des deux années passées. 

Les participants à l’assemblée ont été satisfaits du travail accompli par l’équipe. C’est dans ce cadre que le président du conseil d’administration, en l’occurrence Pape Moctar a été reconduit à son poste. Les membres du Conseil de surveillance et ceux du Comité de crédit ont également été élus à l’unanimité par les sociétaires. Ils bénéficieront de sessions de formation continue pour renforcer leurs capacités en vue de mener à bien leurs missions. 

                                                            Abou Boubou Fall 

                                                            Cp. Brakna 

  

  

Les maires du Brakna rencontrent leur ministre 

En marge de l’atelier de concertation sur le développement et l’éducation des jeunes enfants organisé le 7 et le 8 juillet 2007 à Aleg, par le Ministre chargé de la promotion de féminine, de l’enfance et de la famille, le Ministre de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, Yahya O/ Kebd a profité de cette session pour rencontrer les Maires du Brakna pour la prise de contact et leur rappeler leur mission. Le Ministre dira : « vous êtes élus d’une manière démocratique et transparente et je vous félicite » et par conséquent vous ne devriez pas décevoir vos partenaires (administrés). Le Ministre dira : « certes, les moyens financiers mis à la disposition des communes sont très limités » il demande aux Maires d’utiliser d’une manière très judicieuse et rationnelle le FRD (Fond Régional de Développement). Ce dernier sera sensiblement augmenté dans un avenir très proche. Le Ministre dira aussi que l’absentéisme des Maires ne sera plus toléré et que son ministère sera toujours à leur côté pour les épauler. Il demande aux Maires d’opérer un changement de mentalité et  redynamiser leur association afin qu’ils puissent avoir un interlocuteur. A la fin de son exposé, les Maires prennent la parole pour évoquer les problèmes qu’ils rencontrent quotidiennement. 

Le premier à prendre la parole est Kane Amadou Tidjane, Maire de Dar El Barka. Il félicita le Ministre d’avoir pris l’initiative de rencontrer les Maires et les écouter  pour qu’ils puissent exposer leurs problèmes. Ils sont très nombreux et je ne vais en citer que la partie visible de l’iceberg. Tidjane dira que depuis qu’il est élu Maire il n’arrive pas à occuper son bureau du fait que les locaux de la mairie sont squattés par le commissaire de Dar El Barka qui refuse de les quitter. Il s’est plaint auprès du Hakem et du Wali. Cependant,sa plainte n’a pas eu d’échos favorables. Il travaille pratiquement dans la rue. 

Le forage de la localité est entre les mains d’un individu qui refuse de le restituer à la commune. Il demandera au Ministre de l’aider à solutionner ces problèmes. Le Maire de Maal Ahmed Ould Boybou dit que le changement que demande le Ministre doit venir du sommet et la base va suivre. Le Maire dira qu’ils n’ont aucune considération et aucun respect devant l’autorité administrative. Les Maires subissent quotidiennement des humiliations et des brimades de la part de l’autorité administrative. Enfin le Maire de Maal dira  vu les grandes superficies que couvrent les communes, il demande à l’Etat de leur affecter des voitures et leur attribue des salaires. Le Maire de Maghta Lahjar, Tahar O/ Verwa, se plaindra de l’attitude des receveurs municipaux qui sont souvent absents et quand le fonds régional arrive, ils en prélèvent plus de 15% et ils le donnent en plusieurs tranches. Ce qui rend le travail des mairies insignifiant. Il demande que les rapports avec l’administration ne soient plus des rapports de subordination mais de collaboration. 

Le Maire d’Aghchorguit, Sidi O/ Meïlid dira : « nous sommes toujours victimes de la brutalité des forces de l’ordre et qui refusent de nous apporter de l’aide. Pas plus tard que la semaine  passée j’ai été éconduit par un gendarme au poste d’Aghchorguit. Mon seul tort c’est d’avoir demandé de l’assistance pour l’accomplissement de ma mission. 

Vu le temps qui pressait et le Ministre avait d’autres engagements, le dernier à prendre la parole fut Dieng Mamadou Abdoulaye, le Maire de Aéré M’Bar. Il dira, que de toutes les communes de la Wilaya  : « ma commune est celle qui a le plus de problèmes particulièrement fonciers. Les anciennes autorités ont distribué pratiquement toutes les terres sans aucune forme d’art à eux-mêmes, à leurs proches, aux grands commerçants et à des militaires et sans que les autochtones n’en bénéficient ». 

A la fin de leur exposé le Ministre a pris la parole pour dire aux Maires que les problèmes qu’ils ont soulevés certains trouveront leurs solutions. C’est le cas soulevé par le Maire de Dar El Barka, les rapports avec l’autorité et la collaboration avec les forces de l’ordre. Et quant aux problèmes fonciers, cela ne concerne pas simplement la commune d’Aéré M’Bar mais toute la Mauritanie en souffre. Des études seront faites pour solutionner ces différends. A la fin de la rencontre, un incident s’est produit entre le Maire de Dar El Barka, Kane Amadou Tidjane et le DRS (Directeur Régional de la Sûreté ) du  Brbakna, le Maire essuiera l’ire du DRS, Mohamed O/ Ahmedou O/ Ahmed Houssein qui lui rappellera que la police continuera à occuper les lieux malgré ses protestations. 

  

Abou Boubou Fall 

CP Brakna 

  

 

Kaédi :
La CAPEC, un exemple à suivre. 

 

Le dimanche 1er juillet 2007,
la CAPEC organise une assemblée générale extraordinaire à l’Hôtel de Ville. 

A dix – sept heures, la salle des réunions était pleine à craquer. 

 

L’ordre du jour était ainsi libellé : 

 

§         Lecture du Coran, 

§         Mot du Président, 

§         Rapport du Gérant, 

§         Mot du Représentant de
la PROCAPEC, 

§         Election du Bureau. 

 

Le premier point est confié au nommé Cheikhatou. Sa voix triste et mielleuse a fait entendre des mouches voler dans la salle. 

 

Ensuite, c’est au tour du Président sortant, CAMARA Ibrahima de prendre la parole. Il remercie toute l’assistance d’être venue nombreuse et de dire que le Gérant a réalisé des performances, tous les clients s’étant acquittés honnêtement de leurs engagements. 

 

Le Gérant de
la CAPEC, tout sourire -- c’est, murmurèrent quelques personnes dans la salle signe de toute sa satisfaction -- prend la parole. 

Il va directement au but en nous présentant le tableau ci -- dessous : 

 

CAPEC – Kaédi : 2004 – 2007. 

 

Années 

2004 

2005 

2006 

2007 

Membres 

1.060 

1.248 

1.377 

1.621 

Epargne Totale 

42.534.658 

55.861.557 

67.174.066 

73.094.796 

Crédits Octroyés 

29.817.150 

35.827.985 

39.673.318 

44.901.907 

  

Après un petit commentaire sur le tableau, le Gérant augmente « Désormais, l’adhésion est fixée à 2.000 (deux milles) Ouguiyas. Ceux qui avaient adhéré avec la somme de 5.000 (cinq milles) Ouguiyas seront remboursés de 3.000 (trois milles) Ouguiyas ». C’est là un véritable respect de la démocratie. 

 

- 1 - 

 

Après, c’est le Représentant de
la PROCAPEC, venu pour le renouvellement des instances d’exprimer sa joie. Il félicite tout le monde, des clients au Gérant passant par les membres du Bureau Exécutif et du Conseil d’Administration. 

Cette réussite dit – il est la vôtre. Il promet que les intérêts seront revus à la baisse ou même supprimés et que les prêts seront revus à la hausse pour mieux lutter contre la pauvreté. 

 

En ce qui concerne le dernier point, c’est – à – dire l’élection du bureau, Monsieur SOW Moctar Samba, 4éme Maire – Adjoint coupe au court ‘’Avoir une bonne équipe pour la gestion est chose rare dans ce pays. Cette équipe n’est pas à changer, elle est à récompenser’’. Là, des applaudissements étaient nourris. Tout le monde partageait cet avis. C’est ainsi que le bureau sortant a été presque reconduit dans sa totalité. 

 

Ainsi, il s’impose de demander à
la Mutuelle de Santé de Kaédi, au Crédit Municipal, à
la Commune elle-même, à toutes les coopératives et ONGs… de suivre l’exemple donné par
la CAPEC de Kaédi afin de sortir la ville de la pauvreté qui la lamine. 

 

SOW Moctar Samba 

CP / Gorgol 

Contact: 650.68.29    

 

Source :
La Tribune n°358
 

 




Arabes-négro-africains

18072007

 Faillite d’un mariage de raison

 

 

Une histoire de malentendus et d’idéalisme généreux, de compromis et d’extrémismes. Une histoire de fraternité. Une histoire de haines cumulées, de rancoeurs et de frustrations ressassées.

L’histoire de la Mauritanie depuis 1945. L’histoire de d’un ratage, d’un rendez-vous manqué entre les deux communautés raciales qui composent, ou divisent le pays. La communauté arabo-berbère, ou arabe, ou maure et la communauté négro-africaine ou négro-mauritanienne.

L’aventure commence comme un banal cours d’histoire pour bachoteurs. La seconde guerre mondiale. Les Nations Unies. La décolonisation. La fin du mythe du ‘Blanc’. Le « prise de conscience » des peuples colonisés.. Les luttes de libération. Tout débute là où finit « Le » fleuve. Saint-Louis. Capitale du Sénégal et de la Mauritanie.

1947. Une année après l’Union française, pour contrecarrer la monopolisation des centres de décision par les « st-louisiens », se crée une Union générale des Originaires du Fleuve (UGOF). Elle regroupe des Mauritaniens et des Sénégalais de la vallée du fleuve Sénégal. on y trouve, côté mauritanien : Bâ Mamadou Sambouli, Cheikh Sao, Sall Abdul Aziz. L’UGOF n’est pas un parti politique. Seulement « un groupe de pression ». Le problème, disaient-ils, étant « une question de représentativité des populations riveraines du Sénégal ».

Ce groupe sera le noyau de l’action politique de HORMA OULD BABANA et fera du parti de l’Entente l’un des principaux acteurs du processus de décolonisation de la Mauritanie. Déjà en 1946, la vallée du fleuve a voté et fait élire Horma contre Yvon Razac. L’administration ne pardonne pas aux hormistes. La vallée votera encore massivement pour Horma en 1951, mais il se fait battre par Sid’el Moctar N’diaye, le candidat de l’UPM (Union progressiste mauritanienne). Au congrès de l’Entente, Saint-Louis 51, un fonctionnaire, originaire de Boghé, Bâ Hamat, sollicite l’investiture de l’UGOF. Les sénégalais de l’Union sont pour. Les Mauritaniens sont contre et appuient Horma. On le voit, l’heure n’est pas encore aux élections de janvier 56, écoeuré, s’exile au Maroc. L’Entente fait élire Suleimane Ould Cheikh Sidia, conseiller de l’Union française, au détriment de Moctar Ould Daddah, candidat UPM.

Le premier gouvernement, dans le cadre de la loi Defferre, sera entièrement UPM.

Très vite remanié pour faire entrer Dey Ould Sidi Baba, non UPM, comme ministre du Commerce. Mais bientôt l’édifice élaboré par Ould Daddah se ????? L’Emir du Trarza, MD Vall Ould Oumère, prend le chemin de Rabat, suivi par MD El Moctar Ould Bah. Ils seront rejoints par Dey Ould Sidi Baba, mandaté par le gouvernement pour les convaincre de revenir au pays. Le danger vient du nord. Ould Daddah appelle le Sud à l’aide.

Le Maroc risquait d’aller trop loin dans ses revendications, appuyées par la présence de personnalités aussi influentes, il était urgent, disait Moctar, « d’unir le peuple pour résister au Sultan ». C’est dans cette optique qu’eut lieu le second remaniement ministériel à la faveur duquel Bâ Mamadou Sambouli entre au gouvernement, en janvier 1958. Le temps n’est pas à la tranquillité. En Egypte, Nasser a le vent en poupe. En Tunisie, c’est l’époque héroïque du Destour. Les Algériens, avec des arguments gros comme bombes, s’emploient à bouter le « roumi » dehors. La marmite africaine bout. En Mauritanie, Bouyagui Ould Abidine est en train de mettre sur les rails le parti de la Nahda. Qu’on le veuille ou non, un parti « arabe ». Premier accroc.

1958 toujours, le Congrès d’Aleg. « Depuis ce congrès, me dit l’une des grandes figures de l’intelligentsia négro-africaine, les Noirs ont l’impression d’avoir raté le coche. De ne pas avoir exigé suffisamment de garanties ». Les revendications négro-africaines, mises en avant par l’UGOMS (Union des Mauritaniens du Sud), qui a relayé l’UGOF, étaient principalement :

1) Le respect des cultures nationales ;

2) La participation au pouvoir

« Chaque halpulaar vit dans un Fouta culturel, un Fouta dans la tête », dira un négro-mauritanien. « C’est ce qui explique la mise en avant de ces deux principes ». Cependant, ces priorités allaient  s’effacer sur devant la querelle des ‘fédéralistes’ et des ‘autonomistes’. Au sein de l’AOF, la bataille fait rage. En Mauritanie aussi où Moctar Ould Daddah mène le parti de ceux qui pensent que chaque pays doit se joindre à la France, en tant qu’entité distincte, tandis que Hadrami Ould Khattri fonde le PFA (Parti de Fédération Africaine) qui soutient la mise en place d’un exécutif fédéral pour toute l’AOF. L’action des négro-africains, en vue « d’une bonne intégration nationale », est menée dans le désordre. L’UPM et l’Entente fusionnent à la faveur de ce congrès « pour faire face aux menaces marocaines ». C’est le PRM ????? ne va pas se terminer sans que la Nahda, parti ‘arabiste’, dévienne une donnée incontournable du paysage politique mauritanien.

L’indépendance en 60. En 61, nouvelle fusion. La hantise de la division. Le pays tient par si peu de choses. Le PFA de Ould Khattri, le PRM de Ould Daddah et la Nahda de Ould Abidine se dissolvent dans le Parti du Peuple Mauritanien, le fameux PPM, que certains appelaient PPCD (Plus Petit Commun Dénominateur).

« Les problèmes commencent réellement avec le parti unique », commente un ministre négro-africain de l’époque. Le ‘parti unique’ devient effectif en 1964, à la faveur d’un Conseil national transformé par Ould Daddah en congrès. « Coup d’Etat », « anti-constitutionnel », « anti-démocratique », « accaparation du pouvoir ». Les murs de l’école annexe, qui abritait le parlement en ce temps, en tremblent encore. Cheikhna Ould Mohamed Laghdaf et Hamoud Ould Ahmedou démissionnent du gouvernement. C’était l’époque où les gens avaient des principes. Les négro-africains jouent le jeu de l’unité nationale. Pas de fausse note jusqu’à présent.

En 59, l’arabe est entrée à l’école primaire. En 1961, dans la Constitution, à côté du « français, langue officielle », l’arabe « langue nationale ». Pas un mot du pulaar ou du soninké. Encore moins du wolof. La pilule est dure à avaler, mais elle passe. Que les Maures « ne puissent pas accuser les négro-africains de saboter l’unité nationale ».

L’heure est la construction nationale. Les Négro-africains dominent dans l’administration. Les trois officiers les plus gradés de l’Armée nationale sont aussi négro-africains : le premier chef d’Etat-major sera le commandant Diallo. D’abord pressenti, le commandant Kane Abdul Boly, de Tekane, n’acceptera pas. De même que le capitaine Kane Abdul Aziz de M’bagne qui préféra être chef de canton.

Entre-temps, l’alchimie daddahienne fait ??? ministrer la région du fleuve par des Mauresques ??? alors que les négro-africains administrer ????? les régions à dominante arabo-berbère. Fait ??? pour brasser, cette équation se révèle ??? désastreuse. Les administrateurs, peu au ???? des sensibilités culturelles de leurs administrés accumulent bévue sur bévue. Le principe ??? du « péché collectif » cher aux africains ???? le reste. Les fautes sont celles du gouverneur ou du préfet, mais aussi les fautes ???? son clan, de sa tribu, de son ethnie. En ????? temps le monopole négro-africain ???? l’administration s’effrite. Les Arabes y ???? leur entrée au nom du « bilinguisme ». Même s’ils sortent de la Mahdra et ne parlent qu’une langue. « C’est l’administration qui est bilingue, pas l’administrateur », plaide un ministre –maure- de Ould Daddah. Le Mal s’insinue. Le château du sable du « consensus national » ne résistera pas aux déferlantes de l’arabisation. 1956 est l’année où s’accumulent les frustrations. Le monde noir se gargarise de négritude et de senghorisme. L’impact n’est pas énorme en Mauritanie, mais on prête l’oreille à ce discours au fur et à mesure que le nationalisme arabe se précise dans le pays. La Nahda, compromise par son flirt avec le Maroc, enfante deux courants :

-         baathiste, national-socialiste arabe

-         nassériste, tendance élitiste arabe, à caractère petit bourgeois

« Nous commençâmes à nous inquiéter sérieusement », se rappelle un dirigeant négro-africain. La cassure devient évidente. Le divorce semble définitif lorsque l’arabe est imposé, en juin 66, dans les classes d’examen. Le mouvement de protestation débute au lycée de Nouakchott et dégénère en émeutes sévèrement réprimées.

Les négro-africains s’élèvent par écrit contre « l’arabisation à outrance » pour évincer les noirs et le « recrutement de fonctionnaires de l’Etat sans éducation suivie », allusion aux sortants des mahdras et écoles traditionnelles. C’est le ‘manifeste des 19’. Bâ Mamadou Sambouli, Kane Elimane et Mohamed Ould Cheikh sont « débarqués » du gouvernement. Accusés de voir l’arabisation d’un mauvais œil.

Le climat politique du pays est d’autant plus lourd que les Maures accusent les Halpulaar en d’être « l’antenne de la France » de vouloir « sauvegarder les intérêts de la France dans le pays », d’être « une cinquième colonne à la solde de l’étranger », et autres accusations du même acabit. « Un comble, s’insurge cet intellectuel noir, un comble pour des gens qui ont combattu la France pendant 116 ans ! ». L’amalgame est définitif. Pour les Arabo-berbères, ‘langue français égale intérêt de la France’ et ‘les Halpulaar veulent le maintien du français langue exclusive d’enseignement’.

Le congrès du PPM, Aïoun 67, planchera d’ailleurs uniquement sur la question du « bilinguisme ». Les  « Safalble » et les « tkarir » conviennent du principe de « l’égalité du français et de l’arabe comme langues d’enseignement ». Ould Daddah, président increvable, après la formule de la « Mauritanie trait d’union » entre deux mondes, forge le concept de « l’homo mauritanicus ». Pendant 8 ans, le parti au pouvoir fera de la « repersonnalisation de l’Homme mauritanien » son ???? slogan. Parallèlement à cette recherche effrénée d’identité, le pays connaissait un taux de croissance économique de 7%, le seul au monde avec Taiwan. La question culturelle se pose avec acuité. Mais la bataille se déroule déjà sur un autre front.

Guevara. Le Vietnam. Le Petit Livre Rouge. Mao. 1968 ou l’année de tous les dangers. « La chienlit » fait vaciller De Gaule. Mai. Le 29. Zouérate. La guerre des mineurs. La Miferma, « Etat dans l’Etat », à 95% française, tremble. La France, -tout le monde n’est pas parti à Baden-, inquiète pour « ses ressortissants », presse Ould Daddah de « faire quelque chose ». Il fait donner la troupe. ‘C’était ça ou les commandos du Point d’Appui de Dakar’. Bilan : une dizaine des morts. Le « martyrologe révolutionnaire » est né.

Le Mouvement national démocratique (MND), première forme, vit le jour cette année-là. Fondateurs : Soumeyda (mort en 73), Daffa Bakary, Bâ Abdoul Idi, Bedredine, Mohameden Ichidou, Moustapha Abeid Rahmane (actuel ministre), Dah Abdul Jelil (actuel wali du Guidimakha).

Arabes et Négro-africains militeront ensemble contre « la féodalité », « le néocolonialisme » et bien sûr « l’impérialisme ». Très vite, le MND va dominer la scène politique nationale. La revendication prioritaire des Négro-africains devient « une revendication SOCIALE d’intégration ». Subtilité du nouveau discours « de gauche ». La « question culturelle » est reléguée au musée des antiquités. Orthodoxie marxiste oblige. Les jeunes politiques arabo-mauritaniens, après le Congrès d’août 68 du parti baath syrien, à Damas, auquel assistaient des délégués de l’UNEMO (Union des Etudiants Maures). Breidlayl, entre autres, sous l’impulsion de Soumeyda, mettent une sourdine à leurs revendications « arabistes ». Pour un moment c’est le consensus contre Ould Daddah que d’aucuns présentent comme le véritable fondateur du premier MDN « pour asseoir les fondements de l’Etat-nation, faire taire les particularismes culturels et créer une conscience nationale ». Ce n’est pas impossible. Toujours est-il que le MND est écartelé entre deux courants.

Les « pro-chinois » de Moustapha Abeid Rahman, dans le Parti des Kadihines de Mauritanie (PKM).

Les « pro-soviétiques », de Ladji Traoré, dans le Parti Mauritanien du Travail (PMT).

Les sympathies personnelles jouant un grand rôle, les Soninkés et une majorité de Pulaar se retrouvent au PMT, très vite taxé par le PKM de la formule maoïste « nationaliste étroit ».

Des nationalistes arabes militant au sein du PKM, le PMT invoquera l’adresse de Lénine aux Biélorusses pour taxer ce parti de « chauvinisme ». C’est la joie chez les révolutionnaires. « L’unité nationale » en prend un sacré coup. Le problème noir avait glissé en 68 du politique vers le « social ». Le concept de luttes de chasses fait fureur chez ces communistes honteux, aussi bien négro-africains qu’arabes. Un sociologue négro-africain : « Ayant perdu sur le terrain politique, les Halpulaaren transposent leurs revendications sur le terrain culturel » dès 68.

En cette fin des sixties PKM et PMT se disputent l’espace de l’opposition politique. Le PKM l’emportera et dominera la vie politique nationale jusqu’en 1975, année où il se ralliera au PPM au pouvoir, suivant les directives du Parti communiste Chinois au congrès de Pékin 73, « pour renforcer la bourgeoisie nationale afin de contrecarrer l’hégémonisme des puissances impérialistes ». Et pan sur le ?????- le PKM se dissout dans le PPM- troisième fusion au congrès de la « clarification » Nouakchott 75. En 1976 naît « Bamtaare pulaar », association pour la renaissance du pulaar. Chez les Soninkés, l’association « Yilikare » voit le jour en 1977. Dans les deux cas, on entend investir l’arène politique en passant par la culture.

Encore une fois, les Négro-africains seront en retard d’une stratégie.

Depuis 1973, la Mauritanie est membre de la Ligue Arabe. L’aide arabe s’abat sur le Pays comme une manne céleste. « Cette aide a été dévoyée, détournée au profit des Maures », tonne un intellectuel de la vallée. La bourgeoisie se beydanise à marche forcée. « Qu’on ne parle pas ce concurrence ! Le pouvoir a favorisé une partie de la population au détriment de l’autre ! », reprend mon interlocuteur.

Au pouvoir politique, les Arabo-berbères ajoutent désormais le pouvoir économique. Le pouvoir culturel sera confisqué plus lentement. Le pouvoir de Ould Daddah pousse vers « l’affermissement de l’identité arabe du pays ».

L’arabisation effrénée de l’enseignement, les réformes cumulées, les facilités offertes aux étudiants des filières arabes, la radio, les manuels scolaires, concourent à camper l’arabité de la Mauritanie en escamotant sa composante négro-africaine. Plus tard, l’Histoire des empires et royaumes noirs ne sera même plus enseignée aux écoliers. Tout juste retient-on Ghana « qu’on présente comme un monde jahélite, une sorte de contre-exemple », sourit un cadre noir. Et de rappeler « L’HISTOIRE EST LA SIBLE STRATEGIQUE NUMERO UN, C’EST POURQUOI LE GROUPE LE PLUS FORT CHERCHE TOUJOURS A NIER CELLE DES AUTRES »

 

Habib Ould Mahfoudh

Source :

La Tribune N° 358




1990, 1991, les années de braise

18072007

1990, 1991, les années de braise 

 

On est en juillet 1991. L’ordonnance sur la liberté de presse vient d’être promulguée. Nous étions quelques ‘écervelés’ à animer un journal indépendant qui avait osé parler en 1988 de la torture des prisonniers baathistes. Notre directeur, M’Barek Ould Beyrouk, accepta de nous confier une enquête sur les événements au sein de l’Armée. Personne à l’époque n’en savait grand-chose. Juste quelques tracts du Mouvement national démocratique (MND), du Mouvement des démocrates indépendants (MDI), des Forces de libération des africains de Mauritanie (FLAM)… 

Habib Ould Mahfoud a dirigé cette enquête. En mais de maître. Comme il savait le faire. Il avait pris sur lui de recueillir tous les témoignages. Je l’accompagnais souvent. C’est d’abord en hommage à un esprit libre et juste, celui de mon frère et ami Habib, que nous republions quelques-uns des témoignages recueillis à l’époque. Juste au moment où les victimes sortaient de prison. Ce qui permettra aux générations d’aujourd’hui de savoir une partie des malheurs qui ne finissent pas d’endeuiller notre peuple. A l’époque, les mots étaient justes, les faits vrais. En attendant de pouvoir en parler au grand public, découvrez de quoi l’arbitraire est fait… 

Le lieutenant Sarr Amadou, condamné à mort lors du procès de 1987, et exécuté, avait dit devant la Cour sous forme de dernier vœu : «Si ma tête peut servir l’unité nationale, n’hésitez pas, coupez-là. Si ma personne peut servir l’unité nationale, je vous demande clémence». 

 

Ould Oumeïr 

 

 

Le cauchemar d’Inal  

  

Le 21 novembre 1990, 18 éléments négro-africains de la Marine Nationale sont arrêtés à Nouadhibou. A 21 h, ligotés, yeux bandés, ils sont embarqués dans des camions. Quelques arrêts – deux -, pour charger d’autres prisonniers. Les camions roulent jusqu’au matin. Peu après Boulenouar -- 87 km de Nouadhibou-, ils ont été déshabillés. 

On les débarque à 7 heures du matin. Inal. Accueillis à coup de cravache, on les laisse dehors jusqu’aux environs de 15 h. Leurs gardiens ôtent les bandeaux et donnent du mou dans les cordes. Parqués dans des hangars de la base militaire, on leur donne à manger, pour la première fois depuis 24 heures. On les ligote après le dîner, pieds et mains joints derrières le dos. A plat ventre. Les coups pleuvent. Un soldat leur crache : «vous êtes des flamistes». 

La soirée du 27 au 28 novembre, après le dîner, on les aligne, face au mur, à genoux, mains liées derrières le dos. Les geôliers choisissent 28 personnes – 28 comme le 28 novembre- les font sortir et les pendent, à quelques mètres des hangars. Le premier pendu un sergent-chef de l’armée du nom de SAO. Parmi les autres : N’dongo Saidou, NdjiuBaïru, N’dongo Alassane… 

La journée du 28 novembre vit plusieurs autres morts par suite de tortures et mauvais traitement. A partir du 28, les travaux forcés, pendant une semaine. Les détenus construiront ainsi la mosquée de la caserne d’Inal. Quelque  règles internes : tu parles, on te pend ; tu es malade, on te laisse crever ; tu n’as pas le droit d’uriner après 17 heures. 

Le 4  décembre, mission de l’Etat-Major. Elle constate que les ¾ des détenus ont disparu. Le message a surtout touché les militaires de la 1ère région militaire.  

Le 8 décembre des camions ramènent les prisonniers à Nouadhibou. Base Wajaha. Dans une chambre de 30 mètres de long, on entasse les 96 sous-officiers et hommes de troupe. Le 9, dimanche, «très bon petit déjeuner», café et pain. Du riz à midi et du riz pour dîner. 

Le 11, commencent les interrogatoires. Deux questions : -  connaissez-vous les dirigeants du Flam ? -  est-ce  que vous «cotisez» ou non ? Ceux  qui disent  non sont passés à tabac. Tous répondent oui. Il fallait mentir, les tableaux de la marine, etc. 

Les tortionnaires exigent une déclaration signée. Après ça on mange correctement. Les aveux ont été extorqués à tout le monde. Les maladies -- béri-béri, dysenterie, diarrhées -- déciment les prisonniers. Il n’y a pas de wc. Les hommes font leurs besoins dans la  chambre commune, dans deux  fûts coupés en deux. Les derniers jours de décembre  voient la ration diminuer : 1 pain pour 9 personnes. Cela continue jusqu’en février 91. Une mission de la gendarmerie vient interroger 15 officiers et 15 sous-officiers et hommes de troupe. 

Le 1 er mars on libère 3 capitaines et 2 lieutenants. Un officier vient voir les autres, vers 20 h, une liste de 60 noms à la main. 20 personnes restent  dans la cellule. Les 60 sont amenés à l’aéroport embarqué en Buffalo. Nouakchott. Ligotés. Jreida. Camions. Le 8  mars les prisonniers sont à N’beika. Le traitement s’améliore -- plus de cordes. Une douche parfois. Le 18 mars on annonce leur  libération  aux prisonniers. Les officiers  reçoivent 12000 um, les sous-officiers 8000, les hommes de troupe 5000. Frais de transport. En camion civils. Les 20 restés à Nouadhibou ont été libérés le 6 mars  et réintégrés dans l’Armée. 4 officiers, 3 sous-off, 1 soldat ont été libérés à Jreida. Les autres ont été libérés de l’armée en même temps que la prison. Motif oral : «appartenance aux Flam» -- Motif écrit – sur dossier «mauvaise manière de servir». Prés de 140  morts à Inal dont trente de maladie. Les veuves ont reçu un «capital décès» équivalent à 6 mois  de salaire de leur époux. 

 

  

Témoignage d’un lieutenant putschiste négro-africain  

  

Jeudi 22 octobre 1987. Peu avant midi, le lieutenant x  est convoqué à l’Etat-Major pour «besoins de service». Un officier l’accompagne. Un autre l’attend devant les bureaux. Des visages connus. Des sentinelles partout. X a l’impression qu’il y a «quelque chose». On l’emmène dans une chambre. Il attend jusqu’à 16 h. Le  chef d’Etat- Major adjoint et un officier du renseignement entrent dans la chambre. Ils lui posent des questions  anodines en apparence. Cherchent à lui faire dire des «choses». Subtilement. Ils ne lui soutirent aucune information. On lui place une chaise dehors. Avec des soldats armés tout autour. Consigne donnée à voix haute : «s’il bouge de sa chaise, tirez». X commence à réaliser l’ampleur du problème. «Une information a transpiré, dit-il, mais d’où ?»   

A 2 heures du matin, arrive la Gendarmerie. X  est encore en tenue, avec ses galons. Garde-à-vous devant l’officier supérieur de la Gendarmerie. Celui-ci  lui dit tout de suite qu’il n’est plus officier, et le trait de «vulgaire putschiste». Lui fait enlever ses galons, son ceinturon et sa casquette. L’officier de Gendarmerie est venu avec une longue liste  de noms. Il demande à X  de les  reconnaître. Les tortures suivent. Les gendarmes obtiennent les informations qu’ils voulaient, qu’ils attendaient surtout. On enferme le lieutenant dans une cellule. Il y reste jusqu’au samedi, 1 heure du matin. X est réveillé par un collègue de promotion. «Suivez moi, mon lieutenant». «Où ?». «A la plage». X se remémore ce qu’on lui a déjà dit : «nous avons assez d’information pour te coller au poteau». 

Il sort de la cellule. On lui met les menottes. Des voitures alignées dans la cour. Brimades, insultes. Land Rover. Puis poste de contrôle de Jreida. 4 heures du matin. Ses camarades et lui passent la nuit en plein air. A 6 heures on les «dispache» dans les cellules. Les interrogatoires réels commencent. Les meneurs d’enquêtes tenaient à ce que les détenus  reconnaissent : -a) qu’ils allaient faire un coup d’état ; -b) que la date en était fixée au 22 octobre : -c) qu’en cas d’échec ils projetaient de massacrer les populations civiles. 

Ils utilisaient pour ce faire la panoplie d’arguments qu’on  ne connaît que trop. Jreida était pleine à craquer de militaires négro-africains détenus, enfermés tous ensemble. Les enquêteurs fabriquaient des preuves pour pouvoir inculper le plus durement possible. Le lieutenant X  me dira : «je sais qu’on a relâché beaucoup de gens impliqués dans  l’affaire alors que des innocents restaient enfermés». Il était clair que le pouvoir cherchait un «châtiment exemplaire» ajoutera-t-il. Sur 200 arrestations 50 hommes devaient être jugés. Les 150 restant n’ont même pas été interrogés. Le 17 c’est  l’ouverture  du procès. Un jour auparavant, le 16 novembre, le juge d’instruction  arrive avec le procès d’audition de chacun des «putschistes». «Il nous les faisaient lire devant l’officier chargé de nos interrogatoires» affirme le lieutenant X. Les accusées apposent leurs signatures au  du document. Juste avant l’ouverture du  procès, une liste d’avocats est soumise aux détenus. «Choisissez votre avocat». X refusera. Le tribunal choisira pour lui. «Avant même l’ouverture de la séance, son avocat l’avait averti le 17, jour de l’ouverture du procès. A l’ouverture, le Président du tribunal entend les inculpés et il lit les chefs d’accusation : -  atteinte à la sûreté de l’Etat ; - massacre et dévastation de la population (sic) ; --  rassemblement illégal 

Personne ne pouvait  reconnaître ces accusations. «Si putsch, tentative de putsch, il y a eu, elle était encore à l’état d’hypothèse intellectuelle», soutient X. Tous répondent donc : Non. Les plaidoiries commencent. Les avocats luttent pied à pied, se surpassent. «Nous avons été très bien défendus, dit le lieutenant. Les avocats disaient ce qu’il fallait. Le problème  était  les chefs d’accusation, faits pour entériner  ce qu’il y avait dans les têtes. La volonté  était politique». 

Pour les avocats, la décision était déjà prise. La tentative de coup d’état n’a pas connu un seul début d’exécution. Personne n’a été pris l’arme à la main. Personne en  réunion. 

L’avocat général  demande 11 têtes. La   sentence : -  3 peines de morts (Lt Sarr Amadou, Lt Ba Seydi, Lt Sy Saïdou) ; -- 18 condamnations aux travaux forcés à perpétuité (dont le lieutenant X). 

Les autres à 10 et vingt ans de prison. Il y eut 3 acquittements. C’est  le 3 décembre 1987. Ceux  qui n’ont pas été jugés ont été gardés 2 mois et ramenés chez eux en janvier, en résidence surveillée. Les condamnés iront à Walata en même temps que les civils détenus à la prison de Nouakchott depuis octobre 86. 

Le lieutenant X sera libéré le 3 mars 91. Pour lui il y aura toujours un AVANT  et un APRES le procès. «On a pris des préjugés comme base pour tuer et condamner».  

«Le régime voulait focaliser l’attention sur un seul groupe ethniques étaient représentées dans la préparation de ce coup Maures noirs et blancs. Soninké. Les Flam n’ont rien à avoir avec ça. Mais pour les coups d’Etat, la légitimité est dans la réussite». 

 (Propos recueillis par Habib Ould Mahfoud)  

 Source /

La Tribune N°358 




Les Echos par Mohamed Fouad Barrada

18072007

Des femmes sont livrées a elle même ! Par Mohamed Fouad Barrada

En dehors des urgences, une couche de notre société agonise. « La vérité devint la vie dans cette mort. Le sac du silence était lourd » disait Pablo Neruda dans le mémorial de l’île noire.

En effet, les années 90 ont marqué une transformation radicale des mœurs. Des femmes sont livrées a elle même ; elles ont la charge de leurs enfants, leur seul moyen de survie demeure la vente de leurs corps, ce n’est pas par plaisir, mais par besoin. Ce besoin peut être décrit comme suit : « chaque sortie de l’ombre nous donne la souffrance nécessaire : cette rumeur en vérité se transforma, la lumière envahit la porte obscure, et les douleurs se modifièrent » (Neruda, op.cit).

En fait, après avoir été mariée avec plusieurs hommes, x se trouve avec des garçons à nourrir. Elle devient parmi ces femmes qui essayent de se livrer à la pratique sexuelle mais « avec une pudeur » disent-t-elles

En lui posant la question pourquoi elle ne cherche pas d’autres moyens de survie acceptables. Elle nous a répondu « qu’elle ne peut pas laisser ses enfants seules ». Elle est dans la contrainte de choisir cette voie en espérant trouver un homme ou quelqu’un qui lui accorde un prêt lui permettant de travailler dans le commerce. « Pour le moment je suis obligée de suivre ce rythme » martèle-t-elle avec amertume.

Une autre était dans une grande ville mauritanienne après la mort de son père et le divorce de son mari, elle se trouve dans la contrainte de subvenir au besoin de son fils. Celle-ci, elle a, néanmoins, eu la chance d’être acquis dans une structure familiale. Depuis son arrivé, elle cherche du travail en vain. Son problème demeure la méconnaissance des circuits permettant de suivre des formations pour les femmes.

Une troisième qui a pu bénéficier d’une formation en bureautique arrive malgré la médiocrité de la formation à décrocher un stage dans une structure touristique. Elle a eu la conviction après une longue pratique avec les hommes que la seule issue c’est de prendre en main son avenir.

Une troisième catégorie a subi une mutation profonde, des riches deviennent des pauvres, les filles des hauts fonctionnaires sont encore soumises au risque de la pauvreté qui frappe la société mauritanienne. Pour suivre le rythme de la vie moderne, elles essayent de tisser un réseau de connaissance leur permettant de s’insérer normalement dans la vie active. Elles ne peuvent pas se permettre de faire n’importe quoi sauf en cachette, elles utilisent leurs physionomie afin qu’elles puissent prendre en main leurs avenir. Les femmes s’adaptent dans le but de survivre.

Ces phénomènes existaient depuis longtemps, mais avec la pauvreté la situation est devenue de plus en plus alarmante. Qu’en est-il des hommes ? Disons qu’ils n’arrivent plus à construire des familles faute des moyens. La seule issue demeure l’abstinence ou …
m_barrada@yahoo.fr

Source : www.barrada.unblog.fr




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

18072007

L’expérience  d’une « blogueuse » 

Des mauritaniens et des  mauritaniennes évoquent des sujets tabous jusqu’alors. Ils ont de belles plumes et à travers leurs blogs, ils  s’expriment en toute liberté.  Il y a parmi eux des filles qui abordent  des sujets sensibles. Ne pouvant pas avoir l’espace libre dans leur société qui demeure contre la vulgarisation de certaines  réalités,  elles trouvent  refuge dans cet espace virtuel. De la prostitution passant par la bi sexualité,
la Mauritanie rentre dans l’ère de blog net. « 
« Blog », cet anglicisme, ce quasi-inconnu au début du XXIe siècle, désigne aujourd’hui un phénomène de société à l’écho planétaire : la publication sur le réseau des réseaux de « carnets extimes », l’inverse des carnets intimes. » (elizile.blogspot.com)
Voici des passages d’une expérience publiée dans le blog d’une  jeune fille  révoltée  contre  certaines pratiques :   « Je ne sais pas si c’est le sable, l’eau d’Idini ou le lait de nos mères, mais vous devez sûrement avoir remarqué à quel point des (mauritaniennes)    savent…avoir plusieurs visages…pour ceux d’entre vous qui sont à l’étranger depuis des années lumières, vous êtes loin de vous douter de certaines évolutions des mœurs…. :
Loin d’être homophobe, j’ai découvert que beaucoup de filles ici avaient certaines tendances lesbiennes ou plutôt bi sexuelles. La mode même des jeunes générations devient encore plus étonnante : les filles s’initient entre elles aux plaisirs sexuels et beaucoup plus tard, cherchent ce même plaisir avec le sexe opposé…vous avez du mal à le croire….vous n’êtes pas obligés de le croire, mais je ne dirai ici, que des choses que j’ai vu de mes propres yeux… ça vaut ce que ça vaut… »

Certes, ces pratiques existent dans toutes les sociétés, mais d’être relatées  par une fille qui a fait  l’objet de l’expérience en question  (toute en la  rejetant), est une innovation nouvelle dans le monde virtuel du pays.  Cette « blogueuse » aborde plus loin que : « le 31 décembre dernier, d’humeur exécrable comme je suis souvent en fin d’année, j’étais obligée de passer la soirée chez des amies et parentes à moi, des filles plutôt réservées, sympathiques,…on monte au balcon afin de respirer l’air pur et éventuellement afin de fumer une cigarette…les filles dansaient, se collaient les unes aux autres, et au bout de quelques minutes ( je suis longue à la détente) je compris que l’ambiance était devenue partouzienne lesbienne…une fille (très belle d’ailleurs, il faut être honnête) s’agrippe à moi, en me susurrant à l’oreille des obscénités…pas insensible à son charme mais totalement persuadée et convaincue ( je le suis toujours) de mon hétérosexualité, j’ai dû faire semblant de recevoir un coup de téléphone pour m’échapper et observer d’un œil critique et curieux ( lol…enfin presque…c’est plutôt d’un œil amusé et intrigué) cette scène. Je revis ces filles et j’ai forcément, vous vous en doutez bien ouvert le sujet : sont elles lesbiennes ?
C’est pour dire, que le nombre de lesbiennes a augmenté à Nouakchott non pas parce que ces filles ont décidé de préférer les relations avec les femmes, mais par pure frustration….»

Elle conclut dans un autre passage : « les filles, qui prennent de l’argent chez un gent damoiseau, sont elles des prostituées ? Je ne pense pas…messieurs, combien de fois à Nouakchott entendrez-vous « egratili carte (gratte moi une carte de recharge téléphonique), echrili echrab (achète moi des boissons), echrili segarit (achète moi des cigarettes), etc. » toutes ces filles-là ne sont pas des « sluts » comme vous aimez les appeler. Ce sont tout simplement des filles ordinaires, qui ont grandi dans l’idée que le bonheur était matériel et que sa clé était dans les mains d’un homme. »

m_barrada@yahoo.fr 

 

Source :
La Tribune n° 358 




Chronique Mansour Chapitre 6

21072007

Ainsi situé en pôle indispensable de l’économie – mondiale, s’il vous plaît – j’aurais du être pleinement satisfait d’un ordre si respectueux des droits de l’Homme. Mais plusieurs choses me tracassaient ; deux, surtout. La première est qu’il fallût à ce point m’identifier à mon numéro INSEE – ce fameux code-barre à treize chiffres qui situe très exactement – scientifiquement, s’il vous plaît – ma position marchande [1]. Imaginez donc qu’un fonctionnaire facétieux – ou pire : un ordinateur bogué – subsitue un 2 au 1 qui initie ma numérotation intime. J’aurais beau dire et m’exhiber, me voilà institutionnalisé femelle et tenu de faire conformer mon anatomie – et mes préjugés – à cet état comptable. Vous me direz, 1 ou 2, mâle ou femelle, à l’heure du tout-égalitaire…  C’est vrai, mais quand même : ça me tracassait.

 

La seconde me tenait en permanence au chevet de mon compte en banque ; du moins, de ma capacité à afficher le grand H de l’Homme qui a des droits. Ce n’est pas si simple que ça en a l’air et ça occupe beaucoup, mais alors beaucoup, de temps. « As-tu vu, mon petit, monsieur 1 49 05 75 983 007 ? Oh, quel beau 4 x 4 qu’il a là ! C’est un vrai quelqu’un, une grande âme, un sacré pouvoir d’achat, spirituellement et tout et tout convaincant : il a du bien ! » C’est très valorisant, certes, ce genre de commentaires, on est reconnu pour ce que l’on est [2] – peut-être pourrait-on même se présenter aux élections, qui sait ? –  mais c’est très fatigant : il faut s’exhiber tout le temps, bien propre sur soi, rouler, affronter les embouteillages, crever, changer les pneus, discuter des heures durant avec les mécaniciens – mon Dieu, qu’ils sont sales ! Et courir, par dessus le marché, au plus près derrière les débiteurs et loin devant les créanciers, sans cesser de saluer, à chaque passage du manège, monsieur et madame Tartempion, mes voisins d’en face, si attentifs à mes déplacements…

 

Certes, me direz-vous, il pouvait venir – à tout moment, incha Allahou – ce fameux point d’accumulations à partir duquel numéro INSEE, compte en banque et voisinage à l’affût semblent silex préhistoriques. Messieurs Bill Gates et Ben Laden n’ont jamais un sou en poche, ni même besoin de poches, d’ailleurs. Il leur suffit d’avoir des doigts et de savoir en claquer. « Hop, prépare le jet, on part à Pékin ; vite, la motocyclette, on déménage au Pakistan ! » Dans les deux cas, aucun souci pour les papiers et le plein du véhicule ; les pneus, toujours impeccables : des tas de petites mains sont là pour assumer le quantifiable. C’est séduisant, cette apparente béatitude et je comprends que la plupart des humains se satisfassent à seulement imaginer qu’un jour, peut-être, eux aussi… On peut toujours rêver. Mais il n’en demeure pas moins que la normalité – la mienne, alors quotidienne – sent le tracas et la trivialité de plus en plus artificielle d’un espace halluciné, tout encombré de codes et d’objets impératifs, commandant jusqu’à la qualité de l’air qu’on inspire. « Apprends donc à expirer ! », me conseilla, en ces temps enfumés, un bon lama tibétain, tout droit descendu de ses purs sommets himalayens. Redoutable paradoxe. Il eût fallu tout à la fois amasser le plus haut tas possible de consommations diverses – à chacun désormais sa tour de Babel – et creuser journellement sa tombe, histoire de se préserver un tant soit peu d’oxygène.

 

J’ai préféré croire qu’une autre voie, en plein air, demeurait ouverte. Entendons-nous bien. La voie dont il est ici question, c’est celle de ma pleine satisfaction ; plus généralement, de n’importe quel ego ; par exemple, le votre, cher lecteur ou non moins chère lectrice. Sans obligation de numéro INSEE, de compte en banque, de grand H et de marathon mondain, ni de petites mains, non plus : une voie toute simple, à la portée de tous, lisible dès la plus tendre enfance, sitôt que s’affirme l’opposant naturel qui nous situe en être distingué, pas forcément poli, ni civilisé, mais, en tous cas, relativement autonome. Libre ? Il va donc nous falloir (re)parler de soumission : rien de tel pour se rafraîchir la mémoire… 



[1]  Patience, messieurs les ould et autres Kane, N’Diaye, sinon Diop : le progrès est à vos portes ! Votre numéro d’identification nationale n’est-il pas à 15 chiffres ? Le septième, tout comme le premier du code français, significatif de votre sexe ? 

[2]  un conducteur tout-terrain ? Et, sans 4 x 4, un supra-conducteur  tout-terrain ? La déconsommation ouvrirait-elle des perspectives existentielles ? 




Test ou recensement : c’est râté

24072007

 

 

Les 19 et 20 juillet les enseignants du fondamental et ceux du secondaire ont passé le fameux test linguistique organisé par le ministère de l’éducation nationale. L’intention était certainement louable mais dans la pratique les choses se sont plutôt mal déroulées.

Des enseignants disparus depuis de longues années ont rappliqué pour se présenter ou ont envoyé leur dossier à des proches pour le déposer. Certains sont venus de Gambie, d’autres du Caire, sans compter ceux qui étaient ici en Mauritanie et qui travaillaient ailleurs que dans le département de l’éducation. Côté recensement c’est donc raté. Il serait beaucoup plus logique de procéder autrement au recensement en trouvant les intéressés sur le terrain.

Quant au test linguistique ce serait tellement plus simple de demander aux professeurs d’histoire ou de philosophie francisants s’ils pouvaient enseigner en arabe et aux professeurs arabisants des matières scientifiques s’ils se sentaient capables d’enseigner en français.  Comme cela on aurait économisé tout le papier imprimé pour le test.

Dans tous les cas, une banque de données est constituée. Reste à voir ce que le ministère fera de tout cela. Il faut seulement ajouter que l’urgence aujourd’hui est de dépoussiérer le ministère lui-même qui est devenu un véritable repaire pour une véritable armée de médiocres qui sauront se reconnaître.

D.A.




Repères

24072007

Lettres de mission aux ministres

Le Premier ministre, Zein Ould Zeidane a présidé vendredi dernier la cérémonie de remise des lettres de mission aux membres du gouvernement. A cette occasion, le PM a indiqué que cela concerne tous les ministres chargés de mettre en œuvre un plan d’action en 2007, précisant que la lettre comprend les grandes missions que chaque ministre doit mettre en œuvre. Le Premier Ministre a demandé à chaque ministre de veiller à inscrire l’action de son département dans le cadre des orientations définies par le Président de la République dans la lettre de mission qu’il a bien voulu lui adresser et qui ont été précisées dans la Déclaration de Politique Générale qu’il a eu l’honneur d’exposer, au nom du Gouvernement, devant le Parlement le 31 mai 2007. « Dans le respect des directives et options du Président de la République à qui il revient, aux termes de l’article 30 de la Constitution, « de déterminer et conduire la politique extérieure de la nation », vous devez réaliser au mieux, en concertation avec les ministres concernés, les objectifs de la politique du Gouvernement« , dira-t-il. Pour ce faire la redynamisation du rôle de votre département appelle l’harmonisation du cadre juridique et administratif de son action, sa réorganisation et l’adaptation de ses structures à l’option de modernisation dans laquelle le Gouvernement s’est résolument engagé. 

Zein Ould Zeidane a indiqué que la gestion rationnelle des ressources humaines et matérielles s’impose au niveau de l’administration centrale et des différentes structures relevant de chaque ministère, soulignant qu’un plan d’entretien et de rénovation des infrastructures sera élaboré puis mis en œuvre. La redynamisation de l’action de chaque ministère, ajoute le premier ministre, doit être accompagnée d’un effort soutenu de communication. La lettre de mission a précisé que le programme d’activités de chaque département doit prendre en compte les orientations qu’elle énumère, et le chronogramme de leur mise en œuvre devra être soumis à approbation dans les meilleurs délais. Dans ce cadre, les services du Premier ministère procèderont au suivi régulier du processus de mise en œuvre de ce programme d’activités. A cette fin, chaque ministère est appelé à adresser un compte rendu trimestriel de l’exécution de ce programme d’activités, selon les formes prescrites. Le PM a enfin noté « que chaque ministre doit pouvoir compter sur la détermination personnelle, sur la compétence et le dévouement de vos collaborateurs, pour l’exécution diligente des termes de la présente lettre de mission, en vue de réaliser pleinement les objectifs de la politique du Gouvernement dans le domaine de son secteur

Après la remise des lettres de mission, le Premier ministre a souligné qu’avec cette remise de lettres, les mécanismes de travail du gouvernement sont désormais en place, ainsi que la restructuration et les plans d’actions de tous les départements ministériels. (avec AMI)

  

Pour sauver une vie 

 


Il était 19h 30, ce mardi 17 juillet 2007, quand le boeing AF139 d’Air France amorça sa descente habituelle sur le tarmac de l’aéroport international de Nouakchott. L’appareil atterrit, enclencha sa vertigineuse course et soudain, par un frein brusque et sec, d’une expérience bien avérée, le commandant de bord remit pleins gaz et le boeing reprit l’envol. D’une voix tremblante, la co-pilote déclara : » chers passagers, le commandant de bord vous informe qu’il fournira dans quelques instants les informations sur l’incident qui vient de se passer« . Un silence de mort envahit les passagers. Des regards, on ne peut stupéfaits, des passagers se croisèrent. L’heure était préoccupante, une seule idée hantait les esprits, un éventuel accident. Quand le commandant de bord reprit le contrôle de l’appareil, la co-pilote s’empresse de dire : » le récent incident qui vient de se passer résulte du fait qu’une personne était dans la trajectoire du Boeing voulant traverser la piste. Pour des raisons de sécurité des passagers et dans le souci de préserver une vie humaine, le commandant de bord a remis pleins gaz pour éviter toute catastrophe« . Après cette épreuve, le commandant de bord esquissa de nouvelles manœuvres pour faire atterrir le Boeing. A la descente de l’avion, le commissaire de l’aéroport était bien au rendez-vous. Aux journalistes qui faisaient partie des passagers l’ayant entretenu de l’incident, le commissaire, mine de rien, et d’un ton frisant le mépris de dire, « on m’a déjà parlé de ce qui est arrivé« . 

A l’heure de la mondialisation où la concurrence est une donne incontournable, il est encore regrettable que nos aéroports, vitrine du pays, soient des passoires pour animaux en divagation, hommes de tenue ou simples citoyens. Heureusement pour les passagers de l’AF 129 du mardi 17 juillet, l’expérience a prévalu et il y a eu plus de peur que de mal. Quant à ceux devant assurer leur responsabilité, en toutes circonstances, l’heure n’est plus à l’insouciance encore moins au mépris et à la négligence. (AMI) 

  

Le colonel rencontre le colonel 

 

Le colonel Eli Ould Mohamed Val était en visite en Lybie. Il a été reçu par son collègue le guide Mouammar Kadhafi. Selon une dépêche de la PANA, l’ex-Chef d’Etat mauritanien a, à cette occasion, souligné sa joie d’avoir rencontré le guide Kadhafi et s’est déclaré très touché par les honneurs et le chaleureux accueil qui lui ont été réservés par le leader libyen, indique-t-on de source officielle libyenne. Le guide Mouammar Kadhafi et l’ex-Chef d’Etat mauritanien ont discuté, au cours de cette rencontre à laquelle le secrétaire du comité populaire général libyen des relations extérieures et de la coopération internationale, Abderrahman Chalgham, a pris part, de plusieurs questions africaines, arabes, régionales et internationales. Le leader Kadhafi a offert, à cette occasion un banquet en l’honneur du colonel Eli Ould Mohamed Val. Par ailleurs, l’ex-Chef d’Etat mauritanien a effectué dimanche une visite au grand réservoir de Sidi Sayeh (sud de Tripoli) des eaux du grand fleuve artificiel (à travers lequel sont transportés quotidiennement des millions de m3 d’eau douce du fond du désert libyen vers les concentrations et agglomérations urbaines et les terres agricoles situées au nord du pays). Il voulait s’informer sur cette réalisation faite par la révolution du premier septembre 1969 au profit du peuple libyen. Ce réservoir d’une capacité de 200.000 m3 d’eau qui s’approvisionne des eaux du Grand fleuve artificiel, alimente la ville de Tripoli et les régions avoisinantes eu eau. Rappelons que durant la transition, le chef de l’Etat libyen avait jugé caricatural le processus démocratique initié par la junte militaire en Mauritanie. Ce qui avait ouvert une crise diplomatique. Kadhafi s’en est toujours pris à la Mauritanie, sous tous ses régimes et dans toutes les circonstances. Il a toujours cherché un cheval gagnant ici. Procurant financements énormes aux politiciens locaux, la Jamahiriya est très présente dans le jeu politique local. Le colonel (qui n’est pas encore mis à la retraite) projette-t-il de se lancer en politique après son expérience à la tête de l’Etat ? On parle beaucoup d’un projet de parti en construction dont il serait le leader. 




24072007

UMAFEC :

 

Histoire d’une réussite

 

L’Union Mauritanienne des Femmes entrepreneuses et Commerçantes est née en 1993. Association apolitique et non gouvernementale, elle a pour objectif d’améliorer les activités féminines dans le domaine du commerce et de l’entreprise. Elle vise également de défendre les droits physiques et moraux des femmes entrepreneuses, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Elle vise également la création d’un cadre socio-économique pour l’amélioration des activités féminines.

L’UMAFEC est fondée par sa présidente, Lematt Mint Mougueya, et ses 11 co-fondatrices. Elle est crée suite aux calvaires vécus par des femmes dans les marchés (locations très élevées, manque de confiance, manque d’organisation entre elle et manque de concertation avec elle, vente des clés, tracasseries…). Et puis vient l’extension du marché central (Kerch El Batroune) qui a trompé beaucoup de femmes. Certaines d’entre elles ont signé des contrats sur la base de propriété, alors que les boutiques sont à la limite à louer.

 

Dur accouchement

 

C’était un rêve, un beau rêve, de créer le Centre Commercial Chinguetty. Mais, Mint Mougueya et ses 11 collègues rêveuses ont eu à le réaliser. Elles ont du confronter des obstacles. Des obstacles tantôt financiers, tantôt sociaux, tantôt existentiels.

Elles cherchaient minutieusement avant de trouver un terrain valable pour leur projet. Mint Mougueya, la présidente, obtient une audience avec le Président de la République de l’époque. Celui-ci se montre très convaincu par le projet. Il propose aux femmes, soit que l’Etat loue le terrain pour elle, soit que les femmes l’achètent. Elles choisissent l’acheter. Tout de suite, 20 femmes (la Présidente, les 11 co-fondatrices, 5 membres du Bureau et 3 membres de l’Assemblée générale) ont payé le prix du terrain. L’étude technique du marché est confiée au Bureau BETGP. L’étude financière au bureau AFACOR. On a confié à un ingénieur le suivi de l’étude et de l’exécution. Tout cela a été fait par la Présidente et les co-fondatrices et par leurs propres moyens. Une offre d’emploi est lancée. La société ECT prend le marché du projet dont le coût est estimé à 475 millions d’ouguiyas.

L’adhésion à l’Union est ouverte : qui paie le premier sera le mieux placé. Et ainsi de suite. La présidente et les co-fondatrices paient 20% du coût total pour encourager les adhérents. Mais aussi pour couvrir le déficit qu’auraient causé les commerçantes à moyens limités. Une campagne de sensibilisation est lancée. Le financement requis n’est pas encore octroyé. La Présidente recourt à la GBM dont le PDG finance 39% du projet. Cette somme doit être rendue au long de 6 ans.

En 1996, on commence la construction qui devra durer 16 mois. Le Centre Commercial Chinguetty est inauguré. Et 6 ans après, les femmes paient à la GBM son crédit. Elles obtiennent des contrats de vente et de propriété suivant les règles et les lois de «la co-propriété».

Le fameux Centre Commercial Chinguetty, connu communément sous  «marché des femmes», c’est un chiffre d’affaires considérables. C’est 240 adhérentes. Chacune d’entre-elles possède désormais de sa propre boutique. Elle peut l’exploiter. La vendre. Ou la gager. Elle l’avait achetée à un prix qui varie entre 1 million 200 mille et 1 million 800 mille ouguiyas. Elle peut la vendre contre un prix variant entre 5 millions 500 mille et 6 millions 500 mille ouguiyas.

Le marché des femmes est le marché le plus chic à Nouakchott. Le plus moderne. Il dispose d’un garage d’automobiles. D’un éclairage continu. D’un gardiennage incessant. D’un balayage quotidien.

 

A l’échelle mondiale

 

L’Union Mauritanienne des Femmes entrepreneuses et Commerçantes est membre et co-fondatrice de l’Union internationale des Associations des Femmes d’affaires Africaines et Canariennes, dont la vice-présidente n’est autre que Mme Lematt Mint Mougueya, présidente de l’UMAFEC. Mint Mougueya est également vice-présidente du Réseau international des Femmes entrepreneuses, dont l’UMAFEC est co-fondatrice. L’UMAFEC est également co-fondatrice du Réseau arabe des Femmes d’affaires (créé en Tunisie 1998), au Réseau africain pour le soutien des entreprises féminines (RASEF, créé au Sénégal en 1994). En 2004. L’UMAFEC a créé, en 2004, le Bureau mixte des Femmes d’Affaires Mauritaniennes et Espagnoles. Elle est membre à la CGEM. A l’Union du Commerce. A la Chambre du Commerce, d’Industrie et d’Agriculture mauritanienne.

 

Mechry

 

Source /
La Tribune n° 359

 

 

 




CHARTE DU FORUM SOCIAL MAURITANIEN (FSMR)

24072007

CHARTE DU FORUM SOCIAL MAURITANIEN (FSMR)   

Les Principes contenus dans cette Charte, devront être respectés par tous ceux qui désireront participer à ce Forum et organiser des activités en son sein. 1. Le Forum Social Mauritanien est un espace ouvert de rencontres pour l’approfondissement de la réflexion, le débat démocratique, la formulation de propositions, l’expériences et l’articulation d’actions efficaces, d’entités et de mouvements sociaux Mauritaniens qui s’opposent au néolibéralisme, à l’injustice et à la domination du monde par les forces du marché.  

2. L’initiative de création du Forum Social Mauritanien s’inscrit dans la logique des forums sociaux de Porte Allègre, ainsi que les forums sociaux de Bamako et Nairobi. 3. Le Forum Social Mauritanien revêt un caractère national, et son objectif est de permettre la participation du mouvement social et associatif mauritanien dans le débat continental et international et la mobilisation contre la mondialisation libérale, d’ancrer le FSMR dans les réalités locales et de réfléchir à la recherche et formulation d’alternatives.  

4. Les alternatives proposées par le Forum Social Mauritanien sont centrées sur la personne humaine et contribueront à atténuer les effets pervers de la mondialisation et ses conséquences au niveau national sur les conditions de vie des populations, particulièrement les hausses des prix, l’accès aux services de santé, d’éducation et d’emploi, la préservation d’un environnement sain etc.  5. Le Forum Social Mauritanien réunit et articule toutes les entités et les mouvements de la société civile de la Mauritanie, qui acceptent d’assumer les engagements qui résultent de la présente charte.  

6. Les partis politiques ne peuvent y être représentés en tant que tels 7. Aucune entité ou organisation n’est autorisée à s’exprimer au nom du Forum, dans quelque forum que ce soit, en présentant des points de vue qui prétendraient être ceux du FSMR, sauf celle mandatée par le Conseil National du FSMR.  

8. Le Forum Social Mauritanien est un espace diversifié, non gouvernemental et non partisan, qui articule de façon décentralisée, en réseau, des entités et des mouvements engagés dans des actions concrètes, au niveau local et au niveau national, pour la construction d’une autre Mauritanie et  d’une autre Afrique.   9. Comme espace de rencontres, le Forum est ouvert au pluralisme et à la diversité des engagements et actions des entités et mouvements qui y participent, comme à la diversité des sexes, des races, des ethnies et des cultures. 

10. Le Forum Social Mauritanien croit au pouvoir de la démocratie comme voie privilégiée de la renégociation et de résolution des conflits au sein des sociétés et entre Etats. Les participants au Forum s’engagent à en renforcer la participation et le contrôle citoyen.  11. Le Forum Social Mauritanien met en avant le respect des Droits Humains, des relations équitables, solidaires et pacifiques entre les personnes, les races, les sexes et les peuples, condamnant toutes les formes de domination ainsi que l’assujettissement d’un être humain par un autre.  

12. Comme espace de débat, le Forum Social Mauritanien est un mouvement d’idées qui stimule la réflexion et la diffusion transparente maximale des résultats de cette réflexion, sur les mécanismes et les instruments de la domination économique, sur les moyens et les actions de résistance à cette domination, et sur les alternatives qui peuvent être proposées pour résoudre les problèmes d’exclusion et d’inégalité que le processus actuel de globalisation renforce et aggrave sur le plan continental et dans chaque pays.   13. Comme espace d’échange d’expériences, le Forum Social Mauritanien stimule la connaissance et la reconnaissance mutuelles des entités et des mouvements qui y participent, en valorisant particulièrement ce que la société Mauritanienne construit elle-même pour recentrer l’activité économique et l’action politique sur les besoins humains et le respect de l’environnement.      

 La Coordinatrice  Sultana Mint Mohamed Yahya 




En attendant un Forum Social Mauritanien

24072007

Dimanche 15 juillet 2007 à Nouakchott, journée de lancement des activités du forum social mauritanien. Au programme, trois exposés : Historique des Forums Sociaux, Flux migratoires (politiques sélectives et répressives de l’immigration) et la Société civile mauritanienne (Forces et Faiblesses). 

Le thème sur l’historique des forums sociaux était présenté par deux personnalités de la société civile maghrébine, Rabia Abdel Kerim et Tewfikh Ben Abdallah venus spécialement de Dakar pour entretenir les membres de la société civile mauritanienne des enjeux des forums sociaux. Tout est parti de l’idée qu’il fallait penser une autre politique qui ne soit pas celle des appareils traditionnels du pouvoir politique. Cette autre politique est celle « qui transforme la réalité et implique les concernés », déclare Rabia Abdel Kerim. Autrement dit, il s’agit d’amener les différentes populations à partir de leurs problèmes concrets.  Il a été fait remarquer que la manière pyramidale qui prévaut dans toutes les formes d’organisation ne seyait pas à l’esprit des forums sociaux qui se veulent « espaces ouverts », rappelle Rabia Abdel Kerim, au sens où la prise en charge des problèmes des citoyens tient compte également des diversités comme richesse. C’est dans ce sens qu’elle a rappelé aux membres de la société civile mauritanienne : « Vous pouvez revenir à ce qu’était la Mauritanie, lui redonner sa fonction de rapprochement des peuples. » Un rôle qu’aucun autre pays ne peut jouer à part
la Mauritanie, « riche de sa diversité », souligne-t-elle.     

Pourtant le processus de construction des forums sociaux africains ne s’est pas fait sans difficultés. Car déclarent les intervenants, on a pu se confronter à des réactions du genre : pourquoi un maghrébin, un kenyan plutôt qu’un sud africain, etc. « Il fallait dépasser tout cela puisque au-delà de nos identités propres  nous sommes arrivés à construire quelque chose. »  « C’est à la mesure de ce que les mouvements sociaux mauritaniens doivent construire », conclut Rabia Abdel Kerim. Tewfikh Ben Abdallah a, quant à lui, rappelé qu’en 2001 à l’invitation des forums sociaux de Porte Allègre sur les 15000 personnes, il y avait tout juste 30 africains. « Il fallait produire des efforts pour se rendre compte de la nécessité de s’organiser. C’est pourquoi en 2002, il a fallu tirer les leçons de la première expérience où tout le continent n’était représenté que par 30 personnes. » La décision de s’organiser pour être plus nombreux et avoir un forum social africain fut prise. « Nous avions conscience que la pérennité d’un forum social africain n’a de sens  que s’il est porté par des forums sociaux sous régionaux. » Selon l’intervenant, une quarantaine de forums, nationaux et sous régionaux sont nés depuis lors. 
La Mauritanie va organiser visiblement un forum social maghrébin dans les mois à venir. Ce choix découle, d’après Ben Abdallah, du fait qu’il a été remarqué que les divergences entre le Maroc et le Sahara seraient un obstacle à la présence de ce dernier pays à un forum organisé dans le royaume chérifien. « Il n’y a que
la Mauritanie qui peut faire que l’on n’ait pas peur de la diversité ni de la démocratie », termine-t-il. 
« Flux migratoire et politique de répression » était un autre thème de cette rencontre. Il s’agissait d’une contribution de l’Association  Mauritanienne  des  Droits de l’Homme présentée par  Mbow  Amadou Alassane. Il  en est retenu que « l’histoire de l’humanité est faite de rencontre des peuples, d’échange entre différentes cultures qui s’enrichissent mutuellement. » Ce qui permet à l’intervenant de trouver que le désir naturel, irrépressible et légitime de changer de condition de vie est un des  défis grands défis du temps. Aussi les flux  migratoires sont-ils au cœur des débats politiques dans presque tous les pays. Toutefois note, Mbow, « les images d’invasion et d’envahissement de l’Union Européenne par les africains   sont globalement fausses, même si les migratoire sont en nette progression. » 

« Les disparités en matière de développement, de flux démographie et de démocratie (3 D) entre les pays riches et les pays pauvres concourent  à l’expansion de ces flux migratoires », fait-il remarquer. Les migrants représenteraient en 2005 prés de 200 millions de personnes  dont 9,2 millions réfugiés ; soit prés de 3pour cent de la population mondiale. Les causes traditionnelles sont toujours là : pauvreté, injustice, chômage, conflits armés …  « Agir sur les migrations pour les organisations comme les notre, c’est prendre concrètement conscience de toutes les dimensions de ce phénomène global qui est aujourd’hui la mobilité des hommes, s’y adapter et faire  preuve de réactivité face à une réalité mouvante et sans cesse en transformation », déclare le représentant de l’AMDH.   

Quant à l’exposé sur « la Société civile, forces et faiblesse », il a été présenté par Sall Amadou, professeur à l’université de Nouakchott et le Pr. Cheikh Saadbouh Camara. Il ressort de l’exposé que plus de 1000 associations de développement, de défense des droits de l’homme, de  gouvernance, de genre et autres existent déjà. Sans compter que 10 000 coopératives existent  sur le territoire national en plus de  400 organes de presse,  8 centrales syndicales ( UTM , CLTM , CGTM ,USLM,UNTM,CNTM,ULTM,UGTM…). Toutefois, en termes de force, la société civile pourrait se prévaloir de sa  force de dénonciation, de contestation et de défense des droits humains. Elle a aussi la force de proposition des stratégies de développement par la prise en compte des initiatives de développement endogènes. Encore faut-il que le cadre légal qui régit la vie associative en Mauritanie soit clarifié. Pour l’instant il « est constitué des  lois suivantes: Loi du 61.033 30 janvier1961relative à la liberté syndicale, modifiée par les lois 70- 030 du 23 janvier 1970et 93 – 038 du 20 juillet 1993 ; 2.  Loi du 64- 098 du 9/6/1964 relative aux associations (modifiée et complétée par deux lois en 1973) ». En plus, la  « Loi 2000 – 43 du 26 juillet 2000 contient toutes les clauses de dissolution des organisations de la société civile ». En termes de défis donc, c’est la performance qui sera demandée aux organisations de la société civile mauritanienne.    Compte rendu Kissima Diagana 

Source : La Tribune n°359 

  




Une question au Pr. Cheikh Saad-Bouh Camara

24072007

Le dimanche passé, le lancement des activités d’un Forum Social Mauritanien a eu lieu à Nouakchott. Que peut bien être capable de réaliser une telle structure dans un champ sociopolitique mauritanien où une grande majorité d’organisations de la Société Civile et d’autres partenaires sociaux se sont révélés presque incapables d’instaurer une culture citoyenne et un véritable climat de dialogue social? Pr. C S B Kamara : Bonne question fort pertinente! Sans être d’un optimisme béat il existe quelques ONG et des personnalités de la Société Civile mauritanienne qui ne correspondent pas à votre description. Pour améliorer la situation présente le Forum Social Mauritanien constitue une opportunité à saisir pour renforcer les capacités de la Société Civile Mauritanienne et pour servir de vecteur pour l’éducation citoyenne. Pour autant ces tâches exigent persévérance, rigueur et travail incessant. Nous allons dans les mois à venir remarquer des mutations appréciables, car positives, de la Société Civile Mauritanienne : promotion de la culture citoyenne, perfectionnement des ressources humaines, multiplication des activités militantes autour de thèmes porteurs (paix, solidarité et unité nationales ; promotion des droits de l’Homme ; plaidoyer et lobbying en faveur de la lutte contre l’esclavage, ses séquelles et toutes les formes de discrimination…). Il convient tout en restant vigilant de redoubler d’efforts en vue d’atteindre les objectifs du Forum Social Mauritanien conformément à sa Charte.

Recueillis par Kissima

Source : La Tribune N°359




Le test des enseignants à Boghé

24072007

 

Bilan : queue de poisson, un blessé…et beaucoup de pagaille !

Jeudi 19 juillet 2007 le collège et le lycée de Boghé grouillent de monde. C’est que tous les enseignants se trouvant à Boghé ont répondu à la convocation pour subir le fameux test d’évaluation exigé par la ministre de l’éducation. Ils étaient plus de 499 enseignants… Prêts à subir l’épreuve. Le test d’évaluation portait sur 3 matières : Arabe, Français et Mathématiques. Il devait durer 5 heures de temps en tout. A Boghé, il s’est déroulé avec un désordre notoire. Il s’est terminé en queue de poisson et en pugilat.

La première épreuve (l’Arabe) a tardé à débuter. Elle n’a commencé qu’à 9h30 et elle s’est achevée à 15h, alors que le volume horaire qui lui était attribué était de 2h.

La 2e épreuve a été enclenchée à partir de 15h20, non sans difficultés. Une goutte a failli faire déborder le vase : des consignes de l’épreuve de Français traduite en Arabe. Les instituteurs se sont plaints et certains ont boudé. « Il y a une touche de faveur qui est faite par les organisateurs en faveur de nos collègues arabisants ; pourquoi dans le test en Arabe nous n’avons même pas vu une seule voyelle en  Français pour nous orienter ? », proteste Bakary Simakha. Après un tohu-bohu, les esprits se calment et le test reprend. Quelques instants plus tard, les enseignants réclament la collation auprès du président du centre, Djigo Amadou. Ce dernier rétorque que tout ce qui est aspect logistique (organisation matérielle du test, collation) depend de l’IDEN (inspecteur départemental de l’éducation nationale). Il leur demande de patienter et de continuer. Ce que les enseignants acceptent malgré eux. L’épreuve se termine à 18h45mn. La collation qui était proposée aux enseignants était constituée de lait en poudre dilué dans une grande quantité d’eau et distribué dans des gobelets en plastique et accompagnée de pain sec. Seules 4 salles sur 20 ont été servies.

Les mathématiques, les enseignants devraient la faire dans leur langue de choix. Il n’y avait  que 90 copies pour plus de 300 instituteurs. Un nouveau blocage et un mouvement d’humeur chez les instituteurs : boycotter le test ! « Trop ! C’est trop ! On ne peut pas amener les hommes et les femmes depuis 7h du matin jusqu’à 19h sans les faire boire ni manger et de surcroît leur dire que les copies sont insuffisantes », s’indigne  l’instituteur M’Baye Bocar. L’IDEN M’Bodj Moussa, interpellé sur cette affaire déclare : « S’il y a une insuffisance de copies par rapport aux candidats, cela revient à la hiérarchie et cette dernière, contactée,  nous a demandé de trouver des solutions locales. Ce que nous avons fait en partant à travers la ville faire des photocopies. Au moment où je vous parle, je suis à 2200 pages ». 

Il était preque nuit, les enseignants décident d’arrêter le travail et de rentrer. « Ce test n’a plus de valeur, c’est du canular. Pratiquement tous les centres de la Mauritanie ont terminé sauf nous. Nos collègues  nous ont dit la nature des épreuves par téléphone donc, c’est devenu un secret de polichinelle », déclare Sy Fatimata, institutrice. 

Pris de court, le président du centre du lycée, Mohameden O/ Moctar Salem propose aux instituteurs de leur acheter des bougies pour terminer le test dans la soirée. Ils refusent et promettent de revenir le lendemain pour terminer le test.

Le vendredi 20, ce qui restait des enseignants était arrivé dans les deux centres (collège et lycée) à 8h. A 10h, n’ayant rien vu comme épreuve, certains décidèrent de jeter l’éponge et de rentrer pour de bon. Il restait un noyau dur qui tenait à terminer le test. C’est à ce moment que par miracle, une partie des épreuves arriva et on commence à distribuer à la vingtaine d’enseignants qui restaient dans la salle. Et les autres arrivent pour les empêcher de travailler en tambourinant sur les portes et en criant. C’est à ce moment précis que l’un des enseignants se dirige vers un de ses collègues qui travaillait, lui arrache l’épreuve et la copie et les déchire. Un pugilat s’ensuivit. Ils se déchirent les habits. L’instituteur qui travaillait prend une pierre et fracasse la tête de son collègue intrus. C’est à ce moment précis que le test se termine en queue de poisson.

L’inspecteur Djigo Amadou dit : « je proposerai au ministre, dans mon rapport, d’annuler ce test vu le désordre qui s’est produit et le manque d’épreuve. ». Les instituteurs, avant de partir, rédigent une déclaration pour dénoncer le test et les conditions dans lesquelles il s’est passé.

Le coordinateur du test, l’IDEN de Boghé, improvise une conférence de presse pour dénoncer le mauvais comportement des enseignants et dit dégager toute responsabilité. 

 

Abou Boubou Fall 

CP Brakna 

 

Source :
La Tribune 359 




Construire une maison sous surveillance policière !

24072007

 

 

 Vendredi dernier le quartier Arafat secteur 1, Extension a été le théâtre d’une bataille opposant  Saïdou Yéro Sow soutenu par les habitants du quartier sans distinction à Mohamed Zeïdane Ould Moulaye Zeïne. Ce dernier était venu avec des policiers démolir les baraques de Saïdou Yéro Sow  pour construire sa maison sans préavis. Mohamed Zeïne a payé le terrain avec Fatimetou Mint Taghli qui était la voisine de Saïdou. Le terrain n° 390 de plus de 120 m2, aurait été attribué à Fatimetou dans des conditions illégales. Elle aurait profité de l’absence de son voisin pour falsifier les dossiers du terrain. Selon Chérif Ould Bah collaborateur de la Radio Mauritanie et d’autres témoins, Saïdou Yéro est le premier à occuper ce terrain  depuis 1984 avant que personne ne vienne habiter dans ce quartier. Des voisins de Saïdou très déterminés, se sont réunis pour dire non aux injustices dont les pauvres sont toujours victimes. « Maures ou noirs, ce que nous voulons c’est de la justice. Tout le monde sait ici que cette ‘gazra’ est pour Saïdou Yéro. Ce n’est pas parce qu’il est pauvre qu’on lui vole son terrain. Où va-t-il vivre avec sa famille ? », martèle un voisin très en colère. « Etes-vous journaliste vraiment? Donc vous avez de quoi écrire parce que ça c’est de l’injustice » ajoute un autre en pleurs, accroupi sur le sol. Le permis d’occuper selon une source digne de foi a été livré après le jugement de 1994. Le jugement a été fait à l’absence de Saïdou Yéro. « Vous savez c’est quoi ? Fatimetou appartient à une famille très influente dans les affaires de la  Mauritanie, c’est pourquoi vous voyez ce que vous voyez » dit un témoin. Pour  rappel, les voisins ont juré de casser tout ce que Mohamed Zeïdane va construire sur le terrain. L’affaire est entre les mains de la justice. Mais en attendant, Mohamed Zeïdane construit sa maison sous la surveillance des policiers qui affirment avoir tout simplement respecté l’ordre. 

Mamadou Sy 

Source :
La Tribune 




24072007

Réfugiés : 

En attendant le bonheur… 

18 ans après, les portes du retour sont ouvertes 

 

Ils sont officiellement 34.920 personnes à être rentrées en Mauritanie dans le cadre du premier retour organisé en 1996. Ils seront touchés par le programme de réinsertion qui sera mis en œuvre prochainement. Le comité interministériel chargé de gérer la question, poursuit ses consultations. Dans quelques semaines il engagera des journées de concertation nationale. Une feuille de route en sortira. 

La semaine dernière, ce comité était au Sénégal. La Tribune était là. 

 

 

Cette fois-ci, le voyage vers les camps de réfugiés mauritaniens au Sénégal a toute une autre signification. Ce n’est plus le temps de la découverte d’un calvaire qui dure, ni celui de la compassion stérile. 

Il est venu le temps de plier bagages et de se préparer au retour au pays natal. Très rares parmi ceux qui sont établis dans les camps qui ont lu Aimé Césaire et ses cahiers du retour au pays natal. Ce qui rend l’émotion ici encore plus forte, encore plus vraie. D’autant plus que les camps accueillent pour la première fois des officiels mauritaniens dont des ministres, venus spécialement de Nouakchott pour transmettre un message. Celui explicatif du discours du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi concernant la question. 

Le voyage de la délégation commence à Dakar par une réunion avec les associations de réfugiés au Sénégal. La délégation comprend : le ministre secrétaire général de la présidence, Yahya Ould Ahmed Waqef, le ministre de l’intérieur, Yall Zakaria, Bal Mohamd el Habib, conseiller à la présidence, Diallo Mamadou Bathia, conseiller du Premier ministre, Coulibaly Ousmane, conseiller du ministre de l’intérieur. Ils sont accompagnés par l’Ambassadeur sortant, Ahmedou Ould Cheikh el Hadrami, le consul général et le premier conseiller de l’Ambassade. A Dakar, le premier contact est ‘fructueux’, selon les membres de la mission. Le courant passe. Il suffit de voir que la délégation emmène avec elle les principaux responsables des associations. Direction Saint-Louis où elle passe la nuit dans la magnifique résidence-hôtel dite ‘Maison rose’. Ici la délégation est prise en charge par Sid’Ahmed Ould Mamy, homme d’affaires établi au Sénégal et opérant dans toute la sous-région. Une occasion de continuer les discussions avec les responsables des associations. Toute la nuit ou presque. Atmosphère fraternelle. Pour bien préparer le premier contact de terrain. Le lendemain, la délégation doit se rendre à Dagana, puis à N’Dioum, Dodel, dormir à N’Dioum. Pour repartir vers Bakel, Ourossougui, un peu plus loin dans la Vallée. 

La nuit à Saint-Louis est pleine d’enseignements. La délégation comprend mieux les rôles et inspirations de chacun. Les discussions tournent autour de l’histoire commune des deux communautés arabe et négro-africaine en Mauritanie. Le fleuve comme creuset. Le métissage comme facteur. Des Almoravides au Tékrour, de l’Empire du Ghana aux Emirats, de Nacer-eddine à El Haj Oumar Tall à Cheikh Melaïnine, riches épopées des conquérants réformateurs. Partout et en tous moments, les traces indélébiles d’une communauté de destin. Et la palabre conduit à se remémorer le temps où cette ville, aujourd’hui vieillie, brouillait d’activités. C’est ici que la Mauritanie moderne a été conçue. C’est ici qu’elle a commencé à voir le jour. La première radio, la première administration, la première ouverture sur le monde moderne… ‘C’est bien par souci d’établir une identité propre que les premiers fondateurs du pays ont quitté les lieux’, dira quelqu’un. C’est à Nouakchott que le campement, parti de Saint-Louis, décide de baraquer un quelconque jour d’un quelconque mois de 1959. 

Retour aux réfugiés. Ball et Diallo s’activent auprès des responsables des associations. Il faut bien établir une feuille de route. Cela ne pose pas de problème, même si un réfugié demande le report de la visite au camp principal de Dagana. Il propose à la place d’aller dans un autre site. Il promet même un fiasco qi la visite commence par le camp concerné. Mais les membres de la délégation en ont vu d’autres. Cap sur Dagana, le lendemain. 

Comme il sied dans de pareilles circonstances, Tah Ould Ahmed, mon confrère du quotidien arabophone ‘Al Fajr’ qui m’accompagne cette fois-ci, propose d’aller au-devant de la délégation. Nous sommes accompagnés par notre consœur de RFI qui a finalement dormi comme nous à Saint-Louis. A Dagana, nous sommes accueillis par un groupe du collectif des associations des réfugiés mauritaniens au Sénégal, dirigé par Mamadou Traoré qui se trouve là. Nous sommes dirigés vers la maison de Mansour Harouna, un Peulh d’un village du Brakna dont il est le seul ressortissant expulsé en 1989. Il travaillait à Nouadhibou quand il a été arrêté et expulsé. Cette solitude ne l’empêche pas de garder espoir. En parfait Hassaniya, il nous explique le fonctionnement du camp et nous présente le chef de site. Une rapide visite des lieux nous permet de découvrir le puits qui a longtemps alimenté le camp en eau potable. Toujours exploité. Les constructions en dur sont nombreuses. L’école est le lieu de convergence. C’est ici que doit se tenir la réunion avec la délégation. On s’active pour savoir qui va parler et que va-t-on dire. Quelques journalistes sont là. Parmi eux cinq journalistes indépendants dépêchés par les autorités pour accompagner la délégation. Il y a aussi des journalistes de Radio Mauritanie, de l’AMI et de TVM. L’arrivée de la délégation ne tarde pas. Un détachement de la gendarmerie sénégalaise, une sirène. Tout le monde s’installe. La réunion commence. 

Le ministre secrétaire général de la présidence est le premier à prendre la parole. Il trouve les mots s’associer au ‘calvaire’ vécu 18 ans durant par les réfugiés. Réitère les engagements du nouveau gouvernement quant au ‘retour dans la dignité’ et à ‘l’indemnisation’. Il a choisi de parler en français. Suivent le chef de site, quelques responsables d’associations. Les doléances sont pratiquement les mêmes : retour dans la dignité, rétablissement dans les droits (reconnaissance de la citoyenneté, recouvrement des biens spoliés ou à défaut indemnisation…), identification des responsables des déportations et leur jugement. C’est au tour de Yall Zakaria, le ministre de l’intérieur de prendre la parole. Le moment est solennel. Le ministre s’exprime en Pulaar, la langue la plus usitée dans les camps. D’ailleurs on lui demandera de traduire en Wolof au profit des réfugiés ne parlant que cette langue. On n’a pas besoin de comprendre le Pulaar pour saisir le ton du discours. Pathétique et ferme. Mais c’est à la deuxième étape, à N’Dioum que le ministre explose. Ici l’accueil est beaucoup plus politique. D’abord du point de vue de la présence. Un grand monde avec comité d’accueil, enfants chantant et pancartes revendicatives. Les discours des associations sont beaucoup plus clairs : ‘reconnaissance de la citoyenneté aux déportés accompagnée de l’établissement des papiers ; un retour organisé sous l’égide du HCR avec l’arbitrage de toute la communauté internationale ; la restitution des biens confisqués ou à défaut une juste indemnisation ; la construction des sites d’hébergement à l’image de ceux du plan «Jaxaay» conçu par le président Wade. Ces sites doivent être alimentés en eau et en électricité et avec des infrastructures sanitaires, scolaires et sportives ; la récupération des terres spoliées lors des événements malheureux de 1989 ; l’identification des génocidaires et leur traduction devant une juridiction internationale. Nous proposons à cet effet, la mise sur pied d’un TPIM (tribunal pénal international pour la Mauritanie)’. Le politique est passé par là. Après le discours introductif de Ould Ahmed Waqef, Yall répond point par point aux doléances. Il parle visiblement un langage qui sied. Avant la fin de son discours, toutes les pancartes seront baissées. A Dodel l’accueil est tout aussi chaleureux. Ici la délégation aura droit à des discours en arabe. Un orateur comparera leur arrivée au Sénégal et l’accueil qui leur a été réservé ici, à celui des Muhajiroune se rendant à Médine et accueilli par les Ansar. Le président de la délégation préférera faire référence à l’image du Prophète Youssouf retrouvant ses frères et leur pardonnant après tant de misères. Partout ailleurs, les mêmes thèmes. Les mêmes envolées lyriques. La même réalité. La même souffrance plus ou moins bien exprimée. 

« Nous attendions ce jour depuis 18 ans, nous avons toujours été convaincus qu’il y aurait une nouvelle génération politique qui reconnaîtrait notre citoyenneté et notre droit au retour », affirme un réfugié. Ils ont ‘le mal du pays’ et ont ‘hâte de rentrer’ chez eux, de ‘recouvrir leur dignité et leurs biens’, de ‘refaire les vies’ sur leurs terres d’origine. Tous ? Pas vraiment. Certains réfugiés n’hésitent pas à vous dire qu’il n’est pas question pour eux de rentrer. D’aucuns parce qu’ils n’ont pas confiance. D’autres parce qu’en 18 ans ils ont refait leurs vies ici. Mais tous auront leur part de réinsertion. Le président Wade l’a clairement exprimé devant la délégation : tout mauritanien qui veut avoir la nationalité sénégalaise l’aura, tout celui qui veut s’établir au Sénégal aura la possibilité de le faire et profitera du programme de réinsertion qui sera mis en œuvre, tout mauritanien qui veut revenir chez lui, le Sénégal aidera la Mauritanie pour le réaliser dans les meilleures conditions. 

La visite de la délégation officielle aura permis d’établir un contact direct. De rétablir la confiance et de concrétiser les belles paroles du Président Ould Cheikh Abdallahi. Première conclusion de cette visite : les réfugiés savent à présent qu’ils n’ont pas été les seuls à souffrir de leur situation, leurs concitoyens ont tout autant souffert. Deuxième conclusion : le résultat d’aujourd’hui est le fruit d’une lutte commune, une lutte qui dépasse l’appartenance politique ou ethnique. Troisième conclusion : le règlement de la question est possible. Il est même facile. Et ne souffre l’attentisme. 

 

Ould Oumeïr 

 

 

Encadré : 

 

Conclusions du ministre de l’intérieur 

 

Au terme de la mission de quelques jours au Sénégal, de la  délégation mauritanienne chargée du dossier des réfugiés mauritaniens, Yall Zakariya, ministre de l’intérieur a fait la déclaration suivante : « Avant de visiter les sites des réfugiés mauritaniens au Sénégal, nous avons eu le privilège d’être reçus par Me Abdoulaye Wade, président du Sénégal, qui nous a assuré du soutien du gouvernement sénégalais pour le déroulement de cette opération.  

Nous avons tenu également des séances de travail avec le ministre d’Etat, ministre sénégalais de l’intérieur, M. Ousmane N’Goum qui a exprimé la disponibilité de son département à accompagner nos efforts dans l’organisation du retour, dans la dignité, de nos compatriotes. La délégation ministérielle a tenu une séance de travail avec la responsable du HCR à Dakar au cours de laquelle nous avons réitéré la volonté de la Mauritanie d’apporter une solution définitive à ce problème et le HCR s’est dit disposé à soutenir nos efforts dans ce sens. Nous avons rencontré les représentants des réfugiés mauritaniens qui ont réaffirmé leur détermination à contribuer à la réussite de cette opération qu’ils ont longtemps attendue. La délégation a tenu à se rendre dans les sites les plus représentatifs, tels Samba Idi, Boki Diawe et plusieurs autres.  

Je dirais que les populations adhèrent à la décision du président de la république et sont disposées à collaborer avec les autorités mauritaniennes, sénégalaises et le HCR pour que ce retour s’effectue dans les bonnes conditions. Elles ont demandé que ce retour s’effectue sous les auspices du HCR, c’est ce qui a été décidé.  

Nous estimons, en tout cas, qu’il n’y a plus de place à la confusion. Nous avons vu des populations attachées à la Mauritanie, attachées à leur pays. Nous avons recueilli leurs avis et leurs suggestions par rapport à la bonne exécution de cette opération.  

Nous continuons la concertation et j’espère que le plan d’action qui sera présenté aux journées de concertation, permettra le démarrage rapide de cette opération.  Je saisis également cette occasion pour redire à ceux des réfugiés qui étaient déjà rentrés en Mauritanie, qu’ils n’ont pas besoin de retourner au Sénégal pour se faire inscrire à nouveau. 

Le HCR organise une opération de profilage, ceux qui étaient déjà en Mauritanie ne sont pas concernés par celle-ci. Nous recenserons les problèmes qui se posent à eux et nous trouverons une solution à cette catégorie de citoyens qui était déjà rentrée au pays depuis quelques années. 

Je saisis également cette occasion pour remercier les autorités sénégalaises et le HCR pour le soutien qu’ils ont apporté à nos compatriotes restés réfugiés chez eux pendant 18 ans. Je les remercie, également, pour le soutien qu’ils ont apporté à cette mission, parce que nous avons été entourés de tous les soins. Nous avons vu des autorités disposées à nous accompagner dans cette opération. Nous leur disons merci pour tout. »(AMI)

Encadré : 

 

Déclaration de Ourossogui 

  

  

A la suite de la visite, de la délégation ministérielle dans les différents camps des réfugiés mauritaniens au Sénégal, les représentants des associations ci-après : 

- Collectif des associations des réfugiés mauritaniens au Sénégal (carems) 

- Union des associations des réfugiés mauritaniens au Sénégal (uarms) 

- Regroupement des femmes réfugiées mauritaniennes au Sénégal 

- Coordination des associations des réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali. 

 

* Considérant les larges explications fournies par la délégations sur le discours du Président  de la république, Sidi Ould Cheikh Abdallah. 

* Considérant les vœux exprimés par la délégation officielle, d’ouvrir une large concertation sur l’organisation du retour des déportés. 

* Considérant la volonté ferme exprimée par la délégation de réaliser dans les meilleurs délais le retour digne, organisé sous l’égide  du Haut Commissariat aux Réfugiés en étroite collaboration avec les autorités sénégalaises. 

* Exprimant nos remerciements au président de la république pour la courageuse initiative de permettre  de mettre fin au calvaire des réfugiés mauritaniens. 

* Prenant acte des engagements pris dans le sens de ne ménager aucun effort aux exigences de dignité de respect et de rétablissement dans leurs droits de toutes les victimes. 

* Exprimons notre volonté de nous associer au processus en vue de faire aboutir dans les meilleures conditions ce retour. 

* Recommandons la prise des mesures urgentes de nature à rassurer davantage les réfugiés notamment  en ce qui concerne leur rétablissement dans leurs droits. 

* L’implication pleine et entière des victimes dans toutes les étapes du processus. 

* La prise en compte effective des préoccupations des réfugiés notamment les femmes, les scolaires et  les universitaires qui nécessitent des conditions particulières d’insertion. 

* La prise de mesures concrètes, de nature à conforter la réconciliation nationale et de prémunir définitivement la Mauritanie contre ce genre de tragédies. 

  

                    Fait à OUROSSOGUI  le  20 / 07 / 07                                                    

                                                                                                                                                  Les signataires : -- Mamadou Traoré - Président du CAREMS ; - Ousmane Barry  - UARMS ; -- Mariame Ibra Sy  - FR ; -- Amadou Samba Bâ  - AMRS; - Moustapha Touré -Coordination des Associations des Réfugiés Mauritaniennes au  Sénégal et au Mali  

 

 

Encadré : 

Trois hommes, une vie 

 

Mbodj est forestier. Il était à Keur Macène quand il a été déporté. Il raconte : 

Moi je suis forestier et j’étais à Keur Macène comme chef de cantonnement. Je suis venu en mission à Rosso ; c’était en 1990 au cours de la semaine de l’arbre ; nous étions convoqués à Rosso pour les préparatifs de la journée de l’arbre ; le matin, j’ai eu un entretien avec mon inspecteur ; nous avons arrêté toutes les modalités pour le déroulement de la journée ; je suis retourné à la maison pour me préparer à rentrer sur Keur Macène ; après le déjeuner l’inspecteur adjoint est venu m’appeler ; au bureau l’inspecteur m’a dit que je devais retourner immédiatement à Keur Macène  avec son adjoint pour acheminer des plants à la demande du directeur de la protection de la nature ; quelques minutes après, un adjudant chef de la police du nom de Camara est venu ; il a appelé l’inspecteur dehors ; après des conciliabules l’inspecteur m’a demandé de rapporter un document qui était chez moi ; je suis allé avec le chauffeur le prendre ; j’ai senti un changement dans son attitude à mon égard ; quelques minutes après le policier est revenu pour m’informer que j’étais convoqué au commissariat à 18 heures ; je suis allé chez moi et à 18 heures je me suis rendu au commissariat ; j’y ai trouvé le même adjudant chef ; il m’a demandé de revenir le lendemain matin ; ce que j’ai fait ; on m’a emmené devant le commissaire. «- Vous êtes bien le chef du cantonnement de KM ? – Oui -- J’espère que tu as bien reboisé – Oui. Ensuite il m’a ensuite posé quelques questions : ‘Où est ton père ?’ J’ai répondu qu’il avait été déporté ; il m’a demandé si j’avais de ses nouvelles, j’ai répondu que je n’en avais pas. ‘Tu es marié ?’ ‘Non’. Il m’a demandé de revenir le soir ; le soir quand je suis revenu, on m’a demandé d’attendre devant le commissariat près de la poste ; vers 19 heures quatorze policiers biens armés m’ont accompagné à la maison ; comme on sortait de la police ma mère qui était inquiète est venue aux nouvelles ; nous sommes tous allés à la maison ; mes sœurs étaient à un mariage dans le quartier ; quand toute la famille a été rassemblée, les policiers nous ont conduits vers la sortie de la ville ; peu avant Keur Mour ils nous ont remis à des gendarmes venus de Gani ; ces derniers nous ont conduits à la forêt de Gani où il y avait une garnison de la gendarmerie ; on est resté jusqu’à 4 heures du matin et le lieutenant qui dirigeait le contingent est arrivé ; il nous a demandé où on habitait à Rosso ;  mon neveu âgé de 7 ans lui a dit :’je vous connais, nous habitons à coté de chez vous et je connais vos enfants qui sont mes camarades de jeu.’ Le lieutenant a tourné la tête ; il est allé dire quelque chose à un autre gendarme qui nous a installé quelque part et nous a apporté à manger. Après cela nous avons été conduits à Médina où il y avait un petit poste de gendarmerie ; on m’a demandé de vider une pirogue qui prenait de l’eau, puis on nous a mis dans la pirogue ; le piroguier était armé ; il nous a fait traverser et nous a déposés sur l’autre rive à quelques kilomètres de Dagana ; nous ne savions pas où aller ; ce sont les lumières de la ville qui nous ont orientés ; nous avons marché très longtemps avant d’arriver ; j’ai demandé où se trouvait la brigade de la gendarmerie ; j’ai trouvé un gendarme à qui j’ai expliqué notre situation ; après les enquêtes nous avons été conduits au camp des réfugiés. Nous sommes restés 20 jours sans assistance et nous avons survécu grâce à la solidarité des réfugiés qui partageaient avec nous ce qu’ils avaient ; c’est bien après que le HCR nous a pris en charge. Depuis, nous sommes ici. Entre temps mon père est décédé et nous nous sommes là….’ 

 

Sy Hamédine, instituteur. Il était à Sélibaby.  

‘Je m’appelle Sy Hamédine ; j’étais à Sélibaby comme instituteur ; j’ai enseigné plus de vingt ans dans la même ville ; fin avril 1989 on me convoquait régulièrement à la police ; on me demandait mes pièces et celles de ma famille ; j’ai apporté les actes de naissances, les certificats de nationalité ; c’était  pendant le Ramadan ; chaque fois que je sortais de l’école, je me rendais à la police ; jusqu’au 5 mai. C’était le jour de la Korité, il m’ont pris à l’endroit où j’étais venu pour participer à la prière ; j’étais avec deux de mes garçons ; j’ai envoyé quelqu’un à la maison pour informer mon épouse ; au commissariat nous sommes restés dans la cour pendant un certain temps ; à un moment donné des policiers nous ont fait monter dans une voiture et nous sommes allés chez moi où j’ai trouvé mon épouse et mes autres enfants.  L’un des policiers m’a dit :’Monsieur Sy, vous pouvez prendre ce que vous voulez de vos bagages.’ Mais chaque fois que je prenais quelque chose les policiers se tiraillaient pour me l’arracher. Finalement j’ai tout laissé et nous avons été embarqués pour retourner à la police. Il y a des  gens qui ont été torturés mais nous nous n’avons pas été brutalisés. Seulement nous avons laissé tous nos biens là-bas : le bétail, le mobilier et tout le reste. 

Nous avons été conduits par la suite à Gouraye en face de Bakel ; on est arrivé vers le crépuscule ; il y avait beaucoup de gens. Le lendemain, on nous a fait traversé ; il y avait une liste établie à cet effet ; l’une de mes filles qui était à l’université est arrivée le lendemain ; quand elle a appris que sa famille était déportée, elle a piqué une crise ; heureusement  un ami professeur l’a rassurée en lui expliquant que ses parents et ses frères étaient en vie ; mais elle ne s’est vraiment calmée que quand elle nous a rejoints. Sa petite sœur qui était également à l’université a traversé par Rosso quand elle a appris notre déportation pour venir à notre recherche. De Bakel nous avons été acheminés sur Tambacounda puis de Tambacounda à Dakar. A Ouakam précisément. Là, nous retrouvons tous les mauritaniens ; il y en avait beaucoup. Il y avait aussi des mauritaniens nés au Sénégal que l’on voulait rapatrier. Ces derniers ont dit qu’ils ne connaissaient pas la Mauritanie et qu’il n’était pas question pour eux d’y aller. Finalement avec l’intervention des chefs de quartier, ces gens ont été ramenés chez eux. De là, nous sommes allés à Thiès où on est resté un peu plus d’un mois, ce qui a failli compromettre les études des enfants ; j’avais deux garçons qui devaient passer le bac ; comme on avait des connaissances ici, ma famille est allée à Saint Louis et moi je suis resté pour enseigner. Aujourd’hui Dieu merci mes deux garçons on terminé leurs études à l’université. L’une de mes filles était professeur dans le privé. L’autre est sage femme. Actuellement elle est à l’étranger. Nous sommes là depuis lors’. 

 

Doudou Bâ, infirmier. Il était à Atar. 

‘Je suis infirmier, je travaillais à l’hôpital d’Atar. Le 7 mai, j’étais à la maison ; il y a eu les événements et les rapatriements ont commencé ; mais moi je ne pensais pas que je pouvais être victime de ces événements ; c’était le soir, j’étais couché à la maison vers 20 heures après la rupture du jeûne, parce que c’était pendant le Ramadan ; je me reposais ; il y avait mon épouse, sa maman et mes enfants. Un policier est venu et m’a demandé de prendre mes papiers et de le suivre. J’ai pris mon passeport et ma carte d’identité et je suis allé à la police ; le commissaire a examiné mes papiers, il les a gardés et m’a demandé d’aller m’asseoir dans le box. J’y ai passé la nuit et le lendemain vers 11 heures, j’ai vu la Land-Rover de l’hôpital  qui est arrivée avec mon épouse et mes enfants. En ce moment mon épouse était en état de grossesse. On nous a emmenés à Nouakchott où nous sommes arrivés vers minuit. On m’a emmené à la Direction de la Sûreté ; ensuite on m’a conduit à la brigade mobile près du Croissant Rouge. On m’a placé dans une chambre ; le commissaire m’a dit que je devais passer la nuit pour partir le lendemain avec le pont aérien. Il m’a réconforté en me disant que c’était une situation qu’il fallait gérer, qu’on allait partir et revenir bientôt dès que tout sera calme. Le matin vers 7 heures une voiture de la police est venue et nous a emmenés à l’aéroport. Après on m’a débarqué à Dakar. Avec mes enfants seulement. Ce ne sont pas ceux de mon épouse. Comme c’était une mauresque, ses parents sont venus au commissariat et elle a été épargnée. Arrivé à Dakar, on s’est organisé. C’était dans le moi de mai. En août je reçois un message du Croissant Rouge m’informant que mon épouse était décédée des suites de son accouchement. Je croyais que c’étaient des histoires. J’ai téléphoné à un ami médecin avec qui j’avais travaillé à l’hôpital d’Atar et qui était en France. Il a appelé des religieuses qui travaillaient à Atar et elles ont confirmé le décès de mon épouse. Ce fut un véritable choc. Maintenant on est là. Personnellement je  n’ai pas été brutalisé, c’est certain. Je n’ai pas été agressé même verbalement. 

 

Encadré : 

 

Le président du Carems à La Tribune : «Il y a des conditions mais ce sont des conditions raisonnables. Le ministre m’a marché sur la langue. Il a posé nos revendications avant moi. On dirait qu’il connaissait déjà nos revendications ; selon lui, cela fait partie du programme pour le retour» 

 

La Tribune : Qu’est-ce que le CAREMS ? 

Le CAREMS c’est le Collectif des Associations de Réfugiés Mauritaniens au Sénégal qui s’occupe des intérêts moraux et matériels des réfugiés. Cela a été créé à la veille de l’an 2000 

La Tribune : Est-ce qu’on peut dire que c’est l’aile sociale des Flam ? 

Le CAREMS est une association qui a été créée dans l’objectif de  rassembler les différentes organisations et associations qui étaient éparpillées ici au Sénégal  pour que toutes parlent de la même voix. Le Carems n’est pas propre aux Flam. 

 

La Tribune : C’est aujourd’hui l’association la plus représentative de réfugiés au Sénégal ? 

Traoré Mamadou : Vous en aurez la preuve aujourd’hui, parce le Carems s’est préoccupée depuis longtemps des réfugiés de Dakar à Dagana, Ndioum, Dodel. On s’occupe de tous les réfugiés toutes tendances confondues. Nous sommes intervenus plusieurs fois au niveau des réfugiés dans les camps surtout parce qu’ils souffrent beaucoup plus que les réfugiés urbains ; on s’occupait de l’éducation des enfants ; nous avons des partenaires à l’étranger, aux Etats-Unis , en France comme l’AVOM (aide aux veuves et orphelins de militaires, comme GMR (groupe mauritanien) comme la jeunesse espoir aux Etats-Unis ; nous collaborons ; ils nous envoient la friperie qu’on distribue  dans les camps sans tenir compte de leur appartenance à telle ou telle organisation ; les enfants reçoivent des aides scolaires annuelles ; nous avons financé des projets pour les femmes, des projets d’élevage. 

 

La Tribune : Le Carems était aussi présent lors de la visite de la délégation ministérielle venue évoquer le problème des réfugiés ; qu’est-ce que vous en avez tiré ? 

Traoré Mamadou : Effectivement nous avons participé à la rencontre avec la délégation ministérielle et j’ai eu le privilège de prendre la parole avant tous les autres parce que j’étais à droite du ministre. Il m’a donné la parole et j’ai prononcé un discours de bienvenue ; je n’ai pas manqué de souligner notre satisfaction suite au discours du président de la République, Sidi Ould Cheikh Abdallahi  qui a démontré que ses propos lors de la campagne électorale n’étaient pas simplement des promesses électorales ; nous l’avons félicité d’autant plus que ses prédécesseurs n’ont jamais reconnu ce problème de déportés. 

 

La Tribune : C’est à votre avis une très bonne entrée en matière. Que reste-t-il à faire ? 

Traoré Mamadou : Ce qui reste à faire c’est de poursuivre le dialogue ; la délégation ministérielle a apprécié nos interventions. Avec toutes les misères que nous avons subies, ils ne pensaient pas que nous allions parler de façon posée et d’un ton réconciliant ; nous les  avons surpris ; notre vœu c’est de rentrer en Mauritanie, malgré les 18 ans d’exil, nous n’avons qu’un seul désir, rentrer chez nous. 

 

La Tribune : Rentrer à quelles conditions ? 

Traoré Mamadou : Il y a des conditions mais ce sont des conditions raisonnables. Le ministre m’a marché sur la langue. Il a posé nos revendications avant moi. On dirait qu’il connaissait déjà nos revendications ; selon lui, cela fait partie du programme pour le retour. Un retour dans la dignité, la reconnaissance de notre citoyenneté, la reconnaissance des exactions que nous avons subies ; nous voulons un retour organisé sous la supervision du HCR et que les paysans, les éleveurs, les fonctionnaires puissent  recouvrer leurs droits  et être réhabilités ; nous voulons aussi  que les responsabilités soient situées et que les auteurs des exactions soient punis conformément à la loi. 

 

La Tribune : Mais quand vous parlez de punition, ceux qui mènent campagne contre votre retour vous considèrent comme des revanchards. 

Traoré Mamadou : Nous ne sommes pas des revanchards. Nous n’avons pas une attitude figée. Nous avons subi un préjudice et nous donnons notre position. Maintenant il appartient aux juges de faire leur travail ; nous ne posons pas des conditions sine qua non ;  nous dialoguons autour d’une table et les uns et les autres  vont voir ce qui est faisable, ce qui permettra de sauvegarder la paix sociale dans notre pays.   

 

 

Encadré : 

Propositions de l’UFP 

 

L’Union des forces du progrès (UFP) a rendu public un document dans lequel, le parti fait l’historique des événements de 1989, analyse la situation des déportés et propose des solutions en vue de l’organisation de leur retour. Sur le contexte de l’époque, l’UFP pense qu’il était largement favorable à l’explosion de violences intercommunautaires en Mauritanie comme au Sénégal : 

- En Mauritanie - Les FLAM avaient déclenché une offensive dont les points culminants sont la publication du «Manifeste du Négro Mauritanien opprimé» et la découverte d’un «projet de coup d’Etat» identitaire en 1987. - Les nationalistes arabes, les nasséristes en particulier (de l’aveu même d’un responsable de cette mouvance publié par voie de presse) scellent une alliance avec le pouvoir, ce qui leur permet d’investir l’armée et l’administration.

 Le nationalisme arabe chauvin investit l’administration territoriale et pousse à l’exacerbation des contradictions intercommunautaires par la manipulation de la loi foncière. 

- Au Sénégal
 De larges secteurs de la presse sénégalaise relaient l’activisme du «Comité de suivi» qui mobilise l’opinion sénégalaise sur le «racisme maure à l’endroit des Noirs de Mauritanie».
 Le gouvernement sénégalais fait face à une opposition (PDS) qui s’estime délestée de sa victoire à l’élection présidentielle et qui accuse le gouvernement de faiblesse face à la Mauritanie.
 Les autorités sénégalaises multiplient les entraves aux accords de libre circulation du bétail, en particulier pour les camélidés en période de soudure’. (…) 

‘En avril 1989, un incident éclate dans l’île de Doundé Khoré (Guidimakha) (incidents de Diawara ou de Sonko) entre éleveurs peuls mauritaniens et cultivateurs soninko sénégalais. La gestion de cet incident sera des plus mauvaises’. (…) 

‘Comment les faire revenir ?  

L’organisation du retour des victimes des événements de 1989 suppose comme préalable l’assainissement du climat d’ensemble afin de garantir le succès de l’opération. 

En tout premier lieu, il s’impose d’organiser une campagne nationale d’explication, pour unir les cœurs et les esprits de l’ensemble des Mauritaniens, convaincre les plus réticents, rassurer tous ceux qui pourraient s’en inquiéter. En effet, la réconciliation nationale n’est pas une entreprise de revanche, mais le rétablissement des rapports de confiance et de solidarité mutuelle pour le salut de notre maison commune, la Mauritanie, sur des bases justes, viables et durables. Elle doit offrir l’occasion à tous de s’exprimer, d’apporter leur contribution, voire leurs réserves et même leur opposition. Tous doivent être sollicités pour jouer le rôle qui leur revient dans cette entreprise de réconciliation et de concorde nationales. Il y va de la sauvegarde de la stabilité et de l’unité de notre pays, face à une entreprise qui, pour réussir, a besoin qu’on prenne le temps nécessaire, qu’on prévienne les risques et qu’on recourt au consensus le plus large. D’autant plus que dans le monde contemporain, les peuples qui n’assument pas et ne prennent pas en charge leur destin, courent de graves risques de voir des puissances extérieures les instrumentaliser selon leur propre agenda. Ce qui se passe aujourd’hui en Irak nous le rappelle cruellement. 

Il s’agit aussi de rassurer par rapport aux risques d’ouverture d’une brèche dans laquelle pourraient s’engouffrer les étrangers. Pour y arriver, il sera nécessaire de :
 capitaliser les expériences nationales et internationales dans ce domaine, notamment le rapatriement de 1998, en tirant les leçons de cette expérience, dans ses succès comme dans ses échecs ;
 croiser plusieurs sources d’information permettant de constituer des filtres pour minimiser le risque d’infiltration d’étrangers et le nombre de situations à régler au cas par cas. Pour ce faire, il sera nécessaire de réaliser :
 le recensement exhaustif des villages, familles et personnes concernées
 l’identification précise de leurs terroirs traditionnels
 l’inventaire systématique de leurs patrimoines productifs et infrastructurels (terres de culture, puits, écoles, centres de santé, etc.) 

Pour réaliser ces recensements et inventaires, il sera nécessaire de :
 responsabiliser le HCR dans le recensement des déportés et réfugiés, compte tenu des informations dont il dispose, de sa très riche expérience dans le monde et surtout de sa neutralité.
 engager plusieurs activités combinées comme : -- l’utilisation des registres de recensement administratif et des archives départementales afin de dresser des listes provisoires de familles et de personnes victimes. Cette méthode pourra filtrer tous ceux des victimes régulièrement enregistrées. Ce document pourra être complété, par radiations et rajouts, à travers les recensements physiques des personnes concernées dans leurs sites. 

- la mise à contribution des personnalités religieuses, des élus locaux et des notables pour raffiner et compléter les recensements provisoires de villages totalement ou partiellement déplacés, ainsi que les groupes de nomades et transhumants victimes. -- l’utilisation des données du HCR au Sénégal et au Mali (recensement et cartes de bénéficiaires de l’assistance) afin de compléter le recensement provisoire national. -- le recensement exhaustif des victimes candidats au retour -- l’institution au niveau local d’une autorité d’arbitrage et de certification afin d’intégrer les cas particuliers ou objets de litiges. 

La triangulation de toutes ces sources d’information permettra de définir de manière précise :
 le nombre de personnes concernées par l’opération retour
 le nombre de personnes concernées par les programmes de réinsertion
 les destinations des contingents de candidats au retour
 la planification logistique du retour
 l’identification, la planification et la gestion des projets et programmes de réinsertion des victimes. Les candidats au retour organisé déjà identifiés devront être répartis selon un plan de retour précis et cohérent. Les défis organisationnels et logistiques sont de taille :
 Programmation précise des départs des zones d’accueil vers les zones d’installation
 Mise en place des moyens d’assistance d’urgence (tentes, eau potable, couverture sanitaire, rations alimentaires, etc.).
 Harmonisation et synchronisation des mouvements de retour, des commissions d’accueil et des comités de gestion des sites et lieux de réinstallation.
 L’enclenchement dans les meilleurs délais des projets et programmes de réinsertion’. 

(lire le texte en intégralité sur le site de l’UFP)

Source : La Tribune N°359




Boubacar Ould Messaoud, président de SOS-Esclaves, à La Tribune

24072007

Boubacar Ould Messaoud, président de SOS-Esclaves, à La Tribune :

«Pour lutter efficacement contre la persistance de pratiques de l’esclavage et ses séquelles cette loi a manqué jusqu’ici à l’arsenal juridique du pays»

 

 

La Tribune : Une Loi sur la criminalisation de l’esclavage passe bientôt devant le parlement. Considérez-vous que c’est le couronnement d’un combat ?

Boubacar Ould Messaoud : Une Loi criminalisant l’esclavage revêt une importance capitale dans la lutte contre la persistance de pratiques esclavagistes. Encore faut- il qu’elle soit opérationnelle pour rompre avec les actes qui l’ont précédée telle que l’ordonnance d’abolition du 9 novembre 1981 qui est restée jusqu’ici lettre morte. Pour lutter efficacement contre la persistance de pratiques de l’esclavage et ses séquelles cette loi a manqué jusqu’ici à l’arsenal juridique du pays. Les antiesclavagistes mauritaniens à travers les partis politiques,  les organisations de la société civile et les personnalités indépendantes demandent une loi caractérisant et criminalisant l’esclavage depuis plusieurs décennies. Une Loi, même la meilleure du monde, ne suffit pas pour éradiquer un phénomène de société dont les origines remontent à la nuit des temps. Elle requiert des mesures d’accompagnement aptes à promouvoir les victimes du phénomène et à instaurer la justice sociale. Ceci dit la loi est un acte majeur incontournable et en ce sens c’est pour moi un couronnement.

 

La Tribune : Que rapprochez-vous à ce projet ?

Boubacar Ould Messaoud : Je trouve dans ce projet de loi du gouvernement a beaucoup de lacunes. L’exposé des motifs ne mentionne pas les autres pratiques analogues à l’esclavage. Son titre devrait être libellé comme suit : «Projet de loi portant incrimination et réprimant l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage.»

En fait
la Mauritanie est débitrice d’obligations positives d’application de deux conventions relatives à l’esclavage, celle de 1926 et celle de 1956. Elles contiennent respectivement les qualifications de l’esclavage et des pratiques analogues à l’esclavage ; L’absence de référence à la religion Islamique est dommageable car elle aurait armé, ou du moins réconforté les militants anti-esclavagistes ; aidé psychologiquement les victimes à se promouvoir et les maîtres à se conformer à la loi.

L’absence de renvoi aux expériences des autres Etats, à la charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, à

la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est également regrettable. C’est pour tout cela que des modifications substantielles de «l’exposé de motifs» sont requises.

Concernant les dispositions de la loi, pour éviter toute ambiguïté dans l’interprétation l’article 2 doit reprendre les termes exacts de la convention de 1926 relatives à l’esclavage : «L’esclavage est l’état ou condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux». Il faudrait y ajouter les dispositions prévues dans la convention supplémentaire de 1956.

L’esclavage est un crime contre l’humanité et ne pourrait en aucune manière être considéré comme un délit. L’intitule de chapitre 2 devrait être rédigé ainsi : «Chapitre deuxième : Du crime d’esclavage et des délits commis à l’encontre des victimes des pratiques esclavagistes».

Au niveau de l’article 3, il serait juste que la discrimination soit considérée sous toutes les formes quelles qu’en soient les victimes. A l’article 4. Les peines prévues pour cet article sont moins sévères que celles prévues par le code pénal pour des infractions moins graves que l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage qui sont pourtant constitutifs de crimes contre l’humanité. Cet article n’invoque ni la complicité, ni la récidive. Et la tentative y est punie de la moitié de la peine applicable à l’infraction commise.

Dans l’intitulé «Section deuxième : Des délits d’esclavage», la création de «délits d’esclavage» va a l’encontre des obligations de
la Mauritanie en vertu des conventions internationales qu’elle a ratifiées en la matière et qui, toutes, définissent l’esclavage comme un crime.

Un nouvel intitulé doit être attribué à la section 2. Soit : «Section deuxième : Des délits commis à l’encontre des personnes  victimes d’esclavage». A l’article 5, la notion de «prétendu» esclave est grave de conséquence. Elle constitue une négation de la qualité de victime. Il ne s’agit aucunement d’une qualification juridique. Et d’ailleurs le terme «prétendu» n’est à aucun moment utilisé dans le code pénal pour qualifier les victimes.

La qualification de «prétendu victimes» n’aurait jamais été adoptée dans ce code. Cette qualification sous-entend une inversion de la charge de la preuve en ce qu’il appartiendrait à la victime de prouver sa qualité.

La qualification de «prétendu» doit être supprimée et remplacée par «victimes de l’esclavage ou de pratiques analogue à l’esclavage». Ceci est valable pour tous les articles qui utilisent cette qualification.

Cette observation étant valable pour tous les articles qui utilisent cette qualification, au niveau de l’article 7, priver un enfant de l’accès à l’éducation ne doit pas être incriminé de la même manière que l’enlèvement d’un enfant : ces deux faits doivent être incriminés de manière distincte l’un de l’autre.

A l’article 9, relativement au mariage forcé, en se référent aux dispositions du Code du statut personnel, en l’absence du consentement le mariage est nul. Toutes relations sexuelles dans le cadre d’un tel mariage doivent être punies de la même manière que le viol.

En ce qui concerne l’article 15 le fait de pouvoir dénoncer les pratiques esclavagistes et d’assister les victimes ne répond pas à la demande des organisations de défense des droits  de l’Homme puisque ce sont des activités qu’elles exerçaient déjà. En revanche, il est indispensable que nos associations puissent se constituer  parties civiles et assister les victimes devant la justice.

 


La Tribune : «Séquelles», «Pratiques», cette guerre des mots a-t-elle un sens pour vous ?

Boubacar Ould Messaoud : Aujourd’hui plus que jamais chaque mot a son importance. Devant la justice chaque mot a un sens précis. Il se rapporte à faits précis. Entre esclavage et séquelles de l’esclavage, il y a une différence. Ce qui est juste, c’est que dans notre pays nous avons des personnes qui subissent l’esclavage et vivent dans des conditions serviles. Nous avons également des anciens esclaves qui se confrontent aux séquelles du phénomène à des degrés divers. Au niveau d’une loi, il est important que le crime d’esclavage soit bien caractérisé et que les pratiques esclavagistes soient définies avec précision. C’est primordial. Il y va de la crédibilité de la démarche et de la sincérité des engagements pris par le président de

la République. L’esclavage existe. Ses séquelles aussi. Dire que l’esclavage n’existe pas, c’est être de mauvaise foi et refuser délibérément de le combattre. Les séquelles doivent être traitées. Quant à la pratique elle-même, elle doit être réprimée. Notre objectif est que tous les deux soient éradiqués. Ceci doit être le but de tous les mauritaniens sans exclusive…

 


La Tribune : Ne craignez vous pas que cette image d’extrémiste vous colle encore plus ?

Boubacar Ould Messaoud : Je voudrais bien que vous puissiez me décrire cette image. Si être extrémiste c’est insister pour qu’il y ait plus d’équité et de justice sociale dans mon pays et vouloir que les torts soient reconnus, nommés tels quels, puis criminalisés, alors je crois que ceux qui pensent que je suis extrémiste peuvent continuer à avoir de tels raisonnements maladroits. Mais moi je suis un homme convaincu.  

 


La Tribune :
La Mauritanie d’aujourd’hui comporte quand même des notes d’espoir… Messaoud O. Boulkheir, president de l’Assemblée, loi incriminant l’esclavage, SOS-esclaves convié à tous les forums…. Qu’en pensez-vous?

Boubacar Ould Messaoud : Déjà l’on peut dire que l’espoir né au lendemain du 3 août avec le départ de Maaouiya n’a pas été déçu, Ely Ould Mohamed Vall a respecté ses engagements. Enfin comme vous le soulignez l’élection de Messaoud O/ Boulkheïr comme Président de l’assemblée Nationale et la présence de SOS-Esclaves avec d’autres à tous les forums d’importance ainsi que la constitution d’une commission pour le retour des déportés atteste bien de cela. Je pense que cette situation devrait être le gage de la promulgation d’une Loi apte à incriminer et réprimer l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage

C’est  bien un engagement et l’expression de la volonté politique de résoudre le problème de la pleine citoyenneté et de la  justice sociale dans le pays déclaré par les principaux candidats aux élections présidentielles. Il a été confirmé solennellement par Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi dans son dernier discours à
la Nation après son élection à la présidence de
la République.

Propos recueillis par MFO

Source: La Tribune  N° 359 




Coup de plume

24072007

Pourquoi pas une fatwa ?

Par Kissima Diagana 

 

Il est difficile, voire impossible de débarrasser une société de ses coutumes rétrogrades… 

L’islam, lui-même, a ménagé les arabes  sur beaucoup de pratiques qui prévalaient dans la « jahiliyya » ou période antéislamique. L’esclavage en fait partie. Sa prise en charge par les textes sacrés quant aux questions juridiques donne un prétexte à ceux qui tiennent encore à perpétuer pareille ignominie… 

Non seulement, ceux-ci s’emploient à récuser que l’esclavage existe, mais en privé ils dégainent des arguments tirés du texte sacré pour banaliser le caractère inhumain de la pratique. Il s’en trouve qui disent que n’est esclave que le prisonnier de guerre qui ne s’est pas converti à l’islam. Curieux argument, alors ! 

La « kaffara », qui est un moyen de se laver de certaines fautes commises, prévoit pour le pécheur musulman d’accorder la liberté à un esclave encore faut-il qu’il en dispose. C’est la fameuse « tahrirou raqaba »…et c’est le premier degré d’expiation de certains péchés. Les degrés suivants sont le jeûne de deux mois successifs ou la nourriture de soixante miséreux… 

L’héritage, tel que prévu par la loi islamique, du moins tel que pratiqué dans les communautés musulmanes, inscrit l’esclave dans les biens légués. Sans compter que la période de viduité qu’une femme ‘esclave’ observe après le décès de son conjoint est deux fois moins longue que celle observée par une femme ‘noble’ se trouvant dans une situation similaire…Histoire, prétexte-t-on, de permettre à la pauvre esclave de retourner au service de ‘ses propriétaires’… 

Dans la loi de talion également, on trouve des conditions d’équivalence sociales…On ne parle pas du sacrilège qui entoure le type de relations que doivent entretenir les hommes et les femmes musulmans. Qu’en est-il du reste du type de relations intimes qu’un maître peut avoir avec une esclave (concubinage licite!) ou la fameuse « milkoul yamiin » ? 

Il y a donc autant d’écueils qui se dressent devant les acteurs de la législations et pour lesquels ils ont intérêt à interpeller les dépositaires de la science islamique, c’est à dire les ulémas. 

Aujourd’hui, Sos-esclaves cherche à convaincre les parlementaires que le projet de loi sur l’esclavage doit tenir de certains amendements qu’il a apportés. Son combat sera difficile encore une fois. Mais encore faut-il qu’il parvienne à faire adhérer au souci d’équité une majorité de sénateurs et de députés. 

A voir les réticences des uns et des autres ainsi que l’absence de certains membres de la commission parlementaire qui doit examiner à l’assemblée le projet de loi sur l’esclavage, on peut avoir une idée de ce qui risque d’arriver…La loi sera certes un acquis, puisque ayant de fortes chances d’être adoptée. Mais de la à ce que les amendements d’une structure externe au parlement soient défendus devant une nébuleuse de députés pas forcéments convaincus de l’opportunité d’une telle loi, il y a un grand pas qu’il faut franchir. Si ce n’est la mer à traverser. 

Alors, ce dont nous avons besoin, aujourd’hui, c’est une fatwa courageuse qui débarrasse tous les mauritaniens du complexe de l’esclavagisme. La constitution et toutes les lois qui passeront devant le parlement resteront impuissantes à protéger les esclaves… et même beaucoup d’autres victimes de pratiques discriminatoires… 

kissimousman@yahoo.fr 

 

 




De A à Z Par Tabane

24072007

 

 

M comme Montre. M comme Maire ; Qu’est-ce qu’une montre  a à voir avec un maire ? Rien du tout, penseront certains. Mais c’est bien parce qu’ils ne font pas preuve de beaucoup d’imagination en matière d’association d’idées. Par association d’idées on peut facilement concilier tout ce qu’on veut : un maire et une charrette, un maire à la mer –sans qu’il soit question de jeter les maires inutiles à la mer -, un maire et une montre. Au fait une montre qu’est-ce que c’est ? C’est un petit machin qui donne l’heure. Les Suisses sont spécialistes dans la fabrication de ces objets. La montre c’est le petit frère de l’horloge et de la pendule. C’est la même famille en tout cas. Notre montre d’aujourd’hui est le prétexte pour signaler autre chose.

A Nouakchott comme dans toutes les villes de Mauritanie, j’ai remarqué qu’il n’y a pas d’horloges. Quand vous êtes en ville impossible de savoir l’heure si vous n’avez pas de montre avec vous. Aucune horloge sur la façade d’aucun édifice. On aurait pu nous placer une horloge géante sur la façade est de l’un des minarets de la mosquée saoudienne par exemple. Une autre sur l’immeuble de la BMCI, et une autre à l’immeuble Khaïma.

Il y a tellement d’endroits qui peuvent accueillir des horloges géantes qui indiqueraient l’heure aux passants, aux promeneurs, au touristes, aux mendiants et autres enfants de la rue. Cela permettra à chacun de savoir – à toute heure -- quelle heure il est. Et avec ça, il y aura peut-être moins de retard.

Mais le maire dans tout ça ? C’est justement lui qui devait prendre en charge tout ça. Il devait constituer un ‘parc’ d’horloges municipales qui sera confié à un employé qualifié. Dans la plupart des grandes villes d’Europe comme à Paris, on trouve des horloges presque partout. Et il y a des gens qui s’en occupent. Parce que les horloges, il ne faut pas les laisser seules, il faut les entretenir, les démonter de temps à autre, les remonter, les nettoyer, les régler…

M. Le Maire, mettez nous des horloges géantes sur les façades des édifices publics. En commençant par la CUN et les communes d’arrondissements.

Source /
La Tribune




Edito de La Tribune

24072007

Edito de

La Tribune Par Mohamed Fall O.  Oumère

 

 Des morceaux de Mauritanie. C’est ce que retrouve le voyageur peu pressé. Celui qui sait perdre le temps dans les rues de N’Darr, nom local de Saint-Louis. Celui qui parle aux gens, furtifs compagnons d’un moment sur les routes qui mènent à l’un ou l’autre côté de
la Vallée ‘sénégalaise’. 

Dans le cimetière de N’Dar, gît entre autres noms illustres, Lemhaba Ould Taleb Imigine. Un érudit du milieu du 20ème siècle dont le portrait est fait dans le magnifique écrit de Gabriel Ferral (ma demeure fut l’horizon). Ouvrage où cet administrateur colonial raconte son aventure mauritanienne. Quelque part sur cette petite côte est née l’idée de la Mauritanie moderne. C’est ici que l’espace qui deviendra la Mauritanie, s’ouvrira à la modernité venue du sud. La rencontre entre des mondes qui sauront se compléter au lieu de s’affronter. Pour s’enrichir les uns les autres. 

D’Occident, viendront tous les marchands, métisses, européens, d’Orient viendront les syro-libanais (shwam), de l’hinterland viendront Bidhânes et négro-africains. C’est cette culture qui donnera ‘Ould Ebnou el Moghdad’, personnage mythique de tout l’espace maure malgré son appartenance Wolof et Toucouleur. Doudou Seck deviendra Ould Ebnou el Moghdad et sera ce poète émérite dont les poèmes sont repris pour meubler les nuits ‘blanches’ dans ce désert fait de poésie et de romanes jamais racontées. C’est bien lui l’auteur de : 

‘yakta’ biik nta yashaytâne/madhâlak ‘ayidli wahla 

Shiddawr ivshaybâni sudân/mâyitmallak zaghba kahla’ 

(soit maudit toi Satan/depuis le temps où tu me pièges 

Que veux-tu de ce vieux soudanais/qui n’a plus un cheveu noir’ 

C’est bien dans cette vieille bâtisse, aujourd’hui en ruine, que le même Ould Ebnou el Moghdad, avait l’habitude de recevoir princes, dignitaires et simples gens venus du fonds de la Mauritanie. C’est ici que des joutes poétiques l’opposeront aux Emirs Abderrahmane Ould Soueid’Ahmed, Sid’Ahmed Ould Ahmed Aïda, Ahmed Salem I… C’est ici qu’il recueillera les actes de sa ‘sacralisation’ par tout un peuple. 

‘Saalt ehl Mohamd Lehbib’ n’existe plus. Tout l’espace ‘mauritanien’ de Saint-Louis est tombé dans l’oubli. Pourtant dans les couloirs des hôtels, il y a toujours un rebus de cette Mauritanie. Ici des photos accrochées : celle de Mohamd Lehbib, Emir du Trarza et de sa femme Djiombet, reine du Walo, celle des princesses, des marabouts, commerçants, artisans… Des photos de l’époque qui donnent idée de la forte présence d’antan. 

Sur la route vers Dodel, on est frappé par la présence de l’Arabe. Sur les pancartes. Après tout c’est la langue de l’Islam et c’est bien cette religion qui unit tout la région. 

‘El Qouds Cherif’, c’est le nom d’un village. Bâti sur le lieu où un vénérable chef religieux mauritanien a trouvé la mort. 

Quand on arrive à Dagana, ma première préoccupation est de retrouver la tombe de Mohamed Ould Ebnou Ould Hmeida, génie du début du siècle dernier. Personne ne ait où elle est. Quand il est mort en 1952, il faisait nuit. Ceux qui ont participé à l’enterrement ne sont plus. Personne ne s’est occupé depuis de cette tombe. Pas même la trentaine de ministres de la culture qui se sont succédés depuis l’indépendance. Pourtant ils n’avaient rien à faire. 

Elimane Bocar, El Haj Oumar, Samba Guéladiogui, Koli Tengalla, Ba Bocar Ciré… les noms sont les mêmes… L’Histoire est la même. Le rayonnement de part et d’autre de la frontière. L’empreinte. La présence du souvenir. 

Qu’avons-nous fait de ces siècles de rêveries communes ? Qu’avons-nous fait de cet enracinement séculaire ? de cette richesse intarissable ? L’a-t-on dilapidée en quelques jours ? Comment a-t-on pu faire ? Comment a-t-on laissé faire ? 

Décidément, ils sont tristes, ces jours d’avril 1989. Nous sommes malheureux pour devoir regarder l’Histoire se faire recouvrir inexorablement d’un linceul de sable, et voir coupé le cordon ombilical qui nourrissait de sa sève nos corps chétifs. 

 


La Tribune n°359 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

24072007

Le stress, le suicide, la famille et la confiance…

Comment peut-on profiter de la vie sans pour autant négliger le côté spirituel ? Certains me diront commence ta journée par une prière et termine la par une autre, sois en paix avec toi et ainsi va la vie, il y aura toujours le stress, il y aura toujours des gens qui dérangent. Comment peut-on alors éviter le stress ? Exploitons-le. Arguments scientifiques : évitez la constipation (elle rend les gens nerveux, scientifiquement prouvé), commencez la journée par un verre d’eau et mangez des chocolats (le chocolat agit sur le cœur en luttant contre le stress), l’eau atténue la constipation (n’oubliez pas de brosser vos dents) n’évitez pas de déverser vos larmes en cas de besoin (une telle pratique rend les cellules plus actives en provocant leur rajeunissement). En fait, ne dissimulez pas vos émotions si quelqu’un les utilisent contre vous, il faut chercher la faille dans la délicatesse du comportement humain. Un tel comportement n’est pas si facile dans des pays comme le nôtre. Notre société a son propre code, elle a également ses spécificités, ses exigences. Il semblerait, par ailleurs, que certains Imams ont été exposés à un déséquilibre psychique les poussant à favoriser le suicide. Mais ces derniers après avoir sollicité un retour à l’état normal, ont renoncé à une telle pratique. D’autres simples citoyens moins chanceux se sont suicidés. Ils avaient juste un déséquilibre psychique aggravé par le regard social. (Ces cas restent heureusement rares chez nous). Essayons d’être modérés. La fragilité peut dans certaines circonstances être transformées en force. Prenons, cependant, le cas d’une jeune fille possessive avec qui je correspondais. Celle-ci m’avait informé implicitement qu’elle cherchait le bonheur à travers une relation amoureuse qui se termine par un mariage. Elle a fini par m’avouer qu’elle a trouvé l’homme de sa vie. Son futur époux sera-t-il parmi cette catégorie d’hommes qui visent d’autres femmes et qui courent toujours derrière la recherche de la stabilité. Interprétation de fait : la domination des femmes, le côté mécanique de la relation, le désir entre autres ne permettent pas la pérennité conjugale. Les charges financières en sont une explication du dysfonctionnement au sein de certains foyers. Ces charges peuvent surpasser la petite cellule familiale. Elles se manifestent à travers les besoins de la femme, de sa famille, de sa tribu, de ses amis, etc. Répercussions sociales : un fort taux de divorce, des enfants mal encadrés, des détournements de fonds publics, des vols et une crise de confiance. En effet, l’amour tel qu’il est ne reflète pas une conception originale du bonheur, car celui-ci réside dans l’harmonie cœur -esprit sous l’égide de la vérité. De quelle vérité s’agit-il ? Laissons la question ouverte. Pour maîtriser l’immaîtrisable, c’est-à-dire le stress la formule se trouve dans des formes d’équilibre plus au moins acceptables. La prière est un régulateur indispensable dans notre religion. Mais l’équilibre qui échappe malheureusement à beaucoup d’entre nous, réside dans le fait d’aimer à soi- même ce que nous aimons aux autres. C’est ainsi qu’on trouve le cœur de la religion (la paix avec soi même et la prospérité sociale). Supposons, dans un autre côté, que la femme est le centre de la relation humaine. Car elle est la mère, la sœur et l’épouse. Cette mère exerce dès la première enfance une influence incontestable sur l’avenir de son enfant. Ainsi, dans une dimension plus large forme-t-elle un élément incontestable constructif ou destructif agissant sur la cellule familiale, voire la société toute entière. Comme que l’expérience humaine est partagée par d’autres êtres humains par un consensus, nous pouvons mettre en exergue l’expérience de la journaliste américaine Amy Sutherland. Celle-ci s’inspirait des dresseurs des animaux pour résoudre ses problèmes conjugaux. Elle résumait sa méthode dans un article publié dans la rubrique Moderne Love du New York Times : « la leçon centrale que j’ai apprise de ces dresseurs est que je dois récompenser les comportements qui me plaisaient et ignorer ceux que je n’aime pas (…) Avec scott, mon mari, je me suis mise à le féliciter systématiquement pour chacun de ses effort (…) Je ne connais pas un seul homme que cela froisse d’être comparé à un tigre. Ce que nous apprennent ces dresseurs c’est qu’il ne faut jamais dominer mais accompagner. Flatter, récompenser, cajoler », explique t-elle. Chez une catégorie de la société mauritanienne, c’est un peu le contraire, il faut les abattre (les hommes excusez moi les animaux) une fois furieux la conséquence peut s’avérer dans certaines mesures graves. En principe, l’Homme, c’est-à-dire les êtres humains s’organisent par une interactivité guidée par la confiance. Celle-ci est indispensable pour toute éducation. Partant, et comme le disait l’Imam Ali, l’homme sincère est gagnant sur plusieurs plans.




Chantage sous base parentale

25072007

 

  

Un très proche parent du Président de la République vient de faire le chantage pour la troisième fois. Cette fois-ci, comme les deux fois précédentes, à un ministre hautement considérable. Réussira-t-il à en cueillir des fruits ? 

Il s’appelle MLOD. Il essaie de tirer profit de sa parenté avec le Président de la République. Pourtant, depuis quelques mois seulement, et alors que sa famille s’était entièrement alliée au «fils, Sidi », MLOD lui, avait choisi le camp d’Ahmed Ould Daddah. 

MLOD, le très proche parent du Président, s’était présenté, depuis quelques semaines, en tant que tel, à l’un des ministres les plus sérieux. Il avait sollicité la direction d’un projet très ‘juteux’, entendez au budget considérable. Il l’aurait même menacé implicitement. Mais vainement. Ensuite, il joue le même jeu avec un autre ministre. Il lui demande de lui confier le commandement d’un établissement public supérieur. Un établissement qui joue un rôle crucial dans le développement de notre pays. Mais les menaces tacites ne l’ont pas fait trembler. 

Récemment, MLOD s’est adressé à un troisième ministre. Apparemment, ce dernier est prêt à le satisfaire. Mais, selon des sources dignes de foi, il se trouve angoissé. Car, d’une part, l’établissement, dont MLOD demande la direction, exige un homme qui maîtrise les ficelles du métier et qui en connaît les tenants et les aboutissants. Ce qui n’est pas le cas pour lui. D’autre part, ledit établissement est confié par intérim, depuis que son directeur a été affecté à un autre poste, à un de ses plus brillants cadres. Et le personnel du ministère ainsi qu’un bon nombre d’observateurs du département, attendent qu’il soit maintenu dans ce poste. D’autant plus qu’il accumule quinze ans d’expérience dans ledit établissement. Dont dix dans la direction. 

La nomination du directeur de cet établissement est attendue durant la semaine courante. Reste à savoir si Monsieur le ministre va recourir à « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » ou bien s’il va choisir pour des « raisons que la Raison ignore ». Wait and see. 

 

Mechri Ould Rabbany. 




Les ravages de la bonne foi

31072007

Les ravages de la bonne foi

 

Par Ahmedou Ould Ghallawi

Cadre dans le privé

DG de
la SOMESPA, Nouadhibou

 

Note de La Tribune : Nous avons demandé à plusieurs opérateurs économiques privés de nous faire le bilan des 100 jours du nouveau régime. L’idée était de faire parler une catégorie qui n’a pas souvent le temps de le faire. Le courage a manqué.

Ahmedou Ould Ghallawi a cru que le champ ouvert par la liberté d’expression doit être investi. Le produit est là.

 

Avec l’élection du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, les Mauritaniens ont ouvert une nouvelle page de l’histoire de notre pays. En effet, la réussite du processus électorale a témoigné du haut degré de civisme et de conscience politique de nos citoyens. Enfin, le rêve de l’alternance démocratique au pouvoir devient une réalité dans ces contrées désertiques où les mirages ont depuis longtemps cessé de tromper les Hommes.

Sur le fond, la campagne électorale traita sans complexe de tous les thèmes majeurs de la vie

Nationale, allant de la question de l’esclavage à celle de déportés et du passif humanitaire. Une virginité nouvelle enveloppa l’image du pays lui offrant ainsi une opportunité historique qui ne se répète que très rarement dans la vie d’une nation.

Des nouveaux dirigeants élus, on s’attendait alors à la meilleure exploitation de cette «image-ressource» en vue de relever les défis qui se posaient et d’affirmer avec une nette visibilité un style de gestion qui tranche avec le passé. Mais à la surprise de bons nombres d’observateurs, la dynamique de restauration de l’image subira, dès le lendemain de l’investiture, une avalanche de coups.

La première, et la plus dure, viendra «du Chef de l’opposition démocratique» qui déclara sur toutes les antennes mondiales que l’élection en Mauritanie n’était qu’une mascarade. Ou presque.

Il fut talonné de près par les insistantes affirmations du Premier Ministre sur les déficits budgétaires, qui, même si elles étaient fondées, n’en sont pas moins intempestives.

Quelques jours après, le Directeur Général de
la SMH ne trouva pas mieux que de dire qu’à l’origine les prévisions sur les potentialités pétrolières étaient exagérées.

Il ne manquait plus à ce sombre tableau que l’appel à l’aide international d’urgence, le scandale de la drogue et les pénuries d’eau et… d’électricité pour s’assombrir d’avantage.

Même si d’évidence ces déclarations ne participaient pas d’une action de sape concertée, elles révèlent une mentalité chez nos responsables, mentalité qui n’a que peu compris à l’époque actuelle toute axée sur l’attractivité de l’image des nations ; l’acquis démocratique, la promesse pétrolière, le satisfecit des institutions internationales appartiennent à tous les Mauritaniens et peuvent être considérés comme des actifs qu’aucun dirigeant, même de bonne foi, n’a le droit de remettre en cause. Car dans ces domaines, la bonne foi s’avère parfois ravageuse.

Mais par delà ce constat, quelles sont les pistes de réflexions qu’on peut envisager pour renforcer le nouveau socle Mauritanien ?

Je m’empresserais ici de m’excuser auprès des spécialistes qui comprendront que tous les sujets abordés ci-dessous le seront sous un regard empirique c’est-à-dire celui du bon sens et de l’expérience les plus communs. Toutes choses qui, à mon sens, font cruellement défaut à notre classe dirigeante.

Commençons par ce qui consolide l’image extérieure :

Une réflexion doit être menée à la lumière des transformations du système internationale et de ses nouvelles thématiques. Il faut développer une vision et une analyse qui, tout en intégrant les priorités bilatérales classiques, leur ajoute un rôle dans ce que l’on appelle les «grands enjeux transversaux».

Dans cette optique, l’environnement, thème majeur par excellence, servira à trouver des financements pour lutter contre la désertification et à soutenir le négociateurs Mauritaniens soucieux de limiter l’effort de pêche dans le cadre des accords UE-Mauritanie. L’établissement de contact avec les groupes parlementaires et ONG travaillant dans les domaines de l’écologie sera profitable.

Au plan régional il faut renforcer la spécificité Mauritanienne de double appartenance au Maghreb et à l’Afrique Sud Saharienne.

Les centaines de camions qui traversent
la Mauritanie chaque semaine reliant le Maghreb à l’Afrique Sub-Saharienne créent, à chaque instant de leur passage, des réalités irréversibles qui doivent être étudiées par le département des affaires étrangères.

A une époque donnée, la diplomatie Mauritanienne pouvait se prévaloir d’une certaine expertise dans les affaires régionales, aujourd’hui le développement d’une capacité de propositions serait bénéfique au lieu du statu quo.

Enfin, il est à noter ici qu’il est regrettable pour un pays déclaré minier et presque pétrolier, spécialités éminemment anglo-saxonnes, de surcroît à la recherche de financements internationaux, de fermer simultanément les ambassades de Londres et d’Ottawa.

Aussi, la meilleure façon de restaurer l’image réside-t-elle dans le rétablissement de la santé économique du pays. Mais nous constaterons aussitôt, que les schémas traditionnels recourant aux budgets publics, aux emprunts auprès des institutions internationales ou à l’aide bilatérale pour financer le développement ont montré leurs limites. Et qu’il est impératif désormais d’associer sans hésitation et de manière massive le secteur privé national et international afin de satisfaire le besoin de financements.

Même si, à un moment, l’absence dans le discours d’investiture du Président de
la République les mots ‘investissements’ ou ‘investisseurs’ a alerté certains, la création de la délégation pour la promotion des investissements a dissipé cette crainte. Du moins temporairement.

Au retour de la délégation Présidentielle du Koweit, certains ont remarqué qu’elle était revenue les mains vides, l’on est tenté de dire que c’est au départ qu’elle avait les mains vides. Autrement dit, il faut que les pouvoirs publics établissent une liste de besoins en infrastructures tant pour rattraper les retards du pays et les besoins des populations que pour offrir une plate-forme capable d’attirer l’investissement.

Les choix se portent en général sur des projets qui ont pour vocation de structurer l’espace autant que l’économie d’où leur nom de ‘projets structurants’. Outre le fait qu’ils équipent le pays, ils exercent un effet de levier sur l’économie grâce aux emplois créés, aux revenus fiscaux générés, en plus de leur rentabilité propre. Si bien qu’un lien d’interdépendance est établi entre l’accélération de la croissance, le renforcement de l’investissement et la réalisation des infrastructures.

Un cadre informel de réflexion et de proposition stratégique doit être mis en place le plus tôt possible pour présenter aux investisseurs les grands chantiers prioritaires susceptibles de transformer le pays et de lui assurer un bond en avant. L’aspect informel lui confèrera une plus grande participation car l’efficacité passe aussi par l’ouverture des processus décisionnels à une expertise extérieure à l’administration. Il fournira ainsi à la délégation de la promotion des investissements la matière nécessaire à son  travail de mobilisation des ressources.

L’ancien Ministre de l’Economie et du Plan du gouvernement de transition a de mon point de vue les compétences et surtout l’humilité nécessaires pour diriger ces travaux.

Bien que l’intervention du secteur privé dans les projets est un phénomène général, je citerai ici les exemples de deux pays que je trouve intéressant à plus d’un titre. D’abord parce qu’ils sont nos voisins immédiats, ensuite leurs gouvernants sont dans des logiques de successions politiques, enfin parce que dans certains domaines leurs économies peuvent entrer en concurrence avec la nôtre ; il s’agit du Maroc et du Sénégal.

La recette trouvée par les nouveaux dirigeants de ces pays est le lancement de grands projets d’infrastructures autour desquels on ne rate jamais l’occasion de faire des tapages médiatiques et de fêter des points d’étapes. Car ce sont là aussi les meilleurs moyens pour les nouveaux dirigeants de renforcer leur légitimité et accroître leur popularité. Au Maroc, l’arrivée des capitaux privés internationaux, notamment Arabe, à désinhibé le capital national, un moment grincheux vis-à-vis du nouveau Pouvoir.

Au bonheur de ces pays la liste des investissements est très longue.

Cependant, je retiendrais les deux grands projets construits sur les façades maritimes des ces pays parce qu’ils ont un impact direct sur la nôtre.

Je ne peux ici m’empêcher d’évoquer l’émotion et l’admiration qui m’ont saisi en écoutant l’érudit Mohamed Ould MAOULOUD raconter dans l’émission ‘Regard sur le passé’ comment, à travers un fait à priori banal (retard de livraisons à Kiffa pour raison de grève des cheminots des chemins de fer du Sénégal), il établit un rapport sur la nécessité de s’ouvrir sur la façade maritime. Ce soir-là, l’émission ne mérita pas son nom parce qu’on était en pleine actualité.

Cette nécessité est d’autant plus impérieuse que le port de Dakar vient d’être pris en concession BOT par Dubaï World Port et que le Maroc inaugure ces jours-ci le mega-projet de Tanger-med.

Sachant que les deux grands ports occupent chacun une situation géographique centrale sur les principales routes maritimes on ne peut que constater l’obsolescence des infrastructures portières Mauritaniennes.

L’évolution des transports transocéaniques va encore aggraver la situation : la mise en service de porte-conteneurs géants (méga carriers) concentrera les livraisons et les enlèvements vers un nombre de plus en plus réduits de port d’éclatement ou de transbordement (hubs) dont il ne subsistera sans doute à terme qu’un nombre limité. D’où l’urgence de la construction d’un port selon les standards internationaux afin de pérenniser le branchement du pays sur les flux  transocéaniques.

Par ailleurs, le fonctionnement en vase clos de certains secteurs clés de l’économie nationale ont eu pour conséquence la perte d’opportunités extraordinaires pour le pays.

Le secteur minier est à cet égard emblématique : le manque d’anticipation de ces dirigeants est entrain de lui faire perdre l’occasion de profiter pleinement de la demande actuelle.

Ce sont les besoins en fer de la reconstruction de l’Europe qui ont fait naître
la MIFERMA. Il fallait donc, par la recherche très tôt de partenariat stratégique, profiter au maximum de la bulle sur les marchés du fer de susciter par la croissance Chinoise qui n’est pas éternelle.

Dans moins de trois ans, les Gisements riches (67 %) de Simandou en Guinée Conakry et ceux de
la Falémé au Sénégal commenceront par des quantités d’exportations au moins deux fois supérieures aux nôtres.

Un grand retard a été pris sur le plan technique et on soupçonne aujourd’hui que plusieurs années d’exportations de minerais riches ont été abandonnés sur le site de Tazadite par incapacité d’optimisation de méthodes d’extractions. Il faut compter en plus que sur le plan écologique et de la santé publique, les coûts sont très élevés pour
la Mauritanie.

J’ai concentré ces remarques sur ce qui est considéré comme étant la vitrine du bon management dans notre pays, pour vous épargner le gâchis permanent dans les autres secteurs, notamment des pêches et de l’agriculture.

Il y a quelques années, ce cri du cœur aurait été une vaine tentative de raisonner un régime à bout de souffle, l’espoir est permis aujourd’hui qu’il sera entendu. Le souci étant de participer à cette phase de refondation de l’Etat Mauritanien.

 

AOG

 

Source :

La Tribune N° 360

                       




Le Président sort de sa réserve

31072007

Politique : 

Le Président sort de sa réserve 

 

Sans précédent ! Un Président qui s’adresse au peuple par les moyens d’une interview à la télévision nationale, du jamais vu dans notre pays. 

Sidi Ould Cheikh Abdallahi continue à imposer son rythme et sa conception du pouvoir. Rien à voir avec l’homme annoncé : sans envergure, sans volonté, sans force, sans vision… 

Au contraire. 

 

C’est sans doute la forme qui offre l’occasion de critiques. Pourquoi avoir choisi TVM ? D’un point de vue de l’envergure, la radio aurait été plus indiquée. Pourquoi le choix de TVM s’est porté sur Taqiyu Llah Led’hem pour faire cette première interview ? Pourquoi était-il habillé tout en blanc ? Il est vrai que cela faisait encore mieux ressortir l’austérité du Président en boubou ‘simple’ (sans couture extravagante) et longues manches avec manchettes. Un mot du décor : quand on veut parler de pénurie d’eau et de pâturages, il n’est pas indiqué de prendre les jardins de la présidence comme cadre. Cela suscite ‘le mauvais œil’. Au moins. 

Par contre l’idée est excellente. Le Président de la République avait besoin de parler dans un média national. Pour s’expliquer sur certaines questions. N’est-ce pas lui qui subit ces jours-ci de multiples critiques venant même de son camp. L’occasion des 100 jours étant un prétexte pour les uns et les autres pour dresser les pires bilans de cet exercice. Alors cette sortie est d’abord un plaidoyer pro domo, une sorte d’exercice de franchise visant d’abord à rétablir une vérité sur un bilan, ensuite à introduire une touche nouvelle dans la relation entre le pouvoir et les populations dont il est l’émanation. 

Depuis son arrivée au pouvoir, Ould Cheikh Abdallahi a voulu imposer un style et surtout un rythme. Le retard pris dans la composition du gouvernement et l’incapacité des ‘chasseurs’ d’informations à percer le mystère, a été le premier acte de l’avènement du ‘style Cheikh Abdallahi’. Puis vint la prière du vendredi au milieu des foules de la Mosquée centrale. Puis les sorties ‘inopinées’ vers les hôpitaux, ici pour la visite d’un parent, là pour voir. Cela continue aujourd’hui avec l’invitation à dîner d’un ‘groupe d’habitants de Nouakchott’, c’est la seule indication que nous avons. Probablement des anonymes qui n’ont jamais eu accès à la présidence. L’appel à la ‘salaatu il istisqa’, prière collective faites d’incantations pour demander la pluie, est une autre étape de ce style de gouvernement. Cela correspond à peu près au retour de la piété comme valeur commune de ce peuple. 

Le Président Ould Cheikh Abdallahi passe à la vitesse supérieure en s’exprimant en toute franchise sur l’ensemble des problèmes du pays. Suivons-le. 

Il rappelle immédiatement, en terme de bilan, que son programme «s’articulait principalement autour de deux axes : la consolidation de l’unité nationale et l’édification de l’Etat de droit». Pour le premier axe, deux points méritaient une attention particulière et une action urgente. 

D’abord la question des réfugiés. «L’engagement contenu dans le programme était que, dès mon accession au pouvoir, j’allais initier des mesures pratiques pour leur permettre un retour digne dans leur pays et leur assurer des conditions de vie décentes.» Il rappellera que le sujet occupera une place centrale «lors du débat avec mon frère, le Président Ahmed Ould Daddah». Le discours du 29 juin «n’était rien d’autre que le démarrage effectif de ce projet que nous attendions tous et dont on savait qu’il devait voir le jour dans les meilleurs délais». Il n’y avait certes pas «beaucoup de détails parce qu’il fallait laisser à tous les citoyens la possibilité de se prononcer et de discuter et au comité interministériel l’opportunité de recueillir les avis et contributions de tous les acteurs : partis politiques, parlementaires, société civile, personnalités et les réfugiés eux-mêmes». Tout cela pour aboutir «à une solution qui soit la plus opportune». Pour avoir le plus large consensus possible sur la question. 

Le deuxième point de la question concerne l’esclavage dont la pratique sera incriminée au terme d’une loi qui doit passer devant le gouvernement. 

«Pour ce qui est de l’édification d’un Etat de droit tirant sa force de la primauté de la loi, je voudrais évoquer les actions qui ont été menées». Séparation du pouvoir, respect des lois, responsabilisation du gouvernement désormais comptable de ses actes, rénovtion de l’administration par une meilleure gestion des carrières. «Nous avons voulu lui imprimer un style nouveau qui prend en compte la compétence et le dévouement des fonctionnaires pour l’accomplissement des tâches qui leur sont dévolues». Faire en sorte que «notre administration ne soit plus régie par des dosages, calculs ou équilibres tribalistes et régionalistes qui nous font oublier l’essentiel». 

«A ma connaissance, aucun citoyen ne peut aujourd’hui faire l’objet d’injustice de la part d’une autorité qui l’empêcherait d’entreprendre une action dans les limites de la loi ou d’exprimer une opinion de la manière qu’il veut». Quelques ‘déceptions’ cependant. Notamment sur l’exercice de la liberté d’expression. Pour le Président, le rôle de la presse est d’éclairer «sur la réalité qui est parfois têtue, sur ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, sur les droits mais aussi les devoirs» du citoyen. «Je pense que sur ce dernier point, les organes d’information n’ont pas suffisamment joué leur rôle». Et de dénoncer «certains propos lorsqu’ils sont dénigrants, diffamatoires ou totalement mensongers». Circonstance aggravante : «on ne peut, en aucune manière, trouver en quoi ces propos servent l’intérêt général». Et le Président de reconnaître que des pressions ont été exercées sur lui et qu’il a finalement «préféré faire la sourde oreille», parce qu’il préfère «malgré tout une liberté même exagérée à une restriction de la liberté». Au-delà du fait de reconnaître que le Président, autorité suprême, subit des pressions, la raison de l’exaspération du Président est claire. C’est avec un grand amateurisme que la presse écrite, dans ce qu’elle a de moins représentatif, se déchaîne ces derniers temps contre le nouveau pouvoir. Les mêmes metteurs en scène de ce déchaînement avaient réussi à faire peur aux autorités de transition, les amenant à les prendre en compte. La présence de médiocrités aux côtés du Président et l’inconsistance de l’administration de tutelle, avaient fini par permettre à la mauvaise graine de l’emporter. Les insuffisances actuelles sont le fruit de la mauvaise gestion du secteur par un ministre qui ne sait pas encore par quel bout tirer le diable et de l’absence d’une vision claire de la part des hautes autorités. 

Autre sujet d’amertume, le dialogue avec l’opposition et la perception que celle-ci en a : «J’ai été surpris de constater par la suite que les seules informations qui ont filtré de ces entretiens (avec l’opposition) laissaient entendre que j’étais enfermé dans une tour d’ivoire, totalement déconnecté de la réalité et que mes visiteurs m’avaient informé et révélé qu’il y a des populations, dans ce pays, qui se trouvent confrontées à des difficultés de tous ordres». Il va quand même louer la dernière rencontre avec le chef de l’opposition : «une rencontre tout à fait positive et conforme à l’esprit qui doit prévaloir dans l’intérêt de notre pays». 

L’eau, l’électricité, la drogue… puis un retour sur les réfugiés pour dire que la ligne d’arrivée permettra de «tourner définitivement cette page douloureuse». Des problèmes qui sont là. Qui n’ont pas de solutions immédiates mais auxquels le gouvernement pense. 

«En ce qui concerne l’aliment de bétail, nos moyens ne nous ont pas permis d’apporter l’aide que nous voulions fournir mais il faut dire que l’Etat ne peut intervenir que dans les limites des moyens disponibles». Et de reconnaître toutes les difficultés du nouveau pouvoir : «Je veux enfin exprimer ma compassion sincère avec toutes les souffrances et mes profonds regrets pour l’incapacité de l’Etat à subvenir à certaine attentes». Aveu d’impuissance ou franchise désinvolte ? Les avis divergent. Ould Cheikh Abdallahi a préféré dire la vérité quoi qu’elle coûte. Cela nous rappelle qu’en 1964, Moktar Ould Daddah avait créé un ‘bouleversement’ en renonçant, unilatéralement, à la subvention budgétaire française. Le parallèle peut-il être fait ? Le résultat est en tout cas le même : appel à compter sur nos propres forces, nos ressources propres. Surtout que toute intervention intempestive de l’Etat ne peut être que sous forme de recours à la planche à billets. Un recours qui créerait des problèmes avec nos partenaires et hypothéquerait, encore une fois, notre économie. Un recours qui signifierait un retour en arrière par rapport aux engagements dans la rigueur de gestion. Nous venons de loin. Il faut se le rappeler. 

Par contre ce qu’il ne faut plus accepter, c’est que les sorties du Président ne soient pas suivies d’effets. Quand le Président est allé à l’hôpital national, il devait annoncer un nouvel investissement pour tel ou tel secteur de cette institution catastrophée. Quand il est allé au Sénégal, cela aurait dû être l’occasion de lancer la construction du pont entre les deux pays. Quand il a fait son adresse du 29 juin, un débat public devait suivre à TVM et Radio Mauritanie. Quand il est parti au Koweït, cela devait finir sur un retour en force de la coopération avec ce pays. Aujourd’hui, nous attendons que ce discours soit suivi d’un assainissement complet de la presse et de l’administration. Il faut enfin savoir que les ‘entrées’ de l’année passée (Woodside et Chinguitel) sont le fruit d’actes politiques et non du hasard. Initier et entreprendre. Ce devrait être la tâche du gouvernement. 

 

Ould Oumeïr 

 

Source :

La Tribune N° 360




Les réfugiés reviennent en octobre

31072007

Le Haut Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) a annoncé la semaine dernière le début de l’identification de quelque 20.000 déportés du Sénégal, en vue de leur rapatriement dès le mois d’octobre. Selon une dépêche de l’AFP citant Francis Kpatindé, porte parole du HCR pour l’Afrique de l’ouest, « le HCR entame la semaine prochaine un exercice d’identification et de profilage des réfugiés mauritaniens installés depuis 18 ans au Sénégal ». « L’exercice permettra de recueillir des informations plus précises sur les réfugiés, leurs régions d’origine et sur leurs réelles intentions avant le démarrage effectif, en octobre 2007, de l’opération de rapatriement volontaire », a expliqué M. Kpatindé, précisant que la coordination de cette enquête avait été confiée à l’ONG sénégalaise Office africain pour le développement et la coopération (OFADEC). Dans la perspective du rapatriement, le HCR travaille à l’élaboration du texte d’un accord tripartite (Sénégal/Mauritanie/HCR) « qui servira de base juridique » à l’opération, selon la même source. Cet accord, qui « devrait être signé en août », doit notamment faire état des garanties qui seront accordées aux candidats au retour comme la « reconnaissance pleine et entière de leur citoyenneté mauritanienne, le recouvrement par les intéressés de leurs biens spoliés, ou, à défaut, la nécessité d’une juste indemnisation, etc… », a précisé M. Kpatindé. Par ailleurs et toujours selon M. Kpatindé, la plupart des quelque 6.000 autres installés au Mali ont obtenu la nationalité malienne ou se sont intégrés localement, selon le HCR, qui ne prévoit pas de rapatriements en provenance du Mali. Le HCR estime que 14.000 réfugiés au Sénégal opteront pour la solution de rapatriement, dont le coût devrait avoisiner 1,5 million de dollars entre 2007 et décembre 2008, date prévue pour la fin des opérations.
Pendant ce temps, se poursuivent en Mauritanie, les sensibilisations et la mobilisation en vue de ce retour. C’est ainsi que le groupe « droits humains et bonne gouvernance » au sein du cyber forum de la société civile mauritanien a organisé jeudi dernier un colloque sur le rôle de la société civile dans le retour des réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali. Au cours de cette rencontre le cyber-forum a rendu public un communiqué dont l’AMI a reçu une copie qui propose des modalités pratiques pour l’organisation de ce retour. Parmi celles-ci, la mise sur pied d’une commission mixte entre le gouvernement mauritanien, les partenaire au développement et les différentes composantes de la société civile opérant dans le domaine et leaders d’opinion. La mission, selon le communiqué, s’attellera en premier lieu à identifier les ayants droits au retour dans les camps des réfugiés au Sénégal et au Mali pour ne pas empêcher un mauritanien de retourner dans son pays, mais pour ne pas donner un droit au retour à celui qui n’en a pas. Au sujet des préjudices subits par les déportés, le communiqué estime que l’Etat doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour dédommager les ayants droit et que ces réparations doivent être morale et matérielles, ainsi il doit intégrer les fonctionnaires qui auraient perdu leur emploi lors des événements de 1989, ceux qui ont atteint l’âge de la retraite doivent en bénéficier également. Au plan économique, le cyber forum propose que des financements doivent être versés aux déportés sous forme de petits projets générateurs de revenus (AGR) afin de leur permettre de s’adonner aux activités initiales (agricole, pastorale et autres). L’Etat doit, selon le communiqué, compenser tous les rapatriés au Sénégal dont les intérêts seraient compromis par d’éventuelles opérations de fixation des revenants dans leurs terroirs.
AMI




Haute Cour de Justice

31072007

 

Haute Cour de Justice 

Qui est au dessus des lois ? 

L’assemblée nationale a adopté le projet de loi organique relatif à la Haute Cour de Justice. C’était samedi 28 juillet 2007. Cette institution judiciaire était prévue depuis 1991. L’article 92 de la constitution l’instituait il y a seize ans et prévoyait qu’une loi organique en fixerait la composition, les règles de fonctionnement ainsi que la procédure applicable devant elle. 

Cette Haute Cour de Justice sera composée de huit juges parlementaires titulaires et de quatre suppléants élus distinctement à moitié par chacune des deux chambres parlementaires, Assemblée et Sénat. Le procureur généra près

la Cour Suprême ou l’un de ses substituts représente le ministère public tandis que le greffier en chef de la cour Suprême assure la greffe de
la Haute Cour de Justice.    

En principe la Haute Cour de Justice a la compétence de recevoir la mise en accusation du président et des membres du gouvernement. Ceci est bien précisé dans l’exposé des motifs du projet de loi. En effet, il y est rappelé les dispositions des articles 92 et 93 de la constitution selon lesquelles « le Président de
la République, le Premier ministre et les membres du gouvernement sont justiciables de

la Haute Cour de Justice ». 

Si le président n’est justiciable que pour des faits de haute trahison et les autres membres de l’exécutif pour des infractions commises dans l’exercice de leur fonction, la notion même de cette haute trahison reste floue. C’est sur ce point que certains députés ont insisté durant la séance plénière du 28 juillet. 

 

Qu’est-ce qu’une haute trahison ? 

 

Est-ce l’intelligence avec une puissance étrangère ou ennemie, ou un manquement grave de la part du Président de
la République aux devoirs de sa charge ? Nulle part dans les textes en Mauritanie pareille infraction n’est définie. Ni dans la constitution, ni dans le code de procédure pénale. 

Quant aux ministres, il est clair que des articles du code pénal prévoient leur inculpation. On se rappelle d’ailleurs que le cas de l’ex ministre du pétrole Zeidane Ould Hmeida était retenu sur la base de certains articles du code pénal. C’est dire que pour n’importe quelle infraction, un ministre peut être traîné devant

la Haute Cour de Justice. D’ailleurs même si un ministre n’est plus en fonction, il suffit que des faits remontant à la période de sa fonction lui soient reprochés pour qu’il soit susceptible d’en répondre devant la haute cour de justice. On aurait pu penser que dans le cas de avenants pour lesquels Zeidane Ould Hmeida avait  été mis en examen, cet ancien ministre n’est pas encore à l’abri d’une mise en accusation. Seulement, les faits ayant été amnistiés par les autorités de la transition, il serait aberrant que pareille initiative soit prise. De plus, les avocats avaient à l’époque dégainé le principe de non compétence des tribunaux arguant que la haute cour de justice prévue par la loi fondamentale n’était pas effective et qu’il appartenait aux autorités de la mettre en place en lieu et place des parlementaires auxquels il revenait d’en adopter les textes. 

 

Comment mettre en accusation 

 

Il appartiendra aux deux chambres parlementaires de présenter un énoncé sommaire des faits reprochés au Président de
la République. C’est du moins ce que prévoit l’article 19 à la section sur la saisine et mise en accusation au titre 2 se rapportant à la procédure. Le problème encore à ce niveau reste de savoir quels types de faits on peut reprocher au président de
la République. 

L’article 93 de la constitution stipule que le Président de
la République « ne peut être mis en accusation que par les deux Assemblées statuant par vote identique au scrutin public et à la majorité absolue des membres les composant ». Et à l’article 22, non amendé d’ailleurs, du projet de loi qui vient d’être adopté, il est dit que le président de l’assemblée dont le vote a entraîné l’adoption de la mise en accusation la communique, sans délai, au Procureur Général et donne avis de transmission au président de l’autre assemblée. 

Vient ensuite l’instruction pour la quelle une commission procède à tous les actes de procédure qu’elle juge utiles à la manifestation de la vérité selon les règles du code de procédure pénale et spécialement celles qui assurent les garanties de la défense. Ainsi que prévus dans l’article 25 de la loi relative à

la Haute Cour de Justice,  les actes de cette commission de cette commission d’enquête ne sont pas susceptibles de recours. 

Il y avait en tout trente sept articles dans le projet de loi présenté par le gouvernement. Onze articles ont été amendés par les députés membres de la commission de la justice, de l’intérieur et de la défense à l’assemblée. La discussion en plénière a duré deux heures de temps environ. Les députés ont adopté la loi sur

la Haute Cour de Justice. En présence du ministre de
la Justice, représentant le gouvernement. 

Cette haute cour de justice est forcement un outil de dissuasion pour le Premier ministre et les membres du gouvernement.  Quant au  Président de
la République, il «n’est responsables des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison», encore une fois. 

On ne sait pas en plus si un président qui n’est plus en fonction est justiciable devant

la Haute Cour de Justice après la découverte de faits (éventuels) de haute trahison remontant à son mandat. On ne sait pas non plus ce qui est prévu dans l’arsenal juridictionnel de
la Mauritanie dans les situations de plainte contre un ancien président pour crime contre une partie de la population. 

K-Tocka 

  

Source :
La Tribune 




Contre le blanchiment

31072007

Contre le blanchiment : 

Parce que l’argent a une odeur 

 

Du 24 au 27 juillet un séminaire sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a été organisé à Nouakchott  par la Banque Centrale de la Mauritanie en collaboration avec la France. Le thème a été débattu par des opérateurs économiques et financiers, de hauts responsables de banques et d’entreprises financières publiques et privées. Des experts économiques et financiers sont venus de France, de Belgique, d’Algérie, de la Tunisie, du Sénégal ainsi que de la Mauritanie. Ils ont présenté des exposés sur ce thème qui n’inquiète pas seulement la Mauritanie mais également le monde entier. 

L’ouverture officielle était assurée par le Gouverneur de la Banque centrale Ousmane Kane. Pour Kane, le phénomène est devenu « un enjeu mondial et une priorité universelle, du fait de ses conséquences néfastes sur les économies ».

Il rappelle l’adoption, en juillet 2005, d’une loi contre le terrorisme et le blanchiment de l’argent en Mauritanie, la création de la Commission d’Analyse des Informations financières (CANIF). 

 

Des communications et des conférences 

Durant ce séminaire, plusieurs communications et conférences ont été présentées par des experts financiers internationaux. C’est ainsi que M. Brahim Chadli et M. Yves Godiveau ont présenté une communication sous le thème « La problématique globale du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme ». M. Benoît De Mullénaére a traité l’aspect de « Les instruments internationaux ». Jean-claude Callede s’est occupé de « les relais régionaux ». Quant à M. Eric Legrand, il s’est occupé de « les conventions internationales ». MM Jean-claude Callede et Benoît De Mullénaére ont co-présenté « le principe de la déclaration de soupçons ». MM. Eric Legrand et Serge Dazin ont co-préparé « le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ». « Les cellules de renseignements financiers » c’est le thème qu’ont présenté MM. Brhaim Chadli, Mountagha Tall Dioume et Abdoulmejid Amghar. Mme Térésita Dussart a donné une communication sous le thème « Les obligations de vigilance dans l’entreprise ». M. Benoît De Mullénaére a fait une conférence sous le thème « La problématique particulière du financement du terrorisme » et Mme Dussart termine avec « Les nouvelles sources de financement du terrorisme ». 

Compte-rendu : Mechri Ould rabbany 

 

Encadré 

Pluie d’argents ! 

(saharamedia.net) La police belge vient d’annoncer l’arrestation de quelques individus de nationalités belge et hollandaise. Les détenus auraient tenté de transférer une somme de 1,35 million de dollars américains à la Mauritanie. Selon la télévision RTLN, qui a annoncé la nouvelle, cette somme était destinée à des trafiquants de drogues qui vendaient  682 kg de cocaïne à partir de la Mauritanie. Les détenus auraient été arrêtés alors qu’ils cherchaient un moyen de transférer la somme en cash à la Mauritanie. D’autre part, la police belge a annoncé qu’une enquête est ouverte, après avoir détecté la somme de 1 million euros cachée dans un conteneur qui se préparait pour aller de la ville d’Anvers au Belgique à Nouakchott. La somme était cachée dans la cargaison déclarée de friperies que devait amener le conteneur à Nouakchott. Deux belges ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire dont  ils seraient les présumés cerveaux. Selon la police, ils travaillaient avec des mafias internationales de trafic de drogues. 

 

Encadré 

La Commission d’Analyse des Informations financières (CANIF) est une institution créée en 2006 à la Banque centrale de la Mauritanie. Elle est dotée de l’autonomie administrative et financière fonctionnelle et est considérée primordiale dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Elle est dotée d’un Conseil d’orientation présidé par le Gouverneur de la BCM. Ce conseil  comprend douze membres dont un Inspecteur Général d’Etat adjoint et des représentants des différents ministères concernés. 

Bien que l’organigramme de la CANIF attende encore l’approbation de la Banque Mondiale, le lieutenant-colonel Mohamed Mokhtar Ould Aloui est présenté dans les milieux de la presse comme étant son directeur adjoint. Il est choisi pour faire les interventions avec les médias au nom de la CANIF. Nous l’avons rencontré et fait avec lui l’interview suivante :     

  

La Tribune  Un séminaire tenu à Nouakchott, en 2007, sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, une CANIF créée en 2006, une Loi relative au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme adoptée en 2005, des affaires liées à la drogue et au blanchiment d’argent et dans lesquelles des hommes d’affaires et de hauts responsables seraient mêlés… Peut-on dire que l’argent sale coule à l’excès en Mauritanie ? 

 

Mohamed Mokhtar Ould Alaoui : Vous savez, il n’y a pas un pays dans le monde qui est à l’abri du blanchiment d’argent. Comme il n’y a pas de pays qui est à l’abri du trafic de drogues ou de la criminalité. La Mauritanie fait partie de cette Afrique de l’ouest qui connaît depuis un certain temps des pratiques de blanchiment d’argent. Mais elle est, maintenant, dotée d’un instrument capable de lutter contre ce phénomène. C’est-à-dire la CANIF avec un cadre juridique très important qui sera appliqué après la fin de cette campagne de sensibilisation. Cet outil existe maintenant. Il va commencer sa lutte très bientôt. Et je pense que la Mauritanie va gagner con combat contre le blanchiment d’argent. 

 

LT : Ne croyez-vous pas que si la CANIF avait bien fait son travail, on n’aurait pas vu un avion atterrir à Nouadhibou dans le cadre du trafic de drogue ? 

MMOA: La Mauritanie est un pays très vaste. Sa superficie est deux fois la France. C’est difficile à contrôler comme territoire. Mais je pense que nous allons mettre en place des garde-fous partout sur le territoire national et nous allons essayer d’être plus vigilants. Il s’agit d’une vigilance accrue qu’il faut créer dans l’esprit des populations bien sûr. Mais également dans l’esprit des gardes frontières. Que ce soit les frontières aériennes, terrestres ou maritimes. 

 

LT : Une affaire de blanchiment d’argent est actuellement devant la Justice, sans aucune trace de la CANIF. Quelle est donc l’utilité de cette institution ? Une autre Cour des Comptes ? 

MMOA: La CANIF ne peut pas y avoir de traces. Parce qu’elle vient d’être créée. Sa première apparition depuis qu’elle a été créée est ce séminaire auquel nous venons d’assister et qui s’est déroulé entre le 24 et le 27 juillet. La CANIF est en train de se mettre en place. Elle ne peut pas avoir de traces dans une affaire qui date de quelques mois……. 

 

La Tribune : On parle de la récente affaire dans laquelle Ould Soudani et Sid’Ahmed Ould Taya auraient été impliqués… 

MMOA: C’est Presque avant la mise en place de la CANIF. Là aussi il faut être prudent. Suivre des affaires de trafic de drogues et de blanchiment d’argent, cela demande de temps. Il faut des mois, voire des années, pour pouvoir démanteler des réseaux de trafic de drogue, de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme. La CANIF ne peut pas se mettre en place aujourd’hui et détecter des affaires demain. Il faut lui donner de temps. 

 

La Tribune : Pourquoi la CANIF n’a jamais posé de questions sur ces richesses rapides et ostentatoires ? 

MMOA: C’est une question centrale qu’on a posée et qu’on a débattue ensemble. On a constaté depuis quelques années la prolifération des bureaux d’échange en Mauritanie. Mais plusieurs de ces bureaux échappaient au contrôle de la Banque centrale. Avant 2004 en tout cas. Il y avaient des fonds qui viennent de je ne sais où et qui sont recyclés dans l’économie nationale. A partir de 2004, il y a une loi qui exige aux banques de rendre compte de tout mouvement de fonds, soit qui passent entre les bureaux soit qui viennent dans les bureaux d’échange. En tous cas, les bureaux d’échanges sont devenus assujettis de la Banque centrale de Mauritanie. 

 

 

La Tribune : Pouvez-vous nous parler un peu des déclarations de soupçons que la CANIF aurait reçues depuis sa mise en place ? 

MMA : Là c’est très tôt. La déclaration de soupçon est très importante. Elle est, d’ailleurs, le vif du dispositif de la CANIF. Mais on ne peut pas créer aujourd’hui la CANIF et recevoir demain des déclarations de soupçon. Il faut attendre la fin de cette campagne de sensibilisation, dont le début était d’ailleurs de sensibiliser les directeurs des sociétés et des banques et toutes les parties concernées. Il faut attendre la fin de cette campagne pour savoir quel est son impact. Pour voir si les gens ont été bien sensibilisés. Ceci nous le saurons à partir des déclarations de soupçon que nous pourrons recevoir à la CANIF. 

 

La Tribune : Le terrorisme a frappé la Mauritanie en 2005, à partir de Lemghayti. Vite, on a accusé le GSPC qui se ravitaillerait à partir de la Mauritanie. Avez-vous, à la CANIF, des informations sur le financement de ce fléau à partir de notre territoire ? 

 

MMOA : En 2005 c’est loin encore de la création de la CANIF. C’était un évènement antérieur à la création de la CANIF…. 

La Tribune : … Mais vous n’avez pas des chiffres ? 

 

MMOA: On n’a pas encore des chiffres. Parce que nous venons d’être créés. Il nous faut, comme je le disais, de temps pour démanteler des réseaux. De temps pour que les gens soient convaincus de la nécessité des déclarations de soupçon. Pour atteindre cela, il nous faut de temps. 

 

Propos recueillis par : Mechri Ould Rabbany 

 

 




«Rufii ßoftotaako

31072007

«Rufii ßoftotaako : 

Premier film de Abdoulaye Ndiaye :

 

« Je ne lâcherai jamais mon combat, quelles que soient les conditions  dans lesquelles je mène ce travail.» Ce propos émane de Abdulaay Njaay, animateur de l’émission « Contes et légendes », présentée tous les dimanches matin à 7 h45 en langue pulaar sur les ondes de Radio Mauritanie. Très instruit en pulaar, sa langue maternelle, Abdulaay Njaay a l’ambition de mener une carrière cinématographique. Conscient des rouages, mais aussi du plaisir de  ce métier, Abdulaay se montre déterminé à aller jusqu’au sommet. Son premier film «Rufii ßoftotaako» a suscité beaucoup de commentaires. Le titre signifie en pulaar : ce qui est versé est irrécupérable. Autrement dit, médecin après la mort, pour exprimer les actes qu’aucun remords ne peut réparer… 

 

Il était 16 heures quand l’auteur de Rufii Boftotaako revoyait  encore le film chez lui. Malgré la réussite de son premier film,  Abdulaay Njaay apportait encore quelques corrections pour mieux faire le prochain. Son film traite de deux histoires imaginaires de deux familles. La première met en exergue la grande responsabilité d’une mère pour la réussite de sa fille à l’école. La fille unique  de sa mère, était en terminale C. Elle  voulait préparer efficacement son baccalauréat. C’est dans ces conditions que la jeune fille a refusé toute idée de se marier avant la fin de ses études. A l’époque ce sont les parents qui donnaient leur fille à quelqu’un sans l’avoir consultée. Une époque révolue pour la jeune fille. Mais cette  vision est catégoriquement  récusée par sa maman. Pourtant le père a accepté de se ranger du côté de sa fille. Il  a dit à sa fille que son mariage dépend d’elle. Influencée par des personnes riches qui  demandent chacune la main de sa fille à l’insu du père parti en voyage, la mère ,poussée par sa belle sœur  décide alors de faire le poisson d’avril à sa fille. Elle dit à cette dernière que son père l’a appelé par téléphone mobile à propos de ses fiançailles avec un  jeune homme adopté dans la maison. La mère voulait tester si sa fille campait toujours sur ses positions. Un test qui a mal fini car sa fille va tomber enceinte des œuvres du jeune monsieur. C’est après le forfait du fils adoptif que la mère a dévoilé à sa fille que c’était une farce et que c’était pour savoir si elle avait changé d’idée.

La deuxième famille nous a montré comment un mari peut trahir son épouse même soumise et docile pour s’envoler en noces avec la meilleure amie de celle-ci. Une triste histoire qui reflète la réalité.

Depuis sa sortie, le film fait l’objet de commentaires passionnants  dans toutes les grandes places. Commentaires sur l’histoire traitée par le film.

Pour le financement de la cassette, l’auteur a indiqué avoir été aidé par le maire de Bababé Ba Abdulaay Mamadu. « Il m’a fait beaucoup de faveurs, vraiment je le remercie », dit-il. « Le député de Bababé Ba Aliou Ibra a fait aussi un geste très important.   Le reste, c’est avec mes propres moyens », a souligné en substance Abdulaay Njaay.

« Beaucoup de personnes m’ont aidé moralement et physiquement. Le metteur en scène Daouda Rakiyel, le conseiller technique Ndongo Ibrahima Djibril dit Amoros et beaucoup d’autres » a ajouté l’auteur du film Rufii Boftotako. 

Selon l’auteur la Mauritanie doit participer au développement de la culture mondiale car le pays possède des cultures très riches. Pour se faire les autorités mauritaniennes doivent aider les jeunes désireux de participer au développement du pays sans aucune distinction

Après la sortie du film, Abdulaay Njaay a eu des contacts partout dans le monde pour l’aider à mener avec brio sa carrière cinématographique. Rappelons que ce film a été tourné dans sa ville natale de Bababé Loty. L’auteur très satisfait de la réussite de sa première cassette, prépare déjà une autre.

Notons que ce film fait l’objet  aussi de discussions et de commentaires haineux. Certaines personnes tenteraient de couvrir le lever du soleil par la paume de leur main. Pourront-elles le faire ? « Je ne lâcherai jamais mon combat, quelles que soient les conditions dans lesquelles je mène ce travail » a conclu Abdulaay Njaay.

Mamadou sy 

symadou78@yahoo.fr 

Source: La Tribune       

 

 




Actualités- Régions

1082007

Brakna 

Retour des déportés 

Le Wali sensibilise ses administrés 

  

  

Dans le cadre d’un retour imminent de nos compatriotes réfugiés au Sénégal et au Mali, le Wali du Brakna, Khyarhoum Ould Moustapha, accompagné des autorités militaires et de sécurité ont séjourné dans le sud de la wilaya (la vallée) pour l’explication du discours du président de la république du 29 juin 2007. La deuxième étape après celle de Maghta Lahjar était Boghé où les notables, les maires et les imams (des communes de Ould Birom, Dar El Avia et Boghé) attendaient le Wali. Après le mot de bienvenue du Hakem de la moughataa de Boghé, le Wali a pris la parole pour dire à l’assistance que
la Mauritanie a pris une mesure très importante pour le pays. Que sa présence parmi eux est l’explication du discours présidentiel qui s’articule sur deux points : le retour des déportés et le passif humanitaire. 

Ces deux points étaient inscrits dans son thème de campagne électorale qui étaient des promesses et qui vont se réaliser dans un futur proche. Et cela va concourir au renforcement  de l’unité nationale dans la diversité culturelle et ethnique. Et pour y arriver il faut qu’il y ait l’égalité et la justice et cela ne peut se réaliser que lorsque tout un chacun sache que l’Etat existe et le protège. Le Wali dira que nous avons une chance inouïe que l’islam est notre religion à nous tous et il constitue le ciment de notre édifice. L’histoire témoigne que nos populations vivaient en bonne entente des siècles et des siècles. Malheureusement des événements graves se sont abattus sur nos populations en 1989 et qui ont contraints une partie des nos populations à se réfugier au Sénégal et au Mali et cette absence dure plus de 18 ans. Le chef de l’Etat, M. Sidi Ould Cheikh Abdellahi a demandé au nom du peuple mauritanien à nos compatriotes réfugiés de revenir et que leur retour sera organisé par l’Etat, le HCR, nos partenaires au développement et ils seront rétablis dans leur droit et cela va permettre la réconciliation des cœurs et des esprits. Quant au passif humanitaire, le Wali dira que l’Etat va prendre toutes les dispositions nécessaires pour bannir à jamais cette pratique odieuse et faire disparaître ses séquelles. Et toujours en ce qui concerne le passif humanitaire, relatif aux années sombres, le wali a assuré que les problèmes seront résolus. 

Et si nous aidons le président à réaliser ces deux objectifs, nous allons gagner sur tous les plans. Nous allons avoir une unité nationale renforcée et cela sera cité comme un exemple dans le monde et nous pourrons nous développer dans la quiétude. 

A la fin des explications certains ont pris la parole : M. Djigo Moussa dira que nos compatriotes réfugiés n’ont pas un esprit de vengeance. Leur seul désir est de revenir dans leur pays. A titre d’exemple, il a été déporté et s’est auto rapatrié mais il n’a jamais manifesté un esprit de revanche à l’égard de ses frères. Il demande que tout le monde soit associé à la résolution de ce problème (les Hakem, les maires, les imams, les chefs de villages…). Et il rassure d’avance : ne rentreront que les mauritaniens. Ensuite, Dia Mamadou Amadou dit Paul Dia dira qu’il est fier d’être mauritanien et que le discours du président est le bienvenue et qu’il souhaite que la commission interministérielle ait des sous commissions au niveau des moughataa. Quant à l’esclavage, M. Dia dira : « la pratique de l’esclavage en tant que telle n’existe pas en Mauritanie, Il faut plutôt parler de la dépendance économique. Et pour solutionner ce problème je propose un partage équitable des richesses nationales entre les fils du pays ». M. Innallah Ould Mohamed dira que certes il existe des réfugiés au Sénégal qui doivent revenir mais aussi il y a des rapatriés mauritaniens du Sénégal, quel doit être leur sort. 

Ensuite, M. Abdelwahab Ould M’Bareck dira que s’il y a une personne heureuse en Mauritanie, c’est bien lui car il vient de rentrer d’un exil de 15 ans parce qu’il ne supportait pas le mal qu’on faisait à ses compatriotes et qu’il est prêt à apporter sa contribution au retour des déportés. Cependant, il affirme devant l’assistance que l’esclavage au vrai sens du terme existe dans ce pays et qu’il faut le bannir et que les terres cultivables de ses compatriotes de Daghveg, village situé à 5 Km à l’est de Boghé, ont été expropriées et données à d’autres. Ils demandent qu’on leur rétrocède leurs terres. Ils ont faim et soif et l’Etat se doit de penser à eux. 

M. N’Diaye Daouda dira que ce qui s’était passé en 1989 était une volonté politique et actuellement une autre volonté politique est venue réparer. Le président avait promis dans sa campagne qu’il allait ramener nos compatriotes et il est en train de la réaliser. Il demande que la population locale soit associée à la gestion de ce dossier. La dernière à prendre la parole est Mariata Abdoulaye Dia. Elle dit que reconnaître les faits est un pas, le pardon peut exister mais il faut penser à réparer l’injustice. A titre d’exemple, nos frères qui avaient occupé les terres qui ne leur appartenaient pas, on doit les sensibiliser et les préparer à les quitter. 

Le Wali dans sa réponse dira que toutes les opinions émises ici seront prises en compte. Il dira que le dossier des déportés et celui des rapatriés sont deux dossiers différents. Cependant que certaines questions relèvent de l’Etat et d’autres de la justice. Il demande aussi de barrer la route à tout individu qui veut mettre des bâtons dans les roues de l’histoire et que chacun en retournant chez lui doit œuvrer à l’aboutissement de cette noble mission. 

Abou Boubou Fall 

Cp. Brakna 

 

 

 

NOUADHIBOU 

LE DIRECTEUR DES PROCAPEC EN TOURNEE 

Ahmed Khatry, directeur général des PROCAPEC a effectué un séjour à Nouadhibou les 29 et 30 juillet. Cette visite entre dans la campagne de sensibilisation qu’il effectue à travers le pays pour restructurer les CAPEC, véritables outils de développement pour des milliers de mauritaniens de toutes catégories. 

Le 29 Khatry (comme on l’appelle ici affectueusement ),entouré de Mohameden Ould Tah, conseiller, Taghi Ould Abdel Haye,chef du service de sensibilisation ,a présidé une réunion à l’hôtel Jezira en présence d’un nombreux public. Ils ont expliqué les tenants et aboutissants du crédit islamique, conforme au souhait de plusieurs mauritaniens. 

Le crédit islamique consiste à ne pas donner de l’argent cash mais en financements de projets, services et biens ; conformément au désir du souscripteur. Comme les mariages, les loyers, le pèlerinage… 

L’arrivée de Ahmed Khatry à la tête des PROCAPEC avait suscité beaucoup d’espoir. Il est temps de faire un premier bilan. 

« Mon premier objectif était de rentabiliser les CAPEC tout en continuant à faire du social » avait il dit à son arrivée. 

Les premières décisions ont été jugées positives: 

-Rabais du droit d’adhésion de 5000 à 2000 UM, 

-Réduction du taux d’intérêt de 24 à 20 %, 

-élection de nouvelles assemblées, avec droit de regard sur le fonctionnement des caisses, 

-Domiciliation de salaires, 

Pour les travailleurs:Augmentation des salaires de 50 %, formation continue, acquisition de matériels modernes (bureaux, ordinateurs …) 

La nouvelle direction a modernisé les CAPEC (nouveaux locaux, peinture verte…) 

En effet c’est à une véritable restructuration des CAPEC que le directeur a procédé. 

ATHIE YOUSSOUF 

CP/NOUADHIBOU 

  

DROGUE : LA PSYCHOSE 

On est proche de la psychose tant la drogue hante les esprits. Samedi, vers deux heures du matin, un jeune homme transportant un sachet noir traverse le boulevard Médian. Son allure inquiète le gardien d’une épicerie de la place. Ce dernier alerte les gardes installés devant le consulat d’Espagne, dont ils ont la garde. Il leur dit presque ceci : ‘Ce type a de la drogue’. 

Deux gardes se lancent à la poursuite du suspect. Entre temps le gardien alerte la police du commissariat central. L’homme au sachet est rattrapé par les gardes qui ouvrent le sachet et surprise, il contient du …tabac. Déçus, les gardes relâchent l’homme. 

De l’autre côté la police est à la recherche. De fil en aiguille ils apprennent que l’homme est arrêté par les gardes. 

Nos policiers, décidemment sûrs d’être sur une bonne piste, se rendent devant le consulat d’Espagne et réclament et  le sachet et le ‘trafiquant’. 

« Nous avons relâché l’homme car il n’avait que du tabac.’ Les policiers ne sont pas convaincus et proposent un deal. Les gardes protestent. On en vient presque aux mains .Une foule se forme autour des protagonistes. Les policiers finissent par battre retraite suite aux témoignages des passant qui attestèrent de la libération de l’homme. ‘Mais où est le sachet ? Faut qu’on vérifie’ lance un flic. Mais l’homme avait filé. 

Nos hommes de loi s’en prendront au dénonciateur en le priant de fermer sa frimousse s’il n’est pas sûr de ce qu’il dit… 

ATHIE YOUSSOUF 

CP/NOUADHIBOU 

 

Source :
La Tribune 




Qui voudrait vendre des allumettes au paradis ?

1082007

 

    

   La presse mauritanienne, ces derniers temps, semble faire ses choux gras de la question relative aux réfugiés et aux déportés mauritaniens vivants au Sénégal et au Mali. Une  question que les mauritaniens de tous poils abordent non sans une certaine trivialité. 

  

Faire d’une mouche un éléphant 

  

Le débat -- s’il en est un --  sans aucun doute, draine des torrents de passions. Passions qui, de prime visu, divisent plus qu’ils ne construisent. Pourquoi ? Parce que les termes de ce débat sont, on ne peut plus mal posés et mal cernés. De surcroît, mes compatriotes aimeraient convoquer volontiers  le tribunal de l’Inquisition pour un oui ou pour un non.   

Certains pensent qu’il faut souffler dans les trompettes de Jéricho, en instrumentalisant le retour des déportés à des fins sectaires, racistes, ou ethnocentristes. Quand bien même que ces derniers sussent que vivre chez soi est un droit inaliénable, sacré, et ne saurait guère être l’objet de négociation. (Israël doit le savoir, aussi).   

  

La question des réfugiés dévoyée   

  

A  propos de la question des déportés, la réponse est sans équivoque. Oui ils doivent impérativement revenir, au cas où la question eût été posée. Ce que beaucoup de Mauritaniens, de toutes sensibilités, du reste, soutiennent mordicus ; une Mauritanie enfin réconciliée avec son passé, tout son passé. Malheureusement, le ver étant dans le fruit, il est à déplorer que d’autres (quelques affidés d’idéologies mortes) continuent à souffler sur les braises. 

En effet, il n’est pas de l’insu, de qui dévore les multiples titres de la presse nationale de ce juillet 2007, que  les contributions et articles de mauvais goût et de bas étage donnent au quatrième pouvoir une allure bancale voire insensée et propagandiste – digne de la  Pravda soviétique. 

Tenez par exemple, je lis dans des journaux de la place qu’en Mauritanie, existe un ministre sénégalais, des populations venues du Yémen tandis que d’autres étaient fils de harkis pardon, de tirailleurs sénégalais ! Qu’il y’aurait plus de noirs que de blancs et plus de blancs que de noirs. Rien que de la viande creuse, bien sûr. Et comble des insanités, des « intellectuels » sortis d’un chapeau de magicien, d’une outrecuidance démesurée, stigmatisent, dans les salons feutrés des « hôtels Rwanda », les appartenances ethniques, linguistiques et raciales de tel ou tel groupe ethnique. Panier de crabe ou manoeuvre diversion ? Va savoir ! 

 Le débat qui devait être axé sur le retour des déportés a été  très vite dévoyé en querelle de chiffonniers. C’est vrai qu’à défaut d’arguments, mes amis les mauritaniens deviennent très vite énergumènes, à la va comme je te pousse.   

  

«Mauritanité » quand tu nous tiens… ! 

  

La raison par l’absurde  -puisque tout le monde veut réfléchir sur l’origine de l’ « homo mauritanicus » !- Cette espèce en voie de disparition serait originaire du paradis. Quel Darwin national dit mieux ?  Mais cela ne satisfait pas les apprentis sorciers, idéologues, sans doute désireux de « mauritanité » –ne cherchez pas le terme dans le dico c’est juste un casus belli, une boite d’allumettes hautement inflammable qui a fait ses preuves ailleurs. 

Question : les réfugiés doivent –ils revenir chez eux ? La réponse est encore sans ambages. Oui, oui et oui et de ce fait ils doivent être réhabilités. Libre à qui voudra de crier aux loups ou bien aux invasions barbares. Il reste à l’état qui les avait déportés de boire le calice jusqu’à la lie. Puisque de son propre chef,  il les avait déportés en 89, parce que simplement le faciès qu’ils traînaient ressemblait à celui du sénégalais. On est juste rattrapé par notre passé, il faut l’assumer.    

Aux vieux Cassandre, je dis que
la Mauritanie ne court aucune invasion, le péril burkinabé Sénégalais ou « kwar » n’est que fantasme d’ignares et de vieux aigris.
 


La Mauritanie du 21ième ne peut être gouvernée par nos morts et « aucune politique ne vaut en dehors des réalités » disait De gaule. Et les réalités mauritaniennes ne sont guère ceux de vos vues de l’esprit.   

On ne le dira jamais assez les nostalgiques d’un Etat Omeyyade Indépendant du khalife de Bagdad ou ceux qui aimeraient restituer la grandeur du défunt Ghana, ceux qui brûleraient d’envie de mimer Toussaint Louverture, Nasser ou Michel Aflaq, devront faire le deuil de leur projet satanique.
La Mauritanie est elle-même en dehors de toutes références spatiales et temporelles. Ici  personne n’a le monopole de l’Etat, des origines ou du patrimoine culturel et historique.
 

  

L’Etat doit sévir contre l’apologie de la haine  

  

L’état qui entreprend, depuis l’avènement du Cmjd, de construire ce que tous, avons-nous détruit par ignorance, par arrogance, par vanité ou par goût prononcé pour le désordre, doit sévir, dès l’instant qu’un quidam pour ne pas dire un machin entreprend d’accabler un compatriote, quel qu’il soit, un groupe ou une race, de tous les péchés d’Israël : La liberté d’expression n’est pas un jeu puéril, elle est un outil de travail qui doit être mis  service de l’unité nationale. 

Rendre service à son pays n’est pas synonyme de volonté hégémoniste ou d’allégations mensongères ; c’est juste respecter les arrêts aux feux de signalisations, respecter la res publica,  monter et descendre à l’heure lutter contre les formes d’exploitation du mauritanien par le mauritanien -rien de plus facile-  

A lire ce qui s’écrit ces derniers temps, on ne sait même plus si la citoyenneté s’acquiert par le droit du sang, par le droit du sol ou par le droit à la médisance. 

Pour rappel, il est à constater que dans l’Europe de l’après Vienne (1815) et du Printemps des Peuples,  les revendications irrédentistes et cocardières avaient préparé le lit des futures guerres mondiales (17-45). Tel est le destin de l’exaltation du sang! 

Le nationalisme arabe ou africain pour autant qu’il veut dire quelque chose : est une maladie infantile, c’est la rougeole  de
la Mauritanie. Pour paraphraser A. Einstein.
 

Le 19e  siècle européen a vu l’Allemagne porter aux nues l’utopie du « jus sangus » comme gage d’appartenance à une nation. Pour elle, comme pour bon nombre de mauritaniens généalogistes à leurs heures perdues- les « morts » devaient gouvernés les vivants. Ce qui  du reste causa par la suite d’énormes difficultés à la « race aryenne ». Ailleurs en France Renan aimait soutenir que la communauté de destin était le plus en même d’unir les hommes : « la nation est une âme et un principe spirituel […] la possession d’un legs de souvenirs et le consentement actuel, le désir de vivre ensemble…». Et personnellement, j’ose croire qu’aucun mauritanien n’aimerait disposer à lui seul du million, 80.000 km2 du pays. Un proverbe wolof- pour peu qu’il m’est loisible de traduire cette langue- dit que quand vous tuez vos génies, vous serez seul, seul avec votre forêt. Quoi ! 

Nul n’est sensé l’ignorer. Dans la  religion Islamique -- dont les mauritaniens  se réclament- le droit du sang et le droit du sol cèdent le pas au droit à la fraternité et à la « coreligionnarité » : « Tous les croyants sont frères », a dit le Prophète (psl). 

Mais cela ne satisfait certainement pas les partisans de la médisance. Qu’ils me donnent la liberté de porter à leur auguste connaissance que pour être compatriote de son excellence SIDI OULD CHEIKH ABDALAHI, il ne suffit pas d’être beau gosse, vilain petit canard, riche marchand, pauvre hère, blanc bec, cœur noir ou peau rouge, que sais je encore : Un mauritanien est celui qui dispose de la citoyenneté mauritanienne. (CQFD). Au ras des pâquerettes, on parle de nationalité. Et puis on ne choisi pas son lieu de naissance.    

  

Pour mémoire  

      

Ne l’oubliez plus jamais, messieurs, qui débattez du sexe de nos belles voitures : Quand la libido dominandi vous chatouille le cœur et oblitère votre mémoire d’honnête homme ; sachez précurseurs d’une «Mauritanie bâtarde » -puisque illégitime au yeux du bon sens-  que, quand on viole l’histoire, il est décent de lui faire un joli enfant… 

 Messieurs, vous, qui comme les batraciens respirez par la peau !  

                                         

  

                             Mounirou Fall,   

Source : 
La Tribune 




Missions de nos ministres

1082007

Les lettres de mission que le Premier ministre vient de transmettre à ses ministres constituent une nouvelle donne dans la vie publique mauritanienne. Jamais dans ce pays l’on avait su charger les ministres d’une mission autre que celle de servir de secrétaires au “guide”. Leur mission était celle d’un planton privilégié. Le ministre depuis la fin du règne civil de Ould Daddah n’était qu’un véritable valet au service du maître. Il ne savait que rarement pourquoi et par quel miracle il était ministre. Jamais il ne savait exactement de quoi il était chargé. Il ne savait non plus pas pourquoi et par quel miracle il était nommé. Sa compétence était un bail ouvert. Son planton à lui, sa secrétaire, la concubine du cousin du “Guide” pouvaient s’y immiscer et s’en mêler. Sa secrétaire, son égérie et ses “patrons” de l’ombre pouvaient aussi lui donner des instructions, lui dessiner une feuille de route ou le pousser à commettre des décisions dont il est loin d’en être le maître. Le ministre était devenu tout simplement cet employé privilégié qui ne se contentait que de gérer son statut. Tout au long de sa période de grâce, il n’était qu’un distributeur de propagandes ou le gestionnaire de privilèges le plus souvent illicites. Sil s’accrochait comme un chien enragé à la douillette table de son bureau, il versait dans le zèle et la bassesse. Toujours il faisait de la “Bolitik, au village ou au campement, créant une aile qui s’identifiait à sa petite personne. Avec une telle clientèle “fidélisée” il faisait le chantage au parti et aux segments de tricheurs qui le dirigeaient. Ainsi nous fonctionnâmes depuis toujours. Alors on eut droit à des ministres qui avaient certes “peur” et étaient “dociles” comme des feuilles envoûtées par le vent, mais qui ont essayé de faire un bon travail.
Aujourd’hui, il est clair que la volonté de “libérer” les ministres est là. Ils sont désignés, selon un critère qui laisse encore à désirer, mais sont en charge d’un secteur dont ils sont les seuls responsables. Ils ont une véritable feuille de route, un programme à exécuter, des réformes à introduire et des hommes à commander. L’on verra bien comment ils vont se comporter. Nous verrons bien de quoi ils sont capables. Les cent jours du gouvernement ont déjà sonné et le gouvernement est attendu au bilan. Des sentiers politiques à risque sont en cours d’exécution, mais la voie doit être largement ouverte pour que les réformes nécessaires commencent à tous les niveaux. En toute sagesse et sans renverser brutalement la table.
Maintenant que chaque ministre a sa lettre de mission, le Président de la République et le Premier ministre doivent veiller à ce que ces missions soient accomplies. Tous les deux mois, les ministres doivent communiquer leur bilan à l’opinion. Le mieux serait qu’ils se soumettent à “la question” de l’opinion à travers une émission de la Radio et de la télévision en présence de journalistes indépendants et d’hommes ordinaires de la rue qui les “cuisineront”. C’est important, car ça donnera au ministre l’impression d’être suivi par tout le monde. Les “réalisations” dans le vent que nous présentaient les ministres en “carton” ne doivent plus avoir droit de cité. Un responsable ne ment pas au peuple. S’il dit une chose, celle-ci doit pouvoir être concrètement vérifiable sur le terrain. Et chez nous désormais, un ministre, ça travaille ou ça démissionne. Un ministre ne doit plus être cet agent tribal qui fouine son nez dans toutes les opportunités possibles pour détourner les dotations budgétaires de son département ou pour placer ses cousins. Il doit avoir le sacré objectif de laisser des traces honorables dans le secteur qu’il a eu à diriger. Un ministre de la Mauritanie de demain doit être cet homme qui gère les hommes avec rigueur, équité et compétence. Il ne doit jamais avoir la malicieuse idée tant répandue de faire la chasse à des cadres compétents et dévoués pour la bonne et simple raison qu’ils ne sont pas du même bord politique que lui ou qu’ils sont d’une race ou d’une tribu différente. Tout ceci nous conduit à dire que seules les ressources humaines compétentes et expérimentées doivent être promues et encouragées. Toutes les autres nominations fondées sur des critères subjectifs et politiques doivent être à jamais bannies. Les hommes qu’il faut véritablement à la place qu’il leur faut réellement. C’est le gage de la réussite de l’actuel gouvernement. Des milliers de compétences fraîches et rompues au travail pour avoir exercé en dehors des circuits nauséabonds de l’Etat sont aussi disponibles à intégrer le rang au service du grandiose nouveau projet pour la Mauritanie. Le Premier ministre doit les détecter et les placer. Ceci est surtout valable pour des milliers de cadres, d’ingénieurs et de savants mauritaniens chassés de leur pays par la misère des salaires et l’étouffant climat de la complotite. Avec ces compétences, nos ministres sont sûrs de pouvoir faire un travail respectable. Et s’ils y arrivent, ils auront mérité le respect de tous. Le cas contraire…

Amar Ould Béja -- L’Authentique




La nouvelle stratégie nationale de l’emploi en Mauritanie et son plan d’action

1082007
 

 

Chômage : 

 

La nouvelle stratégie nationale de l’emploi en Mauritanie et son plan d’action 

 

Tout récemment,  s’est tenu  un  atelier  d’approbation de la stratégie nationale d’emploi et son plan  d’action  regroupant  des   cadres de différents ministères concernées par l’emploi, des acteurs actifs  dans le domaine de l’emploi, de la société civile, des fonctionnaires à la retraite (ministre, ancien directeur de l’emploi etc.) et des représentants de l’association des  diplômés chômeurs de Mauritanie. 

Les participants  ont été conviés à  examiner la pertinence et le continu du rapport sur  la stratégie nationale de l’emploi. La méthodologie de travail  adoptée au cours de cet atelier consistait  à estimer les  différentes composantes du plan d’action et à quantifier dans certains cas les objectifs  stratégiques  de l’emploi, à proposer  des solutions concernant le rattachement institutionnel de certaines structures, au rôle des différents acteurs, aux mesures destinées à la promotion de l’emploi ;  à avancer  des mécanismes  opérationnels de coordination, pour le suivi de la stratégie  et son plan d’action, à identifier des responsabilités attribuées aux acteurs du secteur de l’emploi et  à préconiser  les  conditions nécessaires à la mise en place  d’une stratégie nationale de l’ emploi globale et intégrée à moyen et à long terme et un plan d’actions  qui tienne compte du nouveau cadre stratégique de lutte contre la pauvreté. 

Les contraintes liées à   l’inadéquation  entre formation  et emploi,  l’absence  de  formation technique et professionnelle  pour répondre au marché  de l’emploi,   la faiblesse du secteur privé, le  manque de qualification chez des demandeurs d’emploi,  l’absence de données suffisantes sur les  besoins de  formation des entreprises et l’insuffisance  de mode de formation au sein de l’entreprise  ont été soulevées. A la fin des travaux, des recommandations ont été prises. 

Bien que le rapport soit pingre en chiffres, le consultant   Kouadio BENIE MARCEL (de nationalité  ivoirienne) qui a été sélectionné pour l’élaboration de la nouvelle stratégie de l’emploi  explique que «la période d’un mois n’est pas suffisante pour pouvoir  quantifier  le plan d’action. D’autant plus qu’il est  inadmissible d’avancer un rapport quantifiable sans connaître l’avis de l’ensemble des acteurs du secteur ». 

Notons cependant que certains groupes ont essayé d’avancer des budgets prévisionnels. Il est question de  «la part du budget annuel de la direction de l’insertion destinée à améliorer l’employabilité de certains demandeurs d’emploi (estimée  à 100 millions d’UM), la part du budget annuel de l’ANAPEJ destinée à améliorer la capacité entrepreneuriale et à assurer les formations qualifiantes et la reconversion des demandeurs d’emploi (estimé à 70 millions d’UM). 

D’autres recommandations  touchant le problème de l’insertion des  arabisants  dans la vie socioprofessionnelle,  la création d’un organe chargé  du suivi de l’exécution de  la stratégie de l’emploi et de l’indemnisation des chômeurs ont été proposées.     

Soulignons que le nouveau rapport tient compte  de  la croissance économique et son rôle dans l’absorption du chômage. Cette croissance  s’est traduite par un PIB par habitant de 610 dollars  en 2005 ; en 2007 le PIB réel devrait selon le rapport dépasser la barre des 6 %. L’amélioration  est interprétée  par la mise en valeur des mines, du cuivre,  de l’or  et des investissements étrangers dans le secteur des infrastructures.    

«La découverte du pétrole en 2004 va donner un  coup de fouet aux résultats économiques déjà encourageants. Les scénarii de croissance vont être  modifiés par une variation positive de la valeur  totale des recettes d’exportations pétrolières revenant  à l’Etat  estimées à 289 millions US américains  en 2006, celles-ci atteindront 1,8 milliards  US $ en 2010. En terme réel, le PIB du secteur   pétrolier devrait se situer à  30,7 milliards UM en 2006 et croître en suite de 25,2 % en moyenne par an sur la période 2007-2010. » 

D’après  Benjamin Auge,   chercheur en géopolitique (l’Institut Français de Géopolitique à Paris 8)  et auteur d’une enquête scientifique touchant l’évaluation  du pétrole en Mauritanie,  « ces données semblent être  surestimées.   Soit  cette évaluation prend comme base l’augmentation du prix de baril (ce qui est risqué vu les grandes variations de celui-ci)  soit elle sera justifiée par une  augmentation de la production et dans ce dernier cas cela est aléatoire sauf si les découvertes déjà effectuées sont rapidement mises en production. Toutefois, il ne faut pas négliger le fait que la croissance mauritanienne demeure et va continuer  à demeurer supérieure à la moyenne africaine au cours des prochaines années. » 

Des économistes  font, par ailleurs,  distinction entre trois types de croissance : potentielle, réelle, qualitative. Ce qui sous-entend que la croissance devrait se répercuter sur le niveau de vie des citoyens.   

Le rapport mentionne  également  que les résultats macro-économiques  jugés satisfaisants se sont traduits par une réduction de la pauvreté : la proportion de la pauvreté qui était de 43,6 % en 2000 a reculé de  4,6 points en 2004 soit un taux de 39 %. Cette performance a été plus importante  pour les ménages d’extrême pauvreté (27,9 % en 2004 contre 34,1 %  en 2000).   

La pauvreté s’est accrue en terme absolu, justification invoquée : le taux de croissance  démographique (2,4 %). Le nombre de pauvres est de 1.319.566 (2004) contre 1.279.987 (2000). 

Le  rapport reconnaît que les efforts  consentis dans le domaine macro économique  n’ont pas permis de réduire  le chômage.          

Concernant les projections touchant la capacité d’absorption des chômeurs, des objectifs ont été fixés notamment la création de 3000 postes par an. Et une évaluation, une organisation, une  réglementation du marché de l’emploi seront des mesures indispensables pour l’employabilité. 

Finalement, le rapport a été approuvé et validé par l’ensemble des  participants afin qu’il fasse  l’objet d’un débat national dans les jours à venir.

Mohamed Fouad Barrada  

  Source : La Tribune 360




Lettre ouverte à Monsieur Sidi Mohamed Cheikh Abdellahi – Président de la République

1082007
 

 

Lettre ouverte à Monsieur  Sidi  Mohamed Cheikh Abdellahi – Président de
la République

 

Trois mois après l’investiture

 

Monsieur le Président, mes salutations des plus chaleureuses et les plus respectueuses. D’abord voilà, après trois mois de travail au palais présidentiel, vous vous accordez une interview à la télévision nationale pour évoquer la situation globale du pays.

Tout va bien, malgré des petits problèmes qui sont survenus, comme l’eau et l’électricité mais qui seront résolus bientôt, inchallah.

Monsieur le Président, vous avez touché à tous les points qui concernent notre pays, tant sur le plan économique que social. Mais je vais revenir et donner mon point de vue: c’est la propreté des villes.

Monsieur le Président, la propreté c’est la santé et la santé c’est la propreté. Mais malgré tout cela, nos villes sont toutes sales, il y a des poubelles partout et ces mêmes poubelles peuvent provoquer des maladies graves sans qu’on se rendre compte de cela.

Monsieur le Président, depuis la création des communes des années 1986 jusqu’à nos jours, la même situation est toujours catastrophique vis-à-vis des saletés dans les villes et les villages.

Monsieur le Président, j’entends toujours les gens qui disent qu’on n’aime pas que les étrangers voient toute cette saleté dans nos rues, les déchets, les cadavres, les ordures brûlées qui ne sentent pas bien comme si les Mauritaniens aiment tout cela ou parce qu’hier, les Mauritaniens étaient nomades et quand ils font une semaine ou un mois, ils se déplacent et laissent derrière eux toute leur connerie, sans pour autant penser à leur effet néfaste sur la nature.

Monsieur le Président, n’est-il pas possible d’introduire une éducation de base au niveau des citoyens en commençant par la famille et l’école…? Par exemple, l’enseignant doit avant chaque cours dire aux élèves: attention à la propreté, ne rien jeter dans la rue; quand quelqu’un veut manger un bonbon, qu’il mette l’emballage dans sa poche jusqu’à l’arrivée à la maison… qu’il mette cela dans la poubelle et la même chose au niveau des ministères, des régions, des préfectures, des commissariats, etc.

Monsieur le Président, j’attire votre attention que ce fléau me choque et me fait penser à quand je vais voir les rues de nos villes propres?

Monsieur le Président, moi ce problème je le vois de près car je suis un guide accompagnateur touristique et j’amène les touristes partout dans mon pays et je me considère comme un ambassadeur mobile ou sans portefeuille et je représente bien mon pays dans ce domaine là. Mais ce problème de non propreté me fait mal au cœur.

Monsieur le Président, parallèlement à mon métier de guide, je fais le taximan à Nouakchott. Ce travail est très dur, mais je le trouve plus noble que beaucoup de choses et pendant mes courses, je constate les gens en train de jeter leur poubelle partout. Même parfois, j’ai vu des cadres de l’État qui buvaient un coca ou de l’eau et une fois terminé, ils jettent la canette ou la bouteille sur le trottoir… ou des kleenex. Cela est une pratique sauvage, mais on ne doit pas aller loin à la critiquer car le citoyen n’est pas sensibilisé pour cela. Moi-même, j’ai eu beaucoup de difficultés à convaincre ma famille de ne pas jeter dans la rue et même parfois ils me disent, nous ne sommes pas des toubabs.

Monsieur le Président, j’ai appris que le maire de Zouerate a commencé à nettoyer bien sa ville et cela va permettre à cette citée minière de trouver la facette propre qu’elle mérite…! Et bravo au maire de Zouerate pour son état de civisme et de tolérance, car la saleté est un mode d’anarchie qui symbolise le reste de toutes les villes de
la Mauritanie jusqu’à présent.

Monsieur le Président, vu ma jalousie sur l’unité nationale, vu ma soif de voir une Mauritanie propre… très propre, j’ai une simple et modeste proposition pour vous et seulement pour vous.

Monsieur le Président, ma proposition est la suivante: n’est-il pas possible de créer un ministère chargé de l’assainissement et de la propreté des villes? Quand bien même le premier et le dernier mot vous reviennent.

Monsieur le Président,
la Mauritanie actuelle est un exemple de démocratie. Sera-t-elle un exemple de propreté? Et pourquoi la seule chose qui manque, c’est la volonté?! Et à cet égard, si ce projet attire votre attention, merci beaucoup de chercher quelqu’un comme l’ancien maire de Nouadhibou: El Ghassem Ould Bellali qui avait fait preuve de compétence pendant son mandat de maire à Nouadhibou.

Monsieur le Président, la non propreté est une situation pas honorable et non recommandée par l’Islam et, unis tous ensemble, nous mettrons fin à cela. Dans l’espoir que vous lirez ma proposition et lui donnerez un peu d’importance, je vous offre Monsieur le Président ma contribution qui peut aider au développement de la nation.

Très haute considération.

 

Mohamed Ould Slama Ould Chenane

Guide-accompagnateur, responsable: Soleil de l’Adrar

e-mail : soleiladrar@yahoo.fr 

Tel 647 89 54 




De A à Z Par Tabane

1082007

De A à Z Par Tabane

 

N comme Nouakchott. Ceux qui ont posé la première pierre de Nouakchott ne se doutaient pas de l’accroissement vertigineux que cette ville allait connaître. Un demi siècle à peine et le coin perdu dans le désert est devenu une ville tentaculaire, une macro agglomération qui s’étend de plus en plus. Avec les conséquences que l’on sait. Une ville qui concentre peut-être plus du tiers de la population totale du pays. Il faut pour répondre aux besoins de tous ces habitants, investir sans cesse dans la ville au détriment des autres agglomérations du pays et de la campagne, ce qui se traduit par un exode de plus en plus massif vers la capitale. Un véritable cercle vicieux.

N comme Nul. C’est le qualificatif donné par certains internautes à l’auteur de cette chronique. C’est déjà cela. Car on ne peut pas dire de quelqu’un qui ne produit rien qu’il est nul. Ainsi n’est-il pas nécessaire de noter des commentaires venant d’un obscur internaute qui extériorise ses frustrations… Noter. Le mot est lâché.

N comme Notes.  Beaucoup d’étudiants du département d’Anglais de l’Université de Nouakchott se plaignent de certains professeurs. Des professeurs qui n’hésitent pas à réviser en baisse des notes que les étudiants ont obtenues. Si encore c’étaient les notes qu’ils ont données. Mais des notes données par d’autres professeurs du même département. Cela ressemble à un abus de pouvoir. Il est vrai que les matières ne sont pas les mêmes. S’il est difficile d’avoir un 18 ou un 19 en British litterature ou en Linguistics, mais on peut bien avoir le maximum en ABS (American and British Studies) surtout si le prof propose le ‘multiple choices’.

Source: La Tribune n°360




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

1082007
Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada « L’unité dans la diversité demeure un atout » 

Comme elle est d’actualité, la question des déportés revient de plus belle. Comment les politiques mauritaniens la perçoivent-ils ? Qu’en est-il des journées de concertation ? Les extrémistes des deux bords vont-ils s’imposer ? La confrérie tidjaniya a-t-elle son mot à dire ? 

 « Il faut mener une enquête  allant dans le sens d’une vérité et  d’une réconciliation.  Le  passif Humanitaire doit être traité dans sa globalité », martèlent  des nationalistes arabes. « Cette question   des déportés   est instrumentalisée pour des fins personnelles et  idéologiques. La vérité sur le drame des années de plomb   ne doit pas être  traitée  avec une nuance inavouée. Des mauritaniens ont subi des atrocités de l’autre côté du fleuve. Plus grave, ils ont été assassinés eux aussi par  leurs propres compatriotes. », Précisent-ils. De hauts cadres du Parti Sawab confirment le fait qu’ils étaient   incriminés à tort dans les événements de 89 alors qu’à l’époque ils étaient loin des centres de décision.   A cela rétorquent  des observateurs  en disant « qu’un malheur  n’exclut pas un autre et que  les mauritaniens   ont été perdants de deux côtés. Il faut  alors résoudre ce problème sans  confondre les papiers. Il s’agit de la responsabilité de l’Etat et que celle-ci devrait  l’assumer ». D’autres nationalistes  arabes  Nasséristes ont  récupéré  ce dossier  des déportés pour  en faire un axe important dans  leur vision des choses. 

L’UFP  quant à lui   a eu la faveur d’être le seul parti à formuler des propositions   concrètes pour résoudre cette épineuse question des déportés. Sur le terrain, le pouvoir en place veut résoudre ce problème le plutôt possible. On évoque que des journées de concertation seront bientôt à l’ordre du jour. Entre la rapidité du traitement de la question et le recul de certains partis vis-à-vis de la question, les choses ne font pas toujours l’unanimité. 

 « Les remboursements,  la restitution des terres et la thématique judicaire  devrait être traités   avec beaucoup de vigilance  », explique un chroniqueur de la place. Le leader de l’opposition Ahmed O Daddah a , après un silence plus au moins inacceptable,  dévoilé  lui aussi ses craintes.   Une chose est sûre : des bailleurs de fonds et des organismes non gouvernementaux sont prêts à débloquer de l’argent. Reste à savoir si des  déportés voudraient déclencher des procédures judiciaires pour poursuivre les  responsables qui ont été à l’origine des malheureux événements  de 87,89, 91.   

Dans une optique de concertation, des dignitaires et des chefs de tribus sont invités à donner leurs avis afin de trouver  une solution radicale au problème. Focalisons cette concertation sur le côté religieux, notamment le rôle de la confrérie tidjaniya. Ils sont deux à être influents. La tendance de cheik Omar El vouti, El Haj Malik Sy et l’obédience Cheik Baye Niasse. La première  est accusée dans le livre blanc par l’ancien système de ne pas aider les mauritaniens  qui étaient au Sénégal en  89.   

En effet,  « l’expansion de la Tijâniyya en Afrique  doit beaucoup à l’ oeuvre de El Hadj Omar Tall et  à celle de ses successeurs tels qu’El Hadj Ablaye, Ibrahima Niasse, et notamment Malick Sy qui inscrivit sa démarche dans la continuation du grand Almamy (Imam en Peul). Les Muqaddam que ce dernier a formé ont ensuite répandu les enseignements de la confrérie dans leurs provinces d’origine.»  (Voir
La Tijâniyya : de l’Aghouat algérien aux plaines du Sénégal,  Bakary Sambe, site Oumma) 
Comme que les liaisons rituelles  jouent  beaucoup dans ces types d’affaires, il est indispensable d’impliquer les autres ailes. Ces ailes sont incontestablement influentes dans la vallée du fleuve. Elles peuvent  jouer un rôle non négligeable pour apaiser la haine. 

Le but en soi n’est  pas de provoqué  la hantise des uns ou des autres, le but encore est loin d’ être l’exploitation d’une composante sociale contre une autre. Certes la divergence d’opinions  est inhérente à l’esprit humain. Mais l’unité dans la diversité demeure un atout.  m_barrada@yahoo.fr 




Beauté venue des airs

3082007

Un oiseau sorcier s’est transformé en être humain le 30 juillet dernier à Vogan, ville situeé à environ 45 km au nord-est de Lomé, a rapporté mercredi l’hebdomadaire « Tingo Tingo ». « Lundi 30 juillet aux environ de 20 heures dans le quartier Amoindji à Vogan. Pendant qu’une vendeuse de pâte fermentée (communément appelée Kom) apprêtait ses accessoires, un oiseau tombe devant elle, cet oiseau se transforme en une jolie femme », raconte Tingo Tingo, un journal réputé pour ses faits divers aussi originaux qu’inattendus.
Tingo Tingo n’a pas manqué de rapporter les propos de la joile créarture :  « Ne regardez pas mon visage avec la lumière. Je suis une triplée et je suis à la recherche de mes deux autres soeurs qui sont à Lomé et je me suis trompée de chemin », a déclaré cette « jolie femme », selon Tingo Tingo.
Ce n’est pas la première fois que de tels faits de sorcellerie sont rapportés par des journaux au Togo

Source : http://www.republicoftogo.com/central.php?o=1&s=340&d=3&i=851

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source :




Le gouvernement mauritanien va autoriser de nouveaux partis politiques

3082007

Le gouvernement mauritanien va autoriser de nouveaux partis politiques dont les candidatures pour reconnaissance ont été déposées au ministère de l’Intérieur, a appris APA vendredi à Nouakchott.

« Le gouvernement approuvera bientôt une nouvelle loi sur le financement des partis politiques, encourageant l’accès des femmes à des postes politiques et la reconnaissance des partis dont un présidée par une femme », a déclaré jeudi le Premier ministre Zien Ould Zeidane. Le Premier ministre n’a toutefois pas précisé si le parti des réformateurs centristes (islamiste) sera dans le lot des formations politiques à reconnaître.

Le régime de Ould Taya et les autorités de la transition ont toujours refusé l’autorisation d’un parti se présentant sous l’étiquette de l’Islam, arguant que l’Islam est la religion de tous le pays et aucune ne formation n’a droit de se l’approprier.

La Mauritanie compte 34 partis politiques dont 12 représentés au parlement et un dirigé par une dame en la personne de Mme Naha Mint Maknass.

Le financement des partis politiques s’effectue sur la base du nombre des conseillers municipaux et des députés

Note: Info source : Agence de Presse Africaine




Devenez Touareg, devenez vous-mêmes !

3082007

Devenez Touareg, devenez vous-mêmes !

lecteur,

voila la contribution d’un lecteur….sur un tout autre sujet, mais tout aussi passionant…je te souhaite une bonne lecture et te donne rendez vous cette après midi pour un autre posting….

Je la suis un peu, ma voiture. Elle est également un peu moi. On se confond, en quelque sorte. Je vis quelque part dans elle, telle qu’elle vit harmonieusement dans moi. Elle est un peu moi par ce qu’elle me complète, ma voiture. Elle est mon prolongement identitaire. Elle m’offre le statut que je n’ai pu atteindre sans elle. Elle me donne la notoriété que je n’ai pu acquérir. Elle me fait accepter dans des sphères qui m’étaient fermées. Elle cache mes turpitudes, mes échecs. Je l’ai choisie, ma voiture, de la bonne race, celle qui me fait rentrer dans la cour des grands. La bonne race : c’est une voiture majestueuse, imposante, convaincante et pertinente. Je présume que vous ne doutez plus de la bonne famille de ma voiture. Vous n’avez pas besoin d’être doté de tant d’intelligence pour deviner sa marque. Je compte sur votre perspicacité pour vous éviter que vous ne penseriez à des véhicules sans âmes comme Toyota Carina, Corolla, Mercedes 190 ou une Renault Mégane, R 19 , que Dieu m’en préserve !


Ma voiture, je l’ai choisie tout terrain parce qu’elle me permet d’investir tous les terrains. Et je ne parle pas ici, détrompez-vous, de relief, des montagnes, des dunes endurcies de sable enlisant, des vallées boueuses difficilement infranchissables ! Je parle d’un autre relief, cette fois-ci, aussi disparate qu’impraticable. Je vous parle, tenez-vous bien chers internautes, des chemins tortueux, des venelles sombres, des routes marécageuses, des cimes culminants, de notre société, de notre pyramide sociale. Je vous parle, aimables internautes, des strates sociales bâties sur des substrats faits d’artifices forcément précaires, et pourtant si solidement ancrés dans l’imaginaire collectif des maures. Je vous parle de la difficulté éprouvée, au quotidien, par un propriétaire de l’une ces voitures légères à tenir le cap sur l’une des ces pistes menant au château de notre société de cour. L’unique instance qui régule la circulation dans cet espace cloisonné, où le réseau routier ne fonctionne qu’à la base d’une logique de priorité de passage toute différente à celle connue universellement. Un code de la route taillée sur mesure auquel doivent se conformer ceux qui seraient habités par l’ambition d’avoir un droit de péage pour parvenir enfin à accéder les barrières de cette belle cité.

C’est ainsi que je me suis investi à m’équiper de la bonne monture : Un touareg. Une voiture très en vogue dans ces contrées et qui m’a véritablement permis de recouvrer mon identité ou bien l’identité à laquelle j’aspirais quelque temps durant. Mon passage à cette galaxie je l’ai négocié sans grands problèmes grâce à ce moyen de locomotion. Il faut dire que je m’y accommode assez bien. Je suis aujourd’hui assimilé à ce Touareg. Je suis soluble dans ce Touareg.

Les regards qui se posent sur moi quand je circule à bord de ce bijou, sont des attentions admiratives, des yeux de fascinés. Je défie n’importe qu’elle fille, quel que soit par ailleurs le degré de son mépris aux choses matérielles, d’oser décliner m’accompagner dans une de mes balades ‘’touareguiennes’’. Elle ne peut pas, c’est plus fort qu’elle. Mon Touareg fait fléchir la pudeur coutumière. La force persuasive que me confère mon Touareg est engendrée non seulement par l’appropriation que je m’en fasse moi-même de ces petites commodités, de sa prestance, mais également de l’assimilation que se fassent les autres de moi par rapport à cette monture. C’est pourquoi, la fille qui m’accompagne dans mon aventure confond la fraîcheur de la climatisation avec ma tendresse. Elle associe la robustesse du véhicule à ma virilité avérée. Le confort du siège est synonyme, pour elle, de ma douceur. A côté de moi, elle rit dès que je profère mot, si incongru soit-il. Elle me trouve marrant, séduisant et charmant. Tout comme elle trouve les autres, ceux à qui la chance n’a pas octroyé ce luxe, des gueux, des sous hommes, des pauvres diables exécrables laids. A côté de moi, elle peut dédaigner les petites gens roulant dans de petites voitures. Rien que doubler une Carina, une 190 est une preuve convaincante de la misère ambulante dans laquelle se cantonnent ces propriétaires d’infortune. Petit, restera-t-il éternellement à ses yeux, sans aspérité aucune et ne saurait être digne d’un quelconque intérêt de séduction. Quand, j’allume les phares de ma chose, c’est, dans sa perception, une mise à nu des autres nains qui se livrent à circuler dans des véhicules aussi nains que leurs propriétaires.

C’est donc vous dire, chers internautes, que cet objet mobile m’a permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui. Respectable et respecté, intelligent par ce qu’on m’attribue tous les génies des concepteurs de ce véhicule. Automatique par ce qu’on m’attribue l’automatisme de ma monture. Je les comprends, toutes ces filles qui meurent d’envie d’être à mes côtés. Je les comprends quand elles refusent la cacophonie peu galante des 190, le clapotis de cardans, peu amène, des Carina. Je conçois qu’elles préfèrent faire l’amour, dans l’air frais tout parfumé de mon Touareg, qu’endurer une séance, sur le compte de l’amour sous une baignade dans la sueur provoquée par la chaleur torride de ce mois d’août, que ne puisse qu’aggraver l’univers d’une 190 ! Je les comprends donc, chers internautes, quand elles s’attachent à moi, à ma voiture qui est également un peu moi.

Ceci n’est guère un plaidoyer en faveur des Touareg. Seulement chers messieurs, je vous donne un conseil : Ne perdez pas le temps à acquérir un Touareg. Vous êtes insupportables, il vous rendra plus que supportable. Vous êtes hideux, il vous transformera toute beauté. Vous êtes lourds, il vous adoucira et vous rendra plus intéressant que vous ne le pensiez. Devenez Touareg, chers messieurs. Recouvrez la personnalité que vous avez tant recherchée. La personnalité vénérée, adulée, amadouée. Un Touareg !

 




Manœuvres militaires américano -mauritaniennes annoncées à Nouakchott

3082007

La Mauritanie et les Etats-Unis d’Amériques (USA) ont entamé des manœuvres militaires dans la région du Hodh Echarghi (Est de la Mauritanie) dans le cadre de la lutte, notamment contre le terrorisme et le trafic de la drogue, a annoncé jeudi l’ambassade américaine à Nouakchott.

« Les forces armées et de sécurité de la Mauritanie et des USA ont commencé mercredi 1er août une session de formation commune dans le Hodh Echarghi » (près de la frontière avec le Mali), affirme l’ambassade dans un communiqué dont une copie a été reçue à APA. Prévue pour durer mois, la session, sera consacrée aux « défis de l’immigration, du trafic de drogue, et à la surveillance des frontières contre les groupes terroristes », ajoute le document.

La région du Hodh Echarghi se situe dans la zone dite « triangle de la mort » où sévissent des groupes armés parmi lesquels le GSPC algérien, aujourd’hui autoproclamé branche Al Qaïda du Maghreb, et d’anciens rebelles venus du nord du Mali. En outre, des individus qualifiés de « bandits armés » s’y adonnent à la contrebande et au trafic d’armes et de produits prohibés comme la drogue.

Washington travaille étroitement avec Nouakchott et d’autres partenaires dans la région, « pour atteindre l’objectif commun, d’assurer la stabilité à long terme des régions du Sahel et du Maghreb » , ajoute le communiqué.En juin, dernier, un journal américain avait annoncé l’existence en Mauritanie d’un centre américain de détention, mais l’information, reprise par la presse nationale et étrangère, avait été démentie avec force par les autorités de Nouakchott

Note: Info source : Agence de Presse Africaine




Chronique Mansour

5082007

 

Sitôt que s’est architecturé l’espace transitionnel entre l’utérus et la périphérie de la blastula, celle-ci organise – en écho ? Analogiquement ? Sans commune mesure ? En tous cas : dans le temps immédiatement contigu –  une trifoliation interne, fondatrice des grands systèmes physiologiques du futur petit humain. Voiles sur voiles, l’Un se drape pour paraître… En réalité, on devrait parler, non pas d’une, mais de deux trifoliations. Entre la face interne du placenta et la couche externe de l’embryon, il existe, en effet, une nouvelle zone  d’échanges, de type lymphatique, les fameuses « eaux » dont la « perte » signifiera, dans quelques mois, l’imminence de la naissance. Quoiqu’internes au placenta, ces eaux proviennent du système lymphatique maternel et influent directement – par  voie de contact immédiat – avec la couche externe de l’embryon. Entend-on la nuance entre « influer avec » et « influer sur » ? La grossesse est un état global, susceptible de modifier durablement les processus biologiques de la mère. On a pu voir ainsi un cancer de l’utérus, détecté lors d’une première visite prénatale, inhibé par le développement de l’embryon et « endormi » durant plus de vingt ans, sinon définitivement annihilé… 

 

On entrevoit aisément le caractère ionique, voire vibratoire, de ces échanges, où les situations d’osmose jouent un rôle capital, notamment dans la régulation de l’interactivité. Gageons que ces aspects, variablement quantifiables, ne constituent que des points de vue sur une réalité encore mal connue, et dont la connaissance totale – rappelons une nouvelle fois ce fondement de notre relativité existentielle – est interdite, à jamais, à notre raison. Cette restriction ; qui n’épuise en rien notre soif de science : la situe simplement en toute humilité ; est d’autant plus précieuse que la couche externe de l’embryon, directement concernée par ces échanges, va bientôt devenir le lieu de tout le système relationnel de l’individu : épiderme, ongles, émail, et, plus significativement encore quant à nos modes d’entendement, l’ensemble de notre système nerveux, central et périphérique (cerveau, organes sensoriels et circuits neuronaux). Contrairement à une idée tenacement ancrée dans l’imaginaire populaire, le cerveau s’élabore, non pas à partir d’une centralité profondément enfouie dans l’univers embryonnaire, mais bien à sa plus externe périphérie, en relation directe avec les eaux placentaires. 

 

Arrêtons-nous un instant sur la nature lymphatique de ces liquides. La lymphe constitue l’essentiel du milieu extra-cellulaire (près de 70 % de nos réserves hydriques), liant littéralement, non seulement des groupes spécifiques de cellules au sein d’une unité organique, mais aussi les organes entre eux. C’est un système global de communications de proximité, assurant, de proche en proche, les équilibres fondamentaux de notre organisme. Il diffère du système sanguin, bien moins diffus et strictement canalisé quant à lui, par la lenteur de ses flux, limitant notamment le déplacement des micro- et macrophages, chargés d’éliminer les déchets, cellules mortes, bactéries et autres corps étrangers indésirables. Il s’y propage des vagues ioniques dont les effets se font ressentir dans un grand nombre de cellules en même temps, houles périodiques bien plus souvent que tsunamis – heureusement exceptionnels, et largement limités, justement, par cette lenteur fluviale si remarquablement complémentaire de la vitesse des flux sanguins. Variablement limitée dans l’étendue et le contenu de ses variations par toute une complexité de parois et de membranes variablement poreuses – on se souviendra, là encore, du mode de fonctionnement de l’osmose – la lymphe se comporte de fait comme un seul et même élément, assurant une continuité physiologique à notre organisme entier, de la pointe des cheveux au bout des orteils, de la plus humble cellule à l’organe le plus complexe. 

 

En ces diverses considérations, s’agit-il de minimiser la force de l’inné, du capital génétique spécifiquement réuni pour donner vie à l’être, unique, qui s’élabore dans la matrice mystérieuse ?  Le débat, fréquemment soulevé, semble vain. En remarquant l’enchâssement interactif de l’embryon dans une totalité dont il est partie prenante, comme un nouvel organe temporairement complétif d’une réalité évolutive, on pressent une indivision du sens entre l’inné et l’acquis, bifaces d’une symbiose appelée à un déploiement inouï. Certes, l’enfant n’est pas encore né. Cependant, la force du lien entre sa propre pulsion de vie, manifestement émergente de l’embryon différencié, et celle de son environnement, encore limité à l’enveloppe utérale, signale la probabilité d’un plan supérieur de manifestation, où se réalise – s’est déjà réalisée ; se réalisera bientôt ? – la nécessité existentielle de ce lien. Simple hiérarchie d’emboîtement ? La proposition pose, dans ses développements logiques, non seulement la question de la finalité de la complexité croissante, mais aussi, celle de sa source : de toutes parts, le parfum d’une métaphysique transcendante nous interpelle. Et certes : on peut se boucher le nez ou, en toute bonne foi, avoir l’odorat atrophié, plus ou moins durablement… 

 

 

 

 




lettre ouverte

7082007

 

                                               

A Mr le Premier ministre chef du gouvernement

 

 

J’ai l’honneur de vous exposer les faits suivants, car je ne peux rester indifférent au sort réservé à mes frères cadres de Kiffa –Ghadima, depuis votre nomination en qualité de premier ministre.

Il est à préciser que KIFFA-GHADIMA est une entité composée d’autochtones divers : (maliens – soninké –burkinabé,  sénégalais, maures- Poulhar- Haratines).

Tous mauritaniens à part entière de mère  mauritanienne, tous nés à Kiffa, et dont les pères ont crée le village KIFFA-Ghadima le 16/11/1907.

Cet harmonieux cosmopolitisme humain, descendant de tirailleurs administrateurs de colonie, commerçants, transporteurs, fonctionnaires de l’administration coloniale, Dioulas, paysans, est  une véritable symbiose de civilisations, riche, qui en fait la fierté de ses fils.

Cela étant chaque fils de
la Ghadima a ses affinités et ses alliances, cela compte tenu, d’une  structure sociale traditionnelle.

Ainsi les habitants de KIFFA- Ghadima ont toujours joué le rôle d’émancipation, rejetant souvent la politique de la béquille, les jeux d’influence au niveau de la région  de l’Assaba.


La Ghadima a toujours été assimilée à une tribu au même rang : (Sidi Mahmoud- Chratite- Laghlal…)

L’ensemble de ces tribus ne pouvaient jouer une carte politicienne, sans au préalable la  participation des délégués de
la Ghadima.

A titre d’exemple lors de la précédente campagne présidentielle nous avons participé au jeu démocratique suivant nos propres ressources, dans le respect absolu des institutions de
la République, et, à qui nous semble le meilleur.

Cela étant, nous avons constaté que plusieurs cadres, issus de certaines tribus ont été nommés dans les meilleurs délais : (ministres -secrétaires généraux -ambassadeurs-  directeurs …)

Quant à nous autres cadres de KIFFA Gadima : (docteurs –ingénieurs- professeurs- instituteurs etc.), nous n’avons   pas été associés à ce dosage gouvernemental.

On a même osé, mettre à  l’écart certains de nos cadres. Peut-être que certains ont voté pour Sidi O/  Cheikh Abdallahi ?

Il est temps de nous donner la part de notre gâteau, au même titre que l’espace politico -tribal national.

Comptant sur votre bienveillance et sachant aussi, que vous avez  passé une bonne partie de votre enfance à KIFFA, où  vous avez  fréquenté l’école I de Kiffa en compagnie d’un bon  nombre d’élèves de
la Gadima de votre génération, vous devenez par excellence connaisseur du terrain.

 

Dans l’attente d’une suite, veuillez agréer Mr le premier ministre, l’expression de mon profond  respect.     

Fouad Barrada Aziz

Instituteur retraité




Sahara /La solution de dernière chance

7082007

Sahara : 

La solution de dernière chance 

 

Le roi Mohammed VI a souligné que le Maroc a participé de bonne foi au premier round des négociations avec le Front Polisario sur la question du Sahara occidental, tenu en juin dernier à Manhasset (banlieue de New York) sous les auspices des Nations unies et demeure constamment disposé à négocier, « mais uniquement à propos de l’autonomie, toute l’autonomie et rien que l’autonomie ». 

« L’autonomie convenue de façon consensuelle ne peut être envisagée que dans le cadre de la souveraineté du Maroc, pleine, pérenne, inaliénable et ne souffrant aucun marchandage et ce, dans le respect de son unité nationale intangible et de son intégrité territoriale une et indivisible », a souligné le souverain alaouite dans un discours prononcé à l’occasion du huitième anniversaire de son intronisation, célébré le 30 juillet dernier. 

Rabat a soumis à l’ONU, en avril dernier, un projet d’autonomie pour le Sahara occidental visant à « mettre fin à l’impasse » de plus de trente ans sur le statut de l’ancienne colonie espagnole. Les indépendantistes du Front Polisario ont rejeté ce plan qui consacre la souveraineté marocaine. Ce projet prévoit, entre autres, la mise sur pied d’un gouvernement, d’un Parlement et d’une autorité judiciaire autonomes. 

« En tout état de cause et si longues et laborieuses que puissent être les négociations, nous garderons notre main tendue en direction de toutes les vraies parties concernées par un règlement politique de ce différend artificiel, dans l’espoir de les convaincre de l’opportunité historique qu’offrent ces négociations », a indiqué Mohammed VI. 

Le deuxième round des négociations entre le Maroc et le Front Polisario sur la question du Sahara occidental aura lieu le 10 août, toujours à Manhasset. 

Le souverain chérifien a, en outre, formé le vœu de faire en sorte que ces pourparlers soient « une victoire pour toutes les parties, pour le droit et pour la légitimité ». « Nous y voyons également l’occasion de faire prévaloir l’esprit de fraternité, de bon voisinage et d’unité maghrébine », a-t-il ajouté. 

Le roi s’est également dit « pleinement confiant que le processus d’autodétermination consensuelle, connaîtra un heureux aboutissement, d’abord avec l’aide de Dieu et ensuite grâce à l’unanimité nationale, y compris les Sahraouis qui s’y sont tous investis sans exclusion ni discrimination aucune ». 

« S’il est une qualité distincte dont le Maroc peut se targuer actuellement, c’est bien celle dont le Conseil de sécurité de l’ONU et à travers lui, la communauté internationale tout entière, l’ont crédité en qualifiant de sérieuse et crédible notre initiative pour la négociation de l’autonomie de nos provinces du sud », a-t-il fait savoir. 

Il s’est également dit satisfait de la position du Conseil de sécurité des Nations unies qui appuie « notre Initiative et la qualifie de sérieuse et crédible, ainsi que de tout parrainage onusien responsable et constructif, permettant d’engager, à son sujet, des négociations substantielles et sincères ». 

Le chef du Polisario, Mohamed Abdelaziz a lui jugé mardi « figée et intransigeante » la position du roi du Maroc Mohammed VI. « Le roi du Maroc vient de confirmer à la veille du deuxième round des négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc, une position on ne peut plus figée et intransigeante concernant le conflit du Sahara occidental ». « Le roi (…) veut s’arroger le droit de fixer unilatéralement les règles du jeu en imposant le cadre et la finalité des négociations » alors que « l’Onu avait appelé à des négociations sans préalables », souligne le chef du Polisario. Pour lui, « l’Autonomie ne peut être au plus qu’une option comme celle de l’indépendance, lesquelles doivent être soumises au choix démocratique et souverain du peuple sahraoui à travers un référendum d’autodétermination libre et transparent, organisé et supervisé par l’Onu », souligne M. Abdelaziz. 

Une manière de monter les enchères à la veille des négociations. En même temps de rappeler que le Polisario n’entend pas se rendre aussi simplement. Même s’il doit faire face à la pression internationale, lassée par un conflit qui dure et qui lui coûte. C’est pourquoi l’ensemble de cette communauté a vu dans la proposition marocaine, une chance de régler définitivement la question. Reste à savoir quels seront les avantages qui seront accordés au Polisario d’une part, et à l’Algérie d’autre part. 

 

Source : La Tribune n°361 




Verdict clément ou injuste sentence ?

7082007
Verdict clément ou injuste sentence ? 

 

La Cour criminelle de Nouakchott a condamné la semaine dernière trois djihadistes présumés à des peines de prison ferme allant de trois à cinq ans, le tribunal n’ayant finalement pas retenu les chefs d’accusation de « haute trahison » et « d’appartenance à un groupe terroriste ». Deux autres accusés, sur 14 au total, ont été condamnés à deux ans de prison avec sursis. Les neuf autres prévenus ont été acquittés, alors que la peine de mort et des peines de 10 à 30 ans de prison avaient été requises à l’encontre de douze accusés. 

Tahar Ould Biye, menacé de peine de mort pour « haute trahison et port d’armes contre son pays », a été condamné à cinq ans de détention ferme après requalification des chefs d’accusation, ramenés à ceux de « faux et usage de faux et falsification de documents », a déclaré le président du tribunal, Moulaye Ely Ould Moulaye Abderahmane. Le président a notamment évoqué l’utilisation illégale de passeports étrangers et de pièces d’identité mauritaniennes falsifiées. 

Tiyib Ould Salek et Ely Cheikh Ould Ahmed Vall, contre lesquels avaient été respectivement requis la peine de mort et 30 ans de prison ferme, ont été condamnés à trois ans de prison ferme, également « pour faux et usage de faux », a ajouté le juge sans fournir d’autre explication. Sept autres accusés menacés de peines de 10 à 30 ans de prison et deux prévenus contre lesquels aucune peine n’a été requise, ont été acquittés. 

L’avocat Mohamed Ould Ahmed Miske a expliqué cette décision par le fait que « la Cour n’avait pas de preuves suffisantes pour condamner les prévenus sur la base d’activités terroristes ». Les deux hommes menacés de la peine capitale auraient, selon l’accusation, participé à une attaque en 2005 contre la base militaire mauritanienne de Lemgheyti (nord-est) où 15 soldats mauritaniens avaient trouvé la mort. Cette attaque avait été officiellement attribuée au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC algérien, aujourd’hui autoproclamé branche d’Al-Qaïda au Maghreb). Dix autres prévenus étaient accusés notamment d’ »appartenance à un groupe terroriste, participation à des entraînements à l’étranger ainsi que falsification et usage de faux ». « Il n’y a que des aveux (obtenus sous la torture selon les avocats) et aucune preuve n’a été déposée par le parquet », a souligné Me Ould Ahmed Miske. 

Dans la salle d’audience, la stupeur provoquée par l’énoncé du verdict a cédé la place à la joie parmi les 200 spectateurs, principalement des membres des familles des prévenus. 

Selon l’avocat, le président du tribunal dispose d’un mois pour rédiger le texte expliquant le verdict de ce procès ouvert le 25 juin. Tous les accusés avaient été arrêtés lors de rafles conduites dans les milieux radicaux de Nouakchott en mai 2006. 

Le 5 juin, la Cour criminelle de Nouakchott avait acquitté 24 autres islamistes jugés pour « appartenance à des organisations non-autorisées » et condamné par défaut un des accusés à une peine de deux ans de prison. 


Le parquet a fait appel du verdict. Dans un communiqué rendu public au lendemain du verdict, le parquet souligne qu’il « suivra cette question au niveau de toutes les instances judiciaires compétentes jusqu’à ce que justice soit rendue à tous les mauritaniens« . Le parquet dit « avoir été surpris par les jugements de clémence » prononcés par la cour criminelle du tribunal de Nouakchott. Il précise enfin qu’il a présenté, au cours des plaidoiries « des preuves suffisantes pour condamner les prévenus aux peines demandées pour les actes qui leur sont attribués« . 

 

Mouvement dans la muette 

 

C’est finalement le colonel Mohamed Ould Mohamed Salah, nommé il y a quelques semaines chef d’Etat Major adjoint, qui remplacera le colonel Abderrahmane Ould Boubacar. Adjoint au moment du coup d’Etat d’août 2005, Ould Boubacar est naturellement promu chef d’Etat Major des Armées. Ayant apporté sa caution au coup, il devient le deuxième homme de la junte après le colonel Ould Mohamed Val. Sur le papier du moins. Une sorte de conflit de génération va opposer sourdement les membres du CMJD. Les uns prendront le parti du colonel Eli Ould Mohamed Val, les autres celui de son cousin le colonel Mohamed Ould Abdel Aziz, commandant du BASEP et véritable maître d’œuvre du coup du 3 août. Si les uns hésitent à mener à son terme le processus de démocratisation, les autres poussent vers le respect des engagements et optent pour un processus ‘contrôlé’. Les ‘cadets’ l’emportent et obtiennent ce qu’ils veulent. Seul le président du CMJD quitte réellement les sphères du pouvoir. Commence alors une ‘réorganisation’ de l’Armée qui est lue comme une ‘dé-Elitisation’ parce qu’elle touche les amis et alliés de l’ancien chef d’Etat. C’est d’abord le colonel Ould Cheikh Ould Alem, chef d’Etat Major adjoint qui remplacé. C’est maintenant Ould Boubcar qui s’en va. On le dit démissionnaire après avoir essayé de faire un mouvement au sein de l’Armée qui n’a pas été accepté. Vrai ou faux, l’image que cet homme laisse n’a rien à voir avec celle des officiers de sa génération : réservé, peu porté sur les honneurs et sur la matière, il dégage l’austérité qui sied à un guerrier hassane de son rang. Pour cela peut-être qu’il reste apprécié par les officiers. En tout cas mieux et plus que son successeur. 

 

Relations «douteuses»

Une bonne partie de la classe politique mauritanienne s’interroge sur les vraies intentions américaines en Mauritanie et l’ampleur de la coopération militaire qu’entretiennent les deux pays, depuis l’annonce, par les médias, de l’organisation des manœuvres militaires mauritano-américaines dans le sud-est du pays, sur la base d’un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis à Nouakchott. Le député Mohamed Mahmoud Ould Lematt, vice président du RFD et président de son groupe parlementaire, a critiqué dimanche dans une interview avec la chaîne iranienne «Al Alamia» cette relation qu’il a qualifiée de «douteuse».  

Il a fait remarquer que les manœuvres militaires qui se tiennent actuellement dans l’Est mauritanien n’ont pas été annoncées officiellement par les autorités et posent un certain nombre d’interrogations quant à leurs vrais objectifs et les pays qui y participent. M. Ould Lematt a révélé que les députés ont essayé d’avoir des éléments d’information sur la question mais que la réponse du gouvernement a été toujours «imprécise et absurde». Pour le président du plus grand groupe parlementaire de l’opposition, «les relations dans le domaine militaire avec les USA ne pourront que nuire à la Mauritanie et l’expérience américaine dans des pays islamiques n’est pas encourageante». 

«Face à cette attitude du gouvernement et en l’absence de la transparence dans ces relations, nous ne pouvons plus croire aux affirmations du gouvernement quant à l’absence de centres de détention américains sur le sol mauritanien», a encore précisé Ould Lemat, faisant allusion aux informations publiées en juin dernier par la presse sur la présence des unités militaires et des centres de détentions américains en Mauritanie. Le RFD, parti de M. Ahmed Ould Daddah, chef de l’opposition mauritanienne, compte 15 députés à l’Assemblée nationale. (Agence de Presse Africaine) 




Libre à vous, monsieur le président…

7082007
Libre à vous, monsieur le président… 

 

 

« Lorsqu’un homme crie : « vive la liberté », il pense évidemment à la sienne ». On peut sans lèse-majesté confronter cette expertise de Bernanos à la récente sortie présidentielle. Tant la liberté y figure à bonne place. Tellement le président y prend de libertés personnelles. Dans son décor hivernal de choc. Si loin des taules chauffantes et surpeuplées, ensevelies dans les dunes, sous les feux d’un état  pyromane.   

 

Liberté retrouvée 

Dans son improvisation cathodique, le président a fortement plaidé pour la liberté d’expression. A juste titre, il illustre officiellement que cet acquis marginal d’une transition ratée s’enracine enfin dans l’opinion. Non pas par la force d’une loi imposée par un régime illégitime et agissant sous la contrainte. Ni en raison d’une veille citoyenne de renom. Ni en vertu d’un surplus démocratique inscrit à son nom. 

Non, la liberté d’expression retrouvée n’était pas vraiment perdue. Inscrite dans le tempérament indigène, elle fut délibérément dédiée aux tentations serviles et endémiques. Liberté illimitée d’applaudir. Sans raison ni interruption. Liberté impunie de punir toute critique. Liberté compétitive de privatiser et de personnaliser la chose publique. Liberté outrée de braquer les gazras du domaine de la république. Liberté innée de marcher sur les platebandes de l’autorité étatique. Liberté fondatrice de s’imposer à son voisin. 

Dans son plaidoyer pour les excès de liberté, le président va jusqu’à légitimer la liberté nocive du journalisme multiservice qui s’acharne et épargne alternativement. Il prend même l’excessive liberté de dénoncer le devoir d’information qu’il accuse de suralimenter la famine et ses nuits sans lumière ni fin. Tout en s’offusquant sans mesure des réserves murmurées par sa timide opposition. Toutes mauvaises herbes dans les vertes prairies de sa présidence. Un jardin d’hiver pour radoucir la sécheresse du discours dans la conscience des braves gens. Drôle de plaidoyer pour la liberté de parole qui en abuse tant dans l’ameublement de son entregent: « men3oum e3lih outewv » (sacré lui, pour de bon !) comme disent les mémés dans les «bidondunes» d’avant. 

 

La bataille des cent jours 

Pour autant le vainqueur du premier tour de la présidentielle ne remporte pas la bataille des cent jours de son avènement. Une chicane politicienne sur le parcours ingrat de son gouvernement dont il pouvait se dispenser allègrement pendant son mandat d’«omniprésident». Tout un quinquennat durant. Mais le chef de l’état choisit de prendre les devants. Et il est le seul maître de son temps ! 

Sur le fond comme dans la forme, le président qui « rassure» devient de plus en plus sûr de lui et de moins en moins rassurant. Face à ses ralliés du second tour et du gouvernement, il est plus qu’entreprenant. Voire dirigiste et dominant. Pour qui reçut son premier discours à la nation comme une volonté de justice et de changement, son interview hivernale limite les encouragements. Comme pour les populations démunies, son économisme savant ne prévoit pas de répit dans les crises du moment. 

En se désolidarisant de son premier ministre sur la reconnaissance officielle de la responsabilité historique de l’état, le président abandonne les questions nationales aux sabotages partisans. Aux tropismes menaçants qui croisent de conserve contre le cours des évènements. Les déportés du futur en sont définitivement amalgamés aux rapatriés d’ailleurs et autres victimes d’antan. Aux immigrants errants et envahissants. Les panarabistes survivants s’acharnent contre des panafricanistes conjoncturellement conciliants. Malgré leur retenue du moment, ces derniers sont conspués tels des ennemis intransigeants. Comme pied de nez à l’unité de la nation, on ne peut imaginer plus menaçant. A l’heure où dans l’armée les purges se succèdent en additionnant les raisons de soulèvement. Le chef d’état-major qui vient d’être écarté n’est-il pas souvent cité comme l’officier le plus populaire au sein des troupes et leur chaîne de commandement? 

 

                                                                                                                                                                            Cheikh Touré 

 

Source : La Tribune n°361 




LES DROITS DE L’HOMME

7082007
Courrier : 

 

LES DROITS DE L’HOMME 

 

Le nouveau gouvernement mauritanien à engagé un combat « tous azimuts » ! Pour n’évoquer que les thèmes dont on parle le plus, à savoir : 

L’unité nationale, 

La suppression de toutes les formes d’esclavage, 

Le respect des droits de l’homme, 

Le «passif humanitaire»…merveilleux euphémisme… 

Je voudrais aujourd’hui prendre comme sujet de réflexion, un certain aspect du «respect des droits de l’homme», Et pour ce, décrire ce que j’ai vécu ces jours derniers ! 

Monsieur Samba Sy est ânier, mon fournisseur d’eau et mon voisin dans le quartier autour de

la Mosquée Sidi Nour à Arafat ! J’apprécie beaucoup cet homme, car il est ponctuel, ses prix sont corrects, et ses fûts sont, chose non négligeable, toujours bien entretenus. 

Le 20 Mai dernier, il fut victime d’un accident de la voie publique comme on dit en jargon officiel. Une Mercedes heurta assez violemment sa charrette, il fut projeté sur la chaussée, gravement blessé il dut passer plusieurs jours à l’hôpital. Sa charrette et ses fûts furent totalement démolis, seul l’âne s’en sortit sans dommage ! 

Monsieur Samba Sy reçut du médecin un certificat d’incapacité de travail pour 30 jours ! 

La procédure commença… Il dut retourner plusieurs fois à l’hôpital pour obtenir le rapport du médecin sans lequel le commissariat ne pouvait terminer le dossier ! Il dut également retourner plusieurs fois au dit commissariat, tous les jours entendant la phrase : Reviens demain… Tout cela occasionnant des frais à ce père de famille déjà sans ressources : Taxi aller/retour à chaque fois ! 

Enfin le 30 Juillet, il vint me voir, nanti du fameux dossier, et je lui proposais de l’accompagner à l’assurance. 

Quelques jours plus tôt, ne pouvant plus supporter de voir cet homme inactif et soucieux, je lui avais prêté la somme nécessaire pour acheter une charrette et  2 fûts ! Je voudrais souligner le mot « prêté ». je suis européenne ce qui ne veut pas automatiquement dire que je suis riche, beaucoup s’en faut, et chez moi l’argent ne pousse vraiment pas sur les arbres…Il s’agit tout de même de 36000 um ! 

Le mardi 31 Juillet, je l’accompagnais au siège de l’assurance qui je dois le faire remarquer s’honore du titre «Assurance Islamique» ! 

Le préposé à nous recevoir ne semblait pas exagérément heureux de notre visite, et m’expliqua en me donnant une feuille blanche qu’il avait besoin d’une demande de «transaction  ! Chose faite en 10 secondes. L’employé fit entrer une femme qui sur une chaise se prélassait au soleil dans la cour, pour qu’elle nous délivre un reçu de cette demande de transaction ! Ceci fait, sans dire un seul mot, faisant de la main le même geste que ma voisine pour chasser ses chèvres, elle me montra qu’il fallait que je retourne au bureau d’ou je venais… 

L’employé pris le reçu, feuilleta son registre jusqu’à la date de l’accident qui avait été enregistré,  examina plusieurs fois si tout était exact, écrivit quelque chose sur le reçu, et sans rougir me le rendit en disant : Ici, est la date pour le rendez vous… 

 

En regardant la date, j’eus l’impression qu’un disjoncteur dans ma tête venait de sauter… Je pus lire : 31 Octobre 2007 ! A ma première question, si cette date était une blague, l’homme répondit : Non, Madame, avec la seconde je voulais savoir si quelquefois il aurait tendance à se payer ma tête, il répondit d’un air très offusqué : Bien sur que non Madame… Mais c’est la loi !!! 

Ah oui ? Et laquelle s’il vous plait ! Nous vivons en République ISLAMIQUE de Mauritanie ! Etant moi-même  musulmane je ne peux, je ne veux, je refuse de croire que la loi islamique oblige ou même autorise à laisser un citoyen dans le besoin le plus complet des mois durant… Où y a-t-il un détail qui m’a échappé ? 

Des amis à qui je racontais cette histoire, pensant éveiller leur indignation me répondirent en haussant les épaules : Que veux tu ? C’est comme ça ici,on ne peut rien faire !!! 

Si mes chéris, on peut faire quelque chose… On peut par exemple taper du poing sur la table, s’adresser a de plus hautes instances… 

Nous avons un nouveau gouvernement qui à promis le changement, la démocratie et la justice… frappons aux portes des responsables, obligeons les à faire respecter les « droits de l’homme » ! Cet homme doit pouvoir jouir de ce droit FONDAMENTAL qu’est le droit au travail ! Nous ne pouvons plus, avec fatalisme « tout accepter », il ne faut plus baisser les bras… Nous DEVONS nous défendre et ainsi défendre les droits de nos enfants… 

Il ne faut plus se taire comme l’a fait un ami qui victime d’un accident l’année dernière, entendit de l’assurance qu’il avait droit à un dédommagement de 70 000 um, et ressortit de la dite assurance avec 25 000… Ce qui ne suffisait pas pour faire réparer sa voiture !!! C’est un scandale et indigne d’un pays comme la Mauritanie ! 

Ne me dites pas que je pense «européen» car si c’était le cas je calculerais, par exemple chaque jour ou Monsieur Sy n’a pas pu travailler et ferais la facture de sa perte de gains, pour l’envoyer à l’assurance !!! 

Vous pensez que je fonce contre les murs ? C’est votre droit le plus strict… mais je peux vous affirmer par expérience, qu’à force de frapper toujours de nouveau contre le mur, il finit par céder, et moi, je ne me découragerais sûrement pas ! 

 

Maryam Brodowski 

 

Source La Tribune n°361 




Déportés Mauritaniens

7082007
Dans les labyrinthes de l’espoir d’un retour annoncé 

 

 

 

Dr. Abderrahmane NGAIDE* 

 

 

 

«La guerre est finie et, dans le tumulte, je cherche la joie sans la trouver. Je ne rencontre que des êtres au visage grave, au regard blessé. Ebranlés par l’expérience qu’ils viennent de vivre, on dirait qu’ils n’arrivent pas à en saisir les implications. Elle semble se situer au niveau de la légende autant que de l’Histoire. L’accumulation d’angoisse et de colère avant le déchaînement, le renversement des rôles : tout s’est passé trop vite, trop brusquement. Vainqueurs et vaincus auront besoin de temps pour reprendre haleine et aussi pour cerner le sens et la portée de l’événement», Elie Wiesel, citant un extrait d’un carnet de voyage dans son roman : Le mendiant de Jérusalem, Paris, Seuil, 1968, p. 9. 

 

Une victoire sur notre peur commune ? 

 

Depuis quelques semaines le retour des réfugiés mauritaniens basés au Sénégal[1] et au Mali domine l’actualité. Le courage du nouveau régime croise le fer avec la témérité des tenants d’une Mauritanie où l’exclusion doit être instituée comme une règle indépassable de l’intolérance. Mais l’Etat reste le plus fort après tout. Les extrémismes de bas étage ont du chemin humain à parcourir et des idéologies à affiner pour être du monde et participer à la marche de l’intelligence. Le parcours est si long, les héritages extrêmement lourds pour que les sentiments rétrogrades se trémoussent dans le lit moelleux de la reconnaissance d’un tort et les tentatives pour régler de manière intelligente cette gangrène républicaine. Un pas important a été franchi ; et franchement tous les Mauritaniens auraient du, dans un même élan, célébrer cette nouvelle donne qui fait poindre l’espérance comme un horizon à consolider. 

Je dis bien tous les Mauritaniens, d’est en ouest, du nord au sud pour que le nouvel homme fort du pays puisse avoir les coudées franches, réaliser son pari et mettre le pays sur la voie de l’émergence d’un état de droit ; capable de relever les défis d’un monde qui marche vers des horizons si divers et si complexes. Les antiquaires des reliques identitaires et du chauvinisme enfantin doivent nous céder la route et observer cette caravane qui s’achemine vers le point d’eau le plus proche. Ces brigands de notre liberté doivent être socialement alphabétisés pour qu’ils acceptent ce qu’ils savent déjà ; et qu’ils se refusent de reconnaître. En effet, ils savent tout. Ils savent que le monde est métis, qu’aucun homme, aucune communauté, aucune entité si forte soit-elle ne peut marcher toute seule, vivre en autarcie culturelle, économique et sociale. Toutes les sociétés humaines ont emprunté, à un moment ou à un autre, des éléments fondamentaux de leur existence. Ces emprunts ont façonné leur culture, leur comportement et leur vision du monde qui les entoure. 

Donc le retour mérité des réfugiés après tant d’années d’exil doit être chanté et dansé comme une victoire de la société mauritanienne sur ses peurs, ses hésitations et ses errements momentanés. Cette histoire doit être assumée, revalorisée afin qu’elle s’insère dans la trajectoire globale de la société mauritanienne sans exception. Car c’est de notre histoire qu’il s’agit. C’est de notre futur qu’il s’agit. C’est de l’avenir de notre nation qu’il s’agit. C’est de
la Mauritanie qu’il s’agit. Il ne s’agit pas de ces égoïsmes mâtinés à des idéologies importées et qui n’ont pas assez de prégnance chez les humbles citoyens qui cherchent leur pitance quotidienne entre deux saisons de disette. C’est ce défi qu’il faut relever et non servir cette alimentation de l’esprit dont la saveur amère risque de nous perdre à jamais. La seule idéologie et celle qui prime aujourd’hui est de permettre à chaque mauritanien de défier le temps, d’entrer dans le monde de la « modernité » à égale chance avec ses compatriotes du monde entier. La question qui se pose à notre monde ne se décline pas en termes d’appartenance raciale, linguistique ou communautaire, mais en termes du sens de notre vie sur cette terre. Elle se pose comme un versant de notre apport intellectuel pour l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes. Elle se pose en termes d’expertise sociale : comment gérer les différences tout en encourageant l’émergence d’une citoyenneté entière capable de garantir aux individus l’impossibilité de violer leurs choix, leur multiple choix. Voilà ce à quoi doivent conduire les réflexions à faire. Voilà ce à quoi doit conduire la discussion ouverte, courageuse et tolérante. La différence n’a jamais été une fatalité indépassable. Elle me semble être le lit dans lequel se fabrique la tolérance et la mutualisation de nos aspirations les plus profondes. Le monde change et avec lui les hommes. 

 

Je suis mauritanien, c’est aussi simple que ça ! 

 

Ceux qui nient la mauritanité de ces hommes, femmes et enfants qui, malgré eux, se sont retrouvés sur d’autres rives, d’autres rivages, d’autres mondes, doivent avoir à l’esprit qu’ils n’ont pas vécu les souffrances de ces derniers, leurs privations quotidiennes, des années durant. 

Je suis réfugié depuis une vingtaine d’années déjà. Mon identité est réglementée par une convention. Il me faut argumenter et répondre à des critères prédéfinis. Je suis certainement, comme tant d’autres, un réfugié particulier s’il en existe du moins. J’ai vécu dans la profondeur de ma chair, le déchirement, l’écartèlement entre des mondes qui m’acceptent en me rejetant et cela, partout où j’ai pu traîner ma valise identitaire vidée de son contenu. J’étais comme ce paria à la recherche de ma personnalité dans le sens philosophique du terme et non de mon bien-être matériel. Mon bien-être à moi était de me sentir Être Humain à part entière, capable de servir partout ; et non un homme à part, quelque part derrière les remparts de l’insouciance ou de la compassion. Nous avons vécu les premières années de compassion, mais passé ce moment, la lourdeur de notre présence se fit sentir et la compassion céda la place à autre chose que je n’arrive pas encore à comprendre dans mes nuits d’exilé. L’exil doré n’existe nulle part et Maawiya ne me démentira pas. C’est la quête permanente de cette chose si proche et si insaisissable. C’est cette chose immatérielle qui nous ronge. Ce n’est point cette nostalgie, mais ce vide que crée en nous une absence. C’est cette racine qui refuse de mourir. C’est cette transplantation que notre corps rejette. C’est ce long coma duquel on peine à sortir. C’est cette chose inexplicable qui nous ronge nuit et jour. C’est ce long silence méditatif, cette folie permanente qui peuple notre univers presque vide de nous même. C’est le halo vaporeux dans lequel nous baignons. C’est l’exil de la mémoire. Où ? Comment ? Quand ? 

L’exil est une tourmente permanente, une angoisse alimentée du désir de retour. L’exil n’a de sens que quand l’espoir du retour s’annonce. Sans cet espoir, l’exilé restera pris dans les rets d’une folie intérieure. Car à la longue l’exil ressemble à un asile de fou. Désemparé devant l’absurdité de la vie, le réfugié se réfugie derrière tout. Il cherche à se départir de cet habit qui lui colle à la peau comme un stigmate honteux. C’est cela que ceux qui sont restés ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre tellement leur cœur est habité par une haine ou, pour mieux m’exprimer, par la peur que leur inspire l’Autre au point qu’ils s’oublient eux-mêmes et s’abandonnent devant une réalité têtue. Eux, exilés du dedans, tentent toujours de justifier une cause perdue d’avance : leur impuissance devant les forfaits commis, leur défaite devant leur humanité. Ils sont conscients de leurs actes et paroles, mais tiennent toujours à alimenter les rêves identitaires là où ils auraient du taire leur incapacité à se reconnaître dans l’Autre. La question qui est posée est celle du rapport à l’Autre. Cette dimension de leur ontologie qu’ils regardent avec méfiance, pour ne pas dire phobie. Injustifiée peur, qui les tenaille au point que leur esprit les quitte et que les cauchemars envahissent leurs nuits. Longues nuits de complot. Pendant que l’exilé est hanté par le souvenir d’une terre lointaine et proche, eux continuent de nier une existence. Parodie. 

Je suis mauritanien. Je ne souhaite pas le prouver. Et pourquoi ? Je le suis et c’est tout. Je suis mauritanien, né sur cette terre de mes aïeux, sur cette terre de pleurs et de rires, d’amour et de haine, de mort et de sépulture. Je suis mauritanien et c’est aussi simple que cela. Mais il me suffit de le revendiquer pour qu’on y voie un désir d’usurpation d’une identité qui me serait étrangère ? Non je ne suis pas cet étranger. Je ne suis pas cet étrange, même si par ailleurs je suis resté longtemps loin des miens. Je suis ce mauritanien qui refuse d’abdiquer devant ceux qui tentent de m’arracher le souffle qui me fait vivre. Je refuse devant ceux qui tentent, par manque de souvenirs, de me considérer comme un sous-homme. Non je refuse jusqu’à la dernière goutte de mon sang. Je refuse de mourir ailleurs. Ceux qui sont morts en exil m’ont dicté leur douleur. Chaque soir, leur spectre me hante. Leurs âmes survolent
la Mauritanie, c’est pourquoi ceux qui ne veulent pas de mon retour ont peur. Mon âme d’exilé est têtue. Elle le sera tant qu’elle n’a pas encore foulé le sol qui l’a vu se faufiler dans mon corps et me donner cette force vitale qui m’a aidé à survivre dans mon exil. 

 

Itin-errance… : sur le chemin du lendemain… 

 

L’exil est une épreuve, une persévérance, un entêtement pour revoir la mère patrie. C’est pourquoi les autres ont peur. Je suis un entêté. Je suis un réfugié, ayant vécu dans les camps de la misère. Vingt ans ! L’âge de la jeunesse et de l’insouciance ! Je suis un exilé vivant sur les chemins, mon identité en bandoulière. Elle m’accompagne sans m’envahir ni concurrencer celles que je retrouve sur mon chemin. Je suis comme « l’ivrogne dans la brousse » décrit par Amos Tutuola[2]

Je suis ce fardeau lourd et léger à la fois. Je suis le fardeau de la conscience, donc lourd. Je suis le fardeau de l’aide, donc léger car depuis plusieurs années je vis de l’aide. Je me taille une place pour me faire reconnaître. On ne me reconnaît que par mon statut d’exilé, de réfugié, d’apatride et non plus d’homme jouissant d’une nationalité, d’une citoyenneté. Je n’ai droit qu’au silence. La preuve, je vis dans un «camp». Le camp de Ndioum, Dodel, Bakel et autres, distinctifs par la couleur de leurs bâches, bleues ou vertes. Pourtant je forme avec d’autres les habitants de ce qui apparaît comme un gros village, un doublon. Mais non, je vis dans ce que l’on ne nomme pas. Nous avons tous perdu notre identité. Nous sommes recensés, numérotés, nous faisons la queue, recevons des rations par personne, par carré, par famille : des dons de la communauté internationale. Nous vivons de l’aide, de l’aumône internationale. Elle a vite tari. Je dois m’insérer dans le circuit de la survie. J’erre dans le labyrinthe d’un espoir encore inassouvi : le retour. 

Je suis ce «sujet itinérant». Mais mon voyage n’a aucune «destination précise» et «mon chemin ne mène» pas «au lieu désiré». Je ne cesse de répéter avec Achille Mbembe, comme pour me consoler de cette itin-errance  : «Ce qui est important, ce n’est … pas la destination, mais ce que l’on traverse au long du parcours, la série d’expériences dont on est l’acteur et le témoin, et, surtout, la part d’inattendu, ce qui arrive alors que l’on ne s’y attendait point. Il s’agit donc de prêter davantage attention au chemin lui-même et aux itinéraires qu’à la destination. D’où l’importance de la route». 

Ma route fut longue. Elle se déroule encore devant moi. Mais je fais toujours attention au «chemin lui-même». Car sur mon itinéraire d’autres se dressent comme des panneaux de signalisation : arrêt, stop, aire de repos, virage à gauche, à droite, douane, police, gendarmerie, chaussée glissante, verglas, ruisseau, dos d’âne, attention aux animaux, soudain un panneau qui annonce une ville, un village, un hameau. Et tout d’un coup tout devient si étrange pour moi. Je baigne dans le monde tragique de l’étrangeté. C’est mon lot quotidien. Mais comme dirait l’autre «être implique une tension tragique». 

Je pleure. Je suis perdu dans mon propre univers que j’ai quitté nuitamment obligé que j’étais de répondre à une injonction. Je rencontre celui qui, dans sa schizophrénie, m’avait réveillé une nuit de chaleur torride, un mois de ramadan. Il ne me reconnaît plus. J’ai vieilli. Non il n’a plus souvenir de moi. Il m’accueille avec un large sourire. Je me méfie et tente de me soustraire à son regard et d’échapper à ses mains grandement ouvertes. Je titube un peu, comme l’ivrogne dans la brousse. Mais, finalement je tombe dans ses bras le cœur serré comme au moment du départ. Il pleure à présent alors qu’il avait il y a quelques années un visage fermé, un ton sec et un ordre irréversible. «La conscience profonde de la culpabilité rend possible une réconciliation future[3]». 

Aujourd’hui nous tentons ensemble de panser ces plaies béantes. De lire notre histoire commune[4]. Mais quelques caciques cherchent à remuer le couteau pour nous faire saigner encore. Nous vaincrons ensemble [par les vertus de la thérapie de la parole retrouvée] et toujours ensemble, dans nos différences fondatrices de nos retrouvailles, ceux d’entre-nous que la peur continue de régenter. 


La Mauritanie ne se fera qu’avec ces deux identités qui se repoussent. 

 

 

 

Aller au-delà des intérêts particuliers : un retour réfléchi 

 

Mais pendant ce temps, la solidarité devant l’épreuve du retour s’annonce parsemée d’embuches. «Le retour, c’est le deuxième drame de l’exil» disait cette femme chilienne qui avait préféré rester en France alors que son mari était rentré[5]. Oui le retour est aussi une épreuve. L’une des plus lourdes épreuves, même si cela peut paraître paradoxale. En paraphrasant Anne-Marie Gaillard, je dirais avec elle que le retour consacre ou doit consacrer deux choses essentielles et intimement liées : lutter contre le pouvoir [dans le cas mauritanien, je pense qu’aujourd’hui, c’est pour contribuer à l’avènement d’un état de droit] ensuite il sanctifie le recouvrement de la «liberté individuelle» qui signe la défaite cinglante «du régime dictatorial». Anne-Marie distingue quatre types de retour qui peuvent nous aider à comprendre les dynamiques qui sous-tendent la volonté de retour : 

 

-                          Le retour idéologique qu’elle définit comme celui fondé sur la «conviction» que ceci est un droit et un devoir ; 

-                          Le retour stratégique qui découle d’une «planification rationnelle en termes individuelles» qui peut conduire son aspirant vers «une ascension sociale» assurée ; 

-                          Le retour nostalgique, c’est le propre de celui qui s’attache au pays et qui ne recherche aucun intérêt que celui de reprendre contact avec la mère patrie ; 

-                          Le retour pis-aller : retour circonstanciel car le conjoint veut rentrer. 

Ces quatre figures apparaîtront dans le processus de retour des exilés mauritaniens. 

 

Plusieurs intérêts se bousculent aux portillons de ce labyrinthe. Les associations se réveillent de leur longue léthargie, les hommes « épris de paix » surgissent des flancs de la misère et tentent d’arpenter cette colline escarpée et glissante sans faire attention ni penser le sort commun. Alors que le gouvernement a tracé depuis Ely sa feuille de route et ses modalités. Rentrer en rang dispersé serait la pire des choses qui puissent arriver. Le chemin choisi lui ressemble étrangement. Comment arriver à fédérer les différences structurelles et idéologiques des associations afin de neutraliser ces hommes qui veulent se mettre en avant pour leur propre personne et non pour une cause. « La cause du peuple », pour reprendre le titre de l’ouvrage entretien de Mamadou Diop Decroix et El Hadj Kassé, doit triompher sur l’égoïsme et le nombrilisme. Déjà le flot des milliards supposés fait des émules, les projets imaginaires enchantent, les places futures à partager aiguisent les convoitises. Tout cela ressemble à un festin de charognes autour de la dépouille du réfugié. Ici au Sénégal, suivant de près les agitations, je reste sceptique par rapport aux feuilles de route qui seront opposées à celle de l’Etat mauritanien qui est en train de déployer des efforts considérables pour faire de cette volonté exprimée une réalité pour asseoir une véritable réconciliation nationale[6]. Les acteurs des associations doivent trouver un terrain d’entente et prendre au sérieux ce problème qui risque, s’il n’est pas bien géré, de déboucher sur une guerre des tranchées dont personne n’a besoin. Elle a déjà débuté et depuis la première visite de Ely au Sénégal. Pour contrer les éléments qui s’agitent à l’intérieur du pays, comme à l’extérieur et qui souhaitent brouiller les pistes, nous devons leur opposer la réflexion. Nous devons lutter contre ceux qui tentent de réveiller les mouçafirin [les rapatriés mauritaniens du Sénégal] de leur torpeur, installer le doute et alimenter les sillons d’une haine inexistante contre ceux qui ne souhaitent que rentrer chez eux avec toute la dignité qui y sied. Le retour est un grand et vaste programme et doit être organisé au sein des réfugiés eux-mêmes. Un travail de fourmi est nécessaire avec l’aide de spécialistes avertis de la question des déplacés afin de limiter les effets négatifs des «angles d’incohérence» qui dessinent les contours des associations. Une coordination générale s’impose avec l’aide des bonnes volontés et de la société civile sénégalaise expérimentée et qui a toujours soutenu les droits des exilés. 

L’indemnisation est certes importante, mais ce qui doit primer c’est le «devoir de participation nationale».

 

 

Source : La Tribune 361 




* Enseignant-Chercheur au Département d’Histoire de
la FLSH/UCAD [Dakar/Sénégal]. E-mail :
thide62@yahoo.fr. Auteur de
La Mauritanie à l’épreuve du millénaire. Ma foi de « citoyen », Paris, L’Harmattant, 2006, 142 p. 

[1] -- NGAIDE, A. 2005 « L’odyssée des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Ma rewo ronka nde worgo hodda », in L’Ouest Saharien, Paris, L’Harmattan, vol 5, pp. 29-90. 

[2] Amos Tutuola, L’Ivrogne dans la brousse, Paris, Gallimard [Continents Noirs], 2000 [1952], 128 p. Pour mieux comprendre la portée symbolique de ce roman succulent, lire le texte sublime que lui a consacré Achille Mbembe : « Politiques de vie et violence spéculaire dans la fiction d’Amos Tutuola », in Cahiers d’Etudes africaines, XLIII (4), 172, 2003, pp. 791-826. 

[3] Milan Kundera, Le rideau, Paris, Gallimard, 2005, p. 131. 

[4] NGAIDE, A. 2005 « Se réconcilier, juger ou pardonner ? Les Mauritaniens face à leur histoire », in L’Ouest Saharien, Paris, L’Harmattan, vol 5, pp. 13-28. 

[5] Pour comprendre la lourdeur des dilemmes qui habitent ceux qui ont choisi le retour après plusieurs années d’exil, lire le texte de Anne-Marie Gaillard, « La dimension idéologique dans le retour d’exil. Les Chiliens réfugiés en France », in Véronique Lassailly-Jacob et alii, Déplacés et réfugiés. La mobilité sous contrainte, Paris, IRD/Editions, 1999, pp. 89-107. 

[6] Pour mesurer les exigences qu’imposent le retour lire l’article de François Grunewald, « Retour, réconciliation, réhabilitation, reconstruction. Les quatre ‘’R’’ », in Véronique Lassailly-Jacob et alii, Déplacés et réfugiés. La mobilité sous contrainte, Paris, IRD/Editions, 1999, pp. 409-429. 




La solitude d’un baobab

7082007
La solitude d’un baobab 

 

Je suis un baobab. Je suis né quelque part en Afrique. Mon âge, je ne le connais point ! Ma conscience, je l’ai prise depuis des lustres et des lustres. Aujourd’hui, je suis avachi et par le temps et par l’espace. Je suis seul au fond de nulle part ! Une contrée qu’âme ne foule du pied! Ils l’ont abandonnée, cette contrée frappé depuis de malédiction. Jadis, un paradis qu’ils n’ont su protéger contre les bas instincts et la turpitude humaine ! Une terre où coulaient les ruisseaux dans chaque coin et recoin ! Une terre toute parfumée des exhalaisons généreuses de fleurs et de bonnes herbes ! Une terre où fredonnaient les oiseaux des berceuses qui adoucissaient le sommeil des humains et des bêtes ! Aujourd’hui, seul assené au quotidien par les mauvais coup des sables mouvants, condamné à une solitude éternelle, je pleure, en silence les temps immémoriaux de cette belle cité, ensevelie par le mauvais sort !

 

Pourtant, mon ombre est témoin d’une succession d’enfants qui jouaient ; et  de leurs rires  frivoles, je me souviens encore. Ils ont grandi ici même. Ici, ils sont devenus adultes ! Puis, ils ont enfanté, ici ! Et ici, de lignées en lignées, ils se sont envoûtés de son charme atavique ! De père en fils, ils ont profité de la clémence du ciel et de l’altruisme de la nature ! La récolte des champs était une fête dont l’écho retentissait une année durant ! Leurs bétails venaient paître dans des forêts verdoyantes et leur offraient gracieusement nourriture et sécurité alimentaire. Ils étaient en paix avec la nature et celle-ci était magnanime à leur égard. Mais, ils ont épousé d’autres pratiques ! Leurs esprits étaient altérés par de nouvelles tentations. Ils ont, s’évertuaient-ils, noué de nouvelles relations. Des rapports porteurs d’espoir, se glosaient-ils ! Des ponts érigés vers le monde extérieur ! L’ouverture, disaient-ils ! Ils ont exterminé tous les animaux des savanes et des steppes. Ils ont vendu les ivoires d’éléphants, les cornes des antilopes, les peaux des serpents et des tortues, les plumes des oiseaux… Puis, ils ont abattu tous les arbres et ont vendu leur bois. Et la nature se mit en colère ! Et le ciel arrêta de pleuvoir ! Et la terre se révolta ! Les tempêtes ne transportaient plus que vents de sable, enterrant le peu de végétation qui survivait à la bêtise humaine et le grognement de tonnerres courroucés ! Et la terre qui a tant donné étouffa les échos des liesses festives de la récolte. Leurs bétails, privés des breuvages et pâturages furent décimés. Les populations s’évaporèrent petit à petit. Ils gagnèrent les villes à la quête d’endroits plus charitables. Les plus opiniâtrés du bled  demeuraient stoïquement accroché à cette terre ancestrale vivant de miettes offertes par ces roitelets des nouveaux temps qui ne connaissent point le partage. Les maladies les plus destructrices les frappaient progressivement et la famine acheva leurs jours sous ces dunes blanches où gisent encore leurs ossements. Et les autres pauvres familles que j’ai vues naître, puis grandir s’éparpillèrent dans les bidonvilles. Leurs enfants peuplèrent les rues des grandes villes suppliant les passants de leur donner quelques sous pour subsister. Ainsi, habitent en eux d’autres tentations ! Ils deviennent l’appât des toutes les dérives ! A la croisée des chemins, ils sont tentés par l’adhésion à d’autres tribus cette fois-ci. La précarité de la nouvelle vie les entraîne dans la subversion. Frustrés par les inégalités citadines, ils s’aventurèrent à investir des pays lointains. Des pays, dit-on, où la pauvreté n’est pas une tare. Des pays, où les hommes sont égaux. Ils bravèrent des risques énormes en montant parfois la mer pour se réfugier clandestinement chez des étrangers. Chez ceux-là mêmes, parait-il, qui leur ont appris à massacrer les animaux sauvages ! Ceux-là mêmes qui leur ont fait goûter l’argent du bois ! Ceux-là mêmes qui continuent à soutenir et maintenir aux commandes dans ce pays des satrapes en contrepartie de faveurs commerciales peu orthodoxes ! Un négoce qui a rendu le pays exsangue !  Mais, ceux-là ont déjà payé leur rançon ! Ils seraient insensibles, sans doute, à la désolation de leurs nouveaux hôtes ! Sourds, seraient-ils à leurs détresses ! Les douleurs de ceux parmi eux qui sont restés dans la misère et l’injustice de l’ordre établi du pays ne franchissent guère sa frontière !Au contraire, ils renforceront le contrôle des points de passages ! Ils  feront signer aux sbires de roitelets qui gouvernent cette région des papiers et des papiers interdisant la vertu hospitalière ! Ils ferment les frontières ! Et les parents damnés par la maladie continuent à vivre dans le dénuement pendant que leurs progénitures pataugent dans les pérégrinations sans fin de l’errance !

 

Abdelvetah Ould Mohamed

 

Source La Tribune n°361




7082007
NOUADHIBOU 

RETOUR DES REFUGIES:Campagne D’explication 

Le ministre de l’agriculture et de l’élevage, Correra Issagha,  a présidé ce lundi à l’ancienne maison des jeunes de Nouadhibou une réunion de sensibilisation et d’explication sur le retour des réfugiés mauritaniens au Sénègal et au Mali. 

Le ministre a dit  être venu pour expliquer la décision du président de la république de faire retourner les réfugiés, conformément à ses engagements de la campagne présidentielle et lors de son discours du 29 juin 2007. »Cette décision est un acte majeur du chef de l’état pour la consolidation de l’unité nationale » a dit le ministre. 

Selon le ministre cette décision est irréversible :’Nous devons tourner cette douloureuse page’. 

Il a ensuite abordé le dossier du passif humanitaire qui sera réglé sans ouvrir la boite de pandore. »Il n’y aura pas de chasse aux sorcières mais il s’agit de faire en sorte que ce qui s’est passé ne se répète.’ a dit M.Correra. 

Concernant les rapatriés du Sénégal il a dit qu’il s’agit d’un autre dossier qui sera traité au moment opportun. 

Deddoud Ould Abdallahi, conseiller à la présidence, a traduit les propos du ministre en hassaniya, non sans insister sur le fait que seuls ‘ceux dont la mauritanité sera prouvée reviendront.’ 

Le ministre a ajouté que la Mauritanie est un pays pauvre avec 75 % en milieu rural et 45 % en zone urbaine. Donc il faudra se serrer la ceinture. CQFD. 

‘Nous sommes venus recueillir vos suggestions qui seront prises en considération lors des journées de réflexion sur le retour des déportés ‘ conclue le ministre avant de céder la parole à l’assistance. 

Beaucoup d’interventions ont tourné autour des craintes de voir des non mauritaniens profiter du rapatriement pour revenir en Mauritanie. 

La rencontre a vu plusieurs couacs. D’abord la sonorisation était mauvaise et les discours inaudibles. Ensuite la salle était exiguë et il faisait une chaleur. Le protocole n’était pas à la hauteur. Les premiers venus se sont installés aux premiers rangs laissant des imams, des responsables locaux et notables debout. 

Le public n’était pas des mieux indiqués .Les premiers concernés devraient être des personnes ressources capables de toucher le peuple. Enfin l’élément féminin négro mauritanien était quasi absent. Ces femmes sont les principales victimes des événements de 1989 et du passif humanitaire. Beaucoup ont perdu leurs maris et /ou ont vu leurs époux déportés. Nouadhibou est après Nouakchott la ville où il y a eu le plus de bavures. 

Enfin signalons que les paroles du président transmises  par le ministre risquent de ne pas porter plus loin .Dans l’assistance, nombreux sont ceux qui avaient nié l’existence des déportations. Il fallait cibler le public. 

ATHIE YOUSSOUF 

CP/NOUADHIBOU 

 

NOUADHIBOU 

MEURTRE ET SUICIDE A MOUTAVAJIRAT 

Mohamed Mahmoud Ould Mboirik ne savait pas qu’il avait rendez-vous avec la mort ce dimanche matin quand il pénètre dans la baraque de son amante pour emprunter un réchaud à gaz. L’homme né en en 1980 travaille à la mer et faisait la cour à Moiliha épouse de Sid Ahmed Ould Dah berger de chameaux .C’était un secret de polichinelle qu’il était l’amant attitré de Moiliha dont le mari restait des mois sans se manifester. 

Donc ce 5 août à 10 heures Ould Mboirik entre dans la baraque et s’attarde un peu, quand Sid Ahmed, qui le guettait visiblement et  armé d’un fusil Mauser le surprend .Le mari n’hésite pas une seconde et tire à bout portant .Une balle traverse la poitrine de Ould Mboirik et ressort par le dos. L’homme tombe mort sur le coup. Il a apparemment tenté de se défendre .La position des mains l’atteste. La détonation attire les voisins qui accourent .Sid Ahmed arme son fusil et dit ‘Celui qui me suit est mort’ puis s’en va à grandes enjambées. Des hommes le suivent à distance .Il sort du quartier Moutavajirat.Le cadavre de Ould Mboirik est transporté à l’hôpital espagnol. La police arrive sur les lieux du crime et va à la poursuite de l’assassin. Il sera retrouvé prés du cabanon avec une balle dans la tempe. Sid Ahmed se serait suicidé selon la police. 

La femme de Sid Ahmed, sentant la présence de ce dernier, avait quitté la baraque juste avant l’entrée de son amant. 

Sid Ahmed n’avait pas donné signe de vie depuis novembre dernier et était revenu discrètement le samedi soir et avait eu le temps d’épier sa femme et son amant. 

Le meurtre était donc prémédité. L’homme a caché son arme dans les environs et a choisi le moment opportun. 

Le voisinage décrit Moiliha comme une femme sans histoires et serviable. Quand à Ould Mboirik , il est décrit comme un jeune sérieux ‘qui ne s’occupait que de son travail.’ 

Les deux familles des deux hommes sont proches et entretiennent des relations cordiales. 

Les relations coupables entre Ould Mboirik et Moiliha semblent échapper à leurs familles respectives mais les voisins n’en pensent pas moins que Ould Mboirik flirtait avec Moiliha. 

  

ATHIE YOUSSOUF 

CP NOUADHIBOU 

 Source / La Tribune 361

 




Déportés : Dénouer l’écheveau.

7082007
 

Déportés : Dénouer l’écheveau. 

Depuis quelques semaines le retour des déportés est à l’ordre du jour. Certains extrémistes crient au scandale en prétextant que des milliers d’étrangers vont en profiter pour s’infiltrer parmi les réfugiés et s’introduire en Mauritanie, un pays de plus en plus perçu comme un eldorado. Comme si ceux qui ont subi l’humiliation de la déportation et qui ont enduré un calvaire indicible pendant 18 ans hors de leur pays étaient légers au point de laisser des intrus compromettre leur retour au pays.

Comme nous l’ont confié quelques déportés que nous avons rencontrés début juillet au camp de Ndioum, la crainte ce n’est pas que des non mauritaniens s’infiltrent dans le groupe des déportés mais que des mauritaniens complètement dégoûtés et découragés, ne choisissent de rester en exil. De sorte que, quelle que soit la volonté affichée des autorités, les candidats au retour seront moins nombreux que les mauritaniens déportés.

Beaucoup d’entre eux ont décidé de rester dans le pays d’accueil ou de tenter leur chance ailleurs ; d’autres se disent que dans l’espace d’une vie, on n’a pas le temps de reconstruire sa vie deux fois. Il faut les comprendre : quand on a lutté pour s’adapter et s’épanouir ailleurs que dans son pays natal, il n’est pas facile après 18 ans de revenir pour se réinsérer, même dans son propre pays. Surtout que depuis l’ouverture de la frontière avec le Sénégal, la plupart des mauritaniens revenus continuent de galérer dans l’indifférence générale. Il est vrai qu’ils étaient revenus en ‘catimini’ à une époque où le régime ne reconnaissait pas avoir déporté qui que ce soit.

Dans tous les cas, aujourd’hui il est question d’un retour organisé. Il faut cependant garder à l’esprit que ce dossier des déportés est comme un écheveau complexe qu’il faut manipuler avec beaucoup de précaution pour en dénouer tous les fils. Déjà, les protagonistes ne s’accordent même pas sur le nombre réel des déportés. Aucun recensement fiable n’est effectué. Beaucoup de nos compatriotes ne se sont pas inscrits à leur arrivée au Sénégal. Certains ont fait la confusion en prenant les cartes destinées aux sénégalais rapatriés dans leur pays. Il y a donc lieu d’aborder la question avec beaucoup de prudence et au besoin d’étudier les questions au cas par cas. Il ne sert à rien de régler une question dans la précipitation. Pendant qu’on y est il est important de veiller à l’indemnisation correcte des victimes mais il faut surtout penser à la réinsertion de nos compatriotes. Surtout les jeunes mauritaniens nés durant l’exil et qui n’ont de leur pays qu’une idée très vague et très négative. Si l’on ne prend pas garde à la réinsertion de ces jeunes, il y a de fortes chances qu’ils aillent à la dérive et choisissent de retourner vers le pays d’accueil qui est aussi pour eux le pays natal. Il ne faut pas non plus oublier ceux nombreux qui revenus depuis quelques années, végètent en Mauritanie même, sans avoir recouvré leurs droits. Dans la vallée, beaucoup de nos compatriotes ‘rapatriés’ en 92, ont encore du mal à retrouver toutes leurs terres de culture…

Il restera ensuite l’épineux problème de la situation des responsabilités. Il est vrai que l’identification des responsables n’est pas une condition sine qua non pour les déportés ; cela reste quand même une revendication importante à laquelle il faut trouver une réponse. Il n’est pas question de soulever des questions qui risquent de compromettre l’unité nationale. Mais il faut dire que toutes les exactions commises à l’époque l’ont été avec la complicité de l’Etat. Soit qu’il les a cautionnées, soit qu’il n’a pas été en mesure de jouer son rôle. Cela revient presque au même. Aujourd’hui ce qu’il faut, c’est que l’Etat (car c’est le même,  même si les hommes à sa tête ont changé) accepte de tout endosser et demande officiellement pardon à ses fils pour ses fils. Le mal est fait. Il ne reste plus qu’à compenser les victimes ou leurs ayant droit. Cette demande officielle de pardon sera plus efficace que l’amnistie unilatérale décidée à l’époque par une chambre ‘mal élue’ et peu représentative de la nation.

 

Djigo Aboubakry 

 

Source : La Tribune n°361 




Loi de finance rectificative : Chantages ou réelles insuffisances ?

7082007
Loi de finance rectificative : 

Chantages ou réelles insuffisances ? 

Il fallu deux jours de débats intenses pour que les députés se résolvent à voter la loi de finance rectificative pour l’année 2007. Ils étaient  41 députés sur les 95 que compte l’Assemblée Nationale à prendre la parole à la plénière consacrée à l’examen et à l’adoption du projet de loi de finances rectificative pour 2007. Lundi matin aux environs de sept heures du matin, l’assemblée nationale a fini par valider la loi de finance rectificative qui lui a été soumise depuis un mois. Trente cinq députés ont voté pour. Une vingtaine a voté contre. Les autres députés présents se sont abstenus.   

La commission des finances de la chambre basse du parlement a consacré plusieurs semaines à l’examen des contenus d’un texte assez volumineux. 

La plupart des députés ont relevé que le texte était fait de manière très compliqué au point que leur regard on ne peut plus profane ne puisse y percevoir les subterfuges. Toutefois, à la plénière de samedi, qui ne prendra fin que lundi matin, les députés ont reproché au gouvernement d’avoir accordé plus d’importance à l’aspect fonctionnement du budget. Les députés ont proposé des amendements qui comportent entre autres une augmentation pour le fonds régional pour le développement ainsi que pour la recherche scientifique. Tout comme ils ont requis un montant plus important à allouer à l’ANAPEJ ainsi qu’un soutien substantiel aux mahadras et aux partis politiques. D’autres amendements ont porté sur la réduction de la taxe  sur le riz, sur les hydrocarbures. S’il a fallu suspendre la séance du samedi tard dans l’après  pour la reprendre dimanche de treize heures à 15 heures d’abord, puis de 21heures à 4heures du matin avant de soumettre le projet de loi au vote vers 7heures lundi matin, le ministre des finances a pris tout son temps pour répondre aux prises de parole des députés. Certains parmi ceux-ci ont consacré de très longues minutes pour exprimer leur point de vue, non sans quelques échanges entre ‘majorité’ et ‘opposition’ ; du genre querelle de légitimité. 

Les soucis de certains députés ont porté sur le contenu du projet, les amendements proposés par le gouvernement et la Commission des Finances de l’Assemblée nationale ainsi que ceux proposés par certains députés. 

Les amendements qui ont suscité des débats houleux, qui ont même atteint le stade d’échange d’accusations entre les députés de l’opposition et ceux de la majorité présidentielle étaient essentiellement proposés par les députés Kane Hamidou Baba du RFD et   Moustapha Ould Bedr Eddine de l’UFP. 

Les propositions de ces deux députés ont porté sur la nécessité d’introduire de nouveaux chapitres dans le budget, destinés au financement de l’opération du retour des réfugiés mauritaniens, à l’appui à la solution du problème des mauritaniens expulsés du Sénégal et au traitement de l’affaire de la drogue à travers l’institution d’une commission issue de l’Assemblée nationale chargée de cette question. 

Certains députés de la majorité ont qualifié les propositions des deux députés « de propos démagogiques et de machinations », considérant que ce genre de propositions rentre dans le cadre des compétences du gouvernement et non des celles du  parlement. 

Le député Bâ Aliou Ibra, président du groupe des députés indépendants a mis en garde contre l’exploitation du parlement pour « des fins de surenchères politiques et un lieu de démonstration de force ». Il s’est dit surpris de la présentation de ces amendements au cour d’une séance plénière de l’Assemblée nationale au lieu de les proposer pendant les débats de la commission qui ont duré un mois, en présence des deux députés. Le président du groupe des députés indépendants a souligné que l’objectif des commissions parlementaires spécialisées est justement de débattre de toutes les propositions et l’intégration de celles qui sont approuvées au niveau des rapports présentés à l’assemblée générale. Il a évoqué dans ce cadre la réponse du président du comité ministériel chargé du dossier des réfugiés et du passif humanitaire, il y a deux jours devant les députés, qui a précisé que le financement de cette opération ne se pose pas avant 2008. 

Bâ Aliou Ibra a enfin indiqué que l’affaire de la drogue ressort des compétences des appareils exécutif et judiciaire avant d’apprécier le contenu du rapport de la commission des finances de l’Assemblée nationale relatif au projet de loi de finances rectificative 2007, qui reflète la compétence, le sérieux et le dévouement des députés et la conscience qu’ils ont de l’ampleur de leur responsabilité. 

Quant au député Mohamed Jemil Ould Mansour, président du groupe de la réforme et du changement, il  a dit ne pas comprendre pourquoi les politiciens se déchaînent contre leur mission dès lors qu’ils doivent en user en faveur de l’intérêt général. Il  a qualifié les chapitres ouverts dans le budget relatifs à la dépense de biens et services « de dangereux » dans la mesure où ils ouvrent la voie à la mauvaise gestion quand le fonctionnaire ou le responsable de la gestion est mal payé. Déplorant la faible volume des montants alloués aux secteurs sociaux et s’appuyant à titre d’exemple sur le budget des hôpitaux régionaux et sur les ressources de la santé qui ne dépassent pas 588 millions Ouguiyas, il a fait remarquer que le budget de la télévision nationale atteint 538 millions et que  celui des trois institutions officielles de presse dépasse 1 milliard 200 millions UM au moment où la presse indépendante ne bénéficie d’aucun appui. Ce réformateur centriste dont la formation vient d’être reconnu comme parti politique sous le label RNRD, Rassemblement National pour la Reforme le Développement, le député s’est étonné du volume de l’enveloppe financière accordée à l’ambassade de Mauritanie en Israël. Cette enveloppe atteint, selon lui, 75 millions Ouguiyas. Sachant que la moitié seulement de ce montant est allouée à d’autres ambassades dans des pays d’un intérêt capital pour le pays Ould Mansour souvent présenté comme un islamiste modéré a proposé la réduction du budget de l’ambassade de l’entité sioniste pour le chiffrer seulement à 5 millions, juste «de quoi assurer le billet». «Paass», a-t-il dit en hassaniya.   

Concernant les amendements relatifs aux réfugiés mauritaniens au Sénégal et à la drogue, le député a invité ses collègues à les juger à travers l’intérêt général et non à travers l’appartenance politique des députés qui les proposés.  

Le député Mohamed El Moustapha Ould Bedr Eddine de l’AFP a affirmé de son côté que le projet de loi de finances rectificative va dans trois sens pour arriver à un résultat unique : l’appui continu en faveur des riches et la dégradation des conditions de vie des pauvres à travers un libéralisme qu’il a qualifié de « sauvage » entraînant la démission de l’Etat de la plupart de ses responsabilités. 

Il a ajouté que ce projet de loi serre l’étau autour des pauvres et des exclus à travers le poids du prélèvement fiscal consécutif à l’augmentation des taxes sur salaire à 10% par rapport à la loi de finances initiale pour 2007, la dégradation du pouvoir d’achat de ces catégories sous l’effet de la croissance de l’inflation qui a atteint 7% et le mutisme du gouvernement quant aux mesures à prendre dans ce cadre pour stabiliser les prix et protéger les couches vulnérables. Le président du groupe des députés de l’UFP a fait savoir que le projet de loi n’accorde aucune priorité à la lutte contre la pauvreté dont le taux est de l’ordre de 47% des citoyens et qui est considérée dans le discours officiel comme objectif principal de l’action du gouvernement.   Il a souligné que le projet de loi de finances rectificative pour 2007 a été marqué par la persistance de la discrétion autour des informations et données politiques sur lesquelles le gouvernement fonde ses politiques financières. 

Le député Ahmedou Ould Abdel Kader du RFD a apprécié le volume du budget rectificative précisant que sont importance ne résulte pas dans les débats et les commentaires qu’elle a suscités mais plutôt dans sa dépense à 90% aux fins pour lesquelles elle a été mobilisée. 

Le député El Khalil Ould Teyib de l’APP a demandé l’adoption de modalités pratiques et rationnelles pour l’élaboration du budget afin qu’elle soit en mesure de refléter les programmes de développement conçus et exécutés par le gouvernement. Il a insisté sur la nécessité de centrer les efforts sur les secteurs sociaux et d’allouer des montants suffisant pour la création de projets à même de garantir une vie décente aux citoyens. Le député de l’APP a enfin appelé à la suspension des relations avec Israël et attribution de l’enveloppe allouée à l’ambassade de la Mauritanie dans ce pays à des projets sociaux.  

Malgré la longueur, parfois ennuyeuse des débats, le ministre de l’économie et des finances, représentant le gouvernement,  lui, a retenue son ‘auguste’ auditoire ‘en respect’ trois heures d’horloge. Les députés ont écouté dans un silence quasi absolu un ministre des finances dont l’argumentation paraissait avoir pour fonction de convaincre en mettant à bout de nerfs. Il y a au moins quatre jours, les députés ont parlé douze heures durant avec le comité interministériel chargé du dossier des réfugiés. Depuis samedi, ils s’évertuent à comprendre ce que le gouvernement leur a apporté de convaincant dans sa loi de finance rectificative. Tandis que les uns déploraient qu’un bilan de la gestion par les militaires de la transition n’a pas été clairement apporté, les autres se sont indigné qu’il existe encore des ‘fonds spéciaux ou caisse noire à la porté des membres de l’exécutif au moment ou les priorités devaient être dans la prévision des catastrophes et des déficits alimentaires et autres difficultés ayant un impact sur la vie des citoyens. 

Certains députés avaient porté d’autres observations sur le projet de loi et sur les amendements proposés par les différentes parties.
Si par exemple le député Mohamed Mahmoud Ould Ematt, président du groupe des députés RFD a remercié le gouvernement pour sa collaboration « formelle » avec la commission des finances de l’Assemblée nationale ; il n’a pas manqué de souligner que « la raison principale de la rectification du budget initiale est la nouvelle architecture du gouvernement, dont (il) ignore personnellement l’objectif ».  Il a rappelé que malgré la demande parlementaire relative au renforcement des budgets des départements de l’éducation et de la santé, la loi de finances rectificative n’a apporté qu’une légère augmentation du budget respectivement de 5% et 2%. Ceci selon lui ne correspond pas aux préoccupations et aux priorités du gouvernement. De plus, il a relevé que ce qui a été fait au niveau des services de l’eau, de l’électricité et de la sécurité alimentaire  n’ont pas bénéficié de l’attention requise dans la rectification du budget.
Le président du groupe des députés RFD a souligné que la proposition relative à la réduction des taxes sur les produits de première nécessité et son augmentation sur les hydrocarbures n’est pas convenable, car, a-t-il dit, toute hausse des prix des hydrocarbures se répercute directement sur les prix de ces produits. 

On sait en effet que cette loi s’équilibre en recettes et dépenses à 209.227.000.000 ouguiyas. Par rapport au budget initial, on note une augmentation de 5,19%. 

Plusieurs facteurs ont justifié la modification de la loi des finances initiales : les prévisions de recettes sur les ressources pétrolières ont été revues à la baisse en raison de la chute de la production pétrolière du puits Chinguitti ; laquelle baisse est évaluée à 16,4 milliards d’ouguiya. Il y a eu également la refonte de la structure du gouvernent ; sans compter les nouvelles dépenses que vont causer les nouvelles institutions.  

 (Avec AMI

Source: La Tribune n°361 




Analyse d’un discours

7082007
Analyse d’un discours 

L’entretien que le nouveau Président, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi vient d’accorder à
la TVM m’inspire les commentaires suivants que je suggère à ceux qui n’auraient rien de mieux à lire

 

Sur la forme: simplicité et originalité

Sidi, qu’il me permette de l’appeler ainsi pour la circonstance, a utilisé un arabe qui n’est ni le « très officiel » mais très peu littéraire, qu’utilisaient certains de ses prédécesseurs, ni cet autre arabe « de façade », lié à la fonction et que récitent (mal) ceux qui ne l’ont appris que pour les cameras. L’arabe de Sidi était celui de ses concitoyens (exceptés certains Négros-africains), c’est à dire un Hassaniya pure, moderne, qui évite d’emprunter beaucoup d’expressions aux langues étrangères.

Au plan vestimentaire, boubou simple, bleu ciel, qui a coûté plus cher que sa couture, un peu comme celui de la plus part des Mauritaniens qui ne cherchent pas à se faire… distinguer

L’endroit, vaste comme l’horizon de la liberté et d’un vert qui suggère l’hivernage, tranchait également avec les quatre murs, portraits personnels, drapeaux et autres bibliothèques qui auraient constitué l’essentiel du décor dans de pareilles circonstances. Au plan physique, les bras et le visage étaient ouverts, décrispés, accueillants

 

Sur le fond: sincérité et fermeté 

Tout au long de l’entretien, et quelle qu’ait été la complexité ou la sensibilité du thème abordé, Sidi a utilisé un style et un langage simples, un peu feutrés, débarrassés de toute langue de bois. Il cherchait à faire passer un message, à convaincre ses concitoyens, plutôt qu’à les séduire à tous prix.

Les sujets qu’il a abordés sont tous au centre de l’actualité nationale et concernent la vie quotidienne des citoyens.

Il  a donné l’impression de les connaître avec forts détails et les esquisses  des solutions qu’il propose laissent penser qu’il a participé, de façon effective, aux analyses qui ont conduit aux remèdes retenus.

Il n’a pas fait de promesses, ni en termes d’agenda, ni en termes de moyens, qui ne soient compatibles avec les ressources propres de l’Etat, mettant plus l’accent  sur la nécessaire revalorisation des  potentialités économiques du pays et sur davantage de productivité que sur l’aide extérieure

Sur le plan politique, Sidi a voulu rappeler qu’il a de la suite dans les idées, en reprenant les principaux thèmes de sa campagne électorale qu’il suit, à la lettre, et fait traduire dans la réalité au travers du programme et des priorités qu’il a assignés à son  Premier Ministre.

Il déclare traiter l’opposition en partenaire institutionnel et responsable.

Ce qui ne l’empêche pas de lui faire le reproche de pratiquer une certaine forme de rétention de l’information dans la mesures où elle n’aurait transmis à ses bases qu’une partie des informations vitales et de première main qu’il a lui-même communiquées aux responsables des différents partis au cours des entretiens qu’il leur a accordés.

Sur les grandes questions de l’heure, Sidi semble donner priorité à celles qui conditionnent l’unité nationale et principalement, le retour des réfugiés, le passif humanitaire et l’éradication de l’esclavage.

Trois chantiers sur lesquels il appelle à la participation et aux efforts de tous les Mauritaniens, mais dont il souhaite éviter la politisation.

 

Les leçons: une main de fer dans un gant de velours ? 

Sidi semble vouloir effacer l’image de « mou »que certains ont voulu lui coller dés l’annonce de sa candidature. Il s’y est employé en réalité dés le départ, en se présentant comme candidat indépendant et en conseillant aux formations politiques qui lui proposaient leur soutien de confirmer au préalable leur indépendance également.

On peut conclure, avec le recule, que si ces velléités d’indépendance et donc de liberté de manœuvre, étaient dictées  par la ferme volonté d’être le seul maître à bord, elles seraient  aussi révélatrices d’une certaine perception du rôle négatif des « politiques ».

D’ailleurs une certaine frilosité manifestée dans le discours, à l’égard de l’opposition et dans une moindre mesure vis-à-vis de la presse, les deux enfants gâtés de toute démocratie réelle, laisse penser qu’en cas de besoin, Sidi pourrait compter sur ses propres forces.

Et c’est pour conjurer une telle éventualité, qu’il serait vivement conseillé aux deux oppositions, celle du dedans et celle du dehors, d’éviter toute attitude qui serait de nature à provoquer une usure prématurée du…gant.

A bon entendeur salut !

 

 

Soueylemval

Source: La Tribune n°361 

 

 

 

 




Tue tête

7082007
Tue tête 

Taisez-vous, les extrémistes 

Par MECHRY O RABANY  

Demandez à un psychanalyste quel est le signe d’un psychotique et celui d’un névrosé. Il va répondre que le psychotique est sûr que 1 plus 1 font 3. Et que le névrosé est certain que 1 plus 1 font 2, mais il ne le supporte pas. 

Demandez à n’importe quel quidam qu’est-ce qui marque un extrémiste maure et un extrémiste négro-africain. Il va vous répondre que l’extrémiste négro, comme tout bon psychotique, est sûr que les siens ont été massacrés, comme des moutons, pas par un régime précis; mais par toute la société maure. L’extrémiste maure est, quant à lui, certain, comme tout bon névrosé, que les négros étaient victimes de ségrégations organisées, qu’ils ont des droits, mais il ne le supporte pas. Le premier voit en Mauritanie sa propriété du fait que ses ancêtres sont les premiers à l’habiter par rapport aux Maures. Le second la résume en une immense terre dans laquelle ses ancêtres ont affloué les négros égarés jadis. L’un croit que les maures n’ont qu’à retourner là où ils étaient avant le VIII siècle. L’autre juge que les négros minoritaires n’ont qu’à avaler la mer ou accepter d’être citoyens de deuxième degré… Comme si c’était une banalité de qualifier la Mauritanie de «ou, ou», ou mauresque ou négro. Tandis qu’elle peut se qualifier de «et, et» et mauresque et négro. 

Coup de malchance, ces extrémistes sont sortis de leurs fourreaux depuis quelques semaines. Depuis que nous avons décidé de résoudre les problèmes humanitaires qu’ils nous ont créés. Ces problèmes qui nous ont coûté cher. Qui nous ont reculés de longues années en arrière. Qui ont déchiré notre tissu social très fin. Nous avons décidé de surmonter les obstacles qu’ils ont mis devant nous. Ils doivent se taire et se calmer. Sous peine de leur faire payer le prix de leurs actes. 

Nous avons décidé la renaissance et la réconciliation de la Mauritanie. La Mauritanie de tous les mauritaniens : les Ould, les Diallo, les Fall, les Bâ, les Kane, les Diagana, les Sy… Celle dont l’histoire s’étend plus loin que ce que l’on croit. A des siècles avant que cette terre désordonnée ne soit une République islamique. Avant que Copolani ne convainque les français de son utilité pour la coloniser. Avant la constitution des Emirats. Avant que tous les Maures ne soient des petits-fils du Prophète (PSL) et de ses compagnons les plus considérables. Avant que cette terre ne soit conquise au nom de l’islam par les Arabes. Avant la naissance de l’Empire de Ghana. De la négritude. Des Byzantins et des Vandales. Avant la Mauritanie césarienne et la Mauritanie tingitane. Avant sa dépendance de Rome. Avant le royaume des tribus berbères…  

Ni vos multiples sorties médiatiques, ni votre habitude de chasser dans les eaux usées, ni vos intoxications inacceptables, ni les cris au danger que vous dégagez, ne suffisent pour nous convaincre de votre discours, Mrs les extrémistes. Les élections devaient être une leçon pour vous : le peuple vous a rejetés en refusant d’élire vos candidats. Ou vous passez sous silence, ou vous vous placez en ghettos. En attendant que la République prenne la fondamentale décision d’interdire et d’incriminer tout propos raciste. Pour vous barrer la route. Vous qui nous avez causé d’énormes dégâts dans le passé. Vous qui voulez marquer cette période cruciale de notre histoire. 

N, O et N catégoriques. Occupez -vous d’autre chose. 

 

 

Source : La Tribune n°361




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O. Oumère

7082007
 

Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O. Oumère 

 

Nous devrons au 3 août de nous avoir sauvés d’une faillite certaine. Quelques mois encore d’un régime qui refusait de se remettre en cause et la Mauritanie sombrait dans un chao total. Blocage politique et obstruction de tous les horizons. Crise économique et sociale. Dépit. Découragements. Déconfitures. 

Le 3 août est arrivé à un moment où les Mauritaniens avaient désespéré de voir le changement venir. Ils avaient fini par percevoir leurs malheurs comme une fatalité. Plus question pour eux de faire la moindre résistance. Juin 2003, août 2004… deux tentatives qui vont éloigner la perspective de changement par voie pacifique. Juin 2005 est un avertissement qui sera finalement entendu. Car c’est bien là qu’il faut chercher le déclenchement du 3 août. 

Au petit matin de ce 3 août 2005, alors que le Président Ould Taya était en Arabie Saoudite, les Nouakchottois se réveillent au moment où les éléments du BASEP (garde présidentielle) finissent de maîtriser tous les points névralgiques de la ville. Les officiers supérieurs, jugés inconditionnels du pouvoir, sont maîtrisés la veille. Il n’y aura pas de résistance. Pas une goutte de sang. Personne n’avait prévu une telle fin d’un régime qui avait fini par incarner l’immobilisme. Le caractère pacifique de l’opération est le premier heureux acquis du mouvement du 3 août. Nous le devons au fait que le BASEP a été le fer de lance du coup d’Etat. 

Deuxième acquis : l’ouverture de nouvelles perspectives pour le pays. Ce qui a donné tous les espoirs qui ont éclos. Tout redevenait possible. 

Troisième acquis : l’enclenchement d’un processus démocratique qui devait aboutir à des consultations électorales transparentes et dont les résultats sont acceptés par tous. Couronnées par la présidentielle, les consultations ont abouti à la mise en place d’un dispositif assez représentatif de la société mauritanienne. Avec notamment l’échec des partis sectaires et chauvins : aucun parti à vision ‘étroite’ n’a pu avoir accès à l’Assemblée ou à une mairie. Aussi le retour de la vieille garde, symbolisée par le face-à-face du deuxième tour, a-t-il été une expression de l’échec de la classe politique formée dans les écoles idéologiques ‘à pensée unique’. 

Quatrième acquis : cette belle aventure s’est terminée sans nous laisser de ‘héros’. Les ‘symboles’ de l’action ont tergiversé et fini par se refuser d’entrer ‘avec gloire’ par la grande porte de l’Histoire. Même s’ils ont accompli en quelques 19 mois, ce que l’Armée avait promis depuis 28 ans, ils n’en ont pas vraiment tiré profit sur le plan de l’image que le pays gardera d’eux. Les premiers mots du Conseil militaire sont rassurants. Et même exaltants. Mais dans la pratique, les relents d’inertie seront plus forts. Et c’est bien au forceps que la nouvelle configuration est née. Les ‘cadets’ ont dû serrer les dents et les poings pour pousser les plus caciques des poids lourds. 

Le nouveau pouvoir a donc hérité d’une Mauritanie ‘faisable’. Le Gouvernement avait pu, malgré tout, initier des politiques de réformes dont le moindre des résultats a été le retour de la confiance des bailleurs concrétisé par l’annulation de la dette. 

Trois mois après l’installation du nouveau pouvoir, on se rend compte du poids de l’héritage. A peine installés, les nouveaux maîtres font face à une crise multiforme : eau, électricité, sécheresse… De quoi retarder la mise en place des nouvelles institutions et freiner les efforts de changement. De quoi aussi les occuper. Pourtant des chantiers sont lancés dont celui de l’unité nationale et du règlement du passif humanitaire. De façon solennelle, le Président de la République Sidi Ould Cheikh Abdallahi a lancé le processus de règlement de ce lourd passif. Il est vrai que la communication sur la question fait défaut. Comme d’ailleurs elle a manqué au soutien de l’action gouvernementale. 

Les Mauritaniens ont le droit de savoir tout sur des questions qui pèsent lourd sur leur devenir. Ils ont besoin d’en discuter. De trouver ensemble l’objectif commun qui est celui du bonheur. 

Deux ans que Ould Taya est parti. La grande leçon de ce départ est bien celle-là : la fin d’un long règne ne signifie pas forcément la mort de celui-ci. Il faut ici considérer que la ‘mort clinique’ n’est qu’une étape de la vie. En attendant ‘la mort biologique’ qui est, elle, la première phase de la mort. 

 

Source La Tribune n°361 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

7082007
Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada 

  

Ils habitent en majorité à Dar Elbaida, quartier à risque du 6ème  arrondissement pas loin du cimetière de Pk 7, juste à 1 kilomètre de la place où nos morts dorment en  toute sécurité. Leurs maisons se situent à droite de la route bitumée passant devant le cimetière et  allant vers Rosso. Qui sont-ils? 

Des déportés mauritaniens victimes du conflit sénégalo-mauritanien. Depuis 17 ans ils galèrent, depuis leur arrivée (en 1989), ils étaient dispersés dans les quartiers pauvres de Nouakchott. Une grande partie d’entre eux occupaient à l’époque des terrains illégaux de la Kebba du marché de la mosquée marocaine. D’autres étaient rentrés chez-eux  aux villages, après un grand calvaire, ils ont émigré à la capitale pour des raisons purement économique. Voici le témoignage de certains parmi eux.  

Une famille de 7 personnes, le père travaille pratiquement toute la journée, la mère surveille le ménage. Une fille étudie dans une école publique, un fils fait des études coraniques, les autres contribuent au financement du foyer.  

«Tout le monde se démerde pour arracher le gagne pain, depuis la déportation de mon époux, nous avons bénéficié d’aucun soutien, aucune aide. Avant nous étions dans la contrainte de louer une maison dans le 6ème arrondissement ; parfois nous n’arrivons pas à payer le loyer à la fin du mois. Cela nous a poussés à faire des économies pour acheter une maison dans ce quartier. Tout ce que je sais que l’Etat ne nous a rien donné comme soutien. Nous entendons  parler des aides par-ci par- la. Sincèrement nous ne savons pas comment les gens procèdent  pour avoir des telles aides», précise Fatimetou Mint Samba la mère de cette famille.             

Pas loin de cette famille, une femme, la cinquantaine, habite seule dans une baraque, ses fils sont allés au village pour la cueillette, son mari était  retourné au Sénégal, après la normalisation des relations en 96 ;  cette famille a bénéficié, néanmoins, d’un terrain car elle était parmi celles qui ont été transférées du quartier de la mosquée marocaine.   

Abboullahi Ould MBarek, chef d’une famille de 11 âmes confirme quant à lui que «la majorité de sa famille travaille pour subvenir à leurs besoins. Deux filles ont pu continuer leurs études, les autres exercent des activités diverses. Lui-même est un ramasseur de coquillages. Ces coquillages rentrent dans la composition des briques de construction.» 

Emahatt Mint Abeidellah, divorcée de son époux déporté et  mère de six enfants, passe son temps à ramasser le blé et le riz disséminés dans les rues à côté du port de l’amitié de Nouakchott. Il s’agit des céréales répandues en petite quantité suite au transfert des cargaisons vers les camions. Parfois, elle arrive à remplir un sac de 50 kilos, après «purification» du sac, elle se trouve avec 10 voire 15 kilos, ce que lui permet de  les vendre aux marchés. 

Une autre divorcée, grâce au commerce de détail, assure a elle seule le fonctionnement de son ménage. Elle a la charge de 3 garçons et une fille. Son commerce lui permet une rente moyenne de 1500 Ouguiyas par jour. Ses fils vont à l’école. Elle est, d’ailleurs, déterminée pour que ses fils continuent leurs études. Elle nous a précisé que depuis 14 ans, la date de son divorce, n’a de soutien que ce commerce de détail, et que son mari ne leur donne rien depuis cette date. 

Toutes ces familles sont  unanimes sur le fait qu’ils n’ont bénéficié d’aucun soutien de l’Etat. Certaines parmi elles ont essayé à l’époque de contacter des structures étatiques de la place, mais elles n’ont reçu aucun écho favorable, aucun soutien, rien que leurs mains et leurs maigres revenus. Pas même la compassion de ces nationalistes qui, aujourd’hui, les utilisent comme prétexte. 

m_barrada@yahoo.fr 

 

Source La Tribune n°361 




Mauritanie: un mort et d’importants dégâts après des pluies dans le sud-est

9082007

Des  pluies diluviennes tombées ces dernières 48 heures sur les régions du sud-est mauritanien ont causé de graves inondations, faisant au moins un mort et des dégâts matériels importants, ont annoncé mercredi les autorités locales à l’AFP.

Une personne au moins a trouvé la mort, emportée par les eaux dans la nuit de mardi à mercredi à Tintane, une localité située dans le sud-est mauritanien, ont indiqué les autorités locales contactées par l’AFP.

Plusieurs habitations, au nombre indéterminé, se sont écroulées alors que des centaines de personnes étaient mercredi bloquées dans des zones submergées. Selon des témoins contactés par l’AFP, les populations encerclées par les eaux se sont regroupées sur des lieux élevés et appelaient au secours. Le marché de Tintane, siège de centres commerciaux et de banques locales, était également totalement inondé.

Les autorités mauritaniennes ont dépêché mercredi des secours dans la zone mais « ils ne parviennent pas encore à accéder aux lieux sinistrés en raison de la force des ruissellements tombant des montagnes d’El-Aguer voisines« , ont précisé des sources administratives.
D’autres petits villages de la région où les populations ont souvent construit leurs habitations sur des lieux inondables ont également été touchés par les inondations.
Le président mauritanien, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a ordonné fin juillet à tous les imams d’organiser des « prières pour la pluie » à travers la Mauritanie, un pays sahélien confronté depuis plusieurs années à la sécheresse.
Le Monde



08 août 2007 : Tintane, dans le sud-est mauritanien, inondée par des pluies diluviennes

Des pluies torrentielles ont inondé mardi la ville de Tintane (sud-est mauritanien, à plus de 800 km de Nouakchott), occasionnant des dégâts matériels considérables tels que l’effondrement des habitations et du dispensaire, selon le préfet de la ville M. Limam Ould Ehilna. Le ruissellement des eaux a provoqué l’arrêt du trafic routier, emportant sur son passage 1000 palmiers dattiers et occasionnant la rupture des communications et du réseau électrique.

Des éléments de l’armée et de la garde nationale dépêchés sur les lieux ont construit un pont de fortune à l’aide des barriques vides pour évacuer les personnes et les biens. Des équipes médicales ont quitté Aioun pour la ville sinistrée afin de secourir les habitants pris au piège de l’eau.

La situation peut s’aggraver à tout moment, les moindres quantités de pluies compliqueront davantage la situation déjà catastrophique, a indiqué le préfet . Le commissaire de la protection civile et à la sécurité alimentaire devait se rendre mercredi après-midi dans la zone.

Installée sur une dépression, la ville de Tintane demeure constamment sous la menace des inondations provenant des hauteurs du pic montagneux.

APA a appris que le comité ministériel chargé du dossier des réfugiés et du passif humanitaire n’a pas pu traverser mardi la frontière du Gorgol pour le Guidimakha à cause des pluies qui se sont abattues sur la vallée du fleuve Sénégal ces dernières 24 heures.

Le chef de l’Etat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi avait ordonné le 26 juillet dernier à son ministre des Affaires islamiques et de l’enseignement originel l’organisation, dimanche prochain, de prières sur l’étendue du territoire pour implorer Allah le Tout Puissant pour l’arrivée des pluies

APA



 
08 août 2007 : La ville de Tintane noyée : un mort et différents quartiers et villages avoisinants inondés

Des informations en provenance, aujourd’hui, mercredi, de la ville de Tintane (environ 750 km de Nouakchott, la capitale) indiquent que cette ville est victime actuellement d’inondations du fait des pluies qui se sont abattues, ces dernières 48 heures, sur cette localité distante de 70 Km de la capitale régionale de la wilaya du Hodh El Gharby.

L’Agence Mauritanienne d’Information a appris, selon des sources sûres qu’un enfant qui tentait de sauver des camelins est mort.  Les mêmes sources précisent que les eaux ont inondé différents quartiers de la ville. Ces sources ajoutent que la ville, eu égard à l’importance des eaux de ruissellement, est effectivement menacée et que les autorités administratives sont sur place et suivent la situation de près.

Le correspondant de l’AMI au niveau de la wilaya du Hodh El Gharby rapporte que des unités des forces armées nationales et de sécurité, sous la supervision du wali, ont dressé un barrage de fûts autour de la zone sinistrée et que d’autres moyens de sauvetage sont attendues dans les heures qui suivent en provenance de Nouakchott.

Il précise enfin que le dispensaire de la ville s’est effondré à suite aux inondations et que des parties de la route reliant la ville de Tintane à la capitale régionale ont été emportées par les eaux de ruissellement qui ont aussi inondé des villages avoisinants.

AMI



 
08 août 2007 : Les eaux menacent les localités d’El Jedida et Lejouad au Hodh Echarghi


« Des pluies torrentielles ont provoqué lundi, dernier, des dégâts matériels importants dont la destruction des barrages au niveau des localités d’El Jedida et de Lejouad relevant de la commune de Bango au Hodh Echarghi« , a déclaré mercredi à l’AMI le député de Néma, M.Khattry Ould Ely.

Ce dernier qui, a lancé un appel au secours à partir de l’assemblée nationale, précise que la destruction de deux barrages avoisinant a engendré l’inondation quasi-totale de la localité d’El Jedida, situant à 60km au sud de Néma. Il a ajouté que seules 7 habitations sur 100 que compte la localité n’ont été effondrées.

Au Sujet de la localité de Lejouad, le député a précisé que les ruissellements ont conduit à l’effondrement de quelques habitations.

Il a fait remarquer que des pluies abondantes continuent d’arroser les deux localités et que si des opérations ne sont mises en oeuvre dans le plus rapidement possible, la situation risque de s’aggraver davantage.

AMI

Note: Info source : Le Monde (France) / Agence de Presse Africaine / Agence Mauritanienne d’Information




COMMENTAIRE SUR LA LETTRE OUVERTE DE FOUAD BARRADA AZIZ

10082007

A Mr le Premier ministre chef du gouvernement

J’ai l’honneur de vous exposer les faits suivants, car je ne peux rester indifférent au sort réservé à mes frères cadres de Kiffa –Ghadima, depuis votre nomination en qualité de premier ministre.

Il est à préciser que Kiffa-Ghadima est une entité composée d’autochtones divers : (maliens – soninké –burkinabé, sénégalais, maures- Poulhar- Haratines). Tous mauritaniens à part entière de mère mauritanienne, tous nés à Kiffa, et dont les pères ont crée le village Kiffa-Ghadima le 16/11/1907.

Cet harmonieux cosmopolitisme humain, descendant de tirailleurs administrateurs de colonie, commerçants, transporteurs, fonctionnaires de l’administration coloniale, Dioulas, paysans, est une véritable symbiose de civilisations, riche, qui en fait la fierté de ses fils.

Cela étant chaque fils de la Ghadima a ses affinités et ses alliances, cela compte tenu, d’une structure sociale traditionnelle. Ainsi les habitants de Kiffa- Ghadima ont toujours joué le rôle d’émancipation, rejetant souvent la politique de la béquille, les jeux d’influence au niveau de la région de l’Assaba. La Ghadima a toujours été assimilée à une tribu au même rang : (Sidi Mahmoud- Chratite- Laghlal…)

L’ensemble de ces tribus ne pouvaient jouer une carte politicienne, sans au préalable la participation des délégués de la Ghadima. A titre d’exemple lors de la précédente campagne présidentielle nous avons participé au jeu démocratique suivant nos propres ressources, dans le respect absolu des institutions de la République, et, à qui nous semble le meilleur.

Cela étant, nous avons constaté que plusieurs cadres, issus de certaines tribus ont été nommés dans les meilleurs délais : (ministres -secrétaires généraux -ambassadeurs- directeurs …)

Quant à nous autres cadres de Kiffa Gadima : (docteurs –ingénieurs- professeurs- instituteurs etc.), nous n’avons pas été associés à ce dosage gouvernemental. On a même osé, mettre à l’écart certains de nos cadres. Peut-être que certains ont voté pour Sidi O/ Cheikh Abdallahi ? Il est temps de nous donner la part de notre gâteau, au même titre que l’espace politico -tribal national.

Comptant sur votre bienveillance et sachant aussi, que vous avez passé une bonne partie de votre enfance à Kiffa, où vous avez fréquenté l’école I de Kiffa en compagnie d’un bon nombre d’élèves de la Gadima de votre génération, vous devenez par excellence connaisseur du terrain.

Dans l’attente d’une suite, veuillez agréer Mr le premier ministre, l’expression de mon profond respect.

Fouad Barrada Aziz




Inondations en Mauritanie

13082007

: Le Maroc décide d’envoyer des aides humanitaires d’urgence

Sur ordre de S.M. le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, le Royaume du Maroc a décidé d’envoyer des aides humanitaires d’urgence à la République islamique de Mauritanie, suite aux inondations qui ont frappé les régions du sud-est mauritanien et causé d’importants dégâts dans la ville de Tintane.

Un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération a précisé que ces aides consistent, à ce stade, en 7000 couvertures et 8 tonnes de médicaments qui seront acheminés par avion et en 230 tonnes de riz et 25 tonnes de denrées alimentaires diverses qui seront envoyées par voie de mer. En application des hautes instructions royales, ces aides seront acheminées dès ce soir.

L’envoi des ces aides témoigne des liens de fraternité et de solidarité existant entre les deux pays et les deux peuples frères et vise à contribuer à satisfaire les besoins fondamentaux des victimes de ces inondations, a précisé le communiqué.

MAP



13 août 2007 : Mauritanie/inondations: le Maroc envoie une aide humanitaire

Le Maroc a décidé d’envoyer une aide humanitaire à la Mauritanie après les inondations qui ont frappé ce pays, a indiqué dimanche le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le Maroc acheminera vers la Mauritanie « d’importantes quantités de denrées alimentaires, de médicaments et de couvertures pour contribuer à satisfaire les besoins fondamentaux des victimes de ces inondations« , selon le communiqué.

De fortes pluies tombées depuis mardi sur Tintane, située dans le sud-est, à 750 km de Nouakchott, ont provoqué des inondations qui ont fait deux morts et plusieurs dizaines de millions d’euros de dégâts, selon des élus locaux.

Samedi, le gouvernement mauritanien a lancé un appel à l’aide internationale pour reconstruire la ville.

Le Monde

Note: Info source : Le Matin (Maroc) / Le Monde (France)




Lettre ouverte

13082007

 

A Mme la ministre de l’éducation nationale 

 

Objet : Diagnostic de notre système éducatif 

 

L’école, tout autant que la famille  contribue à former et à épanouir la personnalité d’un enfant. 

Famille et école sont deux milieux nécessaires à toute éducation, elles ont pour finalité de permettre  aux jeunes  d’acquérir des connaissances, des compétences, pour mener une vie heureuse en tant qu’individu, d’assurer les divers rôles sociaux qui s’imposent à tous. 

A quoi bon de proclamer l’instruction fondamentale obligatoire lorsqu’on est  pas capable de bâtir assez d’écoles, et fournir assez  d’enseignants compétents. 

N’oublions pas aussi  que nous avons opté pour l’enseignement pour tous vers l’horizon (2010) (Etats africains)- sachant aussi, que l’évolution technologique qui devient  unipolaire aujourd’hui concernera dans quelques années toute la planète. 

L’enseignant : on citera en premier lieu le recrutement et la formation.  Remodeler à nouveau  les modes de recrutement, de même que les programmes des (E-N-I) en vue  d’avoir de bons instituteurs, brillants et compétents. 

 Il y a lieu aussi de pallier  à l’écart entre l’offre et la demande qui continue à s’élargir : (pas assez d’enseignants). 

Motivation : améliorer  ses conditions de vie  et ses indemnités diverses (craie, éloignement, etc.) demander  aux pouvoirs publics de créer des investissements au niveau des banques de l’habitat, société immobilières pour construire des cités  pour enseignants, remboursements par retenue sur salaire tel est le cas au Sénégal, Maroc, C  Ivoire etc. 

Au moins, à la fin de sa  carrière l’enseignant pourra avoir la satisfaction morale d’avoir un chez où il passera paisiblement sa retraite. 

 Constructions   scolaires : il est à préciser, toutes nos écoles à 98 % sont délabrées, parfois ni portes, ni fenêtres, alors qu’on nous demande suivant les normes pédagogiques d’enseigner l’enfant dans un cadre sain. 

Parfois devant le portail d’entrée de l’école il y a   un dépotoir d’ordures (tel est le cas  de l’école  Sagatar Kiffa) malgré les écrits au maire, wali, Hakem, tant mieux c’est  la sourde oreille- pauvres enfants. Innocents, et votre santé ! Sanitaires élèves sales, ou inexistants. 

Tables- bancs : a peu prés, à 85%, les classes n’ont pas de tables bancs, les enfants sont assis par terre- pour exemple à l’école Sagatar de Kiffa cinq  classes n’étaient pas  pourvues de table –bancs- attention pauvres enfants innocents à la scoliose ( déformation de la colonne vertébrale étant  mal assis). 

Matériel didactique : manuels scolaires en quantité parfois insuffisante, ou livrés tardivement  vers mi/avril ou mai. 

-règles plates, globes, compas, équerres, matériel sport, matériel système métrique, décamètre, chaînes, etc. (inexistants). 

-Gestion financière : bien  gérer le budget de fonctionnement investi au niveau  de chaque DREN ne permettre à qui que ce soit de percevoir  un pourcentage dans cette  optique prévoir des contrôles fréquents. 

Cela étant, je ne pourrai terminer sans parler des programmes  et méthodes. 

L’APC a été un échec, la majorité des élèves ne savent ni lire, ni écrire, ni communiquer même en 6eme année. Où est réellement la compétence de base ? 

Quelle est la méthode  pédagogique appropriée ? En lecture- en expression- calcul etc. ? 

Pour exemple j’ai tenu des 6 années, au début du diagnostic les élèves  ne savaient  ni lire même couramment, ni écrire, correctement. Rien que la rémédiation prend parfois un à deux mois compte tenu de la médiocrité du niveau des élèves. 

J’ai aimé ce métier dans des moments difficiles. Ecoles de  brousse à dos d’ânes, chameaux  suivant la transhumance. Pas de route complètement enclavé. Parfois, à la merci des maladies tropicales : vers de guinée, amibiase intestinale, bilharziose, paludisme.  Je disais à un jeune instituteur en service à quelques  Kms/ de Kiffa tu es heureux ! Non me dit-il doyen ! Je suis un peu loin ! Je lui disais, mon premier poste d’affectation était  à Diaguily, se trouvant  non loin de la falémé.                    

 

Lenteur administrative 

Les indemnités : (craie, éloignement, multigrade, bilinguisme), de même que les salaires des contractuels accusent un retard sans précèdent. Dans cette optique demander  au ministère des finances de créer une procédure  plus rapide. 

« Le système Rachad bloque depuis trois (mois) les opérations  financières du ministère de l’éducation nationale, surtout les salaires et indemnités cet acte, n’améliore point la motivation des enseignants qui ont exercé en brousse durant l’année scolaire écoulée », on a l’impression que le ministère de l’éducation nationale applique malheureusement  la méthode de la tortue  en ce qui concerne la liquidation de ses opérations financières. Changez de style pour payer dans les meilleurs délais : (salaires, indemnités, charges sociales), cala fait partie des dépenses urgentes et obligatoires. Nous sommes dans un monde difficile où les temps sont durs donc un minimum de sentiment à l’égard de cet enseignant qui est en mission pédagogique noble, et qui ne cherche qu’apercevoir ses salaires et indemnités au terme d’un mois dû.     

Sanction- Récompense 

Les enseignants assidus, plein de zèle, qui ont eu des bons résultats au terme d’une année scolaire doivent faire l’objet : de félicitation, médaille, quant à certains absentéistes etc. doivent être sanctionnés (blâme- avertissement- etc.). 

Mme
la Ministre, si toutefois, et compte tenu de mon expérience,  les différents points que  je viens de soulever ne sont pas réglés, j’en suis sur et certain, que le système ne s’améliorera pas et toute vos actions tendront vers l’utopie. 

Quant aux états généraux de l’éducation ils permettront aux enseignants, aux représentants  des parents d’élèves, à la société civile, aux pédagogues expérimentés  de disséquer l’ensemble des  problèmes ayant trait à l’éducation suivant un débat riche, sérieux, variée et constrictif. Cela est une nécessité  impérieuse. 

 

Veuillez   agréer Mme
la Ministre l’expression de mon profond respect. 

 

Fouad Barrada Aziz 

Instituteur à la retraite 

Contractuel à Kiffa 




Mauritanie: saisie de 830 kg de cocaïne, cinq arrestations à Nouakchott

14082007

Mauritanie: saisie de 830 kg de cocaïne, cinq arrestations à NouakchottLa justice mauritanienne a annoncé lundi avoir saisi 830 kg de cocaïne, et arrêté cinq personnes -- deux Mauritaniens, deux Marocains et un Sénégalais -- lors d`une « opération de routine » dimanche soir dans le quartier populaire El-Mina de Nouakchott, a annoncé l`AFP.

L`opération a été menée par le juge d`instruction en charge du dossier de l`arrestation, en juillet dernier, de plusieurs personnes accusées d`appartenir à un réseau de trafic de drogue, a indiqué lors d`une conférence de presse le procureur de la République, Ben Amar Ould Veten.

Au cours de cette « opération de routine dans le cadre de son enquête, le juge a soupçonné un mini-bus en déplacement qu`il a aussitôt fait arrêter pour découvrir le chargement et procéder à l`interpellation de ses occupants« , a expliqué le chef du parquet de Nouakchott.

Le véhicule contenait quelque 830 kg de cocaïne dont la valeur est estimée à plus de 37 millions d`euros, ont affirmé à l`AFP des sources judiciaires, précisant qu`il s`agit de la plus importante saisie dans l`histoire du pays.

AngolaPress



 
13 août 2007 : Saisie à Nouakchott de près de 900 kg de cocaïne avec deux étrangers

Le procureur de la république près le tribunal de Nouakchott, M. Ben Amar Ould Veten a déclaré lundi à l’AMI que les autorités judiciaires ont constaté dimanche dans le cadre de leur enquête au sujet du dossier 769/07 sur la drogue, l’existence d’une quantité de stupéfiants dans une voiture sur une des avenues de la capitale.

Après inspection de ladite voiture, une quantité de près de 900 kilogrammes de cocaïne y a été trouvée. La voiture en question a été appréhendée et se trouve actuellement entre les mains de la police judiciaire et les deux étrangers qui l’exploitaient avaient été écroués.

L’enquête poursuit son cours pour cocaïne la partie destinataire de la quantité de drogue saisie qu’elle contenait et l’arrestation des autres personnes impliquées dans l’opération, précisant que les premières informations montrent que la quantité était cachée dans un lieu déterminé à Nouakchott et transportée vers un autre lieu de la capitale.

Il a précisé que tous les indices et données disponibles jusqu’à présent montrent le lien existant entre cette affaire et le dossier 769/07 relatif à la question de la drogue. Il a dit que la justice n’a pas encore tranché l’affaire du 1er dossier et que la voiture a été retrouvée dans le cadre de l’enquête sur ce dossier.

Il a souligné que les personnes qui ont été appréhendées dans le cadre du 1er dossier sont maintenant entre les mains du juge d’instruction dans l’attente d’être jugées et que des mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés contre les autres personnes en cause et les individus en fuite et que les recherches les concernant sont en cours de concert avec Interpol et les pays avec lesquels nous sommes liés par des conventions d’extradition ».

Le procureur de la république a déclaré que « la justice est déterminée à aller de l’avant dans son enquête sur ce dossier précisant qu’il n’existe pas devant elle de lignes rouges l’empêchant de toucher toute personne, quelqu’elle soit, impliquée de près ou de loin dans cette affaire de drogue« .

Il convient de rappeler que les enquêtes en cours sur ce dossier ont intéressé jusqu’à présent plusieurs personnes soupçonnées ou témoins donnant lieu à de larges opérations de recherches et d’inspection et qu’actuellement les recherches se poursuivent pour retrouver les individus en fuite.

AMI

Note: Info source : AngolaPress / Agence Mauritanienne




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

14082007

Des femmes sont livrées  à elles  mêmes ! 

En dehors des urgences, une couche de notre société agonise. « La vérité devint la vie  dans cette mort. Le sac du silence  était lourd » disait Pablo Neruda dans  le  mémorial de l’île noire. 

En effet, les années 90 ont marqué une transformation radicale des mœurs. Des femmes sont livrées  à elles  mêmes ; elles ont la charge de  leurs enfants, leur seul moyen de survie demeure la vente de leurs corps, ce n’est pas par plaisir, mais par besoin. Ce besoin peut être décrit comme suit : « chaque sortie  de l’ombre nous donne la souffrance  nécessaire : cette rumeur en vérité se transforma, la lumière envahit la porte obscure, et les douleurs se modifièrent » (Neruda, op.cit). 

En fait, après avoir été mariée   avec plusieurs hommes, x  se trouve avec des garçons à nourrir. Elle devient parmi ces femmes qui essayent  de se livrer à  la pratique sexuelle mais « avec une pudeur » disent-t-elles 

En lui posant la question pourquoi elle ne cherche pas d’autres moyens de survie acceptables. 

Elle nous a  répondu « qu’elle ne peut pas laisser ses enfants seules ». Elle est dans la contrainte de choisir cette voie en espérant trouver un homme ou quelqu’un qui lui accorde un prêt lui permettant de travailler dans le commerce. « Pour le moment  je suis obligée de suivre ce rythme » martèle-t-elle avec amertume. 

Une  autre était dans une  grande ville mauritanienne après la mort de son père et le divorce de  son mari,  elle se trouve dans la contrainte de subvenir au besoin de son fils. Celle-ci, elle a, néanmoins, eu la chance d’être acquis dans une structure familiale. Depuis son arrivé,  elle cherche du travail en vain. Son  problème demeure la méconnaissance des circuits permettant de suivre des formations pour les femmes. 

Une troisième qui a pu bénéficier  d’une formation en bureautique arrive malgré la médiocrité de la formation  à décrocher un stage dans une structure touristique. Elle a eu la conviction après une longue pratique avec les hommes que la seule issue c’est de prendre en main son avenir. 

Une troisième catégorie a subi une mutation profonde, des riches deviennent des pauvres, les filles des hauts fonctionnaires sont encore soumises au risque de la  pauvreté qui frappe la société mauritanienne.  Pour suivre le rythme de la vie moderne,  elles  essayent  de tisser un réseau de connaissance leur  permettant  de s’insérer  normalement dans la vie active. Elles ne peuvent pas se permettre de faire n’importe quoi sauf en cachette, elles utilisent leurs physionomie afin qu’elles puissent prendre en main leurs avenir. Les femmes s’adaptent dans le but de survivre. Ces phénomènes existaient depuis longtemps, mais avec la pauvreté la situation est devenue de plus en plus alarmante. Qu’en est-il des hommes ? Disons qu’ils n’arrivent  plus à construire des familles faute des moyens. La seule issue demeure l’abstinence ou …   

m_barrada@yahoo.fr 

 

Mohamed Fouad Barrada 

Source : www.barrada.unblog.fr 

   




Drogue en Mauritanie

14082007

 

 

Encore de la Coke ! 

 

Le Procureur de la République près le Tribunal régional de Nouakchott a tenu hier une conférence de presse dans son bureau au Palais de justice. Le procureur, Benamar Ould Vetene, a expliqué aux journalistes les tenants d’une saisie de 830 kg de cocaïne dimanche dernier à Nouakchott. La quantité aurait été saisie après que le juge chargé du dossier a soupçonné un bus qui se trouverait à El Mina, au sud de la capitale mauritanienne. 

Il s’agit, pour Ould Vetene, d’une «nouvelle démarche dans le dossier 769/2007». Connu communément par le «dossier Ould Taya-Ould Mini », ce dossier n’a, officiellement, aucune relation avec l’autre gros dossier ouvert à Nouadhibou. Ould Vetene, a ajouté que cinq personnes impliquées dans cette affaire ont été arrêtées. Il s’agit de deux mauritaniens, deux marocains et un sénégalais. Après la saisie de cette quantité, les forces de l’ordre ont pénétré une maison située à El Mina à partir de laquelle la cargaison a été chargée. Dans cette maison, on a remarqué, dit Ould Vetene, les traces de l’emballage de la cargaison. 

Le procureur a affirmé que les investigations continuent pour savoir l’origine et la destination de cette cargaison. Il a dit que les enquêtes n’ont pas encore deviné des liens entre cette affaire et celle de Nouadhibou. 

Cette saisie de drogues est la plus grande dans l’histoire de la Mauritanie. Sa valeur est de 27 milliards ouguiyas à peu près. 

Rappelons que les autorités mauritaniennes avaient saisi le 1er mai dernier 650 kg de drogues à Nouadhibou. Une quantité dont la valeur est de plus de 20 milliards d’ouguiyas. Le présumé cerveau de cette affaire, Sidi Ould Haïdalla, est poursuivi actuellement au Maroc. Les informations disent qu’il dispose d’un passeport malien. Il est quand même remarquable de constater que le juge en charge de l’enquête n’a pas essayé de faire le déplacement au Maroc pour interroger l’intéressé. That’s the question… 

 

Mechri Rabbany 

 

Info source : La Tribune 




‘Une esclave est la première à donner sa vie pour l’Islam !’

14082007

 

 ‘Une esclave est la première à donner sa vie pour l’Islam !’ 

 

« Je suis fier, monsieur le Président, d’être député dans une assemblée présidée par vous. » Ces paroles de Me Sidi Mohamed Ould Maham, député d’Atar, expriment à elles seules la dynamique de changement dans laquelle se trouve

la Mauritanie. Le président de la commission justice, intérieur et défense de l’assemblée nationale, qui avait eu à examiner, plusieurs semaines durant, la loi sur l’esclavage, s’adressait à Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale. 

 

Le leader harratine et militant des tous premiers débuts du mouvement El horr a été élu à la tête de la chambre basse du parlement mauritanien après avoir contribué avec son parti l’APP à faire peser la balance en faveur de  Sidi Ould Cheikh Abdallahi au second tour de la présidentielle de mars 2007. 

C’est toute une histoire qui se réécrit. On est loin de l’époque où, député de Action pour le Changement, Messaoud Ould Boulkheir, avec Sarr Ibrahima, son ancien camarade de lutte, tenait tête à un Premier ministre à l’Assemblée nationale de l’ère Ould Taya. Résultat à l’époque : la dissolution de Action pour le Changement. Et la lutte allait continuer à partir d’un autre camp : l’Alliance Populaire Progressiste avait ouvert les bras pour Ould Boulkheir et les siens. 

 

Autre temps… 

 

On est mercredi 8 août 2007. 21 heures. A quelques minutes de l’adoption à l’unanimité de la loi incriminant et réprimant les pratiques esclavagistes en Mauritanie.  Il a fallu deux jours de débats en plénière pour faire le tour du sujet. Non parce qu’un malentendu se profilait mais plutôt parce que plusieurs dizaines d’élus tenaient à s’exprimer le plus positivement sur une question assez sensible qui avait buté par le passé, et dans la même assemblée, sur l’incompréhension et à la réticence du gouvernement et de ses alliés parmi les parlementaires. Pour l’histoire, il y a  lieu de rappeler, comme l’a fait Sy Samba, député UFP de Boghé, que dans la même salle de l’assemblée nationale, il s’est trouvé des députés qui, durant le mandat précédent, celle de l’ère Taya, avaient soutenu opiniâtrement qu’il n’y avait pas d’esclavagisme en Mauritanie. 

  

Sang d’esclave pour l’Islam 

 

« La première personne à avoir perdu la vie pour cette religion est une esclave, monsieur le président. » A dit encore Ould Maham. Ce jeune avocat a puisé dans l’histoire pour rappeler que Soumayya, appartenant à la famille de Yassir était la première à mourir sous la torture pour avoir embrassé l’islam. 

On sait par ailleurs u’il s’agit de la famille à laquelle le prophète (PSL) a recommandé la patience, lui garantissant que ses membres se retrouveront au paradis.    

L’Islam ne peut donc fonder l’esclavagisme, plaide Ould Maham. A l’actif des députés le rappel d’un épisode de la vie de Bilal qui avait été traité par un des compagnons du prophète (PSL), de fils d’esclave. L’envoyé d’Allah s’étant indigné, ce compagnon s’était mis à terre, rappelle un député, pour demander  à Bilal de mettre son pied sur sa joue. Ce qui bien sûr ne fut pas fait. 

Les députés ont par ailleurs loué l’effort des mouvements dont c’est la lutte qui, selon eux, est à l’origine du couronnement du combat pour la liberté. Ainsi, d’aucuns ont rendu hommage aux mouvements El Horr, Kadihine, entre autres combattants pour l’égalité. Tout comme certains ont salué le courage de Boubacar Ould Messaoud de SOS esclave et de Jemal Ould Yessa, « dont les ancêtres sont des maîtres » mais « qui a résisté pour que soit éradiquée l’esclavage. » (Dixit un député). 

L’argument le plus dégainé par les députés reste toutefois l’islam. Même si comme Jemil Mansour certains ont voulu noter qu’il y a deux écoles qui conçoivent différemment la question de l’esclavagisme, la balance a beaucoup plus pesé du côté des défenseurs de l’idée d’un islam antiesclavagiste : « Quand est-ce que vous avez réduit les hommes en  esclavage alors qu’il ont été enfantés libres par leurs mères », a-t-on martelé pour rappeler les propos de Oumar Ould Khatab, le khalife. 

 

Esprit des lois 

 

Côté amendements on retiendra que le premier intervenant à la plénière, Khalil Ould Tayyib de l’APP a proposé que l’on apporte une modification lexicale au titre de la loi avant son adoption. Du moins dans sa version arabe. 

La commission justice, intérieur et défense de l’assemblée a apporté des amendements sur neuf des seize articles du projet. Selon le président de la commission, Me Sidi Mohamed Ould Maham, il s’agit de relever la peine qui sanctionne le crime d’enlèvement d’enfants en vue de les asservir. Le terme de crime a été enlevé de l’article 4 tandis que dans l’article 9 on a utilisé le terme de délit et l’on a ajouté la double dot pour celui qui consomme le mariage d’une esclave au lieu de la dot normale proposée dans le projet du gouvernement. Les organisations des droits de l’homme ont également le droit de solidarité en faveur des victimes et de prendre part aux enquêtes judiciaires. En plus de cette clause exigée par la commission, il y a l’exigence de juger les questions de cet ordre en référé ainsi que la garantie de l’assistance judiciaire gratuite au profit des victimes de préjudice. 

A l’article 10 de la loi il est stipulé après amendement que « l’auteur de la production culturelle ou artistique faisant l’apologie de l’esclavage est puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille ouguiyas à deux cents mille ouguiyas ou de l’une des deux peines. » Sans compter qu le produit sera confisqué et détruit et que l’amende sera port cinq millions d’ouguiyas s’il est réalisé ou diffusé par une personne morale. Autant dire que les traditions orales exposent toutes les communautés à la sanction, sachant que les répertoires de  musique et de danse traditionnelles ont des contenus identifiants de la catégorie sociale. 

L’amendement de l’article 12, ouvre quant à lui la possibilité de faire punir tout représentant de l’administration, allant du wali à l’officier ou agent de police judiciaire qui ne donnent    pas suite aux dénonciations de pratiques esclavagistes portées à leurs connaissance. La peine peut être de deux à cinq ans d’emprisonnement et de deux cent à cinq cent mille ouguiyas. 

Cette loi que d’aucuns ont retenue comme le couronnement d’une série de textes et de procédures depuis l’indépendance de
la Mauritanie doit être accompagnée selon la plupart des députés de mesures d’accompagnements efficaces. Censées dédommager une frange de la population longtemps victime. D’aucuns, à l’instar de Saleh Ould Hannana, ont préconisé le principe de discrimination positive. Donner un quota à « ces gens pour leur permettre de franchir des pas importants dans la distance qui les sépare des autres », ont recommandé certains députés. Excès de zèle ou solennité passionnelle du moment ? La pauvreté en Mauritanie ne connaît pas de différence entre esclaves et ‘nobles’. La richesse non lus. 

La loi jette néanmoins des fondements juridiques clairs rompant avec un passé dont les traces ou les survivances ont toujours fait l’objet de controverses. Au moment où les militants de SOS-esclaves s’employaient à convaincre que l’esclavagisme est encore pratiqué en Mauritanie, les autorités parlaient de séquelles lorsqu’elles ne pouvaient plus esquiver la question. Vont-elles, en plus des mécanismes juridiques interdisant ou sanctionnant les pratiques de l’esclavage, consentir  à mettre en place des projets économiques, sociaux et culturels pour tirer la frange qui souffre de l’esclavage et de ses séquelles vers une situation digne. Une grande majorité de harratines, descendants d’esclaves noirs de la communauté arabe de Mauritanie vivent les séquelles de l’esclavage. Le président de l’assemblée nationale Messaoud Ould Boulkhier, leader harratine et opposant radical au système déchu de Ould Taya, avait au cours de la plénière du lundi 6 août eu un échange nerveux avec un député qui s’employait à soutenir que l’esclavage en Mauritanie était moins sévère que celui qui avait cours aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud. « Toi tu n’es pas esclave. Moi j’en suis un qu’on bat et qu’on compare aux bêtes. » Propos qu’il acceptera de retirer, deux jours après, à la demande du député Abderrahmane Ould Mini. Cette loi n’est pas faite pour vous monsieur le président. Vous ne devez pas retourner le mot contre vous. Vous êtes le président de l’assemblée nationale. Avait dit en substance l’auteur de la tentative de putsch du 8 juin 2003 et ancien prisonnier du régime d’Ould Taya. « Araani Saaheb Yiik il kelima ala khlaagak… » Lui avait répondu Ould Boulkheir. 

La bonne humeur siège à l’assemblée ! 

Kissima-Tocka 

Source : La Tribune N° 362 

 

 

 

 




La RADHO: Vers un atelier sur les acquis démocratiques

14082007

La RADHO

Vers un atelier sur les acquis démocratiques

 

La rencontre africaine des droits de l’homme envisage l’organisation d’un atelier sur le renforcement des acquis démocratiques en Mauritanie. Secrétaire général exécutif de
la RADHO, Alioune Tine était l’hôte du président de
la République Sidi Ould Cheikh Abdallahi. C’était samedi 11 août 2007.

L’après midi, il a tenu une réunion avec les organisations de la  société civile mauritanienne au siège du forum national des droits de l’homme (FONADH). Objectif : recueillir les avis des uns et des autres représentants des ONG ainsi que les propositions des thématiques à développer les 17,18 et 19 octobre prochain en vue de réfléchir sur la consolidation des acquis en matière de démocratie en Mauritanie. Parmi les propositions faites, figurent les questions sur la tolérance, la citoyenneté, la coexistence des communautés, le passif humanitaire, l’esclavage, etc. Ce à quoi certains représentants des ONG ont voulu opposer le cas des sénégalais d’origine maure qui auraient été expulsés lors des événements de 89, celui des rapatriés qui n’ont pas eu leurs droits ainsi que « le passif humanitaire de 1981. (Les auteurs de la tentative  de putsch du 16 mars qui ont été exécutés sous le régime de Ould Haidalla, NDR). C’est un faux débat ont relevé d’autres pour qui il ne faut pas faire de confusions.

A l’issue de la réunion, Alioune Tine s’est mis à la disposition de quelques journalistes pour répondre à certaines questions. Par rapport à la question de sénégalais d’origine maure qui seraient encore en situation de réfugiés en Mauritanie, il a déclaré : « si les gens nous saisissent, nous allons travailler à ce que leurs droits leurs soient restitués. »

« Nous avons gardé un sénégalais maure dans notre siège et nous avons travaillé à lui faire recouvrir ses pièces d’état-civil. », a-t-il poursuivi.

Quant à Aissata Satigui Sy de l’AMDH, elle a précisé qu’en ce qui concerne les rapatriés, « leurs droits ont été spoliés par les autorités mauritaniennes de l’époque » : les fonds de solidarités qui avaient été débloqués pour eux à l’époque ainsi que les endroits qui leur avaient été donnés pour qu’ils s’abritent auraient-ils été alors dilapidés sans autres formes de procès ?

C’est là où le rôle de la société civile mauritanienne peut être affirmé. Selon le Secrétaire général de
la Radho, il faut que cette société civile mauritanienne soit impliquée dans toutes les étapes de règlement des problèmes. Notamment dans le cadre de la mise en place d’un plan de retour des déportés.

Le retour à l’ordre constitutionnel et les premiers signes de bonne volonté politique ont « été retenus par le représentant de
la RADHO comme un réel espoir de résolution concertée des difficultés.

Reste à savoir si le moment venu, la rencontre du 17 au 19 octobre sera à la hauteur des préoccupations de l’heure.

 

Source La Tribune 362




Régions

14082007
Kaédi 

Le Crédit Municipal ‘’Web Cités’’ 

 

Erreur de conversion ou mauvaise lecture ? 

 

Le huit mai, deux mille sept, les Femmes de
la Commune de Kaédi sont convoquées à l’Hôtel de Ville par le Maire qui était accompagné du Coordinateur de l’Antenne Vallée et responsable de l’ONG ‘’Eco -- développement, organe gestionnaire du Projet, Monsieur Ahmed OULD MAGED et de Madame Clara, représentante du PNUD. 

Dans son allocution, Monsieur SOW Moussa Demba avait rappelé que le projet initié en 2002, par
la Commune auprès de l’Alliance Mondiale des Villes contre
la Pauvreté en Suisse voyait son aboutissement, avant de dire que les bénéficiaires directes étaient les femmes, afin de les permettre d’accéder aux micro – crédits pour développer les Activités Génératrices de Revenus et améliorer leurs conditions de vie. 

Les responsables précités du crédit ont, dans le même temps affirmé que le budget du projet s’élève à : CENT VINGT – CINQ MILLIONS (125.000.000) ouguiyas et, ceci dans la salle de réunion et par devant plus de quatre cents femmes et les quelques Conseillers venus au hasard. 

Sur l’unique choix du Maire, deux comités ont été mis sur pied : celui du pilotage et celui de gestion du crédit. 

Le feu vert a été donné et la sensibilisation a commencé. Les concernés ont sillonné tous les quartiers de la ville plus Bélinabé, Rindiao et Pimpédjel 

Les femmes se lancent dans la constitution des dossiers de reconnaissance de leurs coopératives. La plus part d’entre elles y ont laissé des plumes. Aujourd’hui, la ville compte au moins quatre cents (400) coopératives. 

Deux mois après, surgit un problème. Le bruit commence à courir, l’argent, le budget du projet n’est plus de CENT VINGT – CINQ  (125.000.000) MILLIONS mais seulement de : DOUZE MILLIONS, CINQ CENTS MILLES (12.500.000) Ouguiyas. 

Les femmes n’en reviennent pas ! Erreur ? D’où provient – elle ? Un détournement ? ‘’Ça devait – au moins – faire l’objet d’une réunion de toutes les femmes à l’Hôtel de Ville, pour explication’’, disent certaines. 

Visiblement, il s’agit tout seulement d’une erreur de conversion ou d’une mauvaise lecture. Dans le document de fond il est mentionné ‘’Budget du Projet : CINQUANTE MILLES (50.000) dollars. Or, le cours de change manuel dans le marché est  pour mille (1.000) dollars = deux cent cinquante milles (250.000) Ouguiyas ; donc Cinquante milles (250.000) dollars = Douze millions, cinq cents milles (12.500.000) Ouguiyas et non Cent  vingt -- cinq  millions (125.000.000) Ouguiyas, comme cela avait été dit auparavant !!! 

Donc, de deux choses l’une, soit ceux qui ont fait l’opération ont ajouté un zéro au chiffre ou ils ont lu un chiffre à la place d’un autre. 

Résultat de gestion unilatérale des activités d’une commune. Et, j’avoue en ma qualité de 4éme adjoint au maire n’être aussi affligé, parce que n’ayant jamais été autant concerné. Un Conseil Municipal est un tout. Il faut une association et une collégialité pour la bonne marche des choses. 

Aujourd’hui, en ce moment même on tombe de charybde à scylla. On dit que finalement le PNUD n’a envoyé – tenez – vous bien ! –  que de la somme UN MILLION, CINQ CENTS (1.500.000) Ouguiyas environ !!! 

 

Il y a vraiment lieu de se demander pour quoi faire ? Pour créer des problème ou pour en résoudre ? 

Nous ne pouvons conclure sans donner l’affirmation suivante aux curieux : <>. 

Ce qui nous amène à penser  à Henri JAMES qui disait :   <

 

SOW Moctar Samba 

CP / Gorgol 

Contact: 650.68.29 

 

NOUADHIBOU 

Le retour des déportés à la loupe des populations 

Une semaine après le séjour de la mission d’explication conduite par le ministre de l’agriculture sur le retour des réfugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali , le débat continue à susciter passion et compassion chez le peuple alors qu’autorités , élus ,chefs religieux et coutumiers observent un silence total inquiétant. Même cas de figure chez les cadres qui se bousculaient pourtant ce 6 août pour occuper les premiers rangs. 

A ce jour encore nul n’a entrepris une campagne d’explication .C’était pourtant l’objet de la réunion. 

Aucun des trois députés, ni le sénateur, encore moins les 19 élus municipaux n’a daigné sensibiliser le peuple sur les enjeux ou les modalités du retour imminent de nos compatriotes. 

Quand aux  imams, (La ville compte prés de 40 mosquées) aucun n’a consacré sa prêche sur ce problème. 

C’est à se demander l’utilité de la rencontre entre les émissaires du président de la république et les cadres, élus, notables et autorités de Nouadhibou… 

Chez  la population, le débat suscite passions et compassions. 

A la radio FM les animateurs consacrent beaucoup de temps au thème. Si le principe du retour est acquis, les modalités  n’en demeurent pas moins source de frictions et de tensions.. 

Combien sont-ils ? Où seront-ils installés ? Retrouveront-ils leurs biens ? 

Telles sont les principales questions évoquées par les  auditeurs. 

D’aucuns mettent en parallèle ce dossier avec le conflit du Sahara Occidental des années 70. 

‘ Pendant la guerre, des Mauritaniens étaient déportés sous prétexte qu’ils avaient des parents sahraouis’, s’insurge Brahim. 

H. étudiante pense autrement: ‘J’étais très jeune quand les événements ont eu lieu. La TVM devrait faire un reportage dans les camps  pour qu’on puisse juger de l’ampleur des déportations.’ 

Mohamed, commerçant :’ 90 % des mauritaniens ignorent ce qui s’est réellement passé. Il faudrait une explication de texte.90% de la population ignore encore ce qui se trame.’ 

S .cadre :’Certains craignent que de non Mauritaniens profitent de la situation pour acquérir des papiers Mauritaniens. Ici ce n’est pas le paradis. On a du mal à survivre. La vie est dure.’ 

K. cadre : »Cette crainte (de voir des étrangers entrer avec les réfugiés) est du racisme. Combien de Maghrébins vivent ic? Il faut aussi surveiller les frontières nord.’ 

N, imam :’Puisque l’état a reconnu sa responsabilité, les réfugiés doivent revenir et pardonner.’ 

C, animateur radio :’ Les réfugiés ne doivent pas être trop exigeants. La situation est difficile. Voyez Tintane. L’état ne peut rien faire.’ 

D, chômeur: ’Qu’ils reviennent d’abord. Le reste est un combat politique’ 

J. militant d’une formation politique :’ S’ils retournent ça va renforcer Sarr. Les 7 % qu’il a obtenus seront 10 %, autant que Messaoud.’ 

T .politicien : Attention à ne pas rompre l’équilibre ethnique. Nous sommes arabes. Attention à la Darfourisation du pays (allusion au Darfour, cette province de l’ouest du Soudan, en proie à un guerre civile .NDLR .) 

On le voit, les citoyens sont préoccupés. Mais n’ont personne pour les rassurer. 

ATHIE YOUSSOUF 

CP/NOUADHIBOU 

 

Source/ La Tribune n°362 




Tintan: Le Trop-plein après la sécheresse

14082007
Tintane : 

Le trop-plein après la sécheresse

C’était prévisible. C’était prévu : tous ceux qui regardent les prévisions météorologiques savaient que les zones est seront bien arrosées en milieu de semaine passée. La météo mondiale prévoyait des pointes de 120 mm dans certaines zones pour lundi, mardi et mercredi derniers. 

C’était prévisible. C’était prévu : Tintane, comme beaucoup de villes mauritaniennes, est construite sans plan préalable. Pire, Tintane a connu son développement à la faveur de la sécheresse de la fin des années 60 et 70, puis au début des années 80. Au début était l’histoire d’une administration calamiteuse. A la fin, c’est encore l’histoire d’une administration qui est devenue en plus irresponsable. 

Au début, la ville avait poussé au sommet de la belle dune appelée ‘Sayf’, l’épée pour sa forme allongée et plutôt raide. A la fin des années 60, un préfet avait décidé de faire descendre les locaux de l’administration vers la plaine, aux confins de la grande palmeraie. C’était pour éloigner l’administration des habitants de Sayf, à majorité Ehl Sidi Mahmoud. Un peu pour les punir. Très probablement à la suite d’une histoire banale d’insoumission à une autorité qui confond son rôle avec celui d’un tyran. 

C’est naturellement autour de l’administration que tout se greffe : marché, infrastructures sanitaires, scolaires, alimentaires… A la fin des années 80, Tintane est une ville d’environ 40.000 habitants qui s’est essentiellement développée dans sa plaine. Ses cadres sont de fervents soutiens au régime d’alors. Le président de l’Assemblée nationale de 1992 choisit Tintane comme fief. Il y construit un magnifique ‘chalet’. C’est la période faste. Centrale, collège, alimentation en eau… Par la force des choses, la ville est une plaque-tournante du commerce sous-régionale. Elle est plus active que la capitale régionale Aïoun. Elle n’est comparable qu’à Guérou en Assaba. La masse monétaire qui y circule est phénoménale. On dit que quand il a fallu changer les billets de la monnaie nationale, près de 6 milliards ont été changés ici. 

Les années 2000, Tintane connaît ses premières grandes crues. L’Etat mobilise chaque fois une centaine de millions qui sont remis aux caïds locaux. Diguettes inaugurées en grande pompe, vivres distribués devant les caméras. Mais point de solution à long terme. En 2007, c’est la catastrophe. Une conséquence de l’accumulation des erreurs. 

Le ruissellement des eaux venant d’El ‘Aguer et d’ailleurs va inonder toute la plaine. La palmeraie disparaîtra sous les eaux qui emportent tout sur le passage. Le marché est détruit et avec lui tous les biens. Les maisons en banco pour la plupart disparaissent et avec elles tout ce qui s’y trouvait. On parle de 10.000 sans abris. Heureusement que les morts sont limités à deux jusqu’à présent. Il n’y a pas encore d’épidémie déclarée. Mais la région est infestée par le paludisme. Le réconfort viendra de l’élan de solidarité. 

Cela commence par la visite du Président de la République. Du jamais vu depuis des lustres : un Président qui va consoler, compatir. « Ma visite à Tintane m’a permis de constater ce que je ne pouvais connaître si j’étais resté à Nouakchott », dira-t-il. Il a ajouté qu’il a ainsi constaté que la quasi-totalité des habitats de la ville sont entièrement endommagés et ne sont plus, désormais, aptes à servir d’habitats. Le Président de la République a précisé avoir vu des populations quitter leurs maisons dans des pirogues et d’autres qui y demeurent en attendant d’être secourues. Il a ajouté qu’il a pu prendre connaissance de tous les problèmes qui se posent comme ceux de l’eau, de l’électricité, d’habitat et de produits alimentaires. « Ma délégation comprend un certain nombre de ministres et de responsables des institutions concernées par ces domaines, l’Etat fera, « Inchaa Allah »  tout ce qu’il est en mesure de faire et vous en serez informés « , a-t-il dit, aux journalistes qui l’interrogeaient. L’action du gouvernement devait suivre immédiatement. 

« Toutes les populations sinistrées ont été transférées du lieu du sinistre vers des zones plus sûres et il n’y a plus personne en danger demandant à être secourue ». C’est ce qu’a déclaré Mohamed Vall Ould Cheikh, ministre de la culture et de la communication lors d’une conférence de presse tenue au lendemain de la visite. « Je voudrait vous réaffirmer, a dit le ministre, que la catastrophe était et demeure la préoccupation essentielle du gouvernement et du peuple mauritaniens de sorte que la nuit même où la catastrophe a eu lieu, les autorités régionales sous la conduite du wali sont intervenues mettant à profit les services régionaux, les unités de l’armée et des forces de sécurité, des unités de la cinquième région militaire sous la direction de son commandant pour secourir et sauver les personnes sinistrées ». Dans le même temps, Ould Cheikh a rappelé la création d’un comité ministériel de crise supervisé par le Premier ministre et composé de plusieurs ministres et hauts responsables concernés. Il a passé en revue les différents axes d’intervention dont la sécurité, les infrastructures, la situation alimentaire, l’eau, l’électricité etc. ajoutant que s’agissant de la sécurité, des unités de l’armée sont intervenues la 1ère nuit et demeurent encore sur place. 

En outre, le ministère de la défense a mis à la disposition des autorités administratives 3 avions et a renforcé les unités déjà sur le terrain d’une unité prélevée sur la wilaya du Trarza avec ses équipements notamment ses embarcations pour secourir les sinistrés et demeure elle aussi sur les lieux à Tintane. Selon les statistiques disponibles, cette unité a dit le ministre, a secouru 2000 personnes saluant, au nom du gouvernement, le patriotisme et l’esprit de sacrifice dont ont fait preuve nos forces armées et de sécurité dans ces opérations. 

Selon les témoignages qui nous sont parvenues, dit-il encore, ces forces ont mis en danger la vie de leurs éléments pour sauver les habitants sinistrés et continuent à jouer le même rôle depuis le premier jour de la catastrophe. Ould Cheikh a relevé les équipements et matériels mis à la disposition des autorités administratives locales par les forces armées dont un porte char, des tentes, des couvertures en plus de leur engagement entier sur le terrain. Evoquant l’état d’exécution des décisions du comité interministériel présidé par le premier ministre pour l’organisation des secours à la suite des inondations de Tintane, le ministre de la culture et de la communication a précisé que plusieurs départements ministériels ont contribué à ces actions. Ainsi le commissariat chargé de la protection sociale et de la sécurité alimentaire a offert 228,2 tonnes de produits alimentaires, 100 cartons de gloria, 200 tentes, 2000 couvertures, 400 nattes, 400 pots, 10 citernes artificielles et 14 camions/navette. Le ministère de l’économie et des finances a, quant à lui, remis au wali une enveloppe de 30 millions d’ouguiyas. Au plan de l’approvisionnement en eau potable, le ministère de l’hydraulique, de l’énergie et des TIC a disponibilisé 2 camions citernes, un autre affecté par l’ENER en plus du rétablissement du réseau électrique. Pour sa part, le ministère des transports a fait l’identification d’un nouveau tracé de la route contournant la zone montagneuse de Tintane.  

Au plan sanitaire, deux véhicules chargés de médicaments ont été mis à la disposition des autorités locales en plus de l’appui de deux médecins supplémentaires et de l’octro d’un lot de 1000 moustiquaires imprégnées. Le département de l’équipement, de l’habitat et de l’urbanisme a, quant à lui, identifié une bande de 700 sur 2000 m devant servir de site d’accueil des sinistrés pour son lotissement dont les travaux ont déjà commencé

Signalons que le Gouvernement avait appelé samedi les pays frères et amis ainsi que les organisations internationales et les partenaires au développement à contribuer au financement d’une caisse de reconstruction de la ville de Tintane, suite aux inondations qui ont frappé tout dernièrement cette ville et occasionné des pertes humaines et d’innombrables dégâts matériels.  

Au cours de l’appel, le ministre des finances a déclaré que « les victimes directes sont estimées à 10 mille personnes auxquelles s’ajoutent la destruction d’infrastructures de base (marchés, écoles, routes, réseaux d’eau et d’électricité, habitations et autres biens immobiliers des populations de la localité ». Ould Hamma Vezaz a, ensuite, indiqué que l’Etat envisagera dans le cadre du nouveau plan urbain de la ville sinistrée de mettre en place de nouvelles infrastructures comme les routes, les écoles, les centres de santé, les réseaux d’eau et d’électricité ainsi que l’appui aux populations désireuses de quitter les quartiers inondés et construire de nouveaux logements ». Il a également noté que le transfert de la ville de son site actuel fait suite à une étude recommandant le transfert de la ville de cette dépression l’exposant aux inondations à chaque hivernage. Dans ce cadre, a-t-il dit, « le gouvernement compte sur le soutien des pays frères et amis ainsi que celui des organisations internationales et des partenaires au développement pour faire face à cette situation tout a fait exceptionnelle.  

Le ministre de l’économie et des finances a informé les participants des mesures déjà prises dans le sens d’alléger les souffrances des populations en situation de crise, ajoutant que les victimes ont été transférées vers des sites d’hébergement disposant des services sanitaires et de nourritures. Il a mis en garde contre d’autres inondations. Il a dit que les services techniques ont déterminé 18 communes, dans l’ensemble du pays, pouvant être victimes, au cours de l’actuelle saison des pluies, d’inondations similaires à celles de Tintane.  

Sur place, le
Wali du Hodh El Gharbi, Amadou Abou Ba a présidé vendredi à Tintane une réunion du comité de l’intervention humanitaire et du recensement des victimes des inondations. Au cours de la réunion, le Wali a informé le comité, qui regroupe les élus locaux, les organisations de la société civile et le chef de service régional du commissariat chargé de la protection sociale et à la sécurité alimentaire, de l’arrivée des aides alimentaires qui seront  distribuées incessamment. A l’issue de la réunion, les membres de la commission se sont scindés en sous commissions pour accélérer le recensement des sinistrés afin qu’ils bénéficient des compensations nécessaires. Dans une déclaration au correspondant régional de l’AMI, le Wali a précisé que les populations qui ont encerclées par les eaux ont été évacuées et que son comité réceptionne des secours apportés par des institutions et fondation de bienfaisance, telles que la fondation de Khattou Mint El Bouakhary, épouse du président de la république, le croissant rouge mauritanien, le groupe Ahil Abeidna, l’ONG Oxfam et autres. Les autres ministères ont axé sur leurs interventions sur le désenclavent de la zone pour faciliter le trafic des personnes et des biens entre Tintane et Aioun, a, encore, précisé le Wali. Au sujet de l’approvisionnement de la ville en eau potable, le wali a émis l’espoir pour la réparation rapide du réseau de la ville et en attendant la ville s’approvisionne avec des citernes qui amènent de l’eau à partir de Kiffa.  

L’ONG de la Première dame a été la plus rapide et la plus efficace sur le terrain. Dès le premier jour, des produits alimentaires (sucre, huile de table, lait, pâtes alimentaires et biscuits) et des équipements domestiques (nattes, torches, bougies et du matériel de stockage d’eau) ont été acheminés par la fondation Khattou Mint El Boukhary, aux populations de Tintane victimes. Cette première intervention sera suivie par d’autres qui ont permis d’acheminer couvertures, citernes, habits… Bientôt, la fondation va envoyer une équipe médicale qui fera de la consultation gratuite afin de contribuer à la prévention des épidémies. Rappelons que l’objectif de la Fondation est de mobiliser moyens humains et matériels dans des cas humanitaires pareils. Elle est un peu ce qu’on peut considérer comme le bras d’une action bienfaisante visant à améliorer les conditions des populations. Dans le cas d’espèce, la Fondation démontre le bienfondé de son existence.

MFO

 Source La TRIBUNE 362




De la réforme d’Ibn Yacine à celle des Réformateurs centristes

14082007

 

De la réforme d’Ibn Yacine à celle des Réformateurs centristes

Le parcours de chardon

 

Parmi les partis reconnus par le ministère de l’Intérieur, figure le parti du Rassemblement national pour la Réforme et le Développement (RNRD). Le nouveau parti est d’obédience islamiste, proche des frères musulmans. Il a coûté aux islamistes 32 ans de lutte. Une lutte qui n’a pas toujours été de tout repos.  

 

Les marques d’Ibn Yacine

La mouvance islamiste est désormais reconnue comme force légale en Mauritanie. 955 ans après qu’Ibn Yacine l’avait imposée aux mauritaniens pour la première fois. C’était lorsqu’il avait décidé de fonder son Ribat sur l’île de Tidra (aujourd’hui au large de Nouakchott), après avoir été rejeté par la population. Le tout petit Ribat va se transformer à une véritable force d’envahisseurs. Les Almoravides (1050-1147) sortent de leurs ‘repère’ et annonce le djihad. Et malgré le fait d’avoir été au-delà de la terre mauritanienne, lui préférant les belles ‘promesses du Maghreb occidental dont faisait partie l’Andalousie, leur empreinte a marqué, de façon indélébile, la vie des mauritaniens.

Ibn Yacine, malgré le fait d’avoir répandu le rite malékite dans la région (une conséquence du mouvement : unification religieuse de toute la région), était un des farouches fondamentalistes de l’histoire islamique. Le simple étudiant devenu ‘Mollah’ avant la lettre, aurait pris la décision de fouetter 20 fois chaque « croyant » qui ratait la prière de la mosquée. Cinq bastonnades pour chaque rak’a ratée.

Il est resté de cela cet attachement des habitants de cette terre aux pratiques religieuses strictes. D’où la ‘spécificité’ mauritanienne par rapport au reste des croyants en terre d’Islam. La piété est alors devenue une affaire ‘intérieure’, intime. Tout ce qui se dira de la ‘tolérance’, de ‘l’ouverture’ de l’Islam mauritanien, a son fondement dans la rigueur originelle… Paradoxe certes, mais héritage certain.

 

L’Etat islamique

L’empreinte de la reforme d’Ibn Yacine survivra à la colonisation et va même marquer la Mauritanie indépendante. L’hymne national de la jeune République sera choisi dans une poésie consacrant la gloire du mouvement salafiste dont Cheikh Baba Ould Cheikh Sidiya, auteur du poème, est l’une des figures de proue. Paradoxe encore : les fondateurs de la République sont nourris aux principes de la laïcité. Ce qui ne les empêche pas d’accoler l’épithète ‘Islamique’ pour donner ‘la couleur’ qui sera d’ailleurs celle de l’Islam (le vert, le croissant et l’étoile). Suffisant pour remettre à plus tard la mouvance islamiste. La recette est simple : l’Etat s’approprie la revendication ‘fondamentaliste’ en affichant un engagement qui fonde sa légitimité. Cette recette sera utilisée ultérieurement par la majorité des gouvernants arabes et musulmans.

Mais cette absence de la mouvance se justifie amplement par la montée du nationalisme arabe qui n’est qu’une autre forme d’islamisme qui ne dit pas son nom. D’ailleurs tous les panarabismes ont fini par s’acoquiner à un moment ou un autre avec le fondamentalisme religieux : l’Iraq baathiste ajoutant ‘Allahou Akbar’ au drapeau… On oublie un peu qu’il s’agit d’ennemis historiques, l’un ayant été utilisé contre l’autre, l’autre ayant servi à contrecarrer l’un. Les deux restant des pions que l’on avance ou que l’on recule au gré de la volonté des pays dominants.

En août 1974, le congrès de la jeunesse va ouvrir sur la division du mouvement Kadihine qui ne sera pas pour autant affaibli. Un an après, le gouvernement crée un ministère chargé de l’Orientation islamique. Certains y voient un geste d’approbation, voire de soutien, vis-à-vis d’une mouvance islamiste qui restait à créer. Sur cette voie, la Mauritanie apprenait la leçon au Maroc où l’on soutient l’Association des Jeunes islamiques pour contre-peser l’influence des gauchistes.

 

Islamisme enfantin

La première manifestation publique des islamistes aura lieu en 1978 à la veille du coup d’Etat. Quand ils appelaient à l’application de la Charia. Le gouvernement leur promet la satisfaction des revendications. Mai le putsch de 10 juillet brouillera toutes les cartes politiques. Un incident de parcours, donc, pour les islamistes qui n’ont pas encore de projet. Mais une revendication.

L’attente des islamistes ne durera pas. Car, avec sa prise de pouvoir en 1979, Ould Haidalla va vite les réhabiliter. Ils deviennent les fils adoptifs du régime. Ils participent à la mise sur pied des Structures d’Education de Masse, un PPM abâtardi. Ils contribuent à la soi-disant application de la Charia qui signifie pour eux la pénalisation des « désobéissants ». L’âge d’or pour une mouvance qui n’avait d’autre projet que celui de l’application stricte de la Chariaa. Le Wahabisme est passé par là. Parce que l’argent séoudien coulait déjà à flot dans ces contrées qui forment la périphérie du monde arabo-musulman. Autour de cet activisme qui rapporte se greffent des ‘affairistes’. Pour quelques décennies, la mouvance sera ‘contenue’, utilisée par des chefs de clans. Sur le terrain, le militantisme est marqué par l’amateurisme. Un militantisme ‘naïf’, ose-t-on dire. D’autant plus que les premiers cadres du mouvement sont issus de l’enseignement traditionnel. Ce qui ajoute à cette image de ‘sans-souci’.

Ould Haïdalla s’en va en 1984. L’aile militaire qui prend le pouvoir est la plus éloignée de la mouvance. A peine s’il ne s’agit pas des ennemis de ce qu’elle représente. Mais les Islamistes sont déjà pris dans le carcan politique traditionnel. Mêmes logiques, mêmes calculs. En 1986, les premières élections municipales sont organisées. C’est le premier test de la force des islamistes  une alliance avec les frères ennemis du panarabisme nassérien autour de la liste blanche. Impossible de juger leur force réelle. Pour les élections municipales suivantes, ils présentent leur propre liste : Ech choura. Mais, vu l’ingérence de l’administration dans ces élections, elles n’ont pas reflété la force réelle des islamistes.

 

Le pluralisme et l’affirmation de soi

En 1990, le pluralisme politique est décidé. Vite, les islamistes présentent le dossier d’un parti. Il porte le nom de « Front islamique » puis ‘Oumma’ pour ne pas se référer à l’exemple algérien. Le MIPT ne l’autorise pas. Sous prétexte que le Code des formations politiques interdit la constitution de partis sur une base religieuse, raciale ou ethnique. Les islamistes comprennent que c’est ce qualificatif « islamiste  » dans le nom du parti qui a répugné le MIPT. Ils présentent le projet du « Parti de la Oumma ». Le MIPT décide la non recevabilité du parti. D’abord parce que la Oumma a une définition très vaste qui dépasse l’Etat national. Deuxièmement, parce que l’entête de ce parti porte un verset coranique. Troisièmement, parce qu’il vise à instaurer un Etat islamiste.

Certainement le MIPT n’a pas omis de lire l’échiquier politique de la mouvance islamiste régionale et internationale. Les autorités préparaient déjà l’intronisation du président sortant et savaient qu’elles auraient besoin de l’alliance de la direction historique de la mouvance. Abdou Maham, Gaguih et les autres soutiennent à fond, à fonds… Sous prétexte des risques courus ailleurs, on en appelle à une ‘vision mauritanienne’. Assez pour justifier le refus de la Oumma.

Ce refus de la Oumma va illustrer la division au sein de la mouvance islamiste. Vite, les décideurs de la mouvance dépolitisent les fervents prêcheurs. Ils leur indiquent de prendre le chemin des mosquées et des faubourgs et de s’éloigner de la politique. En face des ‘vieux’ caciques, se forment les groupes de jeunes. Une nouvelle génération naît. Elle appaise le discours. Pas assez. Mais évite à la Mauritanie le scénario algérien. Pour un moment ?

La majorité des islamistes, particulièrement des jeunes, mieux organisés, rejoignent le camp de l’opposition. Ils sont en général des adeptes des Frères musulmans. Ils adhèrent à l’Union des Forces démocratiques de Ould Daddah qu’ils suivent quand il fait face à la scission de son parti. Tout le destinait à en être le leader le plus indiqué : l’ancrage maraboutique, le militantisme pieux, l’adoption du discours…

En 1999, la Mauritanie établit les relations diplomatiques avec Israël. Cette relation sera le terreau sur lequel s’alimentera la mouvance. Les islamistes créent le Ribat, une association de lutte contre l’établissement de tout lien avec « l’entité sioniste ». Le Ribat réussit à mobiliser contre l’établissement de cette relation. Il réussit, également, à mobiliser les cassons de la mouvance islamiste. La mouvance s’unit, manifestement contre l’établissement de ces relations, véritablement contre le gouvernement.

En 2000 Le gouvernement dissout l’UFD/EN. Ses leaders créent le Rassemblement des Forces démocratiques. On confie aux islamistes, notamment leur leader Jemil Mansour, des postes de commandement au sein du nouveau parti. Le parti obtient d’importants résultats aux législatives de 2001. Les sympathisants des islamistes disent qu’ils sont derrière cette réalisation. On pense au sein du parti qu’ils se prennent pour le nombril du monde.

Cependant les islamistes possèdent deux tribunes : une tribune reconnue légalement, c’est le RFD, et une tribune interdite officiellement, c’est le Ribat. Ils travaillent sur les deux fronts. Des sites internet, un journal, sont l’ossature d’une bataille de communication très professionnelle qu’ils engagent.

 

Le phénomène Ould Deddew

Après le 11 septembre, les islamistes deviennent la bête noire des américains et leurs alliés. Le régime mauritanien, orphelin sur le plan politique international, commercialise l’existence de la menace du « terrorisme islamiste » en Mauritanie. Il déclenche une guerre sans merci contre les leaders de la mouvance islamiste en 2003. Une guerre qui s’avérera contreproductive.

Cette campagne de chasse va aboutir à l’union de tous les groupuscules islamistes. Elle leur donne même un leader en la personne de Cheikh Mohamed Hacen Ould Deddew. Un salafiste d’obédience sourouriste qui forme le point d’intersection du frérisme et wahhabisme. Ainsi toutes les sensibilités islamistes nationales se voient assurées au commandement. Etant un cheikh vénéré qui jouit d’une estime publique nationale et internationale, son arrestation va parachever une mise à nu de tout le système. Et les représailles dont ils sont objet ne radicalisent pas leur discours modéré.

Le 08 juin 2003, le coup des officiers ‘libres’ n’était pas suffisant pour pousser le pouvoir. Les islamistes étaient à la prison. La plupart d’entre eux restent à la disposition des forces de l’ordre. Bien qu’ils aient pu prendre la fuite. Ils choisissent la légalité contre toute attente. Un point contre le pouvoir.

Les présidentielles sont à quelques mois. Le soutien de Ould Daddah pendant l’épreuve est jugé ‘mou’. L’aile ‘nostalgique’ des temps de Ould Haidalla l’emporte. Pour Ould Taya, il s’agit là d’une façon de faire de la politique ‘une continuation de la guerre par d’autres moyens’. Le contraire de ce qui est universellement admis. Un mariage de saison qui permet à Haidalla d’accomplir une belle bataille politique qui finit avec 20% malgré la fraude. Les « haïdallistes » vont se disperser juste après le procès de leur chef. Les nationalistes demandent l’autorisation du parti « Sawab ». Les islamistes, alliant Cheikh Ould Horma, préparent le dossier d’un Parti de la Convergence démocratique (PCD). Sawab est autorisé sans retard. Le dossier du PCD n’est jamais reçu par le MIPT. Parallèlement, les forces de l’ordre multiplient leurs représailles contre les islamistes. Particulièrement le trio Ould Deddew, Ould Mohamed Moussa et Ould Mansour. Ils sont inculpés dans des accusations relatives aux atteintes à la sûreté du pays. Alors que Ould Horma, lui, est poursuivi dans des procès relatifs aux putschs.

Août 2004, le régime annonce qu’il a déjoué une tentative de putsch. Il accuse à la fois les Cavaliers du changement et Al Qaïda. Il pointe ses doigts vers Abu Musâb Zarkawi, la bête noire des américains. Immisçant ainsi les islamistes dans une bataille qui n’est pas forcément la leur. Le message ne passe pas.

En avril 2005, les leaders islamistes tiennent un point de presse après avoir été détenus. Ould Mansour dit qu’ils ont décidé de tenir Ould Deddew hors du champ de la politique : c’est un Erudit qui doit appartenir à tout le monde. Certains y voient une révision des positions des islamistes, attendant qu’elles soient « proprement politiques ». Ce ne sera pas la première fois que les Islamistes changent de tactique ou de stratégie à la sortie de prison. Le lieu de détention a toujours été pour eux un lieu de débats et de discussions.

En juin 2005, des assaillants attaquent une unité de l’armée nationale à Lemghayti. Le gouvernement accuse vite le nébuleux GSPC qui revendique. Ould Deddew est dans la prison, comme d’autres imams, oulémas et islamistes tous azimuts. Modérés et extrémistes, ils dénoncent l’attaque. Le gouvernement joue avec le feu.

 

L’islamisme transitoire

Quand survient le putsch de 2005, les leaders islamistes sont tous détenus ou en fuite à l’extérieur. Beaucoup d’hésitations de la part des nouvelles autorités qui ne cachent pas une franche hostilité envers la mouvance. Après tout le chef de la junte n’est autre que l’ancien directeur de la police qui a persécuté ce groupe et construit l’image qu’on en a. C’est seulement le 03 septembre que le CMJD décide une amnistie générale. Les leaders islamistes et des imams et oulémas sont libérés. Mais des salfistes restent détenus. Ils sont accusés d’appartenir à des organisations terroristes internationales. Des compagnons les rejoindront sous le règne du CMJD. Ils seront accusés de commettre l’attaque de Lemghayti. Les premiers seront acquittés le 05 juin 2007. La plupart des derniers seront acquittés en août 2007. Tous ont été blanchis d’adopter le terrorisme come méthode de lutte.

Le président du CMJD annonce solennellement son refus d’accorder un parti aux islamistes. Après leur libération en 2005, les leaders islamistes créent le courant des « Réformateurs centristes ». Ils présentent leurs candidats sous l’étiquette d’indépendants. Ils obtiennent cinq députés, trois sénateurs et quelques maires. Ils soutiennent Saleh Ould Hanenna, Président du PMUC, chef des Cavaliers du Changement à la présidentielle. Il n’obtient que 7% au premier tour. Un échec donc du discours des deux formations politiques.

Au deuxième tour, ils rallient le candidat malheureux Ould Daddah. Parce que, disent-ils, pas question de rallier un candidat dont les sympathisants sont des prédateurs.

 

Ere nouvelle

Le nouveau Président de la République, Sidi Ould Cheikh Abdellahi, a, peu après son arrivée au pouvoir, reçu les leaders politiques. Y compris Jemil Ould Mansour, le chef de file islamiste. C’était le premier signal d’ouverture aux islamistes. Le deuxième signal c’est lorsqu’il a reçu Ould Deddew. Le troisième c’est lorsqu’il a nommé un islamiste salafiste, comme ministre des affaires islamiques, sur le conseil, disent des sources, de Ould Deddew. Le quatrième signal est son adoption d’un discours populiste à caractère islamiste (prière de vendredi et de l’istisqa, les campagnes, timides certes, de chasser les réseaux de prostitution, l’engagement décidé d’aller jusqu’au bout dans l’affaire de drogues…). Le cinquième signal est le procès des salafistes. Puis celui des « accusés de Lemghayti ». Et le dernier est la reconnaissance du Rassemblement National pour la Reforme et le Développement (RNRD).

Reste à savoir si cela suffit pour que le RNRD rejoigne le camp présidentiel. Ce n’est pas à exclure. Surtout lorsque Ould Mansour parle d’une « opposition constructive » et un « soutien critique ».

 

Discours démocratique pragmatique

 

Le Rassemblement national pour la Réforme et la Démocratie qui vient d’être reconnu est le fruit de longues années de lutte. Mais également la quintessence de plusieurs révisions et expériences. Idéologiquement, Il adopte les mêmes principes que les Frères musulmans. Particulièrement leur dernière révision qui se base sur « une politique pragmatique », parce que « rien n’est statique en politique » et « en politique, tout se discute. Tout se donne et s’échange ». Les Frères musulmans ont adopté ces principes suite à l’escalade de la Jamââ islamiya contre la société égyptienne tout entière dans les années 90. Pour les Frères, il est strictement interdit de tuer les égyptiens, que ce soient des musulmans ou des coptes.

Le RNRD se présente, selon ses leaders, comme « parti de tous les mauritaniens sans aucune exception ». Bien qu’il soit islamiste, il ne se réserve pas cette qualité : « Je pense que cette qualité d’islamiste n’est pas le propre de notre parti. Tous les partis mauritaniens sont islamistes en ce sens que la constitution renvoie à l’islam comme référence ». Le RNRD confirme « son attachement à l’Islam comme source unique du droit,  « son respect de la Constitution et des mécanismes démocratiques pluralistes qui garantissent l’alternance pacifique au pouvoir ». Il s’engage à préserver l’unité nationale « dans un esprit de pluralisme ethnique et culturel ». Il continue sa lutte « sans complaisance pour le renforcement des libertés individuelles et collectives ». Il s’engage à « défendre l’intégrité territoriale de la République Islamique de Mauritanie, son indépendance et ses ressources naturelles ». Ses responsables se disent conscients de « la responsabilité que nous portons pour le renforcement de l’Etat de droit et des institutions et de la nécessité d’y apporter notre contribution avec les différentes composantes de la scène politique nationale pour que notre pays occupe la place qui lui convient dans le concert de la modernité et du progrès ». Il faut rappeler que le RNRD ne présente qu’une partie des islamistes mauritaniens (les Réformistes centristes modérés). Trois écoles, théologiques et politiques à la fois, au moins, ne sont pas dans ce parti. Il s’agit des islamistes qui étaient engagés au PRDS et qui sont à la plupart de la première génération d’islamistes nationaux. Les rumeurs circulent déjà faisant état de leur éventuelle adhésion au RNRD. Le deuxième groupe est composé de quelques religieux fervents, mais non engagés politiquement (oulémas traditionnels, salfistes ou malékites, et quelques professeurs dans les instituts islamiques…). Sont-ils actuellement prêts à se politiser après avoir un parti islamiste autorisé ?

Le troisième groupe est composé de salafistes extrémistes. Ce groupe est très limité. Il refuse catégoriquement la démocratie. Pour la simple raison qu’elle « est contraire à la foi islamique ». Parce que toute soumission à une loi non divine « kanoune wad’iy » est contraire à l’islam. Selon le mémoire de maîtrise de Mahfoudh Ould El Walid alias Abou Hafs el Chinguitty, l’inspirateur de ce groupe qui, aux dernières nouvelles serait détenu en Iran, la Constitution mauritanienne est « mécréante et athée ». Elle est contraire à la charia et « la stipulation dans son préambule que l’Islam est la seule source de législation n’est qu’une manière de jeter la poudre dans les yeux ».

Le premier défi du RNRD est de tracer des frontières claires et ‘étanches’ entre ses partisans et sympathisants et les partisans et sympathisants de Ould El Walid. En attendant, le parti devra contenir l’engouement des nouveaux militants.

Mechri Ould Rabbany   

 

Source : La Tribune n°362                                           




Edito de Mohamed Fall Ould Oumère

14082007

 Edito de Mohamed Fall Ould Oumère

On ne peut être à l’aise en voyant notre ministre de l’économie et des finances lancer cet appel à l’aide en faveur des populations sinistrées de Tintane.

Après 47 ans d’existence, la Mauritanie ne peut pas prendre en charge les malheurs de quelques soixante mille personnes. Après 47 ans d’existence, il n’y a pas une ville mauritanienne qui a un plan ORSEC. Après 47 ans d’existence, nous en sommes réduits à demander l’aide des autres quand l’une de nos plus ‘petites’ villes est sinistrée. Après 47 ans d’existence…

C’est ce que nous nous devons de méditer. Il y a peu ‘on’ limogeait le commissaire à la solidarité sociale pour avoir lancé un appel d’urgence. Durant les dernières décennies nous avons vécu de mendicités. Nos dirigeants n’ont rien trouvé de mieux que de profiter de notre misère dont ils ont été la principale cause. Ils l’ont vendue au monde.

De ‘pays en voie de développement’, nous sommes passés à la catégorie ‘pays les moins avancés’, puis à celle des ‘pays pauvres’ et enfin ‘pays pauvres très endettés’. Plus de trois milliards de dollars de dettes. Et qu’est-ce qu’on a fait avec tout ça ?

Quelques arpents de routes mal faites, des extensions d’aéroports qui n’en finissent pas d’occasionner les rallonges et les avenants, des centrales désuètes, des voyages de présidents, de l’enrichissement individuel, des inégalités, du pillage des ressources, de la corruption des valeurs…

Mais point d’hôpitaux. Les seuls hôpitaux créés en trente ans sont des donations de princes arabes (Zayed des Emirats, Mowza du Qatar…) ou de coopération bilatérale (Espagne, France). Les financements d’origine ont été détournés à plus de la moitié. C’est ainsi que l’Hôpital Zayed ne ressemble en rien au projet originel. Tout comme celui de Nouadhibou ou de Boutilimitt.

Point de grandes écoles. A part les classes construites sur dons japonais, l’Etat ‘a pas pris en charge la construction d’écoles depuis longtemps. D’ailleurs l’une des trouvailles des programmes de la Banque Mondiale est de faire supporter la construction des écoles aux populations bénéficiaires. En partie. En grande partie.

Des routes ? Où ? Des barrages ? Plutôt des diguettes.

Chez nous ce n’est pas une blague, cette histoire de responsables africains qui s’expliquent l’un l’autre l’origine de leurs domaines respectifs. La majorité de nos anciens responsables peuvent aisément dire : ‘tu vois ce pont là-bas ?’ Là-bas il n’y a pas de pont. ‘Justement, tout cela c’est parce qu’il devait y avoir un pont là-bas et que j’ai préféré utiliser les financements pour moi’.

Pourquoi il n’y a pas d’écoles là-bas ? pas de dispensaires ? pas de routes ? pas de barrages ? Pourquoi il n’y a pas d’enseignants dans des écoles ici ? pas de médicaments ici ? pas de tracteurs ici ? pas de terres cultivées ici ?

Il n’y en a pas parce que les présidents, les membres du CMRN, du CMSN, du CMJD, les ministres, les secrétaires généraux, les directeurs, les conseillers… n’ont pas voulu. Ou ont voulu que les fonds destinés à cela servent à construire châteaux et fiefs politiques.
 
Tevraq Zeina est née sur la misère des populations. Les richesses des hommes les plus en vue aujourd’hui sont nées du sang de ces populations dont la dignité n’a d’égal que la cupidité de ceux qui les ont pressées. Pressées comme des oranges.

Ces hommes sont autrement plus coupables que tous ceux que nous avons chargé ces derniers temps (politiques, salafistes…), que tous ceux que la justice semble vouloir décharger (mêlés aux affaires liées à la drogue).

Ces gens sont des criminels. Ils doivent se sentir coupables. Coupables d’avoir compromis définitivement notre devenir. Coupables de nous avoir volés nos biens, notre bonheur possible, notre santé physique et morale, notre dignité, notre fraternité…
47 ans d’existence…




La première Dame de Mauritanie poursuit un journal en justice

15082007

La première Dame de Mauritanie poursuit un journal en justice

L’épouse du président mauritanien, Mme Khattou Mint El Boukhary a déposé mardi, au parquet de Nouakchott, une plainte contre le quotidien arabophone « El Bedil Ethalith », a appris APA mercredi de source informée, dans la capitale mauritanienne.

La plainte intervient en première du journal d’une information selon laquelle l’épouse du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi aurait « convoqué ces derniers jours, deux ou trois personnes au moins, pour leur proposer la nomination au poste de directeur général de la Télévision ».

Selon l’auteur de l’article, Mme Mint El Boukhary a « entrepris cette démarche suite à un différend l’ayant opposée à l’actuel directeur de la Télévision, Hammoud Ould M’hamed » mais, ajoute « El Bedil Ethalith », le président Ould Cheikh Abdellahi serait intervenu à temps, en rejetant les motifs avancés par son épouse à ce sujet.

Le numéro incriminé fait également une comparaison entre la première Dame de Mauritanie et d’autres de ses homologues, présentes et passées, citant dans ce dernier groupe, la Shabanou d’Iran

La nouvelle de la plainte a été confirmée à APA par Me Ezzaim Ould Hemmed Vall, l’un des avocats de Mint El Boukhary. Ce dernier a précisé que le journal avait publié un « article diffamatoire » à l’encontre de sa cliente sans fournir les « moindres preuves à ses allégations ».

Le journal, qui a réagi à cette plainte, dans on édition de mercredi, se défend d’avoir voulu porter atteinte « à qui que ce soit », expliquant qu’il était de son « devoir d’éclairer l’opinion publique » sur tout ce qui se passe dans le pays. « Nous assurons que nous persévérerons sur la même voix en défendant la liberté d’expression en dépit des obstacles rencontrés », a conclu « El Bedil Ethalith ».

APA


15 août 2007 : Suite à un article la concernant dans « El Bedil Ethaleth » La Première Dame este en justice

Selon des sources judiciaires, deux avocats, en l’occurrence Aly Fall et Bounena Ould Etheimine ont déposé, ce mardi, au nom de Madame Khattou Mint El Boukhary, épouse du Président de la République, une plainte au Parquet de la République de Nouakchott, contre le journal « El Bedil Ethaleth« , suite à la publication d’un article paru dans son édition du lundi 13 août 2007, sous le titre : « Avec son influence grandissante : la Première Dame menace le Directeur de la télévision, contacte des ministres et transfert des montants en devises de la Présidence. »

Intervenant dans l’affaire, dira M. Sidi Mohamed Ould Ebbe, directeur « El Bedil Ethaleth« , la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) l’a invité, mardi après-midi et lui a demandé les preuves quant aux affirmations concernant la Première Dame, publiées dans son journal.

Il ajoutera qu’une solution à l’amiable, qu’il a accepté, lui a été proposée par la HAPA tout en clarifiant que l’information publiée dans son journal n’a pas un caractère de règlement de compte et que ce ne sont que des informations obtenues par le journal qui les a publié. Quant aux preuves, dira-t-il, « nous les fournirons aux autorités compétentes en temps opportun. »

Mais après avoir quitté la HAPA, il affirmera avoir été surpris de constater qu’une plainte a été déposée contre lui par les avocats de la Première Dame. N’empêche, notera-t-il que « le fait d’ester en justice est un comportement civilisé et respectable mais amplifier cette affaire n’est pas la bonne solution. »

Par ailleurs, l’avocat Maître Aly Fall que sa « cliente apprécie la presse et soutient sa liberté tout en estimant que tout citoyen quel que soit son rang a le droit de défendre son honneur, surtout quand on le calomnie et qu’on le diffame. Convaincue de l’indépendance de la justice, elle nous a donné procuration à l’effet de déposer une plainte contre le responsable du journal « El Bedil Ethaleth« , sous l’article 348 du code pénal mauritanien. »

Contacté par Nouakchott Info, M. Bal Amadou Tijani, président de la HAPA affirmera qu’ils ont invité le directeur dudit journal pour des échanges relatifs au contenu de l’article concernant l’épouse du Président de la République et lui ont demandé de leur fournir des clarifications, avant de porter à sa connaissance les conséquences de tels écrits sans fondements. » Il précisera que cette rencontre rentre dans le cadre de la procédure normale en la matière qui a pour objectif d’empêcher que les problèmes de la presse soient portés devant la justice qui a pouvoir de sanctionner.

MOK

Nouakchott Info

Note: Info source : Agence de Presse Africaine / Nouakchott Info




Les rumeurs sur les départs en Espagne : L’Anapej lève l’équivoque

17082007

Les rumeurs sur les départs en Espagne : L’Anapej lève l’équivoque
Rumeurs, confusions, bousculades devant les locaux de l’Anapej, c’est l’image qui retient l’attention ces derniers jours. Depuis la signature le 25 juillet 2007 d’un accord portant sur la régulation et la gestion des flux migratoires entre la Mauritanie et le Royaume d’Espagne, le nombre de personnes venant d’ordinaire pour s’enregistrer dans le cadre de la réinsertion des jeunes, piloté par l’Anapej a considérablement augmenté.

Aux premières heures de la matinée, le bureau de l’Anapej situé à l’îlot L est pris d’assaut par des centaines de jeunes tous âges et sexes confondus. Le nombre de filles est élevé, très élevé que d’habitude. Les longues files d’attente commencent à l’aube pour ne s’interrompre qu’en fin de journée.

La police qui ne venait pas sur les lieux est désormais présente pour encadrer les rangs et prévenir les éventuels risques liés au désordre ambiant. On entend les mêmes propos qui reviennent d’un jeune à l’autre : la Mauritanie a signé un accord prévoyant l’envoi de plus de 20.000 personnes en Espagne. Il n’en est rien.  

Cette bataille herculéenne à laquelle se livrent ces prétendus candidats aux canaries est loin d’être gagnée. Les portes de l’Espagne ne sont qu’un mirage lointain pour des milliers de jeunes mauritaniens qui ont anticipé sur un départ qui officiellement n’a pas été annoncé par les responsables de cette institution. C’est tout simplement l’illusion d’un voyage de nos candidats à l’immigration.

Pour lever toute équivoque et éclairer l’opinion sur cette question, l’Anapej a publié une note d’information ( voir encadré) sur l’accord de régulation et de gestion des flux migratoires de main d’œuvre entre la Mauritanie et l’Espagne

Cheikh Tidjane Dia

Agence Nationale de Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANAPEJ)

Note d’information sur l’accord de régulation et de gestion des flux migratoires de main-d’œuvre entre la Mauritanie et l’Espagne
 

La République Islamique de Mauritanie à travers son ministre de l’Emploi, de l’Insertion et de la Formation Professionnelle et le Royaume d’Espagne, à travers son ministre du Travail et des Affaires Sociales, ont signé en date du 25 juillet 2007, un accord concernant la régulation et la gestion des flux migratoires de main-d’œuvre entre les deux Etats. Cet accord a pour objectif de réguler de façon ordonnée et cohérente les flux migratoires entre les deux pays. Il s’applique aux travailleurs ressortissants des deux Etats relevant des catégories suivantes :

  • travailleurs stables, pour une période d’au moins un an, dont le nombre sera fixé en fonction des offres d’emploi disponibles ;
  • travailleurs saisonniers, pour une période inférieure à neuf mois par an, dont le nombre sera fixé en fonction des offres d’emploi disponibles,
  • travailleurs en stages, entre 18 et 35 ans, ayant pour objectif de perfectionner leur qualification professionnelle et linguistique, pour une période de 12 mois susceptible d’être prorogée de six mois de plus.

Pour la mise en application de cet accord, les deux Etats prévoient la mise ne place d’un comité mixte de coordination chargé du suivi de l’accord et la création d’une commission mixte mauritano-espagnole qui fixera les critères de sélection des candidats. Le pilotage des opérations est assuré du côté mauritanien par le ministère de l’Intérieur et le Ministère de l’Emploi, de l’Insertion et de la Formation Professionnelle, du côté espagnol par le Secrétariat d’Etat à l’Immigration et l’Emigration représentant le Ministère du Travail et des Affaires Sociales.
La présélection professionnelle des candidats est faite par les autorités responsables de l’Etat d’origine des migrants compte tenu de critères fixés par une commission mixte Mauritanie Espagne formée de représentants des deux Etats qui sera créée à cet effet.
A cette occasion, et vu l’organisation de plus en plus grandissante des candidats à l’émigration au niveau de son guichet d’inscription, l’Agence nationale de Promotion de l’Emploi de Jeunes informe le Public que cet accord, bien que signé entre les deux parties, n’est pas encore entré en vigueur. Ni l’agence, ni aucune autre institution n’a publié un avis de recrutement ou ouvert un dépôt de dossiers pour le recrutement de candidats à l’émigration pour l’Espagne.

Par conséquent, elle annonce officiellement au Public que les inscriptions à l’Agence ne sont liées en aucune manière à une opération de recrutement pour l’Espagne. Elles relèvent d’une action continue menée par l’Agence nationale de Promotion de l’Emploi de Jeunes depuis sa création et destinée à inventorier les demandeurs d’emploi sur l’ensemble du territoire national. En même temps, l’Agence demande à toutes les personnes sans emploi déjà inscrites de ne pas se réinscrire une seconde fois.
En définitive, l’Agence appelle qu’aucun enregistrement ou dépôt de dossiers n’est encore ouvert à son niveau pour les candidats à l’émigration en Espagne. Après l’entrée en vigueur de l’accord entre les deux Etats et parés réception des offres d’emploi formelles de la part de l’Espagne, l’Agence se chargera d’informer le public à travers les canaux habituels (affichage, radio, presse, Internet).

La Direction Générale

Le Rénovateur Quotidien  

Note: Inf osource : Rénovateur Quotidien (Mauritanie)




Brefs

17082007

Libre 

Les dix personnes qui avaient été arrêté et entendues en  juillet dernier par le parquet dans l’affaire communément appelée «  affaire de drogue de Nouakchott » ont toutes bénéficié d’une liberté conditionnelle.

Union 

Bientôt, le gouvernement de Zein Ould Zeidane ne devrait plus compter de célibataire !

Aicha Mint Sidi Bouna, ministre déléguée auprès du P, chargé de l’environnement, unique célibataire de l’équipe, pourrait franchir le pas dans les jours qui viennent.

Réunion

La communauté des bailleurs de fonds de
la Mauritanie devrait se  réunir en décembre prochaine.

 

Entraînement 

L’armée mauritanienne  s’apprête à subir de nouveaux entraînements aux côtés de soldats américains

 

Contrôle 

La direction générale des impôts et
la Brigade de la police routière ont engagé depuis le Week-end dernier une opération de contrôle de vignettes, de 21 heures à 00 heure. Les voitures cibles sont les véhicule aux luxe insolent « gardées au frais » pendant le jour et habituellement extraites es garages après le coucher de soleil.

Authentique 

 

Un Journaliste mis à tabac

confiseries, dans ce cas là, nous devons rappeler les autorités à l’ordre « , conclut-elle.

Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Moghdad, journaliste pour Radio Mauritanie a fait objet d’intimidations et il a été mis a tabac par les gardes de corps du Premier ministre lors de sa visite qu’il a entamé, ce jeudi dernier, au Département de la santé.

Ould Moghdad souffrait d’une intoxication, aurait déposé ses accessoires pour vomir dehors. Mais à son retour les gardes l’ont empêché de couvrir ce premier événement marquant du jour mais Ould Moghdad a, semble-t-il, insisté de rentrer dans la salle et alors la réponse n’avait pas tardé de venir.

Déjà, le chef d’escadron avait donné ordre de le bastonner, ce qui fut fait, nous venons d’apprendre. Pour les gardes rapprochées, les ordres s’exécutent rapidement sans hésitation!!!

 Points Chauds (Mauritanie   

 

Info source l’authentique et  point chaud




LE WAQF, NOUVEAUX USAGES D’UNE ANCIENNE INSTITUTION

19082007

LE WAQF, NOUVEAUX USAGES D’UNE ANCIENNE INSTITUTION – 1 –

Par Ian Mansour de Grange, consultant – chercheur associé au LERHI

Depuis quelques mois, on voit fleurir, à certains carrefours stratégiques de la capitale, des panneaux d’information sur le waqf, du style : « Le waqf est une aumône pieuse perpétuelle ». Cette campagne est signée d’un certain « établissement national des awqafs de Mauritanie ». Vous connaissez ? Non ? Je vous invite alors à un petit voyage dans le temps de cette admirable institution musulmane, dont on (re)découvre, aujourd’hui, en Mauritanie, l’extraordinaire potentiel de vivification économique. Premier chapitre d’une nouvelle série qui s’étalera, incha Allahou, sur six ou sept articles.

« Taxi ! Salamou aleykoum ! A l’établissement national des awqafs de Mauritanie, miteyne ! – Chine hou ? » Combien de fois aurais-je subi cette réponse, depuis bientôt cinq ans que je collabore avec cette très pieuse entreprise ? Non seulement les chauffeurs de taxi ne connaissent pas le lieu, mais rares sont ceux qui entendent seulement le mot awqaf, pluriel, comme je ne vous l’apprendrai pas, de waqf : pause, station, immobilisation, arrêt. Il me faut donc tout expliquer, à commencer par la direction. « Derrière le lycée arabe, sur le goudron SOCOGIM, araftou ? – Hé, hé ! » Et ce braiement familier m’indique immédiatement que l’homme a compris. Nous voyageons donc souvent dans la cohue, et pour passer le temps, nous devisons, parfois, ensemble sur le thème.

‘Omar [le futur second khalife de l'islam] – que Dieu l’agrée en la meilleure compagnie – reçut une terre située à Khaybar. Il vint trouver le prophète – Paix et Bénédictions sur Lui – et lui demanda des instructions au sujet de celle-ci. “ Ô envoyé de Dieu ”, lui dit-il, “ je possède une terre à Khaybar et, jamais, je n’ai eu un bien qui me fut aussi précieux. Que dois-je en faire ? – Si tu veux bien”, répondit le prophète – P.B.L. – “ immobilise le fonds et fais l’aumône de ses produits ”. ‘Omar – que Dieu l’agrée en la meilleure compagnie – fit ainsi, en stipulant que cette terre ne pourrait plus être, ni vendue, ni achetée, ni héritée, ni donnée, et que son produit serait destiné à la voie de Dieu, aux pauvres, aux proches, à l’affranchissement des esclaves, aux voyageurs en détresse et aux hôtes. Quant à l’administrateur du waqf, il fut autorisé à manger, selon le bon usage, du produit du fonds, à en nourrir un ami, en se préservant, en toute circonstance, de toute spéculation ou thésaurisation.

Cette institution eut un extraordinaire développement dans les sociétés sous direction musulmane, en particulier parmi les populations sédentarisées. Tout le monde y eut recours : chrétiens, juifs et, bien sûr, musulmans ; secteur privé et secteur public ; à des fins plus ou moins altruistes, les juristes ayant, chacun selon son école respective, peu à peu élargi le champ initial des attributions et des modes gestionnaires du concept. Un waqf peut ainsi être fondé directement au bénéfice d’une œuvre publique ou de personnes non individuellement désignées (les pauvres, les pèlerins, les orphelins, etc.), tout comme profiter exclusivement à des personnes nommément désignées et leur descendance, jusqu’à extinction de la lignée, à la suite de quoi le bénéfice rejoint le régime général de l’un ou l’autre des deux premiers cas.

En théorie, l’immobilisation de la propriété est perpétuelle, ainsi que le rappelle le panneau d’informations que je citais en exergue de ce dossier. Mais une certaine lecture du mot waqf – en son sens de pause, station – aura permis à l’école malékite d’envisager le cas très particulier de la constitution d’un waqf au bénéfice d’un tiers nommément désigné jusqu’à sa mort, puis réactivation du bien dans le cadre ordinaire de la propriété du fondateur. C’est une possibilité qui demande une attention spécifique, tant dans le domaine testamentaire que dans celui des classifications modernes (personne physique et morale, but lucratif ou non), un peu trop spécialisée cependant dans le cadre de cet article. Nous ne nous y attarderons pas.

Par contre, le caractère normalement perpétuel du waqf aura pesé lourd dans son interprétation, sa gestion et l’évolution de son cadre juridique. Que peut-on mettre en waqf ? Uniquement des biens fonciers ? Des maisons ? Des entreprises ? Des livres ? Des troupeaux ? Bref : n’importe quel bien, fût-il des plus périssables ? Ces questions ont donné lieu à d’interminables querelles entre spécialistes et ce n’est qu’aujourd’hui, semble-t-il, qu’on entrevoit une issue économico-juridique suffisamment logique pour fédérer l’ensemble des avis sur la question. On constate en effet que constituer un waqf, c’est immobiliser une valeur, du moins lui interdire de décroître, afin qu’elle puisse perpétuer une volonté altruiste de son propriétaire.

C’est sur cette base qu’un gestionnaire de waqf (al nadhîrou) peut décider, avec l’aval de son autorité de tutelle – nous reviendrons en un autre article sur cette sujétion – d’échanger le bien initial contre un autre de même valeur, susceptible, celui-là, d’une meilleure conservation ou fructification. Cette opération (istibdal) signale toute l’importance de la pérennisation dans la fondation et la conduite d’un waqf. Associée à l’inaliénabilité et l’incessibilité du capital ainsi déterminé, elle forme un outil économique tout-à-fait original, où la propriété, bien que parfaitement déterminée, ne constitue plus qu’une préoccupation marginale par rapport à l’usufruit. C’est probablement cette originalité qui aura inspiré à notre éminent et très aimé savant, Cheikh Hamdane ould Tah, la profonde remarque qui suit. « En notre Mauritanie moderne, on oublie trop souvent qu’il existe trois types de propriété : la propriété privée, la propriété publique et la propriété waqf. »

Sans insister ici sur la dimension mondiale de cette réflexion – on n’oubliera pas, en effet, que le Droit international est, à ce jour, entièrement soumis à la dialectique public-privé de la propriété, et qu’une telle nouvelle triangulation serait de nature à générer une réforme sans précédent (irrémédiablement nécessaire ?) dans l’organisation mondiale de l’économie – nous nous contenterons ici d’évoquer le formidable potentiel de développement qu’offre le waqf en notre jeune république. Car, si la Mauritanie, en tant que lieu spécifique de groupements sociaux, est, au bas mot, pluriséculaire, son organisation étatisée n’a pas cinquante ans d’existence. C’est, dans la mouvance accélérée de la modernité, un risque évident d’entropie ; mais plus encore, et peut-être justement, à la mesure de ce risque, une chance inouïe d’affiner un modèle social original, tout à la fois attentif à son passé, à la diversité de ses racines, aux conditions actuelles des échanges et aux projections idéalisées les mieux réfléchies.

La Mauritanie est entrée, résolument le 3 août 2005, dans la construction de sa démocratie. Des fondations ont été posées, qu’on espère, tous, fermement implantées. Les cinq années qui viennent vont élever les premières constructions véritablement typiques du génie mauritanien. Le waqf, incha Allahou, y aura une place de tout premier plan. Nous essaierons, en de prochains articles, d’en envisager quelques perspectives.




Quand les chauvins montent au créneau… ( suite, 2ème Partie)

20082007

Quand les chauvins montent au créneau… ( suite, 2ème Partie)

              Particularismes chauvins et Dictature

Si le particularisme arabe classique, à la longue, a suscité une démarche et une méthode empreintes de prudence parfois raffinée, pour exprimer les pires illusions et nourrir les pires préjugés à propos des « L’kwars », dans une opinion publique  parallèlement et constamment « travaillée » par les divers services de renseignement du régime défunt, ce n’est pas seulement à cause de la haute qualité d’éducation politique et l’intelligence intrinsèque de la plupart de ses principaux responsables historiques.

C’est surtout parce qu’il était organisé – le courant baathiste davantage que le nassériste- et versé dans l’arène politique où il était parfaitement identifiable en tant que tel.

Ce faisant, il avait acquis l’une des vertus cardinales de toute formation politique digne de ce nom : le sens tactique et l’esprit de compromis en vue de la pérennité de son action à long terme.

Il avait donc des impératifs politiques qui lui dictaient de ne pas s’affranchir de toutes les considérations liées à l’unité nationale et à la défense extérieure du pays, surtout face à un régime dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne pouvait inspirer confiance et sérénité d’existence, à personne, pas même à ses alliés du moment.
 
De là, ses alliances parfois contradictoires et successives avec les camps opposés de l’échiquier politique, son va et vient constant entre le pouvoir dictatorial et l’opposition démocratique, l’alternance des phases d’alliance avec le pouvoir de M. O. Taya et sa répression par ce dernier, ses poussées de fièvre identitaire et la modération qui suivait dans l’approche de certains aspects de la question nationale.

Aujourd’hui, à l’heure du compromis national sur les questions essentielles évoquées précédemment, il n’est que de voir comment les particularistes classiques ont peine à se déterminer clairement, en dehors des contraintes de leur fantasque idéologie politique, à l’exclusion bien sûr de ceux d’entre eux que retiennent ailleurs leurs alliances politiques partisanes (comme par exemple les nasséristes de l’APP)…

Les néo-particularistes arabes pour leur part, à l’instar de leurs congénères négro-africains sur lesquels nous reviendrons, ne s’encombrent ni d’intelligence tactique ni de précaution de langage, ni d’une quelconque conscience collective patriotique. Née et grandie sous le régime militaire, à l’ère de la mondialisation et d’internet, cette génération en exprime à la fois l’obscurantisme brillantissime, l’arrogance verbeuse, la fausse culture, le plat opportunisme, la frivolité guindée et la froide cruauté.

De la politique, elle n’a qu’une vague idée, en dehors du fait qu’elle peut enrichir son homme et que pour l’entreprendre, il n’y a ni règles ni conditions, si ce n’est la réussite personnelle à tout prix.
 
D’une manière générale, à l’exception de quelques rescapés des divers courants politiques pré régime militaire, hors feu le PRDS qu’elle écumait et dans les eaux stagnantes duquel elle avait proliféré, cette génération ne connaît aucune « organisation » et ne se reconnaît dans aucune pensée politique à part celle dominante du moment. 

Ectoplasmique, elle faisait donc parfaitement l’affaire de la dictature qui l’a engendré et qu’à son tour elle a boursouflé en en étant, in fine, l’esprit frappeur, l’âme damnée et le souffle nauséabond.

Pour cette génération, le « nationalisme », qu’il soit patriotique ou identitaire, est par définition et par principe, sectaire et matérialiste vulgaire, car ne pouvant reposer que sur le besoin effréné de jouissance sans limites des « bienfaits » du pouvoir.

Pour elle, seule compte la carrière et son double naturel, la sinécure.

Gangrenés par l’esprit de lucre et de l’argent facile, les tenants de cette nouvelle voie particulariste ne se risquent jamais hors des eaux boueuses de l’exclusivisme et de l’intolérance.

En vérité, leur seul « apport » dans la vie politique du pays est de souligner, de mettre en vive lumière, les bas-reliefs, les soubassements réels et les sous entendus de la politique officielle du pouvoir en direction des minorités, des laissés- pour- compte et de toutes les victimes de l’ère de M. O. Taya : rompus au cynisme, ils disent souvent bénoîtement tout haut ce que d’autres peuvent penser tout bas dans la nébuleuse nationalitaire, et exécutent sans état d’âme ce qu’ils savent ou  supposent être la volonté du Chef qu’ils décèlent toujours mieux que personne.

Armés de cette « idéologie » domestique de la dictature, les voilà aux commandes de toutes les intrigues d’Etat, de tous les faux complots et des réels coups bas assénés à leurs pires adversaires : les minorités, les laissés pour compte, toutes les victimes de la dictature, les intellectuels arabes patriotes, le peuple mauritanien multinational dans son ensemble.

C’est dans cette faune que le régime de O. Taya a recruté des années durant ceux qui formeront, sédiment après sédiment, secteur par secteur, au sein de l’appareil d’Etat dévoyé, son armée de l’ombre, sa réelle armée, avec ses critères burlesques de promotion, ses raisons inavouables, ses réseaux d’affidés…et ses frasques.

Celui qui perd de vue cette réalité socio-politique ne comprendra jamais l’irrationalité permanente de ce pouvoir, ses dérives extrêmes, sa paranoïa et ses hantises identitaires multiples, régionalistes, tribalistes, ethnicistes, racistes etc…, son absence de scrupules. Ses bêtises.

Et sa séparation organique avec le peuple dans son ensemble et la communauté arabe en particulier -qu’il prétendait « défendre » mais dont il compromettait en permanence et  l’honneur et les intérêts stratégiques…

Concevant l’Etat comme un bien appropriable et, surtout, susceptible de partage au sens étroit, ces néo-particularistes, ultra minoritaires dans leur propre « milieu » tribal et ethnique, n’ont eu de cesse d’imposer leur vision de ce dernier à toute la société mauritanienne : une bête sur laquelle il convient de se servir soi même, si possible tout seul, et à la rigueur avec les « siens », étroitement considérés.

L’exclusion ethnique et social et son amplification prennent donc racine dans cette vision ultra individualiste, si parfaitement compatible avec l’air du temps, l’ultra libéralisme.

C’est cela, pourrait-on dire, l’économie politique réelle, le « ventre » de cette couche sociale créée de toutes pièces par le régime déchu, à force de non droit et de destruction de nos valeurs communes les plus élémentaires, tel le sens de l’effort, le sens de l’honneur, le sens de l’intérêt général et de la solidarité, le respect du prochain, l’esprit de compassion et de pardon.

C’est cela qui fut, quant au fond, la cause de la perte de pouvoir de M. O. Taya !

Toujours à l’affût d’une « bonne cause » pour justifier leurs services auprès de ce dernier, servi par les errements verbaux et les postures guerrières factices de certains particularistes négro-africains et haratines, dont certains sont des provocateurs avérés,  tout spécialement ceux de la génération nouvelle, jouant sur les peurs, les ressentiments et les aspirations légitimes de la partie « bidhaane » de la communauté arabe, ces néo-particularistes ont donc systématiquement cultivé dans toutes les sphères administratives et politiques de l’Etat gérées comme des fiefs, l’incitation à la haine intercommunautaire, tribale et sociale, en faisant des patriotes et défenseurs des droits des gens et des minorités, et, au-delà, des communautés elles mêmes et des groupes sociaux concernés, les cibles permanentes de leurs attaques, l’objet d’une haine d’Etat.

Le processus de criminalisation de l’Etat en Mauritanie vient de là, de cette culture de haine identitaire qui porte en lui les germes du génocide comme les nuées l’orage -- et qui déboucha effectivement sur un processus génocidaire inachevé mais bien réel que furent les déportations massives souvent accompagnés de meurtres et de spoliations de toutes sortes des populations du sud et les massacres non provoqués, gratuits, de plusieurs dizaines d’officiers et de soldats négro-africains.

Ayant couvert de leur ombre les pratiques les plus intolérables du régime déchu, ayant construit leur prospérité sur les ruines de l’Etat de droit, le déni de justice et l’absence de scrupules vis à vis de l’unité nationale, comment s’étonner que les particularistes, spécialement ceux de la jeune Garde ruent sur les brancards, s’agitent et se démènent comme de beaux diables pour empêcher que ne soit crevé l’abcès qu’ils ont sciemment provoqué en plein dans notre nation et dont le prurit menace en permanence d’en défaire l’ unité et compromettre la stabilité ?

Comment s’étonner qu’avec l’énergie du désespoir, ils ne tentent de piéger le processus en cours de règlement des aspects saillants de notre crise politique et de s’opposer à l’essentiel dans ce qui se profile : la réconciliation nationale et l’instauration d’un véritable Etat national démocratique, fondé sur l’unité et la pleine égalité de l’ensemble de ses communautés et citoyens ?
( à suivre)

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Le Président de l’UFP à Tintane

20082007

Compte rendu 

Le Président de l’UFP à Tintane 

Le Président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud, s’est rendu à Tintane pour s’enquérir de la situation qui prévaut actuellement dans cette Moughataa. Au cours de sa visite d’information, il a fait un tour dans les différents camps d’accueil où sont relogés les habitants sinistrés et s’est informé  personnellement de ce qui a été fait par les pouvoirs publics à leur endroit. Profitant de sa présence, les populations sinistrées ont saisi cette opportunité pour lui exposer les problèmes auxquels elles sont confrontées (pénuries d’eau et de vivres principalement). Il a par ailleurs rencontré le maire de la ville de Tintane, monsieur Saadna Ould Jeddou et le Wali du Hodh El Gharbi, monsieur Mahmoud Ould Mohamed Lemine qui lui ont tour à tour et de manière détaillée exposé assez longuement la situation qui prévaut actuellement dans
la Moughataa de Tintane ainsi que les mesures d’urgence qui ont été entreprises par les autorités de
la République, en premier ordre le chef de l’Etat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi pour venir en aide les populations déplacées par les inondations des pluies diluviennes des semaines précédentes. Parallèlement, il a écouté les populations de Tintane qui ont déploré le manque d’organisation et de coordination dans la gestion des distributions de vivre et de l’acheminement de l’eau dans les différents camps. Le Président de l’UFP, à l’issue de sa mission d’information, a remis au maire adjoint de la ville de Tintane, monsieur Cheikh Ould Mohamed Vall, quatre réservoirs d’eau de 5000 litres  chacun. Une contribution symbolique, dit-il, pour signifier la solidarité.

 Babacar pour le Blog




Marchés de Nouakchott : Une véritable caverne d’Ali Baba

21082007

Marchés de Nouakchott : Une véritable caverne d’Ali Baba

Depuis le début du mois de mai, le Grand Marché de la Capitale offre à ses visiteurs et aux simples passants un visage tout à fait nouveau, celui d’une grande bâtisse complètement dégagée de tous ses petits commerces qui, tout en faisant de ce haut lieu du commerce un « fourre-tout » constituait également son charme.

Des Toyota de la police sont continuellement stationnées aux abords du marché pour empêcher les vendeurs de tissus, les vendeuses de voiles, les bana-bana sénégalais, les réparateurs de chaussures, les vendeurs de viande et de thé, les horlogers guinéens et tant d’autres petits commerçants, de reprendre possession des lieux.

Cette scène se passait en 2006. aujourd’hui, on est retourné à la case départ ! Car ce n’est pas la première fois qu’une telle opération coup de poing est menée par les autorités administratives (Wilaya, moughataa, commune) et les forces de sécurité. On se rappelle qu’à la veille de chaque fête, la police dégageait les lieux dans une sorte de chassé-croisé qu’on estime être motivée par autre chose que le désir de remettre de l’ordre. Mais cette fois-ci la décision de donner au Grand Marché de la Capitale – qui se situe en plein centre ville -- une vue décente semble être plus sérieuse.

Construit en 1982 par un homme d’affaires du nom de Haji Ould Sidina, rendu célèbre par la suite par le commerce du basin riche, le premier Marché de la Capitale sera agrandi en 1984 par la partie appelée communément aujourd’hui « Kerche el batroun » (qui signifie littéralement « le ventre du patron »), partie intérieure qui renferme les plus grandes boutiques dont certaines sont devenues de véritables « banques » s’adonnant au change à ciel ouvert.

Cet agrandissement aurait été décidé par le District de Nouakchott qui a noué un contrat avec le groupe Noueigued dont l’entreprise de BTP (ERB) se chargera de la construction des nouvelles boutiques. Le contrat de gestion des nouvelles constructions s’est achevé en 2006 et le groupe AON devait passer la main, en principe, à la CUN (Communauté urbaine de Nouakchott).
 
Un immense pactole

Tout le monde se pose la question : pourquoi l’on se bouscule au Grand Marché de la Capitale alors que Nouakchott compte des dizaines de marchés dont certains sont désespérément vides ? Qu’est-ci qui attire ici ces milliers de visiteurs (acheteurs) venant des neuf moughataas de la Capitale? Certaines boutiques du Grand Marché de la Capitale sont louées à des prix qui défient l’imagination, allant de 120.000 à 150.000 UM, nous a affirmé un commerçant de la place. Une sorte de surenchères qui explique que certains sous-louent les espaces se trouvant devant leurs boutiques à 20.000/25.000 ouguiyas.

Etre prêt à payer de tels prix démontre que le marché est une place stratégique pour qui veut vendre ou acheter. On se soucie alors très peu de l’encombrement qui, en cas d’incendie, comme le soulignent souvent les autorités administratives de la moughataa et les responsables de la sécurité civile, peut être à l’origine d’immenses dégâts matériels et même humains.

Il y a aussi que le marché de la Capitale fait face, de plus en plus, à des problèmes d’insécurité. «On est obligé quelques fois, quand il y a coupure d’électricité, de fermer les portes de nos boutiques, car on ne sait jamais ». D’aucuns pensent que la force du Grand marché de la Capitale a été, jusqu’alors, d’être un marché «multisectoriel», une sorte de fourre-tout où vous pouvez tout acheter et repartir. Ce n’est pas le cas du marché du 5ème (lieu de prédilection du poisson), du marché de la Socogim spécialisé dans l’alimentation générale tout comme «Marcet lehmoum» (marché du charbon) qui, au fil du temps, a fini par perdre sa « raison » première, les Nouakchottois utilisant de plus en plus le gaz butane en lieu et place du charbon de bois.

Il y a aussi que le Grand Marché est une sorte de carrefour, de point de jonction pour toutes les moughataas de la Capitale, à tel point qu’il est devenu une destination privilégiée pour les taxis. Celui qui descend au Grand Marché n’a plus que quelques centaines de mètres à faire pour atteindre les « bureaux » (les ministères), l’Hôpital de Nouakchott) où, s’il veut poursuivre vers Tevragh-Zeïna, le quartier chic de la Capitale, prendre les « Tout-droit », vieilles voitures, essentiellement des R12, qui détonnent d’un flot impressionnant de véhicules de très grande valeur de marques allemande, française, japonaise et même américaine.

D’ailleurs, en 2006, date de la dernière opération « coup de poing » de la police, le dégagement des artères du Grand Marché de la Capitale a permis aux nombreux visiteurs et aux grands commerçants de pouvoir parquer leurs voitures de manière « civilisée » et laisser ainsi les goudrons libres pour la circulation. C’est là l’un des avantages de cette opération. Mais il y a ceux qui pensent que le départ des petits commerçants a des effets négatifs sur le commerce du gros.

On pense qu’il y avait un effet d’entraînement qui faisait que les commerçants, à tous les niveaux, avaient établi une chaîne de solidarité telle que le tailleur dirigeait son client directement vers la boutique qui lui offrait l’espace où il se trouvait, le vendeur de montres se ravitaille en bracelets et en piles chez son fournisseur que le client ne peut dénicher, les bana-bana sont eux aussi de simples vendeurs à la criée qui font leurs comptes en fin de journée et empochent le bénéfice laissé par le commerçant.

On peut dire donc que, malgré le manque à gagner que constitue pour la commune l’absence d’adresse des petits vendeurs, le désordre du Grand Marché de la Capitale avait quelque aspect positif : tout le monde profitait de tout le monde.

Sneiba Mohamed,
professeur de français et occasionnellement journaliste




Drogue en Mauritanie :tous les chemins mènent à Nouakchott

21082007

Tous les chemins mènent à Nouakchott

L’affaire 769/07, connue communément de l’ « affaire Ould Soudani et Ould Taya« , vient de connaître un tournant. Une folle semaine vient d’écouler. Dimanche 12 juillet : interception d’un minibus qui transporte une quantité de cocaïne. Lundi 13, deux personnes sont arrêtées le matin. Midi, le Parquet affirme que la quantité est de 830 kg. Un record dans l’histoire de la Mauritanie. Le soir, les forces de l’ordre perquisitionnent une autre maison dans un quartier périphérique de Nouakchott.

Mardi 14, les informations assurent que la quantité interceptée est de plus de 900 kg. Simultanément, le Palais de justice reçoit une commission de l’Interpol. Mercredi 15, des sources judiciaires parlent d’une éventuelle saisie de 1200 kg de cocaïne au Maroc après avoir réussi à dépasser tous les postes de contrôle mauritaniens. Pas de confirmation côté marocain. Jeudi 15, les folles rumeurs disent que si la saisie de ladite quantité n’est pas annoncée dans les heures qui viennent, cela signifie qu’elle est encore sur le sol mauritanien.
 
Vendredi 16, le Parquet exécute un arrêté du Juge d’instruction de brûler la quantité saisie. Samedi 17, un mandat d’amener a été délivré contre trois personnes qui se trouvaient à Nouadhibou. Dimanche 18, un silence éloquent. C’est le calme qui précède la tempête, jugent certains.

C’est dans une surprise totale que le Procureur de la République, Benamar Ould Veten, a annoncé, lundi 13 juillet, la nouvelle : les autorités judiciaires, dans le cadre de son enquête sur l’affaire de 02 juillet, viennent de mettre la main sur 830 kg de cocaïne pure. La quantité a été cachée dans un minibus qui aurait été sous la surveillance des forces de l’ordre.

Vite, les personnes écrouées ont montré une maison située au sixième arrondissement dans laquelle les emballages avaient été faits. Les forces de l’ordre perquisitionnent la maison. Elles y trouvent des reliques de sandwichs, des hamburgers, des pizzas… des torches, des lampes électriques rechargeables… Mais aussi des sacs de riz et de charbon. Les auteurs auraient utilisé les sacs de denrées pour cacher la drogue pendant des jours. Le soir, ils utilisent les autres matériels pour dissimuler la drogue dans les œufs de poisson, dont la destination serait probablement l’Europe.

  • Première conclusion : cette saisie n’est qu’une nouvelle phase dans l’affaire 769/07, connue communément comme « affaire Ould Soudani et Ould Taya« .
  • Deuxième conclusion : la quantité était cachée dans une maison à El Mina.
  • Troisième conclusion : la cargaison aurait été acheminée vers une autre destination dans la capitale.
  • Quatrième conclusion : la destination finale de la cargaison, tout comme son origine, est le premier défi devant l’enquête…

Quelques heures après, les autorités judiciaires perquisitionnent une maison dans un quartier périphérique de Nouakchott, suite à des informations données par certains des accusés. La maison était très probablement la destination du minibus. Elles n’y trouvent aucun gramme de poudre blanche. En revanche, elles y trouvent des traces d’emballage et des matières qui ressemblent à celles appréhendées dans la maison d’El Mina.
 
Apparemment, quelques heures suffisaient largement pour que les associés, encore en liberté, effacent leurs traces. Cependant, on peut laisser quelques traces marginales qui signifieront que les informations données par les arrêtés sont crédibles. Mais qu’elles ne servent à rien. La drogue, c’est comme l’eau : si on lui bloque la route, elle tente de s’infiltrer ailleurs. 

Mardi, une commission de l’Interpol est reçue par les responsables jurdiciaires. Selon des sources sûres, cette fois-ci ce n’est pas l’Interpol qui s’impose. C’est la justice mauritanienne qui lui demande un coup de pousse. Particulièrement en ce qui concerne la découverte des liaisons qui lieraient les réseaux locaux de trafic de drogue aux réseaux internationaux.

Pourtant, le bureau mauritanien de l’Interpol bénéficie du fameux prestige (A/24/7), qui lui permet de recevoir sur place toutes les informations relatives au trafic de drogue, au blanchiment d’argent et au terrorisme, à travers le monde dès qu’elles sont disponibles. Plusieurs Etats font des pieds et des mains pour en jouir. Mais en vain. Pour certains, cette demande d’aide signifie que notre justice veut compter sur les apports d’une institution plus fiable que nos Renseignement généraux et notre police qui s’occupent d’autres problèmes.

Ils ne manquent pas de rappeler que c’est le hasard qui a toujours joué le grand rôle dans les affaires de dogues révélées jusqu’aujourd’hui. S’il y avait un tout petit peu plus de professionnalité en coordination, le N930S n’aurait pas eu été détecté à Nouadhibou. N’était le manque de kérosène, l’avion aurait pris la fuite avec tous ses secrets. N’était le coup de téléphone dans la maison voisine, les amis de Ould Soudani l’aurait tué. Si Ould Soudani n’avait pas décidé de porter plainte, il n’y aurait pas une affaire 769/07 relative à la drogue. Si les inculpés n’avaient pas parlé très tôt, cette quantité record ne serait jamais découverte…

Certains évoquent l’hypothèse que la Justice mauritanienne n’attend pas seulement que l’Interpol mette à sa disposition les informations requises sur les inculpés. Elle attend que l’Interpol fasse des pressions sur les gouvernements des pays dans lesquels se trouvent ces accusés. Surtout que les pressions mauritaniennes officielles n’ont pas réussi à convaincre le Maroc de lui livrer Sidi Ould Haïdalla, le présumé cerveau de l’affaire de drogue de Nouadhibou.

Cependant, les autorités judiciaires sont affirmatives pour dire que « des mandats d’arrêt internationaux ont été délivrés contre les autres personnes en cause et les individus en fuite et que les recherches les concernant sont en cours de concert avec Interpol et les pays avec lesquels nous sommes liés par des conventions d’extradition« .

D’après des sources sûres, plusieurs inculpés dans cette affaire se trouveraient actuellement à Dakar. Leurs hôtels et lieux de résidence sont connus pour les services de renseignement sénégalais. Et le Parquet de Nouakchott et celui de Dakar se donnent mutuellement les informations les concernant. Leur arrestation est, selon ces sources, une question de temps. Ils pourraient même être arrêtés en flagrant délit.

Durant les dix derniers jours, neuf nouveaux inculpés dans cette affaire sont arrêtés : deux mauritaniens et deux sénégalais ont été arrêtés avant la dernière saisie. Deux marocains, un mauritanien, un mexicain et un espagnol sont arrêtés suite à la saisie. Au total 30 inculpés dans cette affaire. Si on en ajoute les trois personnes qui sont l’objet dudit mandat d’amener, le nombre total s’élève à 33 personnes. Avec une petite précision : une personne peut être l’objet d’un mandat d’amener sans être mêlée à l’affaire.

Les inculpés sont privés de leurs passeports et cartes d’identité, papiers civils requis pour tout voyage à l’extérieur. Dix-sept d’entre eux au moins sont actuellement en prison. Des inculpés, qui jouissaient d’une liberté provisoire et restaient sous contrôle judiciaire, ont été appréhendés de nouveau. Ils sont actuellement en détention. D’autres accusés sont sous contrôle judiciaire. Certains d’entre eux signent deux fois par jour dans un commissariat de police de Nouakchott. Certains sont privés de conduire des véhicules. Il est interdit à certains d’entre eux de sortir de chez eux pendant des heures précises.

Rappelons que Sid’Ahmed Ould Taya a prétendu que Kane Saïdou lui a présenté son patron en lui disant qu’il travaille « avec un toubab à Dakar« . Kane lui aurait confirmé que son patron et le toubab disposent d’un magasin de cocaïne à Bissau et que « 500 personnes travaillent avec eux en Mauritanie. Parmi eux des éléments de police de Diama et de Rosso« . Ce patron cherchait, selon le PV de Ould Taya, à recruter des professionnels pour faire entrer un avion de drogues en Mauritanie. A l’instar de ce qui s’est passé à Nouadhibou.

Une agression pas comme les autres

Ce dossier a été ouvert le 02 juillet. A 20 heures, ce lundi-là, le chef du bureau de l’Interpol à Nouakchott, l’officier de Police Sid’Ahmed Ould Taya, venait de terminer sa séance quotidienne de sport au stade olympique de Nouakchott. Il aperçoit l’homme d’affaires, Ali Ould Soudani, dans une toyota avensis noire. Il le suit. Ould Soudani stationne devant l’aéroport. Il y passe quelques minutes et repart. Ould Taya s’en va. Il arrête sa voiture devant l’édifice de la télévision et prend un taxi qui l’amène à l’aéroport. Vers 21 heures, selon Ould Soudani, 21 heures 15 minutes selon Ould Taya, ce dernier se présente au premier comme élément de la Police.

Ould Soudani était enturbanné et occupé à penser ce qu’il va faire de la somme de 250 mille euros qu’il portait avec lui. Il ne sait pas quoi faire pour que la somme échappe aux yeux des douaniers. Il refuse de l’accompagner. Juste pour quelques secondes Amené au taxi, Ould Soudani refuse encore d’y monter. Prétextant qu’il ne connaît pas Ould Taya. Un élément de la police de l’aéroport, portant le nom de S.A, intervient pour lui confirmer l’identité de Ould Taya et lui ajouter que « les bandits ne peuvent pas rester en fuite pour jamais« . Ils prennent le taxi. Et cap à la Direction régionale de la Sûreté de la Wilaya de Nouakchott.

Pourquoi Ould Taya arrête-t-il Ould Soudani ? Un abus de pouvoir? Ou bien une simple mesure ordinaire et marginale qui pouvait ne pas se transformer à un vrai gâchis ? Les raisonnements de ce geste par Ould Taya semblent peu convaincants. Au moins ses justifications sur les PV de la Police qui n’en indique pas la date.

  • Premier raisonnement : Ould Taya voulait savoir les raisons qui ont poussé Ould Soudani a diffuser des rumeurs faisant état qu’il était derrière son arrestation depuis quelques mois à Las Palmas dans une affaire de trafic de drogue.
     
  • Deuxième raisonnement : l’arrestation a eu lieu sur la demande de Ould Soudani lui-même. Celui-ci aurait été menacé par la mafia qui envisagerait le liquider. Ould Taya prétend que Ould Soudani lui a montré deux maisons et lui a dit qu’elles appartiennent aux « noir et blancs qui veulent le chasser ».

Selon toute apparence, la mafia reproche à Ould Soudani l’abus de confiance. En effet, et selon la Police, Ould Soudani avait reçu depuis quelques semaines une quantité de 280 kg de cocaïne et une somme de 300 mille euros de la part de la bande à Dakar. Il devait utiliser la somme pour entrer la quantité en Europe. Mais, il a pris la poudre d’escampette avec la quantité et la somme.
 
Après une longue attente, la bande aurait glissé des informations aux renseignements espagnols pour mêler Ould Soudani. Ce dernier sera arrêté en Espagne et relâché faute de preuves. Il n’a aucune réserve pour dire que Ould Taya a utilisé son influence pour que cette arrestation ait lieu. Depuis sa libération, la bande se sent risée par Ould Soudani. Elle le cherchait un peu partout. Ould Taya dit dans son PV que l’accusé Ely Ould Ahmed Deya, ancien policier, lui a informé qu’il a rencontré un toubab qui cherchait intensivement Ould Soudani.

Les investigations de la bande aboutissent à ce que Ould Soudani aille voyager le lundi 02 juillet. Sans pouvoir préciser sa destination. Elle chargerait Ould Taya de l’empêcher de ce voyager et l’amener chez elle, coûte que coûte selon l’enquête préliminaire qui s’est marquée par une intention apparente de décharger Ould Taya le maximum possible.

Ould Taya prétend, dans les PV de la Police, que Kane Saïdou (un autre accusé dans l’affaire) a mis sur sa disposition une voiture pour accomplir la tâche. Et pour dissimuler toute doute, il devrait laisser sa voiture ailleurs que les lieux habitués. Il devrait prendre un taxi pour l’aéroport et pour la Direction de sûreté.

Dans le bureau de Ould Taya à la Direction régionale de sûreté, « l’entretien » n’a duré qu’à peu près dix minutes. Ould Soudani aurait exhorté Ould Taya « par le visage du prophète » de se présenter. Les deux ne parlent que casuellement de son arrestation en Espagne. Ould Taya aurait demandé à Ould Soudani de mettre son argent dans son sac au lieu de ses poches. Pourquoi ? Peut-être pour ouvrir l’appétit des chefs de la bande, en leur remettant une valisette d’argent. Ce qui faciliterait les discussions entre les deux parties. Et un arrangement pourrait être trouvé. Peut-être pour faciliter le vol de l’argent si Ould Soudani entrera dans la maison où se trouvent les chefs de la bande.

Ould Soudani demande d’eau pour boire. Ould Taya envoie quelqu’un pour amener une bouteille d’eau de source. Mais, ils partent avant que l’envoyé ne revienne. A la porte de la Direction régionale de sûreté, selon Ould Taya, Ely Ould Ahmed Deya (un autre accusé dans l’affaire) les attend avec la voiture que Kane Saïdou a mise à leur disposition pour amener Ould Soudani. Etonné par la rentrée de Ould Ahmed Deya, Ould Soudani demande explications auprès de Ould Taya, selon ce dernier. Celui-ci conduit la voiture. Les consignes, selon Ould Taya, sont claires : On doit appuyer sur le klaxon de la voiture dès l’arrivée à la villa  » que Kane Saïdou m’avait montrée auparavant « . Il arrive. Appuie le klaxon. Et la porte du garage s’ouvre sans retard.

Ould Soudani descend. Un noir le poigne en lui disant qu’ils le cherchent depuis un bon temps. Il le conduit à une chambre au premier étage. Là-bas, se trouvent un noir et un toubab. Une petite veilleuse est la seule source d’éclairage dans la chambre. Ould Taya et Ould Ahmed Deya prétendent, chacun, qu’il a tenté d’intervenir. Le premier dit que le ‘noir’ lui a dit de rester à part «  tu n’a rien à voire dans cette affaire « . L’autre dit que c’est Ould Taya qui l’a conseillé de rester dehors. On frappe Ould Soudani et lui demande «  où est la marchandise ? « . Ould Soudani répond : quelle marchandise ? Si tu veux ton argent le voilà. ‘Le noir’ compose un numéro et passe le téléphone à Ould Soudani en lui disant  » parle avec le patron « .

Ould Soudani commence à lui donner des noms : Barkallah (apparemment Ould Greïmich, beau frère de Kane et un des principaux accusés dans l’affaire. Il serait inculpé dans une affaire de drogues à Nouadhibou et jouirait d’une liberté provisoire), Ali (probablement Ould Moulay, un accusé dans l’affaire)… Entre-temps un téléphone sonne à la maison des voisins. Ely Ould Ahmed Deya crie  » Police « . Voulait-il par cela sauver Ould Soudani ? Ou bien, il craignait que la Police ait de main dans ce coup de téléphone ? En tous cas, le cri de Ould Ahmed Deya fait disperser tout le monde.

Ould Ahmed Deya prend la fuite dans la voiture. Ould Taya devait marcher une longue distance à pied pour arriver à l’édifice de la télévision pour prendre sa voiture. Il dira avoir appelé le Directeur de la Police judiciaire. Il lui aurait rendu compte. Et lui aurait demandé s’il peut réagir. Mais, ce dernier lui aurait dit que l’heure est très tarde pour entrer manu militari dans une maison.

Ould Soudani, ensanglanté, part à la police pour faire une plainte contre la bande. Ce qui n’empêchera pas la police de dire que  » au soir du lundi 02 août 2007, vers 23 heures 50 minutes, la surveillance de la Direction régionale de la Sûreté de la Wilaya de Nouakchott a été informé que le nommé Ali Ould Soudani est agressé dans une maison à Tevragh Zeïna… « .

Par Mechry Rabbany

La Tribune n° 363 du 21/08/07

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)




AJD/MR: Ousmane Bocar Diagana, secrétaire aux relations extérieures

21082007

AJD/MR: Ousmane Bocar Diagana, secrétaire aux relations extérieures

L’Alliance pour la Justice et la Démocratie s’est rebaptisé samedi 18 et dimanche 19 août à la faveur de son premier congrès extraordinaire. Le parti s’appelle désormais Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation.

Il vient de faire fusion avec le Mouvement pour la Réconciliation Nationale avec lequel il avait  initié et soutenu la candidature de Ibrahima Moctar Sarr à la présidentielle de mars 2007. Celui-ci se retrouve président du parti. Les instances sont ainsi partagées entre les initiateurs du MRN, les membres de l’AJD et ceux des FLAM/rénovation

Parmi ces derniers, Ousmane Bocar Diagana, 47 ans. Docteur en sciences du langage et titulaire de diplômes en droit, il est  professeur en France. Il est chargé des relations extérieures. Objectif : récolter de l’étranger un électorat important et faire connaître les nouvelles orientations du parti…. Difficile mission, alors, que celle confiée à l’homme que l’AJD/MR a désigne comme secrétaire aux relations extérieures.

Ousmane Diagana, natif de Kaédi a été contraint à l’exil il y a plus de vingt ans. Militant dans les associations culturelles à ses tous premiers débuts, il a appartenu tour à tour à l’association pour la promotion de la culture et de la langue soninké (APS), à l’union nationale des étudiants et stagiaires de Mauritanie (UNESM), au Mouvement des élèves et étudiants noirs (MEEN). Il a également compté parmi les membres de structures politiques dont l’union pour la démocratie en Mauritanie (UDM) avec feu Saydou Kane et l’organisation pour la défense des intérêts des noirs en Mauritanie (ODINAM).

Il était encore étudiant en France et se trouvait en vacances à Kaédi quand, après la découverte du Manifeste du négro mauritanien opprimé, le pouvoir d’exception d’Ould Taya procédait aux arrestations dans les milieux négro africains. Notamment dans le cercle des intellectuels. C’est que Ousmane Bocar Diagana comptait parmi les dirigeants du mouvement clandestin des Forces de libération des africains de Mauritanie (FLAM) alors dans le collimateur du pouvoir et de ses alliés nationalistes extrémistes arabes.

Il crée avec d’autres camarades la section FLAM /Europe. Après 1986, il est le Secrétaire général du mouvement des FLAM. La lutte ‘flamiste’ continuait jusqu’au lendemain de la chute de Ould Taya. Pour les militants il fallait réfléchir à une stratégie à adopter en vue de revoir avec les nouvelles autorités les questions qui ont été leur cheval de bataille.

Certains optent pour le retour au pays tandis que d’autres décident de rester. Scission au sein du mouvement. Une aile, les FLAM/rénovation avec Ousmane B. Diagana décide de revenir en Mauritanie. Commence alors, après la rupture du 15 février 2006, une série de rencontre en Mauritanie. A la veille de la présidentielle, dans la foulée des soutien à la candidature de Ibrahima Sarr, Ousmane Bocar Diagana, bien que non habilité à élire du fait de sa position de mauritanien résident à l’étranger s’emploie à récolter une importante denrée électorale pour le candidat du Mouvement national pour la réconciliation.
 
A Kaédi, il permet au candidat de passe premier au premier tour de la présidentielle. En s’engageant aux côtés de Ahmed Ould Daddah, au second tour, le mouvement permet au leader du RFD de se placer en première position également.
 
En termes de défis, le secrétaire aux relations extérieures de l’AJD/MR dit qu’il est fondamental que le maximum de personnes puisse rallier le parti. Notamment les mauritaniens de l’étranger, des émigrés pour la plupart « .

 » Travailler pour que les mauritaniens de l’étranger aient le droit de voter sera notre principal cheval de bataille « , déclare l’enfant de Kaédi qui vit actuellement en France. Docteur en sciences du langage, titulaire d’un DESS en droit des affaires fiscales et d’un DEA en droit des affaires, il prépare une thèse en droit. Autant dire qu’il s’est outillé pour une carrière politique qui le met à bord d’un parti dont le tout nouveau président n’est autre que Ibrahima Sarr, l’homme qui a pesé en termes de suffrages près de 8% des voix des mauritaniens dans une arène ou il y avait 19 ‘lutteurs’.
 
 » Nous espérons que l’aventure sera belle « , dit encore Ousmane Diagana. Sans parlementaires, sans maires, serait-ce donc de l’extérieur que le parti qui s’était permis d’appeler au boycott du référendum du 25 juin 2006 va tirer les forces pour affronter les échéances de 2012 ?

KD

La Tribune n° 363 du 21/08/07

Note: Info source : La Tribune (Mauritanie)




De A à Z par Tabane

21082007

 De A à Z par Tabane

O comme Ouvertures. La prochaine rentrée des classes est prévue pour le 1er octobre. Des milliers d’élèves et de professeurs vont retrouver le chemin de l’école. En théorie. Car si la rentrée officielle c’est bien pour le 1er octobre, la rentrée effective aura lieu après l’Id el Fitr (la fête de la Korité qui marque la fin du Ramadan). C’est devenu une habitude chez nous : il y a le calendrier officiel décidé par le ministère et le calendrier effectif décrété par les élèves.

Mme la ministre de l’Education Nationale parviendra peut-être à corriger cet aspect ; mais pour cela il faut des mesures draconiennes pour sévir contre les absentéistes. Il faut dire cependant qu’au vu de ce qui se passe depuis l’installation du nouveau gouvernement, le pilotage à vue n’a pas fait ses adieux.

On a laissé entendre que les Etats généraux de l’éducation devaient se tenir avant la fin de l’année… entre temps il y a eu le fameux ‘test recensement’ des enseignants. La plus grosse farce jamais organisée par les services de la MEN (Médiocrité Erigée en Norme).

En plus du fait que le test a été très mal organisé dans beaucoup de localités comme la presse en a rendu compte, nombre d’enseignants qui avaient disparu depuis belle lurette ont pu faire le déplacement ou faire parvenir des dossiers qui ont été déposés. Sans compter que pour un département qui compte organiser des Etats généraux susceptibles d’aboutir à des réformes profondes, le test linguistique ne s’imposait pas parce qu’il suppose que le système actuel était retenu.

D’autre part les directions régionales ont été ‘gelées’ en attendant de recruter d’autres cadres probablement plus compétents. C’est là une mesure pour le moins inefficace. Les DREN jouent certes un grand rôle dans le secteur de l’éducation. Mais il y a d’autres piliers autrement plus déterminants dans le système. Ce qu’il faut revoir c’est toute l’administration qui a en charge les établissements.

Il faut suspendre tous les directeurs d’école et revoir tout le processus de nomination qui fait qu’aujourd’hui la plupart de nos écoles sont dirigées par des médiocres de classe exceptionnelle incapable de la moindre initiative pour la bonne marche de leur établissement. Pour cela il faut du courage. Mme la ministre n’en manque certainement pas.




Education: les ambitions de la ministre – kissima Diagana

21082007

 Education: les ambitions de la ministre -- kissima Diagana

Non respect du temps scolaire, mauvaise gestion de la carte scolaire, déficit en enseignants répondant aux besoins de la réforme…Telles sont entre autres les composantes du diagnostic que Mme Nebghouha Mint Mohamed Vall, ministre de l’éducation nationale a présenté en conseil des ministres mercredi dernier.

A la faveur d’un point de presse tenu lundi 20 août 2007, la ministre a informé les journalistes de ses ambitions pour la rentrée scolaire 2007-2008.  » Notre objectif est l’enseignant qui se trouve dans les classes et non celui qui se trouve ailleurs « . Par exemple les enseignants qui sont sur le terrain auront droit à une carte professionnelle spéciale demandant aux autorités de leur faciliter l’accès aux services publics tandis que les autres ne disposeront que d’une carte professionnelle ordinaire.

La ministre promet en outre que l’indemnité de craie passera de 5.000 à 15.000 ouguiyas à la rentrée tandis que l’indemnité de bilinguisme qui était de 1.520 ouguiyas atteindra 10.000 UM. Pour une meilleure émulation il sera procédé chaque année à la remise du pri